00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:02Avec Clélie Mathias sur Europe 1, il est 13h21, l'heure d'accueillir vos deux chroniqueurs du jour.
00:06Clélie avec vous, le journaliste Yvan Riouffol et les journalistes politiques à CNews, Thomas Bonnet.
00:12Bonjour à tous les deux.
00:13Bonjour Clélie, ravie de m'en trouver.
00:14Mais également, soyez les bienvenus en cette rentrée Europe 1.
00:18Bonjour à Géraldine, bonjour Clélie.
00:21On commence par un sujet inquiétant pour le moins, c'est d'ailleurs la question Europe 1 du jour.
00:25Allez-vous inscrire votre enfant au périscolaire ? Vous pouvez voter, donner votre avis sur le site et l'appli
00:30Europe 1.
00:31Pour l'instant, c'est le nom qui est majoritaire.
00:33Et oui, après le scandale des violences dans le périscolaire, certains parents, et on peut les comprendre, sont totalement angoissés.
00:40Ils s'arrangent comme ils peuvent pour éviter parfois la cantine, parfois les activités extrascolaires.
00:46Et en plus, il y a aujourd'hui, on est la veille de la rentrée, un nouveau procès concernant un
00:51animateur
00:51pour des faits qui se sont déroulés dans une école du 15e arrondissement de Paris.
00:56Alors je voulais commencer cette émission et ce débat avec ce sujet-là, avec ces faits de société-là.
01:03Je le disais, c'est angoissant, on peut le comprendre, comment on rassure ?
01:08Vaste question. En fait, il faudrait d'abord s'assurer que tout le nécessaire a été fait pour écarter ce
01:13qui était mis en cause.
01:15Or, je n'en suis pas certain, on a énormément d'exemples, on découvre dans d'autres villes que Paris,
01:20d'ailleurs, des cas.
01:21Donc, je ne sais pas comment les parents peuvent aujourd'hui tenir un discours rassurant, même à l'égard de
01:26leurs enfants.
01:27Il y a aussi un sujet qui est politique, on en parlera sans doute.
01:31Il y a un sujet judiciaire, on voit que les condamnations sont malheureusement très faibles.
01:34Donc je pense qu'il faut d'abord prendre la mesure de ce qui s'est passé,
01:38tirer au clair les responsabilités des uns et des autres, condamner ceux qui doivent l'être,
01:43et ensuite essayer de revenir à un parcours plus apaisé pour ces enfants.
01:48Mais ça va prendre du temps, tout cela.
01:49Je pense que la confiance est rompue dans de nombreux établissements.
01:53Alors, il ne faut pas jeter le propre sur tous les établissements,
01:55mais forcément, il y a de l'inquiétude, c'est légitime.
01:58Je rappelle les chiffres. Depuis début 2026, 132 animateurs ont été suspendus,
02:02et je parle de Paris. 52 pour suspicion de violences sexuelles ou sexistes, c'est énorme.
02:09Et c'est rien qu'à Paris, encore une fois.
02:10C'est énorme, mais ça rentre plus généralement dans la faillite d'un système,
02:14voire même le déclin d'une civilisation,
02:17quand une civilisation n'arrive plus à protéger les plus vulnérables, les improductifs.
02:21Je parle des vieux, je parle des enfants, etc.
02:23Et la faillite d'un système, dans la mesure où l'on voit que ce système n'arrive plus à
02:27protéger.
02:28Il y avait un sondage samedi dans le Figaro qui expliquait la grande colère française.
02:3385% je crois des Français aujourd'hui pensent que le pays est en déclin
02:36et que les hommes politiques sont devenus incompétents.
02:39Et c'est ceci qui apparaît notamment à travers la faillite du service public de l'enfance,
02:44enfin de la petite enfance, avec un manque de vigilance flagrant de la part de ceux qui s'en réclamaient,
02:49des élus qui s'en réclamaient.
02:50Et puis une omerta qui a déjà été décrite ici quand on a abordé ce sujet,
02:54une omerta d'abord de l'administration parisienne, des élus parisiens,
02:58des médias eux-mêmes qui se précipitaient pour dénoncer les crimes pédophiles
03:01quand il s'agissait de l'éducation catholique ou de l'enseignement privé,
03:06ou quand il s'agissait d'ailleurs de dire que ces crimes sexuels s'exerçaient d'abord et prioritairement dans
03:12les familles,
03:12ce qui est vrai aussi d'ailleurs.
03:13Mais enfin, on insistait beaucoup sur la responsabilité de l'enseignement privé ou des familles.
03:18Et on se rend compte aujourd'hui qu'au cœur même du progressisme,
03:21puisque là ça se passe à Paris, dans une municipalité notamment qui se réclame du socialisme en l'occurrence,
03:25on se rend compte qu'il y a eu un abandon de poste.
03:28Et donc, je comprends parfaitement que les familles aujourd'hui,
03:32et c'est encore révélateur d'un autre phénomène qui apparaît,
03:35que j'ai déjà décrit ici depuis longtemps,
03:37c'est que c'est la société civile elle-même, les familles des victimes,
03:41des victimes de violences ou des victimes d'inceste, etc.,
03:44qui prennent le relais et qui essaient de secouer l'apathie générale d'un monde politique et médiatique
03:48qui ne veut rien voir de ce qui se passe sous ses yeux
03:50et qui dénonce en revanche tout ce qui se passe ailleurs.
03:52Alors, on va y venir sur ces questions de responsabilité et de suite judiciaire,
03:56mais pour aller dans la lignée de ce que vous dites,
03:59c'est Yvan Rioufol, écoutez Elisabeth Gutmann,
04:01elle est cofondatrice du collectif SOS Périscolaire,
04:03sur cette inquiétude des parents lors de cette rentrée pour demain,
04:06l'été sur Europe 1 ce matin.
04:08On sent que cette année, vraiment, c'est une année très différente des autres
04:11et que les parents ont peur, sont dans une grande crainte,
04:16se demandent si vraiment ce qui a été mis en place à Paris est efficace,
04:20mais surtout se demandent pourquoi, en dehors de Paris,
04:24beaucoup de communes n'ont absolument rien mis en place.
04:27Et même au niveau de l'éducation nationale,
04:29il y a cette grande peur des familles de l'accueil de leurs enfants mardi,
04:34de comment ils vont être accueillés,
04:35est-ce que les équipes, même éducatives,
04:37est-ce que les directeurs et directrices d'école,
04:39est-ce que les enseignants ont été préparés à l'accueil de ces enfants
04:42qui portent des séquelles très lourdes ?
04:44Voilà, c'est une vraie question pour les familles, une grande inquiétude.
04:47Bien sûr que c'est une vraie question pour les familles, il y a cette angoisse.
04:50Alors, il y a aussi la question des responsabilités,
04:52vous l'avez tous deux évoquée, Yvan Riaufol et Thomas Bonnet,
04:55sachant qu'il y a plusieurs choses,
04:56pour essayer de déterminer les responsabilités,
05:00il y a une commission d'enquête au Sénat,
05:03et puis il y a eu, là, on l'a appris en fin de semaine dernière,
05:06des plaintes, cette fois-ci, directes contre l'ancienne maire de Paris, Anne Hidalgo,
05:10son ancien premier adjoint, Patrick Bloch, aussi,
05:12qui sont mis en cause par des familles d'enfants victimes d'agressions sexuelles
05:17sur le temps périscolaire, c'était à l'école Saint-Dominique.
05:20Là, ils sont directement visés par trois plaintes
05:22pour non-assistance à personne en danger.
05:24Il est temps que l'équipe municipale précédente rende des comptes,
05:28c'est évident, c'est-à-dire que des alertes ont été lancées dès 2013-2015.
05:3215, surtout, on s'en souvient.
05:33Surtout en 2015 au Conseil de Paris,
05:35et ça n'a jamais conduit à des remises en question profondes
05:39de la façon avec laquelle c'était organisé à Paris.
05:41Donc, effectivement, il y a des comptes à rendre.
05:42La commission d'enquête sénatoriale, c'est très bien.
05:44Agnès Évrenne, je pense, fera un excellent travail.
05:46Mais la justice, c'est encore autre chose,
05:48parce que là, on parle vraiment de poursuite pour ces individus-là.
05:52Mais, en fait, plus généralement,
05:53et je rejoins totalement ce que disait Yvan,
05:54c'est la faillite de l'État à protéger,
05:57à assurer la sécurité de l'ensemble des citoyens,
06:00des enfants, là, en l'occurrence, donc c'est encore pire.
06:02Mais on pourrait citer beaucoup d'exemples.
06:03C'est-à-dire qu'on est le pays au monde,
06:05quasiment avec le taux de prélèvement obligatoire le plus important,
06:07mais derrière, ça ne suit pas.
06:08Il y a le périscolaire, on voit un nombre de défaillances
06:11qui le rendent systémique, vous avez cité les chiffres.
06:1352 animateurs, rien qu'à Paris, inquiétés pour agression sexuelle.
06:16C'est un système qu'on n'a pas voulu voir.
06:18Il n'y a aucune autre explication.
06:20Ça se produit également dans d'autres villes.
06:22On pourrait citer l'insécurité galopante dans nos rues,
06:25où on n'est plus en mesure d'assurer la sécurité des concitoyens.
06:27On pourrait parler des incendies,
06:29où on découvre que malgré là encore des prélèvements énormes,
06:32on n'a pas les moyens visiblement de lutter contre les incendies.
06:34Je pourrais énumérer les faillites, les piratages,
06:37les failles de sécurité pour le système des impôts.
06:39Bref, partout où l'État doit assurer la sécurité,
06:42quelle qu'elle soit,
06:43malheureusement l'État n'est pas au rendez-vous.
06:44Évan Réaufol.
06:45Oui, on assiste là encore à un phénomène un peu plus général,
06:48qui est celui de la révolte de tous ces Français
06:50qui ont été trahis dans la confiance,
06:52en tout cas qu'ils accordaient à un pouvoir censé les protéger.
06:55Il y a eu un abus de confiance.
06:56Il y a eu des procédures qui ont été lancées
06:59pour une action sécuritaire et une action écologique
07:01de la part des écologistes ou de la part de parents de victimes
07:05face vis-à-vis de l'État.
07:07Aujourd'hui, il est normal, me semble-t-il, en effet,
07:09que la société civile, cette société trahie,
07:13demande des comptes également aux édiles, aux élus,
07:15qui avaient prétention, effectivement,
07:18à garantir un service public de qualité.
07:21et je trouve normal que l'on intende des actions en justice
07:26pour une assistance à personnes en danger.
07:28Je crois que c'est le qualificatif qui a été retenu
07:30concernant Mme Hidalgo.
07:32Les juges verront, bien sûr, ce qu'il faudra en tirer,
07:35mais je pense que c'est très symbolique de la sourde révolte,
07:37de la révolte qui est de moins en moins sourde, d'ailleurs,
07:40de toute une partie de cette population française
07:42que j'ai appelée la population des oubliés,
07:43qui aujourd'hui tape sur la table
07:44et qui va ébranler ce système qui ne fonctionne plus.
07:46Et bien, Riofoyle, Thomas Bonnet dans Europe 1 Info,
07:49le Rassemblement National met la question du port du voile
07:51dans la campagne en voulant le sanctionner.
07:53Ça fait débat.
07:54On en parle juste après le journal permanent
07:55d'une heure et demie sur Europe 1.
07:5713h14h, vous écoutez Kelly Mathias sur Europe 1.
08:0013h14h, Europe 1 Info.