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  • il y a 7 semaines
Le 3 septembre, la commission d'enquête du Sénat sur le traitement des violences dans le périscolaire auditionnait Hermine Le Clech, journaliste. En juin 2026, la Chambre haute a ouvert une commission d’enquête consacrée aux violences dans le périscolaire. La sénatrice LR de Paris Agnès Evren en est la rapporteure. Cette mission est née du scandale du périscolaire à Paris, révélé en avril 2026 : 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles. Hermine Le Clech est l'autrice d'un reportage pour RTL, dans lequel elle se fait recruter, sur la base d'un CV retouché, par la mairie de Créteil pour devenir animatrice périscolaire sur le temps méridien. L'enquête met à jour un recrutement extrêmement rapide, sans contrôle a priori du profil de la candidate, ni vérification de son casier judiciaire. A suivre, l'audition, en juillet, d'associations de parents d'enfants victimes d'agression dans le périscolaire. Revivez les échanges. Année de Production :

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Transcription
00:00:00Générique
00:00:09Bonjour à tous, ravis de vous retrouver pour cette nouvelle saison de 100% Sénat,
00:00:14l'émission qui vous emmène au cœur du travail parlementaire.
00:00:19Et malgré la campagne pour les élections sénatoriales qui se déroule le 27 septembre,
00:00:23certains travaux de la Haute Assemblée se poursuivent
00:00:26et on vous propose aujourd'hui la suite des auditions de la commission d'enquête
00:00:30sur les violences faites aux enfants dans le périscolaire.
00:00:33Rien qu'à Paris, plus de 200 enquêtes pénales sont en cours,
00:00:36mais le scandale ne concerne pas que la capitale.
00:00:39Et pour faire la lumière sur les manquements dans le recrutement d'animateurs périscolaires,
00:00:44les sénateurs ont auditionné la journaliste de RTL, Hermine Leclerc.
00:00:48Elle a réalisé une enquête au mois de novembre
00:00:50en réussissant à être embauchée comme animatrice dans une école de Créteil
00:00:53en huit minutes, sans vérification de son casier judiciaire.
00:00:57Une pratique qui est illégale et qu'elle raconte aux sénateurs.
00:01:00On regarde.
00:01:00Nous sommes peu nombreux parce que le Sénat est dans une situation,
00:01:04pour beaucoup de nos collègues de campagne électorale
00:01:06et pour les autres, d'activité dans leur département,
00:01:08puisqu'il n'y a pas d'activité au Sénat.
00:01:10Mais nous avons pensé nécessaire de tenir cette commission
00:01:14durant ce mois de septembre, compte tenu de l'importance du sujet.
00:01:18Donc nous entamons aujourd'hui les auditions plénières d'autres missions d'information,
00:01:22dotées des pouvoirs de commissions d'enquête
00:01:24consacrées à la prévention au traitement des violences dans le pays scolaire.
00:01:29Je dois excuser Laurent Laffont, le président de notre commission,
00:01:33qui est retenu par des engagements antérieurs,
00:01:35mais qui suit nos travaux, qui présidera de nombreuses auditions.
00:01:41Et nous avons partagé un petit peu la tâche dans le cadre du calendrier
00:01:45dont je parlais tout à l'heure.
00:01:46D'après le cinquième baromètre de la CNAF, publié en novembre 2025,
00:01:54neuf enfants sur dix aux primaires fréquentent un accueil périscolaire,
00:01:59une proportion en hausse depuis 2019.
00:02:02Le périscolaire est ainsi un service essentiel pour les enfants et leurs familles.
00:02:08Toutefois, la confiance dans ce service public est très fortement ébranlée
00:02:14depuis l'automne 2025 et la médiatisation de nombreuses affaires de violence
00:02:20commises sur des enfants par des animateurs.
00:02:24De très nombreux départements sont concernés.
00:02:27Nous recevons aujourd'hui Mme Hermine Leclerc, journaliste RTL et M6.
00:02:34Madame, nous vous remercions de votre présence.
00:02:37Vous avez été recrutée pour un reportage de RTL à l'automne 2025
00:02:42comme animatrice périscolaire vacataire de la ville de Créteil.
00:02:48J'indique d'ailleurs que nous aurons l'occasion d'auditionner son maire
00:02:52dans quelques semaines lors d'une table ronde d'élus locaux.
00:02:55Dans ce reportage, vous expliquez avoir été recrutée très rapidement
00:03:00et facilement sans vérification de vos antécédents judiciaires
00:03:05avant votre premier contact avec des enfants.
00:03:10Nous souhaitons vous auditionner donc pour recueillir votre témoignage
00:03:13sur les conditions de votre embauche et de prise de poste.
00:03:18En effet, il permettra d'identifier des premières faiblesses
00:03:22dans la protection des enfants qui existent ou tout le moins existaient
00:03:27il y a encore quelques mois dans de nombreux accueils périscolaires.
00:03:31Avant de donner la parole à Agnès Séverin, notre rapporteur,
00:03:35je dois vous poser quelques questions liminaires.
00:03:38Je vous rappelle qu'un faux témoignage devant notre commission d'information
00:03:42doté des pouvoirs des commissions d'enquête
00:03:44est passible des peines prévues aux articles 434-13, 14 et 15 du Code pénal.
00:03:52Je vous invite à prêter serment de dire toute la vérité,
00:03:57rien que la vérité, en levant la main droite et en disant « je le jure ».
00:04:02Je vous remercie par ailleurs de nous faire part de vos éventuels liens d'intérêts
00:04:10en relation avec l'objet de notre mission d'information.
00:04:15Je n'ai pas de conflit d'intérêt particulier.
00:04:17Merci. Je vous rappelle que cette audition est diffusée en direct.
00:04:21Sur le site Internet du Sénat, je donne la parole à notre rapporteur, Agnès Séverin.
00:04:26Je vous remercie, M. le Président, Mme Leclerc.
00:04:30D'abord, je vous remercie d'avoir accepté cette audition
00:04:34parce que votre témoignage nous est extrêmement précieux
00:04:36dans le cadre de nos travaux sur les violences périscolaires
00:04:40au plan national, je le précise.
00:04:42Vous avez, comme l'a dit le Président, postulé comme animatrice.
00:04:46Vous avez été reçue, vous avez été recrutée
00:04:49et vous vous êtes retrouvée le jour même, vous le dites vous-même,
00:04:53au contact des enfants.
00:04:558 minutes, c'est le temps qu'il vous a fallu en novembre 2025
00:04:58pour devenir animatrice périscolaire avec un CV falsifié,
00:05:02sans diplôme et sans contrôle de votre casier judiciaire.
00:05:05Depuis plusieurs mois, je le redis, des faits graves,
00:05:08de violences commises sur des enfants dans le temps périscolaire
00:05:11ont été révélées par la presse,
00:05:13d'où l'importance de votre enquête, de votre reportage.
00:05:16Et il est vrai, c'est le cas en particulier à Paris,
00:05:20mais si Paris est un cas exceptionnel, et je le redis,
00:05:23par le nombre d'affaires et l'ampleur de l'omerta qui a régné depuis des années,
00:05:30Paris n'est malheureusement pas une exception.
00:05:33La multiplication des signalements dans de très nombreuses communes
00:05:36peut laisser craindre d'ailleurs un dysfonctionnement systémique.
00:05:40Selon SOS périscolaire, ça a été dit par mon collègue,
00:05:4370 départements sont aujourd'hui concernés,
00:05:46dans 16 régions différentes, y compris en Outre-mer.
00:05:50Cet été encore, la presse s'est fait d'ailleurs l'écho de nouvelles affaires.
00:05:54Bien évidemment, il y a urgence à agir.
00:05:57La protection des enfants doit être une priorité absolue pour tous et partout,
00:06:02au-delà des clivages politiques, confessionnels et idéologiques.
00:06:07Les enfants victimes sont traumatisés, leurs parents choqués,
00:06:11et il faut le dire, en plein désarroi face à la gravité des faits
00:06:15et au silence parfois très lourd des pouvoirs publics.
00:06:18Nous auditionnerons d'ailleurs cet après-midi et demain,
00:06:21plusieurs collectifs de parents d'enfants de victimes,
00:06:24à la fois parisiens et régionaux.
00:06:27Enfin, c'est la confiance dans l'institution périscolaire,
00:06:30mais aussi scolaire, et la confiance placée dans la parole des élus,
00:06:33qui est aujourd'hui, il faut le reconnaître, ébranlée.
00:06:35L'absence de réponse des institutions nourrit cette peur.
00:06:40Comme je le répète souvent, ça n'est pas l'information qui crée la panique,
00:06:43c'est le silence qui crée la panique.
00:06:45À Paris, les inscriptions d'ailleurs pour le périscolaire,
00:06:48en juillet et en août, ont baissé de 16%,
00:06:51soit 2 000 enfants de moins,
00:06:53et dans quelques semaines, nous disposerons des chiffres des inscriptions
00:06:56pour l'année scolaire 2026-2027.
00:06:59Alors, nos questions sont nombreuses,
00:07:01et je commencerai donc par vous en poser quelques-unes de très contrêtes,
00:07:05avant que mes collègues vous en posent également.
00:07:07D'abord, sur votre recrutement.
00:07:09Vous indiquez dans votre reportage avoir présenté un faux CV
00:07:12pour les besoins de l'enquête.
00:07:13Qu'avez-vous mis en avant comme compétence ou expérience sur ce CV ?
00:07:17A votre avis, celles-ci ont-elles été prises en compte ?
00:07:21A quel moment les vérifications ont-elles été faites quant à vos antécédents judiciaires ?
00:07:26Sur votre prise de poste, de quelle information disposiez-vous
00:07:30avant d'arriver sur l'âge ou le nombre d'élèves ?
00:07:34Par qui avez-vous été accueillis sur place ?
00:07:37Avez-vous eu, par exemple, une visite des lieux et une rencontre avec l'équipe
00:07:42avant le début du périscolaire ?
00:07:45Et y avait-il un planning d'activité, d'atelier prévu pour s'occuper des enfants ?
00:07:51Où étiez-vous, pour ainsi dire, laissés livrés à vous-mêmes ?
00:07:54De combien d'enfants deviez-vous vous occuper ?
00:07:57Y a-t-il eu une quelconque proposition de formation au moment de votre recrutement
00:08:01ou lors de vos échanges avec le responsable du périscolaire sur place ?
00:08:05Et enfin, vous expliquiez dans ce reportage que ce centre périscolaire était situé
00:08:11dans une école avec un dispositif ULI, c'est-à-dire avec des enfants qui sont en situation
00:08:14de handicap, de troubles autistiques, de difficultés scolaires, de retard scolaire.
00:08:19Comment donc la présence d'un nombre significatif d'enfants en situation de handicap
00:08:23était-elle prise en compte dans l'accueil périscolaire,
00:08:26que ce soit dans le nombre d'animateurs, leur formation ou encore les activités proposées ?
00:08:31Je vous laisse la parole pour 10 minutes et ensuite nous pourrons échanger.
00:08:34Je vous remercie beaucoup.
00:08:36Au mois de novembre 2025, suite à plusieurs publications de faits dans des écoles à Paris
00:08:49mais aussi ailleurs en France sur des accusations de violences sexuelles à l'encontre d'enfants
00:08:54dans le périscolaire, nous avons voulu tester le recrutement des animateurs périscolaires.
00:09:01Savoir comment est-ce qu'on devient animateur périscolaire aujourd'hui ?
00:09:04Quelles sont les vérifications qui sont faites ?
00:09:07Et dans ce cadre-là, avec ma rédaction en chef, nous avons décidé de le tester de la manière la
00:09:14plus concrète possible.
00:09:15C'est-à-dire que moi, journaliste, j'aille sur place et que je vois quelles sont les barrières à
00:09:21l'entrée.
00:09:22J'ai candidaté à plusieurs dizaines d'offres d'emploi en ligne, dont des offres d'emploi à la mairie
00:09:29de Paris.
00:09:30La mairie de Paris a tout de suite remarqué que j'étais journaliste et m'a contactée à ce sujet.
00:09:37Mais d'autres mairies n'ont pas remarqué que j'étais journaliste.
00:09:42J'ai notamment appelé la mairie de Créteil, donc ce n'était pas une offre d'emploi qui était publique,
00:09:46c'est de mon propre fait.
00:09:47J'ai appelé cette mairie puisque j'avais vu sur leur site internet qu'ils organisaient des ateliers de recrutement
00:09:52d'animateurs périscolaires.
00:09:55Lorsque j'ai appelé la mairie de Créteil, on m'a expliqué qu'il n'y avait plus ces ateliers
00:09:59-là, mais que je pouvais me présenter quand je voulais, avec un CV et une lettre de motivation.
00:10:04Je suis donc arrivée le lendemain ou le surlendemain avec un faux CV et une fausse lettre de motivation.
00:10:11J'ai candidaté sous ma vraie identité, celle d'Hermine Leclèche.
00:10:15Je n'ai retiré de mon CV que mes expériences de journaliste.
00:10:19J'ai retiré mon école de journalisme et toutes les rédactions par lesquelles j'étais passée.
00:10:24Pour le reste, ce sont mes vrais diplômes.
00:10:28J'ai augmenté des expériences que j'ai eues comme médiatrice culturelle, par exemple,
00:10:35où j'ai pu faire des visites de musées locaux avec des enfants et des adultes.
00:10:39Et j'ai augmenté dans le temps, en passant de quelques mois à six mois, une expérience en éducation aux
00:10:49médias avec des collégiens.
00:10:52Je n'avais pas ajouté de diplôme.
00:10:54Donc je n'avais pas mis que j'avais le BAFA.
00:10:56Je ne me suis ajouté aucun diplôme.
00:10:58Je n'ai aucun diplôme en matière d'éducation et de périscolaire.
00:11:04Je suis désolée si je n'ai plus toutes les questions en tête.
00:11:07Donc je suis venue avec ce faux CV, cette fausse lettre de motivation et une photocopie de mon passeport.
00:11:13Je suis arrivée donc à la direction de la jeunesse de Créteil un matin en me portant candidate.
00:11:22Et une personne qui, ce jour-là, était en charge du recrutement visiblement, m'a accueillie.
00:11:29Et c'est elle qui s'est chargée de me recruter.
00:11:33L'entretien a été extrêmement rapide, puisque entre le moment où je suis entrée dans le bureau et le moment
00:11:41où je suis sortie du bureau, c'est déroulé huit minutes.
00:11:47La personne avec qui j'ai été en contact m'a tout de suite demandé mes papiers d'identité, mes
00:11:53photocopies de passeport, m'a demandé si j'avais des expériences avec des enfants.
00:11:59J'ai dit oui, dans le cadre que je vous exposais.
00:12:02Elle m'a demandé si j'avais des diplômes.
00:12:03J'ai dit que je n'en avais pas.
00:12:06Puis elle m'a demandé si j'étais disponible aujourd'hui pour travailler.
00:12:10Ce à quoi j'ai répondu, oui.
00:12:12Plus tard dans l'échange, la personne m'a demandé si j'avais eu des ennuis avec la justice.
00:12:17J'ai répondu non.
00:12:20Puis elle a formulé le fait que, normalement, elle est dans le devoir de vérifier mes antécédents judiciaires avant de
00:12:28me mettre en contact des enfants.
00:12:30Mais que ce jour-là, elle ne peut pas, car elle a trop de besoins.
00:12:36Donc elle m'a demandé si je pouvais partir tout de suite.
00:12:38Elle m'a donné le nom de l'école en question, qui est une école élémentaire, primaire.
00:12:46Et 30 minutes plus tard, je suis allée travailler comme animatrice périscolaire pour la pause méridienne dans cette école.
00:12:52Je connaissais l'école, mais je ne suis partie.
00:12:55À l'oral du moins, il ne m'a jamais été communiquer mes horaires de travail.
00:12:59Je sais que c'est la pause méridienne.
00:13:00Donc je me suis doutée des horaires.
00:13:04On m'a expliqué que ça se disait de surveiller les enfants, mais je ne connaissais pas mon salaire et
00:13:08je n'ai pas signé de contrat de travail.
00:13:11Donc 30 minutes plus tard, je me suis rendue dans l'école en question, où j'ai été accueillie par
00:13:16une personne qui était, je pense, responsable du périscolaire,
00:13:20mais je n'en suis pas sûre, qui m'a accueillie et m'a demandé de signer une feuille où
00:13:27je devais mettre mon nom et mon prénom et la date.
00:13:30Et cette feuille avait plusieurs noms, je pense, de vacataires qui venaient travailler sur la pause méridienne.
00:13:37Et c'est à ce moment-là que la personne m'a demandé si je savais ce qu'était une
00:13:41école Ulysse,
00:13:42car c'était une école Ulysse, donc une école qui accueille en partie des élèves en situation de handicap.
00:13:52Donc elle m'a formée très rapidement, en tout cas elle m'a expliqué très rapidement quel allait être mon
00:13:59rôle,
00:14:00c'est-à-dire veiller sur les élèves à la pause méridienne pendant la cantine,
00:14:05m'assurer que le repas se déroule bien, puis ensuite dans la cour de récréation.
00:14:11Et le reste, je l'ai appris en faisant.
00:14:15J'ai tout de suite parlé avec mes collègues, et je leur ai fait part de ma surprise,
00:14:21de la rapidité de mon embauche, en leur disant que moi je n'avais pas l'habitude de m'occuper
00:14:26d'enfants.
00:14:28Et mes collègues m'ont notifié que c'était régulier.
00:14:33Que je cite, ça tourne beaucoup, en parlant des animateurs périscolaires.
00:14:39Au total, j'ai travaillé deux heures sur place.
00:14:45Je ne peux pas vous dire quel était le taux d'encadrement,
00:14:49puisque je n'ai pas vu tous les animateurs périscolaires qui étaient présents,
00:14:52et je n'ai pas vu tous les enfants.
00:14:54Mais je me suis concentrée sur la cantine et la cour de récréation.
00:14:59J'ai vu des collègues qui ont essayé de m'aider, qui ont essayé de faire en sorte que tout
00:15:03se passe bien.
00:15:04Et à la fin de ces deux heures, je suis repartie à la rédaction.
00:15:10J'ai été rappelée deux jours plus tard pour revenir travailler.
00:15:13C'était aussi un matin pour le midi même.
00:15:16Et lorsque j'ai demandé si mon casier judiciaire avait été vérifié,
00:15:19la personne que j'ai eue au bout du fil m'a expliqué qu'elle n'avait pas pu.
00:15:25Je ne sais pas pourquoi.
00:15:29Et ensuite, nous avons publié notre enquête.
00:15:31Donc forcément, nous avons contacté la mairie de Créteil
00:15:34pour leur demander comment ça se fait,
00:15:37que les choses se soient déroulées de cette manière.
00:15:39Et jusqu'ici, la mairie de Créteil n'a pas répondu à nos sollicitations.
00:15:46Je suis ouverte à vos questions.
00:15:55Merci beaucoup.
00:15:55Écoutez, votre témoignage est particulièrement stupéfiant.
00:15:59Moi, je voudrais d'abord savoir pourquoi est-ce que particulièrement
00:16:02vous avez choisi, vous l'avez dit dans votre introduction,
00:16:06tester, en fait, le recrutement.
00:16:08Pourquoi ?
00:16:09Est-ce que vous aviez pressenti que l'une des faillances, en fait,
00:16:13qui se répète d'ailleurs au plan national,
00:16:14est dans l'embauche et dans le recrutement ?
00:16:16Pourquoi le recrutement ?
00:16:20C'était une époque où il commençait à y avoir beaucoup de témoignages,
00:16:24plusieurs témoignages d'enfants qui se disaient victimes de violences dans le périscolaire.
00:16:31De fait, la question qu'on peut se poser, et qui ne vient pas forcément de moi,
00:16:35qui vient aussi de ma rédaction en chef, c'est comment ça se fait ?
00:16:40Et surtout, comment, parfois, des personnes mal intentionnées, ou en tout cas qui commettent ces faits-là,
00:16:48arrivent à travailler dans des écoles aujourd'hui ?
00:16:52D'où le recrutement.
00:16:53Et c'est pour ça qu'on s'est focalisé sur le recrutement,
00:16:55pour savoir s'il y avait les vérifications nécessaires dans le recrutement,
00:17:00à minima la vérification du casier judiciaire.
00:17:04Le titre que vous avez été accueilli, donc, par une personne qui vous a fait passer un entretien,
00:17:08qui est cette personne ?
00:17:09Quelle était sa fonction ?
00:17:10Quel était son titre ?
00:17:11Quel était son niveau de compétence ?
00:17:13Et par ailleurs, qu'est-ce qu'elle vous a dit précisément, quand elle vous dit, c'est régulier,
00:17:19en gros c'est habituel, parce que visiblement, on gère la pénurie, en fait, d'animateurs,
00:17:25et ce qu'attention, la protection de l'enfance ne peut pas être la variable d'ajustement,
00:17:31en fait, de la pénurie d'animateurs.
00:17:33Et ça, c'est un vrai sujet.
00:17:35Donc comment est-ce qu'elle justifie le fait qu'elle n'a pas eu le temps, tout simplement,
00:17:39d'exercer ce contrôle d'honorabilité, qui est une obligation légale ?
00:17:48Au vu du secret des sourds, je ne peux pas vous donner ni l'identité de cette personne,
00:17:51ni sa fonction exacte, puisque je compromettrai son anonymat.
00:17:55C'est un reportage qui a été fait sous le micro et caméra cachée.
00:17:59Il est important que l'anonymat de la personne reste tel qu'il est.
00:18:02Donc c'est un agent de la municipalité de Créteil.
00:18:05Mais de quel service ?
00:18:07C'est la direction de la jeunesse.
00:18:08Direction de la jeunesse.
00:18:09C'est ce que, en effet, j'ai dit dans le reportage.
00:18:12Je ne peux pas aller plus loin.
00:18:15Cette personne-là m'a dit cette phrase.
00:18:19Je devrais vérifier votre casier judiciaire, mais je ne peux pas, j'ai des besoins.
00:18:25Je ne suis pas allée.
00:18:27À ce moment-là, les choses sont allées tellement vite que je ne m'ai pas demandé pourquoi.
00:18:31C'est une animatrice périscolaire qui, une fois dans l'école, m'a dit que ça tourne, ça arrive souvent.
00:18:39Pareil, elle ne m'a pas expliqué pourquoi.
00:18:41Elle m'a juste fait ce constat que les équipes changeaient régulièrement dans le périscolaire.
00:18:48Et sur quoi portait l'entretien ?
00:18:51Parce que j'ai l'impression qu'on ne vous a pas posé beaucoup de questions sur votre expérience, votre
00:18:55formation.
00:18:56Ce n'est quand même pas évident d'être au contact d'enfants, notamment en situation de handicap.
00:19:00Est-ce que vous aviez... Est-ce que très rapidement, au moins, ils vous ont un peu formé ?
00:19:06Mon entretien a duré 8 minutes et portait sur est-ce que j'ai déjà eu des expériences avec des
00:19:13enfants ?
00:19:14J'ai répondu très rapidement.
00:19:17Est-ce que j'ai eu des ennuis avec la justice ?
00:19:19Est-ce que j'étais disponible aujourd'hui ?
00:19:22Est-ce que j'avais un diplôme dans l'animation ?
00:19:25C'est toutes les questions qui m'ont été posées.
00:19:28Quand je suis partie de cet entretien, je ne savais pas que j'allais travailler dans une école Ulysse.
00:19:32Je l'ai découvert en arrivant sur place.
00:19:36Et l'entretien, comme je vous le dis, il a duré 8 minutes au total.
00:19:39Mais il y a 8 minutes entre le bonjour et le au revoir.
00:19:44La première fois qu'on m'a demandé si j'étais disponible pour travailler aujourd'hui
00:19:47est arrivée un petit peu moins de 3 minutes après mon entrée dans le bureau.
00:19:52Donc il n'y a pas eu d'entretien poussé d'ambiance, d'entretien d'embauche en ce temps aussi
00:20:01rapide.
00:20:02Et en arrivant sur place, on m'a expliqué que c'était une école Ulysse.
00:20:06On m'a globalement dit que si j'avais des difficultés, il fallait que je me retourne vers un autre
00:20:11éducateur périscolaire
00:20:13et que je m'appuie sur mes collègues.
00:20:15Mais que c'était des enfants qui en effet étaient en difficulté.
00:20:17On me les a montrées notamment en me disant un tel, un tel, un tel.
00:20:21Ce sont des enfants qui sont en situation de handicap.
00:20:24Il faut être particulièrement vigilant avec eux.
00:20:27Il n'y a pas eu en fait de contrôle de votre identité finalement parce qu'il suffisait de taper
00:20:31votre nom
00:20:32et on voit que vous êtes journaliste.
00:20:33Donc en fait, il n'y a même pas eu de vérification même préalable sur votre propre identité.
00:20:37Non. Il y a eu... On a pris une photocopie de mon passeport qui a été gardée, je pense...
00:20:45Lors de l'embauche.
00:20:45Lors de l'embauche.
00:20:47Mais il n'y a pas eu d'autres vérifications sur mon identité, sur mon parcours de vie.
00:20:51Et en effet, il suffit de noter mon nom sur Internet pour très vite se rendre compte de ma véritable
00:20:57identité, celle de journaliste.
00:20:59Avez-vous signé un contrat ?
00:21:00Non.
00:21:01Vous n'avez pas signé de contrat ?
00:21:04Et vous avez été payée combien de temps après ? Quel a été le délai ?
00:21:08Je n'ai jamais été payée de ce passage en périscolaire.
00:21:15Mais il me semble qu'une semaine après la publication de l'enquête, j'ai été recontactée par la mairie
00:21:21de Créteil
00:21:23pour ce qui me semble être le service de paiement.
00:21:26Je n'ai pas donné suite puisque j'étais là dans le cadre de mon travail de journaliste.
00:21:31Et donc, je n'ai pas donné suite à un paiement pour ce travail.
00:21:36Si vous n'étiez pas journaliste, mais une personne mal intentionnée, d'après vous, à quel moment est-ce que
00:21:41la chaîne de protection aurait dû vous arrêter ?
00:21:45Il me semble qu'il est obligatoire de vérifier les antécédents judiciaires d'une personne avant d'être mise en
00:21:50relation avec des enfants, des mineurs.
00:21:52Mais pensez-vous que c'est suffisant à l'embauche ?
00:21:56C'est une première barrière.
00:21:57C'est une première barrière. D'accord.
00:21:59À mon sens.
00:21:59Alors, depuis novembre 2025, la mairie de Créteil a dit ensuite qu'elle avait renforcé les procédures.
00:22:05Est-ce que vous avez vérifié en termes d'évaluation, de recrutement, de contrôle ? Vous n'avez pas vérifié
00:22:11?
00:22:11Non. Je pense honnêtement que si je revenais à la direction de la jeunesse avec un CV, mon identité, on
00:22:17me reconnaîtrait rapidement.
00:22:19Non, non, mais pas vous. Mais dans l'absolu, en tant que journaliste, vous auriez pu mener l'enquête, entre
00:22:23guillemets, jusqu'au bout et voir quelles ont été les évolutions depuis ce micro caché ?
00:22:28Non, on n'a pas fait ça.
00:22:30On n'avait pas fait ça. Parce que visiblement, ça a été renforcé.
00:22:33Voilà mes prêts.
00:22:35Si, bien sûr, je t'en prie.
00:22:38Merci, Président.
00:22:41Très rapidement, trois petites questions.
00:22:42La première, c'est combien de temps exactement êtes-vous resté dans le...
00:22:47Je pose mes questions, après je vous laisse répondre. Combien de temps êtes resté ?
00:22:50Est-ce qu'à un moment, dans le cadre de cette expérience, on vous a intégré dans un collectif de
00:22:55travail, présenté de manière un peu professionnelle à vos futurs collègues, à vos encadrants ?
00:23:01Je crois que vous l'avez dit en creux, vous n'avez pas eu de feuille de route, pas de
00:23:04formation avérée, pas de consignes spécifiques.
00:23:07C'est ça que je voudrais un peu savoir.
00:23:10Et enfin, est-ce que vous avez réitéré cette expérience, dans le cadre de cette enquête que vous meniez, dans
00:23:15d'autres communes, dans d'autres villes ?
00:23:16Et comment ça a pu se passer ? Est-ce que, je crois que vous l'avez dit en début
00:23:20d'intervention, mais est-ce que vous l'avez fait, dans le cadre de cette enquête, dans d'autres communes
00:23:23?
00:23:24Et si, effectivement, le cas de Créteil est un exemple assez flagrant de difficultés, voire de manque de vigilance en
00:23:33matière de recrutement, est-ce que dans d'autres villes, ça s'est fait ?
00:23:41Rappelez-moi votre première question.
00:23:43Ma première question, c'est...
00:23:44Combien de temps vous êtes resté ?
00:23:47Est-ce que vous avez vu des recommandations, une formation, une présentation des collègues, du cadre du collectif et dans
00:23:53d'autres villes ? Est-ce que ça s'est reproduit ?
00:23:56Je suis restée en tout et pour tout deux heures. J'ai travaillé de 11h30 à 13h30.
00:24:01Donc, je suis restée deux heures au contact des enfants. Je n'ai pas eu de formation à proprement dit.
00:24:08Une feuille m'a été glissée juste avant de partir par la personne qui m'a recrutée, avec quelques consignes
00:24:16très classiques, me présenter à l'heure au travail, en tenue correcte.
00:24:22Et honnêtement, c'est allé tellement vite que je n'ai pas eu le temps de prendre connaissance de cette
00:24:26feuille et de la lire totalement avant de prendre mon poste.
00:24:30Quand je suis arrivée sur place, je suis tombée sur des personnes qui étaient bien intentionnées, qui ne semblaient pas
00:24:36surprises de me voir arriver comme ça et qui, clairement, m'ont dit qu'ils avaient l'habitude.
00:24:41Donc, ils ne m'ont pas formée. Ils m'ont dit de m'occuper des enfants, m'ont donné quelques
00:24:46conseils, m'ont pointé en effet à les enfants qui avaient des difficultés particulières et où il fallait que je
00:24:52sois particulièrement vigilante.
00:24:53Il n'y a pas eu de formation à proprement dit. Est-ce que j'ai réitéré l'expérience sur
00:24:59d'autres communes ? Non. Soit avant, soit après.
00:25:04Alors, j'ai candidaté à une dizaine d'offres d'emploi. Donc forcément, même en revenant de cette enquête à
00:25:10Créteil, j'ai eu des retours d'autres communes.
00:25:14J'ai été refusée par certaines. Beaucoup m'ont proposé des entretiens d'embauche, mais nous n'avons pas donné
00:25:21suite.
00:25:23Et j'ai été refusée. En tout cas, une seule commune, c'est la ville de Paris, a compris que
00:25:29j'étais journaliste et m'a contactée en comprenant que j'étais journaliste.
00:25:40C'est juste pour affiner. Dans les revues que vous avez pu recevoir de la part d'autres villes, c
00:25:43'est parce que lorsque vous envoyez votre CV,
00:25:45ils vous répondaient que ce n'était pas en adéquation avec les besoins ? Oui. Voilà. C'était un peu
00:25:51ça.
00:25:51En tout cas, ce n'était pas lié à mon métier. Je n'ai pas le sentiment. Nous n'avons
00:25:55pas retenu votre candidature. Nous en sommes profondément isolés. C'était assez générique.
00:26:06Vous avez fait un travail de journaliste qui ne s'est pas résumé à votre infiltration à Créteil. Est-ce
00:26:13que vous pensez que ce que vous avez vécu à Créteil est exceptionnel et conjoncturel ?
00:26:18Ou est-ce que cela détermine quelque chose de plus structurel ?
00:26:26Je ne peux pas, sur la base de cette seule enquête, porter une constatation au niveau national.
00:26:33Après cette enquête, j'ai été interviewée des syndicats.
00:26:37Et ces syndicats m'ont expliqué que cette situation était extrêmement courante.
00:26:40J'ai parlé aussi avec d'autres animateurs périscolaires qui m'ont expliqué qu'ils n'étaient pas surpris de
00:26:45ce qui s'était passé.
00:26:48Maintenant, je ne peux pas faire de ce cas une généralité.
00:26:52Et c'est plutôt à ces acteurs-là qui sont les premiers concernés de répondre à cette question.
00:26:59Madame la porteur ?
00:27:00Oui.
00:27:02Combien d'enfants avez-vous encadré ce jour-là ?
00:27:07C'est une bonne question.
00:27:09Il y avait plusieurs dizaines d'enfants.
00:27:11Mais je ne les ai pas comptés.
00:27:14C'était un réfectoire qui était plein.
00:27:16Il y avait plus d'une trentaine d'enfants.
00:27:18Plus d'une trentaine d'enfants ?
00:27:19Mais je ne peux pas vous dire exactement...
00:27:21Vous étiez seule ?
00:27:22Non, je n'ai jamais été laissée seule avec les enfants.
00:27:24Alors ça, c'est parfaitement ce que vous avez dit.
00:27:27Mais est-ce qu'il y avait des règles ou une supervision qui aurait pu vous en empêcher d'être
00:27:32seule, d'après vous ?
00:27:37On avait quand même beaucoup...
00:27:39J'avais beaucoup de collègues autour de moi.
00:27:41Je pense que si je m'étais isolée avec un enfant, on m'aurait vue.
00:27:47Maintenant, je ne l'ai pas fait, donc je ne sais pas.
00:27:51Dans la cour de récréation, j'ai compté au moins trois autres animateurs périscolaires et moi.
00:27:59Le cours de récréation, c'est grand, donc ils étaient à plusieurs dizaines de mètres de moi.
00:28:05Je ne sais pas s'ils m'auraient arrêtée, mais en tout cas, je n'ai jamais été seule.
00:28:10Et ça, je pense que c'est un point important aussi à souligner.
00:28:12Très, très important.
00:28:14Autre question, est-ce que sur place, quelqu'un particulièrement était informé de votre venue, de votre nom, de votre
00:28:25prénom ?
00:28:26Ou vous avez débarqué comme ça ?
00:28:28Parce qu'en fait, c'est vous qui dites, j'ai répondu à une annonce et je me suis rendue
00:28:31directement.
00:28:34Le recruteur a passé un coup de fil à qui, je pense, est la responsable du périscolaire dans cette école
00:28:40en question,
00:28:42qui m'a donc accueillie en connaissant mon nom et mon prénom.
00:28:46Pour le reste des animateurs périscolaires, je pense qu'ils n'étaient pas au courant,
00:28:49mais quand ils m'ont vue, ils n'ont pas eu l'air surpris.
00:28:56Vous avez eu le temps de discuter avec vos collègues durant ces deux heures d'activité,
00:29:02sur leur situation, leurs activités, la manière dont ils avaient été recrutés ?
00:29:11Oui, je leur ai fait peur de ma surprise tout de suite,
00:29:14en leur disant que j'étais très surprise de voir à quelle rapidité j'avais été mise devant les enfants.
00:29:22Mes collègues m'ont dit qu'eux n'étaient pas surpris,
00:29:26qu'il y avait régulièrement des nouvelles personnes qui venaient,
00:29:30que ça tournait beaucoup, avec cette phrase, encore une fois.
00:29:34Eux ne m'ont pas dit dans mon recrutement si ça s'est passé comme ça ou comme ça.
00:29:39D'ailleurs, la collègue avec qui j'ai le plus parlé avait un peu d'expérience en la matière.
00:29:44J'ai aussi fait part de ma surprise de ne pas avoir signé de contrat de travail,
00:29:47ou qu'on ne m'ait pas indiqué mes horaires, ni mon salaire.
00:29:50De même, elle m'a expliqué que c'était courant,
00:29:52et elle m'a donné, à ce moment-là, mes horaires précises et mon salaire.
00:29:58Donc voilà.
00:29:59Tout ça oralement ?
00:30:00Tout ça oralement.
00:30:03Et elle m'a aussi expliqué un point qui me semble important,
00:30:06que ce n'était pas évident d'avoir des personnes stables,
00:30:12puisque les horaires du périscolaire, par nature, sont des horaires qui sont découpés dans la journée,
00:30:17et que c'est difficile, et que des gens tiennent dans ce métier longtemps,
00:30:20puisqu'ils sont payés par des créneaux de deux heures par deux heures,
00:30:25et entre-temps, ils ne font rien.
00:30:34Au vu de votre expérience, vous êtes journaliste,
00:30:37quelles sont, d'après vous, les trois mesures
00:30:39que nous, en tant que responsables politiques, j'allais dire,
00:30:45on devrait prendre pour mettre fin à toutes ces zones grises,
00:30:48ces zones d'ombre,
00:30:49qui fait qu'aujourd'hui, il y a en effet des prédateurs
00:30:54qui passent à l'acte à cause de ces zones grises, justement.
00:30:57Est-ce que, selon vous, l'absence de contrôle d'honorabilité
00:31:00est vraiment liée à la gestion d'une pénurie,
00:31:02ou plus une culture d'absence, de protection de l'enfance commune,
00:31:07de banalisation ?
00:31:09Voilà.
00:31:10À quoi est-ce lié, et quelles seraient, selon vous,
00:31:11les mesures à prendre immédiates ?
00:31:16Sur la base d'une seule enquête, et d'un seul cas,
00:31:19je ne peux pas vous dire quelles sont les décisions à prendre
00:31:23et les mesures à adopter.
00:31:25Par contre, je peux faire un constat.
00:31:26Le constat, c'est que mon casier judiciaire n'a pas été vérifié
00:31:29et que la personne a conscientisé qu'elle faisait une faute,
00:31:32puisqu'elle l'a vocalisé.
00:31:33Oui, mais pardon, vous dites que vous avez été rappelé
00:31:3524 heures après.
00:31:36Est-ce que 24 heures après, le contrôle a été fait ?
00:31:38Oui ou non ?
00:31:39Parce que ce n'est pas ce que j'ai entendu dire
00:31:40de la part du maire, qui dit que le contrôle a été fait ensuite.
00:31:45J'ai été rappelé 48 heures après.
00:31:47Oui.
00:31:47Entre-temps, il y a eu un week-end.
00:31:48Oui.
00:31:50Lorsque j'ai été rappelé le lundi matin,
00:31:51j'ai demandé à la personne si le contrôle de mon casier judiciaire
00:31:55avait été fait.
00:31:55La personne m'a répondu non.
00:31:57Elle a bien répondu non, vous le confirmez.
00:31:58Elle m'a répondu non.
00:31:59Je le confirme.
00:32:01Donc il n'y a jamais eu de contrôle d'honorabilité,
00:32:03ni avant ni après ?
00:32:04Pas jusqu'à la publication de l'enquête.
00:32:06Mais la publication de l'enquête,
00:32:08elle a eu lieu combien de temps après votre prise de poste ?
00:32:11Elle a eu lieu, il me semble, si je ne me trompe pas,
00:32:144 jours après.
00:32:15Oui.
00:32:15Donc très vite après.
00:32:16D'accord.
00:32:19Donc à ma connaissance,
00:32:21et c'est les informations qu'on m'a transmises,
00:32:23que ça n'a pas été vérifié.
00:32:28Et pour ce qui est de la personne,
00:32:29elle a quand même conscientisé le fait
00:32:31qu'elle ne contrôlait pas mon casier judiciaire
00:32:32au moment de l'embauche.
00:32:34Et elle a quand même dit ses termes,
00:32:36car j'ai trop de besoins.
00:32:38Donc elle a justifié le fait de ne pas vérifier
00:32:41mon casier judiciaire par un manque d'effectifs,
00:32:44puisque c'était pour le midi même.
00:32:46C'était 30 minutes après l'entretien.
00:32:47Donc ça veut dire qu'il n'avait pas le nombre
00:32:49d'animateurs périscolaires disponibles
00:32:51pour le midi même.
00:32:54Sans moi, il y aurait eu un animateur
00:32:55périscolaire de moins, de fait.
00:32:58Donc c'est qu'en effet,
00:32:58il doit y avoir un manque de vacataires.
00:33:01Ça, c'est le constat que je peux dresser.
00:33:03Comprenez que pour les parents,
00:33:04ça peut être choquant qu'on recrute
00:33:06pour boucher des trous dans des plannings.
00:33:08Bien sûr.
00:33:10C'est ce qu'on a de plus fragile,
00:33:12ce sont les enfants.
00:33:13Donc c'est vrai, quand on vous écoute,
00:33:14encore une fois, je trouve ça stupéfiant.
00:33:16Je suis la première surprise
00:33:18par ce qui s'est passé.
00:33:19Donc sur les mesures, vous disiez,
00:33:21vous n'êtes pas politique,
00:33:22mais tout de même, vous avez une idée
00:33:23de comment on peut renforcer
00:33:25la chaîne de protection
00:33:26pour qu'elle soit plus solide
00:33:27et plus sûre,
00:33:28pour mettre fin à toutes ces zones grises.
00:33:31Pour moi, un contrôle du casier judiciaire
00:33:35me semble primordial.
00:33:37Pour que ce soit possible
00:33:39et pour que les agents aient le temps
00:33:42de contrôler le casier judiciaire,
00:33:44il faut aussi qu'ils aient les effectifs suffisants.
00:33:47Ce qui s'est passé là,
00:33:48c'est qu'ils n'avaient pas les effectifs suffisants
00:33:50et qu'ils cherchaient dans une urgence
00:33:52d'une heure à deux heures.
00:33:53Donc dans l'urgence, il s'est précipité.
00:33:57Maintenant, je ne peux pas tirer de généralité
00:33:58sur la France entière,
00:33:59mais en tout cas, ce que je peux vous dire,
00:34:01c'est qu'il y avait un manque de personnel
00:34:03qui était là
00:34:03et que ça a poussé une personne à la faute.
00:34:09Et qu'est-ce qui explique
00:34:11l'absence d'attractivité de cette fonction ?
00:34:14C'est le salaire, les horaires,
00:34:17le temps partiel ?
00:34:20Je vous le disais en creux,
00:34:21mais ça, encore une fois,
00:34:22c'est aux animateurs périscolaires
00:34:24de le dire eux-mêmes,
00:34:24eux qui ont l'habitude de faire ce métier,
00:34:26qui ont l'expérience.
00:34:27Moi, je suis journaliste,
00:34:28j'ai fait ça deux heures dans ma vie.
00:34:30Mais en parlant avec ces animateurs périscolaires,
00:34:33puis en parlant avec des syndicats
00:34:34à la suite de cette enquête,
00:34:36en effet, je pense que
00:34:37les horaires fractionnés
00:34:40n'aident pas les personnes
00:34:41à s'engager à long terme dans le métier
00:34:44puisqu'elles sont payées à l'heure
00:34:45et qu'on parle de 2h le matin,
00:34:472h le midi, 2h le soir,
00:34:49qui sont des horaires très fractionnés.
00:34:51Mais encore une fois,
00:34:52moi, je ne suis que journaliste
00:34:53et ce sont les animateurs périscolaires
00:34:55qui pourront vous en dire plus.
00:34:56Et on va bien entendu les recevoir.
00:34:58Et c'est vrai qu'il y a une précarité endémique
00:34:59et comme vous le dites,
00:35:00c'est des horaires totalement disloqués,
00:35:02parfois de 7h à 8h30,
00:35:04puis de 11h30 à 13h30,
00:35:05puis éventuellement de 16h30,
00:35:07payer 800 euros.
00:35:07C'est vrai que ce n'est pas très attractif.
00:35:10Est-ce qu'il y a d'autres questions ?
00:35:11Est-ce qu'il y a des sujets
00:35:13que vous ne souhaiteriez ajouter
00:35:16devant cette commission d'enquête
00:35:18que vous n'auriez pas dit
00:35:19dans vos reportages ?
00:35:22Non, mis à part,
00:35:23mais je pense que je vous l'expliquais,
00:35:26je n'ai pas eu le sentiment
00:35:27de face à des personnes
00:35:27qui étaient mal intentionnées,
00:35:29que ce soit dans le recrutement
00:35:30et que ce soit à l'école.
00:35:32J'ai eu le sentiment d'être face,
00:35:33et c'est un sentiment qui est le mien,
00:35:36d'être face à des personnes
00:35:37qui essayent de faire face
00:35:39à un manque,
00:35:40à une pénurie,
00:35:41et donc qui font face
00:35:43comme ils peuvent,
00:35:45jusqu'à commettre une faute
00:35:46qui est grave,
00:35:47qui est extrêmement grave.
00:35:49Mais encore une fois,
00:35:50quand je suis arrivée dans cette école,
00:35:52je n'ai pas vu de...
00:35:53En tout cas,
00:35:54je n'ai pas vu chez les animateurs
00:35:55de pari scolaire
00:35:55de mauvaise action.
00:35:56J'ai vu des gens
00:35:57qui ont essayé de m'aider,
00:35:58qui ont bien vu
00:35:58que j'étais perdue avec les enfants
00:36:00et qui avaient envie de m'aider,
00:36:02mais qui faisaient
00:36:02comme ils pouvaient.
00:36:05Et comme ils pouvaient,
00:36:06c'était un recrutement
00:36:07qui a été,
00:36:08à mon sens,
00:36:08très rapide.
00:36:12Honnêtement,
00:36:12je n'ai pas vu votre reportage,
00:36:13je n'ai pas lu votre article.
00:36:15Quelle est la ligne éditoriale
00:36:17qu'il a portée,
00:36:20qu'il a construite ?
00:36:21Quelle a été votre démonstration ?
00:36:24L'enquête s'appelle
00:36:26« Comment une journaliste de RTL
00:36:27a été recrutée
00:36:29en moins de 8 minutes
00:36:30en tant qu'animatrice
00:36:31périscolaire ».
00:36:32Donc ce reportage montre
00:36:35que dans une mairie en France,
00:36:38c'est une seule démonstration
00:36:40à un endroit précis
00:36:40à l'instant T,
00:36:41il a été possible
00:36:42pour une personne
00:36:44d'être embauchée
00:36:44en moins de 8 minutes
00:36:46et d'être mise en contact
00:36:48avec des enfants
00:36:48qui plus est des enfants
00:36:50en situation de handicap
00:36:51moins d'une heure
00:36:52avant son arrivée
00:36:54à la direction de la jeunesse.
00:36:56Donc une personne mal intentionnée
00:36:58avec un peu d'astuce
00:37:00aurait pu connaître
00:37:01le même succès que vous
00:37:03en tant que recrutement ?
00:37:05Ça aurait pu.
00:37:06Après,
00:37:08qu'est-ce qui fait
00:37:09que le recruteur
00:37:10ne s'est pas méfié de moi ?
00:37:12Il y a plein de facteurs
00:37:14qui ont pu jouer aussi.
00:37:15Peut-être que je lui ai
00:37:16inspiré confiance,
00:37:17mais je pense que
00:37:18la manière...
00:37:19Je suis une femme aussi,
00:37:20une jeune femme.
00:37:22Peut-être que la manière
00:37:23dont je l'ai présenté,
00:37:24lui a inspiré confiance,
00:37:25il ne s'est pas douté.
00:37:27Maintenant,
00:37:27et ça je vous le dis
00:37:28à titre personnel,
00:37:29je pense que ça ne peut pas dire
00:37:33que mon casier judiciaire
00:37:34ne doit pas être vérifié,
00:37:34même si j'inspire confiance.
00:37:36Il faut quand même vérifier
00:37:38pour toutes les personnes,
00:37:38parce que parfois,
00:37:41ces faits-là sont commis
00:37:42par des personnes
00:37:42qui inspirent confiance.
00:37:43si votre commission d'enquête
00:37:45s'est saisie de ce sujet,
00:37:47c'est qu'il l'exigeait
00:37:49et que ce que vous entreprenez
00:37:51d'établir,
00:37:52nous le documentons,
00:37:52donc comme vous disiez,
00:37:53famille après famille
00:37:54depuis cinq ans.
00:37:55Nous ne venons donc pas
00:37:57vous alerter,
00:37:58vous l'êtes déjà.
00:37:59Nous venons vous transmettre
00:37:59ce que le terrain
00:38:00nous a appris
00:38:01de l'angle mort,
00:38:02de la protection de l'enfance,
00:38:03non pas à l'école,
00:38:04mais de tout ce qui entoure
00:38:06la journée de l'enfant
00:38:07quand ses parents
00:38:07le déposent à l'école,
00:38:08ce que M. Édouard Geffray,
00:38:10ministre de l'éducation nationale,
00:38:12appelle de la porte à la porte.
00:38:14Ça concerne donc
00:38:16les garderies du matin
00:38:17et du soir,
00:38:18la cantine,
00:38:19les activités
00:38:20et le mercredi,
00:38:21le centre loisir du mercredi
00:38:22et des vacances scolaires.
00:38:23C'est donc 3 à 4 millions
00:38:25d'enfants chaque jour
00:38:26hors du regard
00:38:27de l'éducation nationale
00:38:28et bien souvent
00:38:29hors de tout regard.
00:38:30Nous avons créé
00:38:31SOS Périscolaire en 2021
00:38:33avec Anne à Paris
00:38:34à la suite de violences
00:38:36perpétrées dans les écoles
00:38:37respectives de nos enfants.
00:38:39Et du refus
00:38:40de l'institution
00:38:40d'y répondre.
00:38:42De quelques familles isolées,
00:38:43nous sommes devenus
00:38:44un collectif
00:38:44qui connaît aujourd'hui
00:38:46ce système mieux
00:38:47que certains
00:38:47qui l'administrent,
00:38:49ses textes,
00:38:49ses circuits
00:38:50et surtout ses failles.
00:38:51Nous y travaillons
00:38:52notamment avec une avocate,
00:38:53maître Lisborne
00:38:54et puis de nombreux
00:38:55professionnels de terrain,
00:38:56y compris des syndicats,
00:38:57des animateurs,
00:38:58des responsables d'animation
00:38:59et un certain nombre
00:39:01de communes.
00:39:02Aussi,
00:39:03nous ne venons pas devant vous
00:39:04avec des impressions
00:39:05mais bien avec des constats
00:39:06documentés
00:39:06et avec des dossiers
00:39:08judiciarisés,
00:39:08puisque nous accompagnons
00:39:09aujourd'hui avec notre avocate
00:39:11plus de 75 familles
00:39:12d'un point de vue judiciaire.
00:39:14Donc au départ,
00:39:15nous étions des lanceuses
00:39:16d'alerte venus dire
00:39:18que la problématique
00:39:19était systémique,
00:39:20cette problématique de violence.
00:39:22Et malheureusement,
00:39:23il nous a fallu devenir
00:39:24tout autre chose,
00:39:25un dispositif d'accompagnement
00:39:27pour ces familles
00:39:28dont la parole de l'enfant
00:39:29n'était pas entendue
00:39:30ou alors elle se perdait
00:39:31en chemin
00:39:32et surtout pour faire cesser
00:39:34des violences
00:39:35encore en cours.
00:39:37Faute d'une procédure
00:39:38de signalement national,
00:39:39faute d'un accompagnement
00:39:40et devant des formes
00:39:41de périscolaires
00:39:43déroutantes pour les familles
00:39:44et devant la dissolution
00:39:46des responsabilités,
00:39:47nous avons fini par prendre
00:39:48en quelque sorte
00:39:48la place de l'État.
00:39:50Un mot sur la nature
00:39:51des chiffres
00:39:52que nous allons vous donner
00:39:53car ils ne sont pas
00:39:54ceux d'une étude,
00:39:55ce sont des signalements
00:39:56spontanés
00:39:57que nous avons reçus
00:39:58sans le moindre dispositif public
00:40:00car celui-ci n'existe
00:40:01tout simplement pas.
00:40:03Ils ne disent pas tout,
00:40:05ils disent un plancher,
00:40:07jamais un plafond.
00:40:08Donc à ce jour,
00:40:09plus de 530 familles
00:40:11nous ont écrit,
00:40:11donc c'est les chiffres
00:40:13relevés hier,
00:40:14de plus de 70 départements
00:40:17et de 16 régions
00:40:19de métropole
00:40:20comme d'outre-mer.
00:40:21Donc en effet,
00:40:22ce que vous disiez tout à l'heure,
00:40:23ça n'est pas une affaire parisienne,
00:40:25évidemment,
00:40:25c'est une défaillance nationale.
00:40:28Un même signalement
00:40:29fait souvent état
00:40:30de plusieurs types de violences.
00:40:32Les proportions
00:40:32se lisent donc
00:40:33en toute mention.
00:40:34Aujourd'hui,
00:40:35on a près de 6 signalements
00:40:36sur 10
00:40:37qui font état
00:40:38de violences psychologiques,
00:40:40près d'un sur trois
00:40:41de violences physiques
00:40:42et plus d'un sur cinq
00:40:44de violences sexuelles.
00:40:46Celles dont on parle,
00:40:47bien sûr,
00:40:47les violences sexuelles
00:40:48dont on parle le plus
00:40:49dans les médias surtout,
00:40:50mais qui ne sont que
00:40:50la part visible
00:40:51d'un mâle bien plus vaste.
00:40:54Derrière ces fractions,
00:40:55il y a des enfants
00:40:57des 75 familles
00:40:58que notre avocate
00:40:59accompagne devant la justice,
00:41:01la plupart pour viol
00:41:02et agression sexuelle
00:41:03sur des enfants
00:41:04de 3 à 6 ans,
00:41:05car les autres,
00:41:06malheureusement,
00:41:06les autres violences
00:41:07sont rarement judiciarisées.
00:41:12Derrière le mot périscolaire,
00:41:14il y a deux mondes
00:41:15qui se cachent,
00:41:16deux mondes juridiques,
00:41:17on va dire.
00:41:18Le premier,
00:41:18c'est le périscolaire déclaré,
00:41:20donc la collectivité
00:41:21qui déclare à l'État
00:41:22aux services départementaux
00:41:24de la jeunesse,
00:41:25de l'engagement et des sports.
00:41:26Cette déclaration,
00:41:27elle ouvre un contrôle,
00:41:29a priori,
00:41:30qui fonctionne
00:41:31par un logiciel
00:41:33qui est mis en place.
00:41:35Et donc,
00:41:35ce contrôle,
00:41:36il comporte
00:41:39des qualifications
00:41:40pour les animateurs
00:41:42de la vérification
00:41:44d'un bulletin judiciaire,
00:41:46le bulletin numéro 2,
00:41:48le fichier des infractions sexuelles
00:41:50et depuis très récemment,
00:41:51également,
00:41:52le fichier des cadres interdits
00:41:53puisque c'est passé début juin,
00:41:55voilà,
00:41:56ça a été généralisé début juin
00:41:57via le logiciel
00:41:58qui s'appelle le TAM.
00:42:01On a également
00:42:02des taux d'encadrement
00:42:03qui sont imposés
00:42:04aux communes
00:42:05qui déclarent
00:42:06aux services départementaux
00:42:08de la jeunesse et des sports.
00:42:09Et le second périscolaire
00:42:11qu'on appelle communément
00:42:12garderie,
00:42:13alors là,
00:42:14il n'y a aucune déclaration
00:42:15au niveau de l'État,
00:42:17pas de cadre obligatoire,
00:42:18un animateur peut garder
00:42:19150 enfants
00:42:20si c'est le souhait
00:42:21de la commune
00:42:22et les vérifications
00:42:23casier judiciaire
00:42:24ne sont a priori
00:42:27pas complètement obligatoires.
00:42:28Normalement,
00:42:28la loi Taquet
00:42:29impose le volet B2
00:42:30mais en fait,
00:42:30on se rend compte
00:42:31que dans les faits,
00:42:32ça n'est pas vraiment
00:42:34pas toujours appliqué
00:42:35et que souvent,
00:42:36même quand c'est fait,
00:42:37il y a un grand delta,
00:42:38un grand délai en fait
00:42:39entre l'embauche
00:42:40de l'animateur
00:42:41et la réelle vérification
00:42:42du volet B2
00:42:43du casier judiciaire.
00:42:44Alors,
00:42:45il y a une nuance
00:42:46qui est importante pour nous,
00:42:48c'est les violences
00:42:49dont on parle,
00:42:50en fait,
00:42:50elles ne frappent pas seulement
00:42:52les accueils
00:42:53qui sont moins encadrés
00:42:53par l'État.
00:42:55On en recueille autant
00:42:56dans les garderies
00:42:57que dans les structures
00:42:57qui sont déclarées.
00:42:59Ce qui sépare
00:43:00donc les deux mondes,
00:43:01ce n'est pas le risque,
00:43:02c'est le contrôle,
00:43:03contrôle qui est bien sûr
00:43:04essentiel,
00:43:05donc l'honorabilité,
00:43:06on en parle beaucoup,
00:43:07ce volet B2,
00:43:08ce fige AI,
00:43:09ce fichier des cadres interdits,
00:43:11mais le généraliser,
00:43:12généraliser ce contrôle-là
00:43:14à l'entrée
00:43:15ne suffirait pas.
00:43:16Ça réduit le risque
00:43:17mais ça ne l'efface pas
00:43:19et ça,
00:43:20on a pour preuve criante
00:43:21tout ce qui s'est passé
00:43:22à Paris,
00:43:23puisque Paris est un périscolaire
00:43:24déclaré à Jeunesse et Sport.
00:43:25Ils font depuis longtemps
00:43:26ces vérifications.
00:43:28Néanmoins,
00:43:28on a quand même
00:43:29plus de 100 écoles
00:43:29qui sont concernées
00:43:30par ces affaires.
00:43:31C'est donc toute une chaîne
00:43:32de mesures
00:43:33qu'il faut reconstruire
00:43:34pour un système
00:43:35qui a été laissé à l'abandon,
00:43:36on peut le dire,
00:43:37depuis plus de 10 ans.
00:43:39Et bien sûr,
00:43:39le privé,
00:43:40ce n'est pas mieux du tout.
00:43:41Vous en parliez tout à l'heure
00:43:42et on reçoit aussi régulièrement
00:43:44des signalements du privé.
00:43:45C'est encore moins contrôlé
00:43:47puisqu'il y a une grande difficulté
00:43:49pour pouvoir consulter
00:43:50ne serait-ce que le volet B2
00:43:51du casier judiciaire
00:43:52qui passe par une demande
00:43:54auprès du rectorat
00:43:55et la réponse se fait
00:43:56sous deux mois
00:43:57et ils n'ont le droit
00:43:58de le faire qu'une seule fois
00:43:59au moment de l'embauche
00:44:00et jamais de manière récurrente
00:44:02comme dans le public.
00:44:07On a...
00:44:10Ce qu'on observe,
00:44:12nous en tout cas,
00:44:13dans ce qui nous osait remonter,
00:44:15c'est une même mécanique
00:44:16qui est un peu réglée
00:44:17comme une horloge,
00:44:17c'est la famille qui alerte
00:44:19quand il y a un cas,
00:44:20c'est l'institution
00:44:20qui bien souvent minimise
00:44:22ou alors se tait,
00:44:23ne donne plus de nouvelles
00:44:24et l'agent qui reste en poste
00:44:26bien souvent
00:44:28ou alors qui change d'école
00:44:30pour continuer ailleurs,
00:44:31soit dans une autre ville,
00:44:33soit même juste
00:44:33dans l'école privée d'à côté,
00:44:34ce n'est pas un problème
00:44:35aujourd'hui.
00:44:37Et la famille qui insiste
00:44:38et qui subit des pressions,
00:44:41soit par l'institution,
00:44:43soit par la mairie,
00:44:44soit par l'école,
00:44:45et c'est l'enfant bien sûr
00:44:47toujours qui trinque.
00:44:49Lorsque la famille
00:44:50cherche un responsable,
00:44:52elle se heurte
00:44:52à un renvoi de balle
00:44:53sans fin.
00:44:54L'éducation nationale
00:44:55qui répond
00:44:56qu'à cette heure-là,
00:44:57l'enfant n'était plus
00:44:58sous sa garde,
00:44:58donc ce n'est pas
00:44:59de sa responsabilité,
00:45:00mais c'est celle
00:45:01de la commune.
00:45:01Et la commune,
00:45:02elle,
00:45:02qui renvoie à la justice,
00:45:04ils ne peuvent rien faire
00:45:05puisqu'il y a une plainte,
00:45:06donc ils ne peuvent rien dire
00:45:07non plus.
00:45:08ou alors,
00:45:09tout simplement,
00:45:10elle se tait,
00:45:10elle cache les faits
00:45:11et personne ne se déclare responsable
00:45:14et l'enfant,
00:45:15il tombe dans l'intervalle.
00:45:16Cette répétition
00:45:17d'un bout à l'autre
00:45:18du pays,
00:45:19ce n'est pas une marque
00:45:20d'accident isolé,
00:45:21c'est bien la signature
00:45:22de ce système-là.
00:45:26Et ce système,
00:45:27il tient par un seul ressort,
00:45:28c'est le silence,
00:45:30le fameux pas de vague
00:45:31qui fait traiter
00:45:32de menteur
00:45:33l'enfant qui parle.
00:45:34à chaque étage
00:45:35de l'animateur
00:45:36qui reçoit
00:45:37les premiers signalements
00:45:38jusqu'au commissariat
00:45:39où on dit
00:45:40que l'enfant exagère,
00:45:42que c'est un enfant
00:45:42qui l'invente,
00:45:43qu'il a beaucoup d'imagination
00:45:45et parfois jusqu'au tribunal
00:45:46et on le voit encore
00:45:49malheureusement
00:45:49dans des affaires
00:45:50assez récentes.
00:45:52Et ça va
00:45:53jusque dans certaines communes
00:45:54jusqu'à menacer
00:45:55de plaintes en diffamation
00:45:56et même à Paris,
00:45:58le parent
00:45:58ou le collègue
00:45:59qui ose alerter.
00:46:01Ce silence,
00:46:01il ne protège pas l'enfant,
00:46:03c'est une évidence,
00:46:03il protège l'adulte
00:46:04qui est mis en cause
00:46:05et il referme surtout
00:46:06la porte de la justice.
00:46:08Et si rien ne s'arrête
00:46:09aujourd'hui,
00:46:10c'est que chaque maillon
00:46:12de la chaîne
00:46:13du système
00:46:13a cédé
00:46:15et quand un fait
00:46:16survient,
00:46:16normalement
00:46:17l'article 40
00:46:18de procédure pénale
00:46:19imposerait
00:46:20même au maire,
00:46:21même à tout fonctionnaire,
00:46:24même aux enseignants,
00:46:26même aux directeurs
00:46:27de l'école
00:46:28de signaler
00:46:29sans délai
00:46:29au procureur.
00:46:30Mais en fait,
00:46:31ce n'est pas du tout
00:46:32ce qui se passe
00:46:32et on le remarque.
00:46:33certains maires
00:46:35qu'on a parfois
00:46:36au téléphone
00:46:37ne connaissent même pas
00:46:38l'article 40.
00:46:40Et puis,
00:46:41même à Paris,
00:46:42jusqu'à très récemment,
00:46:43ça n'était absolument
00:46:44pas appliqué.
00:46:46En pratique,
00:46:47ce qui se passe
00:46:48en région,
00:46:49c'est que,
00:46:50ou même
00:46:50ce qui se passait
00:46:51jusqu'à il n'y a pas
00:46:52très longtemps à Paris,
00:46:53il suffisait de ne pas
00:46:54renouveler un contrat précaire.
00:46:55Donc,
00:46:55si l'animateur
00:46:56était vacataire,
00:46:57il posait problème,
00:46:58et bien juste,
00:46:59on ne le reprenait pas
00:47:00et en fait,
00:47:00ça ne laissait
00:47:01aucune trace nulle part.
00:47:03Et c'est pareil
00:47:03pour d'autres types
00:47:05de contrats.
00:47:05Donc,
00:47:05en fait,
00:47:06ça n'était consigné
00:47:07dans aucun fichier
00:47:08et sachant que,
00:47:08de toute façon,
00:47:09comme il n'y a pas
00:47:09de fichier national,
00:47:11ça n'aurait abouti
00:47:12même nulle part,
00:47:13en réalité.
00:47:15Et la sanction,
00:47:16lorsqu'elle existe,
00:47:17elle reste purement locale,
00:47:19du coup,
00:47:21d'autant plus
00:47:21quand c'est un périscolaire
00:47:22qui n'est pas déclaré.
00:47:25Du coup,
00:47:26écartée ici,
00:47:27la personne,
00:47:27elle est réembauchée
00:47:28juste à côté,
00:47:29le lendemain,
00:47:29dans la commune voisine.
00:47:31Le contrôle de l'État,
00:47:32nuit,
00:47:32il ne s'exerce presque jamais.
00:47:34Dans la plupart des dossiers
00:47:35qu'on accompagne,
00:47:36même sur les périscolaires déclarés,
00:47:38aucune famille
00:47:38n'a jamais vu ces services.
00:47:39Les services départementaux
00:47:40de la jeunesse
00:47:41et des sports
00:47:41sont vraiment
00:47:42sous-effectifs criants.
00:47:44Et ils n'ont pas
00:47:45la possibilité
00:47:46ni d'effectuer
00:47:46des contrôles réguliers
00:47:47dans les périscolaires,
00:47:48ni même de recevoir
00:47:49et d'instruire
00:47:51tous les dossiers
00:47:53et tous les signalements.
00:47:55On remarque également
00:47:57que le périscolaire
00:47:58n'est compté nulle part,
00:47:59ni la sécurité scolaire,
00:48:00ni l'Observatoire
00:48:01de la protection de l'enfance,
00:48:02ni même l'UNICEF
00:48:03ne le tiennent
00:48:03pour une catégorie à part,
00:48:05à part entière.
00:48:06On ne le corrige pas,
00:48:08on ne budgète pas,
00:48:09ce qu'on ne peut pas compter.
00:48:10Il n'y a absolument pas
00:48:11de statistiques
00:48:11aujourd'hui nationales
00:48:12pour savoir
00:48:12combien il y a
00:48:13de périscolaires
00:48:15sur le territoire national,
00:48:16combien d'accueils
00:48:17de mineurs
00:48:18et encore moins
00:48:19combien il y a
00:48:19de problématiques
00:48:20de violences.
00:48:22Donc,
00:48:22on n'est pas
00:48:23pas du tout venu
00:48:23accuser les animateurs.
00:48:24C'est important
00:48:25pour nous de le dire
00:48:26parce que beaucoup
00:48:27tiennent ce système
00:48:27à bout de bras
00:48:28et nous,
00:48:29on en a très souvent
00:48:29au téléphone.
00:48:31Ils sont dans des états
00:48:33parfois de désespoir profond.
00:48:36Beaucoup n'ont pas
00:48:36de formation,
00:48:37pas de formation suffisante.
00:48:38Ils sont dans la précarité.
00:48:40On a des animateurs
00:48:40qui dorment dans leur voiture,
00:48:42qui n'ont pas les moyens
00:48:42ne serait-ce que
00:48:43de se payer un logement.
00:48:46Ce qu'on met en cause
00:48:47aujourd'hui,
00:48:47c'est l'organisation
00:48:48qui les recrute,
00:48:49les forme,
00:48:50les contrôle
00:48:51et nos demandes,
00:48:52du coup,
00:48:53on les organise
00:48:54selon le parcours
00:48:56de l'enfant,
00:48:57avant,
00:48:57pendant et après,
00:48:59avec des demandes
00:49:00de prévention,
00:49:02forcément,
00:49:03étendre le contrôle
00:49:03d'honorabilité
00:49:05à tous les agents,
00:49:07y compris agents
00:49:08périscolaires territoriaux,
00:49:09qui en sont aujourd'hui exclus,
00:49:11exiger des qualifications
00:49:12qui soient à la hauteur
00:49:14de l'enjeu
00:49:15de s'occuper des enfants.
00:49:16Aujourd'hui,
00:49:17c'est le BAFA,
00:49:18le BAFA n'est absolument
00:49:19pas suffisant.
00:49:20Des formations
00:49:21à la détection
00:49:22des violences
00:49:23pour les métiers
00:49:24de l'animation
00:49:24de la petite enfance,
00:49:26soumettre à la déclaration
00:49:27tout accueil collectif
00:49:28de mineurs
00:49:28qui y échappent
00:49:29pour que plus aucune garderie
00:49:31ne reste hors de contrôle
00:49:33et parce qu'aucun texte
00:49:34ne l'inscrit encore
00:49:35expressément
00:49:35pour le périscolaire,
00:49:37poser dans la loi
00:49:37l'interdiction express
00:49:38de toute violence
00:49:39dans les accueils
00:49:40de mineurs.
00:49:42En 2019,
00:49:43on l'a fait pour la famille,
00:49:44le 1er juin,
00:49:44l'Assemblée l'a fait pour l'école
00:49:46dans un texte
00:49:47qui est aujourd'hui
00:49:48en attente au Sénat.
00:49:50Il ne reste que le périscolaire.
00:49:52Et pendant le périscolaire,
00:49:56une obligation claire
00:49:56de signalement,
00:49:57une chaîne de signalement
00:49:59nationale unique
00:50:00et traçable
00:50:00pour que ça ne soit plus
00:50:01nous qui soyons en charge
00:50:03justement
00:50:04d'accompagner ces familles,
00:50:06un fichier national unique
00:50:07des personnes écartées,
00:50:09consultées avant tout
00:50:09en embauche,
00:50:11dans le public
00:50:12comme dans le privé,
00:50:13l'information systématique
00:50:15des familles
00:50:15sur ce circuit
00:50:16et la possibilité
00:50:17de suspendre un agent
00:50:18mis en cause
00:50:19assez longtemps
00:50:19pour qu'une enquête
00:50:20aboutisse.
00:50:21La civile recommande
00:50:22de porter ce délai
00:50:22de 4 à 8 mois notamment
00:50:24puisqu'on se rend compte
00:50:24que les enquêtes,
00:50:25que ce soit les enquêtes
00:50:26administratives
00:50:27ou les enquêtes judiciaires,
00:50:28elles prennent beaucoup de temps
00:50:29et qu'en fait,
00:50:30comme la suspension
00:50:30aujourd'hui légale,
00:50:31elle est de 4 mois,
00:50:32c'est beaucoup trop court.
00:50:35Et ensuite,
00:50:36pour l'après,
00:50:37recueillir,
00:50:38accompagner,
00:50:39surtout garantir
00:50:40que la parole de l'enfant
00:50:41soit recueillie
00:50:42dans des conditions
00:50:42qui sont prévues par la loi,
00:50:44par des enquêteurs formés
00:50:46selon le protocole
00:50:47et en salle Mélanie
00:50:48dans des délais raisonnables
00:50:49et dans des lieux adaptés
00:50:51qui sécurisent l'enfant
00:50:53et facilitent
00:50:53la libération de sa parole.
00:50:54Aujourd'hui,
00:50:55ce n'est pas le cas
00:50:55et on a des cas
00:50:56dont vous parlerons Anne
00:50:58tout à l'heure
00:50:58qui sont vraiment
00:50:59très emblématiques
00:51:00des dysfonctionnements majeurs
00:51:02de l'audition des enfants.
00:51:05Et une parole
00:51:06qui n'est pas recueillie
00:51:07à temps et dans les règles,
00:51:08c'est une preuve
00:51:08qui disparaît,
00:51:09qui retraumatise l'enfant
00:51:10et c'est très important
00:51:12que la loi soit respectée
00:51:14puisqu'elle existe
00:51:15et qu'elle soit appliquée.
00:51:17Enfin,
00:51:18nous donner les moyens,
00:51:19vous donner,
00:51:20nous donner et vous donner
00:51:21les moyens de savoir
00:51:22et d'agir
00:51:22avec des statistiques nationales
00:51:24car aujourd'hui,
00:51:25tout le monde avance
00:51:25à l'aveugle
00:51:26et c'est très important
00:51:27de pouvoir mettre
00:51:28des indicateurs partout
00:51:29sur le territoire national.
00:51:31Et enfin,
00:51:32un dernier mot
00:51:33qui est très important,
00:51:34trop souvent,
00:51:35les familles ne savent même pas
00:51:36qu'un adulte mis en cause
00:51:37a eu leur enfant en charge
00:51:41et on leur demande,
00:51:43on dit au nom de l'enquête,
00:51:44du secret de l'enquête,
00:51:45on leur tait l'essentiel
00:51:47et l'enfant,
00:51:48faute d'être entendu à temps,
00:51:49voit sa parole s'effacer
00:51:52et ce qu'on remarque aussi,
00:51:53c'est que les enfants,
00:51:54quand ils ne sont pas pris en charge,
00:51:56donc souvent,
00:51:56quand les familles
00:51:57ne sont pas au courant,
00:51:57ils commettent des violences
00:51:59entre eux sur eux-mêmes,
00:52:01les petits,
00:52:01et donc ça donne
00:52:02d'autres agressions sexuelles
00:52:04qui se passent
00:52:04à l'intérieur des écoles
00:52:05et qui pourraient être évitées
00:52:07si l'information
00:52:08était faite aux familles.
00:52:10Nous, on ne conteste pas
00:52:11la présomption d'innocence,
00:52:13bien entendu,
00:52:14mais elle ne peut se payer
00:52:15du silence fait aux familles,
00:52:16ce n'est pas possible.
00:52:18Il faut trouver un moyen
00:52:19d'informer les familles
00:52:20sans entacher
00:52:22cette présomption d'innocence.
00:52:24Le défaut d'information,
00:52:25il ne protège pas l'enfant,
00:52:26il détruit la preuve,
00:52:27comme ce que je vous disais,
00:52:28et en plus,
00:52:28la violence s'ajoute
00:52:29à une double peine
00:52:31financière et sociale
00:52:32que ces familles portent seules,
00:52:34les frais de justice,
00:52:35les soins qui ne sont pas remboursés,
00:52:38ça coûte très cher aux familles,
00:52:40le psychotrauma est très lourd
00:52:41et la prise en charge psychologique,
00:52:43elle dure des années,
00:52:45c'est très dur à porter
00:52:47et parfois,
00:52:48ils doivent aussi quitter les écoles,
00:52:50changer de travail,
00:52:52arrêter de travailler
00:52:53pour pouvoir garder leur enfant
00:52:54et c'est vraiment des parents
00:52:55et des familles
00:52:57qui se sentent complètement abandonnées.
00:53:00Enfin, pour finir,
00:53:01on ne vous demande pas là aujourd'hui
00:53:03dans cette commission
00:53:04de désigner des coupables,
00:53:05on sait bien que ce n'est pas l'objet,
00:53:07ça, c'est le travail de la justice.
00:53:10Néanmoins,
00:53:11on veut bien sûr
00:53:11pouvoir dégager des responsabilités,
00:53:13comprendre ce qui s'est passé,
00:53:15pourquoi est-ce que le périscolaire
00:53:16a été abandonné
00:53:17et que ce système
00:53:20cesse de faire des victimes,
00:53:21surtout,
00:53:22et cesse ensuite
00:53:23de les abandonner.
00:53:24Merci.
00:53:25Je vous remercie beaucoup.
00:53:27Je vais donner la parole
00:53:27à Innocence en danger.
00:53:28Madame Buquet.
00:53:30Merci,
00:53:31Madame le rapporteur,
00:53:31Madame la sénatrice.
00:53:33Merci de nous avoir conviés
00:53:34à cette table ronde.
00:53:35Je vais d'abord en présenter
00:53:36rapidement
00:53:37Innocence en danger
00:53:39et brosser un petit peu
00:53:40ce que le constat
00:53:42que nous avons aujourd'hui
00:53:42dans nos bureaux
00:53:44du comité juridique
00:53:45et les propositions
00:53:46que nous souhaiterions formuler.
00:53:49Mais je vais être assez rapide
00:53:50puisque j'imagine
00:53:51qu'ensuite,
00:53:51on rentrera davantage
00:53:52dans le détail
00:53:53et dans les échanges.
00:53:54Donc juste pour le rappeler,
00:53:56donc Innocence en danger
00:53:57est un mouvement international
00:53:59de protection des enfants
00:54:01qui les protège
00:54:03de toutes les formes
00:54:04de violences qui sont faites
00:54:05et particulièrement
00:54:06les violences sexuelles.
00:54:08C'est une association,
00:54:09une ONG
00:54:10qui a été créée en 2000
00:54:11par Madame Omera Seyer
00:54:13et aujourd'hui,
00:54:14cette association
00:54:14est présente
00:54:15dans cinq pays
00:54:16avec une activité
00:54:18très importante
00:54:18en France,
00:54:20en Suisse.
00:54:21Aujourd'hui,
00:54:22notre action,
00:54:23elle repose sur trois piliers
00:54:24qui sont complémentaires,
00:54:26à savoir la prévention,
00:54:27c'est-à-dire la sensibilisation
00:54:29des enfants,
00:54:30des familles
00:54:31et des professionnels
00:54:33au risque de violences sexuelles,
00:54:35mais aussi et surtout
00:54:36le soutien judiciaire
00:54:39avec une permanence juridique
00:54:41gratuite
00:54:42pour les familles
00:54:42d'enfants victimes
00:54:43et un accompagnement
00:54:45au terme de constitution
00:54:46de parties civiles.
00:54:48Et également,
00:54:49ce qui fait l'une des particularités
00:54:51de l'association Innocence en danger,
00:54:53c'est l'organisation
00:54:53de séjours de résilience
00:54:55depuis les années 2002
00:54:59séjour au cours
00:55:00duquel nous recevons
00:55:02plusieurs enfants
00:55:03victimes reconnus
00:55:05ou encore en cours
00:55:05de processus judiciaire
00:55:07qui va donc être reçus
00:55:09dans un cadre
00:55:09destiné à libérer
00:55:11leurs paroles
00:55:12et puis aussi
00:55:13d'entamer leur travail
00:55:14de reconstruction.
00:55:16Voilà,
00:55:16donc ça,
00:55:16c'est pour la présentation
00:55:18rapide
00:55:19d'Innocence en danger.
00:55:22sur l'état des lieux,
00:55:23sur la cartographie,
00:55:24aujourd'hui,
00:55:25les chiffres
00:55:25que je peux vous donner
00:55:26qui ont été établis
00:55:29par nos bureaux,
00:55:32ils se comptabilisent
00:55:34depuis janvier 2005,
00:55:35donc jusqu'à ce jour,
00:55:36à savoir le 1er juillet 2026.
00:55:39Nous avons reçu à ce jour
00:55:41650 demandes d'aide
00:55:44sur ces 18 mois.
00:55:46Il y en a à peu près
00:55:47une soixantaine
00:55:48qui concernent
00:55:49le périscolaire,
00:55:50donc on est environ 10%.
00:55:51À date,
00:55:53nous sommes constitués
00:55:54partie civile,
00:55:54l'association seulement,
00:55:56pas nécessairement
00:55:56les avocats
00:55:57qui accompagnent les familles,
00:55:58ça,
00:55:58j'y reviendrai,
00:55:59c'est un peu différent.
00:56:00Nous avons aujourd'hui
00:56:01une quinzaine
00:56:01de constitutions
00:56:02de partie civile
00:56:03et je vois que certaines
00:56:04qui sont à mon cabinet
00:56:05ne sont pas encore comptabilisées
00:56:06parce que nous en avons beaucoup
00:56:08et en ce moment
00:56:09qui se multiplient.
00:56:12Et donc,
00:56:13nous avons dans le cadre
00:56:13de ces dossiers
00:56:14environ une soixantaine
00:56:16d'enfants
00:56:17qui sont concernés.
00:56:19Alors,
00:56:21c'est vrai qu'au sein
00:56:22de l'association
00:56:23Innocence en danger,
00:56:24on a deux particularités,
00:56:26c'est-à-dire qu'on...
00:56:26Enfin, deux particularités.
00:56:27On travaille de manière
00:56:29un petit peu différente.
00:56:31Soit on propose
00:56:32une assistance juridique
00:56:33de manière individuelle
00:56:35aux familles
00:56:35qui nous contactent
00:56:37et pour lesquelles
00:56:38vous avez donc
00:56:38des avocats
00:56:39du comité juridique
00:56:40qui se proposent
00:56:42de les accompagner.
00:56:44Et ensuite,
00:56:44nous avons une dimension,
00:56:45on va dire,
00:56:45un petit peu plus institutionnelle
00:56:47qui consiste à...
00:56:49pour l'association
00:56:50à se constituer
00:56:51partie civile
00:56:52dans le cadre
00:56:53de ces affaires,
00:56:54souvent,
00:56:55donc quand elles sont
00:56:56à l'instruction,
00:56:56pour lesquelles
00:56:57l'avocat n'a pas
00:56:58nécessairement toujours
00:57:00de personnes physiques
00:57:02à titre individuel,
00:57:03de partie civile,
00:57:05partie en physique.
00:57:06On essaye de plus en plus
00:57:08d'avoir justement
00:57:09cette double casquette,
00:57:10à savoir représenter
00:57:12des enfants
00:57:13et leurs familles
00:57:14et puis aussi
00:57:15de représenter
00:57:15l'association.
00:57:16C'est un travail
00:57:17qui est très différent
00:57:18parce que dans nos cabinets,
00:57:20lorsque l'on représente
00:57:21une famille,
00:57:23on doit représenter
00:57:24cette famille.
00:57:25Et donc,
00:57:25notamment sur nos démarches
00:57:26auprès des juges
00:57:27d'instruction,
00:57:28notre démarche
00:57:29n'est pas la même
00:57:30lorsque nous représentons
00:57:31l'association
00:57:32où nous,
00:57:32nous avons vocation
00:57:33à ce que la majorité
00:57:35des victimes
00:57:36puissent être connues
00:57:37et donc nous allons faire
00:57:38des demandes d'actes
00:57:39en ce sens,
00:57:40des demandes d'actes
00:57:41qui sont censées
00:57:43élargir le champ
00:57:44des investigations
00:57:45et pas seulement
00:57:46se contenter
00:57:46d'investiguer
00:57:48sur les victimes
00:57:49qui auraient été
00:57:50déjà identifiées
00:57:51et notamment,
00:57:52on le voit
00:57:52dans la plupart des dossiers,
00:57:54ce sont d'ailleurs
00:57:54les auteurs
00:57:55qui vont donner,
00:57:56une fois qu'ils sont confondus,
00:57:58le nom de certaines victimes.
00:57:59pensant peut-être
00:58:00que les investigations
00:58:02s'arrêteront là.
00:58:03C'est là qu'il y a
00:58:04un travail important
00:58:06à mener
00:58:06parce que selon
00:58:08la charge
00:58:08des parquets,
00:58:10selon la charge
00:58:11des doyens
00:58:12des juges d'instruction,
00:58:13vous n'avez absolument
00:58:14pas les mêmes moyens
00:58:15qui sont déployés.
00:58:16Vous avez certaines instructions
00:58:18qui sont particulièrement
00:58:19bien faites
00:58:20avec des moyens
00:58:21très importants
00:58:22où vous allez avoir
00:58:23des enquêteurs
00:58:24qui vont se déplacer
00:58:25au sein des écoles
00:58:26qui vont procéder
00:58:27à des dizaines
00:58:28voire des centaines
00:58:29d'auditions.
00:58:29Et puis,
00:58:30vous avez des départements,
00:58:32des zones
00:58:32où on manque de moyens,
00:58:34notamment aujourd'hui
00:58:35à Paris.
00:58:36C'est-à-dire que
00:58:36ce n'est pas une mauvaise volonté,
00:58:37je pense,
00:58:38de la part du parquet de Paris.
00:58:39C'est juste qu'aujourd'hui,
00:58:40les moyens qui sont donnés
00:58:41à savoir à ceux
00:58:42de la brigade de protection
00:58:43des mineurs
00:58:44ne sont pas suffisants
00:58:45pour faire face
00:58:46aujourd'hui
00:58:47à la déflagration
00:58:48que nous connaissons.
00:58:49Dès lors,
00:58:50ce qu'on peut observer,
00:58:51nous,
00:58:52sur cette cartographie,
00:58:54un petit peu
00:58:55de ce qui se passe
00:58:56au sein
00:58:56de ces affaires judiciaires,
00:58:59c'est que nous avons
00:58:59des investigations
00:59:00qui ne sont pas
00:59:01nécessairement poussées
00:59:02jusqu'où elles devraient être.
00:59:04Voilà.
00:59:04Donc,
00:59:04on a,
00:59:04si vous voulez,
00:59:05un petit peu
00:59:05dans le cadre
00:59:06de l'association,
00:59:06on a pu traiter
00:59:08de dossier,
00:59:08on va dire témoin,
00:59:09c'est-à-dire vraiment
00:59:10le dossier dans lequel
00:59:11on a pu mettre
00:59:12tous les moyens d'enquête
00:59:13de manière à ce que
00:59:14quand on referme ce dossier,
00:59:15quand la personne mise en cause
00:59:17se retrouve devant
00:59:18une cour d'assises
00:59:19ou devant une cour criminelle
00:59:20départementale maintenant,
00:59:22nous avions pour certaines
00:59:24à la quasi-certitude
00:59:26que l'ensemble
00:59:27des enfants
00:59:27qui avaient été victimes
00:59:29des personnes
00:59:30mises en cause
00:59:30étaient,
00:59:33les enfants
00:59:34étaient tous identifiés.
00:59:35Aujourd'hui,
00:59:35je pense que
00:59:36nous en sommes loin
00:59:38parce que
00:59:38vous avez effectivement
00:59:40un manque de moyens,
00:59:41notamment sur Paris,
00:59:42un manque de moyens humains
00:59:43pour pouvoir traiter
00:59:44correctement
00:59:45ces affaires.
00:59:46Alors,
00:59:47je ne veux pas être très longue
00:59:49parce que je sais
00:59:50qu'on va pouvoir échanger.
00:59:51Je voudrais revenir
00:59:53sur deux points.
00:59:54Le premier point,
00:59:56c'est le point de départ,
00:59:58si vous voulez,
00:59:59de la connaissance
01:00:00de ce phénomène,
01:00:03entre guillemets,
01:00:03de violences sexuelles
01:00:04systémiques,
01:00:05de ce qu'on peut identifier
01:00:07comme étant systémique,
01:00:08c'est-à-dire plus des cas individuels
01:00:09qui sont portés
01:00:10à notre connaissance.
01:00:11Nous,
01:00:11on le situe environ
01:00:12dans les années 2018
01:00:14où nous avons
01:00:16les premières affaires
01:00:19du périscolaire parisien
01:00:20au sein des écoles
01:00:21de Paris-Centre.
01:00:22Voilà.
01:00:23Il se trouve
01:00:24qu'à ce moment-là,
01:00:25quand les familles
01:00:26contactent l'association,
01:00:27c'est un cri d'alerte,
01:00:30c'est un cri de détresse
01:00:31de ces familles
01:00:32pour lesquelles
01:00:33elles comprennent
01:00:34très rapidement
01:00:35au regard de la manière
01:00:36dont les investigations
01:00:37vont être menées
01:00:38et du discours
01:00:38qui leur est tenu,
01:00:39c'est qu'on va très rapidement
01:00:41s'orienter
01:00:41vers un classement sans suite.
01:00:43Donc,
01:00:43vous avez un collectif
01:00:45de parents
01:00:45qui, évidemment,
01:00:47se retrouvent
01:00:48totalement désemparés,
01:00:50se demandent
01:00:50comment c'est possible
01:00:51et donc se tournent
01:00:53vers les associations
01:00:54pensant qu'on nous auront
01:00:55et que les avocats
01:00:57de ces associations
01:00:57auront peut-être
01:00:58une force de frappe
01:00:59un peu plus importante
01:01:00parce qu'il est vrai.
01:01:02Pour autant,
01:01:02on peut l'observer
01:01:03parce qu'on a cette casquette
01:01:04d'avocats d'association
01:01:05et aussi dans nos cabinets individuels.
01:01:08Je ne sais pas
01:01:09si mon confrère
01:01:09pourra le confirmer,
01:01:10mais c'est effectivement
01:01:12à un moment donné
01:01:13de se retrouver
01:01:14de manière très isolée
01:01:15quand on représente
01:01:16chaque parent
01:01:17parce que vous avez
01:01:18la détresse
01:01:19de ces parents,
01:01:20de ce dossier
01:01:21sur lequel,
01:01:21pour l'enfant en question,
01:01:23il peut y avoir
01:01:23un manque
01:01:25d'éléments matériels.
01:01:26Voilà.
01:01:26Donc, ça, c'est pour ça
01:01:28qu'aujourd'hui,
01:01:29nous sommes très contents
01:01:30de pouvoir être conviés
01:01:31à cette table ronde,
01:01:32mais c'est surtout de dire
01:01:33que ça fait presque 10 ans
01:01:35maintenant
01:01:35que nous sommes au courant
01:01:37de ce qui s'y passe.
01:01:38Cette affaire avait déjà
01:01:40été révélée par la presse.
01:01:41Très vite,
01:01:42on n'en a plus entendu parler.
01:01:43Voilà.
01:01:44Donc, aujourd'hui,
01:01:44et je vous parle de ça
01:01:46dans les années 2018.
01:01:49Rapidement,
01:01:49sur ce qu'attend
01:01:51Innocence en danger,
01:01:53c'est évidemment
01:01:55de pouvoir établir
01:01:57une responsabilité partagée,
01:01:59une réponse coordonnée.
01:02:00Je ne vais pas détailler
01:02:01ce qu'on attend
01:02:02parce que j'imagine
01:02:02que c'est quelque chose
01:02:03sur lequel on va échanger.
01:02:04Mais vraiment,
01:02:06si je devais retenir
01:02:07deux choses
01:02:08qui tiennent particulièrement
01:02:10à cœur
01:02:10de la présidente
01:02:11qui entend beaucoup de familles
01:02:13et qui est sollicitée
01:02:14de manière quotidienne
01:02:15par ses familles,
01:02:16la première chose,
01:02:17c'est vraiment
01:02:18qu'on se penche
01:02:19de manière très efficace
01:02:21sur la question des fichiers.
01:02:23D'accord ?
01:02:23Donc, je pense qu'on y reviendra
01:02:24tous plus en détail.
01:02:26Je ne vais pas le détailler
01:02:27tout de suite.
01:02:27Mais vraiment,
01:02:28cette question des fichiers
01:02:28qui est, je crois,
01:02:30fondamentale
01:02:30pour être dans un outil
01:02:31et de prévention
01:02:32et aussi de réponse
01:02:34et d'identification du danger.
01:02:36Donc, ça, vraiment,
01:02:36c'est un élément
01:02:37sur lequel nous souhaiterions
01:02:39vraiment pouvoir échanger.
01:02:40Et également,
01:02:42sur la nécessité
01:02:43d'avoir une vraie
01:02:46coordination territoriale
01:02:50sur cette stratégie
01:02:51départementale
01:02:52de protection
01:02:52des enfants
01:02:54au sein du périscolaire
01:02:55avec cette double casquette
01:02:56éducation nationale,
01:02:57etc.,
01:02:58avec une coordination
01:03:00qui pourrait être menée
01:03:01et par le préfet
01:03:02et par le parquet.
01:03:04Si c'est une proposition
01:03:05qui vous intéresse,
01:03:06je le développerai.
01:03:06Mais voilà,
01:03:07je laisse la parole
01:03:10aux membres du collectif
01:03:11MeToo École
01:03:11pour ne pas me perdre
01:03:12dans les détails.
01:03:13Merci.
01:03:17MeToo École,
01:03:18Madame Zerouali.
01:03:19Oui, bonjour.
01:03:21Alors,
01:03:22Madame la rapporteure,
01:03:24Mesdames les sénatrices,
01:03:25merci de nous recevoir
01:03:26aujourd'hui.
01:03:29MeToo École
01:03:30est née d'un choc,
01:03:31d'un vide,
01:03:32d'une urgence.
01:03:33Le choc,
01:03:34c'est le 11 avril 2025.
01:03:36Des parents
01:03:37de la maternelle
01:03:37Alphonse Baudin
01:03:38à Paris 11e arrondissement
01:03:40découvrent que l'impensable
01:03:42peut arriver dans un lieu
01:03:43que nous considérons tous
01:03:45comme l'un des plus sûrs,
01:03:46l'école.
01:03:48Le vide,
01:03:49c'est ce qui arrive ensuite.
01:03:50Quand une famille cherche
01:03:52à comprendre
01:03:52ce qui est arrivé,
01:03:53quand elle cherche
01:03:54à savoir qui alerter,
01:03:56quand elle cherche
01:03:57à savoir comment protéger
01:03:58son enfant,
01:03:59personne ne lui répond.
01:04:00Quand les familles
01:04:01demandent qui pilote,
01:04:02qui centralise,
01:04:03qui informe,
01:04:04qui protège,
01:04:04la réponse n'existe pas.
01:04:06Nous avons compris alors
01:04:08que nous n'étions pas face
01:04:09à un cas isolé,
01:04:10nous étions face
01:04:11à un angle mort
01:04:11national.
01:04:13C'est de cette faille-là
01:04:14que MeToo Ecole est née.
01:04:16On sait tous
01:04:17que la majorité
01:04:17des violences faites
01:04:18aux enfants
01:04:18se font dans le cadre
01:04:19familial,
01:04:20c'est vrai,
01:04:21mais il existe
01:04:21de plus en plus
01:04:22de structures
01:04:23et d'associations
01:04:23qui peuvent aider
01:04:24les familles désemparées,
01:04:25même si elles manquent
01:04:26encore cruellement
01:04:27de moyens.
01:04:28Sur les violences physiques,
01:04:29morales ou sexuelles
01:04:30faites aux enfants
01:04:30dans le cadre scolaire
01:04:31et périscolaire,
01:04:32il n'existait presque rien
01:04:34pour les familles,
01:04:35pas d'interlocuteur évident,
01:04:36pas de parcours clair,
01:04:37pas d'appui médical
01:04:38ou juridique facilité.
01:04:41C'est de ce vide
01:04:46que MeToo Ecole
01:04:48est officiellement née
01:04:50le 20 novembre 2025,
01:04:52journée internationale
01:04:53des droits de l'enfant.
01:04:55Dès lors,
01:04:56d'autres familles,
01:04:57victimes ou non,
01:04:58des professionnels
01:04:59de l'enfance,
01:05:00des experts médicaux
01:05:01et juridiques
01:05:01nous ont rejoints,
01:05:02notamment l'alliance
01:05:04des avocats
01:05:04pour les droits de l'homme
01:05:05représentée aujourd'hui
01:05:06par maître de la carte.
01:05:09C'est de cette urgence
01:05:10de protéger les enfants
01:05:11au sein de l'école
01:05:12que MeToo Ecole
01:05:14est née d'abord
01:05:15en collectif
01:05:15et maintenant
01:05:16en tant qu'association
01:05:17loi 1901.
01:05:19Et parce qu'un problème
01:05:20systémique appelle
01:05:21une réponse nationale,
01:05:22nous avons décidé
01:05:23de médiatiser
01:05:24ces faits graves
01:05:24pour que les médias
01:05:26et les politiques
01:05:27s'emparent du sujet
01:05:28avant les élections
01:05:29municipales
01:05:29et présidentielles.
01:05:31Le 24 novembre,
01:05:33notre première tribune
01:05:34publiée dans la grande enquête
01:05:35sur le péril scolaire
01:05:37dans le magazine Elle
01:05:38permet de faire entrer
01:05:39ce sujet
01:05:39dans le débat public
01:05:41et tout s'accélère
01:05:42avec la publication
01:05:43dans la tribune
01:05:44du dimanche
01:05:45d'un extrait
01:05:45de notre lettre
01:05:47envoyée au président
01:05:48de la République
01:05:48le 5 décembre.
01:05:50Aujourd'hui,
01:05:51notre association
01:05:52est un interlocuteur
01:05:53reconnu
01:05:54par tous les acteurs
01:05:54publics.
01:05:55Notre action
01:05:56repose sur trois piliers.
01:05:58Révéler les faits,
01:05:59accompagner les familles
01:06:00et porter des propositions
01:06:02concrètes
01:06:02auprès des pouvoirs
01:06:03publics.
01:06:04Aujourd'hui,
01:06:05MeToo Ecole,
01:06:06c'est une association
01:06:07de 20 bénévoles
01:06:09organisée en Talsforce.
01:06:11Une première d'entre elles,
01:06:12c'est notre cellule d'écoute.
01:06:14Il y avait urgence.
01:06:15Nous recevons environ
01:06:1615 appels par semaine
01:06:18de la France entière.
01:06:19Et un appel,
01:06:20ce n'est pas 5 minutes,
01:06:21pas une heure,
01:06:21c'est parfois
01:06:22une heure et demie,
01:06:23voire deux heures.
01:06:23Ce sont des parents
01:06:24désemparés,
01:06:26des grands-parents inquiets,
01:06:27des enseignants
01:06:28ou des animateurs
01:06:29lanceurs d'alerte,
01:06:30parfois lâchés,
01:06:31mis à l'écart
01:06:32ou eux-mêmes
01:06:34confrontés
01:06:34à l'omerta institutionnelle.
01:06:37Ce que nous entendons
01:06:38semaine après semaine,
01:06:40ce ne sont pas seulement
01:06:41des récits de violence,
01:06:42ce sont des récits
01:06:43de solitude institutionnelle.
01:06:45sur l'état des lieux,
01:06:46il faut être clair,
01:06:47il n'existe pas aujourd'hui
01:06:49une cartographie officielle,
01:06:50nationale et indépendante
01:06:52des violences commises
01:06:54dans le cadre périscolaire.
01:06:55Cette absence de données
01:06:56est déjà un constat politique.
01:06:57Elle empêche de mesurer,
01:06:59de piloter,
01:07:00donc de protéger.
01:07:02Et vous le savez,
01:07:02en France,
01:07:03ce sont 160 000 enfants
01:07:04victimes de violences sexuelles
01:07:06chaque année,
01:07:07un enfant sur trois,
01:07:09un enfant toutes les trois minutes.
01:07:1140 % de ces violences
01:07:13se passent à l'école
01:07:14ou dans des institutions
01:07:15périscolaires.
01:07:17Or,
01:07:18cette partie est mal mesurée.
01:07:20Et tant qu'elle ne sera pas mesurée
01:07:22par une autorité indépendante,
01:07:24elle restera sous-évaluée.
01:07:26Une preuve,
01:07:27s'il en faut une,
01:07:28la situation du périscolaire à Paris
01:07:30où les chiffres donnent déjà
01:07:31la mesure du basculement.
01:07:33En novembre 2025,
01:07:35selon les chiffres de la mairie de Paris,
01:07:3688 agents avaient été suspendus
01:07:39sur trois ans,
01:07:39dont 53 pour des faits
01:07:42à caractère sexuel.
01:07:44On nous a répété
01:07:45qu'il s'agissait d'une moyenne nationale
01:07:47et qu'il ne fallait pas s'affoler.
01:07:48Depuis janvier 2026,
01:07:51ce sont 132 animateurs suspendus,
01:07:53dont 52 pour suspicion
01:07:55de violences sexuelles.
01:07:57La procureure de Paris
01:07:58a elle-même reconnu ce problème
01:08:00avec l'annonce en mai dernier
01:08:02de 84 écoles maternelles,
01:08:05une vingtaine d'élémentaires
01:08:06et une dizaine de crèches
01:08:08en disant que ça faisait
01:08:09l'objet d'une enquête
01:08:10et que tous les arrondissements
01:08:12de Paris étaient concernés.
01:08:13Donc non.
01:08:15Ce que nous révélons
01:08:16depuis novembre 2025,
01:08:17ce n'est pas un bruit militant,
01:08:19c'est un signal d'alerte,
01:08:21c'est un scandale d'État.
01:08:22Dans les dossiers
01:08:23que nous accompagnons,
01:08:24nous retrouvons toujours
01:08:25les mêmes barrières
01:08:26qui faillissent.
01:08:27La prévention,
01:08:28le recrutement,
01:08:30le contrôle,
01:08:30le signalement,
01:08:31la protection immédiate
01:08:33et le retour d'expérience.
01:08:35C'est cela que nous appelons
01:08:37un système,
01:08:38un problème systémique,
01:08:39pardon.
01:08:39Pas une faute isolée,
01:08:41mais une chaîne de protection
01:08:42qui ne tient pas.
01:08:43L'immense majorité
01:08:45travaille avec engagement,
01:08:46souvent dans des conditions
01:08:47difficiles.
01:08:48Mais un système de protection
01:08:49ne peut pas reposer uniquement
01:08:51sur la bonne volonté individuelle.
01:08:53Il doit reposer sur des règles,
01:08:55des contrôles,
01:08:56une formation,
01:08:57une traçabilité,
01:08:58des protocoles connus de tous
01:09:00et une vraie culture
01:09:01de prévention du risque.
01:09:03Ce que nous demandons
01:09:04aujourd'hui est très concret.
01:09:06Un enfant ne devrait jamais
01:09:08avoir peur d'aller à l'école.
01:09:09Un enfant ne devrait jamais
01:09:11avoir à prouver
01:09:12qu'il a été en danger
01:09:13pour être protégé.
01:09:16La société civile
01:09:18se réveille enfin.
01:09:19Mais elle se réveille à un prix.
01:09:21Il a fallu un MeToo École
01:09:22pour accompagner
01:09:23des centaines de parents
01:09:24plongés dans une détresse absolue,
01:09:26pour alerter la presse
01:09:28à la hauteur de l'enjeu,
01:09:29pour mettre l'État,
01:09:30les collectivités
01:09:31et les institutions
01:09:32face à leurs responsabilités.
01:09:34Aujourd'hui,
01:09:35les choses bougent.
01:09:36La ville de Paris
01:09:37ouvre une mission d'évaluation.
01:09:39L'Assemblée nationale
01:09:39s'est saisie du sujet
01:09:40et le Sénat
01:09:42nous auditionne aujourd'hui.
01:09:43Parce qu'un enfant
01:09:44ne doit et n'est
01:09:46ni de droite
01:09:46ni de gauche.
01:09:47Un enfant doit être protégé
01:09:49partout et par tous.
01:09:51Merci.
01:09:54Merci beaucoup.
01:09:55Je remercie mes collègues
01:09:57Paulette Matray
01:09:58et Marie-Pierre Mounier
01:09:59qui sont à mes côtés
01:10:01membres de la commission
01:10:01éducation culture
01:10:02et qui, naturellement,
01:10:03poseront des questions.
01:10:05Je vais commencer
01:10:05par vous poser
01:10:07une question
01:10:08qui me semble
01:10:09absolument essentielle
01:10:10sur la circulation
01:10:11de l'information
01:10:12au sein des familles
01:10:14dans l'institution scolaire.
01:10:15Parce que très souvent,
01:10:17on dit,
01:10:19on informe
01:10:20les parents
01:10:21d'élèves délégués,
01:10:23représentants
01:10:24et pas les autres.
01:10:25Donc concrètement,
01:10:26quelles sont vos propositions
01:10:27là-dessus ?
01:10:27Et très souvent,
01:10:28on s'enferme un peu
01:10:29dans le déni
01:10:29en disant,
01:10:30attention,
01:10:31ça va affoler
01:10:32les autres parents d'élèves.
01:10:33Et vous l'avez
01:10:34parfaitement bien dit,
01:10:35madame,
01:10:35il y a des écoles
01:10:36où en fait
01:10:37des animateurs
01:10:38étaient il y a
01:10:39quelques années
01:10:40mais dont on a appris
01:10:41en fait
01:10:42qu'ils étaient
01:10:43au contact des enfants
01:10:44seulement maintenant.
01:10:45Donc il y a une forme
01:10:46d'omerta
01:10:47et ce qu'elle est organisée,
01:10:49ce qui est troublant,
01:10:51c'est d'apprendre
01:10:53quelques années après
01:10:54que cet animateur
01:10:55dont l'un qui a été
01:10:56d'ailleurs incarcéré
01:10:57à Paris
01:10:57a été au contact
01:10:59d'enfants
01:10:59et on ne le sait
01:11:00que maintenant
01:11:00malgré
01:11:02les mails
01:11:03de demandes
01:11:04et de précisions
01:11:05qui avaient été envoyés
01:11:06par des élus locaux.
01:11:07Ça c'est la première question.
01:11:09La deuxième
01:11:09c'est
01:11:10comment est-ce qu'il faut
01:11:12mieux écouter
01:11:12la parole
01:11:13de l'enfant
01:11:14et vous l'avez dit
01:11:16est-ce que
01:11:16c'est dans l'enceinte
01:11:17de l'école
01:11:18quand les enquêteurs
01:11:19se déplacent
01:11:20en fait ?
01:11:20Quel est pour vous
01:11:21justement
01:11:22le plus efficace ?
01:11:25Et puis
01:11:26par ailleurs
01:11:27quelles sont
01:11:27vos recommandations
01:11:28concrètes ?
01:11:29On a vu
01:11:29et ça a beaucoup
01:11:30ébranlé des parents
01:11:31des enquêtes judiciaires
01:11:34qui ont abouti
01:11:35à des relaxes.
01:11:37Est-ce qu'il y a
01:11:38selon vous
01:11:38des évolutions
01:11:39législatives
01:11:40et pénales
01:11:41à envisager ?
01:11:42Voilà les premières
01:11:43questions.
01:11:51Vous aviez dit
01:11:51qu'on commençait
01:11:52par la fin.
01:11:55Comme vous voulez.
01:11:59Bonjour madame la rapporteure.
01:12:01Maxime Delacarte,
01:12:02avocat à Paris.
01:12:04Juste avant de répondre
01:12:04à ces questions
01:12:05je voudrais situer
01:12:05qui je suis exactement
01:12:06pour que ce soit bien clair.
01:12:07Je suis
01:12:10la personne en charge
01:12:11du collectif d'avocats
01:12:11désigné par l'Alliance
01:12:12des avocats
01:12:13pour les droits de l'homme
01:12:13pour aider
01:12:14l'association
01:12:16MeToo Ecole.
01:12:16On est donc plusieurs
01:12:17derrière ce micro
01:12:19en réalité
01:12:19à aider à la fois
01:12:21l'association
01:12:21et les familles
01:12:22qui sont victimes.
01:12:24Voilà.
01:12:25L'Alliance des avocats
01:12:26pour les droits de l'homme
01:12:26étant une association
01:12:27qui vient elle-même
01:12:28en aide aux associations.
01:12:31Je voudrais répondre
01:12:31juste à une partie
01:12:33de votre question
01:12:34madame la rapporteure
01:12:36concernant
01:12:36le caractère systémique.
01:12:38Alors je crois
01:12:38qu'on est tous d'accord
01:12:39ici sur ce constat
01:12:41mais je voudrais
01:12:41vous faire part
01:12:42d'un élément
01:12:42qui est arrivé
01:12:43sur mon bureau
01:12:44hier soir
01:12:44qui est arrivé
01:12:45à Agnières-sur-Seine
01:12:46et qui est symptomatique
01:12:48de ce que
01:12:49ce caractère systémique
01:12:50perdure
01:12:51malgré la situation
01:12:52on va dire
01:12:53matricielle
01:12:54qui a eu lieu à Paris.
01:12:55En avril 2026
01:12:57un courriel
01:12:58a été envoyé
01:12:58aux parents d'élèves
01:12:59d'Agnères-sur-Seine
01:13:01mentionnant
01:13:01le fait que
01:13:02au regard
01:13:03de la situation parisienne
01:13:04l'adjoint à l'enfance
01:13:06avait pris
01:13:06toutes les mesures nécessaires
01:13:07et des informations
01:13:08étaient données aux parents.
01:13:09rien n'était donné
01:13:11comme information aux parents
01:13:121 sur le nombre
01:13:13de signalements
01:13:13sur la commune
01:13:142 sur la procédure
01:13:15de signalement
01:13:16et 3 évidemment
01:13:18sur les suites
01:13:18qui avaient été données
01:13:19par la mairie
01:13:20et par les institutions
01:13:22de façon plus générale
01:13:23au sein de...
01:13:24Vous pouvez rappeler
01:13:24la commune dont il s'agit ?
01:13:25Agnères-sur-Seine
01:13:26D'accord
01:13:28Agnères-sur-Seine
01:13:29Un mail a été envoyé
01:13:30ce mail a fait l'objet
01:13:31d'un certain nombre
01:13:31de réponses
01:13:31de la part de parents
01:13:33mentionnant
01:13:33qu'il était parfaitement
01:13:34insuffisant comme réponse
01:13:35à apporter
01:13:36à la situation
01:13:37qui existait à Paris
01:13:38mais qui existe
01:13:39on vient de le voir
01:13:39dans toute la France
01:13:40voire même
01:13:41à l'étranger
01:13:42puisqu'un certain nombre
01:13:42de signalements
01:13:43nous viennent de l'étranger
01:13:44Et bien il se trouve
01:13:45madame le rapporteur
01:13:46que hier
01:13:47j'ai été informé
01:13:48de ce qu'une procédure
01:13:49de suspension
01:13:50avait eu lieu
01:13:51dans l'une des écoles
01:13:52l'école Concorde
01:13:53à Agnères-sur-Seine
01:13:53et de la même manière
01:13:54que dans plein d'autres situations
01:13:56et malgré
01:13:57tous les retours
01:13:59qu'on a pu avoir
01:13:59de ce que la réponse
01:14:00n'était pas suffisante
01:14:01et bien
01:14:02la mairie
01:14:03fait le blackout
01:14:04on n'a aucune information
01:14:06donnée
01:14:06ni aux parents
01:14:07ni évidemment
01:14:07aux personnes concernées
01:14:09ce qui est absolument dramatique
01:14:10ça prend quelle forme ?
01:14:11ça prend la forme
01:14:12qu'il n'y a pas
01:14:12de réunion publique
01:14:13il n'y a aucune information
01:14:15sur la nature
01:14:15des faits
01:14:17qui ont été reprochés
01:14:18à la personne
01:14:19mise en cause
01:14:20aucune information
01:14:21sur la période
01:14:22non plus des faits
01:14:23qui sont reprochés
01:14:24à cette personne
01:14:24on ne demande évidemment pas
01:14:26que son nom soit jeté
01:14:27en pâture au public
01:14:28et que la présomption
01:14:29de naissance
01:14:29soit foulée au pied
01:14:30c'est pas ça
01:14:31mais des informations
01:14:31essentielles
01:14:32qui permettent quoi
01:14:33madame le rapporteur
01:14:34qui permettent simplement
01:14:35non pas simplement
01:14:36d'écouter la parole
01:14:36de l'enfant
01:14:37mais au moins
01:14:37que l'information remonte
01:14:39aujourd'hui
01:14:39on a des parents
01:14:40qui sont en panique
01:14:41dans toute la commune
01:14:42d'Agnères-sur-Seine
01:14:43parce qu'ils n'ont pas
01:14:44de réelles informations
01:14:45par les services
01:14:46de l'enfance
01:14:47donc c'est absolument ahurissant
01:14:48ça veut dire qu'aujourd'hui
01:14:49la mairie assume
01:14:51en réalité
01:14:51de ne pas faire
01:14:52de remonter
01:14:52l'information basique
01:14:54pour qu'on puisse
01:14:55prendre des mesures
01:14:56préventives
01:14:57vis-à-vis des enfants
01:14:58de la commune
01:14:58pourquoi pas les interroger
01:15:00pourquoi pas les faire voir
01:15:00des personnes spécialisées
01:15:02après on reviendra évidemment
01:15:03sur le recueil de la parole
01:15:04mais aujourd'hui
01:15:04je peux vous le dire
01:15:05de ce petit cas particulier
01:15:07malheureusement
01:15:07le caractère systémique
01:15:08perdure
01:15:09peut-être par défaut
01:15:11de formation
01:15:12des décideurs publics
01:15:13sur la commune
01:15:13je n'en ai aucune idée
01:15:14ou par volonté propre
01:15:16je ne l'espère pas
01:15:17et je ne l'envisage pas
01:15:17mais aujourd'hui
01:15:18c'est assez inquiétant
01:15:19de ce point de vue là
01:15:21finalement
01:15:21ces propos sont très éclairants
01:15:22et à la fois très inquiétants
01:15:24vous vouliez prendre la parole
01:15:29sur la circulation
01:15:30de l'information
01:15:32effectivement
01:15:32je vais rejoindre
01:15:33ce que vient de vous dire
01:15:34mon confrère
01:15:35malheureusement
01:15:35même sur des affaires
01:15:37du coup récents
01:15:37qui remontent
01:15:38dans les cabinets individuels
01:15:40ou même au sein
01:15:40de l'association
01:15:41vous avez donc du coup
01:15:42tous ces parents
01:15:43qui dénoncent encore une fois
01:15:44cette absence d'information
01:15:45c'est à dire que
01:15:46à un moment donné
01:15:47on a connaissance
01:15:48de qu'il se serait passé
01:15:49quelque chose
01:15:50un animateur
01:15:51qui est suspendu
01:15:52pour autant
01:15:53vous n'avez absolument
01:15:53aucune information
01:15:54et d'ailleurs
01:15:55je vais même plus loin
01:15:56même au sein
01:15:57de l'école
01:15:58aujourd'hui vous avez
01:15:59ce personnel périscolaire
01:16:00qui le regrette
01:16:01c'est à dire qu'ils vous disent
01:16:02nous on ne sait pas
01:16:03ce qui se passe
01:16:04je vais vous donner
01:16:05l'exemple
01:16:06qui concerne un dossier
01:16:07que j'ai suivi
01:16:08très récemment
01:16:09d'une petite fille
01:16:10qui a subi des violences
01:16:11pour lequel
01:16:12la remontée d'informations
01:16:14s'est fait extrêmement rapidement
01:16:15une plainte a été déposée
01:16:17l'agent a été mis à pied
01:16:18tout de suite
01:16:19par la mairie de Paris
01:16:22cette affaire
01:16:22a fait l'objet
01:16:23d'un classement sans suite
01:16:24pour lequel
01:16:24les parents ont été informés
01:16:26parce qu'ils ont fait eux
01:16:27la démarche
01:16:28de se demander
01:16:29où en était
01:16:30cette procédure
01:16:31donc évidemment
01:16:32ils se sont ensuite
01:16:32tournés vers l'école
01:16:33pour savoir
01:16:34s'il y avait eu des informations
01:16:35la réponse était
01:16:36non
01:16:37toute la question
01:16:38étant maintenant
01:16:38de savoir
01:16:39quid
01:16:40de la suspension
01:16:41de cet agent
01:16:41puisqu'il y a eu
01:16:43un classement sans suite
01:16:44les parents n'ont absolument
01:16:45aucune information
01:16:46donc c'est vrai
01:16:47qu'on en revient
01:16:48sur cette question
01:16:50de la circulation
01:16:51de l'information
01:16:52de la nécessité
01:16:52de trouver des outils
01:16:53et aujourd'hui
01:16:54je pense que c'est quand même
01:16:55à l'ère du numérique
01:16:56parce que là
01:16:58notamment
01:16:59l'intelligence artificielle
01:17:01va pouvoir nous aider
01:17:02et peut-être nous faire gagner
01:17:03du temps
01:17:04pour regrouper
01:17:05ces informations
01:17:06parce que
01:17:07dans tous les drames
01:17:08que nous connaissons
01:17:09de la protection
01:17:09de l'enfance
01:17:10qu'il s'agit
01:17:11des violences sexuelles
01:17:12au sein des écoles
01:17:13ou même de manière générale
01:17:15tous les drames
01:17:15que nous connaissons
01:17:16on se rend compte
01:17:17de manière systématique
01:17:19que s'il y avait eu
01:17:20des recoupements d'informations
01:17:21des remontées d'informations
01:17:23nous n'aurions pas ces drames
01:17:24donc c'est pour ça
01:17:25que là je pense
01:17:26que nous sommes tous d'accord
01:17:27et c'est des propositions
01:17:28que nous formulons
01:17:29mais que vraiment
01:17:29c'est un cri
01:17:31que nous avons
01:17:32c'est de dire
01:17:33il faut pouvoir avoir
01:17:34un contrôle
01:17:35pas seulement à l'entrée
01:17:37pas seulement au moment
01:17:38du recrutement
01:17:39on doit avoir
01:17:39un contrôle
01:17:40permanent
01:17:41quasi annuel
01:17:42et puis
01:17:43on doit pouvoir aussi
01:17:46contrôler
01:17:46les personnes
01:17:47qui vont rentrer
01:17:47dans nos écoles
01:17:48vous savez
01:17:49ce qui est quand même
01:17:50assez hallucinant
01:17:51c'est que
01:17:52lorsque vous avez
01:17:53une personne
01:17:53qui veut
01:17:55exercer
01:17:56une fonction
01:17:57dans le cadre
01:17:58de la sécurité
01:18:00alors même
01:18:01qu'elle va apparaître
01:18:02sur ce fameux tâche
01:18:03et qu'elle n'a jamais
01:18:04été condamnée
01:18:05cette personne
01:18:05va devoir justifier
01:18:06va devoir demander
01:18:07à être désinscrite
01:18:08de ces fichiers
01:18:09pour pouvoir exercer
01:18:10une mission
01:18:12de juste
01:18:12de sécurité
01:18:14aujourd'hui
01:18:15la société
01:18:15la société
01:18:16la mère que je suis
01:18:17l'avocate que je suis
01:18:18ne peut pas comprendre
01:18:19que lorsqu'il s'agit
01:18:21d'enfants
01:18:21nous puissions recruter
01:18:23des personnes
01:18:23sur lesquelles
01:18:24nous n'avons absolument
01:18:25aucune information
01:18:26alors voilà
01:18:27ça me paraît
01:18:29cette question
01:18:30du recrutement
01:18:31et du partage
01:18:33d'informations
01:18:33aujourd'hui
01:18:34on parle
01:18:34de cette consultation
01:18:35du fameux
01:18:36FIGES
01:18:37mais ça encore une fois
01:18:38c'est l'arbre
01:18:39qui cache la forêt
01:18:39parce que
01:18:40ce fichier
01:18:41je ne vais pas
01:18:41revenir en détail
01:18:42mais il ne concerne
01:18:43que la condamnation
01:18:45pour certaines infractions
01:18:46avec certaines condamnations
01:18:47quand on sait
01:18:48que 90%
01:18:50des affaires
01:18:50concernant
01:18:51justement
01:18:51sont classées
01:18:52sans suite
01:18:53vous imaginez donc
01:18:54que dans ce fichier
01:18:55ce fichier
01:18:55est totalement désuet
01:18:56donc il faut
01:18:58l'idée
01:18:59c'est ne surtout pas
01:19:00de s'attaquer
01:19:00à l'état de droit
01:19:01bien évidemment
01:19:02nous sommes tous
01:19:02attachés ici
01:19:03à la présomption
01:19:04d'innocence
01:19:05pour autant
01:19:06la présomption
01:19:07d'innocence
01:19:07ne doit pas
01:19:08être
01:19:11pour cacher
01:19:12pour ne pas protéger
01:19:13nos enfants
01:19:14le principe de précaution
01:19:15notamment en matière sanitaire
01:19:16on l'applique
01:19:17systématiquement
01:19:18je ne vois pas pourquoi
01:19:19concernant la protection
01:19:20des enfants
01:19:21on ne l'appliquerait pas
01:19:22à partir d'un moment
01:19:23où une personne
01:19:24est impliquée
01:19:25dans une procédure
01:19:26où on a considéré
01:19:27parce que quand même
01:19:28quand on est mis
01:19:28en examen
01:19:29c'est pour une affaire
01:19:30sur une affaire
01:19:31de veille ou d'agression
01:19:31sexuelle
01:19:32sans présager
01:19:33de la culpabilité
01:19:34mais c'est quand même
01:19:35que vous avez
01:19:35un magistrat
01:19:36à un moment donné
01:19:36instructeur
01:19:37qui a quand même
01:19:38considéré
01:19:38qu'il y avait
01:19:39des indices suffisamment
01:19:40graves et concordants
01:19:41pour les mettre
01:19:42en examen
01:19:43dès lors
01:19:43à partir de ce moment là
01:19:45il doit pouvoir
01:19:46y avoir une consultation
01:19:48alors est-ce qu'il faut
01:19:49l'encadrer
01:19:49c'est à dire que
01:19:50j'entendais les propos
01:19:51de Marine Le Pen
01:19:52qui venait nous dire
01:19:53qu'on était dans
01:19:53une américanisation
01:19:54alors là
01:19:55je dois quand même
01:19:56reconnaître que
01:19:56heureusement que j'étais
01:19:58de ma chaise
01:19:59mais c'est de dire
01:20:00quand même
01:20:00non
01:20:01on doit pouvoir
01:20:02avoir la circulation
01:20:03de cette information
01:20:03on doit pouvoir
01:20:04porter à la connaissance
01:20:06des personnes
01:20:06qui vont recruter
01:20:07de savoir si une personne
01:20:08a déjà été mise en cause
01:20:09si une personne
01:20:10est mise en examen
01:20:11si une personne
01:20:12a été condamnée
01:20:13si une personne
01:20:14fait l'objet d'un appel
01:20:14alors est-ce qu'il faut
01:20:15encadrer
01:20:16de savoir
01:20:17est-ce qu'il faut
01:20:17transmettre du coup
01:20:18à une autorité administrative
01:20:19par exemple
01:20:20au préfet etc
01:20:21ces demandes
01:20:22pour qu'eux consultent
01:20:23et puis ensuite
01:20:24fassent un retour
01:20:25peut-être
01:20:25je ne sais pas
01:20:26pour si on veut encadrer
01:20:27pour pas avoir
01:20:28cette espèce
01:20:28un petit peu d'idée
01:20:29qu'on viendrait mettre
01:20:29tous sur nos téléphones
01:20:30une alerte
01:20:31d'avoir un pédophile
01:20:31à côté de nous
01:20:32peut-être qu'on y arrivera
01:20:33pour l'instant
01:20:34on n'y est pas
01:20:34et je l'espère
01:20:35qu'on n'y arrivera pas
01:20:36qu'on arrivera
01:20:36quand même
01:20:37à avoir des process suffisants
01:20:39voilà
01:20:39donc ça
01:20:39et sur cette
01:20:41parce que ça
01:20:42c'est dénoncé
01:20:42de manière régulière
01:20:45le contrôle
01:20:45au moment
01:20:46de l'embauche
01:20:48ne suffit pas
01:20:48ne suffit pas
01:20:49parce que quand on sait
01:20:50le délai que peuvent avoir
01:20:51ces affaires de traitement
01:20:52avant qu'elles soient
01:20:53entre le moment
01:20:54où un enfant a parlé
01:20:55le moment où la personne
01:20:56va être entendue
01:20:57et le moment où on espère
01:20:58qu'elle sera au moins condamnée
01:20:59il va se passer plusieurs années
01:21:00il faut qu'on puisse
01:21:01de manière régulière
01:21:03tous les ans
01:21:03savoir
01:21:05si les personnes
01:21:06qui sont au contact
01:21:07de ces enfants
01:21:07sont concernées
01:21:08de près ou de loin
01:21:09par une affaire
01:21:10ça ça me paraît
01:21:11ça me paraît essentiel
01:21:12de la même manière
01:21:13que vous avez
01:21:13dans la majorité
01:21:15le nom des personnes
01:21:17qui s'occupent
01:21:17de nos enfants
01:21:18pareil devrait être public
01:21:19aujourd'hui
01:21:20quand vous demandez
01:21:21qui s'occupe
01:21:22de vos enfants
01:21:23personne ne sait
01:21:23qui s'occupe
01:21:24personne ne connaît
01:21:25le nom des animateurs
01:21:26il doit y avoir
01:21:26et juste dernière chose
01:21:28il n'y a
01:21:30aucune information
01:21:31transparente
01:21:32des familles
01:21:33dans le cas
01:21:34dans les écoles
01:21:36parce qu'on ne veut pas
01:21:37de vagues
01:21:38parce qu'on a peur
01:21:39de la panique
01:21:39parce que c'est l'omerta
01:21:41ça c'est quelque chose
01:21:42et ça
01:21:43les parents
01:21:44je vous le dis
01:21:45pardon je vais être
01:21:45très trivial
01:21:46mais ça les rend fous
01:21:47ça les rend fous
01:21:48et aujourd'hui
01:21:50vous avez des parents
01:21:50qui comme ils se sentent
01:21:51isolés
01:21:52vous avez des familles
01:21:52qui quittent ces écoles
01:21:54ce sont les enfants
01:21:55qui partent
01:21:56ce ne sont pas
01:21:56les animateurs
01:21:57et ça vous avez
01:21:58des gens
01:21:58qui ont changé
01:21:59complètement de vie
01:22:00qui ont pu changer
01:22:01alors là je ne parle pas
01:22:01de Paris
01:22:02mais qui ont pu changer
01:22:02de département
01:22:03j'en ai plein
01:22:04dans mon cabinet
01:22:05ce n'est pas normal
01:22:07voilà
01:22:07c'est normal d'ailleurs
01:22:09que moi des parents
01:22:10m'ont dit
01:22:11dans notre malheur
01:22:12notre enfant
01:22:14a enfin le statut
01:22:15de victime
01:22:16là où d'autres parents
01:22:17ne savent pas encore
01:22:18si l'enfant est victime
01:22:20ou non
01:22:21et ça
01:22:22c'est inacceptable
01:22:24en fait de l'entendre
01:22:25et deuxièmement
01:22:26vous dites
01:22:26il y a les contrôles
01:22:27évidemment les contrôles
01:22:28mais les contrôles
01:22:30sans un recrutement
01:22:31adapté
01:22:32à l'enfant
01:22:33est-ce que vous avez eu
01:22:34connaissance
01:22:35de cas d'animateurs
01:22:36qui ont été recrutés
01:22:37sans avoir cette vocation
01:22:38c'est une vocation
01:22:39d'être français des enfants
01:22:40on ne peut pas
01:22:41c'est le quotidien même
01:22:42et pourtant c'est du bon sens
01:22:43ce que je dis
01:22:44c'est exactement
01:22:44ce qu'on vit à Baudin
01:22:46enfin je veux dire
01:22:47l'animateur
01:22:48d'Alphonse Baudin
01:22:51dont le résultat
01:22:52doit tomber
01:22:52le 7 juillet
01:22:53je crois
01:22:54donc on l'attend
01:22:54avec impatience
01:22:56il a été embauché
01:22:57il n'avait même pas
01:22:58le BAFA
01:22:59et lors du procès
01:23:03il a
01:23:04oui pardon
01:23:05lors du procès
01:23:06elle a quand même
01:23:07accusé
01:23:07la mairie de Paris
01:23:09de l'avoir mal formé
01:23:11donc cet individu là
01:23:14ce pédocriminel
01:23:14a bien été embauché
01:23:16à un moment donné
01:23:17donc je sais
01:23:18qu'il était
01:23:19voilà
01:23:20c'était pas sa vocation
01:23:21d'aller garder des enfants
01:23:22apparemment c'était
01:23:23pour se faire
01:23:24de l'argent de poche
01:23:24et arrondir ses fins de mois
01:23:25donc déjà là
01:23:26il y a un problème
01:23:27et je suis complètement d'accord
01:23:28avec ce que vient de dire
01:23:30Nathalie
01:23:30et je me dis
01:23:31et je dis même
01:23:32que avant de faire tout ça
01:23:33il faut aussi aller scanner
01:23:34toutes nos écoles
01:23:35puisque comme on a recruté
01:23:37n'importe comment
01:23:38depuis 2013
01:23:41il s'avère
01:23:42que des prédateurs
01:23:44sont dans nos écoles
01:23:45sur tout le territoire
01:23:46et c'est ce qui fait
01:23:47qu'on n'en est
01:23:48qu'au début
01:23:48de cette liste noire
01:23:50les appels
01:23:51nous le montrent bien
01:23:51encore deux
01:23:52encore deux ce matin
01:23:53deux la semaine dernière
01:23:55et encore dans le 11ème
01:23:57je veux dire
01:23:58il y a un moment donné
01:23:59on marche sur la tête
01:23:59à quel moment
01:24:00on va se dire
01:24:01qu'on va dans les écoles
01:24:03on va aller checker
01:24:04tous les animateurs
01:24:05tous ceux qui sont
01:24:06en contact
01:24:07de nos enfants
01:24:07qui soient extérieurs
01:24:09agents d'entretien
01:24:10ou que sais-je
01:24:11ou même des directeurs d'école
01:24:12puisque le cas
01:24:13du petit Arthur
01:24:14à Bordeaux
01:24:15c'est dans une école privée
01:24:17violée
01:24:18et sodomisée
01:24:19pendant trois mois
01:24:20par le directeur
01:24:21de l'école
01:24:22le directeur de l'école
01:24:23il a été écouté
01:24:25par la BPM
01:24:26à trois reprises
01:24:27et malgré ça
01:24:28l'individu
01:24:29n'est pas jugé
01:24:31il n'est toujours pas jugé
01:24:32la famille attend
01:24:33et ça
01:24:34il y a des cas comme ça
01:24:35tous les jours
01:24:35c'est du scolaire
01:24:36la parole
01:24:37et ensuite
01:24:38les sénatrices
01:24:39vous poseront des questions
01:24:39merci
01:24:45c'était rouge pourtant
01:24:47pour reprendre
01:24:48donc votre première question
01:24:48sur la circulation
01:24:49de l'information
01:24:50aux familles
01:24:51effectivement
01:24:52on l'a vu
01:24:53et on le sait maintenant
01:24:54les familles
01:24:57bizarrement
01:24:58peuvent
01:25:00accepter
01:25:00d'une certaine manière
01:25:02ce qui se passe
01:25:03à leurs enfants
01:25:04sur leurs enfants
01:25:05parce qu'en fait
01:25:06c'est pas de chance
01:25:06ça arrive
01:25:07et on n'y peut rien
01:25:08et elles vont devoir gérer
01:25:09et c'est un parcours
01:25:10du combattant
01:25:11qui s'ouvre à elles
01:25:11en revanche
01:25:13je vous rejoins
01:25:14elles ne supportent pas
01:25:15qu'un mail
01:25:17un simple mail
01:25:18ne leur soit pas envoyé
01:25:19ça paraît vraiment
01:25:20très disproportionné
01:25:21mais c'est en fait
01:25:23dans un cas
01:25:23on a l'accident de la vie
01:25:25qui va faire plonger
01:25:27une famille
01:25:27dans le chaos
01:25:28et l'enfer
01:25:29et de l'autre
01:25:30on a la volonté
01:25:31ou non
01:25:31de faire ce qu'il faut
01:25:33donc la circulation
01:25:34de l'information aux familles
01:25:35c'est une question
01:25:36qui est centrale
01:25:37en fait
01:25:37effectivement
01:25:38dans toutes les affaires
01:25:39qu'on a
01:25:39nous on remarque
01:25:40donc sur tout le territoire
01:25:42que les problématiques
01:25:44sont concentrées
01:25:45au niveau des mairies
01:25:45puisqu'il n'y a absolument
01:25:47à part l'article 40
01:25:49mais il n'y a pas
01:25:49d'obligation factuelle
01:25:51faite aux mairies
01:25:52de communiquer
01:25:53donc dans le meilleur
01:25:54des cas
01:25:54les mairies
01:25:55ne sont pas malveillantes
01:25:56elles juste
01:25:57elles hésitent
01:25:57elles ne savent pas
01:25:58et la BPM arrive par dessus
01:26:00en disant
01:26:00oulala pour le secret
01:26:01de l'enquête
01:26:02pour que ça se déroule
01:26:02bien
01:26:03ne dites rien
01:26:03et là
01:26:04en fait face
01:26:05à l'espèce
01:26:05d'autorité judiciaire
01:26:06elles vont se plier
01:26:07à ce qui n'est absolument pas
01:26:09et ce qui n'est absolument pas
01:26:10une demande légale
01:26:12enfin ça n'existe pas
01:26:13on ne peut pas demander
01:26:14à quelqu'un
01:26:15de ne pas communiquer
01:26:16il est évidemment
01:26:17tout à fait possible
01:26:18de communiquer
01:26:19aux familles
01:26:19sans parler
01:26:21des détails
01:26:22qui pourraient justement
01:26:22nuire à l'enquête
01:26:23c'est ce que fait
01:26:24d'ailleurs
01:26:24ce que font
01:26:25certaines mairies
01:26:26et ce que fait
01:26:27la mairie de Paris
01:26:27les bailes
01:26:28ils sont très simples
01:26:28tel jour
01:26:29à telle date
01:26:30tel animateur
01:26:32a été visé
01:26:34par des faits
01:26:36à caractère
01:26:36physique
01:26:37psychologique
01:26:37ou de violence sexuelle
01:26:38voilà
01:26:39on ne dit pas qui
01:26:39évidemment
01:26:41et voilà
01:26:42pour la communication
01:26:43nous par exemple
01:26:45on a un exemple
01:26:46qui date d'hier
01:26:47et on a une personne
01:26:49c'est la différence
01:26:50entre le privé
01:26:51et le public
01:26:52c'est à dire
01:26:52qu'on a des
01:26:53évidemment des familles
01:26:55du privé
01:26:55qui fréquentent
01:26:56le périscolaire
01:26:57du public
01:26:57alors là
01:26:58l'information
01:26:59elle est encore
01:27:00moins libérée
01:27:01puisque même à Paris
01:27:02et là on peut vous dire
01:27:03puisqu'on les a tous rencontrés
01:27:04que tous les gens
01:27:05qui sont de près
01:27:07ou de loin
01:27:07concernés par le périscolaire
01:27:08savent très bien
01:27:09en fait
01:27:09que les écoles privées
01:27:10ne reçoivent pas
01:27:11leurs emails
01:27:11alors que les fichiers
01:27:13existent
01:27:14puisque quand on inscrit
01:27:14son enfant
01:27:15au centre de loisirs
01:27:17et bien
01:27:18on l'inscrit
01:27:18via Facile Famille
01:27:19donc c'est pas très dur
01:27:20de faire un listing
01:27:21et d'envoyer ce mail
01:27:22ce n'est toujours pas fait
01:27:23donc encore hier
01:27:24on a une maman
01:27:25qui a découvert
01:27:27que sa fille
01:27:28est victime
01:27:29de viol
01:27:29plus plus
01:27:30dans une école privée
01:27:31pour des faits
01:27:32advenus au périscolaire
01:27:33d'une école publique
01:27:35alors qu'un mail
01:27:37avait été envoyé
01:27:37en novembre
01:27:38nous sommes
01:27:40fin juin
01:27:41donc tous les parents
01:27:42de l'école publique
01:27:43en question
01:27:43avaient été informés
01:27:44en novembre
01:27:44et cette maman
01:27:45n'avait pas fait le lien
01:27:46n'était pas au courant
01:27:47et donc
01:27:48voilà
01:27:49sa fille a parlé
01:27:51ensuite
01:27:52comment mieux écouter
01:27:53entendre la parole
01:27:54des enfants
01:27:54c'était votre deuxième question
01:27:55nous sur les auditions
01:27:57Mélanie
01:27:58on insiste
01:27:58parce qu'on se rend compte
01:27:59dans la pratique
01:27:59qu'elles ne sont pas du tout
01:28:01automatiques
01:28:02voilà pour cette audition
01:28:03d'Hermine Leclerc
01:28:04journaliste à RTL
01:28:05qui a réalisé
01:28:06une enquête
01:28:07sur les failles
01:28:08dans le recrutement
01:28:09d'animateurs périscolaires
01:28:10des échanges
01:28:11qui vont nourrir
01:28:12les travaux des sénateurs
01:28:13de la commission d'enquête
01:28:14sur les violences
01:28:15faites aux enfants
01:28:16dans le périscolaire
01:28:17les auditions
01:28:18vont se poursuivre
01:28:19toute la semaine
01:28:20et demain
01:28:20vous pourrez retrouver
01:28:21sur Public Sénat
01:28:22celle de Laure BQO
01:28:23procureur de Paris
01:28:25100% Sénat
01:28:26c'est fini pour aujourd'hui
01:28:27merci de votre fidélité
01:28:28très bonne journée
01:28:29sur les chaînes parlementaires
01:28:30Sous-titrage Société Radio-Canada

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  1. Dweezil
    il y a 5 semaines