00:00Les candidats issus des primaires sont-ils condamnés à perdre ?
00:03Depuis 2012, aucun des candidats à la présidentielle désigné par une primaire n'a atteint le second tour.
00:09Alors, à moins d'un an de la prochaine présidentielle, ce système ne fait pas l'unanimité chez les dirigeants
00:14politiques.
00:14Nous n'irons jamais dans une primaire.
00:16Non, je n'en serai pas, je n'y crois pas.
00:18Le problème principal quand on organise une primaire, c'est la division.
00:22Car pour se distinguer, les candidats doivent insister sur leurs différences, pas sur ce qui les rassemble.
00:28Et cela peut avoir deux conséquences.
00:30La première, c'est de favoriser des candidats aux propositions radicales qui vont plaire à la base militante, mais pas
00:35à la majorité du pays.
00:37En 2017, par exemple, Benoît Hamon remporte la primaire à gauche avec cette promesse.
00:42Le revenu universel d'existence.
00:43Mais cette proposition était rejetée par 60% des français selon plusieurs sondages.
00:48Deuxième conséquence, exposer publiquement ces divisions, ça affaiblit le parti et ça peut conduire à des trahisons.
00:54Après avoir perdu la finale de la primaire, l'ancien premier ministre Manuel Valls a lâché Benoît Hamon.
01:00Voterez-vous pour Benoît Hamon le 23 avril ?
01:03Non.
01:04En résumé, une primaire réussie nécessite un consensus sur le programme et la discipline de la coalition.
01:09Ce qui n'est pas vraiment le cas aujourd'hui à gauche.
01:12Et moi, je ne participerai pas à cette primaire qui ensuite débouchera sur une candidature qui sera le plus petit
01:18dénominateur commun entre eux tous.
01:21Si on avait aujourd'hui encore une dynamique comme celle du mouvement populaire, la primaire serait justement sans doute plus
01:29facile à organiser.
01:30Parce qu'il y a cette division, on dit que finalement la primaire ne règle rien.
01:34D'un autre côté, les plus fervents opposants aux primaires sont aussi ceux qui ont de l'avance dans les
01:38sondages.
01:39La primaire est finie !
01:43Pour eux, participer à une primaire représente un risque de perdre leur avance plus qu'une opportunité de gagner en
01:49popularité.
01:50Mais ça ne marche finalement tant que le parti est uni.
01:54Et le jour où le parti est divisé, on est bien content de pouvoir recourir à une forme d'arbitrage
01:58démocratique pour trancher entre les ambitions respectives des uns et des autres.
02:01Les primaires ouvertes, lorsque le vote n'est pas réservé aux militants, permettent donc de rassembler au-delà des adhérents
02:07du parti et donner une légitimité aux candidats.
02:10En 2011, ça a été une rampe de lancement incroyable pour François Hollande qui avait quitté la direction du parti
02:16socialiste en 2008 et qui était considéré un peu comme un has-been.
02:19Malgré cet adoubement populaire, une campagne reste imprévisible comme le montre le cas François Fillon.
02:25François Fillon a mobilisé plus de 4 millions d'électeurs et a écrasé ses concurrents, notamment Alain Juppé et Nicolas
02:31Sarkozy.
02:32Et si au final il a été doublé, on peut parler de Macron, ce n'est pas à cause de
02:36la primaire, c'est à cause des affaires.
02:38Les primaires sont donc un mode de désignation risqué pour les partis, mais elles sont rarement les seules responsables d
02:44'une défaite.
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