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00:00D'abord pour vous remercier de cette opportunité qui nous est offerte de nous exprimer devant vous et de partager
00:07ce qu'est la réalité de notre lutte quotidienne contre les violences perpétrées à l'encontre des mineurs.
00:14Les violences physiques et sexuelles imposées aux mineurs et la lutte contre ces violences sont des points de priorité de
00:25politique pénale d'évidence.
00:26D'évidence. Parce que nous avons bien conscience que les traumatismes sont durables, qu'ils sont majeurs et cette priorité
00:38de politique pénale, je vais dire, va sans dire, même si elle est constamment répétée au sein des parquets et
00:44constamment partagée.
00:46Alors l'enjeu pour la procureure de la République que je suis, c'est aujourd'hui de concilier une massification,
00:53et j'ose le terme, des signalements,
00:57et la spécificité et la complexité des actes d'enquête d'une part, mais aussi la finesse d'analyse et
01:04de traitement que ces enquêtes vont demander au cas par cas.
01:08Vous l'aurez bien compris, mener une politique pénale, par exemple, en matière de conduite sous l'empire de l
01:13'État alcoolique, peut passer par des instructions générales.
01:17Tel taux dépassé, telle personnalité récidive, l'examen d'un dossier de violence sexuelle ou de violence à l'égard
01:25d'un mineur,
01:25c'est une priorité imposée, une réponse pénale, je dirais, déterminée, ambitieuse, mais à chaque dossier, il y méritera un
01:36regard individualisé.
01:38Donc, ça impose pour cette spécificité et complexité des actes d'enquête et cette finesse d'analyse que ces dossiers
01:47demandent au cas par cas,
01:48de structurer cette politique pénale prioritaire sur, je dirais, trois piliers.
01:52D'abord, respecter une procédure judiciaire particulière à la spécificité reconnue, des services spécialisés, des auditions menées notamment au sein
02:07du protocole Nietzsche, au sein des salles Mélanie.
02:10Assurer parallèlement une protection du mineur lorsque ça s'impose et également recourir à toute expertise utile et tout témoignage
02:19utile.
02:21Il faut avoir aussi des circuits de priorisation et c'est ce qui est mis en place au sein de
02:26la section des mineurs du parquet de Paris.
02:29Et puis, je l'ai dit, une réponse pénale ambitieuse avec un accompagnement renforcé des victimes et un engagement fort
02:35sur celles-ci.
02:37Alors, bien sûr, ce sont les ambitions et il faut savoir se regarder dans le miroir et mesurer l'efficience
02:45de notre prise en compte de la révélation des faits.
02:47Il faut restaurer la confiance. J'ai, madame la rapporteure, tout à fait conscience des attentes et voire des déceptions
02:57que nos fonctionnements collectifs provoquent et singulièrement, sur ce qui me concerne, le fonctionnement de l'institution judiciaire.
03:05C'est pourquoi, face à cette conscience, non seulement il y a des relations très étroites qui sont menées avec
03:12la préfecture de police afin d'améliorer les process et la marge de progrès, elle est importante.
03:20Mais, encore une fois, je vous avais dit les chiffres sur les violences périscolaires et scolaires que nous avons transmis.
03:28Je vous en donne un autre.
03:30Le chiffre total des violences sexuelles subies par les mineurs, vous savez que notre garde des Sceaux nous a demandé
03:37d'en faire un état.
03:38À l'heure actuelle, le chiffre dont nous disposons est 2 900 enquêtes en cours. 2 900.
03:462 900.
03:46Oui.
03:48Sur le parquet.
03:49Pardon.
03:50Oui, uniquement sur notre parquet.
03:51Uniquement sur notre parquet.
03:53Donc, vous aurez compris que, je fais un calcul rapide, les violences périscolaires, c'est à peu près 10%
03:59des dossiers que nous avons à traiter.
04:03Donc, cet enjeu, il est majeur et, évidemment, il faut savoir communiquer.
04:11Et j'en ai eu conscience avant la création de votre commission, si vous le permettez, puisque lorsque a surgi
04:17à Paris en fin d'année dernière
04:19un blast, je dirais, un blast, je dirais, au sein d'un arrondissement où de nombreuses victimes avaient émergé et
04:25où de nombreux établissements étaient concernés,
04:27j'ai décidé, c'était une première, de proposer aux parents, qui étaient les parents plaignants dans ces dossiers, de
04:36nous rencontrer au sein du palais de justice.
04:38Et il y a eu une proposition de rencontre à l'auditorium du palais de justice.
04:41Ce sont venus les parents qui le souhaitaient.
04:43Et nous n'avons pas, évidemment, parlé de ces dossiers au cas par cas, mais nous avons, évidemment, parlé, expliqué
04:51la procédure
04:51et essayé de signifier que les temps n'étaient pas le mépris, que les enquêtes, la complexité des enquêtes,
04:58et que, dès lors, eh bien, il faut, évidemment, expliquer aux parents ce qui se passe.
05:05Et dans cette même action parallèle, j'avais mis en place, il y a au moins un an et demi,
05:13ce qu'on a appelé le groupe AVEC,
05:15qui est un groupe qui travaille sur la victimisation secondaire.
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