00:00Europe 1, le journal permanent.
00:03Vous écoutez Europe 1, il est 18h46, le rappel des titres avec Frédéric Joncherey.
00:07Nous allons mener la bataille de France, c'est un combat contre les forces du déclin.
00:11Il est temps d'arrêter la dégringolade, votez dehors Macron, Philippe et Attal.
00:16Marine Le Pen s'est attaquée au bilan de 10 ans de macronisme lors de son discours de rentrée à
00:20Inimbeaumont dans le Pas-de-Calais.
00:22Il ne suffit plus de fermer les frontières, il faut inverser le mouvement.
00:25Déclaration d'Éric Zemmour lors de son discours de rentrée.
00:28Le président de Reconquête a pris la parole lors des universités d'été de son parti à Port-Marli,
00:33mais n'a pas annoncé sa participation ou non à la présidentielle de 2027.
00:38Il n'y a plus d'argent, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou était l'invité du grand rendez
00:42-vous Europe 1 CNews Les Echos.
00:44Il assure qu'il n'est pas possible de baisser la taxe sur les carburants.
00:48Et côté sport, Marc Marquez l'emporte à Saint-Marin et prend les commandes du championnat du monde de MotoGP.
00:53Il a devancé son frère Alex et son principal rival, Georges et Martine, qui n'a pris que la cinquième
00:58place du jour.
00:59Merci Frédéric, on vous retrouve à 19h sur Europe 1 pour votre journal.
01:03Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
01:07Toujours avec mes débatteurs, Gilles Boutin, journaliste en politique économique au Figaro et Michel Fayad, analyste politique et géopolitique.
01:15Et alors je voulais vous parler de la Banque de France qui a dit à Jean-Luc Mélenchon, non.
01:20Jean-Luc Mélenchon propose d'annuler une partie de la dette française.
01:23Et alors le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, juge cette idée illégale, dangereuse et inutile.
01:29Elle est illégale car contraire au traité, dangereuse car elle créerait de l'inflation et inutile parce qu'elle ne
01:34réduirait pas le déficit.
01:35Il écarte un scénario à la grecque mais juge la situation économique française inquiétante.
01:40Alors pourquoi une annulation de la dette créerait mécaniquement de l'inflation, Gilles Boutin ?
01:45Une annulation mécanique de la dette qui créerait de l'inflation, là on entre dans une dimension technique que j
01:54'ai mal révisée pour être très honnête.
01:56Là vous me prenez à froid.
01:58Mais ce qui est certain c'est que vous déstabilisez le marché à ce moment-là.
02:02Tout un système.
02:02C'est un système dans son ensemble, c'est-à-dire que c'est la confiance qui est ruinée.
02:06Donc à partir de là vous jouez avec les règles et vous faites entrer une nouvelle règle qui va complètement
02:12ruiner la confiance.
02:14En fait ce que je retiens surtout c'est qu'il y a un contrat de base.
02:18Jean-Luc Mélenchon est bien désavoué quoi.
02:19Non mais ce n'est pas ça.
02:20C'est-à-dire qu'en fait le sujet passe au-dessus de bien des esprits.
02:24C'est-à-dire que la question, beaucoup de gens se fichent de savoir techniquement si cela est possible ou
02:29non.
02:30La seule réussite de Jean-Luc Mélenchon dans cette histoire c'est d'avoir imposé un débat
02:35et d'avoir laissé entendre que les puissants de ce monde nous mentent
02:40en empêchant de mettre en place des solutions faciles.
02:43Et là en ce sens il a réussi puisque tout le monde ne fait parler que de ça depuis des
02:48semaines.
02:49Donc en revanche là où je critique fortement la proposition de LFI
02:53c'est intellectuellement il peut toujours s'adosser à des gens pour dire
02:57vous voyez j'ai tel économiste qui valide mon raisonnement
03:00il y en a quelques-uns derrière lui
03:02mais dès lors que vous avez toutes les grandes institutions qui vous expliquent que non ça ne peut pas se
03:06jouer comme ça
03:07à quoi ça sert de défendre ce point-là si ce n'est juste d'avoir le plaisir de penser
03:11avoir raison dans son coin.
03:12La seule question c'est de savoir quelles sont les conséquences derrière
03:15et si effectivement ça coûte plus cher à la France
03:19quel est l'intérêt d'aller dans cette direction si ce n'est juste d'engranger des points électoraux
03:24en laissant entendre que tout peut se résoudre facilement.
03:28Michel Fayad pour continuer de parler d'économie
03:30Emmanuel Moulin écarte un scénario à la grecque
03:33et à l'inverse dans le JDD ce matin
03:35Benoît Perrin dit que tout est possible
03:37quand on a 3500 milliards d'euros de dettes
03:39et qu'aucune réforme structurelle n'est engagée pour rétablir nos comptes
03:42et pour stimuler la croissance.
03:44Donc la Banque de France n'est pas non plus d'accord avec Benoît Perrin.
03:47Oui mais je pense que la Banque de France est dans son rôle
03:50dans le sens qu'elle est obligée d'essayer de rassurer les marchés
03:53Rassurer, évidemment.
03:56Donc après d'autres personnes, d'autres économistes
03:59sont libres de dire ce qu'est la réalité, ce qu'ils pensent
04:03mais donc chacun a un peu son rôle.
04:05Mais sur la question de l'inflation en général
04:08l'inflation elle est créée par la création monétaire
04:10et or aujourd'hui la Banque de France ne contrôle plus la création monétaire
04:14mais si jamais la dette de la France, de l'État français
04:17elle est, avec Mélenchon, elle est transférée à la Banque centrale
04:21la Banque centrale doit équilibrer ses comptes entre actifs et passifs
04:25et pour équilibrer ses comptes elle va devoir chercher de l'argent
04:28elle va aller chercher de l'argent probablement
04:31en demandant à sa grande sœur qui est la Banque centrale européenne
04:34d'émettre de l'argent, donc de créer de la monnaie pour lui en donner
04:37et si on crée de la monnaie, de fait, on crée de l'inflation
04:40et là ça serait terrible parce que vous déplacez le trou
04:46au lieu que ce soit le trou au niveau de la Banque de France
04:50le trou de l'État qui doit rembourser à la Banque de France
04:53vous créez un trou dans la Banque de France
04:55et vous n'avez pas réglé le trou
04:56c'est juste un jeu d'écriture que nous propose Jean-Luc Mélenchon
05:00un jeu d'écriture qui peut être fait par des entreprises
05:02mais qui au niveau d'un État ne règle strictement rien
05:05donc c'est ça qui est assez grave
05:07donc c'est impossible, vous écoutez Europe 1, il est 18h51
05:10et je voudrais qu'on ouvre une page internationale
05:12aujourd'hui en Suède, c'était un jour d'élection
05:14les Suédois élisent aujourd'hui leur parlement
05:17entre le Premier ministre sortant et la social-démocrate Magdalena Andersen
05:22alors fait notable, les deux camps sont d'accord pour durcir l'immigration
05:26la gauche en Suède a complètement abandonné son discours d'accueil
05:29et la droite, mais évidemment en avant son bilan
05:31il y a eu une très grande baisse des fusillades depuis 2022
05:34et puis le dernier fait de ces élections, c'est que Jimmy Hackesson
05:38et le chef de l'extrême droite locale pourraient entrer au gouvernement
05:42Michel Fayad, est-ce que la Suède s'est réveillée sur les problèmes migratoires ?
05:46maintenant c'est juste un degré de fermeté
05:48mais tout le monde est d'accord pour dire que c'est un problème
05:50oui absolument, ça fait maintenant plusieurs années
05:53où comme vous l'avez dit, la gauche s'est ralliée à l'idée
05:56comme quoi il faut serrer les vis par rapport à l'immigration
06:00mais il le pense vraiment ou c'est électoral ?
06:02non, je pense vraiment
06:04mais c'est une question de degré quand vous le dites
06:06réellement en Suède, la droite a gagné cette bataille idéologique
06:11maintenant ça va être une question réellement de coalition
06:14parce qu'il y a quelques temps on disait que la gauche avait 8 points d'avance
06:18sur la droite pour ces élections
06:21et là hier on parlait que d'un siège différent
06:24175 sièges contre 174
06:27et oui, tout va dépendre en réalité des coalitions qui vont être possibles
06:33parce qu'en Suède il y a une règle qui est que pour avoir des députés
06:36il faut que vous fassiez 4%
06:37et donc il y a un des partis qui fait partie de la coalition de droite
06:41en fait on les appelle les libéraux
06:43qui étaient crédités jusque-là de 1,8%
06:46et donc on n'aurait eu aucun siège
06:48ils sont passés au-dessus des 4%
06:50ils sont désormais crédités de plus de 5%
06:53et donc s'ils ont des sièges
06:55la droite pourrait en tout cas être très proche de la gauche
06:58voire l'emporter
06:59parce qu'on est complètement dans la marge d'erreur
07:00et comme vous l'avez dit
07:02le parti dit d'extrême droite anti-immigration
07:05qui s'appelle là-bas démocrate de Suède
07:08oui, c'est marrant comme nom
07:10jusque-là soutenait ce gouvernement de droite
07:13sans y participer directement
07:14c'est-à-dire que les députés votaient pour les décisions du gouvernement
07:19concernant l'immigration, l'insécurité, etc.
07:22mais pour la première fois
07:25il y aurait donc une participation dans le gouvernement
07:27donc ce parti, les démocrates de Suède
07:29d'extrême droite
07:30auraient directement des ministres
07:32dans le prochain gouvernement
07:33c'est la promesse faite par le premier ministre sortant
07:35qui a quelque temps les traité de néo-nazi
07:37donc voilà
07:38il s'est bien ravisé aussi
07:39absolument
07:40alors c'est intéressant Gilles Boutin
07:42ça me fait penser un peu au Danemark aussi
07:44quand les sociodémocrates ont décidé de changer
07:45complètement de discours sur l'immigration
07:47est-ce que le cas suédois est transposable
07:50aux autres pays européens ?
07:51est-ce qu'on est en train de vivre un réveil
07:53des nations européennes sur l'immigration ?
07:55ou alors juste
07:55non c'est propre à la Suède
07:57et ça ne se voit pas vraiment ailleurs ?
07:59à chaque fois qu'il y a une élection
08:02qu'elle soit locale, législative
08:05on a le même phénomène
08:06en Sachs-Hannalt en Allemagne
08:08la victoire de l'AFD
08:10qui est un parti également sulfureux
08:13de par des références
08:16de certains de ses membres
08:17au passé nazi
08:18qui ont défrayé la chronique
08:20ça montre qu'il y a une préoccupation
08:23par rapport au fait migratoire
08:24qui prend le pas
08:25et les partis qui ne savent pas y répondre
08:28se font balayer
08:29donc de voir que les sociodémocrates danois
08:32depuis des années
08:33ont bien pris la mesure de la réalité
08:35ça montre simplement que le réel l'emporte
08:38et ça montre aussi
08:40parce que nous nos socialistes locaux
08:41on en est quand même un peu loin
08:42oui effectivement très loin
08:44mais regardez une branche
08:45enfin quelqu'un comme Manuel Valls
08:46qui est l'incarnation d'une gauche
08:48qui s'assume forte
08:51sur les questions de sécurité
08:52et bien ça peut exister
08:56c'est-à-dire que ça prouve en fait
08:57qu'une vocation sociale
08:59un programme social
09:01n'a rien d'incompatible
09:02avec une certaine dureté
09:05sur le fait de contrôler les frontières
09:07d'avoir des exigences
09:08vis-à-vis des personnes
09:08qui arrivent sur votre sol
09:10et ce phénomène-là
09:11s'observe un peu partout
09:12avec encore aussi
09:13des îlots de résistance
09:14par exemple
09:15le Premier ministre Sanchez en Espagne
09:17lui incarne cette résistance
09:19mais il est de plus en plus critiqué
09:21notamment à cause du réel
09:23encore une fois
09:23qui se passe à Ceuta
09:25même dans ces régions à lui
09:26comme l'Andalousie
09:27il est donné perdant
09:27et d'où la montée en puissance de Vox
09:30ce sera intéressant
09:31de voir les élections
09:31l'année prochaine
09:32un grand merci
09:33Gilles Boutin et Michel Fayad
09:34de m'avoir accompagné
09:35dans cette première partie
09:36de Rampassoir
09:37j'en profite pour vous dire
09:38que tous les jours
09:39dans Europe 1 Matin
09:40les signatures Europe 1
09:41vous livrent leur regard
09:42sur l'actualité
09:43et en cette rentrée
09:44deux nouvelles signatures
09:45rejoignent la grande famille Europe 1
09:47l'économiste Marc Toitier
09:48les lundis et mercredis
09:50à 7h20
09:50et la philosophe
09:51et essayiste
09:52Julia De Funès
09:53tous les jeudis
09:54à 9h10
09:55toutes les signatures Europe 1
09:56sont également à retrouver
09:57en podcast
09:58et en replay
09:58sur le site
09:59et l'application Europe 1
10:01il est 18h56
10:02ne bougez pas
10:03dans un instant
10:04nous parlerons éducation
10:05nous recevrons Sophie Audugé
10:08à tout de suite sur Europe 1
10:09Sous-titrage Société Radio-Canada
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