00:00Vous imaginez, vous, tous les partis se mettre autour d'une table et dire « Ok, la situation est suffisamment
00:05grave, on va y aller, on entend la colère des Français ici ce soir, on va essayer de résoudre. »
00:11Vous, vous êtes pour le RN.
00:13Je vais vous le dire très franchement, ils l'ont déjà fait.
00:16Ils l'ont déjà fait, notamment lors du budget. L'année dernière, on parlait du budget de la sécurité sociale.
00:20Ils se sont tous mis d'accord, des LR jusqu'au Parti Socialiste, avec même certains écologistes et même certains
00:25communistes qui se sont abstenus.
00:26Dans la foulée, on a eu une discussion sur le budget et en fait, ce qui est important, c'est
00:30de savoir pourquoi faire, se mettre d'accord.
00:31C'est une chose, mais pourquoi faire ?
00:33Moi, le seul résultat que j'ai obtenu avec ce budget, c'est que dans mon département des Vosges, on
00:37a perdu une quarantaine, une quarantaine de professeurs qui, du jour au lendemain, ont été supprimés
00:41parce que, justement, dans ce budget, ils ont décidé de supprimer 4000 postes d'enseignants.
00:45Et donc, on a 40 classes qui ont été fermées dans des écoles, parfois dans des petites écoles rurales, où
00:49finalement, vous êtes obligés d'aller fusionner avec l'école de la ville un petit peu plus grande,
00:52qui est au bout de la vallée, et vous vous retrouvez avec des gamins qui se lèvent à 6h15 du
00:56matin.
00:56Pour pouvoir se rendre justement...
00:58Pardon, on a étendu, c'est juste une question.
01:00Attendez, vous avez voté quoi, vous ?
01:01Vous avez voté quoi pour ce budget ?
01:02L'ARN n'a pas voté la censure.
01:04Bah, merci.
01:05Ah, on a voté la censure.
01:06Non, non, mais attendez, le budget, le dernier budget, vous avez voté quoi ?
01:09Le budget sur la sécurité sociale, on a voté contre, et le budget PLF 2026, évidemment, on a voté la
01:14censure.
01:15Vous vous êtes abstenu sur le budget, le budget est passé.
01:17Mais non, pas du tout, on a voté contre.
01:18Le budget est passé ?
01:19Mais pas du tout.
01:20Mais si, mais bien sûr que si.
01:21Non, mais je vous invite à retourner voir, je sais ce que j'ai, j'y ai été, j'ai
01:23appuyé sur le bouton.
01:24Alors désolé, monsieur Svitek, mais je sais quand même ce que je fais.
01:26Il y a un moment donné, je vous le dis, on a beaucoup parlé du consentement à l'impôt,
01:30mais on ne parle pas assez souvent du consentement à la dépense.
01:33Et évidemment qu'il y a des dépenses qui sont essentielles et auxquelles nous sommes attachés,
01:36et on aimerait d'ailleurs pouvoir en faire plus.
01:37On parlait des logements dans les Crousses, on parlait de la situation dans les hôpitaux publics, dans les EHPAD,
01:41mais pour ça, il faut avoir des marges de manœuvre.
01:43Mais il y a une dépense qui, parfois, n'est plus consentie.
01:46Là, j'entends cet été, on nous explique, oui, il faut aller chercher 3 milliards d'euros sur les pensions
01:50de retraite,
01:51on nous dit, mais uniquement les très hautes pensions de retraite.
01:54On demande un chiffre, on nous dit 2 000 euros.
01:55Ah, bah 40% des retraités sont donc très riches.
01:58Désolé, je ne suis pas d'accord avec cette configuration-là.
02:00Il y a un moment donné, quand on nous dit qu'on va chercher 3 milliards d'euros sur les
02:05pensions de retraite,
02:06mais qu'au même moment, l'année dernière, on a augmenté notre contribution au budget de l'Union européenne de
02:105 milliards d'euros.
02:11Mais les Français, ils ont eu leur mot à dire à ce moment-là.
02:13Ils ont donné leur accord, on les a regardés pour savoir ce qu'ils en pensaient, à aucun moment.
02:17Alors forcément, derrière, ça crée de la frustration.
02:19Et la frustration, elle est évidemment légitime, la colère, elle est évidemment légitime,
02:23parce qu'on a l'impression, en plus de ça, d'avoir des politiques qui nous comprennent de moins en
02:27moins.
02:27Quand je vois encore aujourd'hui Edouard Philippe, qui nous explique, alors qu'il veut faire la retraite à 67,
02:3268, 70 ans,
02:34et qui nous explique que lui, s'il est élu président de la République, il aimerait pouvoir prendre ses fonctions
02:37uniquement en septembre,
02:38pour avoir trois mois, tranquillement, à se reposer, à essayer de se remettre de la campagne, à concerter un petit
02:44peu ses alliés.
02:45Bon, je veux dire, il y a un moment donné, ce genre de discours...
02:47Et là, ça chouille de caricatural, parce que c'est...
02:50Je vous invite à aller voir l'extrait.
02:51Alors, je suis allé voir l'extrait, mais vous inquiétez.
02:53Alors, je précise pour les téléspectateurs ce soir, c'est une interview qu'a donnée pour un podcast Edouard Philippe,
02:59dans lequel il explique qu'en fait, on pourrait aller vers un système de caricature, mais un peu à l
03:02'américaine,
03:02c'est-à-dire que les élections ont lieu en novembre aux États-Unis, et le président arrive en janvier.
03:06Edouard Philippe dit que ce serait pas mal de faire pareil, d'abord pour prendre une ou deux semaines pour
03:10souffler,
03:10et ensuite pour aller voir les syndicats, pour aller voir les homologues étrangers, pour préparer l'arrivée au pouvoir...
03:15Pardon, mais Edouard Philippe fait de la politique depuis quand ?
03:18Depuis quand il est en dialogue avec les partenaires sociaux ?
03:21Qu'est-ce qu'il attend pour aller justement faire cette campagne ?
03:23Aller prendre le pouls du pays ?
03:25Pour aller essayer de faire ses majorités de circonstances ?
03:27C'est ça le travail d'un responsable politique ?
03:29Et en plus, il est bien loti, il est là, il a 24 heures devant lui, il a 7 jours
03:33sur 7 où il peut faire ça.
03:34Alors désolé, mais ce genre de réaction et ce genre de réflexion, ce n'est pas entendable,
03:39d'autant plus avec le contexte qu'on a aujourd'hui.
03:41Parce que, encore une fois, et désolé d'être un peu long, mais c'est vrai que j'avais laissé
03:44volontairement les Français parler.
03:46Je finis juste sur un dernier point.
03:48Je finis juste sur un dernier point.
03:50Il faut bien comprendre aussi une chose, c'est que ce n'est pas seulement la question du carburant,
03:56c'est aussi la question du gaz qui augmente, c'est aussi la question de l'électricité,
03:59c'est les taxes sur les mutuelles qui ont augmenté encore l'année dernière avec le vote qui a été
04:03décidé cette fois-ci au PLFSS.
04:05Et donc en fait, c'est l'accumulation justement de tout cela qui fait qu'à un moment donné, on
04:09n'en peut plus.
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