00:00La dissolution de la société d'agriculture et d'élevage du Gabon SAEG et le transfert annoncé de ses actifs
00:06matériels et financiers à Agropag soulèvent plusieurs interrogations sur la situation patrimoniale laissée par l'ancienne structure.
00:14A la lumière notamment de déclarations attribuées à l'ancien ministre de l'Agriculture, Jonathan Inyumba, des questions demeurent sur
00:21les financements consacrés aux sites agricoles, les comptes de la SAEG,
00:24ses arriérés salariaux, les éventuels conflits d'intérêts et surtout la consistance exacte du patrimoine transmis à Agropag.
00:33Autant de points qui appellent davantage des documents comptables qu'une confrontation de déclarations.
00:38La question est d'autant plus importante que les deux structures doivent être juridiquement distinguées.
00:42La disparition de la SAEG ne saurait à elle seule rendre Agropag responsable de l'ensemble des engagements accumulés par
00:49l'ancienne société.
00:50Avant toute imputation de dette ou de créance, encore faudrait-il établir ce que la SAEG possédait, ce qu'elle
00:57devait, ce qu'elle avait effectivement reçu de l'État et ce qui a juridiquement été transféré à la nouvelle
01:02entité.
01:04Selon les déclarations rapportées de Jonathan Inyumba, 2 milliards de francs CFA auraient été mis à disposition pour la réhabilitation
01:11du site de Vongu dans la Nyonga.
01:13Concernant les cabis, l'ancien ministre aurait indiqué que les fonds destinés à sa réhabilitation avaient été directement remis au
01:20directeur général de la SAEG de l'époque.
01:23Le montant exact demeure toutefois à établir, certaines informations évoquant, jusqu'à 3 milliards de francs CFA.
01:30À ce stade, ces éléments ne permettent pas de conclure à une quelconque irrégularité.
01:34Ils rendent en revanche légitime la production des pièces permettant de retracer l'origine des financements.
01:39Leurs modalités de décaissement, leurs bénéficiaires institutionnels, les dépenses exécutées et les travaux effectivement réalisés.
01:47Lorsqu'il s'agit de plusieurs milliards de francs CFA de ressources publiques, la traçabilité constitue moins une suspicion qu
01:54'une obligation normale de reddition des comptes.
01:56La situation financière de la SAEG constitue le deuxième nœud du dossier.
02:01Des arriérés de rémunération pouvant atteindre, selon les situations rapportées, plus de 20 mois, voire 25 mois, sont évoqués.
02:08Si ces chiffres sont confirmés, ils devront être approchés des financements reçus, des charges supportées et des ressources dont disposait
02:15réellement l'entreprise.
02:17Seuls les états financiers peuvent permettre de sortir de la spéculation.
02:21Bilan, compte de résultats, relevés bancaires, créances, dettes fiscales et sociales, masse salariale, inventaires patrimoniales et justificatifs des financements publics.
02:29Sans photographie comptable complète à la date de dissolution, il devient particulièrement difficile de déterminer ce qui relève d'une
02:37dette de la SAEG et ce qui pourrait légalement incomber à Agropag.
02:41Une autre interrogation concerne l'éventuelle superposition entre fonction de tutelle, responsabilité exercée au sein de la SAEG et intérêt
02:48lié au règlement de certaines créances.
02:50L'existence d'un conflit d'intérêt ne peut être affirmée sans éléments précis sur les personnes, les fonctions exercées,
02:56les périodes concernées et la nature des intérêts éventuels.
03:00Mais la question mérite d'être documentée.
03:02Si les responsables ayant participé aux décisions de tutelle ou à la gestion de la SAEG figurent eux-mêmes parmi
03:07ces créanciers,
03:08les mécanismes de traitement de ces créances devraient offrir toutes les garanties d'impartialité.
03:12L'objectif n'est pas de présumer une faute, mais d'éviter qu'une personne puisse intervenir dans une décision
03:18dont elle serait directement ou indirectement bénéficiaire.
03:22Quel patrimoine Agropag a-t-elle réellement reçu ? C'est finalement la question centrale.
03:27A la suite des décisions annoncées lors du Conseil des ministres du 26 février 2026,
03:31un inventaire contradictoire devrait permettre d'identifier précisément les actifs matériels et financiers transférés,
03:38terrains, bâtiments, équipements, véhicules, stocks, disponibilités bancaires, créances et autres droits patrimoniaux.
03:46Le même exercice doit concerner le passif.
03:49Quelles dettes ont été reprises ? Sur quels fondements juridiques et les créances salariales de la SAEG ont-elles été
03:54transférées à Agropag
03:55ou demeurent-elles rattachées à la liquidation de l'ancienne structure ?
03:58Sans réponse documentée, le risque est de voir les difficultés historiques de la SAEG se confondre progressivement à celles d
04:05'Agropag.
04:06Une clarification indépendante apparaît dès lors nécessaire pour protéger simultanément les travailleurs,
04:12la nouvelle société et les intérêts de l'État.
04:15Au-delà des accusations ou des dénégations, quelques documents permettraient de ramener le débat sur le terrain des faits.
04:22Combien la SAEG a-t-elle reçu ? Combien a-t-elle dépensé ? Combien devait-elle au moment de
04:27sa dissolution ?
04:28Et surtout, quel patrimoine réel a-t-elle effectivement transmis à Agropag ?