00:00Il y a quelques jours, l'avocat de la famille de Liana a indiqué à la dépêche que la cause
00:04de la mort de la petite fille était connue.
00:06RMC est en mesure de confirmer que des expertises récemment menées mettent en évidence un syndrome d'asphyxie mécanique pour
00:15expliquer le décès de la petite Liana.
00:17Selon nos informations, ces mêmes expertises ont notamment démontré une insuffisance respiratoire aiguë compatible avec une asphyxie mécanique par obstruction
00:27des voies aériennes supérieures.
00:30Alors de quoi s'agit-il concrètement, disent nos amis de RMC ?
00:33Selon une source médico-légale qui parle à la radio, qui n'a pas accès à la procédure, cela peut
00:39suggérer une intervention humaine qui a pu obstruer la bouche et le nez,
00:43provoquant ainsi un manque d'oxygène et donc une asphyxie.
00:47Et après, il y a d'autres informations qui reprennent des informations connues pour l'enquête.
00:52Pour rappel, l'enquête avait aussi démontré que la fille avait été baillonnée avec du scotch, etc.
00:58La question, je ne vais pas rentrer dans les détails sur l'asphyxie terrible que cette petite fille a connue
01:06et la manière dont elle a été tuée.
01:07La question, c'est est-ce qu'il est bon que le public sache tout et qu'est-ce que
01:12ça peut avoir comme conséquence de révéler ce genre de fait, Maître Leborg ?
01:16Vous savez, il existe un secret de l'instruction, mais il est un peu à géométrie variable en ce sens
01:23que la partie civile n'est pas considérée comme une partie
01:27qui concourt à l'enquête et à l'instruction et de ce fait, elle n'est pas soumise au secret
01:34de l'instruction.
01:35Et si j'en crois ce que vous venez de rappeler, qui vient de confrères de RMC,
01:44la révélation de cette expertise qui détermine ce qui auraient été les conditions de la mort de la petite Liana,
01:50vient d'une révélation de l'avocat de la partie civile, de telle sorte qu'il n'y a pas
01:55de violation du secret de l'instruction à ce stade.
01:59Alors après, se pose, c'est votre question, le problème de l'opportunité de mettre sur la place publique tous
02:07les éléments d'un dossier.
02:09Est-il aujourd'hui possible de faire marche arrière ? Est-il aujourd'hui possible de faire en sorte que
02:16ce qui se dit et ce qui s'écrit
02:19dans un cabinet d'instruction soit tenu complètement à l'écart de l'opinion publique et de la presse spécialisée
02:26?
02:27Je crois que non. Quelque part, je le regrette parce qu'on aboutit à un phénomène qui, suivant les chaînes
02:34d'information continue,
02:35s'en empare. C'est ce qu'on est en train de faire. Puis la population s'en empare. Et
02:40la conséquence de tout cela,
02:42c'est qu'il y a une volonté populaire de juger avant que le juge ne le fasse. Et on
02:50se trouve parfois,
02:51je pense notamment à certaines affaires à connotation sexuelle et à un chanteur connu qui s'est trouvé l'objet
02:59de tout ce que l'on sait,
03:01qui n'a pas de rapport direct avec la justice, mais qui est une manière, pour ceux qui militent pour
03:08sa culpabilité,
03:10de se mettre à la place du juge qui, lui, n'a rien interdit. Et ce faisant, qu'est-ce
03:17que la justice ? La justice pénale,
03:20c'est une manière pour le pouvoir d'État de s'emparer de la régulation des choses, c'est-à
03:28-dire de punir ce qui ne doit pas être fait,
03:30et de considérer que les preuves sont insuffisantes ou que l'innocence est acquise dans certains cas.
03:36Et maintenant, avec cette façon qu'a l'opinion de s'emparer des choses, on revient à un stade antérieur,
03:44c'est-à-dire au stade de l'opinion publique, c'est-à-dire vous avez frappé ma femme, alors
03:50je vais vous frapper plus fort, etc.
03:52Au fond, la justice, c'est ce qui interdit la vengeance, et à cause de l'étalage des dossiers judiciaires
04:00dans l'opinion,
04:01c'est la vengeance qui refait surface.