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  • il y a 1 semaine
Chaque jour, des millions de voyageurs montent dans un bus, un tramway ou un train sans vraiment penser à celles et ceux qui rendent ces déplacements possibles. Si les débats autour de la mobilité portent souvent sur la transition énergétique, les nouvelles technologies ou les infrastructures, un autre défi se joue en coulisses : celui des femmes et des hommes qui assurent ce service public au quotidien.

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Transcription
00:06Bonjour à tous et bienvenue à ce nouveau numéro d'Objectif Performance.
00:12Alors aujourd'hui c'est un vrai plaisir que de recevoir Lydie Jallier, vous êtes directrice des ressources humaines du
00:17groupe Keolis.
00:18Alors parfois dans ces entretiens nous avons des entreprises moins connues.
00:22Là vous c'est une entreprise très connue.
00:24Comment est-ce que vous présenteriez votre parcours ? Comment êtes-vous arrivé chez Keolis ?
00:30Et le rôle que jouent aujourd'hui, parce que vous êtes directrice des ressources humaines, dans une entreprise qui transporte
00:35des millions de voyageurs chaque jour ?
00:38Des millions ? Oui. Plus de 3,3 milliards de voyages par an quand on pense à ce chiffre.
00:44Ça veut dire plusieurs millions par jour ?
00:46Exactement. Effectivement et partout dans le monde, Keolis c'est 68 000 salariés.
00:51C'est également 14 pays dans lesquels nous opérons tous les modes de transport.
00:55Nous sommes un opérateur multimodal, comme on dit, tant les trains que les métros, que les bus, que les bus
01:03scolaires, que les ambulances, que parfois aussi les vélos qu'on peut trouver dans nos villes.
01:08Et donc pour nous c'est un moyen de connecter au quotidien les gens, à leur vie, à leurs proches,
01:13et de créer du lien dans la ville, dans les campagnes, sur tous les territoires où nous servons les communautés
01:19au quotidien.
01:20Donc ça c'est vraiment la mission de Keolis.
01:24Oui, alors on vous sent très attaché en plus au côté humain, ça se sent en quelques phrases.
01:30Alors précisons que Keolis, contrairement à ce que l'on peut croire, est une entreprise privée.
01:33C'est une entreprise privée détenue à 70% par la SNCF, effectivement, mais aussi par la Caisse, l'ancienne
01:41Caisse des Placements et des Dépôts du Québec.
01:43Et donc à ce titre, nous avons, et nous avons la chance de partager parfois certains partenariats internationaux avec la
01:49SNCF,
01:50des relations, je dirais, très importantes pour pouvoir échanger sur, justement, l'évolution, le futur du transport,
02:01et comment faire en sorte que nous puissions avoir des moyens, quels que soient nos besoins,
02:06là où nous habitons, là où nous vivons, pour pouvoir nous déplacer et pouvoir vivre pleinement notre vie.
02:13Parce que finalement, c'est ça.
02:14Alors le nom de Keolis, je le disais à l'instant, très connu, ça se retient bien.
02:18Ça se retient bien.
02:19Après, je pense que le plus important, c'est surtout que nous puissions, un, attirer, fidéliser les personnes qui rejoignent
02:27Keolis,
02:27et qu'à travers ce nom, on véhicule un certain nombre de valeurs.
02:31On imagine, on prend soin des autres, et on est engagé.
02:35Mais je trouve que c'est très apparent dans vos propos, et même dans votre manière de les exprimer, chère
02:41Lydie Jalier.
02:41Alors, en tant qu'un, il y en a qui s'y retrouvent, c'est les 8000 personnes que vous
02:45recrutez chaque année, rien qu'en France.
02:47Rien qu'en France.
02:47Et de tous âges.
02:48De tous âges. Je pense que c'est un point important aussi à mentionner.
02:51C'est-à-dire que 8000 recrutements, donc effectivement, c'est un chiffre, mais derrière, c'est des femmes et
02:56des hommes.
02:57Quelle est la proportion ?
02:59Alors, la proportion, tout dépend de la catégorie socio-professionnelle.
03:02J'imagine que les conducteurs de travail, oui.
03:04Les conducteurs, on est plutôt autour de 17%, donc on a un taux de féminisation de 17%.
03:10Si on prend à l'échelle de l'entreprise, on est plutôt autour de 24%, tous les métiers.
03:15Et après, un point important, c'est que quand on arrive là sur les populations cadres, on est à 36%.
03:20Et si je regarde le comité exécutif du groupe, c'est la parité.
03:24Donc c'est vraiment comme ça.
03:25Oui, c'est comme ça. Et c'est aussi de pouvoir montrer l'exemple et de dire que chacun a
03:31sa place dans l'entreprise.
03:32Quel que soit son parcours académique, on a parlé du genre, mais pas que.
03:36Donc quand on est jeune et qu'on se demande quoi faire, le monde des transports et celui de la
03:40mobilité offrent des opportunités.
03:42Vous pouvez venir construire votre carrière chez Keolis et vous former au métier de la conduite, mais pas que.
03:50Donc ça, c'est important.
03:51La conduite, est-ce que c'est un métier qui fait rêver certains ou qui, au contraire, peut un peu
03:59effrayer ?
04:00Alors, la conduite déjà, c'est à peu près 64% de nos effectifs.
04:04Donc, vous avez des femmes et des hommes derrière un volant ou une manette.
04:07Et effectivement, ça ne fait pas forcément rêver.
04:10Mais en tous les cas, souvent, ce que l'on constate, c'est que quand on y vient, on y
04:14reste.
04:15Donc ça, c'est plutôt une bonne nouvelle avec une moyenne, en termes d'ancienneté, de 8 ans chez Keolis.
04:20Donc, on a effectivement la volonté de pouvoir démontrer que ces métiers sont des métiers, un, qui nécessitent des compétences
04:28assez uniques.
04:30Je veux dire, quand vous êtes dans l'espace urbain et que vous devez prendre en compte la circulation, les
04:35interactions avec les passagers, mais également l'imprévu.
04:40Puisque finalement, c'est ça, quand vous prenez la route, vous ne savez pas ce qui vous attend, même si
04:44vous avez votre parcours, vous avez des échéances en termes de temps.
04:48C'est un nombre important de paramètres et donc ça fait appel, un, à des capacités cognitives importantes.
04:55Et ça fait aussi appel à la nécessité de prendre soin de soi, donc d'être vigilant, d'être reposé,
05:02de pouvoir rester en écoute et en vigilance permanente.
05:05Donc ça, pour moi, c'est vraiment des qualités intrinsèques à ce métier.
05:11L'autre point aussi, et ça, ce n'est pas moi qui le dis, c'est les conductrices et les
05:16conducteurs que je rencontre au quotidien, c'est un métier de contact, c'est un métier de relation.
05:21On connaît ces passagers, on connaît leur vie, on connaît leurs contraintes parfois aussi.
05:27On sait ce que l'on peut faire pour les accompagner au mieux, pour ce qu'on est capable aussi
05:33de leur proposer comme service, le transport à la demande ou d'aménager en fonction des risques de sécurité, par
05:40exemple, de la dépose plus près du domicile.
05:43Donc tout ça, ce sont des éléments essentiels et qui sont intrinsèques au métier et qui, aujourd'hui, font que
05:50ce métier, quand on y vient, on y reste.
05:52Oui, donc c'est un métier qui convient à la fois à ceux qui le font et également, et c
05:57'est très important, à ceux qui en sont non pas les victimes, je cherche le mot, les bénéficiaires.
06:04Exactement.
06:04Bien sûr.
06:05L'autre jour, je prenais le train et je me rends compte qu'un petit garçon était là face au
06:10conducteur et lui posait plein de questions sur son métier, sur les boutons.
06:15Il y a effectivement encore une attractivité.
06:19Peut-être qu'il deviendra cheminot.
06:21Ça sera chez vous, oui.
06:22Voilà, et à la SNCF.
06:24Et puis, je l'ai constaté aussi dans le bus, je l'ai constaté aussi dans les trams.
06:30Il y a, de toute façon, quelque part, une forme de curiosité qui amène au métier.
06:37Et comme on le côtoie au quotidien, on peut y venir assez facilement.
06:42Vous diriez, Lili, que vous avez un rôle social, la façon dont vous en parlez.
06:45Oui.
06:46Ça, c'est complètement intégré pour moi dans la raison d'être de Kéolis.
06:50On parle dans notre ambition de la volonté d'offrir le meilleur service, le plus sûr, aux communautés que l
06:57'on sert.
06:58Et toutes les communautés, d'être inclusifs, de permettre à chacun, je vous l'ai dit, de pouvoir se déplacer.
07:03Ce que l'on dit, c'est que la mobilité, c'est le droit des droits.
07:05Être ancré chez soi, ne pas pouvoir se déplacer, ne pas pouvoir accéder à des loisirs, ne pas pouvoir faire
07:13du sport, ne pas pouvoir travailler, c'est ne pas pouvoir se déplacer.
07:16Oui, mais alors j'imagine que les personnes en situation de handicap doivent faire partie de la façon dont vous
07:20exprimez de vos priorités.
07:22Complètement. Et en fait, c'est la notion de diversité et d'inclusion, c'est ça.
07:26C'est la capacité à offrir des solutions à des personnes qui sont, par exemple, malvoyantes et donc de pouvoir
07:32les accompagner avec tout un système tout au long de leur parcours.
07:36C'est la même chose pour des personnes qui sont à mobilité réduite et on va proposer des solutions de
07:42transport et les accompagner aussi sur leur itinéraire en intégrant également dans les infrastructures qui vont les accueillir des moyens
07:51pour pouvoir, voilà, leur permettre de se déplacer sereinement.
07:57Alors récemment, vous étiez très présente sur le Mondial de football et notamment à Boston, Massachusetts, une ville que vous
08:03connaissez bien à l'évidence.
08:05Vous avez parlé en préparant cet entretien et donc vous avez transporté des milliers de personnes du stade de Boston
08:11Centre au stade de Foxborough.
08:13Plus de 100 000.
08:14100 000 !
08:14En fait, pendant l'événement jusqu'au quart de finale, donc on était très fiers.
08:18Ça a créé une énergie formidable au sein de l'entreprise, évidemment.
08:21Et puis, on le sait parce qu'on l'avait vu aussi sur les JO de Paris de 2024, nous
08:26avions transporté les athlètes.
08:27On a compris que cette énergie, nos passagers la ressentaient et que tout le monde avait envie que cette fête
08:35du sport, et là, à Boston, la fête du football reste une fête.
08:39Et donc là aussi, c'est de permettre aux spectateurs de pouvoir sereinement accéder au stade et pouvoir profiter aussi
08:47de toute l'infrastructure pour pouvoir se déplacer.
08:49Alors, c'est la transition avec la dernière question parce que le temps passe vite en votre compagnie et c
08:54'est bon signe, et c'est bon signe, vous êtes visiblement très attaché au sport et vous avez engagé des
08:59coachs sportifs dans votre entreprise, c'est ça ?
09:02Oui, effectivement.
09:03Quel est le rôle ?
09:04Alors, on a signé un partenariat avec l'Appels dont la proposition de valeur est de faire entrer le sport
09:09dans l'entreprise et d'utiliser le sport comme une technique de recrutement.
09:13Et donc, de faire de la pratique du sport, un moment d'observation et de détection comme on peut le
09:18faire dans d'autres sports, des talents et des jeunes qui ont toutes les compétences et l'appétit pour pouvoir
09:24nous rejoindre et venir faire le métier de conducteur de bus ou de chauffeur de car.
09:29Et donc, le coach vient dans l'entreprise, met en relation un jeune qui pratique le sport dans un club
09:36avec des responsables qui recrutent et pendant une semaine, ils passent du temps ensemble, ils apprennent en même temps le
09:44métier puisqu'il s'agit aussi de conduire des passagers.
09:47Donc, il y a un certain nombre de règles et il y a le permis D aussi qu'il faut
09:51passer. Et donc là, ça nous permet après de leur offrir un CDI et de pouvoir trouver CDI.
09:58Je précise, nous CDIsons. Nous ne sommes pas en recherche d'intérim, de CDD, mais bien de CDI, d'ancrer
10:07dans le temps et dans les territoires les personnes qui travaillent avec nous.
10:10Je veux dire, Lydie Jallier, c'est un plaisir de parler avec vous parce que vous délivrez vraiment un message
10:14d'optimisme et parler, oui, d'ailleurs ça se voit là, c'est un grand sourire qui accompagne cette conclusion.
10:19Et je crois que par les temps qui courent, ce n'est pas anodin. Merci de nous avoir répondu, merci
10:23de nous avoir répondu et à bientôt pour un autre ou une autre invitée qui j'espère sera de la
10:28même qualité et du même sourire que Lydie Jallier.
10:30A bientôt pour Objectif Performance.
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