00:00Bonjour à toutes et à tous, quel plaisir d'être là. What a pleasure to be here today.
00:06Quel plaisir de vous retrouver Philippe Besson. Phil Bess, what a fuck in LA. C'est pour mes fans
00:11US. Il faut absolument que, et ils sont très nombreux, merci de le souligner, il faut absolument que je
00:16raconte la fois où on s'est vus parce qu'on s'est déjà rencontrés. Je ne sais pas si
00:19vous en
00:20souvenez mais c'était dans une émission ici même, il y avait quelqu'un d'autre à votre place,
00:24Maïtena, et je vois que mon allusion fait mal, allusion à un passé qu'il faut regarder devant nous.
00:31Je vois très bien Maïtena que ce passé auquel je fais allusion, il ne passe pas, il vous fait
00:35décidément plus mal que je ne le pensais et c'est vrai que moi, en tant que pervers narcissique,
00:38je sens les failles. Cher Philippe, je me permets de vous appeler par votre prénom parce que je me
00:43sens proche de vous, pour des raisons que j'ignore et aussi factuellement parce que le studio n'est pas
00:47grand. Je suis proche de vous et aussi suite à cette fameuse heure et demie passée ensemble. Vous
00:53étiez venus pour la promotion du livre Une Pension en Italie. Ce livre, je ne l'avais pas lu. Je
00:59ne
00:59lis pratiquement aucun livre. Moi, ce qui m'intéresse, c'est surtout les vidéos de bagarre sur les réseaux.
01:06À la fin de cette fameuse émission, Phil, j'avais quand même tenu à ce que vous m'offriez votre
01:11ouvrage. C'est mon côté gratteur. Sans savoir pourquoi, je tire toujours une énorme joie à ne pas payer un
01:16objet. Très gentiment, vous me l'aviez dédicacé, je me rappelle bien de la formule. Cher Julien, nous n'avons
01:21peut-être pas la même écriture, mais le talent, c'est d'avoir envie. Alors, ça m'a fait penser
01:27au...
01:29On va le commenter parce que la phrase n'est pas seule, mais ça m'a fait penser au slogan
01:33de la
01:33Fédération Française d'Arbitrage. Nous n'avons peut-être pas le même maillot, mais nous avons la
01:36même passion. Cette dédicace, vous l'aviez poursuivie. Julien, même si je n'ai pas apprécié
01:41votre chronique, vous tentez d'obtenir des rires et c'est une entreprise bien noble dont je ne peux que
01:47louer l'initiative, le talent réside parfois dans la compensation. Je me dis alors, je ne suis pas le
01:54seul à être pervers narcissique autour de cette table et ça me rassure. Bien entendu, je plaisante,
01:58tout est faux, j'ai inventé tout cela pour me faire des droits d'auteur sur votre dos, Philippe. Avec
02:01la
02:01classe qui vous caractérise, bien au contraire, on m'avait fait une dédicace. Là, j'étais censé marquer
02:05et la voici, le voilà l'objet du délit. Entre parenthèses, je montre le livre avec la dédicace de
02:09Philippe, livre que j'ai oublié ce matin. Et c'est un acte manqué. Et qu'est-ce que ça
02:15veut dire, Philippe ?
02:17Et donc, la dédicace, je vais vous la faire parce que je m'en rappelle et je vous jure que
02:21c'est vrai,
02:21pour Julien, quel prix faut-il payer pour être soi ? Cette phrase, je l'ai relue plusieurs fois à
02:28cette
02:28époque et franchement, je ne comprenais pas parce que c'est une phrase extrêmement profonde et moi, à la
02:32base, je demandais juste une dédicace. Du style, je ne sais pas, une phrase qui fasse le job comme
02:37merci Julien, gros bisous, ou pour Julien, we've love, classique quoi. Du coup, suite à la question
02:43existentielle que vous posez, je pars sur une fausse piste. Faut vous dire que moi, dans ma tête,
02:47ça s'emballe assez rapidement. Je me suis vraiment dit, purée, on ne se connaît pas, mais vous vous
02:51confiez vachement pour oser demander à quelqu'un que vous ne connaissez pas, non pas comment il va,
02:56mais le prix qu'il faudrait payer pour être soi. Cet appel à l'aide, Filou, je l'ai entendu.
03:03Une fois lu et
03:03découvert cette dédicace à la maison, il fallait donc que je vous retrouve, ne serait-ce
03:07que pour vous répondre. Il était hors de question que je me dérobe. Cette question que vous posez,
03:10c'est simple, c'est ma passion dans la vie. Ça, et acheter du pain au sarrasin. Et quand la
03:14boulangère
03:14n'en a plus, je lui dis, et du coup, on peut en parler du prix à payer pour être
03:19soi ? Je n'ai pas
03:20lâché, Filoche. Je le disais à tout le monde autour de moi. Il a besoin de moi, il va mal.
03:25Et de
03:25préciser, vous en avez beaucoup dans votre entourage, des amis, pendant qu'il me retenait, qui vont bien,
03:29les gens bougeaient comme ça, et qui vous demandent le prix à payer pour être soi ? La seule personne
03:34qui m'avait
03:34posé ce genre de question dans la vraie vie avant vous, c'était un psychopathe. Une personne que
03:37j'aimais beaucoup et qui pourtant a décimé sa famille. Ça n'est pas normal de procéder à ce genre
03:42d'acte. Je comprends alors que cette phrase, c'est un appel à l'aide pour que l'on se
03:46rencontre.
03:47Je demande à l'équipe de France Inter de contacter votre attaché de presse. À ma grande surprise,
03:51personne ne me répond. Gentil, attaché de presse de Philippe Besson. J'ai entendu que je pouvais être
03:55dangereux, que le rire avait ses limites et qu'il fallait que je me repose. J'accueille alors cette période
04:00de congé imposée par la maison de la radio comme une aubaine. Et là, tout s'éclaire. Philippe,
04:04oh mon Philippe, cette phrase, cette dédicace, c'était un code. Car si vous prenez toutes les
04:11premières lettres de chaque mot de la phrase, quel prix faut-il payer pour être soi ? Et que
04:14vous avancez de cinq lettres, comme par hasard, vers la fin de l'alphabet, cela donne Julien.
04:18Rendez-vous à la brasserie Les Ondes en bas de la radio. Alors, tout s'éclaircit. Quand vous
04:22m'avouez que vous vouliez que j'incarne au cinéma votre héros dans l'adaptation de votre prochain
04:27bouquin. La prochaine fois, on fera plus simple, Philippe. J'essaierai aussi de lire
04:31votre livre, car j'ai compris trop tard que cette dédicace, en réalité, était simplement
04:35en lien avec le thème de votre ouvrage. Mais d'ici là, car nous nous reverrons, my brother
04:39from another mother. Ne vous inquiétez pas, je suis là.