00:0010% de salaire net en plus, vous êtes contre.
00:03Mais c'est une plaisanterie là ce qu'on est en train de dire.
00:05Mais je vais vous dire un truc.
00:07Aujourd'hui dans ce pays, on est la deuxième économie de l'Union Européenne,
00:11on a seulement le sixième salaire minimum d'Europe.
00:20J'aimerais qu'on donne juste la parole à Thomas Vacheron,
00:22qu'on n'a pas encore entendu sur ce sujet.
00:23Alors on va s'arrêter pour l'instant, puisque la position du MEDEF est un peu ambiguë.
00:27Donc on va s'arrêter sur une proposition claire, qui est celle de François Hollande,
00:30qui est la baisse des cotisations salariales.
00:32Lui dit que ça va donner 10% de pouvoir d'achat en plus aux Français,
00:35et puis passer du gagnant-gagnant, comme je le disais tout à l'heure,
00:38parce qu'à côté de ça, les produits de première nécessité passeront à un taux de TVA à zéro.
00:41Est-ce que vous avez le sentiment que les salariés pourraient s'y retrouver dans ce calcul ?
00:45Disons que François Hollande, on ne peut pas dire que ça a été le meilleur,
00:47ni économiste, ni président de la République,
00:49eu égard au fait qu'il a été élu sur le fait qu'il s'affronterait à la finance,
00:52et qu'il a fait tout son mandat avec plus d'aide aux entreprises.
00:57Et la politique de l'offre, c'était avec lui, et rien pour les salariés,
01:01et tout le monde s'en souvient.
01:01Mais moi je pense qu'il faut prendre ce moment sur le service public pour bien se comprendre.
01:05Un, il n'y a pas de charge, ça s'appelle des cotisations.
01:08Les mots ont un sens, et sur nos fils de paye, ça s'appelle des cotisations sociales,
01:12parce que ça ouvre des droits.
01:13Et quand on supprime une partie des cotisations sociales,
01:16c'est qu'on aura donc moins de droits en cas de maladies, d'accidents,
01:19de licenciements, de parentalité, ou pour nos retraites justement.
01:23Ça veut dire quoi concrètement ?
01:24Là où il y a beaucoup moins de cotisations, par exemple aux Etats-Unis,
01:27première économie de la planète, il faut avoir une carte bancaire pour aller se soigner.
01:30Je dis à tout le monde, un cancer ça vaut des dizaines de milliers d'euros.
01:34On n'y est pas tout à fait.
01:35Non mais attendez, il faut que les gens comprennent bien de quoi on parle.
01:39C'est tellement rare qu'on explique de cette manière-là, en disant,
01:41en fait, le net c'est pour le moins, et les cotisations sociales ça donne des droits.
01:46C'est très très important.
01:47Sinon on parle de rien.
01:48Parce que si c'était des trucs qu'on était prélevés,
01:50ou ça pesait lourd, ou c'était des charges,
01:52bien sûr qu'on serait tous pour les supprimer.
01:54Mais c'est pas vrai, c'est notre salaire.
01:55Et ce qui est en train de se passer, c'est quoi ?
01:57C'est que les mêmes qui sont contre la taxe Zuckman,
02:00donc ceux qui sont les plus privilégiés de les faire payer,
02:03autant que nous, pour moi c'est pas assez.
02:05Mais à la limite, on prend.
02:06Les mêmes qui sont contre la taxe Zuckman sont en train de dire,
02:09un jour c'est la TVA antisociale,
02:10parce que la TVA c'est l'impôt le plus injuste,
02:13c'est un impôt, c'est pas une cotisation.
02:15Le lendemain, ils sont pour désindexer les pensions.
02:17Je précise que 10% de salaire net en plus, vous êtes contre.
02:23Mais c'est une plaisanterie là ce qu'on est en train de dire.
02:25Mais je vais vous dire un truc.
02:27Aujourd'hui dans ce pays,
02:29un, on est la deuxième économie de l'Union Européenne,
02:31on a seulement le sixième salaire minimum d'Europe.
02:34Le SMIC en France est très bas.
02:36Et il y a zéro cotisation sur le SMIC.
02:38Non mais c'est très important pour qu'on se réponde.
02:40Donc, quand on parle du coût du travail,
02:42c'est nous, les salariés, qui faisons tourner les entreprises,
02:45c'est nous qui travaillons,
02:46c'est nous qui cotisons et on décide jamais.
02:48Première chose.
02:49Donc ce n'est pas une question de coût du travail,
02:50c'est pas vrai.
02:51On n'a jamais autant fait d'exonération de cotisation sociale
02:55aux entreprises pour diminuer le coût.
02:57Et ça n'a pas résolu le salaire.
02:59Mais juste parce que c'est très important.
03:00Qu'est-ce qu'ils nous disent les gens ?
03:01Ils ne sont pas sur notre débat.
03:02Il y a deux problèmes.
03:03Un, c'est la canicule cet été.
03:06Deux, les bas salaires justement.
03:07Et donc nous, ce qu'on dit...
03:09Mais c'est quand même très important que je puisse finir la démonstration
03:11parce que sinon, ce n'est pas possible.
03:12Pour une seule raison.
03:13C'est que la France est un pays où le salaire minimum est bas
03:16et où il y a un tassement de tous les salaires.
03:18Le salaire médian, vous savez combien c'est ?
03:192 200 euros.
03:20Vous savez ce que c'est que vivre avec moins de 2 200 euros ?
03:23La moitié des salariés du privé vivent avec moins de 2 200 euros.
03:26Et donc nous, on dit un truc très simple.
03:27Il faut, pour renoncer l'économie,
03:29il faut renoncer la consommation,
03:32il faut augmenter les salaires.
03:33Tout le reste, c'est quelque chose pour arnaquer les salariés de fait.
03:36Et donc on propose d'autres solutions.
03:37Parce que vous allez faire rire Charles Nati avec votre proposition ?
03:40Non, mais vous avez compris l'allusion ou pas Charles Nati ?
03:43Non, mais je comprends.
03:44Attendez, parce qu'au fond, la question qui est soulevée au fond,
03:47c'est est-ce que ce n'est pas problématique que ce soit au pouvoir public
03:49de régler cette problématique de hausse des salaires
03:51parce que les entreprises ne le font pas ?
03:53Et je vous disais, je vous taquinais sur le fait
03:56que Jean-Luc Mélenchon avait fait cette proposition
03:58lors de la rentrée du MEDEF
03:59en disant qu'il faut augmenter les salaires.
04:01La salarie, ça a fait polémique.
04:04Ce n'est pas une très bonne image pour les patrons.
04:05Et la question derrière, c'est ce que...
04:07Il y a une partie de la salle qui a ri.
04:09On les a entendus rire.
04:10Il y avait beaucoup de monde dans la salle.
04:13Oui, mais il n'empêche qu'on les a bien entendus ricaner.
04:16Est-ce que ça vous fait rire encore ?
04:18Je crois que ce n'est pas les patrons qui ont rié.
04:19Excusez-moi, mais il y avait beaucoup de gens dans la salle,
04:22y compris des gens qui accompagnaient les différents intervenants.
04:26Et donc, je pense qu'il y a eu des réactions
04:28qui ne reflètent pas les réactions des patrons.
05:00Sous-titrage Société Radio-Canada
05:03Sous-titrage Société Radio-Canada
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