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  • il y a 2 mois
Chaque matin dans son édito, Alexis Brezet, directeur des rédactions du Figaro, revient sur l'actualité politique du jour. Ce jeudi, il s'intéresse à la primaire avant l'éléction présidentielle.

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00:007h, 9h, Europe 1 Matin
00:03L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro. Bonjour Alexis Brézé.
00:07Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:09Alexis, ce matin vous voudriez revenir sur cette primaire de la droite et du centre.
00:13Hervé Morin, son effet, est l'avocat lundi sur l'antenne de CNews et d'Europe 1.
00:17Vous y croyez vraiment, vous, à cette primaire ?
00:20On a l'impression qu'à part Hervé Morin et David Lissnard,
00:22qui sera l'invité de Laurence Ferrari dans quelques minutes, personne n'en veut.
00:25Je ne crois pas qu'on puisse dire cela, Dimitri.
00:27La primaire, c'est une idée qui s'est imposée à gauche, c'est sûr,
00:31mais qui progresse aussi du côté de la droite et du centre.
00:34Gabriel Attal n'écarte plus désormais la possibilité d'y participer.
00:38Bruto Retailleau répète ce matin dans l'excellente interview qu'il donne au Figaro,
00:42qu'il n'y est pas opposé.
00:44Laurent Wauquiez dit qu'il est très favorable.
00:46Bayreau aussi.
00:47Gérard Larcher, ce matin aussi dans Le Parisien, dit qu'il est pour.
00:50Et David Nistard devrait le répéter dans une seconde à Laurence Ferrari.
00:53Donc, ce qui est vrai, ça commence à faire du monde.
00:56Mais ce qui est vrai, c'est qu'à gauche, la primaire va pour ainsi dire de soi.
01:00Depuis la décision de Ségolène Royal en 2006, puis celle de François Hollande en 2011,
01:06et il a été élu président de la République, ça a marché,
01:08elle est devenue le mode de désignation naturelle du candidat.
01:12Et cette année, c'est bien un vote qui va départager Raphaël Glucksmann, Olivier Faure,
01:17Ségolène Royal, d'autres peut-être.
01:19Et d'ailleurs, on ne voit pas très bien comment François Hollande,
01:21qui refuse de se plier à ce système, peut espérer le concircuiter.
01:26Alors à droite, c'est vrai, vous avez raison, c'est un peu différent.
01:29À droite, on croit à l'homme providentiel,
01:31au leader charismatique qui s'impose naturellement à ses rivaux,
01:36par l'évidence de ses vertus personnelles.
01:38Et on ajoute que c'est plus conforme à la logique gaullienne de nos institutions.
01:42Bon, sur le papier, ce n'est pas faux.
01:44Mais enfin, encore faut-il qu'un leader se dégage nettement.
01:48Et aujourd'hui, force est de constater que ça n'est pas le cas.
01:52Edouard Philippe conserve certes de l'avance sur ses rivaux,
01:55mais enfin, il ne tue pas le match.
01:57Et donc, Bruno Retailleau et Gabriel Attal
02:00n'ont pas la moindre raison de s'effacer, ni d'ailleurs la moindre intention.
02:03Et si l'un ou l'autre s'avisait de le faire,
02:06on connaît une demi-douzaine de quasi-candidats
02:08qui attendent dans l'ombre le moment de se lancer.
02:11D'où, pour trancher la querelle, le retour de cette idée de primaire.
02:15Edouard Philippe, lui, est totalement hostile.
02:17Évidemment qu'il est hostile, et on comprend bien pourquoi.
02:19Il a beaucoup à y perdre aujourd'hui.
02:22Parce qu'il devance ses rivaux dans les sondages,
02:24il estime qu'il a gagné et qu'ils doivent se retirer.
02:27Mais si on ouvre une compétition à la loyale,
02:30arbitrée par les sympathisants, on remet les compteurs à zéro.
02:33Et là, tout peut arriver.
02:34Tout, y compris pour lui, une défaite.
02:37Rappelez-vous, on l'a oublié un peu,
02:38mais c'est la primaire de 2016.
02:40Quelques jours avant le scrutin,
02:42Alain Juppé et Nicolas Sarkozy
02:44étaient, d'après tous les sondages,
02:47les grandissimes favoris, surtout Juppé.
02:49Et puis, revenu du diable Vauvert,
02:52c'est François Fillon qui, à la surprise générale,
02:54s'est largement imposé.
02:56Et à l'époque, Edouard Philippe
02:58était le lieutenant d'Alain Juppé.
02:59Il n'a pas oublié,
03:01il n'a pas envie de revivre ça avec Retailleau
03:03dans le rôle de Fillon.
03:04On n'avait pas oublié non plus que François Fillon
03:06n'a pas été élu président après cette primaire.
03:09ça ne plaît pas en faveur de cette organisation.
03:11Oui, ça c'est vrai,
03:11François Fillon a perdu.
03:12Chacun sait que ça n'est pas à cause de la primaire.
03:15Il vient d'ailleurs de le reconnaître,
03:16s'il n'avait pas eu la fâcheuse idée
03:18d'accepter les costumes de M. Brogy,
03:20il aurait été élu.
03:22En dépit de tout,
03:23et notamment de l'acharnement judiciaire,
03:26il a fait 20%.
03:26La primaire a fait son office et au-delà.
03:30Non, si vous cherchez un contre-exemple,
03:32il vaut mieux prendre celui de Valérie Pécresse,
03:34c'est vrai.
03:34Large vainqueur de la primaire de 2021
03:36et qui fait moins de 5% à la présidentielle.
03:38Bon, ça prouve quoi cette affaire ?
03:41Que la primaire n'est pas une recette miracle.
03:43Ça n'est pas un abracadabra
03:45qui transforme les citrouilles en carrosses.
03:47Jamais la primaire ne remplacera
03:49un bon candidat,
03:51un bon programme
03:52et un parti en ordre de marche.
03:53Mais la primaire n'a jamais prétendu servir à cela.
03:56Elle est là uniquement pour désigner un candidat.
04:00Vous connaissez le mot de Churchill sur la démocratie ?
04:02Eh bien, la primaire, c'est pareil.
04:04C'est le pire des systèmes, certes,
04:06à l'exception de tous les autres.
04:07L'édito politique sur Europe 1.
04:09Merci Alexis Brézel.
04:10À la une du Figaro, ce jour à Kiev,
04:11les civils en première ligne sous le feu russe.
04:13Et donc, cette grande interview de Bruno Retailleau.
04:16Merci beaucoup Alexis.

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