00:00Good morning business, le pitch.
00:04Bonjour Jérémy M.Clem, vous êtes cofondateur d'Averacine.
00:07Vous avez une minute pour pitcher votre entreprise et on en débat ensemble juste après.
00:11Merci. Bonjour, je suis Jérémy, le cofondateur d'Averacine.
00:14Nous, on transforme des légumes en charcuterie.
00:19Je vais apporter des légumes sur le plateau, vous allez voir, vous pouvez le goûter.
00:23Notre transformation, c'est des légumes entiers où on va faire toute la technique charcutière,
00:27c'est-à-dire du saumurage, fermentation et affinage appliqués à un légume.
00:32Ça permet d'avoir une charcuterie tout aussi gourmande avec les marqueurs de cette charcuterie,
00:37mais sur un légume, donc ça veut dire pas de gras, pas d'acides gras saturés,
00:41pas de cholestérol, pas de choses cancérigènes, beaucoup moins de sel.
00:44Votre médecin souvent vous demande de calmer d'un moment la charcuterie,
00:48là vous pouvez continuer, mais sur un légume.
00:50On a essayé aussi de faire quelque chose qui est très ancré sur le territoire,
00:54c'est-à-dire que nos légumes sont français, de saison évidemment.
00:57On va pouvoir continuer là-dessus.
00:58Et un des faits marquants de notre startup, c'est qu'on a fait la plus grosse campagne
01:04de crowdfunding sur Ulule, en food.
01:07On voulait faire à peu près 200, 300 commandes,
01:09et on est monté jusqu'à 17 000 commandes, on a fait 230 000 euros sur cette crowdfunding.
01:15Voilà, la minute est achevée.
01:17Une question en fait, puisqu'on les a là sur le plateau,
01:21ces légumes affinés, ça a l'apparence de la charcuterie.
01:24Mais pourquoi vous n'avez pas tout simplement gardé la forme du légume ?
01:28En fait, le légume garde sa forme, puisque le légume est entier.
01:32C'est juste que quand on va l'affiner, il va perdre 90% de son eau,
01:36donc il va être très concentré.
01:38Et le champignon qui est autour, c'est lui qui va fermenter,
01:40qui va donner ce goût qu'on a l'habitude d'avoir en charcuterie,
01:43c'est-à-dire ce goût de cave, de champignons, etc.
01:46Et donc on a tous ces marqueurs-là mis sur le légume.
01:48Alors là, ça ressemble clairement à du saucisson.
01:50C'est quoi au départ ?
01:52Alors là, vous, sur vos plateaux, vous avez du topidambour,
01:55donc un légume racine, on s'appelle la veracine.
01:58Et le topidambour qui est très riche et qui a ce goût de noisette et d'artichaut,
02:02donc on le retrouve assez facilement.
02:04Et ensuite, il y a la betterave, qui est aussi un légume très riche et très complet.
02:08On retrouve à l'odeur, c'est vrai que ça sent comme du saucisson.
02:12Au goût, quand même, on sent la différence.
02:14Exactement. Ce qui est très important, ce que vous dites, c'est-à-dire qu'on ne veut pas copier
02:16la viande.
02:17C'est-à-dire qu'on veut faire un bon légume.
02:18Si on aime le topidambour, on aimera le topidambour racineau.
02:22Vous dites ça, mais vous utilisez quand même beaucoup le mot charcuterie, par exemple.
02:24Déjà, est-ce que vous avez le droit, parce qu'on sait que les marques sont obligées maintenant de parler
02:28de tranches végétales,
02:29elles n'ont plus le droit de parler de jambon,
02:30donc est-ce que vous pouvez parler de charcuterie
02:32ou est-ce que les charcutiers vont sortir leur grand couteau et courir après vous ?
02:35Et puis, effectivement, la différence, elle se sent quand même un petit peu.
02:40Nous, on ne veut pas copier, donc la différence, tant mieux.
02:43Nous, on veut que les gens aiment manger des légumes, continuent de manger des légumes quand même,
02:45et donc des betteraves, des carottes, des topidambours.
02:48La deuxième chose, c'est qu'effectivement, on n'a plus trop le droit de dire steak, végétal, etc.
02:53Donc la loi est passée, elle a disparu, elle a été annulée, puis elle a été remise en Europe,
02:57donc elle est quand même passée.
02:58Nous, dans notre cas, on essaye de ne pas utiliser le mot charcuterie,
03:00c'est juste que c'est tellement facile pour exprimer.
03:03C'est sur votre site quand même ?
03:05Oui, c'est quand même facile, il n'y a pas de doute.
03:07En revanche, nous, à terme, on veut vraiment s'appeler légumes affinés,
03:10c'est-à-dire qu'on comprend cette ambiance d'affinage sans dire qu'on copie la viande.
03:15C'est pour tout le monde ou c'est pour les végis, en fait ?
03:17Oui, alors moi, je ne suis pas végé, je mange du saucisson, j'aime le saucisson.
03:20C'est plus pour ceux qui veulent réduire, soit ceux qui ne mangent pas de viande, déjà, clairement,
03:24ou qui ne mangent pas de porc aussi,
03:25mais c'est aussi ceux qui veulent réduire leur consommation de viande.
03:28Ou pour la santé, même chose, énormément de fibres, très peu de gras,
03:32bon, de temps en temps, mieux vaut se gaver de betterave que de sauce.
03:35Oui, parce que ce que vous disiez, c'est l'intérêt nutritionnel,
03:39il y a moins de gras, il y a moins de sel, etc.
03:41Mais quand on mange de la charcuterie, on le sait, je veux dire,
03:43et on assume que oui, c'est un truc gras et salé,
03:45et on n'est peut-être pas obligé d'en manger tous les jours non plus.
03:47On assume le plaisir de la charcuterie et de l'apéritif,
03:51donc quitte à faire du plaisir, autant le faire avec quelque chose qui soit moins gras.
03:54Est-ce qu'on retrouve ce même plaisir, Anthony, vous qui venez de goûter là ?
03:56Je ne vais pas vous mentir, je préfère le vrai saucisson.
03:59En tout cas, il y a un chiffre incroyable, c'est 230 000 euros de vente.
04:03Vous êtes le record absolu de la plateforme Ulule.
04:06Qu'est-ce qui fait la recette de ce succès ?
04:08Les réseaux sociaux, quand même, malgré tout,
04:11quand on lance des campagnes de crowdfunding comme ça, des réseaux sociaux,
04:14et surtout, comme on vient de l'avoir sur le plateau,
04:17des gens qui sont d'accord, des gens qui ne sont pas d'accord,
04:19qui créent en fait de l'immunisation,
04:20qui fait en sorte que les gens s'écharpent ou pas dans tous les commentaires.
04:24Les commentaires sont assez drôles sous toutes nos vidéos.
04:26On fait goûter aux gens, et les gens sont hyper surpris,
04:29parce qu'ils aiment notre produit.
04:30Et tu as ceux qui disent, non, vous n'avez pas le droit d'appeler ça charcuterie,
04:33mais si, c'est de la charcuterie, mais c'est du légume.
04:35Un légume, ça a de la chair, donc pour dire chaircuterie,
04:37donc il n'y a pas de problème.
04:39Non, mais c'est intéressant, parce qu'effectivement,
04:41on voit que ça fonctionne très bien.
04:44Il y a une demande, vous le disiez sur Ulule,
04:46vous avez eu effectivement beaucoup, beaucoup de demandes.
04:50Et en même temps, on peut se demander s'il va y avoir un futur pour cette technologie.
04:57Est-ce qu'il y a vraiment une demande générale dans la population,
05:01ou est-ce que ça va être réservé finalement aux groupes parisiens
05:04qui ont les moyens de se payer ça, parce que ce n'est pas donné non plus ?
05:08Donc déjà, on a signé Biocop au National,
05:10donc on a commencé en février, et donc là, c'est sur tout le territoire français,
05:14donc on peut dire que là, le territoire est intéressé.
05:17La deuxième chose, c'est qu'on travaille déjà avec des charcutiers,
05:20donc des gens qui font de la salaison, en Corrèze, à Aigleton,
05:23je peux vous dire que ce n'est pas le 11e arrondissement de Paris, la Corrèze,
05:26et la salaison, elle fait du saucisson,
05:29et elle va commencer à faire de la charcuterie végétale.
05:32Donc en fait, cette tendance de fond,
05:33comme on ne fait pas de la pâtée qui fait semblant de copier quelque chose,
05:38mais qu'on applique vraiment un savoir-faire traditionnel charcutier
05:40sur un légume entier de ton territoire,
05:43en fait, c'est là où on commence à parler à tout le monde.
05:45Est-ce que vous utilisez des nitrites qui sont très controversées dans la charcuterie ?
05:48Pas du tout, les nitrites sont bannis.
05:52Et vous avez breveté votre idée ?
05:54Oui, on brevette deux étapes dans le processus de fabrication.
05:59Ok, merci beaucoup, merci de nous avoir apporté ça,
06:01de nous avoir fait goûter en tout cas ces légumes affinés.
06:07Votre société s'appelle Ave Racine.
06:09Merci Jérémy Amselen d'être passé par le plateau de BFM Business.
06:13Sous-titrage Société Radio-Canada