00:00Écoutez, lorsque l'opinion publique, c'est-à-dire nous, aujourd'hui, s'empare des jugements qui sont prononcés par
00:07les juges,
00:08je dirais que son sentiment, l'idée que ça puisse être insuffisant, est éminemment critiquable,
00:16dans la mesure où la justice n'est pas dans la rue, mais dans le prétoire,
00:20et où les juges ont un certain nombre d'éléments que nous n'avons pas.
00:24– Alors, je sais bien qu'il y a l'ancienne sur la faiblesse de la justice, le laxisme du
00:31juge.
00:31– Ce n'est pas une ancienne, je pense que c'est une réalité, M. Lebaran.
00:33– Ah ben ça, c'est votre point de vue. Moi, je dis que c'est une ancienne, ça peut
00:36être les deux, d'ailleurs, en réalité.
00:38Mais quand je dis que c'est une ancienne, c'est qu'en réalité, au fil de décennies de carrière,
00:43j'ai vu plutôt les peines s'affermir que s'alléger.
00:48– Ce n'est pas le cas, là.
00:48– Mais ça, c'est vous qui le dites. Par rapport à quoi ?
00:51Il y a des réquisitions. Que les réquisitions soient là pour donner le sentiment à la personne qui comparait
00:58que ce qu'on lui reproche est grave, qu'elle sente en quelque sorte le vent du boulet.
01:04– Mais ça ne marche plus, ça n'est pas coercitif du tout. C'est open bar chez les jeunes.
01:09– Je vais vous dire, je pense que la peine, en soi, n'est pas coercitive.
01:14Et qu'on a un problème avec ces jeunes gens qui constituent, finalement, une sorte de part de la société
01:21un peu ensauvagée
01:23et qu'il faut reprendre en main.
01:25Ce n'est pas en prison qu'il faut les mettre.
01:27C'est dans un lieu, certes, clos pour qui, et où on leur apprendra ce qu'est la vie, ce
01:32qu'est le respect de l'eau.
01:32– Ça n'existe pas encore, ce lieu clos dont vous parlez.
01:34– Non, je suis d'accord. Ça n'existe pas encore.
01:36– Donc le jour où vous serez garde des Sceaux, vous créerez peut-être ces lieux, mais en attendant, ça
01:39ne marche pas.
01:39– Sous-titrage Société Radio-Canada
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