00:16Le compte à rebours est terminé pour les populations installées sur les emprises concernées par les opérations de démolition.
00:27Annoncées pour ce mercredi 4 novembre, ces opérations sont désormais entrées dans leur phase active, notamment dans les zones de
00:35Lac-Bleu, Dibadiba et Okala.
00:38Sur le terrain, les engins sont déjà à l'oeuvre.
00:41Les populations concernées, les forces de défense et de sécurité, les équipes de la Croix-Rouge gabonaise ainsi que les
00:49autorités gouvernementales assistent au spectacle.
00:51Le bilan est positif. Comme vous l'avez constaté, dans tous les sites, les travaux ont démarré et tout se
00:58passe bien.
00:59Si le ministre des Travaux publics et de la construction affiche sa satisfaction au regard du bilan dressé à ce
01:06stade du projet,
01:07le sentiment est tout autre du côté des populations impactées, encore sous le choc face à la destruction de leurs
01:14habitations.
01:15Comme vous pouvez le constater, nous sommes en pleine casse, en pleine démolition de nos maisons, en pleine chasse de
01:25nos maisons.
01:26Parce qu'un déménagement, je ne vais pas parler de déménagement, parce qu'un déménagement, c'est être volontaire de
01:34partir d'un endroit à un autre.
01:37Or là, nous sommes déguerbis, nous sommes chassés, nous sommes, j'ai envie de dire quoi ? Je cherche le
01:44mot le plus fort.
01:45Donc c'est ça le Gabon, en fait. On se réveille dans un Gabon où personne ne peut dire, ils
01:50amènent la police comme si on devait faire quelque chose.
01:52Entre temps, nous, on est frustrés parce que, premièrement, on nous détruit nos maisons, nos biens personnels.
01:59Quelqu'un comme moi, je suis né dans le quartier, j'ai grandi. Aujourd'hui, toute mon histoire s'efface
02:03en un jour.
02:04Au-delà des démolitions, les populations concernées estiment que la parole gouvernementale n'a pas été respectée.
02:11Selon elle, les mesures d'accompagnement annoncées par les autorités ne sont toujours pas concrétisées.
02:18Elles se disent ainsi abandonnées à elles-mêmes, alors même que les opérations de démolition ont déjà commencé.
02:25Franchement, ça, nous, ça nous fuste parce que, sincèrement, ils nous ont parlé des mesures d'accompagnement jusqu'à aujourd
02:30'hui.
02:31On n'a jamais rien vu. Il y a l'histoire des chèques. Ça, c'est la rete qu'il
02:34y a entre eux et le gouverneur.
02:36Là, on vient nous déloger sans même nous démarrer, sans rien nous donner.
02:41On ne sait pas d'où partir avec les enfants ou bien, je ne sais pas comment vous expliquer, en
02:45fait.
02:45Nous, tous, on est frustrant. On se réveille un matin, on voit les engins.
02:48Ils viennent casser nos appartements que nos parents ont subis pour construire d'abord.
02:53Et sans mesures d'accompagnement.
02:55Monsieur le Président, s'il vous plaît, prenez la décision avec les gens que vous avez demandé de faire.
03:01Parce que les gens que vous avez demandé de faire n'ont pas fait ce que vous avez demandé.
03:07Personne n'a été indemnisé. Personne n'a reçu de l'argent.
03:09On n'est jamais rentré en possession. Même voir le chèque, on n'a jamais vu.
03:12Le gouverneur était là tout à l'heure. Elle nous raconte qu'elle ne peut pas signer les chèques debout,
03:16mais elle envoie les gens cassés.
03:18Elle ne peut pas signer les chèques, mais elle envoie les gens cassés.
03:20Donc ce qui est là, c'est qu'on accepte d'être SDF. C'est le Gabon qu'on a
03:24choisi.
03:24C'est nous qui les avons mis là. On ne les regrette rien.
03:28Sincèrement, on ne les regrette rien. Que Dieu les accompagne.
03:31Alors que les opérations de libération des emprises ont débuté sur les sites de Lac Bleu, Diba Diba et Okala,
03:38l'avenir des familles impactées reste une préoccupation majeure.
03:42Les autorités sont ainsi appelées à apporter des réponses urgentes à cette situation.
03:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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