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  • il y a 6 minutes
Chaque matin dans son édito, Vincent Trémolet de Villers revient sur l'actualité politique du jour. Ce matin, il s'intéresse à la primaire de la gauche.

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00:007h, 9h, Europe 1 Matin.
00:02L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro.
00:05Bonjour Vincent Trémolet de Villers.
00:06Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:09Alors ce soir a lieu sur LCI, le premier débat de la primaire de la gauche.
00:13La compagne monte chaque jour un petit peu plus en tension entre Jérôme Gage, Emmanuel Morel,
00:18Ségolène Royal, Raphaël Glucksmann et Olivier Faure.
00:21Qui selon vous de ces cinq là va tirer son épingle du jeu Vincent ?
00:25Alors ce matin, Dimitri en exclusivité pour Europe 1 et avant même que le scrutin ait lieu,
00:31je vais vous donner non pas un vainqueur de la primaire mais deux vainqueurs de la primaire de la gauche.
00:36Le premier s'appelle Jean-Luc Mélenchon et le second François Hollande.
00:40Ils ne participent pas à la compétition, ils ne prennent même pas part au débat,
00:44ils se contentent d'assister au processus d'autodestruction qui est devenu cette primaire.
00:49Ça a commencé avant même que ça commence, avec l'exclusion de Philippe Brun des candidats.
00:55Monsieur Brun n'était pas au courant, il a été accusé de harcèlement et de violence
00:59et il a été emporté dans un tourbillon médiatique et judiciaire dont il essaye de sortir.
01:03Alors en l'écoutant plaider, on se dit qu'il a quelques arguments
01:05et que les règles de l'équité n'ont sans doute pas été respectées à son endroit.
01:09On saura à 10h si Philippe Brun peut finalement être candidat.
01:12Autrefois, le PS trichait lors du dépouillement du vote.
01:15Mais comme à gauche le progrès est toujours en marche, désormais on est accusé de magouille
01:19avant même le dépôt des candidatures.
01:22Depuis les années Mitterrand, on est passé du tragique au comique.
01:25Désormais, c'est la farce tranquille.
01:27On voit aussi que le pacte de non-agression n'a pas été respecté.
01:31Ségolène Royal a notamment traité Raphaël Glucksmann de stagiaire.
01:35Franchement, si qualifier à un adversaire de stagiaire en politique
01:38entraîne l'équipe de Raphaël Glucksmann à s'indigner sur l'air de
01:41« Allô maman bobo pour les bobos », c'est quand même un peu préoccupant.
01:45Il me semble que Ségolène Royal, durant sa longue vie politique,
01:48a entendu bien pire à son endroit.
01:50Depuis que le candidat de place publique s'est fait prendre à partie par des féministes
01:53lors d'une manif place Vendôme, on a l'impression que ses soutiens
01:56veulent faire de cette campagne une sorte de « safe space » pour Raphaël Glucksmann.
02:00Et ça me paraît dangereux pour lui.
02:01C'est comme les nouvelles cours d'école primaire.
02:03Les sols en caoutchouc forment moins bien aux égratignures que le bon vieux goudron.
02:08Si Glucksmann gagne la primaire, il se trouvera entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
02:12Il vaut mieux alors avoir été un peu entraîné que soigneusement protégé.
02:17L'élection présidentielle, c'est un combat de fauves, pas de peluche.
02:20Vous pensez cependant, Vincent, que Raphaël Glucksmann reste le favori ?
02:23C'est difficile d'être catégorique, avec un corps électoral aussi réduit
02:26et un art du dépouillement surprise dans lequel les socialistes sont inégalables.
02:31Raphaël Glucksmann devrait logiquement l'emporter,
02:33mais tout est fait avant même le scrutin pour discréditer le vainqueur.
02:36Dans cette foire d'en poigne, en vérité, même le plus névrosé des politologues a du mal à s'y
02:40retrouver.
02:40La primaire devait être un tremplin.
02:42Le danger pour Raphaël Glucksmann est qu'elle devienne, même gagnant, un toboggan.
02:46A vous entendre, la droite et le centre ont finalement raison d'éviter la primaire.
02:50Ça leur est pas un de ce type d'affrontement ?
02:52Pour leur moment, ça leur épanne surtout pas grand-chose.
02:55Depuis des semaines, Gabriel Attal accuse Édouard Philippe de promouvoir, je le cite,
02:58des idées d'il y a 20 ans, de gérer son avance sondagière et d'être mauvais en campagne.
03:03Et dans un livre qui sort aujourd'hui, Édouard Philippe lui répond, je vous cite,
03:06« Gabriel Attal, il est amusant mais très très immature. »
03:09Et Philippe poursuit, « Il a gagné quelle campagne ?
03:11Trois campagnes législatives dans les Hauts-de-Seine avec l'étiquette macroniste ?
03:15Sans déconner, Baladur, c'était un élu parisien qui n'avait jamais été élu local.
03:19Eh bien, ça ressemble à Gabriel. »
03:21Et Philippe termine, Attal n'a pas fait un an à l'éducation, il a fait six mois à Matignon.
03:25Il ne va quand même pas nous expliquer qu'il a une expérience de dingue, il va y aller mollo
03:29quand même.
03:30Vous voyez bien que ce n'est pas la primaire qui déclenche des tensions.
03:33C'est beaucoup plus simple que ça, c'est la promiscuité qui déclenche des tensions.
03:38Quand vous êtes beaucoup sur une toute petite zone, ce qui est le cas des socialistes et du bloc central,
03:42vous avez tendance à vous échauffer.
03:43La politique, avant d'être une question d'idées, c'est tout bêtement une question d'espace.
03:47Très bien vu, votre édito politique ce matin sur Europe 1.
03:50Merci Vincent Trémolet de Villers.
03:52À l'aide du Figaro ce jour, question sur le vrai coût de la retraite des fonctionnaires.
03:57Olivier Delagarde nous en parlait il y a quelques minutes.
03:59Selon certains responsables, elle serait responsable, ces retraites des fonctionnaires,
04:02de, je donne le chiffre, la moitié des déficits publics enregistrés depuis dix ans.
04:06Rien que ça, grand dossier dans le Figaro ce jour.
04:07Merci Vincent.
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