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00:00Comment ?
00:00Europe 1, le journal permanent.
00:03Europe 1, il est 18h30, le journal permanent, c'est avec Frédéric Jancheret.
00:07Bonsoir Frédéric.
00:07Bonsoir Hélène, bonsoir à tous.
00:09Le logement sera un des grands chantiers du quinquennat de Marine Le Pen si elle est élue.
00:14C'est ce qu'a indiqué la candidate du Rassemblement National lors de son discours de rentrée à Hénin-Beaumont
00:19dans le Pas-de-Calais.
00:20Nous allons garantir à tous les Français, comme cela se pratique dans tous les pays du monde, un droit naturel
00:25et juste.
00:25Avec nous, les Français, quelle que soit leur couleur de peau, leur religion, leur origine ou leur résidence, seront prioritaires
00:32chez eux, a-t-elle assuré ?
00:34Éric Zemmour prône la liberté.
00:36Lors des universités d'été de reconquête à Port-Marny dans les Yvelines, il a plaidé pour la liberté d
00:41'expression.
00:42Elle n'est pas un droit parmi d'autres, c'est la condition même de la démocratie.
00:46Et il a revendiqué que son parti était le seul d'une république libre.
00:49Éric Zemmour qui n'a pas annoncé sa candidature à la présidentielle.
00:53Tirs de mortier sur la police et les pompiers, voitures brûlées, départs de feu près d'un magasin, d'une
00:58maison du département
00:59et d'une antenne de proximité du conseil départemental de la Mayenne.
01:03Des violences urbaines ont eu lieu à Laval dans la nuit de vendredi à samedi.
01:07Aucun blessé a déploré et aucune interpellation pour l'heure.
01:11Kimi Antonelli gagne le Grand Prix de Formule 1 d'Espagne sur le flambeau 9 circuit de Madrid.
01:15Le pilote Mercedes augmente son avance au championnat du monde.
01:18Il a devancé le Néerlandais Max Verstappen et le Polman anglais Lando Norris.
01:22Et qu'on vous retrouve à 18h45 pour le journal permanent.
01:27Europe 1 Soir, 18h, 20h, Hélène Roué.
01:31Europe 1, il est 18h32.
01:32Je suis toujours entourée de mes débatteurs Gilles Boutin et Michel Fayad.
01:36Et alors je vous propose d'ouvrir une grande page économie.
01:39Roland Lescure, le ministre de l'économie, le premier concerné, a consacré une interview ce matin aux Parisiens.
01:45Comment vous la résumez ?
01:47Roland Lescure, c'est Lolita, c'est pas sa faute.
01:50Il essaye de rassurer les Français.
01:52Je préfère parler de trous d'air plutôt que de décrochage.
01:55Des facteurs exceptionnels expliquent ce retrait de croissance.
01:59C'est la faute du détroit d'Ormuz, c'est la faute de la canicule.
02:02Gilles Boutin, est-ce que Roland Lescure est dans le déni ?
02:06Il est confronté à des réalités immédiates.
02:08Et là, dans ce sens, il n'est pas dans le déni.
02:10En revanche, pour ce qui est de l'analyse des responsabilités, il y a un passage qui m'a fait
02:15bien sourire quand même.
02:16C'est qu'on lui demande pourquoi l'Italie ou l'Espagne et l'Allemagne ont la capacité de défendre
02:23davantage les Français,
02:25notamment lorsqu'il s'agit des prix à la pompe.
02:27Et lui, il répond qu'il y a une grande différence.
02:28Ces pays, ils ont rétabli leurs comptes publics.
02:31Et ça s'arrête là.
02:31Lui, il est ministre de gouvernement qui se sont succédés.
02:35Il appartient à un mouvement qui est aux manettes depuis quand même 10 ans.
02:37Et effectivement, on n'a pas rétabli les comptes publics.
02:40Donc, il pointe incidemment la responsabilité d'un exécutif qui, effectivement, n'a pas su être responsable sur nos finances.
02:49Et on se retrouve aujourd'hui à devoir gérer ce déficit.
02:52C'est extrêmement triste.
02:53Mais après, sur le diagnostic immédiat, c'est Lolita.
02:57Et en même temps, oui, effectivement, qui aurait pu prédire qu'il y aurait une flambée des prix du pétrole
03:02?
03:03Mais c'est la responsabilité d'un gouvernement que de faire les efforts en amont quand la situation le permet.
03:08Donc, typiquement, lorsqu'on est sorti de la crise du Covid, c'était là qu'il fallait faire les efforts,
03:13faire comme les autres, en fait.
03:14C'est-à-dire se désendetter.
03:16Comme on dit à chaque fois, le Covid, c'était partout.
03:17Pour prévoir, parce qu'on est sur des logiques de cycle, en fait, tous les 10 ans.
03:20Et maintenant, ça s'accélère.
03:22Mais basiquement, tous les 10 ans, on a une crise.
03:24Et donc, il faut s'y préparer en amont.
03:26Et la spécialité française, c'est précisément de ne pas s'y préparer.
03:29Michel Fayad, cette interview est pleine de pensifs, de formules toutes faites.
03:34Comment redonner espoir ?
03:35Les Français les plus fragiles, on n'abandonne personne.
03:38Il faut sortir la tête du sable.
03:40Comment on fait confiance à ce gouvernement ?
03:42Moi, j'ai même retrouvé un peu de macronisme.
03:44Parce qu'il a dit aussi, aucune pension ne diminuera.
03:47Et il a également dit, il est utile et juste que les retraités contribuent.
03:50Ah, pas mal !
03:51Oui, mais là-dessus, c'est une subtilité.
03:53Parce qu'on peut dire que...
03:55Non, mais ça dépend comment vous fonctionnez.
03:57C'est-à-dire, effectivement, si vous ne les désindexez pas, ce n'est pas une baisse.
04:00C'est-à-dire qu'elles ne bougent pas.
04:02On peut jouer sur les mots.
04:03C'est-à-dire que c'est la chose qu'on joue.
04:04Et si on les indexe, elles s'alignent effectivement sur la progression des prix.
04:07Mais il est vrai qu'à aucun moment, il n'est question de les baisser au sens littéral.
04:12Mais oui, j'avoue, on joue un peu sur les mots.
04:14Alors, en parallèle, justement, du Parisien, le journal du dimanche faisait sa couverture
04:19et analysait, notamment grâce à Marc Toitier, Agnès Verdier-Molinier ou encore Benoît Perrin,
04:23comment Emmanuel Macron a coulé l'économie française.
04:26Est-ce que, Gilles Boutin, vous pensez qu'une forme de sursaut est possible,
04:29et notamment avec le budget qui arrive et des bonnes choses peuvent être décidées,
04:33ou alors on est complètement condamné à attendre mai 2027
04:36et à regarder les chiffres de l'INSEE, les chiffres de Bercy qui continuent
04:39et qui sont honnêtement catastrophiques, comme le dit Marc Toitier ?
04:41Ça va être compliqué. En fait, un sursaut, non.
04:46Ou en tout cas, ce ne sera pas de notre fait, ce sera une conjoncture internationale.
04:49Il y a un point qui est intéressant, c'est que dans les derniers chiffres de la croissance,
04:52la seule chose qui nous tire encore, c'est le commerce extérieur, en fait.
04:59C'est le fait que les autres économies, nos voisins, sortent mieux,
05:03sont en mesure de nous passer commande
05:05et donc de faire fonctionner typiquement l'aéronautique ou le secteur naval,
05:09qui eux sont nos fleurons, nos secteurs qui fonctionnent bien,
05:13mais parce qu'on a des acheteurs à l'étranger.
05:15En dehors de ça, la consommation antérieure, elle est à tonnes,
05:18la commande publique, c'est encore ça qui nous tire,
05:21mais elle se réduit puisqu'on fait des efforts budgétaires.
05:24Donc non, le sursaut, on ne le voit pas venir.
05:28Et pour ce qui est du budget 2027, il s'agit encore une fois de mesures immédiates.
05:33Elles sont ultra nécessaires.
05:35D'urgence.
05:35C'est de l'urgence. On a tendance à prendre ça un peu avec du déni,
05:39enfin avec du mépris, pardon, parce que dans le cadre de la présidentielle,
05:42on essaye d'élever le débat, de se demander qu'est-ce qu'il faut faire structurellement.
05:45Mais en fait, je crois qu'il faut bien reconnaître que cette urgence,
05:50il faut la traiter parce que si on ne la traite pas
05:53et qu'on ne fait que parler des grandes réformes à l'avenir
05:56qui n'auront des impacts qu'à trois ou quatre ans,
05:58on va vraiment être dans une situation extrêmement critique
06:01parce que alors notre déficit va filer, va continuer de déraper.
06:05Et là, les taux vont s'emballer.
06:06La dette va nous coûter toujours et toujours plus cher.
06:09On ne pourra plus rien financer.
06:11Et c'est alors que nous serons mis en coupe réglée
06:14et que nous devrons obéir aux injonctions que nous donnerons
06:18la Commission européenne, la Banque centrale européenne
06:20et puis éventuellement le FMI si c'est nécessaire.
06:24Mais justement, en fait, est-ce qu'on ne vient pas à se dire
06:26mais ce serait plus salutaire qu'autre chose en fait ?
06:28C'est-à-dire qu'au moins là, on n'aurait pas le choix
06:30et il y aurait des vraies coupes et en fait,
06:31ils feront ce que nos gouvernants manifestement
06:33n'ont pas le courage de faire en ce moment.
06:34C'est le pronostic du pire, on va dire.
06:37Oui, c'est ça.
06:37C'est-à-dire que ça part du principe que nous Français
06:40sommes décidément incapables de prendre les mesures
06:44lorsqu'il est encore temps.
06:45On pratique un déni collectif
06:47parce qu'on vit sur le déni depuis longtemps.
06:49C'est-à-dire que le déni, c'est quoi ?
06:50C'est la dette.
06:51On vit à crédit depuis des années et des années.
06:54Et là, on commence à se rendre compte
06:56qu'il va falloir en payer le prix à un moment donné.
07:00Et donc, oui, deux options.
07:02Soit on a une prise de conscience et il y a un choc.
07:04Quelque chose qui se passe, grave mais pas trop,
07:06qui fait que la population se dit
07:08oui, il va falloir qu'on accepte
07:10une cure d'amaigrissement à tous les niveaux.
07:12Il va falloir qu'on coupe dans des budgets
07:15et qu'on rétablisse rapidement,
07:18durement et rapidement,
07:19mais en se disant, allez, trois ans difficiles,
07:21mais ça va nous permettre de repartir.
07:23On se réforme d'ici là et on retrouve des bases saines.
07:26Ou alors, le scénario du pire, effectivement,
07:27et c'est une musique qui circule parmi des hauts fonctionnaires,
07:30c'est de se dire,
07:32non, on est condamné à attendre
07:34cette situation dramatique
07:36et d'être dos au mur.
07:37Et c'est à cette condition-là,
07:38dans une situation un peu grecque,
07:40qu'il faudra faire.
07:41Mais ça, c'est horrible.
07:42Parce que ça veut dire quoi ?
07:43Ça veut dire précisément couper dans les pensions de retraite.
07:46Là, c'est des réductions de 20, 30 %.
07:47Et ça, c'est vraiment le scénario qu'on veut éviter absolument.
07:51Alors, Michel Fayad,
07:52il y a le fond qui est assez catastrophique quand même
07:54quand on regarde tous ces chiffres-là.
07:55Et puis, il y a la forme aussi.
07:57Cette semaine, Sébastien Lecornu a saisi la justice
07:59parce qu'il y avait des fuites sur le contenu du budget
08:01qui sont arrivées aux oreilles de la presse.
08:03Donc, en plus de ce manque de courage,
08:05en plus de ces chiffres absolument catastrophiques,
08:08en plus de l'inquiétude généralisée avec les investisseurs,
08:10on ajoute des tensions entre les politiques,
08:13entre là, en l'occurrence, entre Matignon et Bercy,
08:15parce que Sébastien Lecornu a accusé Bercy
08:17ou du moins certaines personnes à Bercy
08:19d'appeler les journalistes pour leur dire
08:21« Voilà, il y aura ça dans le budget. »
08:23Vous savez, c'est toujours une tactique.
08:24On appelle les journalistes pour essayer de tester une nouvelle mesure
08:27et voir comment ça prend.
08:28Mais donc, en fait, les équipes ne sont pas tenues.
08:30Et là, on a le Premier ministre qui saisit la justice.
08:32C'est un bazar, son nom, là ?
08:33Bien sûr, c'est un bazar.
08:34Et ça ne fait que commencer
08:35parce que derrière, il va essayer de faire la même chose avec les députés.
08:38Il va leur dire « C'est votre faute. »
08:40On rentre dans un jeu qui n'est pas là pour vraiment aider la France.
08:45Mais pour revenir aux conditions de relance de l'économie française,
08:49je pense qu'il y a quand même pas mal de choses qu'on peut faire.
08:51Il y a effectivement le côté commercial
08:54parce que, comme ça a été dit,
08:57en France, on a un déficit commercial
08:59alors qu'on a des atouts qu'on pourrait développer
09:01pour produire davantage et exporter davantage.
09:04Il faut développer au maximum notre clientèle à l'international
09:09pour que, justement, on nous achète de plus en plus de nos produits
09:14et ce qu'on peut fabriquer.
09:17Et là, dans ce cas-là, on pourrait créer de la richesse dans notre pays
09:19et donc relancer notre croissance.
09:22Ça, c'est une chose.
09:22Et l'autre, il faut quand même dire
09:24qu'Emmanuel Macron et son prédécesseur, François Hollande,
09:27sont particulièrement responsables aussi
09:29de la situation énergétique de la France.
09:32Sous François Hollande, il y a eu deux raffineries
09:34qui ont été fermées.
09:35Sous Emmanuel Macron, il y a eu la loi Hulot
09:38qui a dit qu'en 2040,
09:39il n'y aurait plus de production pétrolière sur le sol français.
09:42Je rappelle quand même qu'il y a 10 000 barils par jour
09:44qui sont produits sur le sol français.
09:46C'est très petit, mais ça existe.
09:49Et il faudrait peut-être imaginer
09:51peut-être à nouveau réouvrir des raffineries
09:55qu'on avait fermées,
09:55les remettre en situation d'opérer,
09:59créer des stocks stratégiques peut-être
10:01pour qu'on ait de quoi mettre davantage de produits
10:07sur le marché si on est en pénurie.
10:10En ce moment même, on voit bien qu'il y a également
10:13le détroit de Bab el-Mandel
10:14qui est en passe d'être fermé.
10:17On fait quoi ?
10:18Juste on attend.
10:19On a la guerre en Russie,
10:20on n'achète pas à la Russie.
10:22On a la guerre en Iran,
10:23on n'achète pas au pays qui passe par le Golfe Persique.
10:26On ne peut plus acheter à l'Arabie Saoudite
10:28parce que le détroit de Bab el-Mandel
10:30est en train d'être fermé.
10:32Qu'est-ce qu'on fait ?
10:33À un moment donné, il y a des responsabilités aussi.
10:35Et puis faire peut-être un arbitrage à un moment donné.
10:38Est-ce qu'il faut reparler avec la Russie ?
10:40Est-ce qu'il faut essayer d'aider à une solution
10:42dans le Golfe Persique ?
10:44Je ne sais pas, mais on ne peut pas rester comme ça.
10:46Gilles Boutin, rapidement, dans le JDD,
10:47Agnès Verdier-Molinier a fait une proposition choc.
10:49Elle propose de retenir la moitié des indemnités
10:52des ministres, députés, hauts fonctionnaires
10:54tant que l'équilibre primaire n'est pas atteint.
10:57Ça les inciterait à faire des économies
10:58pour baisser les dépenses
10:59et équilibrer les comptes publics.
11:01On en pense quoi ?
11:01C'est intéressant parce que ça me fait penser
11:04à une autre suggestion que j'ai entendue récemment
11:06de la part de Philippe Juvin,
11:08qui lui-même est député.
11:09C'est le rapporteur de la commission des finances
11:11de l'Assemblée nationale.
11:13Et lui, il avait suggéré de rendre inéligible,
11:16ou en tout cas que les parlementaires
11:17qui n'auraient pas voté des budgets à l'équilibre
11:21ne soient interdits de réélection.
11:24La sanction, quoi.
11:24Et de manière assez facétieuse,
11:26il avait commenté en disant
11:28que ça pourrait être assez efficace.
11:31Donc, pourquoi ne pas réfléchir de cette façon ?
11:35Là, au moins, ça les oblige.
11:38Après, il faut voir la conséquence.
11:39C'est-à-dire que ça oblige à prendre des mesures
11:41qui ne sont pas toujours très rigolotes
11:43pour tout le monde.
11:43Mais encore une fois,
11:44parce qu'on est dans une gestion immédiate
11:46de crise qui oblige à prendre des mesures
11:49extrêmement désagréables.
11:50Si on avait eu un État responsable
11:52des dirigeants qui, depuis des décennies,
11:53ne nous avaient pas mis dans cette situation,
11:55qui, notamment, s'ils nous avaient créé
11:57un système de retraite viable,
11:59c'est-à-dire fondé essentiellement
12:01sur de la capitalisation,
12:02on n'en serait pas du tout là.
12:04Et ça, c'est la faute des Mitterrands
12:06ou même des Giscard.
12:08Il y a eu des tas de décisions sociales
12:09qui ont été prises
12:10et qui font que nous sommes
12:11dans cette situation.
12:12Vous écoutez Europe 1
12:13avec Gilles Boutin et Michel Fayad.
12:15Nous revenons dans un instant.
12:16Nous parlerons de cette petite joute verbale
12:18entre la Banque de France
12:19et Jean-Luc Mélenchon.
12:21A tout de suite sur Europe 1.
12:2218h-20h
12:24Europe 1 Soir
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