- il y a 2 mois
Retour sur une semaine de faits de sociétés qui ont marqué l’actualité.
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00:08Générique
00:1214h tout pile sur CNews, bienvenue si vous nous rejoignez à la lune de l'actualité, un véritable défilé politique
00:17à la braderie de Lille.
00:18Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier, Jérôme Guedj ou encore Gabriel Attal sont sur place ce samedi.
00:23Le chef de file de la France Insoumise prononcera un discours cet après-midi, une prise de parole à suivre
00:29en direct sur notre antenne à partir de 16h30.
00:32Gabriel Attal, lui, parle au sujet de la prochaine présidentielle comme une élection la plus importante depuis le début de
00:39la Vème République.
00:40Écoutez.
00:41Je suis tous les jours au contact, sur le terrain, au contact des Français pour échanger avec eux, pour les
00:45entendre aussi dans ce moment qui est un moment extraordinairement important pour notre pays,
00:49et cette campagne présidentielle pour une élection présidentielle, celle de 2027, qui est probablement la plus importante depuis le début
00:55de la Vème République,
00:56tant les enjeux sont immenses quand on regarde la situation internationale et la situation dans le pays aujourd'hui.
01:02Ce drame hier à Plourin, les Morlaix dans le Finistère, une femme d'une soixantaine d'années, a été tuée
01:08par Bâle et son compagnon, âgé d'une cinquantaine d'années, grièvement blessé.
01:13Le tireur présumé serait leur voisin. Après les tirs, cet homme d'une soixantaine d'années s'est retranché dans
01:18l'immeuble, armé.
01:20Les gendarmes l'ont finalement retrouvé, grièvement blessé à la tête. Il pourrait avoir tenté de mettre fin à ses
01:25jours.
01:26Transporté par hélicoptère à l'hôpital, son pronostic vital est très engagé.
01:30Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances précises du drame. Écoutez, les habitants qui sont sous le choc.
01:37En sortant de la maison à 14h, j'ai entendu un coup de feu. Et après, j'ai rinsu, après,
01:46que quand j'ai voulu partir, on m'a dit, ben non, renfermez-vous chez vous.
01:51C'est rien passé. Ils n'ont rien eu. Ma soeur et son fils n'ont rien eu. Mais bon,
01:55elle est sortie comme ça, peut-être pour faire quelques courses, du coup.
02:00Et puis, le monsieur se trouvait là. Et puis, bon, voilà, il lui a dit, rentrez vite. Est-ce qu
02:05'il avait déjà commis le crime ? Je ne sais pas.
02:08Ce vol indécent au domicile de Philippe Bouvard à Cannes lors de ses obsèques lundi dernier, c'est une information
02:15de nos confrères de Nice matin.
02:17Un bijou et une importante somme d'argent auraient disparu. Selon nos confrères, il n'y aurait pas eu de
02:21signe d'effraction dans l'appartement.
02:23Le vol aurait pu donc être commis par une ou des personnes ayant eu accès au lieu.
02:30Ce jour-là, la famille de Philippe Bouvard a décidé de déposer plainte.
02:35Vous l'avez sans doute remarqué, l'essence n'a jamais été aussi chère depuis le début de la guerre
02:42en Iran.
02:43Hier, le sans-plomb 95, l'essence la plus consommée par les Français, se vendait en moyenne à 2,09
02:50euros.
02:50De quoi susciter évidemment votre agacement. Illustration dans les Hauts-de-Seine avec Célia Judas et Axel Rebaud.
02:56Ça fait grimper en fait. C'est la louterie là.
03:00À la bombe, la facture devient de plus en plus salée pour les automobilistes.
03:04Je suis à la moitié du bac, à 85 euros.
03:07Là, je suis vraiment dégoûté là.
03:08Le prix du sans-plomb 95 atteint désormais 2,09 euros le litre en moyenne en France.
03:14En une semaine, il a augmenté de 2,8%.
03:18Une flambée liée notamment à la remontée des cours du pétrole et qui pèse fortement sur le portefeuille des Français.
03:25Alors, pour économiser le moindre centime, chacun a sa petite astuce.
03:29Ma technique, c'est le régulateur de vitesse au maximum.
03:34Je sors pied avec la voiture, je fais beaucoup à pied et puis de temps en temps, je pars moins
03:39souvent.
03:39Vous vérifiez un peu son épineux ?
03:41Ah oui, ça par contre, oui. Je les surgonfle. On peut les surgonfler de 0,3 bar et ça permet
03:46de consommer un petit peu moins.
03:49Face à un prix de l'essence jamais atteint depuis le début de la guerre en Iran,
03:53la ministre déléguée à l'énergie a annoncé un prolongement des aides pour les secteurs les plus exposés à cette
03:59hausse de prix.
03:59Il s'appliquera sur les mois de septembre et octobre.
04:04Allez, 14h04 sur CNews. Dans un instant, vous avez rendez-vous avec Nelly Dena,
04:08qui est le best-of de sa nouvelle émission que vous retrouvez tous les jours sur l'antenne de CNews
04:11entre 13h et 15h. Police, justice, 7 jours en France. C'est tout de suite sur CNews.
04:28Bienvenue sur le plateau de Police, justice, 7 jours en France.
04:32Nous allons revenir pendant une heure sur les événements marquants de la semaine que nous vivons ensemble
04:37chaque jour de 13h à 15h sur l'antenne de CNews.
04:44Des risques de violence, d'insalubrité, de prostitution, tout ce qui est lié évidemment à ce genre de paupérisation.
04:49Alors nos équipes sont allées aux portes de Paris, mais aussi sur les rives du canal Saint-Martin.
04:54Vous allez entendre également des migrants qui parlent de leur rapport à la France
04:57et de ce qu'ils ont trouvé en arrivant. Regardez ce reportage de la rédaction.
05:02Ils font partie tristement du paysage aux portes de Paris, ces bidonvilles installées parfois depuis plusieurs mois.
05:09A l'intérieur de ce campement, une trentaine de personnes vivent dans des conditions précaires.
05:15Un contraste saisissant pour les touristes qui arrivent à Paris et tombent parfois directement face à cette pauvreté.
05:21Je trouve ça extrêmement choquant. Par exemple, quand on vient d'Orly, etc., on voit vraiment des lieux totalement insalubres.
05:27On est censé être dans une ville ici pleine de cultures, de luxe, de beauté, vraiment un peu entre guillemets
05:32l'acmé du monde.
05:34Et on se retrouve avec des lieux vraiment totalement sales.
05:36Pour cette Française installée à Londres, l'image est difficile à comprendre.
05:40On se pose la question de qu'est-ce que l'État fait, qu'est-ce que les pouvoirs publics
05:44font, les collectivités.
05:45Et voilà, parce que c'est pas normal aussi, c'est un vrai sujet de société, qu'on laisse ces
05:50choses-là s'installer en bordure de la capitale.
05:53Un phénomène qui reste bien réel.
05:56À Paris-Intramurose, en mars 2025, 114 personnes vivaient encore dans des bidonvilles, selon le gouvernement.
06:05Axelle Ronde, évidemment c'est une drôle de vitrine.
06:07Et puis surtout, ça n'a jamais changé.
06:08Moi, ça fait 20 ans, 25 ans que je vois ça aux abords de Paris.
06:12Qu'est-ce qu'on fait en effet, comme dit cette jeune femme, dans le sujet ?
06:15Est-ce que c'est arrivé que des policiers soient appelés pour aller déloger ces camps ?
06:21Je ne parle pas juste de ce qu'on a fait sous les métros aériens à Paris, je parle de
06:26ces camps sauvages aux abords de la ville.
06:29Il y a des opérations de police, ici ou là, qui les démantèlent, que ce soit sur le périph' ou
06:33sur les rues de la capitale.
06:36Mais vous savez, qu'est-ce qu'on en fait de ces personnes ?
06:37On va les déloger, mais où est-ce qu'elles vont aller ?
06:39Elles ne vont pas de logement ?
06:40Ils leur font s'en servir plus loin ?
06:42Ils vont beaucoup plus loin, bien évidemment.
06:43Vous savez, beaucoup, soit ce sont des Roms qui viennent des pays de l'Est et qui s'installent là
06:48sur place
06:50et qui vont faire tout type de mendicité.
06:53On les voit sur les places publiques, que ce soit sur les Champs-Elysées par exemple.
06:57Et vous avez aussi des nouvelles populations qui arrivent, qui sont happées, justement, soit dans des réseaux pour vendre de
07:06la drogue et qui vivent dans des bidonvilles parce qu'ils n'ont pas d'endroit où aller.
07:11Donc on n'a pas la capacité, si vous voulez, de loger ces personnes, de les accueillir dignement.
07:16On va y venir, mais moi j'aimerais quand même qu'on reste sur le côté un peu administratif que
07:20vous soulevez, qu'on comprenne qui prend la décision, qui donne l'ordre d'aller enlever ces camps.
07:26C'est la préfecture de police ? C'est la ville de Paris ? Quand c'est dans le périmètre
07:30parisien ?
07:33Déjà, ça va être la justice.
07:35Parce que si c'est sur un terrain occupé, privé ou même public, la justice donnera un arrêté d'expulsion
07:42et la préfecture déligentera des agents.
07:46Donc s'il n'y a pas d'arrêté d'expulsion, il n'y a pas de délogement derrière ?
07:49Bien évidemment que non. Il faut une décision de justice, sauf s'ils s'installent sur un lieu dans les
07:5424 heures où on pourra les déloger.
07:57Alors, on va écouter les témoignages de ceux qui sont directement acteurs de cet état de fait, y compris les
08:03migrants eux-mêmes.
08:04Parce que derrière, il y a aussi des détresses humaines. Enfin, ce n'est pas les migrants pour le migrant
08:08qui est visé.
08:09Bien évidemment, c'est un système qui est mis en place. Écoutez le témoignage d'Adil. Il a 67 ans.
08:15Il est originaire d'Algérie.
08:18Adil, 67 ans, est originaire d'Algérie. Il est arrivé ici il y a trois ans, après un divorce douloureux.
08:25Parce que j'ai ramené une femme du bled. Je suis mariée avec elle. Je dis qu'elle a les
08:30papilles. Elle a demandé le divorce. Elle a pris mon logement.
08:39L'homme nous décrit sa journée type, rythmée par quelques déplacements dans la capitale.
08:44Le matin, je me réveille. Je rentre dans les associations. J'ai fait mon petit déjeuner.
08:50Des fois, je prends des rendez-vous pour laver mes vêtements.
08:52Des fois, je suis en train de faire une démarche pour avoir un logement social.
08:57Je suis sombre dans un foyer.
08:59Ici, Adil affirme ne manquer de rien pour subvenir à ses besoins primaires.
09:04J'ai fait ma douche à Boulevard Né. Douche du Boulevard Né à Porte qui est en cours.
09:09Et mes besoins, j'ai fait dans les associations.
09:13Et je bois mon café au matin le matin.
09:15Il y a tout ici. Il y a des gens qui nous ramènent à manger.
09:19Tout, tout, tout, tout.
09:23Tout ça, c'est eux qui ramènent à manger.
09:26Quand, puis, pour lui, tout, tout.
09:33Selon lui, la France offre aux migrants des conditions d'accueil particulièrement avantageuses.
09:38Est-ce que la France accueille bien les migrants ?
09:41Ouais, ouais, la France franchement.
09:44Le pays où il y a moins d'assismes, c'est la France.
09:47Ouais.
09:48Le pays où il y a moins d'assismes, c'est la France.
09:51Et puis dans le Brésil, comment ils l'appellent, les blacks.
09:54Dans d'autres pays, comment ils l'appellent, les maths, les robes, etc.
09:58Et les pays qui accueillent bien les migrants, c'est la France, ils vivent en France.
10:02Et oui, il faut dire la vérité, il faut être fier et net.
10:06Chez nous, c'est pire qu'ici.
10:08Et c'est ce qu'il y a de l'aide.
10:09Franchement, ici, c'est des vacances.
10:11Chez nous, on ne fait pas en troupement pas manger.
10:15Maître Rebaud, c'est intéressant ce qu'il dit à la fin.
10:17Pourquoi voulez-vous que ça s'arrête ?
10:18Puisque la France a bonne presse et que l'accueil y est extraordinaire.
10:22Parce qu'il se le passe, le mot, entre eux.
10:25Non, mais je ne vois pas pourquoi.
10:25Pourquoi alors ?
10:26Pourquoi il faudrait que ça s'arrête ?
10:27Moi, le problème, c'est que les bidonvilles, etc.,
10:30ça ne satisfait évidemment pas les riverains.
10:32Ça ne satisfait pas plus les gens qui sont dans...
10:34Mais si, lui, il est content ?
10:35Il vous dit que son sort est meilleur ?
10:37Oui, ce n'est pas un d'un cas d'une généralité.
10:38C'est toujours le même problème.
10:39Ce n'est pas la généralité.
10:41Les personnes qui vivent dans les bidonvilles ne me disent pas
10:42qu'ils vont être contentes d'être dans un bidonville.
10:44Non, ce n'est pas vrai.
10:45Non, mais néanmoins, ils pensent que leur sort est meilleur
10:47que celui auquel ils sont soumis dans leur pédagogie.
10:50Il faut peut-être être content de ça.
10:52Le problème, c'est qu'il y a quand même,
10:54et vous le dites, et ça, c'est incontestable,
10:57il y a une insécurité qui s'installe.
10:59Il y a ce problème de salubrité, etc.
11:01Le problème, c'est une politique de logement
11:04parce qu'il y a un droit au logement et qu'on sait,
11:06alors déjà, on le sait avec les familles, les étudiants, etc.
11:10Et puis, ces personnes-là qui sont, alors pas forcément en marge,
11:13mais qui sont soit des demandeurs d'asile
11:15qui ont le statut de réfugiés politiques ou pas, etc.
11:19Il y a 10 000 histoires.
11:20Mais le problème, c'est de les laisser en effet en pleine rue.
11:23Ça ne satisfait personne.
11:25Donc, il y a un problème politique.
11:26Et puis, de toute façon, il y a des équilibres à avoir
11:29entre, évidemment, la protection de l'ordre public,
11:31mais aussi le respect de la dignité humaine.
11:34Et ces gens-là ont le droit à avoir leur dignité respectée
11:37sans être, pour le coup, traités de délinquants
11:40et virés manu militari.
11:42Mais, évidemment, ça n'empêche pas qu'il y a aussi la délinquance
11:46et vous en faites état, et vous avez raison,
11:48drogue, prostitution, etc.
11:50Mais, au-delà, sur le plan philosophique,
11:53c'est ça un avenir meilleur ?
11:54C'est-à-dire que c'est ça la bonne conscience des associations
11:56qui disent, on va les faire venir, ils seront mieux ici.
11:59Et, effectivement, après, on les laisse sous détente
12:01et puis on ne se soucie pas de les former à quelque chose
12:03ou de les encourager à prendre un boulot.
12:06Si, je pense que les associations s'en soucient,
12:08mais il y a, encore une fois, un problème de moyens,
12:11de subventions, etc.
12:12C'est des problèmes beaucoup plus complexes que juste
12:14pourquoi ils viennent, pourquoi on les laisse venir
12:16et il faut les laisser là.
12:17Non, évidemment, il ne faut pas les laisser là.
12:19Après, les démanteler, c'est une chose.
12:21Pour les mettre où ? Vous le disiez, 500 mètres plus loin,
12:23ça ne fait que déplacer le problème.
12:26Donc, il y a un vrai problème de prise de conscience politique
12:28en disant, heureusement qu'il y a des associations.
12:31Le monsieur, d'ailleurs, les saluait,
12:32mais c'est assez complexe.
12:34Il y a un problème de flux.
12:35Donc, peut-être qu'il faut endiguer aussi, tout simplement.
12:37Célia Barotte, c'est ce qu'on n'arrive pas à mettre en œuvre
12:40parce que c'est un discours qui ne passe pas très bien.
12:42Oui, puis il y a parfois des mises à l'abri,
12:44mais il faut aussi que ces personnes acceptent.
12:47On parle parfois de mises à l'abri dans les campagnes,
12:49dans d'autres régions.
12:51Mais ces personnes souhaitent rester à Paris.
12:53Ça, c'est la volonté d'Emmanuel Macron.
12:55Voilà, il y a des mises à l'abri,
12:57mais finalement, rares sont ces mises à l'abri qui fonctionnent
13:02parce qu'il y a parfois des personnes
13:04qui souhaitent rester à Paris
13:06et qui, même dans la misère,
13:08se disent que la situation est meilleure que dans leur pays.
13:10Alors, à Paris, parlons-en.
13:12Philippe travaille face à un camp de migrants.
13:14Il y va tous les jours.
13:15C'est ce qu'il va nous raconter dans cet extrait.
13:16Il accuse l'État, en substance,
13:18de ne pas faire son travail.
13:21Je travaille dans le quartier.
13:23Donc, j'y passe quand même 8 heures de mon temps par jour minimum,
13:26si ce n'est plus, 5 jours par semaine.
13:29Donc, c'est beaucoup plus de temps ici que chez moi.
13:31Je suis confronté à de nombreuses nuisances
13:35qui impliquent la présence de ces migrants
13:40qui évoluent dans un monde de drogués,
13:42qui évoluent dans un monde de détresse
13:44et ça apporte beaucoup de détériorité à la vie du quartier.
13:50C'est très problématique, en fait.
13:53Selon lui, l'un des principaux problèmes
13:56est lié à la consommation de krach
13:57par certains occupants du camp.
13:59Une situation qui favoriserait les troubles à l'ordre public
14:02et les activités illicites.
14:04Le krach, c'est mortel.
14:06Ces gens-là, ils achètent du krach pour...
14:09Ils se prostituent pour du krach.
14:11Donc, ça développe la prostitution,
14:13ça développe les dealers,
14:14la terrorisation pour les jeunes.
14:16Voilà, comme lui, vous pouvez voir.
14:20Devant nous, ce jeune migrant
14:22semble nager en plein délire,
14:24manifestement sous l'emprise de stupéfiants.
14:27Voilà, lui, c'est Superman, toi.
14:35Philippe dénonce également
14:37de nombreuses dégradations commises dans le quartier,
14:40abribus endommagés
14:41ou encore mobiliers urbains détériorés.
14:43Il y a de nombreuses fois où les biens publics
14:45sont cassés et abîmés.
14:49Des actes trop peu sanctionnés, selon lui,
14:52ce qui alimenterait un sentiment d'impunité.
14:54Ils s'enclurent de péter une vitrine.
14:55Ils vont aller au commissariat,
14:56ils vont ressortir.
14:57Si ce qu'ils voulaient faire avec ces gens-là,
14:58ils ne sont pas solvables,
14:59pour leur mettre 4 000 euros d'amende,
15:00il ne se passera rien.
15:05Philippe est en colère.
15:06Il estime que les pouvoirs publics
15:08ont laissé le quartier se dégrader
15:10et critique vivement
15:11la politique migratoire de l'État.
15:13On ne peut pas subvenir aux besoins de la Terre entière.
15:15C'est impossible.
15:17Il n'y a aucun pays au monde
15:19qui fait ça.
15:20Mais j'ai l'impression que l'État français
15:24aimerait le faire,
15:25mais ne le fait pas.
15:26Donc ça met des gens en détresse.
15:27Donc l'État gère mal.
15:29Et pourtant, on voit que les associations
15:31continuent d'agir main dans la main
15:32avec les passeurs.
15:33On l'a vu dans un certain nombre de reportages
15:35cet été encore.
15:37Axel Ronde, cet homme,
15:39il le voit tous les jours.
15:40Ce n'est pas du ressenti, là.
15:41On parle toujours de ressenti,
15:42de sentiments.
15:43C'est du vécu.
15:44Il est aux premières loges tous les jours.
15:46C'est de l'anarchie totale, ces lieux.
15:47Bien sûr.
15:48Sans que vous ne puissiez rien faire, en fait.
15:49On colmate, si vous voulez, des fuites.
15:50Parce que vous êtes dans un secteur
15:52qui est extrêmement criminogène, au final.
15:54Donc on fait prioriser.
15:55On va prioriser les attaques,
15:58les bagarres, les viols.
16:00Et j'en passe.
16:01Et après, ça, on va faire ponctuellement
16:03des contrôles de police.
16:04On va essayer d'interpeller les individus
16:06qui vont commettre le plus grave, au final.
16:08Donc on en est là, actuellement.
16:10On traite des urgences, si vous voulez.
16:12Et par gravité de ce qu'ils commettent
16:14sur la voie publique.
16:15Mais on l'a laissé, effectivement,
16:17depuis des années et des années,
16:19s'installer ces bidonvilles
16:20au cœur même de la capitale.
16:23Et on se retrouve, finalement,
16:25avec des nuisances terribles pour les riverains
16:28et de l'insalubrité, au final.
16:29Et mes collègues travaillant là-dedans,
16:31je peux vous dire aussi,
16:32c'est pas terrible.
16:32Tous les jours, ils vont travailler
16:35avec ce type d'environnement.
16:37Et ça, malheureusement,
16:41on le constate, on est impuissant.
16:43Et vous avez aussi des associations,
16:44mais il ne faut pas...
16:45Qui en vivent aussi ?
16:46Parce qu'ils touchent des subventions.
16:49Non, mais derrière cette misère humaine,
16:51sous le drap de se dire
16:53qu'on va aider autrui,
16:55et ils gagnent de l'argent.
16:56Alors, on a beaucoup parlé du trafic,
16:59de la manne financière que ça représente.
17:01Moi, j'aimerais qu'on parle aussi
17:02des ravages chez les consommateurs.
17:04Parce que vous allez entendre Omar,
17:06qui vient du Sénégal.
17:07Ça fait deux ans qu'il vit,
17:09deux ou trois ans même,
17:10qu'il vit dans les rues de Paris.
17:11et il est tombé dans l'enfer
17:13de cette drogue qui devient
17:15sa priorité absolue,
17:16quoi qu'il fasse.
17:17Regardez.
17:20Omar a 38 ans.
17:24Originaire du Sénégal,
17:26il vit sous les tentes de la ligne 2
17:27depuis près de deux ans.
17:30C'est pas cette vie,
17:31j'avais du monde, en fait.
17:34Avant de s'installer ici,
17:36il passait ses nuits dans les bus
17:37circulant à travers Paris.
17:39Ah oui, les bus de nuit,
17:40il n'y a pas de contrôleur.
17:42Tu montes,
17:42il va m'asseoir derrière.
17:45Et donc derrière,
17:46on fait la navette
17:47de Mélun, Paris,
17:49Gade Lyon,
17:50Mélun, Paris, Gade Lyon,
17:51jusqu'à 5h, 6h.
17:53Et après, il vit ça.
17:54Il a trois ans là-dedans.
17:58Ce père de famille
17:59qui a laissé femme et enfant
18:00dans son pays d'origine
18:01nous confie consommer régulièrement
18:03toutes sortes de drogues.
18:05Tu prends quoi comme drogue ?
18:08Le shit.
18:10Le crack,
18:11un peu de poudre,
18:12ça dépend des soirées,
18:14ça dépend des potes,
18:15ici avec eux.
18:16De temps en temps,
18:17lorsqu'ils pensent à Mélunfot,
18:18tu vois,
18:19avec l'argent de la manche,
18:21on peut donner sans mal,
18:22c'est quand le balle,
18:23ça dépend.
18:25Le crack,
18:27surnommé drogue du pauvre,
18:28est une substance
18:29extrêmement addictive
18:30dérivée de la cocaïne.
18:31Sa consommation
18:32peut provoquer
18:33des délires paranoïaques
18:34et des hallucinations.
18:39Omar s'apprête à déjeuner
18:40avant de partir
18:41acheter sa dose quotidienne.
18:43Il accepte
18:43que notre caméra
18:44l'accompagne
18:45tout en nous mettant
18:46en garde
18:46contre les risques
18:47auxquels nous pourrions
18:48être confrontés.
18:49Même toi,
18:50ton téléphone,
18:51ils vont la prendre.
18:51et ils vont te faire saigner.
18:54On prend ton téléphone
18:55pour acheter
18:56la drogue avec.
18:58Et on te fait saigner aussi.
19:01Alors qu'il se dirige
19:02vers le métro
19:03pour aller acheter
19:03de quoi manger,
19:04Omar s'immobilise
19:06soudainement.
19:09Il est en pleine
19:10crise de manque.
19:14On y va.
19:15L'homme rebrousse chemin.
19:17On y va.
19:18On y va.
19:18Tu vas aller où ?
19:19On y va là.
19:22Avant de penser
19:23à se nourrir,
19:24une priorité s'impose
19:25pour lui.
19:26Trouver du krach.
19:28Si elle ne fume pas,
19:29elle ne mange pas.
19:29Il faut qu'elle fume
19:30d'abord avant de manger.
19:33Pascal ne veut un mot
19:34sur cette addiction
19:35qui prend le pas
19:36sur tout le reste.
19:36C'est terrible.
19:37C'est une horreur.
19:37La psyché.
19:39Oui, parce qu'en fait,
19:40ça vient atteindre...
19:41Alors, pour les différentes drogues,
19:42ça ne fonctionne pas du tout
19:42de la même façon.
19:43Le krach, on sait que c'est puissant.
19:44Le krach, c'est un des pires.
19:47Mais en tout cas,
19:47ça vous bousille
19:48totalement le cerveau.
19:49On a besoin de consommer,
19:51surconsommer, etc.
19:51Et le cerveau,
19:52il ne réagit plus.
19:53Il faut consommer,
19:54consommer, consommer.
19:55Le krach, c'est ce qui coûte
19:57le moins cher,
19:58malheureusement, actuellement.
19:58Et ce qui est triste,
19:59c'est qu'il dit
19:59quand j'ai 50, 100 euros
20:01de temps en temps,
20:02je l'envoie à mes enfants.
20:03Mais on sent bien que...
20:04Oui, mais il y en a plein
20:05qui le font.
20:05Il a tout de la reconnaissance.
20:06Oui, mais lui, dans son cas,
20:07il n'arrive pas à mettre
20:07ça de côté.
20:08Évidemment,
20:09parce qu'il est ravagé,
20:10rongé par la drogue.
20:10Ce qui était très intéressant,
20:11c'est la différence
20:12entre le monsieur de 67 ans,
20:13tout à l'heure,
20:14qui fantasmait vraiment
20:15ce que c'est la France, etc.
20:16Et lui qui est notamment
20:17perdu, malheureusement.
20:19Comment ça commence ?
20:20Ça commence simplement
20:23en classe,
20:24avec des brimades
20:25qui commencent
20:26à travers la classe,
20:27en CO2.
20:28Puis après,
20:29dans la cour de récréation,
20:30on me mord,
20:31on me bouscule.
20:32Et puis,
20:33c'est surtout que
20:35quand on est jeune,
20:36on ne se rend pas forcément compte
20:37de ce qu'on peut vivre
20:38en tant que victime,
20:39en tant qu'ancienne victime.
20:40On ne se rend pas du tout compte
20:42de ce qu'on vit
20:42et on laisse s'installer
20:43en fait le harcèlement,
20:45comme aujourd'hui
20:46beaucoup de jeunes.
20:47Et c'est vrai que
20:49plus les années passent,
20:50plus ça devient
20:52de pire en pire,
20:53au final,
20:53parce que plus les années passent,
20:55plus les insultes
20:56deviennent
20:57de plus en plus fortes.
21:00Les menaces
21:01deviennent de plus en plus fortes.
21:02Les réseaux sociaux
21:02arrivent par derrière aussi.
21:04Donc forcément,
21:05oui,
21:05quand on est à l'école primaire,
21:07on ne se rend pas forcément compte.
21:08On vient à l'école
21:08avec une boule au ventre.
21:09On n'a pas envie
21:10de venir en cours.
21:11On n'a pas envie
21:11d'aller manger
21:11à la cantine non plus
21:12parce qu'on sait
21:13ce qui nous attend.
21:14En fait,
21:14le vol de nourriture
21:18et l'établissement
21:19qui, voilà,
21:20en fait,
21:21qui laisse passer.
21:21Le truc qui m'a sidérée
21:23quand on s'est parlé
21:24avant l'émission,
21:26ça se passait tous les jours.
21:27C'est-à-dire que tous les jours,
21:28vous arriviez
21:29et vous saviez plus ou moins
21:31l'enfer qui vous attendait.
21:33avant même de rentrer dans la cour de récréation,
21:37je savais déjà ce qui pouvait m'attendre
21:39dans la journée.
21:40Et puis,
21:41le vol de fournitures scolaires
21:43où c'est vrai que le soir,
21:44je rentrais à la maison,
21:45je disais à mes parents,
21:46oui,
21:46il me refaut ceci,
21:47il me refaut cela.
21:48Oui,
21:49mais Evan,
21:50on te les a déjà donnés,
21:51en fait.
21:51Sauf que je ne disais rien.
21:53Je disais oui,
21:53mais je les ai perdus.
21:55Et au final,
21:56ça s'est installé comme ça
21:57pendant de nombreuses années.
21:58Vous leur cachez combien de temps
21:59à vos parents ?
22:00Et quand ils apprennent,
22:01enfin,
22:01comment ils réagissent ?
22:02Je leur ai caché pendant six ans.
22:04Vous avez tout caché ?
22:05Tout caché pendant six ans.
22:06J'ai tout gardé en moi.
22:07J'ai tout gardé
22:09parce que je me disais
22:10si je parle,
22:11j'aurai encore plus de représailles
22:13que si je ne parle pas.
22:15Et aujourd'hui,
22:16je suis fier de pouvoir parler
22:19parce qu'aujourd'hui,
22:20beaucoup de jeunes ne parlent pas,
22:21beaucoup de familles
22:22ne se rendent pas compte
22:23que leur enfant est victime.
22:27Et voilà.
22:27Vous dites j'avais fini par intégrer,
22:29mais en fait,
22:29vous saviez pourquoi
22:30vous étiez harcelée ?
22:32Alors,
22:33au tout début,
22:33je n'étais pas forcément sûre
22:34de pourquoi j'étais harcelée.
22:36Et puis,
22:36au fur et à mesure des années,
22:38oui,
22:38parce que j'aime les garçons
22:41et aujourd'hui,
22:41je ne m'en cache plus.
22:43Et c'est vrai que
22:43quand j'étais plus jeune,
22:44j'étais un peu plus efféminé.
22:47Quand on est un peu plus jeune,
22:47on se cherche.
22:48Donc forcément,
22:49on essaye de laisser passer,
22:53de laisser couler.
22:57mais une fois qu'on s'est trouvé,
22:59on essaye de faire face,
23:01mais c'est compliqué.
23:02Le problème,
23:03c'est que ce n'est pas
23:03des jeux d'enfants,
23:04c'est-à-dire que ça a failli
23:05très mal finir,
23:06c'est allé très loin.
23:06Racontez-nous l'agression au couteau
23:08qui a failli vous coûter la vie.
23:09Alors en fait,
23:10aujourd'hui,
23:11quand j'en parle,
23:12j'essaye d'en parler
23:13avec beaucoup d'ironie
23:14parce que c'est ma manière à moi
23:16d'avancer aussi mon chemin.
23:20Mais quand je suis au collège
23:21et qu'on est dans une cour de récréation
23:23et qu'une jeune du même âge que moi
23:24qui est dans la classe
23:26dans laquelle je suis aussi,
23:29décide de ramener un couteau
23:31de chez elle
23:31simplement parce qu'on a été voir l'ACPE
23:35suite à un jeu de bombao
23:38dans la cour de récréation
23:39et qu'au final,
23:41ça se termine avec une tentative
23:42de meurtre,
23:45très clairement,
23:46dans l'enceinte du collège.
23:48Ça fait peur.
23:50Et je pense que si je n'avais pas été
23:51à côté de cette surveillante
23:53à ce moment-là
23:54qui s'est retournée au même moment
23:55au final que cette jeune-là
23:56est arrivée avec le couteau,
23:58j'aurais pu peut-être...
24:01Y passer ?
24:02Y passer, en fait,
24:03tout simplement dans l'enceinte du collège.
24:04Vous portez plainte ?
24:05J'ai porté plainte avec mes parents
24:07parce qu'à l'époque,
24:08j'étais mineur.
24:08C'est là qu'ils apprennent ?
24:09C'est là où ils apprennent.
24:10C'est là où, en fait,
24:11même le collège
24:12ne les avait même pas prévenus
24:13de qu'est-ce qui se passait.
24:15Mais oui, j'ai pris la décision
24:17de porter plainte avec mes parents.
24:19Donc, à chaque fois,
24:20les mêmes personnes
24:21où il se passe le mot
24:23parce qu'entre le CE2
24:24et la cinquième,
24:25j'imagine que vous croisez
24:26la route de différents élèves.
24:28Il y a une sorte de système
24:29qui se met en place ?
24:30Il y a un système,
24:31oui, effectivement.
24:32Et c'est vrai que ça se passe le mot
24:34parce qu'effectivement,
24:35aujourd'hui,
24:35avec les réseaux sociaux,
24:36même à l'époque,
24:37les réseaux sociaux
24:38étaient quand même déjà très présents.
24:39Vous êtes jeune.
24:40Donc, c'est vrai que
24:42oui, ça se passe le mot
24:43et forcément,
24:45plus ça change de personne
24:46et j'ai l'impression
24:47que plus ça s'intensifie, en fait.
24:49Aujourd'hui,
24:50quand vous regardez ça
24:51avec un peu plus de recul,
24:53vous dites que c'est eux
24:53qui ont un problème.
24:54Ils essaient de masquer
24:55quelque chose
24:55qui ne va vraiment pas bien
24:56chez eux, en fait.
24:58Oui, aujourd'hui,
24:59un harceleur,
25:02quand il décide
25:03d'aller embêter
25:06une personne tous les jours
25:07pour que ça en devienne
25:07du harcèlement,
25:08c'est que forcément,
25:09il y a un mal-être
25:10aussi au fond de lui
25:10et aujourd'hui,
25:12on ne peut pas le nier.
25:13En fait,
25:14un harceleur
25:14a un problème
25:15dans sa vie privée.
25:17On va y revenir tout à l'heure
25:18avec le psy,
25:19mais moi,
25:19j'aimerais quand même
25:20revenir à cette notion
25:20de l'école
25:22parce que vous arrivez,
25:23ça vous rend malade.
25:25Vos profs,
25:25ils vous connaissent quand même.
25:26Enfin, je veux dire,
25:27surtout en CE2
25:27jusqu'au CM2,
25:28on a un maître
25:29ou une maîtresse.
25:30Ils ne voient rien
25:31ou alors ils ne vous défendent pas ?
25:32Personne ne dit absolument rien ?
25:35Non, parce qu'à l'école primaire,
25:36quand j'avais été entendu
25:38par le principal
25:39qui était le maître
25:41que j'avais dans la classe,
25:43moi, il m'expliquait
25:44« Oui, mais Evan,
25:44ça va passer.
25:45C'est juste pour rire.
25:47C'est juste pour blaguer. »
25:48Il vous accusait
25:49de ne pas avoir assez d'humour ?
25:50Oui, c'est ça.
25:50En fait,
25:51il m'accusait
25:51de toujours grossir la chose
25:54et d'avoir le mot facile
25:56pour dire que j'étais embêté
25:58toute la journée.
25:58Sauf que quand j'expliquais,
26:00quand je lui montrais
26:01ce qui se passait,
26:02pour lui,
26:03c'était vraiment grossi,
26:04ce n'était pas vrai
26:05et du coup,
26:06j'ai décidé
26:07de laisser s'installer la chose
26:08et au final,
26:10j'ai perdu six ans
26:13de ma jeunesse.
26:15Comment ça s'arrête ?
26:16Qu'est-ce qui fait
26:17que ça s'arrête ?
26:18Ce qui fait que ça s'arrête,
26:20c'est que j'ai décidé de parler.
26:21J'ai décidé de tout avouer
26:22à mes parents.
26:22Le soir,
26:23quand je suis rentré du collège,
26:25quand il y a eu
26:28ce coup de couteau,
26:29au final,
26:30qui n'a pas été
26:30jusqu'à son terme,
26:32quand je suis rentré
26:33et que j'ai demandé
26:34à mes parents
26:34si le collège
26:35les avait prévenus
26:36et qu'au final,
26:37ce n'était pas le cas.
26:38Après le coup de couteau,
26:39le collège ne prévient pas ?
26:40Non.
26:41En fait,
26:41je suis sorti du collège,
26:42j'avais mon téléphone portable,
26:43j'ai appelé ma maman
26:43qui venait de sortir de l'hôpital
26:45et mes parents m'attendaient
26:47dans le garage
26:47pour voir comment j'étais
26:48et en fait,
26:50ni une ni deux,
26:50mes parents,
26:50ils n'ont même pas cherché
26:51à comprendre,
26:51ils ont pris rendez-vous
26:52chez le médecin
26:54pour avoir un certificat
26:55et le lendemain matin,
26:57je suis allé à la gendarmerie
26:58déposer plainte
27:03qui essayait de s'interposer
27:05ou vous vous sentiez
27:06terriblement seul ?
27:07J'étais très seul,
27:08après oui,
27:09j'ai eu forcément
27:10ma meilleure amie
27:11qui était là aussi
27:12pour me soutenir
27:13mais qui malheureusement
27:16en fait,
27:17n'avait pas forcément
27:18beaucoup de poids
27:18par rapport au groupe
27:19qui me harcelait
27:20donc forcément,
27:21elle n'osait pas forcément
27:23dire grand chose
27:23mais oui,
27:24forcément,
27:25à côté,
27:26elle me soutenait,
27:26elle m'aidait
27:27et psychologiquement,
27:29ça a été une réelle aide
27:30que j'ai eue aussi
27:31de sa part
27:31parce que j'en parlais pas
27:33et il n'y avait quasiment
27:34qu'elle en fait
27:35qui arrivait à voir
27:36ce que je vivais
27:36dans la cour de récréation
27:37et même en classe
27:38donc forcément,
27:40si elle n'était pas là,
27:42je pense que j'aurais pu
27:43comme des millions d'enfants
27:45décider de passer
27:46le cap vers autre chose.
27:48On va le voir
27:48parce qu'il y a beaucoup
27:50effectivement de tentatives
27:51de suicide
27:52qui résultent
27:52de cet état de fait.
27:54Dernière question
27:55parce qu'on le voit
27:56dans beaucoup d'histoires
27:58similaires,
28:00parfois on recroise
28:00ces agresseurs
28:01des années après
28:02parce que ça fait
28:02un certain nombre d'années.
28:03Est-ce que ça a été
28:04votre cas ?
28:05Est-ce que vous êtes
28:05toujours dans la même région
28:06et comment ça se passe
28:07avec eux maintenant ?
28:08Alors oui,
28:08je suis toujours
28:08dans la même région
28:09et toujours dans la même ville
28:10où j'ai été victime
28:12de harcèlement.
28:14Cette personne-là
28:15qui avait tenté
28:16de me mettre
28:17un coup de couteau
28:19quelques années après,
28:21elle a tenté
28:21de me recontacter
28:22via les réseaux sociaux
28:22parce qu'elle avait vu
28:24que j'avais créé
28:24mon association,
28:26elle avait vu
28:26qu'effectivement
28:27j'étais quand même
28:28quelqu'un de très présent
28:29sur les réseaux sociaux
28:30malgré ça
28:31et elle avait tenté
28:32de me contacter
28:34mais en s'excusant
28:35en me disant
28:35qu'elle s'excusait
28:37pour tout le mal
28:37qu'elle m'avait fait
28:38quand on était plus jeune
28:41et moi en fait
28:41je lui ai répondu
28:42qu'aujourd'hui
28:44quand elle m'avait envoyé
28:45je devais avoir
28:4619-20 ans
28:47donc quelques années
28:48après au final
28:49moi j'avais répondu
28:50que j'étais pas encore prêt
28:51à pouvoir lui pardonner
28:53surtout que la justice
28:53avait classé
28:54sans suite l'affaire.
28:56J'avais été mis au courant
28:57moi par un coup de téléphone
28:59et c'est vrai
29:00L'affaire du couteau
29:00on parle bien
29:01de l'affaire du couteau
29:01Oui, l'affaire du couteau
29:02sans suite
29:02sans suite
29:03en fait
29:03je crois que c'était
29:04deux ans après
29:05j'étais en cours
29:05de récréation
29:07dans mon nouvel
29:07établissement scolaire
29:08et en fait
29:09j'ai eu un coup de téléphone
29:11du tribunal
29:12en me disant
29:13monsieur
29:13votre plainte a été classée
29:14sans suite
29:14sur décision du procureur
29:17Avec si peu d'égard
29:18que ça
29:18comme si c'était
29:19traité cliniquement
29:21En fait
29:21comme si c'était
29:23un vulgaire papier
29:24en disant
29:24oui c'est un papier
29:25juste à ranger
29:26C'est un peu
29:27ce que j'ai eu
29:28comme impression
29:28Vous en voulez à qui
29:30aujourd'hui tout ça ?
29:31Aujourd'hui j'en veux
29:33alors aux professeurs
29:34mais je ne généralise
29:35pas mon propos
29:36parce qu'aujourd'hui
29:37il y a quand même
29:38des professeurs
29:39qui sont très professionnels
29:40aussi dans leur métier
29:42mais j'en veux
29:43principalement aux professeurs
29:44qui avaient des œillères
29:46par rapport à ce que je vivais
29:48et aussi à l'une
29:49des deux CPE
29:50que j'avais au collège
29:51lors de cette histoire
29:52avec le couteau
29:52qui avait décidé
29:53de prendre la défense
29:54de l'auteur
29:56avec le couteau
29:58et en fait
29:59je me suis senti
30:00très seul
30:00parce que
30:01je n'avais pas
30:01le soutien
30:02de quiconque
30:03dans le collège
30:03même le chef
30:05d'établissement
30:05et l'adjointe
30:06au final
30:07prenaient le parti
30:08de l'auteur
30:10et pas de la victime
30:11donc au final
30:12ça a été moi
30:13qui ai été obligé
30:13de changer
30:13d'établissement scolaire
30:14à la fin de l'année
30:14et de partir
30:15sur une voie professionnelle
30:17parce que
30:19le système éducatif
30:20classique
30:21ne me correspondait plus
30:23Stéphane Clerget
30:25psychiatre
30:25je le rappelle
30:26docteur
30:26il est fort quand même
30:28parce que
30:29on le voyait
30:30dans le sujet
30:3062% des enfants
30:32qui ont traversé ça
30:33en conservent
30:34des séquelles à vie
30:35en fait
30:35après j'imagine
30:37qu'il y a des séquelles aussi
30:37mais dans vos consultations
30:39c'est quelque chose
30:40de très présent
30:41le harcèlement
30:42oui ça l'est
30:43alors aujourd'hui
30:44effectivement
30:44c'est beaucoup plus
30:45pris en compte
30:46pris en charge
30:46les parents sont informés
30:47donc quand les enfants
30:48se plaignent
30:49ils réussissent à en parler
30:50ça va
30:51on arrive à résoudre
30:52mais il y a encore
30:53comme Evan l'a dit
30:53beaucoup d'enfants
30:54qui se taisent
30:55qui sont introvertis
30:56qui manquent de confiance
30:57en eux
30:57qui pensent que
30:58ce qui leur arrive
30:59est plus ou moins mérité
31:00ou qu'on ne pourra
31:00rien faire pour eux
31:02et dans ces cas là
31:03le harcèlement
31:05peut durer
31:06c'est les enfants
31:06les plus silencieux
31:07dont il faut
31:08parfois s'occuper
31:09pas forcément
31:10ceux qui se plaignent
31:11le plus
31:12il faut vraiment
31:13être attentif
31:14à la souffrance
31:16silencieuse
31:16et effectivement
31:17pour ce qui est
31:18des conséquences
31:18c'est évidemment dramatique
31:20sur leur présent
31:21avec des risques
31:22de suicides
31:23vous l'avez dit
31:24des suicides
31:25mais également
31:26ce qu'on voit
31:27c'est que plus tard
31:28même une année
31:29de harcèlement
31:29laisse des traces
31:30terribles
31:30chez l'adulte
31:31parce que c'est des périodes
31:32particulièrement marquantes
31:34et donc ça peut faire
31:35des adultes
31:36qui dans leur vie
31:36de tous les jours
31:37ne s'autorisent pas
31:39à s'imposer
31:39manque de confiance en eux
31:41et même dans le cadre
31:42du travail
31:42ils sont toujours
31:43très sur leur garde
31:44très très vigilants
31:46donc ça peut gâcher
31:47effectivement
31:48une vie entière
31:49le principe
31:50c'est le bouc émissaire
31:51c'est à dire
31:52qu'il va y avoir
31:53un ou deux harcèleurs
31:54qui vont commencer
31:55à tester
31:55sur les différents enfants
31:57et il y en a un
31:58pour une raison diverse
31:58qui va se laisser faire
32:00qui ne va pas se défendre
32:01et là ça va prendre
32:02et la classe
32:03toute entière
32:04trop ravie
32:04qu'il y ait un bouc émissaire
32:05de ne pas être embêté
32:06fait corps
32:07et donc il y a
32:08une espèce de cohésion
32:09contre la victime
32:10espiatoire
32:11et parfois
32:12les profs
32:12c'était le cas autrefois
32:13étaient bien contents
32:14d'avoir la paix dans la classe
32:16ça vous parle
32:16c'est quelque chose
32:17que vous pouvez appliquer
32:18à votre coeur
32:18ça me parle oui
32:19parce qu'aujourd'hui
32:20quand monsieur Clerget
32:23dit que je garde
32:24des séquelles à vie
32:25oui parce qu'aujourd'hui
32:26j'habite à une demi-heure
32:26à pied de mon travail
32:27donc je me rends
32:28au travail à pied
32:29et en fait
32:30j'ai toujours
32:32ce petit tic
32:33à regarder derrière moi
32:33pour être sûr
32:34de ne pas être suivi
32:35malgré que
32:35quand je sors de chez moi
32:36il est 5h du matin
32:37je vais à pied
32:38à 5h du matin
32:39au travail
32:41et donc oui
32:42forcément
32:42je me retourne
32:43pour être sûr
32:44que personne ne me suit
32:44et quand quelqu'un me suit
32:45je change de trottoir
32:46pour être sûr
32:47que la personne
32:48ne me suit pas
32:49à l'époque
32:51on me suivait
32:52entre le collège
32:53et chez mes parents
32:54à l'époque
32:55c'est pareil
32:55j'y allais à pied aussi
32:56et forcément
32:58on me suivait
32:59et je rentrais
33:00à l'arrière
33:01de la maison
33:02de mes parents
33:02donc du coup
33:02on avait un petit
33:03un petit
33:06un petit passage
33:06voilà un petit passage
33:07et effectivement
33:08quand j'arrivais
33:09dans ce petit passage
33:10là par tonte
33:11la personne partait
33:13mais
33:15juste une question
33:16qu'est-ce que vous lui conseilleriez
33:17le praticien que vous êtes
33:18il a envie de dire quoi
33:19à Evan aujourd'hui ?
33:20en tout cas
33:20de continuer
33:21de témoigner
33:22comme il le fait
33:22d'aider
33:23ceux qui sont victimes
33:24parce que c'est un moyen
33:25aussi de faire
33:26de cette souffrance
33:27quelque chose d'utile
33:28et qui participe
33:29de son identité sociale
33:31peut-être professionnelle
33:32je ne sais pas
33:33quelle est la profession
33:34d'Evade
33:34mais il peut peut-être
33:35aussi travailler
33:36dans ce domaine
33:36donc tout ce qui favorise
33:38vous pouvez lui parler
33:38vraiment directement
33:39il est face à vous là
33:41tout ce qui favorise
33:42effectivement
33:42l'expression
33:44le soutien des autres
33:46et puis évidemment
33:47faire un travail sur soi
33:48mais j'imagine
33:48que vous l'avez fait
33:49mais un travail justement
33:50sur ça
33:51sur ce syndrome
33:51un peu post-traumatique
33:52sur ces récurrences
33:54de mauvais souvenirs
33:56ça c'est des choses
33:56qui peuvent être
33:57prises en charge
33:58aujourd'hui
33:58peut-être mieux
33:59qu'hier
34:00et il y a des techniques
34:01de soins
34:01un peu spécifiques
34:03pour ces syndromes
34:03post-traumatiques
34:04même s'il ne s'agit
34:05évidemment pas d'effacer
34:06ce que vous avez vécu
34:07vous l'avez vécu
34:08et il ne faut pas
34:09faire l'autruche
34:10mais en tout cas
34:11que c'est un impact
34:11moindre sur votre quotidien
34:13aujourd'hui
34:14Maître Rowe
34:14alors Sabrina
34:15vous pouvez vous dire
34:16quelque chose aussi
34:17ce que je voulais dire
34:17c'est que je trouve
34:18ça très difficile
34:18de se rendre compte
34:19que les institutions
34:20ne vous ont pas protégé
34:21à l'époque
34:22alors que vous aviez parlé
34:23malgré tout
34:24la parole c'est important
34:25parce que c'est ce qui fait
34:26tomber les murs
34:27les murs du harcèlement
34:28dans lequel on est plongé
34:29dans les violences
34:31les victimes doivent parler
34:33de dire que ceux qui observent
34:35les autres enfants
34:36peuvent parler aussi
34:37parce que parfois
34:38c'est de là
34:39que vient le salut
34:39il vous le dit
34:40ils sont happés
34:41le problème c'est qu'ils sont happés
34:42par l'effet de groupe
34:42et ils deviennent
34:44par défaut
34:45pour certains complices
34:46voire harceleurs eux-mêmes
34:47comment se fait-il
34:48Maître Rowe
34:49que cette affaire
34:49se soit finie de la sorte
34:50alors c'est
34:52effectivement
34:53j'entends qu'il y a eu
34:53un non-lieu
34:54il faut quand même savoir
34:55qu'après un non-lieu
34:56on peut poursuivre
34:57et on peut se porter
34:58se constituer partie civile
34:59et de cette manière
35:01obliger le parquet
35:02à poursuivre
35:03les investigations
35:04donc peut-être
35:05qu'il aurait fallu
35:06à ce moment-là
35:06le faire
35:07moi j'observe quand même
35:08une chose Nelly
35:09c'est que
35:10à la lumière
35:10de ce que nous raconte
35:12Evan
35:14on comprend que
35:15dès lors qu'il a parlé
35:16à ses parents
35:16ses parents ont réagi
35:17et que c'est là
35:18que ça a commencé
35:18à s'enclencher
35:19et je pense que
35:20pour tous les autres
35:21Evan
35:23qui aiment les garçons
35:24ou qui n'aiment pas
35:24les garçons
35:25on s'en fiche en fait
35:26il n'y a aucune raison
35:27qu'un petit enfant
35:28parce que c'était
35:29dans des petites classes
35:30soit traité de cette manière
35:31il y a des enfants
35:32qui sont plus discrets
35:33plus fragiles que d'autres
35:34on n'a pas le droit
35:36de les prendre
35:37comme tête de turc
35:38ça ne peut pas exister
35:39et donc
35:40je suis quand même
35:40surprise
35:41de l'attitude
35:43du corps enseignant
35:44puisqu'ils étaient
35:45informés
35:46à la différence
35:46de vos parents
35:47qui eux
35:47quand vous leur avez parlé
35:49ont réagi
35:50et c'est ça
35:51qui a déclenché le tout
35:52et qui a fait basculer
35:53la situation
35:54donc il faut que les autres
35:55surtout
35:56parler à vos parents
35:58et ne vous laissez pas
35:59enquiquiner
36:00et en deux mots
36:01pourquoi vous ne le disiez
36:02pas à vos parents
36:03vous comprenez
36:03c'était parce que
36:04c'était avoué
36:05quelque chose
36:05que vous ne vouliez pas
36:05leur dire aussi
36:06c'était quelque chose
36:07que je ne voulais pas
36:07m'avouer
36:08c'était quelque chose
36:09que je n'arrivais pas
36:11à comprendre
36:11aussi parce qu'on est jeune
36:14vous ne voulez pas
36:14paraître faible
36:15oui c'est ça
36:16ne pas paraître faible
36:17et effectivement
36:18comme je disais tout à l'heure
36:18je ne voulais pas non plus
36:19avoir de représailles
36:20et donc je voudrais
36:22juste répondre
36:23à monsieur Clerget
36:23mais aujourd'hui
36:24mon métier fait sens
36:25avec le harcèlement
36:26parce que je suis conducteur
36:27de transport en commun
36:29donc en fait forcément
36:30je suis en transport scolaire
36:31donc la rentrée
36:32est demain matin
36:33et c'est vrai
36:34que toute l'année
36:35en fait j'essaye
36:36de garder un oeil
36:37aussi sur toutes les situations
36:38de harcèlement
36:39qui peut éventuellement
36:40exister dans mon car
36:41et je fais remonter
36:42tout de suite l'information
36:43et voilà
36:44aujourd'hui
36:44c'est quelque chose
36:45vous avez mis ça
36:45au service des autres
36:46c'est ça
36:47alors être harcelé
36:48ne préjuge évidemment
36:49en rien de l'avenir
36:50vous en êtes la preuve vivante
36:52regardez Mister France
36:542024
36:55par exemple
36:56qui témoignait du harcèlement
36:57dont lui-même
36:58a été victime
36:59et bon
36:59regardez le résultat
37:00quand même
37:03sur les quais
37:04de la capitale
37:05très violent affrontement
37:06qui s'est déroulé
37:07aux alentours
37:07de 1h du matin
37:08regardez pour commencer
37:10ce sujet
37:10de Célia Judas
37:11à partir
37:12des images
37:13exclusives
37:14de Fabrice Elzner
37:15qu'on retrouve
37:16juste après
37:17il va témoigner
37:24coup de chaise
37:26ou encore
37:27de barre de fer
37:28il est environ
37:291h du matin
37:30la nuit dernière
37:31lorsque la terrasse
37:32de ce café
37:33de quartier
37:34devient le théâtre
37:35d'une bagarre
37:36qualifiée par les témoins
37:38d'extrêmement violente
37:39dans le premier arrondissement
37:41de Paris
37:41d'après les riverains
37:42ces affrontements
37:43arriveraient plusieurs fois
37:44par mois
37:45mais cette fois
37:46l'un des individus
37:47est porteur d'un couteau
37:48ça arrive très très souvent
37:49même surtout les week-ends
37:51c'est très très commun
37:53donc forcément nous
37:55ce qui nous a surtout étonné
37:56c'était plutôt l'arme
37:57paniqués
37:58les clients
37:59parmi lesquels
37:59l'habitué et les touristes
38:01se sont réfugiés
38:02à l'intérieur
38:03de l'établissement
38:04il y a une qui rentre
38:05à l'intérieur
38:05celle qui appelle la police
38:07elle a pleuré
38:09la majorité des clients
38:10étaient quand même
38:11assez effrayés
38:11en voyant un couteau
38:12ils ne venaient pas
38:13forcément d'ici
38:14il y en a qui s'entourissent
38:15il y en a qui appréhendent
38:17un petit peu Paris
38:18donc forcément
38:18c'est la première fois
38:19qu'ils arrivent ici
38:20ils voient ça
38:20c'est pas une très belle image
38:22plusieurs personnes
38:23présentent en compte
38:24de l'individu armé
38:25permettant l'intervention
38:27des forces de l'ordre
38:28et l'interpellation
38:29de l'homme
38:30détenteur du couteau
38:32et Fabrice Elzner
38:33qui a filmé cette scène
38:34est avec nous en direct
38:35bonjour Fabrice
38:36merci de nous rejoindre
38:37en direct
38:37dans Polyjustice
38:3824h en France
38:39alors racontez-nous
38:40le contexte
38:41dans lequel vous apercevez
38:42tout ça
38:42vous passez par là
38:43j'imagine dans un cadre
38:45tout à fait privé
38:45à cet endroit
38:46à ce moment-là
38:47et très vite
38:48vous voyez quelque chose
38:49ne va pas
38:49vous voyez aussi
38:50qu'un homme
38:50est porteur d'un couteau
38:53oui bonjour Nelly
38:55ben en fait
38:55tout simplement
38:56je rentrais de CNews
38:57en shift de soir
38:59et je suis avec
39:00mon chauffeur de taxi
39:01et on est sur
39:03ce quai de la Messie
39:05donc c'est un
39:06dans le premier arrondissement
39:08donc un quartier
39:09plutôt
39:10normalement
39:10il n'y a pas trop
39:11de soucis
39:11et on voit des hommes
39:12courir devant le taxi
39:13et du coup
39:15je me retourne
39:16et on est en train
39:17de rouler
39:18avec pas mal
39:19de circulation d'ailleurs
39:20et là je vois
39:21des gens autour
39:23de ce bar
39:24qui sont en train
39:26j'ai même cette scène
39:27assez incroyable
39:28c'est ça qui fait
39:29qui me fait arrêter le taxi
39:30c'est je vois un type
39:32prendre une chaise
39:34et la
39:35vraiment la gagner
39:36sur un autre homme
39:37et là je me dis
39:39attends là
39:39il se passe vraiment quelque chose
39:40je demande au chauffeur de taxi
39:42de s'arrêter
39:43il se met en
39:44sur la ligne de bus
39:46il y a pas mal
39:47de voitures aussi
39:48qui ralentissent
39:49et devant le taxi encore
39:51je vois d'autres hommes courir
39:52et à ce moment là
39:53je vois une femme
39:53arriver vers moi
39:54c'est une touriste
39:55qui me dit en anglais
39:56il y a un type
39:57il y a quelqu'un
39:58avec un couteau
39:59et donc du coup
40:01je l'appelais
40:02en fait le premier réflexe
40:03c'est j'ai tout de suite
40:03appelé la police
40:05l'appel à la police
40:06c'est quelque chose
40:08d'assez étonnant
40:09mais j'ai eu au moins
40:10deux minutes de répondeur
40:11ne quittez pas
40:12vous avez contacté
40:13la police
40:14donc déjà ça dure longtemps
40:15parce qu'on voit
40:16cette scène
40:17c'est très impressionnant
40:19et on se dit
40:20il faut vraiment
40:20qu'il réponde
40:21le plus vite possible
40:22au bout de deux minutes
40:23j'ai quelqu'un au téléphone
40:23qui me dit
40:24qu'est-ce que vous voyez
40:25exactement
40:26où est-ce que vous êtes
40:27et où
40:28pardon je vous coupe
40:29mais c'est intéressant
40:30ce que vous nous dites
40:30pendant ces deux minutes
40:31donc il se passe rien
40:32on est quand même
40:32au coeur de Paris
40:33on n'est pas très loin
40:34d'ailleurs du 36
40:35et des Orfèvres
40:36j'imagine
40:36il y a beaucoup de policiers
40:37l'île de la cité
40:38etc
40:39et ça met du temps
40:40pourquoi ?
40:40parce que les gens
40:41n'arrivent pas
40:41à contacter la police
40:43ou parce que peut-être
40:44il y en a d'autres
40:44qui l'avaient fait
40:45avant vous tout simplement
40:46alors peut-être
40:47qu'il y avait quelqu'un
40:47déjà au téléphone
40:48parce que la personne
40:48que j'ai eu au téléphone
40:49moi la policière
40:50que j'ai eu au téléphone
40:50m'a dit
40:51on vient d'être contacté
40:52de la même manière
40:53que vous
40:55restez sur place
40:56si vous voulez
40:57restez avec nous
40:58et décrivez-moi
40:59ce que vous voyez
41:00est-ce que vous voyez
41:00des gens à terre
41:01donc il n'y avait
41:02personne à terre
41:02à ce moment-là
41:03et donc j'ai pu donner
41:04les premiers renseignements
41:06et j'avais surtout
41:08en fait
41:10ces gens
41:10qui partaient du bar
41:12et qui venaient
41:13vers moi
41:13en fait
41:14on était à peu près
41:15à 50 mètres
41:16et j'ai hésité à filmer
41:18parce que je me suis
41:18bon ils sont quand même
41:19nombreux
41:19si jamais quelqu'un me voit
41:21ça risque d'être compliqué
41:22j'ai fait 45 secondes d'image
41:24et dans un moment
41:25qui était plutôt calme
41:27paradoxalement
41:27quand vous voyez
41:28ces images
41:29c'est plutôt un moment calme
41:30en fait
41:30de cette bagarre
41:31qui a eu lieu
41:32donc
41:33ce sont les images
41:34qu'on aperçoit là
41:34racontez-nous quand même
41:36ceux qui viennent à vous
41:37ceux qui tentent de fuir les lieux
41:38parce que
41:38effectivement
41:39vous parliez de cette touriste
41:40vous sentez que les gens
41:41ont peur
41:42est-ce que ça dure longtemps
41:43et
41:44qu'est-ce qui vous paraît être
41:45à l'origine
41:46de cette bataille
41:47parce qu'on voit là
41:48qu'il y a deux fronts
41:50alors
41:51vous voyez deux fronts
41:52effectivement
41:55moi j'ai cru comprendre
41:56c'est qu'un groupe
41:57d'une dizaine d'individus
41:59se sont
42:01regroupés
42:01pour aller vers le café
42:03et
42:05pour
42:05en découdre
42:06avec
42:07avec quelqu'un
42:08au départ
42:08je pensais que c'était
42:09plusieurs personnes
42:10mais en fait
42:11visiblement
42:11ce n'était qu'une personne
42:13et cette personne
42:14était porteuse d'une arme
42:15donc je pense que
42:16ces gens-là
42:16c'est aussi pour la désarmée
42:17qu'ils utilisent
42:19ce mobilier urbain
42:21ces chaises
42:23et c'est ce qu'on voit
42:24et on voit surtout
42:25un attroupement de gens
42:27qui sont avec moi
42:28et qui sont paniqués
42:29vraiment
42:29réellement paniqués
42:31évidemment on a en tête
42:32quand il y a quelqu'un
42:33avec un couteau
42:33et tout le monde
42:34se pose des questions
42:35sur le terrorisme
42:36etc
42:36mais là visiblement
42:37ce n'était vraiment pas le cas
42:39et je vois que ça continue
42:40et effectivement
42:41le temps d'attente
42:42de deux minutes
42:43pour avoir quelqu'un
42:45au téléphone
42:45c'est vrai que c'était
42:46assez long
42:46et je sentais les gens
42:48extrêmement stressés
42:48autour de moi
42:49il y a beaucoup de gens
42:49qui partent
42:50d'ailleurs qui ne restent pas
42:51avec moi
42:51le chauffeur de taxi
42:52me dit
42:53je ne reste pas là
42:54c'est trop dangereux
42:55et il se met un peu plus loin
42:57au niveau de Châtelet
42:58pour pouvoir
42:59être puissant
42:59mais vous dites
43:00ça commence
43:01avec une personne
43:02qui s'en prend
43:03donc peut-être même
43:03gratuitement
43:04je ne sais pas
43:04ceux qui sont au café
43:05or là
43:06sur les images
43:06qu'on l'aperçoit de vous
43:08on voit que
43:09très rapidement
43:10il y a quand même
43:10deux équipes
43:11qui sont en place
43:12et ça dégénère
43:14parce qu'on en voit
43:14trois ou quatre
43:15qui viennent avec des chaises
43:16pour s'en prendre à d'autres
43:16qui sont accolés
43:18à la vitrine
43:19et à la terrasse
43:21oui c'est ça
43:21on a l'impression
43:22qu'il y a deux groupes
43:22d'individus
43:23mais je ne sais pas
43:24si comme me disait
43:27un membre du personnel
43:28de ce restaurant
43:31on ne sait pas vraiment
43:32si c'est des gens
43:33simplement qui ont voulu
43:34se protéger entre eux
43:36pendant la bagarre
43:37ou si c'est vraiment
43:39deux groupes
43:42qui est voulu en découdre
43:43donc en fait
43:44il y a un type
43:45qui finit par être cerné
43:46par tous les autres
43:47qui essaient
43:48de lui subtiliser son couteau
43:50en tout cas
43:50de le mettre
43:50hors d'état de nuire
43:51c'est ce qu'on comprend
43:52mieux à la lumière
43:53de vos explications
43:55merci à vous de nous avoir suivis
43:56pour cette émission
43:57police justice
43:587 jours en France
43:59n'oubliez pas
44:00notre rendez-vous quotidien
44:02du lundi au vendredi
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