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  • il y a 7 semaines
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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00:00Je vais vous faire réagir à une information, puisque c'est la famille qu'il annonce à l'AFP.
00:04Édouard Balladur, ancien Premier ministre, est mort.
00:09Il est mort à l'âge de 97 ans, haut fonctionnaire et homme d'État français,
00:14membre des principaux partis gaullistes successifs.
00:17Édouard Balladur, c'est toute une partie de la Ve République, c'est tout un parcours.
00:22D'ailleurs, on peut le décliner.
00:25Première réaction, si je puis dire, Édouard Balladur.
00:29C'est aussi une partie de la France, quand même, ce qu'il incarnait.
00:32De la tristesse, parce que c'est un homme vraiment d'une immense intelligence et générosité.
00:38Moi, j'ai eu la chance de pouvoir le côtoyer.
00:41Et c'est vrai que c'était un homme, quand il arrivait, par exemple,
00:44c'est une anecdote qui me vient comme ça, vous vous doutez bien que je ne m'y attendais pas.
00:48Quand il arrivait dans un bureau politique, il prenait le temps d'aller saluer tout le monde,
00:51d'échanger avec tout le monde.
00:53Il a toujours été de très bons conseils.
00:55Il a toujours été pour le rassemblement.
00:57Enfin, on perd une grande personnalité politique qui avait une immense...
01:01Justement, on parlait d'indignité tout à l'heure politique,
01:04mais lui qui avait une grande dignité politique.
01:07J'ajoute aussi, on va longuement en parler à partir de ce soir,
01:12c'est aussi un match à l'intérieur de la droite,
01:14la droite que vous connaissez très bien, qui a été fratricide.
01:17Édouard Balladur, Jacques Chirac,
01:20ça a été un duel qui a marqué véritablement la droite.
01:24Et d'ailleurs, je pense qu'aujourd'hui, si on se retrouve à une telle situation à droite,
01:27c'est aussi à partir de là qu'il y a eu un morcellement,
01:31il y a eu véritablement cette guerre fratricide.
01:33Mais c'était de haut niveau.
01:35C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a une petite guérilla de bas niveau, à droite,
01:41mais à l'époque, on débattait sur des fondements et des idées
01:45avec, me semble-t-il, beaucoup plus de fond.
01:49Première réaction, Aurélie Filippetti ?
01:51Non, d'abord, je vais saluer la mémoire d'un homme d'État.
01:54Parce que c'était partie de cette génération
01:57où il y avait vraiment des hommes d'État
01:59qui avaient consacré leur vie à une certaine idée de la France.
02:04Et puis, bien sûr, moi, j'ai des souvenirs
02:08de ces discussions infinies
02:12en regardant la télévision dans les années 90,
02:15les guignols de l'info sur le duel Chirac-Baladur.
02:18Mais c'était vraiment tellement drôle.
02:21Et à la fin, Chirac se fait élire sur le thème de la fracture sociale
02:25en prenant Baladur par la gauche.
02:27Et ça, c'était quand même un coup de maître.
02:31Il y a des phrases dont on se souvient
02:33quand Édouard Baladur avait lancé
02:35« Je vous demande de vous arrêter ».
02:37Et puis, on parle de ce duel,
02:38Jacques Chirac contre Édouard Baladur.
02:40C'est toute l'histoire de la droite.
02:41C'est aussi l'histoire de la politique française.
02:43Parce que s'il est un duel que tous les challengers en politique
02:46se plaisent à évoquer, c'est celui-là.
02:48Et rappelez-vous, c'est celui de la campagne de 1995.
02:51La preuve aussi, en politique, que rien n'est jamais écrit.
02:55Puisque Édouard Baladur fait une campagne,
02:58certains peuvent dire « tranquille ».
03:00Je vois M. Bruno Le Maire, je vais lui demander de nous rejoindre.
03:03Ancien ministre de l'Économie et des Finances,
03:06merci d'être là, M. Bruno Le Maire,
03:07avec Laurence Saillet, Aurélie Filippetti.
03:09On évoque Édouard Baladur.
03:11Et voyez-vous, la première chose, d'abord,
03:12c'est un grand serviteur de l'État.
03:14Il y a tout un parcours, évidemment, au service de la France.
03:17Mais aussi, c'est une histoire,
03:19une certaine histoire de la droite.
03:20C'est un duel fratricide,
03:22c'est une opposition véritablement avec Jacques Chirac.
03:25Ce sont des convictions, également,
03:26qu'il a portées jusqu'à la fin de sa vie.
03:29Moi, je crois qu'il a, on le sait parce qu'il nous l'avait dit,
03:32rencontré à plusieurs reprises Nicolas Sarkozy.
03:34Il est resté en contact avec beaucoup, beaucoup
03:37d'anciens présidents de candidats.
03:40Que vous inspire, finalement, cet homme
03:42et la mémoire de cet homme, M. Le Maire ?
03:44Du respect.
03:47Je l'ai combattu, puisque j'étais du côté de Jacques Chirac,
03:50dans la campagne de 1995.
03:53Mais son parcours m'inspire du respect,
03:54parce que c'est un homme de conviction,
03:56il les a toujours défendus.
03:57C'est un homme qui a donné une politique
03:59pendant deux ans, de 1993 à 1995,
04:02qui avait le mérite d'une grande clarté économique.
04:06Et puis, c'est un aspect qu'on n'oublie plus souvent.
04:08Il a été un grand secrétaire général
04:10aux côtés de Georges Pompidou.
04:12Il a protégé Georges Pompidou,
04:14président de la République,
04:16jusqu'au terme de son mandat
04:17et jusqu'au terme de sa vie.
04:19Il a écrit, d'ailleurs, un livre remarquable là-dessus.
04:21Donc, c'est un homme qui m'inspire du respect,
04:23même si je l'ai combattu,
04:25aux côtés de Jacques Chirac.
04:26Est-ce que je peux rappeler également
04:28que c'était un réformateur
04:29qui aura marqué la France
04:31par ses réformes, justement,
04:33par ses réformes structurelles,
04:34et il aura redressé les finances
04:36et durci les retraites
04:37au début des années...
04:39Il y a déjà un certain temps,
04:41au début des années 90.
04:43Donc, peut-être que les plus jeunes
04:45qui nous regardent ce soir
04:46ne retiennent pas cette image aussi
04:47de réformateur.
04:48Il a su avancer.
04:50Bonsoir, Yves Traher,
04:50merci d'être là, Bruno Jeudy.
04:51Bonsoir, Stéphane.
04:52Mais c'est vrai, c'est important.
04:53Je trouve, au moment où, parfois,
04:55eh bien, certains politiques au pouvoir,
04:57où on cherche l'autorité
04:59des hommes et des femmes politiques,
05:01il y avait une forme d'autorité,
05:02même si certains, à l'époque,
05:04moquaient ce côté un peu précieux,
05:07l'homme qui ne faisait pas campagne,
05:08ou certains disaient qu'il faisait campagne
05:09avec ses gants blancs,
05:10je me souviens de tout ça.
05:11Il y avait quand même de l'autorité.
05:13Il y avait le fluide de la verticalité
05:14chez Édouard Philippe.
05:15C'est probablement,
05:16pardonnez-moi l'expression,
05:17mais un des derniers dinosaures,
05:19Édouard Balladur.
05:20Et c'est probablement aussi l'auteur de...
05:23Vous savez, on dit que la France
05:24n'est pas un pays tellement libéral.
05:26C'est probablement l'auteur
05:28de la politique la plus libérale
05:30qui a existé sous la Ve République en France
05:32entre 1986 et 1988.
05:36Il y a eu beaucoup de nationalisation,
05:38il y a eu une espèce de libéralisation
05:39de l'économie.
05:40Et c'était un épisode
05:42qui restera très intéressant
05:44et que d'ailleurs
05:46que François Mitterrand
05:47s'emploiera à défaire
05:50après, en 1988,
05:52quand Jacques Chirac
05:53ne sera pas élu.
05:55Et puis, il est l'auteur,
05:58il est aussi l'acteur
05:59de la deuxième cohabitation,
06:00il ne faut pas l'oublier,
06:02avec un gouvernement
06:03assez restreint à l'époque.
06:04Il n'y a que 30 ministres,
06:06je crois,
06:06il n'y a pas de secrétaire d'État.
06:08Et c'est là où va naître
06:10une nouvelle division de la droite
06:12entre Édouard Balladur,
06:14qui va finalement se porter candidat,
06:16qui sera un favori
06:17pour très longtemps,
06:20puisque c'est en janvier,
06:22je crois, 1995,
06:23que la courbe s'inverse,
06:25comme on dit,
06:26au profit de Jacques Chirac.
06:28Et de là,
06:29naîtra quand même une rancœur
06:31entre deux camps.
06:32Et là,
06:33je crois que Bruno Le Maire
06:35est bien placé...
06:35Il faut savoir jeter
06:36la rancœur à la rivière.
06:37Voilà.
06:38Il est bien placé
06:39pour en parler.
06:40C'était les amis de 30 ans.
06:41Mais c'était les amis
06:42de 30 ans.
06:43Oui, les fameux,
06:44l'expression.
06:45Voilà, et au début,
06:45on se dit...
06:46Rancœur, mais beaucoup
06:46d'élégance aussi,
06:47parce que la phrase
06:48que j'ai citée tout à l'heure,
06:49elle est rentrée dans la politique,
06:50Bruno Jeudy.
06:51Je vous demande
06:51de vous arrêter.
06:52Rappelons ce qui s'est passé.
06:53Nous sommes le 23 avril 1995.
06:56Édouard Balladur
06:56s'avance devant les militants.
06:58Et qu'est-ce qui se passe
06:59dans la salle ?
07:00Les noms de Jacques Chirac
07:00et de Lionel Jospin
07:01sont sifflés, sont hués.
07:03Il y a des noms d'oiseaux
07:04qui volent et sortent ce...
07:06Je vous demande de vous arrêter.
07:07Oui, bien sûr.
07:07Je n'arriverai pas à le faire.
07:08Mais il a imprimé,
07:10avec son style.
07:11Voilà.
07:12Il a imprimé aussi la politique.
07:14Le style fait l'homme
07:15et Balladur avait incontestablement
07:17imprimé un style
07:18qui était aux antipodes
07:19de celui de Jacques Chirac
07:20que Bruno Le Maire
07:21a bien connu.
07:22Le titre du livre
07:23dont parlait tout à l'heure
07:23Bruno Le Maire,
07:24j'ai regardé,
07:24c'est La tragédie du pouvoir
07:25qui est un très très bon livre
07:30Pompidou.
07:30Il faut savoir quand même
07:31que la carrière d'Edouard Balladur,
07:32il la doit d'abord à Pompidou.
07:33Il commence dans les années 60.
07:35Il est son conseiller,
07:36il est au cabinet de Matignon
07:37et il va faire toutes les années
07:40Pompidou,
07:40des accords de Grenelle
07:41où il connaît Chirac.
07:42Le jeune Chirac aussi,
07:43c'est là qu'il commence un peu
07:44à devenir les fameux amis
07:45comme dit Aurélie Filippetti
07:47jusqu'à la mort du président Pompidou.
07:51Et ensuite,
07:52il va se mettre dans la roue du RPR.
07:55Il va devenir un peu le théoricien.
07:57Il va amener,
07:57ça va être l'aile libérale du RPR.
07:59Et en ça,
08:00Yves a raison,
08:00ça a vraiment été un peu
08:01le libéral
08:04de ce grand parti gaulliste
08:06et il impose une politique libérale
08:07de 86 à 88
08:08qui ne portera pas chance
08:09à Jacques Chirac.
08:10Mais quand il devient
08:12lui-même Premier ministre,
08:14à Matignon,
08:14le 23 mars 93.
08:16Et je vous rejoins Sonia
08:16sur ce point-là,
08:17c'est probablement,
08:18c'est vrai que c'est un libéral
08:20et un homme de réforme
08:21qui s'installe.
08:22Et un redresseur de comptes.
08:23Alors un redresseur de comptes,
08:25Et il augmente les impôts.
08:26Et il augmente les impôts
08:28quand il arrive en 93
08:29à Matignon.
08:30La France est dans un état...
08:32Calamiteux.
08:33Dit-il.
08:34Et il augmente les impôts.
08:35Ce qui est assez étonnant pour un...
08:37Attendez.
08:37Mais c'était un style.
08:38C'était un style.
08:393 millions de chômeurs,
08:40un déficit budgétaire
08:41évalué à 341 milliards de francs.
08:43Déjà,
08:44alors je ne vais pas faire
08:45de mauvais esprit en ce moment
08:47puisque M. le maire est ici.
08:48mais la situation était quand même...
08:50Même si elle était calamiteuse,
08:52elle était quand même formidable.
08:54Est-ce que vous gardez cette image,
08:55même si vous n'étiez pas
08:56dans le même camp,
08:57mais c'est la même droite quand même,
08:59d'un réformateur ?
08:59Est-ce qu'on a encore aujourd'hui
09:01des hommes de cette trempe
09:03qui disent, voilà,
09:04quoi qu'il arrive,
09:06on va réformer,
09:07on va y aller ?
09:08Je pense qu'on a fait
09:09beaucoup de choses
09:10entre 2017 et 2024.
09:12Édouard Balladur avait privatisé.
09:14Nous avons privatisé
09:15la Française des Jeux,
09:16par exemple.
09:18Il avait engagé
09:19une baisse des impôts.
09:20Je rappelle qu'en 2017,
09:21nous avons supprimé l'ISF
09:22que M. Balladur
09:23n'avait pas supprimé.
09:24Ne m'engagez pas sur le bilan.
09:26Nous avions...
09:26Non mais...
09:27Pardon,
09:27pour en débattre,
09:29Solène Mabrouk.
09:30Moi, je défends
09:30notre bilan économique.
09:31Parce que quand on dit
09:32que rien n'a été fait,
09:34la réforme fiscale
09:35qui a été faite en 2017
09:36est une des plus importantes
09:37qui a été faite
09:38depuis 40 ans,
09:39baisse de l'impôt
09:39sur les sociétés,
09:40suppression de l'ISF,
09:42le problème en forfait
09:42éronique sur les dividendes
09:43à 30%.
09:44Et ça, je pense
09:46que M. Balladur
09:47s'y serait retrouvé.
09:48Je parle quand même
09:49d'une autre époque,
09:50pardonnez-moi,
09:51mais je ne vis personne.
09:52Où il y avait de l'épaisseur,
09:54où il y avait de la stature,
09:55ou même, je veux dire,
09:56si vous vous retrouvez
09:56sur un plateau,
09:57je pense que je ne me suis pas retrouvé
09:58avec Edouard Balladur,
10:00mais ça, on l'impose.
10:01Êtes-vous en train
10:01de m'expliquer
10:03que les hommes politiques
10:04ou les femmes politiques
10:05n'ont plus aucune épaisseur
10:07en France ?
10:08Vous l'avez suggéré.
10:10Ceci dit,
10:11il avait aussi
10:12les défauts de ses qualités
10:13parce que ce côté
10:15quand même
10:16un petit peu précieux,
10:18un peu hautain,
10:19c'est aussi ce qui a permis
10:20à Jacques Chirac
10:20de trouver la faille
10:22avec son manger des pommes
10:24qui était pour le coup
10:25un message assez basique.
10:28Mais ça sera con,
10:30en fait.
10:31Il avait quasiment...
10:33Moi, je me souviens bien
10:33parce que j'ai suivi
10:34cette campagne de 95,
10:35ça ne me rejeunit pas,
10:36mon Dieu.
10:37Mais c'est vrai
10:37qu'il avait quasiment
10:38course gagnée,
10:38tout le monde pensait
10:40en novembre-décembre 94
10:42que c'était plié
10:43qu'il allait gagner.
10:44Et c'est vrai que lui,
10:45on voit l'image à tout à l'heure,
10:46lui s'arrête devant le métro.
10:47Jacques Chirac,
10:48quelques années plus tôt,
10:49sautait par-dessus la barrière.
10:50On voit l'annonce
10:51de candidature
10:52d'Edouard Balladur
10:53en 94,
10:54plus grotesque,
10:55c'est quand même difficile,
10:56dans un salon doré
10:57à Matignon.
10:58Depuis,
10:58on n'a jamais recommencé
10:59cette erreur majeure.
11:01Il avait sans doute
11:02course gagnée
11:03et en quelques semaines,
11:04il coche toutes les erreurs
11:06qu'il ne faut pas faire
11:06dans une campagne.
11:07On va en parler
11:08parce que Alain Duhamel
11:09était avec nous.
11:11Il a supprimé
11:13l'impôt sur la fortune
11:14en 1986.
11:16Il a été rétablé ensuite.
11:18Il a pas supprimé
11:20à nouveau contre le ministre.
11:20Dans quelques instants,
11:21puisque vous connaissez
11:22les coulisses,
11:23vraiment,
11:23entre Edouard Balladur
11:24et Jacques Chirac,
11:25c'est une amitié brisée.
11:26Et quand Jacques Chirac
11:29est un animal politique
11:30et quand c'est un animal
11:31politique blessé,
11:33ça a donné quand même
11:34des moments
11:34qui sont exceptionnels
11:35dans notre vie politique
11:36et qu'on connaît très bien
11:37Alain Duhamel.
11:38Mais tout d'abord,
11:39je vais vous demander,
11:40cher Alain,
11:41de nous dire
11:42ce qu'incarne cet homme
11:43qui a représenté,
11:44qui a symbolisé
11:45une grande partie
11:46de notre 5e République
11:48et de la France d'ailleurs.
11:49C'est une histoire française,
11:50Edouard Balladur.
11:52Disons qu'Edouard Balladur,
11:54il a eu deux rôles successifs.
11:57Là,
11:57c'est d'être
11:59un des principaux
12:00et peut-être
12:01le principal en réalité,
12:02en tout cas,
12:03un des deux principaux
12:05conseillers
12:05de Georges Pompidou,
12:06président de la République.
12:08Et puis qu'ensuite,
12:09il a joué lui-même
12:11le rôle
12:11d'un chef de file politique,
12:14pas d'un chef de file politicien.
12:16Il ne s'y est d'ailleurs
12:17jamais très bien pris
12:18avec les partis politiques
12:19et en particulier
12:20pas avec les gaullistes,
12:21bien qu'il en soit issu.
12:23Mais
12:25c'est devenu
12:26un homme d'État.
12:28Réellement,
12:28tous les premiers ministres
12:29ne sont pas du tout
12:30des hommes d'État.
12:31Mais lui,
12:32il était.
12:32Alors,
12:32on l'aimait,
12:33on ne l'aimait pas.
12:34On aimait son style,
12:35on ne l'aimait pas.
12:37On appréciait ses idées
12:38ou on ne les appréciait pas.
12:40Mais qu'il ait eu
12:41l'envergure
12:42d'un chef,
12:44réellement d'un homme d'État.
12:46Je veux dire,
12:47il n'y a pas eu
12:4736 premiers ministres
12:49de la Ve République
12:50d'autrement puissent dire ça.
12:53Effectivement.
12:53Et il a été l'un des premiers
12:54à envisager aussi
12:55la possibilité d'une cohabitation
12:57au sein de la Ve.
12:58C'est une figure majeure
12:59de la droite
13:00et un artisan
13:01de cette cohabitation
13:02sous la présidence,
13:03rappelons-le,
13:03de François Mitterrand.
13:05On connaît un peu moins
13:07la suite,
13:08si je puis dire,
13:09Alain Duhamel.
13:10On sait qu'il avait pris
13:10sa retraite politique
13:11assez tôt en 2006
13:13après plus de 50 ans
13:14d'une carrière passée
13:15au plus haut sommet de l'État.
13:17Il est né en Turquie,
13:18Édouard Balladur,
13:20à Izmir.
13:20À Izmir, oui.
13:21Voilà.
13:22Et il a,
13:22évidemment,
13:23malgré tout,
13:23un enracinement très fort
13:24et un lien exceptionnel
13:27avec la France.
13:28Depuis 2006,
13:29à quoi cet homme
13:30qui avait véritablement
13:32le sens de l'État
13:32chevillé au corps,
13:33à quoi s'est-il consacré ?
13:34Est-ce que vous le savez ?
13:36Écoutez,
13:37moi,
13:37je l'ai toujours vu régulièrement,
13:39y compris juste avant
13:40les vacances.
13:43C'était...
13:44Quand on dit
13:44que c'est un homme d'État,
13:45on a tendance à dire ça
13:46de tous les premiers ministres.
13:47Ce n'est pas vrai du tout.
13:48Il n'y a pas un premier ministre
13:49sur cinq
13:50dont on puisse dire
13:51qu'il est un homme d'État.
13:53Lui,
13:53il en avait l'envergure.
13:55Et il aurait certainement
13:57eu des qualités
13:58de président.
13:59mais il n'en avait pas du tout
14:02la proximité
14:03avec les Français
14:03ou le sens
14:04de la communication.
14:06Autrement dit,
14:06c'était un homme d'État
14:07à qui il manquait
14:08d'être aussi
14:08un homme politique.
14:11Il y a aussi,
14:12Alain,
14:12et puis on va voir
14:12dans quelques instants
14:13toutes les réactions politiques,
14:14elles sont très nombreuses,
14:15un destin
14:17intimement lié
14:17à celui de Jacques Chirac.
14:18Vous avez connu cela.
14:20Vous avez connu cela
14:20d'ailleurs avec un autre
14:22grand journaliste,
14:23je me permets de le dire
14:23au passage Jean-Pierre Elkabach,
14:26cette gémélité quelque part,
14:28mais aussi
14:28cette confrontation,
14:30cette guerre fratricide.
14:31Qu'est-ce qu'elle incarne
14:32aujourd'hui ?
14:32Est-ce que c'est à partir
14:33de là véritablement
14:34que tous les ferments
14:35de la division à droite
14:36sont arrivés ?
14:37Non.
14:39Édouard Baladur,
14:40il a été longtemps
14:43le principal
14:44et le meilleur conseiller
14:45de Jacques Chirac.
14:46Donc il essayait
14:48de guider
14:51les impulsivités,
14:52mais aussi
14:54de partager
14:55les intuitions.
14:57Par la suite,
14:58après avoir été longtemps
14:59le conseiller
15:00d'un prince,
15:02il est devenu
15:03lui-même
15:04non seulement
15:05un premier ministre,
15:06mais quelqu'un
15:06qui avait l'ambition,
15:08le désir
15:08et je crois
15:10réellement
15:11l'envergure
15:11d'un chef d'État.
15:13Malheureusement,
15:13il avait l'envergure
15:15d'un chef d'État,
15:15mais je le répète,
15:16il n'avait pas
15:17les qualités
15:17d'un homme politique.
15:19Et c'est ce qui l'a empêché
15:21d'arriver au sommet
15:23où il est vraisemblable
15:25qu'il aurait été
15:26tout à fait
15:27à la hauteur des choses,
15:28mais pour être
15:29à la hauteur des choses,
15:30encore faut-il d'abord
15:31y parvenir
15:31et il n'avait pas
15:33les qualités
15:33pour y parvenir.
15:34Une dernière question,
15:36Alain Duhamel,
15:37vous qui le fréquentez
15:39au-delà du cercle
15:42professionnel aussi,
15:43est-ce que cette marche
15:44manquée de l'Élysée
15:46est restée comme...
15:47Est-ce que c'est
15:47un goût amer
15:48pour toujours ?
15:49Est-ce que c'est
15:49un acte que...
15:50Eh bien,
15:51on aurait pu penser ça,
15:53d'autant plus que c'était
15:54quelqu'un d'orgueilleux.
15:55On aurait pu penser ça,
15:56mais moi qui l'ai vu
15:57régulièrement après,
15:59jusqu'à une période récente,
16:01juste avant les vacances,
16:02ça n'était pas du tout
16:03la réalité.
16:05Il n'était pas amer.
16:07Il était distancié,
16:08il était caustique,
16:10il était critique,
16:11d'ailleurs aussi,
16:12bien sûr,
16:12mais ça n'était pas
16:13quelqu'un qui n'arrivait pas
16:15à digérer le fait
16:17de ne pas avoir
16:18atteint son but.
16:19Au contraire,
16:20je trouve qu'il faisait
16:20preuve de beaucoup
16:21de philosophie pour ça.
16:25Merci Alain Duhamel.
16:26Merci pour ce portrait
16:29d'Edouard Balladur
16:30avec énormément de réactions.
16:32Anne-Sorah Dubois,
16:33de tous les partis politiques,
16:35toutes tendances confondues.
16:37Qu'est-ce qui ressort
16:37aujourd'hui des réactions ?
16:38Un peu moins à gauche
16:39quand même à 7h,
16:40ça ne vous surprendra pas.
16:41Ça devrait venir quand même.
16:42Ça devrait venir,
16:43oui, réaction du Premier ministre
16:44il y a quelques minutes
16:46associée à 50 ans d'histoire
16:47de la Ve République,
16:49dit Sébastien Lecornu,
16:50un homme d'État
16:50à l'esprit réformateur
16:51qui restreint de référence
16:52à un homme d'État justement
16:53et peut-être pas forcément
16:55un homme politique
16:55qui aurait été très à l'aise
16:56dans la période actuelle
16:57et c'est plutôt
16:58une qualité,
16:59juge le candidat de la droite
17:01Bruno Retailleau.
17:02Il était étranger
17:03aux dérives actuelles
17:04de la politique
17:04où l'anathème a remplacé
17:05le débat,
17:06la démagogie,
17:07le sérieux,
17:07une droite libérale
17:08cherchant à convaincre
17:09et jamais à séduire.
17:10Il en profite pour dégommer
17:12ceux qui sont encore là,
17:13Bruno Retailleau.
17:14Et puis Valérie Pécresse
17:15aussi qui a réagi,
17:16qui parle d'un grand serviteur
17:17de l'État
17:17et qui salue
17:18le soutien amical
17:19qu'il lui avait apporté
17:20pendant la campagne présidentielle
17:21de 2022,
17:22campagne qui n'avait pas été
17:23très heureuse
17:24pour la candidate
17:24des Républicains.
17:25Oui, mais contrairement
17:25à Nicolas Sarkozy,
17:27Edouard Balladur
17:27avait soutenu publiquement
17:30Valérie Pécresse
17:31et elle avait été
17:33très contente
17:34à ce moment-là
17:35parce qu'il y avait
17:35beaucoup de gens
17:36qui la lâchaient.
17:37Je trouve ça toujours gênant
17:38quand on fait des hommages
17:39qu'on puisse régler
17:40des comptes politiques.
17:41C'est pas de bon,
17:42malheureusement,
17:43c'est vrai comme la politique.
17:44J'ai du mal à comprendre
17:45comment on peut aller
17:46aussi loin dans un message
17:47au-delà de l'hommage,
17:49d'aller dégommer
17:50un petit peu tout le monde.
17:51Voilà, je trouve que
17:52c'est pas très...
17:52Il a été,
17:53pendant tout le quinquennat
17:55de Nicolas Sarkozy,
17:56un des conseillers
17:57de l'ombre,
17:59je dirais,
18:00de Nicolas Sarkozy
18:00et d'ailleurs,
18:01Nicolas Sarkozy
18:02l'a nommé
18:02à la tête d'un comité
18:04pour réformer
18:06la Constitution
18:06en 2009
18:07et cette réforme
18:09a été très importante
18:10puisqu'elle a créé
18:11la question prioritaire
18:13de constitutionnalité
18:14qui permet à des citoyens
18:15de saisir
18:17par la voie
18:18du Conseil d'État
18:19ou la Cour de Cassation
18:20la Cour suprême
18:22et la règle
18:23des deux mandats
18:24maximum.
18:25Je note par ailleurs
18:26ce qu'a dit Alain Duhamel,
18:27c'est qu'on peut être
18:28un bon Premier ministre
18:29rassurant,
18:30apprécié
18:30et pas un bon candidat.
18:32Donc c'est aussi
18:33une leçon pour beaucoup.
18:34Jospin, ça a été la même chose.
18:35Monsieur le maire.
18:36Non, non, mais je veux dire
18:36de manière...
18:37Vous ne m'entraînerez pas
18:39sur ce terrain glissant.
18:41Non, mais c'est important.
18:42À l'heure où certains politiques
18:43pensent qu'ils peuvent tout faire,
18:45eh bien non,
18:46on peut être un très bon Premier ministre
18:47et pas un bon candidat.
18:48Je crois profondément
18:49et on a plein de candidats
18:50très valables aujourd'hui,
18:52c'est que ce qui mérite
18:53d'être défini,
18:54c'est le rôle
18:54du Président de la République,
18:55justement.
18:57Aujourd'hui,
18:57on a beaucoup de candidats
18:58à l'exercice
19:00de la fonction
19:00de Premier ministre,
19:01j'en vois peu,
19:03qui dessinent
19:04une vision pour le pays
19:05qui est celle
19:06du Président de la République.
19:07C'est justement
19:08un des problèmes majeurs.
19:09Bruno Jeudy le rappelait,
19:10on a limité à deux
19:11le nombre de mandats
19:12du Président de la République,
19:12je pense que c'est une bêtise,
19:14inspirée de la Constitution américaine
19:16et pas du tout
19:16conforme aux traditions européennes
19:18où il n'y a pas
19:18de limitation de mandat
19:19du chef de l'État.
19:20Et dans un moment
19:21où nous avons la guerre
19:22à nos portes,
19:23où nous faisons face
19:24à des bouleversements
19:25technologiques majeurs,
19:26où la transition climatique,
19:28le dérèglement climatique
19:29crée beaucoup d'anxiété
19:30chez les Français,
19:31ce qu'on attend
19:32du prochain chef de l'État,
19:33ce n'est pas une série de mesures,
19:34c'est justement
19:35une vision de long terme.
19:36Le paradoxe étant
19:37que probablement...
19:38mais dans cette situation,
19:39je ne peux pas vous interroger,
19:40vous comprenez bien...
19:42Probablement que celui
19:43qui avait justement
19:45cette vision,
19:47Édouard Balladur,
19:48avait cette vision.
19:48Je le dis très sincèrement.
19:50Est-ce que vous connaissez
19:51ou est-ce qu'on pourrait
19:52caractériser son rapport
19:53à la France ?
19:54Est-ce que c'était l'époque
19:54où il y avait aussi
19:55un enracinement ?
19:56Évidemment,
19:57François Mitterrand,
20:00Jacques Chirac,
20:01la Côresse,
20:02François Mitterrand-Lagnier ?
20:02Non, il n'avait pas
20:03cet enracinement.
20:04Il a été élu pour la première fois
20:05à Paris en 1986
20:06comme député.
20:08Il a été très fidèle
20:09à son 15e arrondissement
20:10puisqu'il a toujours été élu
20:12pendant trois décennies
20:14à peu près.
20:14Mais il ne se caractérise pas
20:16comme un homme politique
20:16qui a cherché
20:17un enracinement.
20:19Bruno Le Maire,
20:19il est allé s'enraciner
20:20un moment pendant sa carrière
20:21dans l'heure.
20:21Lui, il était à Paris,
20:24c'était facile.
20:24Jacques Chirac avait dit
20:25on mettraille
20:26dans le 15e.
20:28Et puis voilà.
20:29Donc non,
20:29il n'a pas du tout
20:29fait carrière avec cette idée.
20:31Ensuite,
20:31il a essayé d'être candidat.
20:32Il a essayé d'être président
20:33de la région Île-de-France.
20:34Ça a failli marcher.
20:35Finalement,
20:35il a quand même échoué.
20:37Mais il n'était pas tenté
20:38par la carrière locale.
20:39C'était un homme de dossier.
20:40Il n'y avait pas
20:40la dimension littéraire
20:42que souvent les présidents ont
20:44qui les fait plonger,
20:45y compris Bruno Le Maire
20:46qui n'est pas président,
20:47mais qui les fait plonger,
20:49je dirais,
20:49dans les entrailles
20:50de la nationale.
20:53Ce qui était le cas
20:54de François Mitterrand,
20:55ce qui était le cas
20:55de Charles de Gaulle,
20:57ce qui est le cas
20:58quand même du président actuel
21:00qui est très littéraire.
21:01Il n'avait pas cette...
21:02C'était plutôt un technicien.
21:04C'était un théoricien
21:06de l'économie.
21:07Très grande maîtrise
21:07du dossier passée
21:08par le Conseil d'État.
21:09Oui, bien sûr.
21:10Le Conseil d'État,
21:11il était énarque.
21:12Il avait été obligé
21:13d'arrêter ses études
21:14à un moment de sa jeunesse
21:16parce qu'il était atteint
21:17de la tuberculose.
21:19Donc, il avait été obligé
21:20d'arrêter quelques années.
21:21Est-ce que vous êtes d'accord
21:22pour dire aussi
21:22que ce n'était pas
21:23un homme d'esbrouf ?
21:24C'était l'époque aussi
21:25où...
21:26Non, mais évidemment,
21:27il y avait des promesses
21:28qui n'étaient pas tenues.
21:29Mais vous voyez,
21:30rigueur,
21:32austérité...
21:32C'est ça que vous voulez dire
21:34Alain Duhamel.
21:35Ce n'était pas complètement
21:36un homme politique
21:36de ce point de vue.
21:38Mais par contre,
21:38c'est un homme d'une grande clarté.
21:39Moi, c'est toujours un truc,
21:40je vais raconter une anecdote
21:41qui est...
21:41Vous avez intervoqué
21:42Édouard Balladur,
21:43Premier ministre.
21:43Il y a un truc qui est incroyable,
21:44c'est qu'il n'y avait aucun dossier
21:46sur son bureau.
21:48Et vous aviez une interview.
21:51Personne ne venait interrompre.
21:52C'était une époque incroyable
21:54d'un homme qui vivait
21:56sans ordinateur,
21:57sans...
21:57C'est le cas, M. Bayrou.
21:59François Bayrou est avec nous,
22:01ancien Premier ministre.
22:02C'est une autre époque.
22:03Et on salue ici
22:04l'homme des dossiers,
22:06rigoureux, c'est vrai,
22:07sans esbrouf,
22:08qui sait perdre dans la dignité.
22:10C'est aussi une leçon à retenir.
22:11Qu'en pensez-vous ?
22:13Oui, donc,
22:15pour moi,
22:16le souvenir du gouvernement
22:18d'Édouard Balladur
22:18est évidemment très présent
22:21et très important.
22:22J'ai été ministre
22:22de l'Éducation nationale
22:23pendant toute la durée
22:25de son gouvernement,
22:27bien que très jeune à l'époque.
22:29Et si je devais
22:32résumer ce que
22:33Édouard Balladur
22:34était pour moi,
22:34c'était le sens
22:35de l'État.
22:38C'était...
22:39Il m'était échangé
22:41avec d'autres membres
22:41de ce gouvernement.
22:43Il y avait une chose
22:44qui était incroyablement
22:46frappante,
22:47c'était que ça roulait
22:50comme un mécanisme
22:52de montre suisse.
22:53Il était conseiller
22:54d'État lui-même.
22:55Il avait...
22:56Vous savez,
22:57été le bras droit
22:58de Georges Pompidou
23:01lorsque celui-ci
23:02était président
23:03de la République.
23:04Et il avait
23:05à la fois
23:06le sens de l'État
23:07et une incroyable
23:08connaissance
23:10du fonctionnement
23:11de l'État.
23:12Et il harmonisait
23:14ces deux capacités,
23:17ces deux intuitions
23:19très fortes
23:20au service
23:21d'une idée,
23:23je crois qu'on pourrait dire
23:24d'une ardente modération.
23:27C'était un modéré
23:29mais pas sans caractère,
23:31pas quelqu'un
23:32qui biaisait.
23:34Et donc,
23:35c'est ce sens
23:36de l'État
23:37qui le conduisait
23:38et cette connaissance
23:39de l'État
23:39qui lui donnait
23:40les moyens
23:41de son action.
23:42Et je rappelle
23:43que vous l'aviez soutenu
23:45dans la campagne
23:45de 1995.
23:47Absolument.
23:48Merci pour cette
23:49hommage.
23:50Merci à vous.
23:51On retient donc
23:52sa tome de dossier
23:54rigoureux.
23:55Est-ce que
23:56les réactions sont,
23:57oui, je suppose,
23:58unanimes à Anne-Sora Dubois ?
23:59Du côté également
24:00du Rassemblement National,
24:01je ne sais pas,
24:02peut-être la jeune génération
24:02comme Jordan Bardella
24:03serait intéressant
24:04de savoir ce qu'ils retiennent
24:05de la figure
24:06d'Edouard Balladur.
24:07Eh bien,
24:07certaines convergences,
24:08voilà,
24:08du côté du président actuel
24:10du Rassemblement National,
24:11plusieurs fois ministre
24:11Tweet Jordan Bardella,
24:12Premier ministre de la France.
24:13Il était un homme d'État,
24:15conscient que notre pays,
24:16pour rester maître
24:16de ses choix,
24:17doit maîtriser ses finances publiques,
24:18la fameuse règle d'or
24:19dont le Rassemblement National
24:20vient de parler.
24:21Encore récemment,
24:22ajoute Jordan Bardella,
24:23il plaidait résolument
24:24et lucidement
24:25pour que la France,
24:25sur les questions migratoires,
24:27retrouve sa souveraineté nationale
24:28et reprenne le contrôle.
24:29On le rappelle que François Balladur
24:32était en faveur
24:32de la suppression
24:33du droit du sol,
24:34notamment,
24:35et de l'expulsion
24:35des immigrés chômeurs
24:37depuis plus de deux ans.
24:38Donc,
24:39des points communs
24:40que souligne Jordan Bardella.
24:42Bien sûr.
24:42Et on ne peut pas passer
24:43à côté aussi des...
24:44C'était à ce moment,
24:47en 1995,
24:48des affaires.
24:48C'est l'affaire Karachi,
24:51Yves Tréa.
24:52Alors là,
24:52il faut vraiment
24:53qu'on se remplonge
24:53dans les dossiers.
24:55Je n'ai plus les tenants
24:55et les aboutissants
24:56des suites judiciaires,
24:58mais ça avait marqué...
24:59Je crois que ça avait marqué
25:00l'homme également,
25:02dans son intégrité,
25:03dans sa droiture.
25:04Ça l'a poursuivi.
25:05Dès que vous avez une affaire
25:07qui est collée à votre nom,
25:09c'est nécessairement
25:10votre réputation
25:10qui est entachée.
25:12Quoi qu'il arrive,
25:13d'ailleurs,
25:13quel que soit le résultat,
25:15c'est une histoire
25:16de vente d'armes au Pakistan
25:19avec des commissions,
25:20des rétro-commissions
25:21à une époque
25:22où il n'y avait pas
25:23une transparence,
25:25une grande transparence
25:26dans ce genre de commerce.
25:28Et Édouard Valadur,
25:30malheureusement,
25:33a dû supporter,
25:35au sens propre du terme,
25:37cette affaire
25:38et il l'a très très mal vécue.
25:41Alors je voulais ajouter une chose...
25:43La CGR l'avait relaxée.
25:45Le cours de justice
25:46l'avait relaxée.
25:48Ce n'était pas une petite affaire
25:48parce qu'il y a quand même
25:49eu des ouvriers français
25:50qui sont morts
25:52des suites de représailles
25:55pour des rétro-commissions
25:56qui n'avaient pas été...
25:57Je rappelle que c'était
25:59l'affaire de l'affaire.
26:02Il y a ce dont on parle,
26:05il y a l'homme d'État,
26:06il y a le Premier ministre
26:07qui a eu autour de lui
26:09des hommes et des femmes
26:10qui ont participé.
26:11D'ailleurs,
26:12c'était la deuxième cohabitation.
26:15Ministre de l'entreprise,
26:16est-ce que vous étiez,
26:17me semble-t-il,
26:17Alain Madeleine à l'époque ?
26:19Vous l'avez côtoyé ?
26:20Je suis ministre des entreprises
26:21mais j'ai été aussi
26:22ministre de l'industrie
26:24et diverses autres choses
26:25dans le premier gouvernement
26:27qu'il ne faut pas oublier,
26:28c'était le gouvernement
26:29Jacques Chirac
26:30dans lequel il était
26:32ministre des finances.
26:34Que retenez-vous
26:35de cet homme,
26:36de ce serviteur de l'État
26:37de toutes ces années aussi
26:39justement
26:40et de ce qu'il a apporté,
26:41imprimé sur une partie
26:42de la droite
26:43et au-delà d'ailleurs ?
26:44Curement grand serviteur
26:45de l'État,
26:46vous l'avez dit.
26:48Curement homme
26:48qui était un homme de liberté
26:50pour les libertés économiques
26:51et je pense que
26:52les deux gouvernements
26:53dont je viens de parler,
26:55celui de Jacques Chirac
26:56et celui bien sûr
26:57où il était Premier ministre,
26:59ont été des gouvernements
27:00qui n'ont pas laissé
27:01une mauvaise impression
27:03dans l'histoire
27:04des gouvernements
27:04qui ont précédé
27:05ou qui ont suivi.
27:07On a pu faire
27:08de grandes choses
27:09depuis les privatisations
27:11et des tas d'autres chantiers
27:13qui ont été ouverts
27:14et bien conduits,
27:15je crois,
27:16sous sa responsabilité
27:19sans doute
27:20on le devait
27:21à lui-même
27:22et à ses qualités
27:22mais peut-être aussi
27:24à une situation particulière
27:25qui était une situation
27:26de cohabitation.
27:27Ça vous paraît bizarre
27:28de dire ça
27:28mais c'est vrai
27:29que dans une situation
27:30de cohabitation,
27:31en réalité,
27:32les ministres,
27:33le Premier ministre
27:35avait une très grande liberté.
27:38Vous savez,
27:38ce n'était pas
27:38le sommet de l'Élysée
27:40dont tout descendait.
27:41Il y avait une liberté
27:42et je me souviens
27:44d'Édouard Balladur
27:46comme arbitre.
27:48C'était un président arbitre.
27:49Il écoutait tous ses ministres,
27:51il essayait de se faire une opinion
27:53et il arbitrait.
27:54Il n'y avait pas le sentiment
27:56que du dessus de l'État
27:58nous tombait une décision.
28:00Les décisions,
28:01elles étaient menées
28:02par des hommes responsables,
28:03par un ministre des Finances
28:04responsable d'abord
28:05et par un Premier ministre
28:06responsable ensuite.
28:08Voilà pour l'hommage.
28:09Merci Alain Madelin.
28:10Merci vous
28:11qui l'avez connu
28:12effectivement
28:12dans le fonctionnement
28:13de l'État.
28:14Peut-être une touche personnelle.
28:15C'est important aussi
28:16la manière dont on perçoit
28:17un responsable politique.
28:19J'étais jeune journaliste
28:20il y a déjà un certain temps.
28:22Je l'ai côtoyé
28:23via Jean-Pierre Alcabache
28:24et ce que je retiens
28:25c'est qu'il n'y a jamais
28:26chez lui une once
28:27de tutotement facile.
28:30Il y avait toujours
28:31une forme de distance
28:32mais une distance
28:32venue d'une éducation
28:33je pense,
28:34certainement bourgeoise.
28:36Et puis il y avait
28:36une forme de tenue
28:37je trouve.
28:37Il y avait une tenue
28:38il y avait une verticalité
28:39il y avait quelque chose
28:40qui en impose
28:40Il y avait un style
28:42y compris vestimentaire.
28:43Il n'y avait ni vulgarité
28:44ni se bourron.
28:45Vous racontez tout à l'heure
28:46l'anecdote du gant
28:47des gants.
28:48Moi je l'ai vécu
28:49en campagne avec lui
28:50il serrait la main droite
28:52donc il enlevait le gant droit
28:53il gardait le gant gauche
28:54et il faisait le marché
28:56de convention en salement.
28:57J'ai toujours pensé
28:57que c'était une image.
28:58C'est une réalité.
28:59Je l'ai vu moi
29:00donc évidemment
29:01jeune journaliste
29:01il y a une réaction
29:04à l'instant.
29:05Je vais vous laisser
29:06le temps de la découvrir
29:07du président Emmanuel Macron.
29:09C'est vrai Bruno Le Maire
29:09en voyant passer
29:11toutes ces images
29:11on voit
29:12c'est un peu
29:13le kaleidoscope
29:14finalement
29:14de plusieurs figures
29:16de la droite
29:17du centre
29:18qui ont imprimé
29:19qui ont marqué
29:19notre vie politique.
29:21Je ne sais pas
29:21ce que ça peut incarner
29:22pour les moins de 20 ans
29:2330 ans
29:2440 ans
29:2450 ans
29:25mais c'est important
29:26de se souvenir
29:26c'est important
29:27de rendre hommage aussi.
29:29C'est important
29:30de se souvenir
29:30je ne me souvisse
29:31non plus dans la nostalgie
29:33je ne pense pas
29:34très franchement
29:34que ça dise quoi que ce soit
29:36un jeune de moins de 40
29:37ou de moins de 30 ans
29:38c'est très loin d'eux
29:39la politique d'ailleurs
29:40de manière générale
29:41est très loin d'eux
29:42et la politique plus ancienne
29:44encore plus loin d'eux
29:45mais rappeler
29:46que l'État
29:47ça a du sens
29:48que la dignité
29:49dans l'exercice
29:50de ses fonctions
29:50c'est important
29:52et qu'avoir
29:53une idée très claire
29:55de ce qu'on veut
29:55pour le pays
29:55c'est essentiel
29:56ça c'est toujours
29:57une bonne leçon
29:58à prendre
29:58et je pense
29:59que c'est une des leçons
29:59que peut nous apporter
30:01Edouard Balladur.
30:02C'est intéressant
30:02de voir
30:02quel est l'hommage
30:04du président Emmanuel Macron
30:05est-ce qu'il a retenu ?
30:06Edouard Balladur
30:07avait consacré sa vie
30:08à la Ve République
30:09députée de Paris
30:10ministre
30:10puis Premier ministre
30:11ce fidèle du président Pompidou
30:13qui l'accompagna
30:14durant son mandat
30:15avait la France au cœur
30:17dit Emmanuel Macron
30:18il en fut le serviteur
30:19exigeant
30:20mesuré
30:20dévoué
30:21je salue sa mémoire
30:21et adresse mes pensées
30:22à sa famille
30:23à ses proches
30:23alors c'est pas protocolaire
30:24mais je rajoute quand même
30:25ensuite pour finir
30:26à la déclaration
30:27de Michel Barnier
30:27qui a été son ministre
30:28de l'environnement
30:29une certaine idée de la politique
30:30une certaine idée
30:31de la France
30:32respect
30:32exactement
30:33une certaine idée
30:34de la France
30:34respect
30:34merci en tous les cas
30:35merci d'avoir participé
30:37évidemment
30:38à cet hommage
30:40de cette personnalité
30:41véritablement
30:41de la 5ème
30:43et au-delà
30:44de la France
30:44je le disais
30:45une histoire française
30:46quelqu'un qui est né
30:46à l'étranger
30:47avec un tel parcours
30:48qui est arrivé
30:49au sommet de l'État
30:50et comme l'a dit Alain Duhamel
30:51pas tellement déçu
30:52d'avoir raté
30:53la dernière marche
30:54même s'il plaçait
30:54tous ses espoirs
30:55et puis une dignité
30:57parfois qu'on aimerait
30:58retrouver
30:58mais je le dis
30:59pour nous tous
31:00à l'étranger
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31:00à l'étranger
31:00à l'étranger

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