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Dans son édito du 04/03/2026, Thomas Bonnet revient sur la prise de parole d'Emmanuel Macron.

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Transcription
00:00On va revenir avec vous Thomas sur cette prise de parole du chef de l'État,
00:03allocution de 7-8 minutes, hier soir à 20h pour expliquer aux Français la situation au Moyen-Orient
00:09et l'impact pour notre pays. Thomas, vous revenez ce matin sur cet exercice,
00:13évidemment un exercice de communication avant tout.
00:16Oui, alors indéniablement, il y a un intérêt des Français pour ce qu'il se passe au Moyen-Orient,
00:20une inquiétude certaine sur les conséquences d'un tel conflit pour notre quotidien
00:24et c'est d'ailleurs cette inquiétude qu'a poussé l'Élysée à organiser cette allocution hier.
00:28Quand on a appris que le Président de la République allait parler aux Français à 20h,
00:31ça nous a plongé 6 ans en arrière au début de la pandémie de Covid.
00:34Il y a 6 ans, presque jour pour jour, Emmanuel Macron nous martelait le désormais célèbre
00:38« Nous sommes en guerre ». Désormais, c'est d'une vraie guerre dont on parle et pas d'un
00:42virus.
00:42Mais cette fois, on ne sait pas vraiment si nous en sommes.
00:45Le chef de l'État a soufflé le chaud et le froid dans une nouvelle déclinaison du « en même
00:48temps »
00:48entre condamnation de l'offensive israélo-américaine, qu'il estime contraire au droit international,
00:53et satisfaction de la mort d'Ali Ramenei.
00:55Quant à l'implication de la France, elle reste assez vague.
00:58Nos forces armées sont mobilisées pour protéger nos intérêts dans la région,
01:01ainsi que nos partenaires.
01:03À cet égard, le porte-avions Charles de Gaulle fait route vers la Méditerranée,
01:06où, disons-le, il sera bien plus utile qu'en mer Baltique.
01:10Pas de grande annonce donc, ce qui veut dire que vous avez davantage retenu la forme de cette prise de
01:16parole.
01:17Oui, à mesure que l'allocution avançait, son intérêt se réduisait,
01:20puisqu'on a vite compris qu'il n'y aurait pas de déclaration fracassante.
01:22Dès lors, mes yeux se sont baladés sur la mise en scène offerte par l'Élysée.
01:26C'est donc, assis à son bureau, qu'Emmanuel Macron a décidé de parler au français,
01:30comme pour donner l'image que l'allocution avait été enregistrée au déboté,
01:34entre deux coups de fil, et qu'il nous accordait l'honneur d'une courte pause,
01:37dans une journée bien remplie.
01:39Ensuite, le décor était assez chargé et soigneusement mis en scène.
01:42Au premier plan, vous le voyez, un soldat de plomb de l'armée napoléonienne
01:46trône fièrement en position de tir.
01:48Le message est clair, même s'il interroge.
01:50Les mauvais esprits diront que ça donne un côté enfantin qui joue à la guerre.
01:54D'autres pointeront les contradictions autour de la célébration de Napoléon,
01:58personnage oublié dans certains grands événements,
02:00comme par exemple la cérémonie d'ouverture des JO.
02:02L'autre objet placé en évidence sur le bureau présidentiel,
02:05c'est ce livre de Pablo Neruda, prix Nobel de littérature.
02:08L'auteur chilien fut aussi une figure du communisme sud-américain.
02:12C'est ça aussi, le en même temps, faire coexister l'héritage de Napoléon
02:16et du communisme sur le même bureau.
02:19En tout cas, puisqu'Emmanuel Macron lit Pablo Neruda, citons-le.
02:23Voici un extrait d'El Canto General, un de ses plus célèbres poèmes.
02:26« Je ne suis rien venu résoudre, je suis venu ici chanter,
02:30je suis venu afin que tu chantes avec moi. »
02:33Eh bien, je ne sais pas pour vous, mais moi je vois en ces quatre vers
02:35un bon résumé de la prise de parole du président de la République hier.
02:38Emmanuel Macron ne peut rien résoudre,
02:40mais il veut plus que jamais occuper l'espace, parler, j'allais dire presque chanter
02:44et ainsi fédérer les Français autour de sa personne.
02:47C'est le retour de l'effet drapeau, mais cette fois avec une petite touche de poésie.
02:51Sous-titrage Société Radio-Canada
02:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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