00:00On va continuer à évoquer cela, on va garder ces images en direct et évoquer quelque chose qui vous attend,
00:06vous aussi, c'est ce mercredi.
00:09C'est votre avenir aussi quelque part qui est en jeu puisque vous continuez plus que jamais de défendre une
00:14décision de bon sens pour n'avoir pas marié,
00:17je le précise, un Algérien sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français, une OQTF.
00:23Votre procès, Robert Ménard, devant le tribunal correctionnel de Montpellier, ça va se tenir ce mercredi, toute la journée.
00:29Vous risquez, je le précise, c'est la loi, 5 ans de prison, 75 000 euros d'amende et surtout,
00:35surtout, surtout, surtout, une peine d'inéligibilité.
00:39Entre-temps, l'homme et sa compagne se sont mariés en Algérie.
00:42Je suppose que votre sujet n'est pas que ce soit un mariage blanc ou pas, ça vous nous l
00:46'avez souvent dit.
00:48Vous avez été l'humain avec 65% des voix. Est-ce que vous imaginez mercredi remettre votre mandat ?
00:55C'est juste le risque qui me pend au nez.
00:59Tout à l'heure, ça n'a pas la même gravité.
01:01Mais oui, la loi, elle n'est pas forcément morale.
01:06Oui, je ne respecte pas la loi, mais il y a des choses qui sont plus fortes que la loi.
01:11Vous n'avez jamais regretté ?
01:12Non.
01:13Parce qu'ils se sont mariés quand même et ça a été transcrit au registre de l'État civil français
01:16?
01:16Attendez, pardon.
01:17Vous ne regrettez pas, vous ne vous dites pas, c'est pour ça et je vais perdre mon mandat, quoi.
01:22Attendez, d'abord, on a aidé à envoyer tous les documents pour qu'ils puissent se marier immédiatement.
01:28Moi, je ne me suis jamais prononcé sur leur histoire d'amour.
01:32Il y a eu une enquête sur ce terrain-là du procureur, ce n'est pas moi qui l'a
01:35fait, c'est le procureur.
01:36Moi, je ne comprends tout ça, un truc de pétassos.
01:40Je ne comprends pas qu'on m'oblige à marier quelqu'un qui ne doit pas être en face de
01:44moi.
01:44Pardon, madame, si demain on dit qu'on doit vous mettre dehors parce que, en l'occurrence, vous êtes en
01:50situation illégale, c'était le cas,
01:52vous avez pris de la prison pour vol avec violence et vous venez, je dirais, écoutez, moi je l'ai
01:58dit à la police.
01:58Je les ai appelés, je leur ai dit, mais il est là.
02:00Mais attendez, vous voulez l'arrêter ? Ils l'ont arrêté qu'un jour après, d'ailleurs.
02:03Et ils l'ont expulsé en Algérie.
02:06C'est une forme de désobéissance civile que vous revendiquez ?
02:10On en avait parlé la première fois que vous êtes venu sur ce plateau.
02:14Je sais, c'est surtout...
02:16C'est ça ?
02:17Oui, je suis pris entre deux choses.
02:20D'un côté, je dois appliquer la loi, et la loi dit que tout le monde doit pouvoir se marier.
02:25Je ne suis pas crétin, je connais la loi.
02:27Et de l'autre côté, il se fait...
02:29Non, mais ce n'est pas technique, c'est tout simple.
02:31Je suis officier de police judiciaire.
02:32Ça veut dire, je dois faire respecter la tranquillité, l'ordre et tout.
02:37Quand quelqu'un est recherché parce qu'il est en situation illégale,
02:43c'est mon boulot, normalement de maire, de le dénoncer.
02:46Et je suis pris entre les deux.
02:48Robert Ménard, c'est important.
02:49Vous êtes à la fois un maire, vous l'avez rappelé, un officier...
02:53D'abord, un maire est un officier d'État civil.
02:55Donc, je dois marier quelqu'un.
02:57Et un maire est un officier de police judiciaire.
03:01Donc, vous devez veiller à la tranquillité et à l'ordre public.
03:06Comment je fais ça ?
03:07Quelle casquette sera privilégiée par le tribunal ?
03:10Je les ai tous appelés.
03:11J'ai encore appelé le chef de l'État en lui disant,
03:15« Vous avez dit que c'était hubuesque cette situation.
03:18Venez le répéter. »
03:19Et j'ai eu son directeur de cabinet qui m'a annoncé
03:21qu'évidemment, il ne viendrait pas le répéter.
03:23Mais j'ai demandé à Bruno Rotaillot,
03:25qui a eu la gentillesse, qui a été ministre de l'Intérieur,
03:28de venir redire ce qu'il avait dit.
03:31Que c'est une situation...
03:32Il sera présent mercredi à Montpellier.
03:34Il y aura David Lysnard, qui est l'association des maires de France.
03:37Parce qu'il n'y a pas que moi.
03:39Attendez, le nombre de maires qui sont dans cette situation.
03:41Il y a le sénateur Demi, qui est lui, qui a proposé une loi.
03:45Attendez, ils m'ont tous promis.
03:47Je les ai tous eus, les uns et les autres,
03:49qui m'ont dit, « Il y aura une nouvelle loi avant ce procès.
03:54Comme ça, vous pourrez utiliser ça pour dire au magistrat,
03:57vous n'allez quand même pas me condamner,
03:58alors que la loi vient de changer. »
04:00Elle est où, la nouvelle loi ?
04:02L'avocate du couple a dit,
04:03« Ces deux personnes ne sont ni un slogan,
04:05ni les instruments d'un débat politique sur l'immigration.
04:07Ce sont deux êtres humains auxquels on a refusé en juillet 2023
04:10de célébrer la réunion. »
04:11Qu'est-ce que vous lui répondez ?
04:12Je lui réponds que, le jour où je devais la marier,
04:15j'ai reçu la dame qui n'a pas été mariée.
04:19Je m'attendais, comme vous pouvez l'imaginer,
04:21à un discours sur le fait que,
04:23peut-être que j'avais, alors que je ne me suis jamais prononcé là-dessus,
04:27que j'avais brisé sa vie.
04:28Vous aviez quand même dit que ça sentait le mariage blanc.
04:31Oui, mais attends, je reprenais les arguments du procureur.
04:36Ce n'est pas moi, c'est le procureur qui le dit.
04:38Je lui ai dit, je croyais qu'elle allait me dire,
04:40« Madame, elle n'a pas eu un mot sur leur histoire d'amour.
04:43Pas un mot.
04:44Elle ne m'a parlé que d'un certain nombre de textes internationaux
04:51dont je vous garantis que c'est des associations qui lui disaient. »
04:56– Par exemple, mercredi, le couple pourrait être présent ?
04:59– Mais oui, dans un visage, j'espère bien que…
05:01– Il pourrait être présent à votre procès ?
05:03– Ah oui, mais ce serait un compte.
05:05J'imagine qu'au Quai d'Orsay, j'imagine qu'au ministère de l'Intérieur,
05:09on va me préserver de ça.
05:12Pardon, cerise sur le gâteau, pendant que je parlais,
05:15pendant que je parlais avec elle,
05:17elle enregistrait la conversation.
05:19Vous enregistrez les conversations, vous,
05:20quand vous parlez de votre vie ?
05:22– Pour elle, c'est quoi ?
05:22Pour vous, c'est une instrumentalisation de votre…
05:24– Attendez, dans les…
05:26Dans les interrogatoires, on demande au monsieur,
05:32qui ne me connaît pas plus que ça, qui ne dit rien.
05:34Mais il dit, ce n'est pas moi qui le dis, c'est lui qui le dit,
05:37et sur les motivations de celle qui devait devenir sa femme
05:42et qui est sa femme maintenant, il dit « Ah, mais elle, elle est anti-ménard ! »
05:47– Juste, dans ce que disait l'avocate, elle disait
05:50« Ces deux personnes ne sont pas l'instrument d'un débat politique sur l'immigration.
05:53Est-ce que vous, dans votre tête, vous généralisez ce cas
05:56qui va vous conduire, devant le tribunal mercredi,
05:59à un débat sur l'immigration ? »
06:00Est-ce que vous souhaitez que ce soit…
06:02– Vous voulez…
06:03Je n'ai pas les chiffres là, mais tiens, ça me donne une idée,
06:06je les donnerai mercredi, vous voyez que ça sert de discuter.
06:10Je donnerai le nombre de mariages qui concernent les étrangers
06:15dans ma propre mairie.
06:17Mais ce n'est pas un problème.
06:18Vous savez, madame, vous me prenez pour qui ?
06:21– Non, non, je me demande si c'est un symbole pour vous.
06:23– Mais c'est un symbole…
06:24– Oui, c'est un symbole de l'incurie de l'État.
06:27– Oui, mais le sujet n'est pas l'étranger, le sujet c'est l'OQTF.
06:30– Mais c'est ça.
06:31– C'est l'obligation de quitter le territoire français.
06:33– C'est un débat sur l'incurie de l'État.
06:35C'est pas moi, madame…
06:36– Donc pour vous, ça devrait être l'État à la barre des accusés ?
06:39– Qui a délivré une obligation de quitter le territoire français ?
06:42C'est moi ou l'État ?
06:43C'est l'État, c'est pas moi.
06:45Alors il les applique.
06:46Il ne me met pas dans cette situation-là.
06:48Et c'est ce que nous plaiderons aussi.
06:50S'il y a des gens qui doivent rendre des comptes,
06:52c'est les gens qui ne sont pas foutus d'appliquer les OQTF.
06:56– Et si mercredi, le tribunal vous dit, Robert Ménard,
06:58que cette obligation de quitter le territoire français,
07:00oui, très bien, on sait ce qu'elle signifie,
07:02mais elle n'incarne pas, c'est pas une incapacité civile.
07:06– Oui, et je dirais que je trouve que je ne comprends pas.
07:10Je répondrai sur le bon sens.
07:12– C'est votre ligne de défense.
07:13– Attendez, mais vous avez vu, il y a des sondages.
07:15Il y a entre 70 et 80% des gens,
07:18et c'est pas la gauche ni la droite,
07:19qui pensent exactement comme moi.
07:21Il y aura des maires de toute sensibilité autour de moi
07:23qui se disent, mais enfin, c'est foufé.
07:26– Vous avez eu des appels de maires de gauche ?
07:28– Mais bien sûr, je ne vais pas les citer ici.
07:29– Non, non, c'est pas pour les citer,
07:30mais pour dire que c'est transpartisé.
07:32– Tout à l'heure, un maire de gauche qui m'a dit,
07:33« Je n'ai pas vos idées, mais je serai à côté de vous
07:36parce que je ne comprends pas cette situation. »
07:38– Si on vous retire votre mandat mercredi,
07:40qu'est-ce que vous ferez ?
07:42Déjà, on se retrouvera sans doute dimanche prochain,
07:44mais qu'est-ce que vous ferez ?
07:44– On l'espère.
07:45– Je serai atterré.
07:47Mais faites-vous que ça m'inquiète ?
07:49Vous croyez que je le prends comme ça ?
07:51Vous savez, j'ai eu l'occasion trois fois de changer d'avis.
07:56Moi, mes amis, y compris à la préfecture et tout,
08:01m'ont appelé, c'est des gens que j'aime bien,
08:02ils m'ont dit, « Mais Robert, arrête !
08:04Fais le marier par quelqu'un d'autre,
08:06au moins ce ne sera pas toi. »
08:08Mais enfin, vous l'auriez fait à ma place ?
08:11Vous auriez fait, après tout ce que j'ai dit,
08:13dire, « Ah ben finalement, aujourd'hui, je ne prends pas le risque. »
08:16J'ai refusé de plaider coupable.
08:17C'était une porte de sortie, vous n'avez qu'à plaider coupable.
08:20J'aurais pris une amende, peut-être, de la prison avec sursis et tout,
08:24j'en sais rien, mais quelque chose comme ça.
08:25Le magistrat qui me l'a proposé, il me l'a proposé
08:28avec un bon état d'esprit, il m'a dit,
08:30« Écoutez, voilà, ça a comme sens,
08:32mais je ne vais pas plaider coupable. »
08:35J'ai dit, « Non, plaider coupable, il y a le mot coupable. »
08:37Je ne suis pas coupable.
08:39Je suis, oui, oui, oui.
08:41Je suis coupable de faire preuve de bon sens.
08:44Je suis coupable de refuser,
08:47de refuser des mensonges
08:49qui consistent à dire...
08:50Vous avez anticipé un texte,
08:52puisque les élus dont vous parliez
08:54vous promettaient un projet de loi
08:56pour régler cet angle mort
09:00de nos textes que vous soulevez.
09:03Quelque part, vous avez été un peu...
09:05Comment dire ?
09:06Vous avez anticipé un texte qui n'existe pas.
09:08Et du coup, vous vous êtes mis dans une difficulté judiciaire.
09:11Le texte existe que parce que...
09:13Il y a eu cette affaire-là.
09:15Il y a deux lois qui étaient contradictoires.
09:17Vous avez choisi une plutôt que l'autre.
09:19Oui, et je pense que j'ai raison.
09:21Je pense qu'on ne peut pas comprendre un certain nombre de choses.
09:25Oui, l'idée que le mariage est au-dessus de tout...
09:28Pardon, mais il y a plein de pays où ce n'est pas le cas, madame.
09:30En tout cas, il y aura un avant et un après ce procès.
09:32Et forcément, il va faire jurisprudence.
09:34Et forcément, les maires, les élus,
09:36et beaucoup de Français vont réagir.
09:37Oui, qui sont inquiets.
09:38Je suis inquiet.
09:40Il y aura peut-être appel.
09:41Je suis vraiment inquiet.
09:43Je n'ai pas envie de me retrouver plus maire deux jours après.
09:47Je l'ai vu avec la maire de Montauban,
09:49qui a perdu son mandat.
09:51Un an après, elle l'a retrouvé.
09:53Et je ne veux pas.
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