- il y a 7 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Il est 21h59, vous êtes dans BFM Grand Soir et nous allons nous intéresser à présent à cette question.
00:06Les gilets jaunes sont-ils déjà de retour sur les roues-points ?
00:10Nous en parlons ce soir parce qu'il y a eu cette information du service polyjustice de BFM TV
00:15qui nous indique, Laurent Valdiguet, que le renseignement territorial observe avec attention
00:27ce qui se passe en ce moment sur les réseaux sociaux et note qu'il y a de plus en
00:32plus d'appels à manifester
00:35émanant notamment de gilets jaunes. Que dit cette note exactement ?
00:37Oui, la note révélée c'est une note du service du renseignement territorial.
00:40Le renseignement territorial c'est les anciens renseignements généraux, c'est le bas du spectre du renseignement.
00:46C'est-à-dire qu'ils s'intéressent au bas bruit de la société.
00:50Autrefois leur boulot c'était de traîner dans les bistrots, aujourd'hui ils patrouillent sur la toile.
00:55Ils patrouillent assez activement parce qu'il y a des services spécialisés à Paris, ils s'appellent Synapse
01:00qui a des logiciels de surveillance de ce qui se dit sur les réseaux.
01:05Alors ils tirent un premier signal d'alarme, ce signal d'alarme c'est de dire que les appels à
01:09manifester
01:10s'intensifient ces derniers jours. Ils ont notamment dans le collimateur une boucle télégramme
01:17dont ils donnent le nom, qui a 800 abonnés et ils surveillent cette boucle
01:21comme un peu une éprouvette de la société et de ce qui la traverse et des inquiétudes et des soucis.
01:26Alors ils font une analyse complète à destination du ministère de l'Intérieur
01:32dont c'est le travail de surveiller tout ça, ne serait-ce que pour le politique
01:35et puis pour anticiper des éventuels dispositifs policiers.
01:39Ils font une analyse de ce pourquoi ça bouillonne.
01:43Et alors ça bouillonne pour des raisons à peu près identiques qu'en 2018 au moment des Gilets jaunes,
01:49c'est-à-dire essentiellement la baisse du pouvoir d'achat, l'augmentation, la flambée du prix d'énergie.
01:55Le coût de la vie, l'inflation, les prix de l'essence, les dysfonctionnements des services publics.
02:00En 2018, c'était l'essence dépasse 1,50€.
02:04Aujourd'hui, on est dans une perspective de 2,50€.
02:08Donc c'est vrai que ce combustible-là, ce moteur de la colère, de la grogne, il est toujours là.
02:14En revanche, les facteurs moins d'après la note du renseignement,
02:18d'après les craintes des mêmes, c'est la peur des manifestations.
02:25Une grande volonté de non-violence, les manifestations de 2018 étaient extrêmement violentes.
02:30Donc une non-violence, une peur des policiers et des black blocs, à peu près sur le même registre.
02:36Et puis surtout, une volonté de ne pas être récupérée politiquement.
02:40Le refus des partis politiques joue aussi, c'est ce que disent certains de ceux qui sont observés par le
02:46renseignement territorial.
02:48Et pourtant, aujourd'hui, les responsables politiques n'ont parlé que de ça, que de ça et des prix de
02:53l'essence.
02:54Il y a aussi dans cette note du renseignement territorial, et ça je vais en parler avec vous, Cyril Gélitbert,
03:00vous êtes docteur Gélitbert, docteur en histoire et expert en renseignement,
03:07un risque de trouble à l'ordre public qui est évoqué.
03:11Et aussi des messages plus radicaux qui appellent à bloquer les stations-service et à se rendre devant l'Elysée.
03:19Oui, mais pour l'instant, ça n'a pas donné grand-chose.
03:21Il y a l'un des comptes principaux, GJ 2026, qui est sur Telegram, il a été ouvert le 10
03:27septembre.
03:27Vous aviez des appels à manifester aujourd'hui, en journée, sur quatre villes, Bandol, Lille, Paris et Lyon,
03:35et ça n'a pas pris.
03:36On a des images de Bandol, effectivement, du jour où nos équipes sont allées sur place,
03:40et on voit effectivement qu'il y avait très peu de monde.
03:43Donc, il y a des appels, mais pour l'instant, ça ne prend pas.
03:46C'est ça, c'est ça.
03:47Et vous alliez dire mais ?
03:48Mais oui, effectivement, ça peut ensuite faire boule de neige, effectivement.
03:55Il y a un risque potentiel face à la situation avec l'augmentation des prix
04:01et la déclaration de la situation internationale.
04:06Parce que là, nous parlons, vous savez, des augmentations des prix, par exemple, du carburant.
04:09Il n'y a pas que le carburant.
04:10Regardez les prix, par exemple, de l'aluminium.
04:12L'aluminium, ça sert, par exemple, pour les canettes.
04:16Ça aussi, ça a augmenté depuis ces dernières années.
04:18Après, je pense que la première chose qu'ils voient, les matins, les Français,
04:21ce sont les prix de l'essence.
04:23D'ailleurs, on va écouter l'un d'entre eux, avant de donner la parole aussi à Priscilla Ludosky.
04:26L'un de ces gilets jaunes, aujourd'hui mobilisés du côté de Bandol,
04:30et qui dit, en fait, rien n'a changé en l'espace de quelques années, rien n'a changé.
04:36Nous, on a toujours dit les mêmes choses.
04:38C'est-à-dire que ça nous donne raison.
04:39En 8 ans de temps, non seulement on avait raison il y a 8 ans, ça s'est aggravé.
04:43Le panier de la ménagère, c'est une explosion, c'est une catastrophe.
04:47Par 3, par 4, quand vous voulez bricoler avant, vous pouvez bricoler un peu.
04:50Maintenant, les matériaux ont été doublés ou triplés.
04:52Le parpaing, le ciment, mais c'est lamentable.
04:55Ils sont en train de nous serrer la visse.
04:57Ils nous appauvrissent, en fait, intérieurement.
04:59Ils nous appauvrissent.
05:00Ils disent, c'est nous qu'on a besoin que vous travaillez pour faire des bénéfices records.
05:05Mais nous, on a besoin simplement de vivre et d'être heureux, c'est tout.
05:09Bonsoir Priscilia Ludovski.
05:11Vous êtes co-initiatrice du mouvement des Gilets jaunes.
05:15Vous étiez aussi l'une des signataires à l'époque de la pétition
05:20qui avait plus ou moins déclenché ce mouvement.
05:23Est-ce que vous aussi, aujourd'hui, vous appelez de nouveau à vous rassembler sur les ronds-points,
05:29notamment pour protester contre les prix de l'essence ?
05:33Oui, non, je n'avais pas signé cette pétition.
05:35Je l'avais initiée.
05:36Donc, c'est vrai que…
05:37Ah, pardonnez-moi.
05:38Initiée.
05:40Je le dis parce que j'aurais pu tout à fait en initier une aujourd'hui avec tout ce qui
05:45se passe,
05:45tout comme j'aurais pu en signer une autre sur le même sujet.
05:48Donc, oui, est-ce que j'appelle ?
05:52Moi, je n'appelle pas à manifester ou quoi que ce soit,
05:54mais en tout cas, s'il y a des manifestations intenses,
05:57très mobilisatrices sur l'ensemble du territoire,
05:59évidemment que j'irais manifester, oui.
06:02Mais qu'est-ce que vous, vous observez ?
06:03Qu'est-ce que vous, vous entendez ?
06:05J'imagine que vous êtes encore en lien avec ceux qui ont fait partie de ce mouvement à l'époque.
06:12Oui, oui, mais en fait, ce qui se dit,
06:14dans mes propres cercles et mon entourage militant, on va dire ça comme ça,
06:20c'est qu'il y a des choses qui ont été revendiquées avec intensité,
06:23avec beaucoup de sacrifices aussi personnels.
06:25Comme vous le savez, ça a duré quand même au moins jusqu'au premier confinement qu'on a eu en
06:302020,
06:30avec des mobilisations récurrentes sur les samedis et autres jours,
06:34même parfois dans certains territoires.
06:36Et donc, les gens se font beaucoup donner.
06:37Et ce que j'entends, c'est oui, si les Français, les Français ne sont pas prêts à sortir massivement,
06:43beaucoup disent, moi, je ne ressortirai pas parce que j'ai beaucoup donné, j'ai beaucoup perdu.
06:47Il y a des gens qui ont été blessés, des gens qui ont sacrifié un peu leur vie de famille.
06:50Donc, c'est vrai que c'est assez compliqué de se projeter quand on ne sait pas l'ampleur que
06:53ça peut prendre.
06:54Oui, ça demande beaucoup de sacrifices, on l'entend.
06:57Donc, ce que vous dites, en gros, c'est que malgré les appels qui se multiplient à se rassembler,
07:03parce que la vie est de plus en plus dure,
07:05pour l'instant, on ne peut pas parler d'un retour des Gilets jaunes.
07:09Il n'en est pas question.
07:11C'est assez intéressant qu'on parle souvent de retour des Gilets jaunes,
07:13parce qu'en fait, on a des gens qui se...
07:15Il y a une nouvelle génération aussi qu'on entend s'exprimer,
07:18qui était plus jeune pendant le mouvement des Gilets jaunes,
07:20des personnes qui n'étaient pas encore arrivées dans la vie active,
07:22qui la ressentent un peu le poids de tout ce que vous disiez tout à l'heure,
07:24tous les prix qui augmentent, etc.,
07:26et qui commencent à s'exprimer davantage sur les réseaux sociaux
07:28qu'à l'origine, on était sur Facebook,
07:30beaucoup sur Twitter à l'époque.
07:32Aujourd'hui, on a TikTok.
07:33Tous les contenus deviennent beaucoup plus viraux,
07:35et donc il y a beaucoup de personnes qui s'expriment maintenant
07:36et qui rappellent ce qui s'était passé pendant le mouvement des Gilets jaunes
07:39et qui disent qu'en fait, ils avaient raison,
07:41ce qu'ils revendiquaient, c'était juste,
07:43aujourd'hui, ça empirait, et donc il faudrait qu'on sorte, etc.
07:45Mais beaucoup voient le sommet de l'iceberg,
07:47c'est-à-dire les revendications sur les réseaux sociaux.
07:49Mais ce à quoi ils ne pensent pas forcément,
07:52c'est que c'était beaucoup de travail logistique.
07:54On n'improvise pas un million de personnes dans la rue
07:56ou 300 000 personnes dans la rue
07:57en faisant appel sur les réseaux sociaux.
07:59Simplement, ça, c'est la communication externe,
08:01une fois qu'on a organisé logistiquement les choses.
08:03Donc c'est vrai que c'est difficile de savoir qui, derrière, organise les choses.
08:09Et si vraiment c'est très bien organisé,
08:11il est possible que ce soit massif.
08:13Mais pour l'instant, je ne le vois pas ça.
08:17Je ne vois pas la dimension logistique.
08:19Et vous, précisément,
08:21même si les problèmes sont toujours là aujourd'hui,
08:24vous ne vous sentez pas,
08:25vous ne sentez pas l'énergie, notamment,
08:27de relancer ce mouvement ?
08:31Je n'ai pas la prétention de pouvoir dire
08:33que je le relancerais toute seule
08:33parce que je n'étais pas toute seule.
08:35Mais en tous les cas,
08:38il ne m'en faudrait pas beaucoup
08:39pour intégrer un groupe d'organisateurs
08:42ou en tous les cas,
08:44me mobiliser vraiment avec intensité
08:46si vraiment il y a quelque chose
08:47qui prend de l'ampleur.
08:49Parce que c'est beaucoup plus vrai aujourd'hui
08:52que...
08:52Ce n'est pas que c'était moins vrai à l'époque,
08:53mais en tout cas,
08:54il y a beaucoup plus de mobilisation
08:56contre la vie chère.
08:57On a eu en Martinique, en Guadeloupe,
08:58à La Réunion,
08:59de manière très intense en 2024.
09:00Donc ça, ça s'est propagé,
09:02c'était déjà présent,
09:02mais les gens se mobilisent davantage.
09:04Donc oui, j'ai envie de dire,
09:05si on ne se mobilise pas maintenant,
09:07quand est-ce qu'on le fera ?
09:08Et je vous entendais parler
09:09des partis politiques
09:10qui appellent à se mobiliser.
09:11J'ai envie de dire que là,
09:12il y a une campagne qui arrive,
09:13enfin la campagne pour la présidentielle,
09:15elle est là,
09:15elle a démarré pour beaucoup.
09:16L'année prochaine,
09:17on doit retourner dans les urnes.
09:20Si ça ne change pas
09:21au prochain quinquennat,
09:21on a eu quand même 10 ans,
09:23presque 10 ans de règne
09:24d'Emmanuel Macron
09:24avec tout un tas de choses
09:26qui ont été détricotées,
09:28avec des 49-3 répétitions
09:30où des choses ont été imposées
09:31contre la volonté de beaucoup.
09:32Donc si ça se reproduit
09:33l'année prochaine,
09:33j'ai envie de dire
09:34que là, il y a vraiment
09:34un gros risque.
09:35Avec la prochaine personne
09:36qui prendra la place
09:37d'Emmanuel Macron,
09:38je pense qu'elle aura tout intérêt
09:39à faire attention
09:40à ce qu'il se passe
09:40et ce qui est revendiqué
09:41par la société civile.
09:43On en parlera justement
09:45aussi du risque
09:46que cette contestation
09:47elle bascule aussi
09:49dans la violence
09:50tant l'exaspération est forte.
09:52Mais je voudrais vous parler
09:53des responsables politiques,
09:55Priscillia,
09:55je voudrais vous faire entendre
09:57quelques réactions
09:57parce que du coup,
09:58aujourd'hui,
09:58beaucoup de politiques
09:59n'ont parlé que de ça,
10:00du pouvoir d'achat
10:01et des gilets jaunes.
10:02Écoutez.
10:04Ce qu'on attend d'un homme
10:05ou d'une femme politique,
10:07ce n'est pas sa présence
10:08sur les ronds-points.
10:08C'est qu'ils aient du courage
10:11dire la vérité d'abord
10:12et moi ce que je veux dire
10:14aux Françaises et aux Français
10:15c'est que je leur rende
10:17leur dignité.
10:17Il y a besoin
10:18d'un mouvement populaire
10:19qui fasse pression
10:21sur le gouvernement,
10:22sur M. Lecornu,
10:23sur le Président de la République,
10:25sur M. Pouyanné.
10:27Je ne crois pas
10:27que ce soit aux partis politiques
10:29d'appeler à des manifestations
10:31sur les ronds-points.
10:32Peut-être aux forces syndicales
10:34de voir ce qu'il y a lieu
10:35de faire par rapport
10:35à ce pouvoir d'achat
10:37qui est aujourd'hui dégradé.
10:38C'est une boucle spatio-temporaine.
10:40En fait,
10:40on n'arrive plus à sortir de ça.
10:42Le macronisme
10:42nous a fait perdre
10:43beaucoup de temps.
10:44Mais la colère,
10:45elle est légitime.
10:46Alors,
10:47il y a deux écoles,
10:48Victor et Rau,
10:49parmi les responsables politiques.
10:50Ceux qui disent
10:50« Oui, moi j'y serai,
10:52je serai sur le terrain
10:53avec eux
10:53pour faire pression
10:54sur le gouvernement. »
10:55Et ceux qui disent
10:56plutôt à droite
10:57mais pas que,
10:57François Hollande le dit aussi,
10:58« Non, ce n'est pas
10:59le rôle d'en politique. »
11:00Vous remarquerez que ce sont
11:01les partis, je dirais,
11:03traditionnels de gouvernement
11:04avec de gros guillemets.
11:05Donc, le parti socialiste
11:06représenté par François Hollande
11:07en tous les cas issu
11:08du parti socialiste
11:09et les républicains
11:10avec Bruno Rotaillot
11:10qui disent
11:11« Non, un parti n'est pas là
11:12pour appeler à la manifestation
11:13à aller dans la rue. »
11:14Voilà, ça se règle par les urnes.
11:16Maintenant,
11:16je trouve ça un petit peu
11:17contre-intuitif.
11:18C'est logique
11:18que les partis
11:19veuillent reprendre
11:20le mouvement des gilets jaunes.
11:21C'était déjà le cas
11:22en 2018.
11:23Ça avait été d'ailleurs
11:23un problème soulevé
11:24par le mouvement
11:24de dire
11:24« Nous, on est apartisans,
11:26on est un mouvement
11:28peu coordonné, etc.
11:28Il ne s'agit pas
11:29d'avoir une récupération politique.
11:31La France Insoumise
11:31et le Rassemblement National
11:32avait été ciblé à l'époque. »
11:34Là, on se retrouve
11:34avec Fabien Roussel
11:35qui dit
11:35« Avant même que le mouvement
11:36se lance,
11:37il y a un peu l'impression
11:37de quelqu'un
11:38qui est devant une tempête
11:39ou un orage qui arrive
11:40et qui demande
11:41au vent de souffler. »
11:42Oui, le vent souffle déjà.
11:43Ce n'est pas Fabien de Roussel
11:44d'appeler les gilets jaunes
11:45à aller manifester.
11:46Les gilets jaunes,
11:46de toute façon,
11:47se déclarent d'eux-mêmes.
11:48Ce n'est pas un parti de le faire.
11:50Maintenant,
11:50je voulais demander...
11:51Il n'appelle pas
11:52les gilets jaunes.
11:53Il dit aux Français
11:54« Si vous voulez faire pression
11:55sur le gouvernement,
11:56descendons dans la rue. »
11:57Oui, alors il disait
11:58« Autour des ronds-points. »
11:59Oui.
12:00Voilà, la référence
12:01était quand même
12:01plutôt admise.
12:02Il ajoute d'ailleurs
12:03« Devant Matignon,
12:04devant l'Elysée, etc. »
12:06Il s'agit d'aller
12:07devant le lieu de pouvoir.
12:08C'est intéressant
12:09avec Fabien Roussel d'ailleurs.
12:10Là où beaucoup,
12:11du côté des gilets jaunes,
12:12disent « Bon, peut-être
12:13que ça ne sert pas à grand-chose
12:14de le faire avant
12:14l'élection présidentielle
12:15puisque de toute façon,
12:16les cartes seront rebattues
12:17à ce moment-là. »
12:18Il dit « Non, non,
12:18il n'est pas question
12:19d'attendre huit mois.
12:20Il faut au contraire
12:20faire pression
12:21avant l'élection présidentielle. »
12:23Moi, il y a quelque chose...
12:23Mais parce que l'urgence
12:24pour les Français,
12:25elle est aujourd'hui,
12:26elle est ce soir,
12:27elle est demain.
12:28Mais il est intéressant aussi
12:29de demander aux gilets jaunes
12:30et notamment à Mme Ludowski
12:32qu'on a au téléphone
12:33en liaison,
12:34ce qu'ils pensent
12:35de la réponse politique
12:36parce qu'il ne faut pas oublier
12:37qu'il y avait une réponse politique
12:38qui a été apportée à l'époque
12:39qui était les cahiers de doléances
12:40qui avaient été ouverts
12:41en 2018,
12:42au début de 2019,
12:43si je ne me trompe pas,
12:44le gouvernement avait ouvert.
12:45Vous vous donnez la parole
12:46au peuple.
12:46Exactement.
12:47Qu'est-ce que c'est devenu ?
12:48A-t-on des nouvelles
12:48de ces cahiers de doléances ?
12:49Est-ce que les demandes
12:50ont été reçues
12:52et y a-t-il eu des réponses
12:53ou bien est-ce qu'au contraire
12:54c'était une façon
12:56de dire « Arrêtons,
12:57il faut savoir arrêter une grève,
12:58il faut savoir arrêter un mouvement,
12:59j'entends ce que vous me dites »
13:00et puis tout ça a été peut-être
13:01un peu oublié.
13:01On va poser la question directement
13:02à Précia Ludowski.
13:03Je pense qu'elle vous a entendu.
13:07Oui, j'ai entendu.
13:07Pour ce qui concerne
13:08les cahiers de doléances,
13:09c'est un vrai sujet
13:09parce qu'effectivement,
13:11lorsque Emmanuel Macron
13:12répond à ma pétition en décembre
13:13en disant
13:13« On organise un grand débat »,
13:14s'ensuit ce fameux grand débat
13:15en janvier 2019.
13:17Moi, j'ai appelé ça
13:18un one-man show
13:19parce qu'en fait,
13:19ça précédait les élections européennes.
13:20Donc, c'est l'occasion pour lui
13:21de faire campagne
13:22un peu partout en France
13:23et de plutôt s'exposer
13:23plutôt que d'être à l'écoute.
13:25Et ça s'est vérifié après
13:26puisque les cahiers de doléances
13:28en mairie
13:28et puis les collectes
13:30de contributions en ligne
13:31sur la plateforme
13:32n'ont jamais trouvé de suite.
13:34D'ailleurs, il y a une association
13:35qui s'est créée
13:36qui s'appelait « Rendez les doléances »
13:37pour dire qu'il fallait laisser
13:38le monde de la recherche
13:38étudier ce contenu,
13:41respecter une certaine méthode scientifique
13:43pour pouvoir exploiter correctement
13:44tout le contenu
13:45et puis le restituer correctement
13:47pour qu'il puisse s'en saisir
13:48et produire des mesures.
13:49C'est ça le but de la manœuvre.
13:51Normalement,
13:51quand on est dans une démocratie
13:52et qu'elle est remise en question
13:53par des mobilisations intenses et tout
13:54et qu'on met un tel dispositif
13:56qui a coûté quand même 12 millions,
13:58on a la responsabilité.
13:59Il était quand même responsable
14:01de tout cela.
14:01Il n'a rien fait derrière.
14:03C'est vrai que j'ai cru reconnaître
14:07la voix de Marine Tondelier.
14:08Je ne suis pas certaine
14:09quand elle parlait de boucle temporel.
14:12En fait, j'ai vraiment cette sensation
14:14aussi que ça fait 10 ans,
14:15c'est long.
14:16Il y a eu pas mal de tentatives
14:17de mobilisation pour essayer
14:18de faire reculer certaines choses.
14:20Malgré tout,
14:20c'est passé en force plusieurs fois.
14:22C'est vrai que moi,
14:22j'ai une certaine lassitude
14:23et je pense que beaucoup
14:24sont lassés aussi de ça.
14:25C'est vrai que est-ce que c'est important
14:26de se mobiliser maintenant
14:27plutôt qu'au moment
14:28où il y aura la nouvelle élection ?
14:30Je pense que c'est important
14:31de dire que les choses ne vont pas
14:32et que c'est une sorte
14:33d'avertissement pour le prochain
14:34ou la prochaine qui sera élue
14:35pour qu'elles sachent
14:36que ces problèmes sont là
14:38et qu'il faudra les résoudre
14:39après l'élection.
14:41Mais voilà,
14:42d'un point de vue personnel,
14:44je pense que c'est beaucoup d'énergie
14:46de se mobiliser maintenant.
14:48Et c'est ça qui est frappant,
14:49je trouve,
14:50dans votre témoignage ce soir.
14:52On vous sent effectivement exaspéré,
14:54en colère et un peu blasé aussi,
14:56en tout cas pas susceptible
14:57de retourner dès demain
14:58dans la rue Thierry Arnaud.
14:59Oui, parce que c'est intéressant
15:01qu'on reparle aussi.
15:01L'histoire de cahiers de doléances
15:02qui, si on est généreux,
15:04est un rendez-vous moqué,
15:05si on l'est un peu moins,
15:06est une arnaque au fond
15:06parce qu'effectivement,
15:08ils ont été enterrés,
15:09ces cahiers de doléances.
15:10Il y a un...
15:11En catimini ?
15:12Oui, il y a un ancien ambassadeur
15:14qui a été ambassadeur de France
15:15à Haïti
15:15et notamment au moment du CIS
15:17qui s'appelle Didier Lebret
15:18qui a écrit un livre
15:19sur les cahiers de doléances.
15:21Il est allé les rechercher,
15:22il les a un peu décortiqués
15:23pour montrer effectivement
15:26ce qu'il y avait dedans
15:27et à quel point le message
15:28était fort et clair.
15:30D'une part,
15:31il y avait été complètement ignoré
15:32d'autre part.
15:33Et je ne vous surprendrai pas
15:34en vous rappelant, Alice,
15:36ce soir que le premier sujet,
15:38le principal sujet
15:38qui émergeait de ces cahiers de doléances,
15:40c'était le pouvoir d'achat.
15:43Cyril, j'ai l'hérité.
15:44Vous voulez intervenir ?
15:45Oui, je noterai juste une chose.
15:47Emmanuel Macron est en fin de mandat,
15:49le gouvernement aussi.
15:50Vous avez les élections
15:51l'année prochaine.
15:53Je ne vois pas la présidence
15:55ou Matignon
15:56ou le ministère des Finances
15:58prendre des mesures radicales.
15:59C'est la fin d'un quinquennat.
16:02Vous ne faites pas
16:02des réformes radicales
16:03à la fin d'un quinquennat.
16:05Donc, tout ce que...
16:06Qu'est-ce que vous appelez
16:07les mesures radicales ?
16:08C'est-à-dire quelque chose
16:09pour faire...
16:09Je ne sais pas,
16:11supprimer les taxes
16:11pour faire baisser les prix
16:12des carburants
16:12ou que sais-je encore.
16:13surtout dans un contexte
16:14aussi dégradé
16:15du point de vue budgétaire.
16:17Donc, vous aurez
16:19des réformettes,
16:19des effets d'annonce
16:20qui n'iront pas très loin.
16:22Mais ce qu'on voit quand même,
16:23Laurent Valdillier,
16:24c'est qu'il y a un décalage
16:25pour l'instant
16:25entre ce qui se passe
16:28sur le terrain,
16:29c'est-à-dire
16:30pas grand monde
16:30sur les ronds-points,
16:31mais une vraie inquiétude
16:32dans cette note
16:33du renseignement territorial.
16:35Oui, parce que...
16:36C'est une manière
16:37de mieux anticiper,
16:38en fait,
16:38s'il devait se passer
16:39quelque chose ?
16:40Parce que la situation
16:41paradoxale d'aujourd'hui,
16:42c'est qu'il n'y a pas
16:43les grandes structures
16:44syndicales ou politiques,
16:45les grands partis
16:46ou les grands syndicats
16:47qui pourraient décréter
16:48des mobilisations
16:49et les organiser.
16:51Mais il y a un outil
16:52qui sont les réseaux sociaux.
16:53Et cet outil
16:54qui sont les réseaux sociaux
16:55peut,
16:56à lui tout seul,
16:57dans certains cas,
17:00susciter des mobilisations
17:02massives,
17:03comme ça a été le cas
17:03en 2018.
17:05Mais ce qui manque,
17:07même si on voit bien
17:08que les données de fonds
17:09sont les mêmes,
17:10le pouvoir d'achat,
17:11l'énergie, etc.,
17:13il manque toujours
17:13une émotion.
17:16Les printemps arabes,
17:18ça démarre
17:19parce qu'un épicier
17:20s'y molle par le feu.
17:22Et cette émotion-là,
17:23c'est elle qui va.
17:24Alors que tout été,
17:26la colère de ces pays
17:28était là,
17:29c'est cette émotion-là
17:30qui va provoquer la vague.
17:31Les Gilets jaunes,
17:32il y a eu,
17:33il y avait plusieurs manifestations,
17:35plusieurs manifestations,
17:36et puis tout d'un coup,
17:37il y a eu une vague d'émotions
17:38quand ils étaient tellement nombreux.
17:40Souvenez-vous, Alice,
17:40la prise de l'arc de triomphe.
17:43Et au fond,
17:44c'est ça qui a emporté tout.
17:47Bien plus, au fond,
17:48que la colère
17:50sur le pouvoir d'achat initial.
17:51Et ça,
17:53personne ne peut le décréter.
17:55Personne ne peut l'organiser.
17:57Ça vient ou ça ne vient pas.
17:59Et ça,
17:59les policiers savent bien.
18:00Leur boulot,
18:01c'est de dire,
18:01attention,
18:02la situation actuelle est dangereuse.
18:03Mais ils ne savent pas dire
18:05quand et où ça pourrait commencer.
18:07Priscilla Ludovski,
18:08pour conclure,
18:09ce qu'expriment
18:11ceux qui sont observés
18:12justement sur les réseaux sociaux
18:13par le renseignement territorial,
18:15c'est effectivement,
18:16on le disait,
18:17le refus des partis politiques
18:19qui revient beaucoup.
18:20Certains assurent
18:21que le mouvement sera récupéré
18:22et disent,
18:23au choix,
18:23qu'ils ne veulent pas défiler
18:25aux côtés de LFI,
18:26ou que le mouvement des Gilets jaunes
18:28est gangréné
18:29par le Rassemblement national.
18:31Est-ce que vous aussi,
18:32vous êtes sur cette ligne,
18:34vous ne voulez pas
18:35du soutien des partis politiques
18:36ou vous dites,
18:37après tout,
18:38s'il y a certains responsables politiques,
18:40candidats à la présidentielle,
18:41qui veulent venir avec nous
18:42sur les ronds-points
18:43pour mener le combat avec nous,
18:45ils sont les bienvenus.
18:47Moi, j'ai envie de dire
18:48que le discours qu'on avait à l'époque
18:49sur ce qui était le même
18:51que celui-ci,
18:51de dire, en fait,
18:52il n'y a pas de partis politiques,
18:53pas de syndicalistes,
18:54ce n'était pas dans l'idée
18:55de rejeter les militants au fond,
18:56sauf l'extrême droite pour ma part,
18:58mais en l'occurrence,
18:59c'était surtout pour dire
19:01que c'est un mouvement citoyen
19:02et que donc,
19:03en tant que corps intermédiaire,
19:05vous n'avez pas su
19:06détecter ce mal-être social,
19:08on va dire,
19:09et après toutes ces années
19:10où vous avez tenté
19:11de négocier des choses,
19:12vous n'avez toujours eu
19:13que des miettes,
19:13vous n'avez pas fait avancer les choses,
19:15les gouvernements successifs
19:16n'ont pas su améliorer
19:17la vie des gens,
19:17donc c'est important
19:18qu'on sache que c'est
19:19une colère citoyenne
19:20et toute personne
19:21qui s'y retrouve
19:22et peut manifester
19:24sans afficher
19:25son étiquette politique
19:26avec des banderoles
19:26ou que sais-je.
19:27C'était vraiment ça
19:28le message.
19:29Ensuite, bien sûr,
19:30il y a eu des conférences,
19:32des assemblées
19:32où des partis politiques
19:33étaient là,
19:34s'exprimaient, etc.,
19:35et ralliaient leurs militants
19:36et leurs adhérents.
19:38Mais moi,
19:38ce que j'ai envie de dire,
19:39c'est que là où,
19:40pour moi,
19:40les responsables politiques
19:41et les syndicalistes
19:41sont attendus,
19:42c'est sur leur terrain propre.
19:45C'est-à-dire que,
19:46puisque moi,
19:47j'étais parfois approchée
19:48pour dire,
19:48oui, mais moi,
19:48dans mon programme,
19:49il y a le RIC,
19:49moi, dans mon programme,
19:50j'ai telle mesure,
19:51donc je me reconnais,
19:52on se reconnaît en tant que parti
19:53dans ce que vous défendez.
19:54Dans ce cas-là,
19:54dons actes.
19:55J'ai envie de dire
19:55que si jamais ils font campagne
19:57pour la présidentielle
19:57et c'est ce qu'ils font,
19:58ils mettent en place
19:59ce qui est revendiqué
20:01depuis de nombreuses années.
20:02Et c'est là,
20:02je pense,
20:03qu'on se rend attendu
20:03au tournant.
20:04des actes
20:05et non des mots.
20:06Merci beaucoup,
20:07Priscilla Ludosky.
20:08Merci pour votre témoignage.
20:10Ce soir,
20:11on continuera à en parler.
20:12Merci à tous les quatre.
20:14Merci.
Commentaires