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[#InterviewExclusive] Jean Calvin Mve Mintoho et Félicien Nguema Nguema, Association des transporteurs routiers des marchandises et des vivres frais du Gabon

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00:08Mesdames et Messieurs, bonsoir. Interview exclusive, c'est tout de suite. Ce soir,
00:13nous avons le plaisir de recevoir deux invités. Il s'agit de Jean Calvin Vémito et de Félicien
00:22Guéma. Ils sont des transporteurs routiers. Vous êtes membre de l'association des transporteurs
00:29routiers, des marchandises et des vivres frais du Gabon. C'est bien ça ? Alors, vous avez
00:35récemment fait parler de vous. Vous avez animé un point de presse en fin de semaine dernière
00:42au cours de laquelle vous avez dénoncé un certain nombre de mots, mots M-A-U-X, auxquels
00:52vous faites face dans le cadre de vos activités. Donc, vous êtes là pour aller un peu plus
00:57loin pour nous donner des précisions sur ce que vous vivez concrètement. Mais avant
01:02d'aller plus loin, vous allez peut-être lever un équivoque. On a diffusé votre point presse
01:09sur notre page. Et là, il y a eu énormément de retours, dont certains qui disent que vous
01:14êtes des transporteurs routiers mais camerounais.
01:16Et je vous remercie de m'avoir permis de m'exprimer là sur ce point. Et nous profitons de l
01:25'occasion
01:26pour mieux édifier que nous ne sommes pas des transporteurs camerounais. Nous sommes
01:31des chauffeurs transporteurs routiers gabonais du Gabon. Des pères et des maires. Monsieur
01:41mon âme, fils de monsieur de Femme, une thème qu'ils ont, Jean-Baptiste. Et ma mère, elle
01:46est une thème aussi, des bains à nous. Et mon collègue, lui, elle vient. Donc, nous
01:53sommes totalement chez nous. Et si nous arrivons à réclamer à ce jour, c'est parce que le
02:00seul terrain que nous avons pour exercer, ce n'est que chez nous au Gabon.
02:04Alors, vous faites bien de le préciser. Cette précision. Alors, dites-nous, quel secteur
02:13couvrez-vous ? Quel type de denrées également vous livrez ? Quand je parle de secteur, je
02:17parle de secteur géographique. Vous êtes des transporteurs routiers. Est-ce que vous
02:19vous livrez, vous transportez des marchandises dans tout le Gabon ? Ou est-ce que vous prenez
02:23ces marchandises ? Vers quelle destination ? Et quelles sont ces denrées que vous transportez ?
02:30Merci de m'avoir donné la parole. Là, au secteur dans lequel nous travaillons, c'était
02:36un secteur de transport très stratégique. Nous livrons dans tout le Gabon. Nous livrons
02:44Libreville, dans le grand Libreville. Nous livrons également à l'égard du pays. Les zones
02:51comme les Mouïla, Port Gentil, la France-Ville, Lambaréné, Makoku. Ces différentes localités
03:02que nous livrons. Et là, vous les prenez où ces denrées ?
03:04Depuis le Cameroun. Oui. Donc, vous faites toutes ces… Vous êtes organisé comment ? Est-ce
03:10que c'est dans le cadre de l'association ou l'association est juste là pour coordonner des
03:14actions telles que celles que vous avez menées la semaine dernière ? Ah oui. L'association
03:18est là pour coordonner des petites formes que nous avons menées la semaine passée. Nous
03:22sommes un groupe… De combien de membres, à peu près ?
03:26À ce jour, nous comptons au minimum de 150 membres. Oui, quand même.
03:32les membres, tous transportés. Et dans ce transport, nous sommes également, quand les internautes
03:38ont dit « Ah, il s'agissait des Camerounais ». Oui. Je pense que dans le travail que nous
03:44faisons, tous nous sommes mélangés. Parce qu'il y a une part des Camerounais qui font le transport
03:49du Cameroun. Également, pour le Cameroun, pour Libreville. Tout comme les Camerounais nous
03:55sommes mélangés, nous les jeunes Camerounais. Encore que parmi nous, il y a l'autre qui
03:59ont fait des études dont nous n'avons pas trouvé mieux à eux, qui se sont allés
04:03au transport. Oui. Alors, je l'ai dit, lors de… Vous
04:07avez fait une sortie la semaine dernière, c'était le 30 octobre. Vous avez dressé
04:10un tableau particulièrement sombre et préoccupant des conditions de travail des transporteurs.
04:17Concrètement, qu'est-ce qui a changé sur les routes gabonaises au point de vous emmener
04:22à faire une sortie publique ?
04:27Bon, je vais un peu commencer. Ce qui nous amène à faire ces réclamations, c'est
04:33parce que c'est déjà un domaine qu'on exerce aujourd'hui plus de 10 ans. Oui.
04:39Comme je l'ai d'abord dit à la première interview. Et quand on constate que des
04:45années auparavant, il y avait des postes qui étaient là…
04:49Il fallait des postes de contrôle. Des postes de contrôle. Oui.
04:52Des gendarmerie et de police. Gendarmerie, police, ministère de transport et
04:58ficture sanitaire. En fait, toutes les administrations qui sont représentées. Oui.
05:03Il y en avait des postes, mais pas assez comme aujourd'hui. Un. Deuxièmement, les postes
05:09qu'on avait avant n'avaient pas des exigences. Nous rencontrons aujourd'hui, maintenant,
05:14à ces mêmes postes. Avant, ce n'était pas exigé de donner forcément une sorte.
05:24En fait, les agents n'étaient pas trop exigeants en matière de…
05:33Oui. Alors, vous dites qu'aujourd'hui, vous pouvez, par exemple, de Bitam à Libreville,
05:40vous pouvez faire face entre 50 et 56 contrôles. Effectivement.
05:46Je pense que nous avons tous énumérés. Et quand nous parlons de…
05:50Vous pouvez énumérer quelques-uns ?
05:52Quand on parle de 50 et 56 contrôles, par exemple, du côté des moraux.
05:57Donc, on commence avec le poste de l'immigration, par exemple.
06:01Après l'immigration, on vient l'agent de la mairie.
06:03Après l'agent de la mairie, nous avons le poste des différents services
06:06tels que la Gaza, le ministère des commerces, le conseil départemental.
06:13Oui. Le conseil départemental.
06:15Et eux, ils contrôlent quoi au niveau du conseil départemental ?
06:18Je ne sais pas.
06:19Ce sont des…
06:20Ce sont des agents aussi ?
06:22Ils sont des agents sur le terrain qui prélèvent…
06:24Ils font les prélèvements.
06:26Oui.
06:27Et pardon, mais est-ce que ces prélèvements, est-ce qu'ils vous délivrent des reçus
06:31pour chacun des contrôles auxquels vous faites face ?
06:33Oui, oui.
06:33Ils délivrent.
06:36Également la santé.
06:36Mais c'est la santé qui n'arrive pas à être reçue.
06:38Oui.
06:38Pour notre métier.
06:40Puisque les prélèvements font s'augmenter,
06:42les banques plus que les chefs des quartiers,
06:44ou bien d'autres personnes se mettent aussi à leur vie à faire des contrôles.
06:47Alors, enfin, pardon, mais d'aucun vous dirait que dans tous les pays du monde, les
06:52gens qui font rentrer des denrées dans le pays font face à des contrôles sur les
06:56routes.
06:56Qu'est-ce qui est dérangeant avec ces contrôles ?
07:00Et bon, je dirais ce qui est beaucoup plus dérangeant, c'est que quand moi, particulièrement,
07:06je fais le Cameroun, je fais le Gabon, au niveau du Cameroun, quand tu charges…
07:11Je prends un exemple.
07:12Oui.
07:12Quand tu charges à Bafoussam, tu prends, tu payes la mairie de Bafoussam, tu prends
07:18ce reçu.
07:19Ce reçu t'accompagne jusqu'à la frontière.
07:22Tu arrives à Yaoune et tu présentes le reçu de la mairie que tu as dû payer à Bafoussam,
07:26la mairie de Yaoune t'a fait traverser, ainsi de suite, jusqu'à la frontière.
07:30Mais le constat que nous avons chez nous, c'est que quand tu payes un reçu du conseil
07:37départemental au niveau des bourreaux, quand tu arrives à OEM, ce reçu n'est plus
07:40valable.
07:41Oui.
07:41Il faut encore payer un autre reçu pour le conseil départemental d'OEM.
07:45Quand tu arrives à Mindic, ce n'est plus valable.
07:48Il faut encore payer un autre reçu du même conseil départemental de Mindic, de Doum,
07:55de Kangoo et jusqu'à Libreville.
07:58Donc, déjà, voilà déjà l'un des points qui nous amènent à réclamer ce que nous
08:04est chaque jour.
08:06Et chaque conseil a son montant.
08:08de 10 000 à 25 000.
08:10Alors, justement, si vous faites effectivement une distinction entre les contrôles administratifs
08:15qui sont, selon vous, légitimes, vous les distinguez de certains comportements, selon
08:22vous, de certains agents sur le terrain.
08:24Vous dénoncez notamment des sommes imposées aux chauffeurs, parfois jusqu'à 10 000
08:28francs par poste.
08:30Comment ces pratiques se déroulent-elles concrètement ?
08:35Bonjour, monsieur Karl.
08:38Ce qui s'est passé, c'est que lorsqu'on sort du Cameroun, après avoir dédonné la
08:42marchandise, on a une somme que le commerçant, qui a loué le véhicule, nous remet pour achemier
08:52la marchandise jusqu'à Libreville.
08:54Oui.
08:54Voilà.
08:55Et il arrive que lorsqu'on se présente dans un poste…
08:59Alors, vous dites que le commerçant vous remet une somme, c'est pour faire face à
09:04tous ces contrôles ?
09:05Ces contrôles.
09:05Et c'est bien…
09:07Oui.
09:08Le commerçant donne la somme qui t'amène de Bita jusqu'à Libreville, jusqu'à
09:14quand même le véhicule au marché.
09:16Mais on est dans des situations où, au niveau de l'île, on n'a plus…
09:22Et on n'a plus cet argent parce que c'est quoi ? Si on dépense aujourd'hui, certains
09:27agents…
09:27Je dis bien que les agents vireux…
09:29Oui.
09:30Quand vous arrivez, ils le voient.
09:32Il faut saluer le Kepi comme tout le monde le fait.
09:34C'est quoi saluer le Kepi ?
09:36Dis-le au Gabonais.
09:36C'est quoi saluer le Kepi ?
09:37Le Kepi, c'est une vieille tradition qui me connaît.
09:40Quand tu arrives, il faut toujours donner quelque chose à l'argent parce qu'il est sur
09:42le soleil.
09:43Oui.
09:43Donc, on ne conteste pas leur présence.
09:45Et le Kepi est physiquement posé devant le bureau ? Vous glissez de l'argent dans
09:49le…
09:51Comment ça se passe ?
09:52Dans le dossier, le plus souvent.
09:53Oui.
09:53Et si vous donnez un dossier, par exemple, pour saluer le Kepi, c'est ce qui peut causer
09:57le problème.
09:58Ce qui fait en sorte qu'avant, on sait que le monde s'est collé de tous que le Kepi
10:01était à 1 000 francs.
10:03Tu arrives, tu prends tes 1 000 francs, tu donnes le passage du poste.
10:05Mais d'un jour, tu arrives, tu déposes 1 000 francs, c'est comme si tu as juré la
10:09personne.
10:10Tu dis non, ce n'est pas 1 000 francs, moi je prends 5 000.
10:13L'autre poste va te dire, moi je ne prends pas 5 000, je prends 15 000.
10:16C'est long, bon, je ne sais sur quoi il se base.
10:19Et il n'y a pas de reçu dans tout ça.
10:22Imaginons, c'est un poste où on est faite jusqu'à 50 000 francs.
10:25Et en donnant les 50 000 francs, il n'y a pas de reçu.
10:28Comment allons-nous justifier cela ?
10:30Donc, ce qui fait en sorte que ça nous ralentit le travail.
10:34Et c'est là, quand on arrive encore au niveau du journal, ce qui est plus grave,
10:38c'est le pont bascule.
10:39Oui, le pont bascule, justement.
10:40C'est un dispositif à quoi il sert, à quoi il devrait logiquement servir et à quelle
10:46fin il est utilisé aujourd'hui.
10:47Je ne comprends pas d'abord si c'est un pont bascule ou c'est un pont issu.
10:50Là où je ne comprends pas.
10:52Peut-être qu'il pourrait mieux vous édifier.
10:54Bon, au niveau du pont bascule, la dernière fois, j'ai eu la possibilité de m'entretenir
11:01avec l'un des éléments du pont bascule.
11:04Ce que nous on sait, c'est que le pont bascule nous permet de régulariser nos chargements.
11:09C'est-à-dire ?
11:10Pas trop surcharger des véhicules.
11:12D'accord.
11:13De charger au tournage normal.
11:16Et lorsque vous êtes en surcharge, vous payez une pénalité ?
11:18Lorsque nous sommes en surcharge, effectivement, on paye une pénalité qui va en fonction du tournage
11:24excédé.
11:24Mais aujourd'hui, on se retrouve dans une position où, si tu arrives au niveau du pont bascule,
11:30tu portes un déménagement.
11:32Nous tous, nous connaissons qu'un déménagement fait partie des effets d'un salon, d'un matelas,
11:38des effets qui n'atteignent même pas le tournage du véhicule que tu dois charger.
11:41Mais quand tu arrives au niveau du pont bascule, on te fait comprendre que tu as une tendance
11:45de 120 000 à payer.
11:47Tu te poses la question, je paye les 120 000 sous base de quoi ?
11:52Oui.
11:52Et quand on arrive au niveau du pont bascule, on nous dit, on nous fait savoir, même dans
11:56les autres pays qu'en traversant le pont bascule, tu dois avoir un écran par an
12:00qui te fait savoir le tonnage que ton véhicule est en train de traîner.
12:05Vous, vous n'avez pas accès à cet écran ?
12:06Cet écran, à ce jour, n'existe plus.
12:09L'écran est physiquement, mais il ne fonctionne pas.
12:12Deuxièmement, on peut te faire passer au minimum à trois ou quatre tours.
12:17Et on ne connaît pas pourquoi, parce que tu passes, on te dit, monsieur, reprenez le tour,
12:23vous refaites le tour, on dit, monsieur, et à chaque passage, il y a un ticket qui sort.
12:27Et eux-mêmes, ils vont vous octroyer le ticket qu'eux-mêmes, ils trouveront mieux
12:30de vous octroyer.
12:32Donc, avec un montant en bas de 400 000, des fois 1 million.
12:35C'est parce qu'on n'a pas apporté les exemples-là, mais nous avons des frères qui ont traversé
12:39le pont bascule de Njoli à hauteur de 1,5 millions de factures à payer.
12:45Pardon, mais aujourd'hui, vous incriminez les forces de l'ordre de sécurité, mais pourquoi
12:52ne pas simplement respecter le tonnage qui est requis ?
12:58Bon, je dirais déjà sur le point de vue des marchés.
13:04Dans les marchés que nous prenons cette donnée-là, nous n'avons pas des machines ou des appareils
13:08pour savoir, des mesures qui peuvent nous permettre de savoir que ce sac fait 10 kilos,
13:14j'en ai déjà 10, ça peut faire 100 kilos.
13:16Donc, nous faisons tout dans le vrac.
13:19Bon, voilà pourquoi aujourd'hui, on réclame que ces agents-là aussi puissent avoir une part
13:24de l'humanisme pour comprendre que ceux-là, tellement ils existent dans le vrac.
13:29Et la loi est là, certes, mais il arrive aussi, tu fais ton chargement, que tu estimes.
13:35Mon chargement est bien tout à fait normal, tu essaies de te conformer.
13:38Mais quand tu arrives, on te fait savoir par obligation que ton chargement n'est pas confort.
13:44Tu vas jusqu'à poser des questions. Bon, malheureusement, parfois, ça finit.
13:48On finit par être traité d'une infraction que tous les routiers ont subies.
13:54La terre, tout trage à l'agent.
13:56Quand tu veux poser des questions, tu veux avoir plus de précision parce que toi, tu estimes
14:01que A, tu me parles de surcharge, mais à quel moment moi je suis en surcharge,
14:06moi je ne me retrouve pas.
14:07Étant professionnel dans mon domaine, je ne me retrouve pas à être en surcharge automatiquement.
14:13L'agent, il balance, il change de sujet, il commence à dire, vous haussez le ton,
14:18l'outrage à l'agent.
14:19Bon, vu que c'est un agent, il est en tenue.
14:22Nous ne sommes que simples transporteurs.
14:24Force reste à la loi, tu es obligé de te soumettre.
14:27Et vous, de manière personnelle, de votre expérience personnelle,
14:32quelle est la somme la plus élevée qui vous a été emmenée à payer ?
14:37Du côté des agents ou bien des agents ?
14:39Des agents.
14:40Des agents ?
14:40Oui, peu importe.
14:41Du pont bascule et des agents.
14:43Bon, je vais d'abord tirer une parenthèse.
14:46Nous transportons les denrées alimentaires.
14:48Oui.
14:49Pour nourrir les Gabonais.
14:52Quand on arrive, par exemple, au pont bascule,
14:54nous qui transportons les denrées alimentaires,
14:56on tombe dans des sommes telles que 150 000.
15:02150 000, exemple.
15:04Et un camion de bois d'hiver, par exemple, qui passe sur le pont,
15:10ce trou, par exemple, à payer 8 500.
15:13Ah oui.
15:13On dit que la mouture pèse plus que le bois d'hiver.
15:17C'est à ce niveau où on n'arrive pas.
15:20Mais comment vous expliquez cela ?
15:22Comment vous expliquez cela ?
15:23Vous avez une petite idée.
15:24Non, on ne peut pas expliquer cela.
15:27Les transporteurs de bois d'hiver sont plus complices avec,
15:30sont plus amis aux agents ?
15:31Ah, ça, on ne sait pas.
15:33À quel est son domaine ?
15:34On ne sait pas.
15:36Et maintenant, ce qui concerne les agents, on peut le dire.
15:39Et je vais préciser quelque chose, c'est plus récurrent chez nous,
15:42dans le Wolling Term.
15:43C'est plus récurrent chez nous.
15:45C'est là-bas où les gars sont plus stricts.
15:48Ça, je ne le cache pas.
15:49Ils sont plus stricts là-bas.
15:51Tu arrives, elle te dit, si tu n'as pas personne, tu ne peux pas passer.
15:53Oui.
15:55Voilà.
15:55Là, je ne peux pas me voiler la face.
15:56Tu peux te retrouver à faire une heure de temps, aller sur place.
16:00Si tu n'as pas ce qu'il a demandé.
16:01Tu n'as pas ce qu'il te demande et puis il te dit, tu vas rester là, tu vas
16:04rester là.
16:04Tu ne peux pas ouvrir sa barrière pour traverser.
16:06Tu ne peux pas t'imposer non plus.
16:08Oui.
16:08Mais tu prends le dossier comme il arrive à maintes fois.
16:12Tu prends le dossier, tu dis, ah monsieur l'agent, vraiment, je suis désolé.
16:15Je n'ai pas cette sommeil.
16:16Faites votre travail convenablement si c'est à ce niveau-là qu'il me retient ici.
16:21Attends, donc vous vous dites que vous soyez à jour ou pas ?
16:24Ou pas, effectivement.
16:25On vous empêche de passer ?
16:27Effectivement.
16:27Parce que présentement, nous sommes des chauffeurs de camions.
16:31Et être à jour, c'est-à-dire, tu as ton permis de conduire.
16:34Oui, oui.
16:34Tu as ta carte nationale d'identité.
16:36Ça, c'est déjà, pour moi, personnellement.
16:39Mais là, au niveau du véhicule, le véhicule est assuré.
16:41Il a la licence de transport.
16:43Il a la visite technique.
16:45Il a l'extincteur.
16:46Il a les accessoires à bord, c'est-à-dire deux cales métalliques, l'extincteur physique
16:52et la baladeuse.
16:55Bon, le véhicule ne présente aucune anomalie, aucun souci.
16:59Mais le chargement même, tu as essayé de l'arrimer à la conforme.
17:06Du coup, tu te retrouves, on te dit, c'est 15 minutes.
17:08Parce que tu as chargé les sacs.
17:12Bon, on ne sait pas ce qu'il sous-entend par avoir chargé les sacs.
17:17Monsieur, qu'est-ce que vous transportez ?
17:18Ah, je vais charger les choux, les pommes de terre et autres.
17:21OK.
17:21Quand vous avez chargé les sacs, c'est 15 minutes.
17:24Tu dis, moi, je n'ai pas 15 minutes.
17:25Je peux vous déposer.
17:27Je sais que vous passez la journée là, vous passez la nuit.
17:30Je peux vous laisser peut-être un 2 000 pour payer le moustico,
17:33pour payer le café, pour payer une bouteille d'eau.
17:35Les piles de torche.
17:36Ou les piles pour utiliser la torche, puisqu'ils sont là pour nous, pour notre sécurité.
17:41Mais quand tu te retrouves face à un agent qui t'impose de lui donner 15 000 sans reçu.
17:47Bon.
17:48Tu prends le dossier du véhicule.
17:50Tu déposes sur la table.
17:51Tu dis, monsieur, je suis désolé.
17:54Faites alors votre travail.
17:56Si j'ai des amendes à payer, vous me faites une petite séance.
17:58Oui.
18:01Mais l'argent te dit, ce n'est pas mon problème.
18:03Je t'ai demandé 15 000.
18:04S'il n'y a pas 15 000, tu vas rester là.
18:06Encore que des agents au Gabon, la chaussée, les appartiennent.
18:10S'il a fermé sa barrière et t'as dit, tu vas rester là.
18:13Moi, j'en ai déjà passé de 19 heures à 3 heures du matin.
18:16Oui.
18:16Garder un poste de contrôle.
18:18Et est-ce qu'il vous est arrivé, dans le cadre de votre association,
18:22est-ce qu'il vous est arrivé d'écrire au ministre de l'Intérieur
18:26document à l'appui ou preuve à l'appui, je ne sais pas moi ?
18:30Bon, je me rappelle bien, il y a 4 ou 5 ans comme ça.
18:384 ans avant d'avoir fait 4 ans.
18:40C'était en 2019.
18:42Oui.
18:42Eux, on avait un soulèvement.
18:44Nous nous sommes rapprochés d'abord des autorités politico-administratives du côté
18:50au-delà.
18:50Oui.
18:51Et on a saisi le gouverneur, le profet d'Untem et le profet du haut-delà.
18:57Il y a eu une table, il y a eu des assises et tout.
19:00Ou même les patrons de ces autorités judiciaires sur le terrain,
19:06qui ne reconnaissent pas ses comportements.
19:10Ah oui.
19:11Ils avaient de leurs agents.
19:12Et nous, on s'est dit, mais vos agents sont au courant.
19:14Parce qu'il y a d'autres, quand tu arrives, ils te disent non.
19:16Tu ne peux pas passer comme ça, parce que mon chef, il t'a vu passer,
19:19il est à tel point là-bas, il sait le nombre de véhicules qui est passé,
19:22ils ont toutes les informations.
19:24Donc, nous avons repris.
19:26Et je pense que nous avons gagné une course,
19:29mais ça a été peut-être pour 3 ou 4 mois.
19:32Ça a été juste un feu de paille.
19:34Oui, un feu de paille.
19:36Les postes ont été réduits.
19:38Nous, on ne demande même pas d'arriver.
19:40Parce qu'ils sont là pour la sécurité des personnes.
19:42Alors, je rappelle que nous sommes avec
19:44Jean-Calvin Vémito et Félicien Nguema Nguema,
19:47qui sont membres et porte-parole
19:48de l'Association des transporteurs routiers
19:50des marchandises et des vivres frais du Gabon.
19:53On marque une courte pause et on revient juste après.
19:56Le droit vous semble complexe.
19:58L'organisation juridique du Gabon vous semble abstrait.
20:01Bienvenue dans C'est la loi,
20:03votre émission bilancieuse qui décrit et analyse
20:05des règles qui régissent votre quotidien.
20:07L'ex fondamentaux,
20:09un enjeu juridique d'authentique,
20:10explication claire en quelques minutes,
20:12vous utilisez l'essentiel de notre droit.
20:14C'est la loi, votre rendez-vous juridique
20:16à retrouver le premier et le dernier samedi du mois
20:19sur Jean-Calvin TV.
20:24De retour sur votre plateau d'interviews exclusives
20:28avec deux membres de l'Association des transporteurs routiers
20:31des marchandises et des vivres frais du Gabon
20:34qui ont défrayé la chronique la semaine écoulée
20:37avec leur sortie tonitriante dénonçant des comportements
20:42supposément véreux de certains agents de force
20:45de l'ordre des sécurités lors des contrôles routiers.
20:48Alors, je reviens avec Jean-Calvin Vémito
20:52et Félicien Guéman-Guéman,
20:53avec qui nous poursuivons cette entrevue.
20:57Alors, vous affirmez que les difficultés que vous rencontrez
21:00entraînent la détérioration et parfois la perte
21:03de denrées alimentaires,
21:05notamment au niveau du pont bascule à Njolay
21:08parce que parfois vous décidez par colère
21:11comme ça d'abandonner le camion
21:13parce que vous ne disposez pas des montants colossaux
21:15qu'on vous demande de payer.
21:16Effectivement.
21:18Tout à fait, parce que si tu n'as pas un montant
21:22qu'on t'exige pour traverser, tu ne peux pas traverser.
21:26Et s'il y a une faille, tu as peut-être un changement de la tomate.
21:30Nous tous, nous savons que la tomate, c'est reproduit,
21:33c'est quelque chose qui ne met pas long.
21:36Une fois récoltée, elle a autour 48 heures
21:39pour qu'elle soit consommée.
21:41Donc, si tu arrives à 19 heures
21:43et que cette tomate traîne jusqu'à 23 heures, 24 heures sur place,
21:49avec le climat, ça prend un coup.
21:52Donc du coup, quand tu arrives sur le marché,
21:54tu n'auras plus la même valeur qu'au départ.
21:58Donc forcément, avec le temps que tu vas mettre sur le parcours,
22:02le temps que les postes de contrôle vont te trimballer de gauche à droite,
22:06quand tu pars d'habitables, par exemple, à 17 heures
22:10et que tu finis par allier le grand marché de Libreville
22:13à 11 heures ou 13 heures par là,
22:16vous me convenez avec moi que la marchandise a déjà forcément pris un coup.
22:21Donc, ça retombe sur le commerçant.
22:23S'il devait se faire un bénéfice de 10 000,
22:25il se retrouve à faire un bénéfice de 1 000 francs.
22:27Oui.
22:27Une fois, deux fois.
22:29Et des fois, même au lieu d'avoir un bénéfice,
22:31le commerçant subit plutôt des pertes.
22:33Oui.
22:33Il a le carburant.
22:35Le commerçant a le carburant payé.
22:37Il a l'allocation de véhicules à payer.
22:41L'allocation du marché, lui, il l'exerce.
22:43Et c'est cette activité qui lui permet aussi de survivre.
22:46Bon.
22:46S'il enregistre des pertes une, deux, trois fois,
22:49le commerçant finit par perdre le capital
22:52et puis il se retrouve à la maison.
22:54Alors, pardon.
22:55Petite précision.
22:56Lorsqu'il vous arrive de payer ce que les agents vous demandent,
23:00est-ce que les documents qui vous sont remis
23:03vous semblent conformes ?
23:05Est-ce qu'ils ont tous les cachets possibles ?
23:09En ce qui concerne la police et la gendarmerie,
23:12je précise encore, lorsqu'ils demandent de payer,
23:17ce qu'ils entendent, je ne sais comment ils appellent ça,
23:19c'est qu'ils entendent par saluer le képi.
23:22Oui.
23:23À leur hauteur, ceux qui demandent de payer,
23:25il n'y a pas de cachet.
23:26Pas de cachet.
23:27Pas de documents.
23:28Il n'y a pas de reçu, aucun document.
23:29Oui.
23:29Et pour les autres entités ?
23:31Oui.
23:31La Gaza, par exemple ?
23:32La Gaza, oui, il y a des documents homologués.
23:35Mais ce qui concerne les mairies,
23:39certaines mairies, parfois, sont des documents
23:40faits à la main comme ça, à la police.
23:42Oui.
23:45Et comment vous vivez cela ?
23:49Je dirais…
23:50En tant que transporteur, en tant que père de famille,
23:53vous avez des enfants à nourrir et là,
23:55vous prenez l'exemple, par exemple,
23:56de ces opérateurs économiques qui confient leurs denrées
24:01et qui, parfois, vendent à perte.
24:02Oui.
24:03Est-ce que vous diriez que ces tracasseries
24:06participent à la hausse de la vie au Gabon ?
24:11Oui, bien évidemment.
24:14On parle de vie chère, tous les jours.
24:15Effectivement.
24:16Parce que ça contribue énormément à la vie chère au Gabon.
24:20Parce que du moment où nous, les transporteurs
24:22qui sont sur ce domaine-là, nous ne sommes pas aisés.
24:25Si un transporteur se retrouve à travailler tout un mois,
24:28à quel salaire et à quel prix,
24:31tu n'arrives pas à assumer tes charges,
24:34tu reviennes en tant que responsable.
24:37Le commerçant n'arrive pas à s'en sortir.
24:39Donc, du coup, ce que nous faisons, ça devient la routine.
24:42On n'avance pas, on ne fait que reculer
24:45et on ne s'en sort pas.
24:48Et sur le panier de la ménagère,
24:50on se retrouve à payer deux gousses d'oignon à 500.
24:54On se retrouve à payer trois tomates à 500.
24:57Oui.
24:57Deux piments à 500.
24:58Donc, vous vous dites que le commerçant,
25:00lorsqu'il reçoit finalement sa marchandise à Libreville,
25:03il répercute les coûts liés au transport et aux tracasseries.
25:06Effectivement, il est obligé.
25:08Vous comme moi, commerçant, il est obligé.
25:11C'est comme nous, le transporteur.
25:12Si tu fais début terme jusqu'à Libreville,
25:15tu arrives, tu rentres chez toi, tu n'as même pas 2 000 francs
25:17pour laver le véhicule dans lequel tu exerces.
25:20Tu n'as même pas 2 000 pour prendre le taxi.
25:22Donc, ça ne sert à rien.
25:24Alors, vous avez lancé un appel au président de la République
25:27afin qu'il se saisisse de votre situation.
25:31Mais au-delà de cet appel,
25:32quelles sont les mesures que vous attendez des pouvoirs publics,
25:36concrètement ?
25:38L'appel que nous avons lancé au président de la République
25:40parce qu'il est d'abord la première personnalité du pays
25:43et il prône...
25:45Et c'est un militaire.
25:46Oui, oui, c'est un militaire.
25:47Et il prône compte de la vie chère.
25:50Contre la vie chère,
25:52pour l'accompagner dans sa politique.
25:54Nous, en tant que jeunes Gabonais,
25:56nous avions décidé d'exercer dans le transport
25:59des denrées alimentaires
26:00pour ravitailler le Gabon
26:04dans les différents marchés.
26:06Mais quand aujourd'hui,
26:07on se retrouve à ce genre de difficultés,
26:10ce que nous pouvons demander au chef de l'État,
26:12une fois de plus,
26:13c'est de réduire, de revoir un peu,
26:18que ça soit...
26:19Est-ce que vous demandez qu'on supprime
26:21certains postes de contrôle ?
26:22Oui, oui.
26:22Ceux qui ne me sont pas reconnus,
26:23parce qu'il y a certains postes
26:24qui ne sont pas reconnus sur la route.
26:27Quittant mon ancien travail
26:28que je fais depuis 2011,
26:31donc je connais bien comment ça se passe,
26:35quittant la frontière pour Libreville,
26:37il y avait des postes qui étaient fixes
26:39comme on le connaissait.
26:40On a envisagé peut-être
26:42à 12 postes de contrôle comme ça.
26:44Oui.
26:45Mais aujourd'hui,
26:45on se retrouve à 56 postes de contrôle.
26:50Et tout le monde est à la guerre de la France.
26:53Alors, il me semble qu'au début de la transition,
26:55on a lancé le dispositif Sidonia World.
26:59Ça, ça commence...
27:00Ça, ça concernait les douanes et tout.
27:02Est-ce qu'il est toujours opérationnel dans le Nord ?
27:05Oui, bien sûr.
27:06Et il fonctionne bien ?
27:07Il fonctionne toujours au niveau de la douane,
27:11entre la douane et le trésor public.
27:14Bon, ça...
27:15Est-ce qu'à ce niveau,
27:16vous avez des difficultés également ?
27:18Bon, les difficultés qu'on rencontre à ce niveau-là,
27:21c'est le temps.
27:22On peut arriver à la douane à 8 heures.
27:24Il faut quitter de la douane à 17 heures,
27:26bien épuisé.
27:26Il faut prendre encore plus de 600 à 700 kilomètres
27:29pour rallier la capitale.
27:31Donc, c'est vraiment...
27:34Ce qui concerne maintenant les modalités
27:36des paiements et autres,
27:37c'est ce qui concerne transitaire et le commerce.
27:40Le commerce.
27:41Alors, est-ce que les agents qui vous contrôlent,
27:44ils se présentent ?
27:46Est-ce qu'ils déclinent leur identité ?
27:48Comment ça se passe ?
27:49Comment vous vous faites pour identifier ces agents ?
27:52Je pense que là,
27:53ça va nous ramener comme un film ouesté.
27:55Un film ouesté.
27:57Lorsqu'on arrive au poste,
27:58normalement,
27:58la loi dit quoi ?
27:59C'est l'agent qui vient vers l'visager.
28:01Oui, oui.
28:02Bon, quand on arrive,
28:03obligé de descendre,
28:04l'agent va venir vers vous
28:05recueillir,
28:06dont il attend.
28:08C'est obligé de garer,
28:10déplacer, aller vers l'agent.
28:12Lorsque vous allez vers l'agent,
28:14il faut remplacer vos formalités.
28:16Mais est-ce que vous,
28:17les transporteurs,
28:18vous n'êtes pas aussi responsable
28:20de cette situation
28:22en encourageant à chaque fois,
28:23même lorsque vous êtes à jour,
28:24vous payez quand même.
28:26Est-ce que vous n'encouragez pas ces comportements ?
28:29Bon.
28:31Donc,
28:31on dirait autant perdre la marchandise
28:34et garder sa dignité
28:35que de corrompre un agent
28:37dans l'exercice de ses fonctions.
28:39C'est d'abord un acte illégal.
28:41Oui.
28:41Cet acte, il est illégal.
28:43Mais, je peux dire,
28:46on nous l'impose.
28:47On nous l'impose.
28:48Parce qu'on arrive au stade où
28:50quand tu dis ce n'est pas ça,
28:51on te dit non,
28:51l'autre a fait comme ça.
28:52On a trouvé que c'est comme ça
28:54et on doit fonctionner comme ça.
28:56Donc, nous autres qui essayons
28:58un peu de se battre
28:59à ne plus avoir ce genre d'action,
29:02parce que l'autre fois,
29:03je me rappelle bien
29:03le discours du président
29:04de la République à Makoku,
29:07il a parlé bien du raquettage.
29:08Il a dit qu'il ne veut plus entendre.
29:10Mais, on voit que la chose n'est fait que ça.
29:12Ça se poursuit.
29:13Ça se poursuit.
29:14Oui.
29:15Donc,
29:16nous sommes obligés
29:17de se soumettre.
29:19Nous sommes dans l'obligation
29:20de se soumettre.
29:21Alors,
29:22et là, vous avez fait
29:22une première sortie.
29:24la semaine est coulée.
29:27Quelle est la suite ?
29:28À quoi faut-il s'attendre ?
29:29Est-ce que vous entendez,
29:30par exemple,
29:31décider d'une semaine morte,
29:33c'est-à-dire,
29:33vous ne transportez rien
29:34et le grand libre-ville est paralysé,
29:36les Gabonais ne mangent pas,
29:37ou vous allez simplement
29:38attendre que les autorités réagissent ?
29:41Nous avions décidé, normalement,
29:44de marquer une pause des activités.
29:49faire d'abord sécher les marchés
29:51et voir la réaction.
29:53Oui.
29:54Bien,
29:55comme vous le savez,
29:56dans les groupes,
29:57il y a certains qui sont pour
29:58et d'autres contre.
30:00Et,
30:01dans le travail que nous faisons,
30:03comme les autres,
30:04les interneurs nous ont dit
30:05que ce sont tous des Camerounais,
30:06mais ceux qui connaissent bien,
30:08ils verront que,
30:09quand il s'est manifesté la semaine passée,
30:11il n'y avait aucun Camerounais dedans.
30:12Et,
30:13le travail que nous faisons,
30:14bien que tous se sont mélangés
30:16des chauffeurs Camerounais
30:18et des chauffeurs Gabonais.
30:20Donc,
30:20ce qui fait en sorte
30:21qu'on mélange tout le monde.
30:23Peut-être un mot de fin ?
30:25Mon mot de fin sera
30:27vu qu'on est déjà sortis
30:29pour des réclamations du genre.
30:31Donc,
30:32on aimerait
30:33que les autorités compétentes
30:37de notre pays
30:38puissent avoir un regard
30:41rigoureux là-dessus.
30:42Ils puissent nous permettre
30:43de,
30:44tant que Gabonais,
30:45tant que jeunes Gabonais,
30:46d'exercer
30:48dans de meilleures conditions.
30:49Oui.
30:50On n'est pas contre
30:51les postes de contrôle.
30:52On ne demande même pas
30:54qu'on enlève
30:54les postes de contrôle,
30:55mais on est contre
30:56la façon de faire
30:57de certains agents.
31:00Oui, vous précisez bien,
31:01la précision est importante.
31:02Ce ne sont pas tous
31:03qui se comportent là.
31:04Ce ne sont pas tous
31:04qui se comportent comme ça,
31:06mais il y a certains agents
31:07qui font de ça
31:08leur sésame.
31:11C'est-à-dire,
31:11leur métier,
31:12leur atout
31:14prioritaire.
31:15Donc,
31:15voilà pourquoi on aimerait
31:16qu'on puisse
31:17se retourner
31:18à des anciennes bases.
31:20Moi,
31:20comme je le disais
31:21dans mon interview passée,
31:22j'ai commencé ce métier
31:24depuis l'époque
31:24d'Omar Bongo,
31:25le personnel,
31:26le défunt,
31:27le président gabonais.
31:29Et,
31:30on n'était
31:31pas comme aujourd'hui.
31:32C'est-à-dire,
31:33tu es arrivé au poste de contrôle,
31:34j'étais respecté,
31:35l'agent te recevait bien
31:36et peu importe ta position,
31:39vous,
31:39vous arrivez à vous entendre
31:40en étant le corps
31:41et tu continues
31:42tranquillement ton parcours.
31:43Mais aujourd'hui,
31:44on n'arrive plus vraiment
31:45à se faire comprendre.
31:47Oui.
31:47Cette entente n'existe plus
31:48entre vous.
31:49Le dialogue est rompu
31:50entre vous et les Français ?
31:52Ne survit plus.
31:53C'est-à-dire,
31:54quand l'agent te reçoit,
31:55c'est comme si tu étais
31:57actuellement son ennemi.
31:58Il m'est arrivé
31:59à des postes de contrôle,
32:00donc on me demande
32:00à moi, Gabonais,
32:01d'arrêter d'exercer
32:02et de laisser les Camerouins
32:04continuer à exercer.
32:05vu que peut-être avec eux,
32:07ils arrivent à trouver leur compte.
32:08Oui.
32:08Et comme moi,
32:09j'essaie de dire
32:10non, c'est pas ça,
32:11non, c'est ça, non.
32:12Du coup,
32:12j'ai été confronté
32:13mille et une fois
32:14à cette position-là,
32:16à cette situation-là.
32:17Donc, je fais appel
32:18aux autorités compétentes
32:20de mettre un droit
32:21de regard là-dessus.
32:23Nous sommes des Gabonais,
32:24nous sommes des pères
32:25de famille,
32:26nous sommes tous parents.
32:27on veut aussi exercer
32:29chez nous,
32:30librement,
32:31dans la transparence.
32:32Merci.
32:33Merci encore à vous
32:34d'être passés chez nous
32:36et nous vous souhaitons
32:37bon courage
32:38et bon retour
32:39dans vos activités.
32:41Merci.
32:41Merci.
32:42Merci également à vous,
32:44chers internautes.
32:45Je rappelle que nous étions
32:46avec Jean-Calvin Véminto
32:47et Félicien Guéman-Guéman,
32:49qui sont membres
32:50de l'Association
32:50des transporteurs routiers,
32:51des marchandises
32:53et des vivres frais
32:54du Gabon
32:55qui ont poussé
32:56un coup de gueule
32:56face aux tracasseries
32:57qu'ils disent rencontrer
32:59sur les routes
33:00dans le cadre
33:00de leurs activités.
33:01Nous vous souhaitons
33:02une bonne soirée
33:04et à la prochaine
33:05pour un autre numéro
33:06d'interview exclusive.
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