00:00Alors nous, on est presque étonnés que ces plaintes ne soient pas arrivées plus tôt,
00:04puisque c'était des choses dont parlaient les familles depuis déjà un certain nombre de mois,
00:08des plaintes pour essayer de comprendre la chaîne de responsabilité et pour essayer.
00:13Aujourd'hui, on sait que seulement les mises en cause sont…
00:16Il y a des enquêtes sur ces mises en cause-là, donc les personnes qui sont dénoncées par les enfants,
00:20mais très rarement sur la chaîne administrative, en fait,
00:23de pourquoi les premiers signalements n'ont pas été entendus
00:27et à quel échelon, en fait, ça s'est arrêté
00:31et qui a la responsabilité de ne pas avoir pris des mesures pour protéger les enfants.
00:35Donc ces trois plaintes-là, effectivement, contre Mme Hidalgo et M. Bloch,
00:39elles nous paraissent finalement découler de tout ce qui s'est passé au périscolaire depuis des années
00:44et on imagine bien que ça ne sera pas les dernières.
00:47C'est les trois premières, mais certainement pas les dernières
00:48et que ça donnera probablement des idées et on en entend parler à droite à gauche
00:53en région également de certains collectifs de parents
00:56qui souhaitent porter également en justice plainte contre leur mère
00:59ou contre les adjoints en charge du périscolaire.
01:02Selon vous, et on ne va pas faire le procès avant le procès,
01:05peut-être qu'il n'y aura même pas de procès.
01:07En revanche, d'expérience, puisque vous menez ce combat pour protéger les enfants,
01:11qu'est-ce que l'élu local n'a pas fait pour protéger nos enfants ?
01:16Alors, nous, on se rend compte que dès 2021, on a alerté la mairie de Paris
01:22et que ce qu'on nous a opposé aux quelques réunions qu'on a faites avec M. Bloch et son
01:29équipe,
01:30c'était surtout beaucoup de mépris, de condescendance
01:34et jamais, suite à nos réunions, n'ont été prises des mesures pour protéger les enfants.
01:40Donc, ça nous semble vraiment être une évidence.
01:43S'il y a une responsabilité, on a besoin, nous, collectif SOS Périscolaire,
01:48mais également l'ensemble des familles, et pas seulement les familles plaignantes,
01:51mais l'ensemble des familles d'enfants victimes parisiennes,
01:54de comprendre ce qui a dysfonctionné.
01:55Et notamment, par exemple, depuis 2015,
01:57où en 2015, il y avait un rapport d'inspection générale de la ville de Paris
02:01qui pointait déjà les dysfonctionnements
02:03en termes de protection des enfants au niveau des violences sexuelles.
02:06Et donc, c'est une forme de non-assistance
02:08que vous pointez du côté des plus hauts responsables des villes.
02:12Agnès Évrenne rappelle un chiffre
02:14qui vient justement de votre collectif SOS Périscolaire,
02:19puisque selon vous, 70 départements sont concernés
02:24par ces violences sexuelles dans le périscolaire.
02:28C'est-à-dire que ça n'est pas qu'un enjeu local
02:30et à la ville de Paris, et parisien, par égoparisien,
02:35mais c'est une défaillance nationale.
02:38Oui, tout à fait.
02:39Alors, nous, on recense depuis 2021 tous les signalements qui nous sont faits,
02:43toutes les familles qu'on accompagne,
02:45et on se rend compte que ça couvre vraiment quasiment l'ensemble du territoire.
02:50Alors, pour des violences sexistes et sexuelles,
02:52mais aussi pour des violences psychologiques et des violences physiques
02:55qui sont malheureusement bien souvent très peu prises en compte,
02:58alors qu'il y a des conséquences graves également sur les enfants.
03:01Ça coupe l'ensemble du territoire,
03:02et ça ne s'est absolument pas arrêté avec l'été.
03:04On a eu des très grosses affaires cet été à traiter,
03:08et donc on continue vraiment le rythme.
03:10Malgré les mesures, les quelques mesures mises en place sur Paris,
03:13il y a encore eu des alertes à Paris,
03:15et sur l'ensemble du territoire,
03:17on se rend compte que finalement,
03:18les maires globalement attendent que ça leur tombe dessus
03:21pour prendre des mesures,
03:23des mesures de prévention,
03:25et surtout des mesures d'urgence,
03:26et que ce n'est pas du tout comme ça qu'il faudrait faire.
03:29Il faudrait bien sûr anticiper avant que ça n'arrive.
03:31Pour essayer de rassurer, il nous reste quelques secondes,
03:34Elisabeth Kutkman,
03:35les parents qui vont laisser leurs enfants
03:37pour la rentrée scolaire mardi prochain.
03:40Qu'est-ce qui a changé depuis ces dernières semaines,
03:43ces derniers mois ?
03:45Alors à Paris, les choses ont changé,
03:47c'est-à-dire maintenant,
03:48à partir du moment où il y a un signalement
03:51pour des violences graves,
03:53il y a une suspension à titre conservatoire immédiate,
03:55suivie d'un mail d'information aux familles,
03:57et d'une réunion d'explication aux familles,
04:00ainsi que d'un numéro de téléphone,
04:02de soutien psychologique,
04:04qui est fait par l'OSÉ,
04:06l'œuvre de secours aux enfants.
04:07À Paris, ça a changé.
04:08Ailleurs, sur l'ensemble du territoire,
04:10c'est très timide,
04:11on voit bien que l'ensemble des maires,
04:12et on en a régulièrement au téléphone,
04:15est perdu.
04:16Il n'y a pas de protocole national,
04:17pour l'instant,
04:18qui est donné aux mairies,
04:20et on ne peut pas dire que les choses
04:21ont vraiment radicalement changé en région.
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