Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 minutes
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00En ces journées du patrimoine, s'il y a bien un acteur français qui symbolise ce patrimoine qui est le
00:05nôtre, c'est Alain Delon.
00:07Voyez ces images. Sa filmographie est l'une des plus époustouflantes du cinéma.
00:12Monsieur Klein, le guépard, le samouraï et tant d'autres.
00:15D'ailleurs, cette filmographie, elle épouse l'itinéraire d'un enfant terrible, doté d'une beauté animale et d'un
00:21talent brut qui s'est bâti un destin hors du commun.
00:24Au risque parfois d'ailleurs d'être incompris, homme libre au point d'être insaisissable, il nous a laissé orphelins
00:31des grands fauves.
00:32Lorsqu'on ouvre l'album de sa vie avec cette photo, regardez, vous allez la voir, il a alors 50
00:37ans.
00:38On comprend que les légendes n'ont pas d'âge et qu'elles ont seulement les rides de notre regard.
00:43Bonsoir Anthony Delon.
00:44Bonsoir.
00:45Je vous voyais plonger dans les photos.
00:47Oui, oui, je me souviens de cette couverture.
00:5050 ans.
00:52Mais t'es bien, t'es vaillant quoi.
00:55Pour toujours d'ailleurs.
00:56Merci de votre présence ce soir, d'autant que vous êtes rare à la télévision ces derniers temps.
01:00Oui, parce que je n'avais pas grand chose à y faire.
01:03C'est l'occasion qui fait le larron.
01:05C'est une belle occasion.
01:07Journée du patrimoine, exposition et puis devoir de mémoire.
01:12Si vous le voulez bien, on va étirer le fil pour notre conversation ce soir.
01:16Alain Delon, une part de notre patrimoine, c'est le fil rouge de cet entretien.
01:20Une exposition propose de retracer les vies d'un homme libre.
01:22Alors, cette exposition que vous avez inaugurée hier, c'est tenue dans le domaine Jean-Claude Brialy, en Seine-et
01:29-Marne.
01:29Un autre grand artiste dont le destin s'est entremêlé avec celui d'Alain Delon.
01:34Je vous propose justement dans le cadre de ces journées du patrimoine, Anthony Delon, de feuilleter avec vous l'album
01:38de la vie de Delon et donc de la vie des Français.
01:40Mais tout d'abord, peut-être une première question à vos yeux.
01:44En quoi il incarne le patrimoine français, Alain Delon ?
01:49Parce qu'il a, pour plein de raisons, il a porté haut les couleurs de la France.
01:56D'abord, il a été avec Jean-Paul le plus grand acteur de sa génération.
02:01Il a porté haut les couleurs de la France dans le monde entier.
02:06Ici, ils étaient deux.
02:08Mais dans le reste du monde, il était seul.
02:11Je veux dire, que ce soit en Amérique du Sud, en Asie, en Chine, au Japon, en Russie, partout.
02:18On l'a vu quand il est parti.
02:20Il y a eu des hommages dans le monde entier.
02:21Moi-même, j'ai été surpris.
02:23Donc, c'est vrai qu'il fait partie du patrimoine.
02:26Et c'est pour ça que c'est bien qu'on soit là aujourd'hui pour en parler un petit
02:30peu.
02:31Parce que ces deux ans sont passés.
02:33Et je pense qu'il y a des choses à dire là-dessus.
02:36Il était bien plus que ses personnages au cinéma.
02:38C'était un tempérament, une gueule taillée comme une sculpture grecque.
02:42Une parole libre, un esprit tout aussi libre, des engagements audacieux.
02:45Et parfois même à contre-courant.
02:47C'est tout ça aussi qui explique la relation avec les Français.
02:51C'est vrai qu'on a tous un souvenir précis avec Delon.
02:53Il a traversé des décennies avec la souplesse d'un félin, d'un guépard.
02:58Cette exposition, elle consacre, et je voudrais qu'on en parle,
03:00Anthony Delon, quand même, de grands artistes.
03:02Évidemment, votre père, mais Jean-Claude Briali aussi.
03:05Puisque vous parlez d'un devoir de mémoire, n'oublions pas aussi
03:08ces personnages, cet artiste qui a fait aussi...
03:11Il était peut-être toujours l'acteur à côté parfois de Delon,
03:16mais quel grand acteur ?
03:17Oui.
03:18Quelle amitié ?
03:19Quelle fidélité ?
03:20Un grand second rôle, comme on en faisait à l'époque.
03:25Il a eu des premiers rôles, naturellement,
03:26mais je crois que c'est une place qui lui convenait parfaitement à Jean-Claude.
03:30Et donc hier, effectivement, il y a eu cet hommage à mon père
03:36et une exposition un peu croisée sur l'amitié que ces deux hommes ont entretenue
03:42pendant, je n'arrive même plus à compter, mais au moins 60 ans, il me semble.
03:46Peut-être un peu plus que ça, même, près de 70 ans.
03:5070 ans.
03:5257, 2027, ça fait 70 ans.
03:55C'est rare, hein ?
03:56On a l'habitude de dire des amitiés de 30 ans, de 40 ans,
03:59mais alors là, des amitiés de 70 ans, je dois dire que ça force au respect.
04:02C'est vrai, c'est vrai.
04:03Donc c'était un joli moment.
04:08Moi, je n'avais jamais été dans la maison de Jean-Claude
04:10et c'est vrai que je le connaissais quand même pas mal.
04:14On a tourné ensemble aussi.
04:18Et d'arriver là, je l'ai tout de suite senti, sa présence est partout.
04:23Et voilà, j'ai découvert deux, trois choses intéressantes
04:27sur l'hommage qui a été rendu à mon père,
04:31notamment des films que je ne connaissais pas,
04:33que son frère Jean-François a prêté pour cette exposition.
04:37De vous-même, vous ne connaissiez pas ?
04:39Non, donc j'ai...
04:40Vous-même, l'un des gardiens, si je puis dire, du temple.
04:42Non, non, je ne les avais jamais vus, je ne connaissais pas leur exil.
04:45J'avais entendu vaguement quelque chose comme ça
04:47et c'est des films que son père avait fait, donc mon grand-père,
04:51en super 8 à l'époque, et il y en a plusieurs.
04:54Mais ça commence, il a peut-être, je ne sais pas, 5 ans, 6 ans,
04:57et puis ensuite il en a 8, 9, 11, 12.
05:02Comment était-il égal à lui-même ?
05:05C'est un gamin.
05:08Mais ça m'a bouleversé.
05:12Est-ce vrai que dans le jardin de ce magnifique château de Jean-Claude Brialy,
05:16Jean-Claude Brialy en a fait un don à la ville de Meaux,
05:19c'est là que s'est tourné le cercle rouge ?
05:21Je vais le dire, je l'ai appris hier.
05:23Non, mais vous ne le saviez pas ?
05:24Non.
05:26De Jean-Pierre Melville ?
05:27Vous savez, il y a beaucoup d'informations quand même.
05:29Et non, je ne savais pas.
05:40Alors, hier ?
05:43Surtout celle de Jean-Claude.
05:46Plus que celle de votre père ?
05:48Oui, parce qu'il est présent tous les jours.
05:51D'ailleurs.
05:52A doucher, partout.
05:55Mais oui, c'était coloré, comme l'était Jean-Claude.
06:00Non, c'était très...
06:02Et ensuite, il y a eu cette projection.
06:04Si vous voulez, on en parlera tout à l'heure.
06:05On va en parler.
06:06D'ailleurs, je voudrais rappeler que vous avez vous-même tourné un film.
06:08C'était la grande béquée avec Jean-Claude Brielli.
06:12On va voir d'ailleurs l'affiche.
06:13Ce sont les vies d'hommes libres.
06:15Alain Delon, Jean-Claude Brielli.
06:16La liberté d'être, la liberté d'aimer aussi.
06:18Est-ce que vous diriez que ce sont des hommes frères, les deux ?
06:21Vous croyez beaucoup, vous-même, à la force des rencontres.
06:24Vous aviez évoqué ce thème dans votre roman, d'ailleurs, votre dernier roman.
06:28Est-ce qu'il s'était fait pour se rencontrer, ces deux-là ?
06:34Écoutez, certainement.
06:36Je sais, parce que le maître de cérémonie en a parlé hier, etc.,
06:41sur la rencontre de Delon avec Brielli à Cannes en 1957,
06:46et que peut-être, sans Jean-Claude, Alain Delon n'aurait pas fait sa carrière.
06:51Moi, je ne crois pas.
06:53Je ne crois pas parce que je pense qu'il avait un destin.
06:57Et Brielli ou pas Brielli, Georges Beaume ou pas Georges Beaume,
07:01je pense que c'était son destin.
07:03Mais ils se sont rencontrés, et voilà, ça fait partie de sa vie.
07:13Et je pense que c'était un élément…
07:16Oui, mais on peut peut-être dire que sans Delon, on ne va pas refaire l'histoire,
07:20Jean-Claude Brielli aurait eu une immense carrière, mais il l'a aidé.
07:23On rappelle qu'il l'a imposé quand Alain Delon n'était pas connu.
07:26Oui, non, si, si.
07:27Ah, quand même.
07:28Non, mais c'est Alain qui a imposé Jean-Claude.
07:31Voilà, oui.
07:32Il demande à Romy Schneider de dire au producteur, je veux Jean-Claude Brielli.
07:38Alors que le producteur, je crois, cherchait quelqu'un d'un peu plus connu.
07:42Peut-être, mais en tout cas, c'est bien.
07:43Mais il a toujours été très généreux avec les acteurs.
07:48Toujours.
07:48Tous les acteurs qui ont tourné avec lui me l'ont dit, il a toujours été très généreux.
07:53Que vous ont dit les Français que vous avez rencontrés hier dans cette exposition ?
07:57Pour beaucoup, Alain Delon, pour certains, c'est une beauté sauvage.
08:02irradiante, magnétique, révélée par les caméras de Visconti.
08:05Pour d'autres, c'est le grand acteur taiseux, énigmatique.
08:08Pour d'autres encore, c'est le flic...
08:09Pardon, Clément, Visconti...
08:12Oui, oui, bien sûr.
08:13...et Melville.
08:13Ça, c'est les trois...
08:14Les trois.
08:15Les trois qui ont véritablement poli le diamant qu'il était.
08:20Et pour d'autres, c'est le flic redresseur de Thor ou encore le gangster.
08:24Qu'est-ce que les gens vous disent en priorité hier ?
08:25Qu'est-ce qu'ils vous ont dit tout de suite quand ils vous ont vu ?
08:30Ils ne m'ont pas parlé de ça, en fait.
08:32Non ?
08:32Non, ils ont écouté.
08:35Mais Jean-François Copé a fait un petit discours.
08:38Moi, j'ai dit trois mots.
08:40Et après, ils étaient heureux d'être là.
08:42On a fait des photos.
08:44Donc, tout est naturel.
08:45Mais bon, oui, c'était naturel.
08:48Cette exposition, elle rend hommage, Anthony Delon, à Alain Delon,
08:50chez son ami de toujours, Jean-Claude Briallet,
08:52dans ce magnifique château dont l'acteur, je le disais, a fait don à la ville.
08:55Est-ce qu'un jour, vous pourriez imaginer une telle exposition ?
08:58Parce que là, nous sommes, et vous êtes surtout,
09:01mais je pense que c'est un devoir collectif, ce devoir de mémoire.
09:04Est-ce qu'il pourrait se tenir dans un lieu encore plus emblématique,
09:06c'est-à-dire à Douchy ?
09:08Oui, oui, il pourrait se tenir à Douchy.
09:12Alors, bon, la configuration est quand même différente.
09:15Douchy, c'est beaucoup plus loin que Montyon.
09:19Je crois que les fans iraient jusqu'au bout du monde, pour votre père.
09:21C'est vrai, c'est vrai.
09:25Après, oui, tout à fait.
09:27Il faudrait, en tout cas, il y aurait matière un jour à faire une belle exposition.
09:33La question n'est pas du tout, comment dire, intime.
09:37La question est, est-ce que, quand on veut perpétuer ce devoir de mémoire,
09:42faut-il aller jusqu'à, eh bien, approcher au plus près
09:45de la dernière demeure de celui qu'on aime, de l'artiste ?
09:49Parlez de moi.
09:50Je parle de votre père.
09:52Non, j'ai compris, mais approcher, ça veut dire...
09:54C'est-à-dire laisser le public approcher au plus proche ?
09:58Je pense que le devoir de mémoire, puisqu'on en parle,
10:03il doit se faire dans la transmission.
10:06Je veux dire, aujourd'hui, et pour ça que je suis content d'être là aujourd'hui,
10:12ça fait deux ans que mon père est parti,
10:15et je pense qu'il est temps vraiment, aujourd'hui, de lui rendre hommage,
10:21parce que le monde tourne tellement vite.
10:24On oublie tellement vite.
10:26Moi, j'ai déjà participé à des émissions de radio, ou à la télé, ou à la radio notamment,
10:31où les gens ne savaient plus qui étaient Gabin,
10:35où des jeunes ne savaient pas qui étaient Gabin, ou Lino Ventura.
10:39Et un jour, ça arrive...
10:41Si on ne fait pas le travail, parce qu'il fait partie du patrimoine français,
10:45parce que si on aime le cinéma français, si on aime la France,
10:49pour nos enfants, pour notre descendance, on se doit de transmettre et de dire,
10:54regardez, cet homme, il a été un de nos plus grands ambassadeurs dans le monde.
11:01Si on aime le cinéma, il faut le faire, parce que sinon, il disparaîtra comme les autres.
11:05Donc vous allez le faire ?
11:06Vous allez prendre, si je puis dire, votre bâton de pèlerin, vous-même ?
11:08C'est pas pour le français de le faire.
11:09C'est chez soi.
11:10C'est les parents, avec leurs enfants, avec leurs petits-enfants,
11:15et puis c'est aux communes, aux villes, d'organiser des expositions, des hommages,
11:21comme ça a été fait là.
11:23Mais je pense que c'est surtout dans la transmission familiale.
11:28On reviendra à Douchy, parce qu'on ne peut pas parler d'Alain Delon
11:31sans parler de Douchy, évidemment.
11:33Restons sur l'amour de la liberté, Anthony Delon.
11:35Votre père est aussi un homme engagé à sa façon,
11:38engagé sur la défense de la cause animale,
11:40en total soutien de la fondation Brigitte Bardot,
11:42engagé aussi, je ne sais pas si on peut dire engagé sur l'échiquier politique,
11:46je crois qu'il avait surtout des amitiés, des fidélités,
11:48qu'il les respectait, quels que soient les ondits.
11:51Est-ce qu'on pense de ça ?
11:52D'ailleurs, quand on a posé la question tout à l'heure à Robert Ménard,
11:55qui était là, il a dit qu'il avait du culot, tout simplement.
11:59Et parfois, il allait à contre-courant.
12:01Est-ce que c'est aussi une part de ce patrimoine,
12:04de cette personnalité qu'on oublie un peu ?
12:05C'est-à-dire l'esprit français, finalement.
12:07Un esprit un peu voltairien.
12:09C'est un culot, un panache.
12:11Un panache.
12:13Écoutez, il a toujours dit ce qu'il pensait.
12:15Mais vous pensez à quoi exactement ?
12:17Je pense qu'on peut dire qu'on a certaines amitiés en politique,
12:21mais sans que ce soit un engagement politique.
12:24Et puis, il pensait aussi parfois à contre-courant sur certaines idées, tout simplement.
12:30Vous ne pensez pas qu'il était ainsi ?
12:32Qu'il était à contre-courant sur certaines idées ?
12:36Peut-être, oui.
12:37On peut en parler précisément, si vous voulez.
12:39Et vous le voyez comme l'incarnation du panache français, également ?
12:43Bien sûr.
12:44Mais en tant qu'acteur, c'est sa vocation première.
12:50Alain Delon, c'était un acteur.
12:52Et effectivement...
12:54Alors, je ne sais pas s'il représente les Français.
12:58Il représente la France.
12:59C'était un acteur français.
13:01Il représentait son pays.
13:03Après, est-ce qu'il est à l'image du Français ?
13:05Ça, je ne dirais rien là-dessus.
13:08Pour cette exposition consacrée à votre père...
13:10Non, parce qu'il est unique.
13:12Donc, voilà, on ne va pas raconter d'histoire.
13:14Je veux dire, il n'y en a pas deux comme lui.
13:16Il n'y en aura pas un deuxième.
13:18Depuis 40 ans, on voit le cinéma français...
13:20C'était ma question.
13:21Ah, il n'y en a pas deux.
13:23Depuis 40 ans, on voit le cinéma français qui dit...
13:26Ah ben lui, c'est Nouveau Delon.
13:27Je ne citerai pas de nom.
13:30Mais à chaque fois, ça fait pchit.
13:32Parce qu'il n'y en aura pas deux.
13:34Il y en a un.
13:35Donc, voilà.
13:36D'ailleurs, on ne l'entend plus tellement, ça.
13:38C'est le Nouveau Delon.
13:39Il y en a eu quelques-uns.
13:40Ça a duré.
13:40Je crois que maintenant qu'il est parti,
13:42on commence à comprendre qu'il est là.
13:44Il sera là pour toujours.
13:46Un et un seul.
13:46Et il n'y en a qu'un.
13:48Pour cette exposition, Anthony Delon,
13:50vous avez choisi un film dans sa filmographie.
13:52J'imagine que vous avez passé des nuits à choisir.
13:54Ou alors c'était instantané ?
13:56Non, j'ai voulu casser un peu
13:59avec la programmation habituelle
14:03de Plein Soleil, du Samouraï, du Cercle Rouge.
14:06Parce que c'est toujours les mêmes.
14:08Rocco.
14:10Attention, c'est des films magnifiques.
14:12Mais j'avais envie de casser un peu ça.
14:16Et Mélodie en sous-sol,
14:17qu'il a tourné en 1963.
14:19Henri Verneuil.
14:20D'Henri Verneuil.
14:21C'est un film important.
14:24C'est un film important.
14:25Et c'est important dans sa carrière aussi,
14:28pour plein de raisons.
14:29D'abord, c'est sa première rencontre avec Gabin.
14:31Ils ont fait trois films ensemble.
14:33Et ils voulaient absolument jouer avec le vieux.
14:35Parce que c'était le patron.
14:36Il l'appelait comme ça ?
14:37Oui, le vieux, bien sûr.
14:38Le vieux.
14:39C'était le patron, Gabin.
14:41Il avait un énorme respect pour lui.
14:45Et donc, il s'est battu pour faire ce film.
14:47Et d'ailleurs, il a été malin.
14:49Comme il l'a été tout au long de sa carrière.
14:52Parce qu'il est devenu producteur.
14:54Donc, il avait déjà fait quelques films.
14:56Son salaire était un peu élevé.
14:58Il a parié, je crois, sur des cachets à l'étranger.
15:01Il a dit non, d'accord.
15:02On va faire...
15:04Je l'ai lu, oui.
15:05Voilà.
15:06Et donc, je vais prendre quelques territoires.
15:09Il savait déjà où ces films avaient cartonné.
15:11Et il a pris les territoires.
15:12Il a fait le film.
15:13Et voilà.
15:14Mais donc, oui.
15:15Et son cachet a été, bon, peu importe.
15:17Et non, le film était formidable.
15:19Il savait où est-ce que ça allait marcher.
15:21Il comprenait aussi ce qui se passait à l'étranger.
15:23La manière avec laquelle le film était appréhendé.
15:26Ce qui est assez incroyable.
15:28Non, mais il savait que c'était un grand scénario.
15:30Et le film a très bien marché en France aussi.
15:32Et c'est le moment où Alain Delon est élevé au rang de star internationale.
15:35Après ses deux performances magistrales dans plein soleil.
15:38On va voir encore l'affiche du film Eroco et ses frères.
15:41Et c'est vrai qu'à ce moment-là, il n'aspire qu'à une seule chose.
15:44Donc, tourner avec le vieux, c'était une véritable...
15:46C'était une envie, une obsession.
15:48Le gras...
15:49Je pense que c'était...
15:54Oui, il avait un respect énorme, immense.
15:57C'était aussi l'envie de se mesurer.
16:01Parce qu'il était comme ça.
16:03Donc, il voulait se mesurer avec respect.
16:06D'ailleurs, il a engagé...
16:07Il a organisé, quelques années plus tard, des combats de boxe.
16:11Donc, si vous voulez, il y a quelque chose aussi.
16:14Je me mesure avec respect.
16:15Regardez les boxeurs en boxe anglaise, en tout cas.
16:18Là, il s'affronte et à la fin du combat, il se...
16:20C'est beau ce que vous dites, se mesurer avec respect.
16:22C'est-à-dire, c'est pas de l'arrogance, au contraire.
16:24Non.
16:24C'est même une forme de...
16:26Mais plus l'adversaire est vaillant, c'est les samouraïs.
16:30Plus l'adversaire est vaillant et plus on le respecte.
16:33D'ailleurs, on ne se dépasse...
16:34Un joueur de tennis ne se dépasse qu'avec un grand joueur.
16:37Et un grand acteur ne se dépassera qu'avec un acteur magnifique en face.
16:43Alain Delon n'aura plus rien à prouver.
16:46C'était une légende qui traversait le temps.
16:48Comme lorsqu'il fait ses...
16:49Alors, on fait des va-et-vient, Anthony Delon.
16:51Lorsqu'il fait ses adieux au public, au Festival de Cannes, en 2019,
16:55il reçoit alors une palme d'or d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.
16:59Un hommage posthume et de mon vivant.
17:02Formidable phrase.
17:03Il n'y avait que lui pour la trouver.
17:05Mais regardons quand même ce moment ensemble.
17:09En l'honneur de ses 62 ans de carrière,
17:12le Festival de Cannes va lui décerner une palme d'or.
17:18Ce qu'on retient de cette cérémonie, c'est qu'il était bouleversé.
17:23C'est son émotion.
17:26C'était très, très émouvant.
17:29D'abord parce qu'Alain, il n'était pas venu à Cannes depuis je ne sais pas combien d'années.
17:35La salle se lève.
17:37Elle lui fait une ovation.
17:39Il avait les larmes aux yeux.
17:48Son discours va être à son image.
17:52Accompagné de sa fille Anoushka,
17:54alors que tous les professionnels le félicitent pour sa carrière,
18:00lui considère qu'ils sont réunis pour l'enterrer.
18:04Je vais vous demander pardon parce que ce soir,
18:09pour moi, plus qu'une fin de carrière,
18:13je pense que c'est une fin de vie.
18:19Ce soir, c'est un peu un hommage posthume,
18:24mais de mon vivant.
18:28Il signait sa dernière page.
18:30Il signait ses adieux.
18:32Et quand il dit, vous me faites un hommage posthume,
18:36quelque part, c'est pas qu'il se mélange,
18:39c'est que pour lui, après, on ne le verra plus.
18:43Tandis que le monde du 7e art lui rend hommage.
18:45Lui, il rappellera toujours ce qu'il doit.
18:46C'est-à-dire qu'il doit tout au public.
18:48Ce sera l'une de ses dernières apparitions.
18:50Malheureusement, après, il y aura cet accident vasculaire.
18:52Vous aviez échangé sur ce moment ?
18:55On a échangé avant.
18:58Parce qu'en fait, ça faisait quand même quelques temps,
19:03quelques années, que le festival tournait autour.
19:07Je crois qu'ils en avaient donné à Jean-Paul aussi.
19:09Oui, évidemment, oui.
19:13Et ça ne lui plaisait pas trop, en fait.
19:16Parce qu'effectivement, on va me donner ça,
19:18c'est parce que je vais crever.
19:19Il disait comme ça, crever, putain.
19:21Et donc, voilà.
19:24Mais en même temps, je pense qu'il était heureux et honoré.
19:29Il y a le public et il y a le métier.
19:33Il a toujours eu un rapport un peu…
19:34Toujours, ambivalent.
19:35Ambivalent avec le métier, jamais avec le public.
19:39Cette palme, elle est…
19:42Adouchie.
19:42Adouchie, bien sûr.
19:44Dans la maison, dans le musée, quelque part.
19:47Elle est là, quelque part.
19:49Lorsqu'on dit que Delon, c'est le patrimoine français,
19:51d'abord, ça l'est aussi pour son talent, bien entendu, Anthony Delon,
19:53mais aussi par sa beauté.
19:54La beauté du diable, pour certains.
19:56Une beauté indomptable, fière.
19:58Alors, regardons un autre extrait à présent,
20:00au sujet de cette beauté magnétique.
20:03Alors, ce n'est pas lui qui en parle,
20:05parce que je crois qu'il n'aimait pas en parler.
20:08Il ne se trouvait même pas forcément beau.
20:10Je l'ai entendu une fois dire cela, ce qui paraît…
20:12Oui, bien.
20:13Je vois à votre mou que c'est difficile
20:16que même lui ne l'accepte pas, effectivement.
20:18Oui, il le savait très bien.
20:19Il le savait très bien.
20:21Regardons cet extrait à ce sujet-là.
20:23Ça n'a rien d'une beauté fade.
20:25La beauté de certains mannequins, par exemple,
20:29bon, so what ?
20:31Ce n'est pas une beauté juste des traits.
20:34C'est un regard, c'est un magnétisme, voilà.
20:36Il est magnétique.
20:38La première fois, oui, on est frappé par sa beauté.
20:42C'est incroyable quand on voit Jean-Paul Belmondo et Alain Delon sortir de l'eau,
20:47ce fameux plan avec leur maillot de bain.
20:50C'est inouï, quoi, la beauté, l'assurance.
20:55Delon a cette particularité qu'il ne faut jamais oublier,
20:58qui est, qui séduit autant les hommes que les femmes.
21:03C'est quelqu'un qui a à la fois d'un côté une extrême féminité,
21:07une espèce de délicatesse, de finesse, d'élégance, etc.,
21:10et une grande sauvagerie.
21:13Je disais tout à l'heure que les gens n'ont pas d'âge
21:15et qu'elles ont seulement les rites de notre regard.
21:19C'est vrai que quand on le regarde, là, autour de nous,
21:22il y a quasiment tous les âges, très, très jeunes derrière vous,
21:26plus âgés derrière moi,
21:28mais c'est vrai que c'est difficile de donner un âge,
21:32si ce n'est à travers notre regard.
21:33J'imagine que ceux qui nous regardent ce soir
21:35et qui feuillettent cet album avec nous
21:38se disent finalement que c'est intemporel, tout ça.
21:40C'est pour ça que c'est le patrimoine.
21:42– Il vous dirait que la vie est injuste quand même.
21:49– La sienne l'a été.
21:51– Pardon ?
21:52– La sienne l'a été.
21:52– Non, mais par rapport à ça, par rapport à la beauté,
21:55par rapport au vieillissement,
21:56je veux dire, c'est quelque chose dans sa vie qui a été compliqué.
21:59Il le dit, il l'a dit, ses 50 ans,
22:02c'était un moment charnière, ça a été compliqué pour lui.
22:05Mais vous savez, juste pour revenir sur cette beauté,
22:09il y a des acteurs, un acteur en particulier
22:12qui est fou de mon père, que j'aime beaucoup,
22:16qui dit « Dieu créa de l'on ».
22:18Moi, je préfère dire « l'univers créa de l'on ».
22:22Mais parce que c'est vraiment ça.
22:26Et en fait, ce qui est incroyable,
22:28alors nous, les acteurs, on le sait,
22:30je ne sais pas qui disait la beauté du mannequin,
22:32un peu fade, etc.
22:33Mais il y a un autre truc, c'est que lui,
22:38et c'est pour ça que c'est l'univers qui l'a créé,
22:40c'est sa vocation première, parce qu'il a un destin,
22:44c'est qu'en fait, quel que soit l'angle sur lequel vous le filmez,
22:48il était beau.
22:50– Regardez ici avec Romy.
22:51– Non, mais quel que soit,
22:53c'est-à-dire que même si vous venez en contre-plongée comme ça,
22:56avec un travelling, pas plus arrivé,
22:58et le mec, il est beau.
23:00Je veux dire, il y a plein d'acteurs,
23:01et moi, pareil, je veux dire,
23:04vous arrivez, on a un bon profil, un mauvais profil,
23:06si tu me prends comme ça,
23:07oh putain, je vais avoir une tranche de Dalton.
23:10Mec, même bourré,
23:11j'ai vu l'autre jour une photo de lui,
23:13il avait une trentaine d'années, il a été bourré.
23:15Quand on fait une sélection de photos,
23:16on va dire, tiens, celle-là, je la prends,
23:17parce que j'ai l'air sympa.
23:19Nous, les photos bourrées, c'est catastrophique.
23:21Et donc, en fait, tous les profils, tous les angles,
23:25il a été fait pour la caméra, pour le cinéma.
23:29Le cinéma français, ou le cinéma en général,
23:32manque de ce magnétisme-là,
23:35de cette aura-là, de cette beauté-là, aujourd'hui ?
23:39Évidemment.
23:41Enfin, comme je l'ai dit tout à l'heure,
23:43il y en a eu un.
23:44Et puis, il y a aussi sa filmographie,
23:46parce qu'il faut juste dire ça, quand même.
23:49Il a fait une centaine de films,
23:51mais il a fait quelque chose que très, très peu d'acteurs ont fait.
23:54En 20 ans, entre 58 et 77, 79, par là,
24:00en tout cas, en 20 ans,
24:01il a fait trois films par an.
24:03Donc, il a fait 60 films.
24:05Parmi ces 60 films, il a fait, au choix,
24:09trois, voire quatre chefs-d'œuvre.
24:10Mais au moins trois, c'est sûr.
24:12Ça, c'est, on ne peut pas aller discuter.
24:15Et une quinzaine de grands films.
24:17Il n'y a pas beaucoup d'acteurs qui ont fait la même chose.
24:19Parce que trois chefs-d'œuvre, il faut les faire.
24:21Les trois chefs-d'œuvre sont...
24:22Trois films cultes ?
24:22Oui.
24:22Eh bien, Rocco, plein soleil, le guépard.
24:27Et après, vous pouvez rajouter M. Klein.
24:31Ça, c'est en fonction.
24:32Mais en tout cas, trois, c'est sûr.
24:35Il faut parler du guépard.
24:36Ce n'est pas un hasard qu'il ait tourné dans le guépard.
24:38C'est aussi un guépard.
24:40Beaucoup le disaient.
24:40Forcément, un guépard, vous ne pouvez pas le mettre dans une case.
24:42Vous ne pouvez pas l'enfermer.
24:43Vous ne pouvez pas l'étiqueter.
24:45Vous ne pouvez pas vous dire, là, ici, tu es là et tu ne bouges pas.
24:48Ce côté félin.
24:50Oui, l'animal sauvage.
24:51Oui.
24:52Le loup est l'animal sauvage par excellence aussi.
24:55Il adorait les loups.
24:58Entre chiens et loup, alors ?
24:59Entre chiens et loup.
25:00Moi aussi, j'aime les loups.
25:01Ma fille s'appelle loup, ma fille aînée.
25:05Mais en tout cas, oui, le guépard...
25:07Je ne sais pas si on a vu des guépards dans les cirques.
25:12Je ne suis pas sûr.
25:13Des tigres, des lions, des guépards.
25:14Je ne crois pas.
25:14Des loups, je suis sûr que non.
25:15On ne peut pas les enfermer.
25:16Les loups, on ne peut pas.
25:17Non.
25:17On ne peut pas les dresser.
25:20Oui, alors, donc, homme indomptable, acteur tourmenté aussi.
25:25Vous diriez vraiment que les tourments...
25:27Les tourments, à l'image, ça donne une intensité incroyable aussi.
25:30Il n'y a pas pire, vous disiez tout à l'heure, la beauté d'un mannequin.
25:33Il n'y a pas pire que quelque chose qui est fade.
25:35Oui.
25:36Il n'y a pas pire que le plus beau des regards peut avoir une tiédeur incroyable.
25:40Alors que lui, c'est l'intensité, c'est le feu qui brûle.
25:42C'est l'intensité.
25:43Et ce qui a fait aussi sa filmographie, ce qui a fait son talent, c'est à la base, si
25:48vous voulez...
25:49Alors, il y a ce physique, il y a sa gestuelle, il y a ces trois metteurs en scène qui
25:54l'ont façonné.
25:55C'est-à-dire que Clément lui a appris à regarder la caméra, lui a appris à bouger, lui a
26:01appris à séduire la caméra.
26:03Enfin, Visconti, il lui a appris à sortir l'émotion dans Rocco, moi qui ai mon film préféré, mais parce
26:13que je vois l'enfant dans Rocco.
26:16Et Melville lui a appris la stature, il lui a appris à faire parler les silences.
26:23Voilà.
26:23Et à partir de là, il y a ce diamant qui était brut et ces trois génies qui l'ont
26:28façonné.
26:29Après, il pouvait partir, il pouvait...
26:30Je réfléchis pendant que vous décriviez ce diamant brut façonné, je me dis, qui aujourd'hui ?
26:36Parmi même les plus grandes stars américaines, qui arrive à faire parler les silences ?
26:40Qui arrive à faire sortir des émotions aussi brutes comme ça ?
26:43Qui arrive ?
26:44Il y a quelques grands acteurs quand même.
26:46Je pense, là, comme ça tout de suite, je pense à Daniel Day-Louis par exemple.
26:49Ah oui ?
26:50Oui.
26:51Oui.
26:52Il n'a pas son physique, mais c'est un des plus grands acteurs du monde pour moi.
26:57Il y en a quelques-uns.
26:58Mais bon, on est là, on est en France, on l'a lui et je pense vraiment qu'il faut,
27:04aujourd'hui, deux ans après, il faut faire vivre cet acteur.
27:12Quand il entre sur un plateau, sur une scène, il irradie, il illumine le lieu, mais pour l'illuminer, il
27:16faut aussi brûler d'un feu intérieur.
27:19Enfant terrible, enfant terriblement malheureux, dira-t-il.
27:22Enfant terrible et père sévère, surtout père attentif, contrairement à ce que certains peuvent croire.
27:28Regardons l'extrait d'un documentaire sur la façon dont il appréhende lui-même l'éducation de ses enfants, et
27:34en particulier, évidemment, la vôtre, vue par lui et par ses proches.
27:37La manière dont on déduque, dont on, finalement, c'est le devoir de transmission.
27:44Difficile de se faire un prénom lorsqu'on est le fils d'Alain Delon.
27:48Anthony est l'aîné de la fratrie.
27:52Né du mariage entre son père et la comédienne Francine Canova.
28:00Ses parents se séparent quand il a 4 ans.
28:05Il vit une enfance turbulente, avec un père qui se montre dur, et veut inculquer à son fils rigueur et
28:12discipline.
28:14Ah, je crois que je suis un père assez sévère, c'est-à-dire que...
28:17Il est bon élève, Anthony ?
28:18Il n'est pas très très bon élève, mais je veux dire, ça viendra, je crois qu'il a encore
28:22le temps.
28:22Mais ce qui compte, ce qui est plus important, c'est qu'il a une bonne moralité, une bonne mentalité,
28:26un cœur comme ça.
28:28Véronique de Villel a vu grandir Anthony.
28:30C'est une amie de plus de 50 ans d'Alain Delon, à l'époque en couple avec Mireille d
28:35'Arc.
28:36C'était un père qui était très aimant avec lui, mais il avait cette espèce de droiture et de dureté,
28:43même, quelque part.
28:44Alors qu'Anthony, c'était un petit garçon qui n'aimait que faire des bêtises, pour parler vulgairement que déconner.
28:50Moi, je l'ai protégé 50 fois, 50 fois.
28:53Mireille, je n'en parle même pas.
28:55Quand il faisait une connerie, elle lui disait, bon, je te signale, Anthony, attention, si tu sors cette nuit en
29:01douce,
29:02il t'attend devant la porte avec trois copains, garde du corps, ça va chauffer pour toi.
29:06Eh bien, il y allait quand même.
29:08Vous voyez, pour tous ceux qui ont tellement insisté sur la sévérité d'un père,
29:12je trouve que ces mots sont magnifiques, vous concernant la moralité.
29:17Oui, oui, bien sûr.
29:18Un cœur gros comme ça.
29:19Qu'est-ce qu'il y a de plus beau que quand on dit cela à un enfant ?
29:23Il ne me l'a jamais dit, mais en tout cas, je l'ai vu, effectivement, en parler.
29:29Mais il a raison.
29:32Parce qu'en fait, c'est dans les premières années, comment dire, les premières années, nos premières années ont été
29:44très fusionnelles.
29:48Quand j'étais petit, quand j'étais très jeune, jeune enfant.
29:52Et moi, je sais qui il était au fond.
29:58Et lui, il savait qui j'étais aussi.
30:01Et ça ne nous a pas empêché de nous affronter, de nous disputer.
30:08Mais il a raison.
30:11Et moi, je sais qui il est.
30:12Et d'ailleurs, aujourd'hui, naturellement, enfin naturellement non, mais c'est vrai que...
30:21Comment dire ?
30:23Après avoir perdu mes parents,
30:26ma mère, mon père, tous les gens que j'aimais, qui faisaient partie de ma famille d'avant.
30:32Il y a une chose, c'est que, avec un peu de temps, je me suis rendu compte que je
30:37remontais le film.
30:40Et en fait, il ne reste que les bons souvenirs et l'essentiel.
30:43Et l'essentiel, c'est l'enfance.
30:46Et c'est ce qu'il dit là.
30:48Et moi, il ne reste que ça.
30:50Comme un diamant qu'on taille, il ne reste que les bons souvenirs.
30:52Donc, les disputes dont vous parlez, Mémorable, parce qu'elles devaient être assez rudes, ces disputes avec des personnages, vous
30:59et lui, ne restent que les bons souvenirs de l'enfance.
31:03Ce n'est pas un choix.
31:05C'est comme ça, c'est inconscient, je m'en suis rendu compte.
31:10C'est fort, parce que la plupart, je n'emploie jamais l'expression de fils d'eux, mais malgré tout,
31:15pour se construire, pour construire et se construire, il faut tuer le père.
31:19Écoutez, moi, je me suis toujours battu pour me faire un prénom.
31:24Je me suis toujours battu pour qu'on m'appelle Anthony.
31:28C'était mon prénom, c'était mon identité.
31:30Si je n'ai pas cette identité-là, je n'ai rien.
31:34Donc, à 18 ans, j'ai commencé à travailler, j'ai monté ma ligne de cuir.
31:41Voilà, elle a eu beaucoup de succès, puis après, il y a eu des problèmes, et puis après, je me
31:45suis retrouvé...
31:46Mais sans rupture nette avec lui, jamais.
31:49Comment ?
31:49Il n'y a pas eu de rupture nette avec lui.
31:52Ça veut dire quoi, de rupture nette ?
31:53Des années, si, on s'est fâchés.
31:55D'éloignement total ?
31:58Non, parce qu'il était traditionnaliste sur les anniversaires, sur la Sainte-Alain, la Sainte-Antoine, parce qu'Anthony n
32:08'existait pas.
32:09Enfin, je suis né aux États-Unis, c'est mon vrai prénom.
32:13Mais, voilà, il faut tuer le père, oui, ou tuer la mère, mais je...
32:24Oui, écoutez, moi, je me suis battu en tout cas pour...
32:26Aujourd'hui, vous êtes là pour le faire vivre et continuer à revivre.
32:28Ah bah oui, parce que c'est fini, maintenant.
32:30Vous continuez à faire vivre sa mémoire avec pudeur, d'ailleurs, on le voit ce soir.
32:34Encore récemment, le 18 août 2026, qui a marqué l'anniversaire de sa disparition,
32:39vous avez simplement écrit sur votre story Instagram, vous avez marqué la date avec un cliché de votre père, sans
32:47doute à Douchy, d'ailleurs.
32:49On va la voir avec son dernier chien, Loubo, c'est bien ça ?
32:53Loubo.
32:54Oui. Je dis pudeur parce que c'est d'abord lui, c'est lui, évidemment, et l'amour de ses...
33:01Je ne sais pas si il disait ses bêtes, ses chiens, ses bêtes, voilà, c'est pour ça que je
33:04reprends l'expression de ses bêtes.
33:08Pourquoi est-ce qu'il a refusé un hommage national ?
33:10Je vous pose la question parce qu'il a toujours exprimé de son vivant qu'il ne voulait pas d
33:14'un tel cérémonial.
33:15Pourquoi ? Est-ce que ça n'aurait pas permis une plus grande communion ?
33:18Est-ce que ça n'aurait pas été plus simple de faire vivre ce devoir de mémoire ?
33:25Je pense que faire vivre le devoir de mémoire grâce à un hommage national, je pense que ça n'aurait
33:30pas changé grand-chose.
33:33Non, parce que c'est un beau moment. Mais puis ensuite, vous savez, je ne sais plus qui...
33:38Comme Johnny Hallyday, on va voir aussi tout à l'heure...
33:42Personne n'y pense. On pense à Johnny, on pense à ses chansons, on pense à Belmondo, mais on ne
33:49pense plus à l'hommage aux Invalides.
33:52Ça tient à quoi ? Pourquoi alors ? C'est quoi ? C'est une rupture dans la mémoire des
33:56Français ?
33:57Non.
33:58C'est les trop grandes difficultés que l'on vit qui ne nous font plus penser à ce qui nous
34:01a rassemblés, à ce qui nous a émus, à ce qui nous a fait pleurer parfois ?
34:06Un hommage national, ça dure une heure. Une carrière, c'est des années. Johnny, les chansons de Johnny, elles sont
34:13immortelles.
34:14Ces films-là, elles sont immortelles aussi. Donc on se rappelle de ça. Je veux dire, non, mais je pense
34:20que l'hommage national, je parle pour moi, c'est vrai qu'il l'a refusé.
34:25C'est vrai qu'on... Nous, en tout cas, je parle de moi, on me l'a demandé.
34:30On vous l'a demandé, avec le président, on vous l'a demandé.
34:32Oui. Quand vous avez le président ou la première dame qui vous appelle et qui vous dit, voilà, il y
34:37a...
34:37Bon. Et c'est vrai que, à ce moment-là, vous êtes dans la peine, vous êtes dans le deuil,
34:44dans la souffrance.
34:45Et c'est vrai que cette communion est magnifique et qu'elle... Moi, j'avais envie de dire oui.
34:51Parce que de voir son public partager ma peine, à ce moment-là, l'accompagner dans cet hommage, mais comme
35:02lui ne voulait pas.
35:03Et puis, ce n'était pas lui, non ?
35:05Comment ?
35:05Ce n'était pas lui. Peut-être que c'est son esprit de... Je ne sais pas si ce n
35:09'est pas un esprit de contradiction.
35:10C'est-à-dire qu'il ne voulait pas d'un tel hommage national.
35:12Mais vous savez, c'était un gaulliste.
35:17Vous voyez, vous me répondez avec retard à la question tout à l'heure.
35:20Non, mais parce que vous ne me l'avez pas posé franchement.
35:22J'attends toujours que les réponses arrivent à un moment.
35:25C'est un gaulliste. Il a été jusqu'à son dernier souffle.
35:29Alors, allez savoir. Qu'est-ce qui s'est passé dans sa tête ?
35:32Est-ce que parce que de Gaulle a refusé l'hommage national, Delon va le refuser aussi ? Je ne
35:37sais pas.
35:37Il devrait y avoir un film sur sa vie comme pour de Gaulle.
35:40Vous voyez la pétence qu'il y a là pour les films autour de Gaulle.
35:44Oui, je sais. Magnifique, les deux-là.
35:47Ils n'ont qu'à le faire.
35:48En tout cas, la différence sur ce sujet est réel avec Jean-Paul Belmandeau.
35:52C'est vrai qu'elle a duré un temps, mais cette cérémonie, quand même,
35:55on se souvient tous et on va la voir, il y avait une forme de communion.
35:58Les gens pleuraient.
35:59C'est ce que je disais.
36:01Et quand le cercueil est sorti des Invalides, vous voulez qu'on regarde ?
36:04Avec joie.
36:04Allez, on s'y replonge.
37:07Vous voyez, c'est exactement ce que je vous ai dit tout à l'heure.
37:10C'est ce que j'ai imaginé et bien évidemment que c'est magnifique.
37:17En plus, pour Jean-Paul, c'est magnifique et pour mon père, ça aurait été magnifique.
37:21Et bien sûr que j'y ai pensé, bien sûr que j'ai eu envie de...
37:24Après, je n'étais pas tout seul, on était trois.
37:26Mais de dire, OK.
37:29Mais après, il y a ce que lui a demandé.
37:31Mais vous en avez discuté ensemble.
37:33Vous vous êtes dit, pourquoi pas ?
37:35Non.
37:35Un moment suspendu, hors du temps.
37:36Non, parce que moi, je suis comme ça.
37:38C'est-à-dire que j'ai eu envie, j'aurais aimé cette communion avec le public.
37:43Mais s'il a dit c'est non, c'est non.
37:47C'est lui d'abord.
37:48Ce moment, il est magnifique sur la musique, évidemment.
37:51Tout le monde aurait chialé.
37:52Des New Morricones professionnels.
37:54Oui, j'adore cette chanson.
37:56Magnifique.
37:57On voit défiler tout.
37:58On aurait pu mettre Deux Hommes dans la Ville.
38:01Ah oui, tout à fait.
38:01La chanson Deux Hommes dans la Ville.
38:02Moi, à chaque fois, j'y vais.
38:06Bebel, si je peux me permettre, est de long.
38:08Il s'aimait, il s'est jaugé là encore comme deux grands champions.
38:12Oui, comme deux grands faux.
38:13Oui, se mesure, se regarde.
38:15Se regarde en chien de paillant.
38:16Moi, il disait, un coup lui, un coup moi, un coup lui, un coup moi, avec les poings fermés, comme
38:21ça.
38:21Elle est belle, cette photo.
38:22Et on voit, mis à part les gueules, regarder les carrures, quand même.
38:26Oui, ce n'est pas des rigolos.
38:28Le bras de fer dit tout.
38:30Le sourire dit tout.
38:32Qu'est-ce qu'elle symbolise pour vous, cette photo ?
38:38Toute ma vie, quelque part.
38:39Parce qu'il y a mon père à droite.
38:42Et vous savez, moi, j'aimais beaucoup, beaucoup Jean-Paul.
38:45Et je le connaissais, bien sûr, personnellement.
38:47On se croisait souvent.
38:49On a été voir des matchs de boxe ensemble.
38:51Et j'aimais vraiment beaucoup.
38:53D'ailleurs, je suis très ami avec Paul, que j'aime aussi beaucoup.
38:56Et son petit-fils aussi, Victor.
38:59Enfin, ses trois petits-fils.
39:01Mais Victor, qui fait une carrière, un début de carrière remarquable.
39:07Et qui a un, j'allais dire un gosse.
39:10Un gosse, il a 32, 33 ans.
39:11Mais qui a une humilité.
39:14Un professionnalisme.
39:15Il est bien élevé.
39:17La dernière fois qu'on s'est vu, bon, c'était, en plus, il représente maintenant la maison Berlouti.
39:22Mais il est très, très bien élevé.
39:24Et moi, je trouve qu'il fait vraiment un début de carrière remarquable.
39:29Et donc, voilà.
39:30Et Jean-Paul...
39:31Donc, les fils d'eux, les petits-fils d'eux, y arrivent.
39:34Parfois, on dit que la situation n'est pas enviable.
39:37Mais ils y arrivent.
39:39Vous y êtes arrivé.
39:40Vous avez votre parcours, votre carrière.
39:41Oui, c'est pas terminé.
39:42Oui.
39:43Non, mais on vous souhaite le meilleur.
39:44Oui.
39:47Écoutons Henri-Jean Servat, qui évoque malgré tout.
39:50Parce qu'il faut raconter qu'il y a des difficultés de carrière.
39:52Évidemment, vous portez aussi, oserais-je dire, un poids.
39:56En tous les cas, un héritage.
40:00Anthony Delon entretient longtemps avec son père des rapports conflictuels.
40:04Et lorsqu'il se lance dans le cinéma, son père ne lui ouvre pas les portes.
40:09Le fils souffre d'être sans cesse comparé à lui.
40:13Comme le raconte le journaliste Henri-Jean Servat, témoin d'un tournage où jouait Anthony.
40:18Sur tout le tournage, Jeanne Moreau, Anthony, elle appelait Alain.
40:22Alain, vous avez...
40:23Ah non, Anthony.
40:24Alain, Anthony.
40:26Et en riant, on m'a dit, tu vois mon problème ?
40:28Voilà, mon problème, c'est ça.
40:29Partout où je passe, on me met mon père dans la figure.
40:32Comme il a d'abord une beauté qui est la même que celle de son père,
40:35il ressemble à son père, il veut être acteur de cinéma,
40:39il tourne avec des gens qui ont été des partenaires, des amis,
40:42des directeurs qui ont dirigé son père.
40:44Donc c'est difficile pour lui.
40:48C'était juste Jeanne Moreau qui effectivement m'appelait de temps en temps,
40:53au lieu de m'appeler Anthony, il m'appelait Alain, mais c'est Jeanne Moreau.
40:56Je n'ai pas eu ce...
40:58Non, ailleurs, je n'ai pas eu ce problème-là.
41:00Enfin, c'est arrivé dans la vie.
41:03Même avec des gens très proches, comme Véronique ou d'autres qui...
41:06Vous avez une ressemblance qui est réelle.
41:08Non, mais c'est automatique.
41:09D'ailleurs, même une manière de bouger, de vous installer, qui est réelle.
41:15J'ai eu l'occasion, l'honneur et la chance d'interviewer votre père.
41:21Et c'est vrai qu'il y a une ressemblance, mais pas seulement, vous voyez, physique.
41:24Il y a une ressemblance dans la présence.
41:27C'est un compliment pour vous.
41:29Oui, merci, Sonia.
41:29Non, non, non, ce n'est pas pour vous remercier, c'est pour savoir comment vous vous prenez aujourd'hui.
41:33Mais ma mère et mon père se ressemblaient pas mal aussi.
41:36Elle était belle.
41:37Vous avez raison, c'est injuste de ne pas suffisamment parler de votre mère.
41:39Vous avez entièrement raison.
41:41Aussi, c'est important.
41:41Oui, mais là, c'est un hommage à mon père.
41:45Mais c'est aussi un hommage à une famille, donc à un patrimoine, à un nom.
41:48Il y a aussi, on arrive presque à la fin de notre entretien, Anthony Delon,
41:51beaucoup de curiosités, d'emballements, de manière générale,
41:55de révélations vraies ou fausses, je ne rentrerai pas dans les détails,
41:58concernant, vous concernant, concernant plus largement votre famille.
42:01Comment vous vivez tout ça ?
42:02Comment vous vivez par rapport à ceux qui règlent des comptes,
42:06qui sont votre dos, s'ils peuvent vous faire de l'argent et autres ?
42:09Est-ce qu'aujourd'hui, on est détaché ?
42:10Est-ce qu'aujourd'hui, quand on rend hommage à son père
42:12et qu'on a ce devoir de mémoire chevillé au corps,
42:15on est passé à autre chose ?
42:18Ceux qui règlent des comptes sur mon dos ?
42:20– Toujours, j'imagine, quand on écrit un livre sur votre père,
42:23il y en a eu tellement.
42:24– Ah, ça !
42:25– Oui.
42:25– Ah oui.
42:26– Est-ce qu'aujourd'hui, vous êtes détaché de tout cela ?
42:30– Oui et non.
42:32C'est oui et non.
42:35Voilà, il avait fait interdire à l'époque la biographie de Bernard Violet,
42:39qui est revenu.
42:42En fait, si vous voulez, quand il est parti,
42:43j'ai eu l'impression que tous les rats se sont jetés sur ces jarrets.
42:51Vous voyez, comme on dit, sur les jarrets du sanglier.
42:54Ils sont tous sortis des boîtes avec des histoires,
42:59sur ma mère aussi, sur mon père, sur ma mère, sur des choses.
43:03Mais bon, au début, c'est vrai que ça enrage un peu,
43:08puis après, on passe au-dessus.
43:10Puis heureusement, le temps passe et les gens…
43:12– On ne peut pas se dire que c'est le revers de la médaille.
43:14– Non, non.
43:15– Parce que ça heurte, ça choque toujours,
43:16quand il s'agit de ses parents, de sa propre chair, en réalité.
43:20Qui, aujourd'hui ?
43:21Quand vous dites devoir de mémoire,
43:22comment vous arrivez à sanctuariser, à protéger tout cela ?
43:26Son image ?
43:28– Je ne peux pas.
43:29Elle ne m'appartient pas.
43:31Alors moi, je peux faire mon travail, moi.
43:33– Vous êtes quand même l'un des gardiens du temple.
43:35– Oui, mais je veux dire, son image ne m'appartient pas.
43:38Elle appartient au public.
43:41Aujourd'hui, en plus, avec les réseaux sociaux,
43:44tout le monde s'exprime.
43:48Alors moi, je peux faire mon travail de mémoire,
43:51c'est-à-dire comme je suis venu faire ce soir.
43:53Je peux effectivement essayer de lancer des perches
43:57en disant faisons-ci, faisons-ça.
43:59Je le fais à mon niveau.
44:00– Appeler aux mairies, aux communes,
44:03pour qu'il y ait quand même des choses qui s'organisent, qui se…
44:07– Oui, oui, bien sûr.
44:08Mais écoutez, j'ai reçu une ou deux demandes.
44:10Alors il y en avait une qui était un peu étrange.
44:13C'était pour mettre une plaque là où était le cinéma, le Normandie.
44:18Mais aujourd'hui, sur les Champs-Elysées, il n'y a plus un cinéma.
44:22Donc ça n'a aucun sens.
44:24C'est une grande allée de boutique, de luxe.
44:28Donc j'ai dit non.
44:32Mais il y en aura d'autres.
44:34Il y a eu la ville de Cannes, il y a eu ma sœur qui a…
44:37– Et en hommage au maire de Cannes, David Lissnard, aussi.
44:41– Voilà, en tout cas avec une exposition photo.
44:43Et puis il y a ma fille cadette qui a été…
44:46Puisqu'on a donné au parvis de l'université.
44:49Eh oui, le parvis à l'indelon.
44:52Donc ma fille cadette a été là-bas.
44:54Moi, je ne pouvais pas.
44:56Et puis il y a eu l'un, mais il y en aura plein d'autres, j'en suis sûr.
44:59– Vous permettez, pour les dernières questions,
45:01que j'en trouve simplement le portail de Douchy,
45:03simplement pour vous demander si un jour on vous retrouvera tous
45:06avec votre frère et votre sœur réunis ?
45:09– À Douchy ?
45:10– Oui.
45:12– Écoutez, j'en sais rien.
45:14Moi, je ne sais pas.
45:17Je ne sais pas si on sera un jour à Douchy, réunis.
45:21Moi, je parle à ma sœur.
45:24Comme je l'ai dit, je veux dire, mon combat s'est arrêté
45:27le jour où mon père est parti à Douchy.
45:29Parce que c'est là qu'il voulait partir.
45:31Regardez, il y est enterré.
45:32À partir de là, moi, j'ai rangé l'âge de guerre.
45:36Après, si d'autres la ressortent, c'est leur problème.
45:40– On pourra un jour visiter la tombe de votre père à Douchy
45:45ou cela vous choque complètement ?
45:46Est-ce qu'un jour, ceux qui nous regardent ce soir,
45:48qui ont suivi cette émission, qui ont un vrai lien ?
45:50– Sonia, la tombe de mon père, il n'y a pas de sujet.
45:54Non, non, mais je veux dire, quand je dis il n'y a pas de sujet,
45:56ça veut dire que personne n'en a jamais discuté.
45:59Tout ça, c'est des effets de manche.
46:01Mais c'est la loi.
46:03Le jour où on l'a enterré ici, si, c'est la loi.
46:06Vous êtes obligés d'avoir un chemin qui mène à ce lieu.
46:10– Bien sûr.
46:11– Mais si vous voulez, on le sait depuis le jour où il est parti,
46:13et peut-être même avant.
46:15Mais depuis son départ, ça n'a jamais été un sujet.
46:18Mais c'est la loi.
46:19Donc, s'il reste là-bas, il faudra faire des aménagements.
46:24Et puis, il faudra effectivement que…
46:27Mais il n'est pas question de faire autrement.
46:30Mais ce n'est pas…
46:32Ça demande à lui.
46:33Lui, il voulait être enterré à Douchy.
46:34– Et que personne ne vienne sur ces terres.
46:37– Il n'a pas demandé à ce qu'il y ait des foules de gens
46:39qui viennent le voir là-bas.
46:40– C'est donc une…
46:41– Mais on le fera.
46:42Parce que c'est la loi et qu'on va respecter la loi.
46:45– Le plus important,
46:47c'est cet hommage, c'est cette mémoire.
46:49– Oui, c'est ça qui est le plus important.
46:50– Deux ans, devoir de mort.
46:51Comment il peut voir cette situation aujourd'hui ?
46:55– Quelle situation ?
46:56– Deux ans après ?
46:57Non, non, je ne parle pas…
46:59– Lui ?
47:01– Oui.
47:03– Je pense qu'il voudrait…
47:06qu'on évite de montrer une couverture comme celle-là, par exemple.
47:09– Et qu'on montre plutôt cette photo ?
47:12– Parce que, voilà, ça n'a aucun sens.
47:15– Et il aimerait qu'on fasse un devoir de mémoire
47:18et qu'on parle de ses films, de ce qu'il a fait pour son pays.
47:22– Il a racheté l'appel du 18 juin,
47:24qu'il a offert au gouvernement français en 70.
47:27– C'est ça.
47:27– Ça a été aussi un grand collectionneur d'art,
47:29mais c'était avant tout un immense acteur.
47:32et je pense que c'est ça qu'il veut.
47:34Il voudrait que…
47:35C'est cette image-là qu'il veut laisser,
47:37parce qu'il aimait ce métier,
47:38parce que c'était sa vie et il n'y a que ça.
47:41Et s'il a quelque chose à dire, c'est voilà,
47:42j'étais un acteur, j'étais un Indelon,
47:46laissez-moi vivre et faites-moi vivre encore.
47:49– Et on sent le même feu qui vous anime.
47:52– Oh qu'il est important ce devoir de mémoire.
47:53– Merci de l'avoir entretenu ici même, Anthony Delon.
47:56Merci pour la confiance également.
47:58– De rien, merci de m'avoir invité.
47:59– Merci beaucoup, je pense que ces photos,
48:02ces extraits font chaud au cœur et font du bien aujourd'hui.
48:05Merci encore.
48:06– Sous-titrage ST' 501
Commentaires

Recommandations