00:00Nous allons parler des petites et moyennes entreprises en France,
00:03celles de la région parisienne, Île-de-France avec Dominique Restineau.
00:07Merci d'être avec nous, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris-Île-de-France
00:11et vice-président de la Chambre de Commerce France.
00:13Donc vous avez vraiment un regard très large sur les entreprises en France.
00:16Il ne faut pas oublier que les petites et moyennes entreprises,
00:18elles représentent 95% des entreprises en France.
00:21C'est ça qui est important et 31% de la richesse du pays, c'est considérable.
00:26Les petits patrons en ce moment, ils n'ont pas le moral, vous les entendez ?
00:28Oui, bien sûr qu'on les entend et je les entends tous les jours.
00:3295% de petites entreprises, des entreprises de moins de 20 salariés,
00:38c'est ça le tissu économique.
00:40On les entend et on les entend parce que depuis plusieurs années,
00:45vous le savez, il y a la géopolitique qui pose problème ici et là.
00:52Il y a eu la crise énergétique, il y a eu la crise Covid bien évidemment.
00:56Si on remonte encore, mais c'est parti de là également, les gilets jaunes
01:00et tous les problèmes qu'ils ont rencontrés.
01:02Donc effectivement, c'est difficile pour eux, c'est pour ça que le moral, ce n'est pas évident.
01:06On entend dire que c'est la gestion Macron qui a fait du mal aux entreprises.
01:10Écoutez, moi je ne vais pas rentrer dans les bords politiques.
01:14Je dis simplement, certainement qu'il y a eu des bonnes choses et des moins bonnes choses.
01:17Je pense simplement que ce qu'il faut, c'est soutenir l'économie de ces champs d'entreprise,
01:22soutenir l'économie réelle parce que c'est ce qui fait effectivement la croissance d'un pays,
01:29la croissance d'une région et que pour pouvoir créer de la richesse,
01:35avant tout la distribuer, il faut d'abord pouvoir la créer d'abord.
01:38Oui, c'est ça, redistribuer.
01:39Oui, la redistribuer, mais d'abord il faut la créer.
01:41Et donc il faut les conditions de la création de richesse.
01:44Le MEDEF a été sévère il y a quelques jours, la réunion des entreprises françaises.
01:49Ils n'ont pas hésité à reprocher à la gauche d'avoir comme seule solution d'augmenter les impôts.
01:55On va taxer, comme ça on va soulager les finances publiques.
01:59Vous êtes d'accord ?
02:00Ce que je sais pour être moi-même entrepreneur,
02:02c'est que les entreprises contribuent très largement dans l'économie.
02:10Quand je dis dans l'économie, elles contribuent largement
02:12parce que les charges pèsent beaucoup sur elles.
02:15Et je ne pense pas que ce soit la bonne solution pour relancer cette économie.
02:18Alors ça veut dire que les impôts n'augmenteront pas,
02:21c'est ce qu'a dit en tout cas le ministre de l'Économie,
02:23qu'il y aura un pacte de stabilité.
02:25Ça suffit à rassurer ? On peut encore croire ce genre de promesse ?
02:28Je pense qu'il faut faire des économies.
02:30Je pense que tout le monde est d'accord sur les économies.
02:32Après, où est-ce qu'ils vont faire les économies ?
02:35Ce sont des discussions qu'il y a entre les candidats,
02:38notamment aujourd'hui, qui étaient effectivement à la REF la semaine dernière,
02:44reçues par Patrick Martin.
02:46Alors les tribunaux de commerce, eux, c'est la vérité du terrain.
02:49Ils enregistrent de plus en plus de défaillances d'entreprises,
02:53de dépôts de dossiers.
02:54C'est quand même la preuve que ça ne va pas bien en France.
02:57Alors il est vrai, et le chiffre est tombé, je crois, la semaine dernière,
03:01on est sur les 12 mois lycées, 12 derniers mois lycées.
03:04Nous étions à 70 000, nous sommes à 72 000 défaillances d'entreprises.
03:09Donc c'est une problématique.
03:10Et là, on revient encore sur les sujets de trésorerie,
03:14sur les sujets de carnet de commande, sur les sujets d'inquiétude.
03:17En face de ça, j'ai envie de vous dire aussi,
03:20parce qu'il faut aussi une note d'optimisme,
03:21et c'est le principe également des entrepreneurs,
03:23c'est que certes, il y a 70 000, 72 000 défaillances d'entreprises,
03:27mais chaque année, en ce moment, on est entre 1 million et 1 million 200 000 entreprises
03:32qui se créent, ce qui est énorme.
03:34Donc c'est un solde positif.
03:36Alors bien sûr, c'est un solde positif.
03:37Après, l'important...
03:391 million tant que ça ?
03:39Ah, c'est 1 million, 1 million 200 000.
03:40Et l'important surtout, c'est que, parce qu'il y a un certain nombre d'entreprises,
03:45ce qu'on appelle les micro-entreprises,
03:46donc des entreprises de très, très, très petite taille,
03:48et ce qui pour nous est important, mais c'est le job des chambres de commerce
03:51et de l'industrie d'Île-de-France, bien sûr, mais de France et de Navarre,
03:55c'est qu'on les accompagne pour passer d'une étape à une autre étape,
03:59qu'on fasse en sorte de les accompagner dans le porteur de projet de création,
04:02de développement, juste que vous en parliez,
04:05à la transmission en reprise des entreprises.
04:06La transmission des entreprises, vous en parlez,
04:08mais quand j'entends un syndicat dire
04:09« on va taxer les héritages au premier centime »,
04:11y compris les biens professionnels,
04:13ils sont devenus fous ?
04:14Alors, vous voyez un homme heureux,
04:16puisque, pour une chose, c'est que la transmission en reprise des entreprises
04:19est devenue un sujet majeur dans notre pays,
04:22grâce au ministre des PME.
04:25Nous travaillons dessus, ce sont les chambres de commerce et d'industrie
04:28et les chambres de métier qui sont pilotes sur ce nouveau plan
04:31de la transmission en reprise des entreprises.
04:32C'est un enjeu vital pour l'économie de notre pays.
04:35Quand vous entendez que les riches sont nuisibles,
04:38ça doit vous choquer ?
04:40Alors, je pense que, je vous le disais,
04:44pour créer, pour distribuer de la richesse,
04:48il faut pouvoir la créer.
04:49Donc, il faut qu'il y ait les entrepreneurs,
04:50il faut qu'il y ait les gens qui prennent des risques.
04:52Donc, je ne pense pas que les entrepreneurs soient des gens nuisibles.
04:55Je pense simplement qu'ils s'engagent,
04:58qu'ils, avec passion, avec difficulté,
05:01ce n'est pas un long fleuve tranquille de créer une entreprise
05:04ou de la reprendre, d'ailleurs.
05:06Mais par contre, il faut les accompagner.
05:07Il faut accompagner cette économie réelle,
05:10il faut accompagner ces chefs d'entreprise qui prennent des risques
05:13et il faut les aider à avoir davantage de visibilité
05:17pour avoir davantage de lisibilité également
05:20et surtout de stabilité dans les actions qu'ils peuvent mener.
05:24Donc, dernière question, je termine par la simplification.
05:27Là, on est en train de créer la facturation électronique.
05:29C'est quoi ? C'est simple ou compliqué ?
05:31Alors, la facturation électronique,
05:34bien sûr que ça va être, pour certains chefs d'entreprise,
05:39une remise en cause.
05:40Ça sera pour eux, les petites entreprises, l'année prochaine.
05:44Maintenant, nous sommes là encore avec les experts comptables,
05:47comme ils se rendent compte,
05:48pour les accompagner dans cette transformation,
05:50pour vivre également avec son époque.
05:51Je pense que ça va apporter certaines choses.
05:53Il y a toujours un petit peu de désagrément,
05:55mais je pense qu'on va aller dans le bon sens, tout simplement.
05:58Et que les plateformes soient agréées et sûres et transparentes,
06:03parce qu'on a peur, justement, de la cybermalveillance.
06:05Bien sûr, sur ce sujet, la Chambre de commerce de Paris-Ile-de-France
06:08a été la première à mener un appel à manifestation d'intérêt,
06:11à aller rencontrer un certain nombre de plateformes.
06:15Nous avons sélectionné une plateforme avec laquelle nous travaillons
06:19pour aider les entreprises TPE, PME, micro-entreprises également,
06:24à pouvoir, effectivement, traverser cette période
06:27pour qu'ils soient bien accompagnés.
06:29Dominique Restineau, merci beaucoup d'être venu sur CNews.
06:33Très clair, très concret.
06:34Les entreprises sont solides.
06:36Il faut les accompagner, les soutenir.
06:38C'est pas le bon message.
06:39Merci beaucoup.
06:39Merci d'être venu sur CNews.
06:40Restez avec nous.
06:41L'actualité continue.
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