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  • il y a 7 semaines
Dans son édito du 10/09/2026, Thomas Bonnet revient sur les récentes sorties des anciens membres des gouvernements d'Emmanuel Macron.

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00:00La politique avec vous Thomas Bonnet. Selon un sondage adoxa pour le Figaro, 70% des sympathisants du centre et
00:05de la droite sont favorables à une primaire.
00:08Thomas, ça montre la difficulté de faire émerger un candidat incontestable dans ce qu'on appelle le bloc central.
00:14Oui, elle commence à être un peu longue cette nouvelle saison de Koh-Lanta.
00:17Les naufragés du macronisme sont échoués depuis de longs mois mais ils ont du mal à se départager alors qu
00:22'on le sait, à la fin il n'en restera qu'un.
00:24Edouard Philippe est persuadé d'avoir l'immunité que lui confère sa courte avance dans les sondages.
00:29Se voyant déjà chef de parti, voire même chef de l'État, il convoque à sa guise les représentants des
00:34différents partis de droite et du centre.
00:36Rendez-vous à la Toussaint pour espérer signer l'armistice dans la foulée.
00:39L'ancien Premier ministre rêve, se rêve en maître des horloges et veut dicter son tempo, imposer son calendrier.
00:45Sauf que les autres candidats ne l'entendent pas de cette oreille.
00:48Bah non, personne n'est encore décidé à rendre les armes, ni Bruno Rotaillot qui ne veut pas être associé
00:53aux turpitudes macronistes,
00:54ni Gabriel Attal qui n'est pas convaincu par la prestation de son rival.
00:58En revanche, les deux ont toujours dit qu'ils étaient prêts à s'affronter dans une primaire pour se départager,
01:03contrairement à Edouard Philippe qui ne veut pas en entendre parler.
01:06Lui, le boxeur, a rangé les gants et ne veut prendre aucun coup de peur d'abîmer l'image de
01:11rassembleur qu'il s'évertue à fabriquer depuis des mois.
01:13C'est toute l'ironie de la situation.
01:15Au moment où Edouard Philippe essaye de plier le match, voilà d'autres concurrents qui arrivent sur le ring.
01:20Elisabeth Borne n'a pas dit son dernier mot et se prend à rêver d'un fabuleux destin, c'est
01:23ce qu'elle dit dans le Figaro.
01:25On peut citer Bruno Le Maire qui y croit encore, Thierry Breton en embuscade, Sébastien Lecornu qui n'est pas
01:30hors-jeu,
01:31je pourrais aussi vous parler de Yaël Braun-Pivet, François Bayrou ou même Jean Castex qui veulent peser, comme le
01:36dit la célèbre formule.
01:37Bref, nous voilà devant ce spectacle assez crépusculaire du post-macronisme qui accouche d'un marécage de candidats,
01:43tous convaincus qui peuvent refaire le coup de 2017 en surgissant de nulle part pour raffer la mise.
01:49Alors Thomas, comment est-ce qu'on peut analyser cette incapacité à trouver un candidat ?
01:52Ça montre une chose Romain, le macronisme a érégé la personnalité devant les idées,
01:56un parti qui porte les initiales de son créateur et qui fait du dépassement la recette de son succès.
02:01C'est-à-dire que pendant dix ans, on a été trimballé dans un sens, puis dans un autre, sur
02:05à peu près tous les sujets.
02:06L'avènement du consensus mou en toutes circonstances, un monde où la parole a remplacé l'action
02:11et où il est désormais plus important de tenir que d'agir, résultat un bilan catastrophique en tout domaine ou
02:17presque.
02:17Alors sur ce champ de ruines, les anciens ministres d'Emmanuel Macron auraient dû acter la nécessité de tout changer,
02:23sur le fond et sur la forme.
02:25Certains semblent l'avoir compris, Gabriel Attal, Bruno Retailleau veulent une rupture,
02:28quand d'autres préconisent de reprendre les mêmes ingrédients.
02:31C'est ce que disait hier sur notre antenne l'ancien ministre de l'économie, Éric Lombard.
02:35En gros, il veut une alliance qui irait, pourquoi pas, de François Hollande jusqu'à Bruno Retailleau
02:40pour faire bloc face à ce qu'il qualifie d'extrême.
02:42C'est la même idée ou presque qui est défendue par Clément Beaune ou François Bayrou.
02:46À chaque fois, le seul ciment, évidemment, c'est de faire alliance contre les extrêmes.
02:50Ils font peu de cas des différences entre la gauche et la droite.
02:53Et à vouloir contenter tout le monde, les centristes risquent de ne convaincre personne.
02:57L'argument du rejet a fonctionné dans le passé, pas certain que ça marche à nouveau cette fois.
03:01Ça donne l'impression d'une force politique immobile,
03:04coincée entre les désirs de radicalité qui s'expriment à gauche comme à droite.
03:07Alors, pour résumer, on pourrait dire qu'on est passé du parti En Marche en 2016
03:11à l'épreuve des poteaux aujourd'hui.
03:13Merci beaucoup. Merci à vous, Thomas Bonnet.
03:16Sous-titrage Société Radio-Canada
03:18Sous-titrage Société Radio-Canada

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