00:00Good morning business, la tribune politique.
00:048h11 sur BFM Business et RMC Live, Canal 25.
00:08Bonjour Sébastien Krebs.
00:08Bonjour Brigitte.
00:09Alors pendant que la campagne présidentielle s'anime,
00:11et bien Sébastien Lecornu l'y tient toujours.
00:13Cela fait un an aujourd'hui qu'il est installé à Matignon.
00:16Sébastien Krebs dans le contexte d'instabilité que l'on connaît,
00:19ça tient presque du miracle.
00:20Oui, il faut se souvenir dans quel contexte est arrivé
00:24Sébastien Lecornu dans la douleur après la chute de François Bayrou.
00:2727 jours pour former son premier gouvernement qui tombe quelques heures plus tard.
00:31Il démissionne, il est renommé, puis forme une deuxième équipe,
00:34cette fois sans Bruno Retailleau ni Bruno Le Maire.
00:37Lecornu, Premier ministre le plus faible de la Ve République.
00:40C'est lui-même qui le disait, pieds et poings liés, sans majorité,
00:43avec un budget donné comme impossible à faire passer.
00:46Et pourtant, vous le disiez, un an après, il est toujours là.
00:49Désormais loin devant, en longévité, ses trois prédécesseurs,
00:53Attal, Barnier et Bayrou.
00:54Alors comment vous l'expliquez ?
00:55Sans doute avec pas mal d'habileté politique,
00:58salué d'ailleurs parfois jusque dans les rangs des oppositions,
01:00mais surtout par beaucoup de prudence et quelques sacrifices coûteux
01:03pour son propre camp.
01:04Sébastien Lecornu, c'est le Premier ministre qui gouverne
01:06en craignant tous les jours d'être censuré le lendemain.
01:10La stabilité, il l'a acheté chère,
01:12en mettant sur pause la réforme des retraites
01:13pour arracher un accord avec le PS.
01:16Pour le reste, le bilan reste assez maigre.
01:18Faute de majorité, il a surtout laissé le Parlement travailler.
01:20Il a surtout géré l'urgence des crises, agriculture, carburant, canicule.
01:24Mais surtout, il est parvenu à installer cette image du moine soldat,
01:27l'expression de son entourage, celle de l'homme en mission, pragmatique, désintéressé,
01:32le politique un peu à l'ancienne avec son pull collant V sous sa veste.
01:35Et le week-end, Cabat Poirot a la main sur le marché, cultivant la rareté médiatique.
01:40Jamais rien de spectaculaire finalement, très loin donc de la start-up nation,
01:44l'antimodèle en Macronie.
01:45Mais est-il si désintéressé que cela ?
01:47C'est toute la question.
01:48Est-il si stratège qu'il s'est construit cette image en visant déjà la suite 2027 ?
01:53Après tout, qui n'a jamais pensé à l'Elysée en franchissant le seuil de Matignon ?
01:57D'autant que certains arguments pourraient le pousser.
01:59Sa cote de popularité, bon, elle n'est pas mirobolante.
02:0223% dans le dernier baromètre est là, mais elle est meilleure que celle du président.
02:06Et chez les électeurs macronistes, il est même préféré à Gabriel Attal et Édouard Philippe.
02:10Poussé aussi par ses ministres, certains ne s'en cachent plus,
02:13ils le disent même publiquement, ils le verraient bien candidat.
02:15Sauf que Sébastien Lecornu, lui, l'a théorisé.
02:17Se tenir le plus loin possible de la présidentielle, c'est son assurance-vie.
02:21C'est surtout sa seule option pour espérer franchir le nouveau mur budgétaire qui arrive.
02:25Alors avant d'attaquer la rentrée, il l'a encore répété dans Le Parisien.
02:28Il y a dix jours, je ne sais pas dans quelle langue il faut que je le dise,
02:31je ne suis pas candidat.
02:32On remarque quand même qu'il le dit au présent.
02:34Il le dit au présent, il n'est pas candidat aujourd'hui.
02:37Bon, en fait, quand bien même il y penserait, le chemin n'existe pas pour lui aujourd'hui.
02:41Il ne pourrait éventuellement s'entrouvrir que dans la toute dernière ligne droite
02:44sous réserve déjà d'avoir survécu à l'automne budgétaire
02:47et puis d'être vu comme un recours si les autres candidats du Bloc central s'effondraient.
02:51Ça reste encore hypothétique.
02:52Mais vous l'avez compris, en politique, il ne faut jamais dire jamais.
02:55Et chacun sait que les vérités de septembre ne sont pas toujours celles du mois d'avril.
02:58Effectivement.
02:59Et les sondages sont souvent déjoués à cette période juste avant la présidentielle.
03:03Merci Sébastien Krebs.
03:04Une chronique à retrouver en podcast et en replay sur l'application BFM Business.