00:00En réalité, le juge a voulu ne pas se mêler de politique.
00:03Alors moi, j'ai trois petites observations,
00:05enfin, qui ne sont pas des petites observations,
00:06qui sont des observations.
00:08Bon, premièrement, c'est quand même, non pas un camouflet,
00:11mais quand même une affirmation assez sévère,
00:14il faudra regarder la décision,
00:17du jugement de première instance,
00:19qui là, rentrait dans des considérations
00:21que j'ai intitulées morales,
00:23mais qui en réalité confinaient aux politiques,
00:26sur la possibilité pour une personne
00:30qui a évidemment eu des pratiques assez semblables
00:35à l'époque à tous les groupes du Parlement européen,
00:38mais qui n'était pas exactement dans la ligne.
00:43Donc ça, je pense que c'est très important.
00:46C'est un pas considérable.
00:48La deuxième chose, c'est que pour moi,
00:50quand on voit que M. Mélenchon a été blanchi,
00:55pour des faits, semble-t-il, tout à fait analogues,
00:58que M. Béroud, que j'aime bien par ailleurs,
01:00a été relaxé pour des faits totalement analogues,
01:03et que M. Raphaël Arnaud,
01:06qui est quand même un dangereux individu,
01:09continue de parader sur les bancs de l'Assemblée nationale,
01:12alors que son groupe,
01:13qui est suspecté d'être un groupe
01:15des gens qui ont tué un jeune,
01:19continue, sans être inquiété, pénalement,
01:22je pense que trois ans,
01:24j'ai quand même beaucoup fréquenté,
01:26j'ai commencé ma carrière comme administrateur au Sénat,
01:29je trouve que c'est un peu disproportionné.
01:31C'est mon avis,
01:33ça ne change absolument pas la considération précédente,
01:38à savoir que c'est quand même pas du tout
01:41semblable au jugement précédent,
01:43mais, et en troisième lieu,
01:44et ça c'est plutôt une question,
01:47contrairement à ce que ce jugement,
01:48en tous les cas c'est une interrogation,
01:51contrairement à ce que ce jugement laisse entendre,
01:54à savoir la liberté de l'électeur,
01:56le droit d'éligibilité,
01:58ce sont des principes qui ont été d'ailleurs affirmés
02:03par le Conseil constitutionnel,
02:04notamment en 2025 dans l'affaire de Mayotte,
02:07la liberté de l'électeur,
02:09ça représente quand même à peu près 20 millions d'électeurs,
02:12si on songe au second tour,
02:13c'est énorme, et ça c'est bien.
02:16Le juge l'a affirmé,
02:18et c'est inscrit en faux contre eux,
02:21il y a atteinte à l'ordre public démocratique,
02:23si une dame, etc.
02:25Mais, compte tenu des conditions
02:27d'application du bracelet électronique,
02:30je pense que là,
02:32il y a une contradiction interne,
02:34c'est-à-dire,
02:35vous reconnaissez la possibilité pour Madame Le Pen
02:37de faire campagne,
02:39mais vous lui daignez la possibilité de faire campagne.
02:41Comment est-ce qu'on peut faire campagne
02:43si on se voit interdire
02:46de voir certaines personnes,
02:48on doit prévenir à chaque fois
02:49qu'on va dans le moindre village
02:50pour serrer des mains,
02:51et que votre appareil électronique
02:53peut se déclencher à tout moment,
02:56en plein meeting
02:58ou en pleine conversation
03:00avec un électeur potentiel.
03:01Donc je pense qu'il y a une contradiction,
03:03et je me demande si la Cour de cassation
03:05ne devrait pas regarder
03:07si le bracelet électronique,
03:09dans les conditions
03:10dans lesquelles l'arrêt
03:12de la Cour d'appel
03:14l'a prévu,
03:15c'est-à-dire un an
03:16pour des élections
03:17qui sont dans moins d'un an,
03:19je me demande
03:20si c'est compatible
03:22avec la liberté de l'électeur.
03:23Oui.
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