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  • il y a 2 mois
Yannick Jadot, sénateur Les Écologiste de Paris et soutien de Raphaël Glucksmann, était l’invité de BFMTV ce vendredi 28 août.

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00:00Bonsoir, bienvenue à ceux qui nous rejoignent à l'instant 20h24, c'est l'heure de face à Duhamel, nouvel
00:05horaire chaque vendredi.
00:06Désormais Alain Duhamel qui débat face à une personnalité politique et on va avoir besoin de ces débats pour cette
00:12campagne électorale qui s'ouvre face à vous ce soir.
00:15Alain, c'est Yannick Jadot qui nous a donc rejoint. Bonsoir M. Jadot, sénateur écologiste, soutien de Raphaël Glucksmann.
00:21Raphaël Glucksmann qui s'est déclaré il y a tout juste une semaine.
00:24Alain, passage obligé dans un 20h depuis, on l'a vu sur le terrain, on l'a vu hier aux
00:29côtés des six autres candidats devant le MEDEF à Roland-Garros.
00:33Question toute simple, est-ce qu'il a des chances ?
00:37Si vous dites non d'entrée devant Yannick Jadot, ça risque de ne pas bien se passer.
00:40Non, je ne vais pas vous dire, il n'a pas de chance parce qu'on est à neuf mois,
00:47parce qu'il peut se passer énormément de choses,
00:49parce qu'il va se passer énormément de choses, qu'il y a l'environnement international, qu'il y a
00:53la crise économique, etc.
00:55Donc, c'est beaucoup trop tôt pour dire c'est impossible.
00:59Non, ce n'est pas impossible. Effectivement, ce n'est pas impossible.
01:03Est-ce qu'il est pour autant le favori actuel ? Je ne dirais pas ça.
01:07Ah, bon, je pense qu'il a une bonne image, en particulier plutôt chez les gens qui ont fait des
01:20études,
01:20plutôt chez des gens, bon, il a une bonne image.
01:29Je trouve que ces débuts-là ne m'ont pas enthousiasmé.
01:32J'ai trouvé qu'ils ne faisaient pas du tout libérer.
01:37Au fond, j'avais le sentiment que c'était quelqu'un d'intelligent qui n'assumait pas encore son nouveau
01:42rôle, son nouveau personnage.
01:44Enfin, c'est comme ça que je l'ai ressenti.
01:46Alors, si on regarde les enquêtes d'opinion, la favorite aujourd'hui, c'est Marine Le Pen.
01:50Et je pense qu'on est dans une campagne présidentielle qui n'a rien à voir avec les précédentes.
01:57En 2017, en 2022, d'une certaine façon, il y avait cette idée que si on est au second tour
02:03face à l'extrême droite, on gagne.
02:06Là, celle ou celui qui sera au second tour sera l'outsider.
02:10Et ça va complètement changer la campagne électorale.
02:13Je suis d'accord.
02:14Et ma conviction, c'est que Raphaël Guzman et les idées qu'il porte,
02:20à la fois le travail, les usines, les fermes, de mettre la question de la rémunération du travail.
02:29Et puis, évidemment, ce qui m'importe beaucoup, la révolution écologique.
02:34On a vécu un été cataclysmique.
02:37C'est un vecteur extraordinaire sur le pouvoir d'achat, sur la souveraineté, sur la liberté
02:43et surtout de réconciliation de notre société.
02:46Et moi, je pense qu'il va lever une espérance et qu'à la fois, il va absorber, parce que
02:53c'est ça l'enjeu du premier tour,
02:55tout le monde le sait, le vote utile de gauche et qui sera capable, justement, de réconcilier les Français autour
03:02d'un bon projet.
03:03Alors, je me permets de rebondir, Alain, sur ce que vous avez dit.
03:05Il y a un instant, vous avez dit que c'est un candidat qui a une bonne image, surtout peut
03:09-être chez les classes supérieures,
03:11mais c'est aussi un candidat mal à l'aise. Il se trouve que Raphaël Luxemann a fait ses premiers
03:15déplacements cette semaine.
03:17L'un de ses premiers déplacements, il est monté en haut d'une éolienne.
03:20Je voudrais vous montrer une séquence à tous les deux pour que vous nous disiez ce que vous en pensez.
03:24Regardez bien.
03:27Bonjour à tous.
03:32La révolution écologique, c'est une révolution industrielle.
03:34On produise à nouveau chez nous, qu'on ne soit pas dépendant en tout de la Chine.
03:38On avait des champions du photovoltaïque, on les a abandonnés.
03:41Les dirigeants successifs de la France les ont abandonnés et le résultat, c'est une totale dépendance à la Chine.
03:45Les énergies renouvelables ne sont pas simplement des énergies souveraines, c'est des emplois en France, des usines sur nos
03:50territoires.
03:50On va changer les politiques commerciales et on va mettre en place des politiques industrielles européennes.
03:54Nous sommes en train de devenir une colonie, une colonie chinoise, parce que nous avons laissé fuir nos usines.
03:58Une colonie américaine, parce que nous n'innovons pas assez dans les nouvelles technologies.
04:01La liberté de la France passe par la révolution écologique.
04:05On ne le sent pas, extrêmement à l'aise avec un casque sur la tête.
04:09Il y a une autre déclaration, on l'a vu.
04:11Pardon, Yannick Jadot a enchaîné trois banalités en descendant de l'éolienne.
04:16Quand on veut aussi parler à ces classes populaires-là, quand on met un casque d'ouvrier sur la tête,
04:21Alain Dommel.
04:22– Je pense que sa candidature intéresse, mais je pense que, moi, il m'a donné l'impression,
04:30à chaque fois que je l'ai vu, j'ai eu quand même pas mal d'images de lui en
04:33ce moment,
04:33de ne pas du tout être encore installé dans un costume de candidat.
04:40et, je ne sais pas, je ne suis pas dans sa tête, est-ce qu'il se vit comme un
04:45outsider ou pas ?
04:47En tout cas, pour moi, il ne se vit pas comme un favori et il ne se vit pas comme
04:54le mieux placé pour gagner.
04:55– Alors, je peux vous garantir qu'il est là pour gagner.
04:59– Je ne vous dis pas ça parce que…
05:00– Si vous me disiez le contraire !
05:02– Non, mais vraiment, je veux dire, ça l'habite en fait.
05:06– Ça ne se voit pas.
05:06– Non, mais le destin de notre pays, vraiment, l'habite et il a envie.
05:12Et il sent que, justement, autour de la fierté de ce pays,
05:18qui est touchée par une multitude de blessures narcissiques depuis des années,
05:21notamment sur la désindustrialisation ou sur la disparition des fermes,
05:26sur la question des services publics, ce qu'il veut faire avec l'école publique,
05:30avec cette vision que l'école publique doit redevenir presque la matrice de la République.
05:36Avec tous ces sujets-là, il est habité et il est convaincu.
05:41Je peux vous dire, maintenant, il y a quelque chose sur lequel vous avez raison.
05:45Ce n'est pas un candidat comme les autres.
05:47Là, vous avez parfaitement raison.
05:49Il a, et parfois ça peut déstabiliser, il porte une sincérité
05:55qui, parfois, même moi, me perturbe en disant
06:00« mais il y a des jeux dans la République, le jeu d'une présidentielle,
06:04on en connaît un peu les règles ».
06:06– Même vous, il vous inquiète, c'est ce que vous êtes en train de me dire.
06:08– Non, non, pas du tout.
06:08Là, ça, c'est une interprétation.
06:11Là, ce n'est pas beau ce que vous venez de faire.
06:12Non, pas du tout.
06:13Je dis, parfois, ça m'étonne.
06:16Parce que je me dis, tiens, moi, qui ai fait quelques campagnes,
06:20et Raphaël Glussmann a quand même fait aussi des campagnes,
06:23et je vous invite à regarder ces électeurs sur la dernière européenne.
06:27Il y en a beaucoup dans les classes populaires aussi.
06:29– Alain Dommel.
06:29– Ce n'est pas simplement un vote CSP+, urbain.
06:33Ce n'est pas vrai.
06:34C'est très réparti zone rurale et classe populaire.
06:36– Bon, moi, je le regardais à chaque fois que j'ai pu,
06:39depuis dix jours, et on le voit beaucoup.
06:42Je ne le trouve pas, pour l'instant, je ne dis pas que ça ne va pas changer,
06:47on a six mois, mais je ne le trouve pas installé dans son personnage de candidat.
06:52Je le trouve intéressant, je le trouve cohérent,
06:55je le trouve plutôt moderne, je le trouve plutôt sympathique,
06:59pour dire les choses, mais je ne le trouve pas candidat.
07:02Je trouve que…
07:04– Alain Dommel, prenons l'exemple d'hier.
07:06Prenons l'exemple d'hier.
07:07– Oui ?
07:08– Face au MEDEF.
07:09– Face au MEDEF.
07:10Si on regarde les différents candidats,
07:12évidemment, je ne vais pas vous demander un a priori trop positif sur mon candidat,
07:18mais franchement, qui, à un moment donné, a installé une vision du pays,
07:24une vision de la question des entreprises et de la place des entreprises dans la société,
07:28dans un contexte européen et de mondialisation,
07:31où on est percuté par le chaos climatique
07:33et où les salariés et les entrepreneurs sont déstabilisés par la situation économique.
07:40Franchement, j'ai trouvé mon candidat, Raphaël Glucksmann,
07:45j'ai trouvé que c'est le seul qui arrivait, non seulement à faire le bon diagnostic,
07:49mais à poser des solutions qui ne sont pas celles des macronistes.
07:55Honnêtement, les macronistes, ils nous prennent pour les poissons rouges.
07:58Ils pensent qu'on a tout oublié, mais ils n'ont pas compris qu'on n'avait pas encore fait
08:02le tour du bocal
08:03depuis qu'ils avaient quitté Macron.
08:05Donc, ils nous racontent un peu tout et n'importe quoi.
08:07Et puis, franchement, Mme Le Pen, qui est toujours aussi indigente en matière de politique économique,
08:12je pense que c'était le seul qui portait une ambition pour notre pays,
08:16qui peut lui redonner, et je crois que c'est très important, sa fierté et sa dignité.
08:20– Alors, je vais répondre assez brièvement, bien que je n'ai pas abusé de mon temps de parole,
08:25mais je vais répondre assez brièvement.
08:28Je pense que vous parlez beaucoup mieux de Raphaël Glucksmann que Raphaël Glucksmann ne parle de lui-même.
08:34– Ça, c'est sévère.
08:35– Ah ben, c'est mon point de vue.
08:39C'est après l'avoir regardé vraiment attentivement et en vous écoutant.
08:44– Non, je trouve que vous donnez à la fois plus de chair et plus d'envie.
08:51– Mais c'est ce qu'il a en lui.
08:52– Il faut peut-être que vous changez de candidat.
08:54– Non, c'est ce qu'il a en lui.
08:55Vous savez, Raphaël Glucksmann, si…
08:59Pardon, une petite minute.
09:00– Ne cassez pas le matériel.
09:01– Non, non, non, surtout que j'ai beaucoup d'affection pour cette chaîne.
09:04– Vous avez bien raison.
09:05– Et que ça coûte cher.
09:08J'ai connu Raphaël Glucksmann quand on militait contre les bombardements syriens et russes sur les populations civiles d'Alep.
09:17On faisait des réunions publiques, des manifestations, parfois il y avait 20 personnes maximum.
09:23C'était au cœur de ce qu'ils portaient.
09:27Et puis, on a continué à cheminer sur les questions internationales, sur les questions européennes.
09:31Et depuis quelques mois, c'est vrai, on a régulièrement des conversations.
09:36et j'ai trouvé, je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de lire son livre.
09:39– Bah, évidemment, écoutez.
09:41– Non, non, mais je…
09:42– Franchement, si un journaliste politique ne lisait pas les livres de ceux qui sont les candidats…
09:48– Oui, il y a quand même beaucoup de bouquins politiques qui sont indigents, donc…
09:51– Ah oui, mais…
09:52– Mais le sien, reconnaissez que…
09:55Par exemple, moi j'ai trouvé passionnant dans son livre,
09:57c'est comment il veut, à travers l'école, à travers, je l'ai dit, la réindustrialisation,
10:04comment il veut reconstruire une citoyenneté et des citoyens dans notre pays.
10:08Et je trouve ça passionnant.
10:10Je trouve ça passionnant parce que je pense que c'est exactement ce qu'il nous faut à notre pays.
10:14– Deux choses.
10:15D'abord, un, vous parlez de Raphaël Glucksmann mieux que Raphaël Glucksmann ne parle de lui-même.
10:20– Je sais, vous l'avez dit.
10:21– Oui, mais vous venez de me le confirmer dans ce que vous venez de dire et dans la façon
10:27de le dire.
10:28Deux, j'ai lu tous ses livres, j'ai trouvé que les premiers livres étaient en tout cas dissonants, flamboyants,
10:37etc.
10:38Franchement, le dernier livre, il est extrêmement décevant.
10:43– Non, non, non, vous ne lancez pas dans la défense du livre.
10:47– Non, non, non, ça raconte de qui on parle.
10:53Quand il dit, au fond, on ne sauvera pas notre société,
10:57si on ne met pas de la démocratie partout,
10:59démocratie dans l'entreprise, démocratie locale, démocratie participative,
11:04au-delà évidemment de la démocratie représentative.
11:07quand il a une telle obsession de réhabiliter l'école publique dans notre pays.
11:15Pas simplement de mieux payer les enseignants.
11:19– Oui, ça c'est son programme, je l'ai lu.
11:22– Non, mais d'accord, mais ce que je veux dire, c'est qu'à un moment donné,
11:25la campagne, les Françaises et les Français vont le découvrir.
11:29On est à huit mois, vous l'avez dit, du premier tour de l'élection présidentielle.
11:33Et vous voyez bien que, moi y compris, après le débat d'hier,
11:37j'ai eu des messages à la fois de salariés et d'entrepreneurs,
11:41de syndicalistes et d'entrepreneurs, qui me disaient,
11:43ah ben enfin, on a un discours sur la réhabilitation.
11:45– En attendant, Yannick Jadot, Alain Dommel, la candidature de Raphaël Luxman,
11:49il est candidat, certes, aujourd'hui, mais il est candidat à une primaire,
11:52avec au moins trois candidats déclarés face à lui,
11:56Jérôme Gage, Philippe Brun, Ségolène Royal,
11:59peut-être Olivier Faure également, qui pourrait se déclarer dès ce dimanche.
12:04Et puis, il y a ceux qui ne veulent pas de la primaire.
12:07– Et pas très loin quand même, François Hollande.
12:09– J'allais en parler, l'embusqué, c'est le titre, la une du point cette semaine.
12:14François Hollande dit, si la situation l'exige, j'en tirerai les conclusions.
12:19Comprenez qu'il est prêt à y retourner.
12:21Est-ce que vous croyez à son retour ?
12:23Et est-ce qu'il peut être un danger pour Raphaël Luxman ?
12:25– D'abord, je voudrais un peu répondre au panégyrique, c'est normal,
12:29le panégyrique de votre part vis-à-vis de Raphaël Luxman,
12:32je ne vous le reproche pas.
12:33Et j'aurais été extrêmement surpris qu'il ne soit pas largement déployé pendant l'émission.
12:39– Écoutez, on va essayer, mais on va aussi parler de la situation du pays.
12:43– Mais ce que je veux dire, c'est que je trouve que jusqu'à présent,
12:49alors on est au début, je ne suis pas idiot, on a neuf mois, il va se passer des choses,
12:55etc.
12:56Je trouve qu'il ne s'est pas installé dans son rôle de candidat.
13:00Je trouve qu'il sait, un politique intelligent, c'est un intellectuel de bonne qualité,
13:05c'est quelqu'un qui aime écrire, réfléchir, et qui n'a jamais peur d'aller sur le terrain,
13:10donc il a un tas de qualités.
13:12Bon, mais je ne le trouve pas installé dans son rôle de candidat.
13:16– Écoutez, je ne doute pas qu'il va vous convaincre dans les prochaines semaines.
13:19– Alors que François Hollande, il est arrivé, François Hollande,
13:23qui a retenu sa décision, etc., a fait comprendre que, mais sans vraiment le dire,
13:34bon, là il marque un point, qu'est-ce que vous voulez ?
13:37Il arrive, c'est la façon de le faire, en tout cas, bon, je ne veux pas être méchant,
13:45enfin, il faut l'être un peu quand même, son livre est meilleur que celui de Raphaël Glucksmann.
13:49J'ai lu les deux, il est meilleur.
13:52– Écoutez, c'est votre point de vue, mais…
13:55– Si la situation l'exige, Yannick Jadot, vous pourriez voter François Hollande ?
13:59– Si la situation l'exige.
14:00– Je l'ai dit, non mais la question n'est pas, il n'y a même pas d'ambiguïté.
14:03Moi, je voterai toujours pour un républicain face à l'extrême droite.
14:08Donc, il n'y a pas d'ambiguïté.
14:11Maintenant, ma conviction, c'est vrai qu'on entend dans le débat,
14:15même une partie du centre-gauche, je l'ai dit tout à l'heure du fait du vote utile,
14:19pourrait presque voter Édouard Philippe si c'est le seul en capacité de battre.
14:24C'est-à-dire qu'on va avoir un vote utile,
14:25qui ne sera plus simplement un vote utile au sein de chaque famille,
14:29ce sera un vote utile au sein du camp républicain.
14:32– Oui.
14:33– Parce qu'il faut battre l'extrême droite
14:36et qu'on ne veut pas devenir la Hongrie d'Orban
14:38ou la Grande-Bretagne du Brexit sous tutelle Poutine-Trump.
14:42– Je pense qu'il y aura un phénomène de ce genre,
14:46effectivement, dans une partie d'électorat assez large.
14:51La question étant de savoir si la mobilisation sera suffisante.
14:54– Pour venir sur François Hollande,
14:56je pense qu'en fait, le rôle que jouera François Hollande
15:01dans cette campagne, la question du vote utile pour Jean-Luc Mélenchon
15:05ou la question d'un vote utile pour Édouard Philippe,
15:08ça ne dépend que de nous.
15:10Ça ne dépend que de cet espace politique
15:14que moi j'appelle la social-écologie, c'est-à-dire…
15:17– Pardon, mais l'espace politique de Raphaël Glucksmann et de François Hollande,
15:19il n'est pas non plus hémisphère nord, hémisphère sud,
15:21ils ne sont pas très lointains.
15:22– Justement, ce que je veux dire, c'est que si on réussit
15:26notre début de campagne, l'engagement, la mobilisation,
15:30une forme d'enthousiasme dont on a tellement besoin dans notre pays,
15:34pas pour nier les réalités, mais pour l'emmener sur un autre chemin.
15:38Si on réussit notre coup, François Hollande sera un soutien de la campagne,
15:45nous capterons le vote utile,
15:47et les gens n'iront pas vers Édouard Philippe,
15:49ils porteront au second tour de l'élection présidentielle
15:52un représentant de cette gauche démocratique, européenne, internationaliste, écolo,
15:58qui veut à la fois concilier la démocratie, vous savez,
16:01et vous êtes un démocrate, vous savez combien elle est menacée aujourd'hui,
16:06la question écologique dont tout le monde voit qu'elle doit être absolument impérative,
16:10et la justice sociale si on veut garder un pacte républicain
16:13et un contrat social dans ce pays.
16:15C'est lui qui porte ça, il n'y en a pas d'autre.
16:17– Alors, que Raphaël Glucksmann porte les idées de Raphaël Glucksmann,
16:22je ne vous dirai pas le contraire.
16:23Que ça corresponde à une fraction pas du tout négligeable de l'électorat
16:28et à une fraction potentielle de rallier, c'est tout à fait possible.
16:34Mais je trouve que François Hollande s'avance d'un pas en publiant un livre
16:42qui est un livre intéressant et même en fait qui est un livre très novateur.
16:47Son livre est plus novateur que celui de Raphaël Glucksmann.
16:51Non mais je veux dire, c'est quand même un paradoxe.
16:53– Retraite à 63 ans, TVA social.
16:55– Ils ont une génération de différences.
16:59Bon, et si j'ose dire, le plus je vinyle des deux, c'est Hollande.
17:03C'est quand même pas évident.
17:05– Je ne dirais pas ça.
17:06– Je parle dans les livres.
17:09– Moi j'ai du respect pour François Hollande,
17:11il a été président de la République.
17:14Certes, il n'a pas tout bien fait.
17:16– Bah non, aucun n'a tout bien fait.
17:16– Son bilan, qui a pu être peut-être exagéré du point de vue négatif,
17:25mais pèse terriblement.
17:27– Bilan globalement positif ?
17:28– Non.
17:29Je dis, je pense que parfois, tout a été considéré comme noir
17:34dans le bilan de François Hollande, c'est exagéré.
17:37Je pense que sur les questions de politique internationale,
17:39il a plutôt bien fait ce boulot.
17:41Après, sur les questions sociales, sur les questions environnementales,
17:45il a créé une rupture à gauche qui pèse encore,
17:49y compris parce qu'il ne reconnaît malheureusement aucune erreur
17:52dans son quinquennat.
17:53Mais pour moi le sujet, pardon,
17:56mais c'est qu'on va être dans cette campagne-là.
17:57Regardez, il y a eu, on parle des sensibilités des candidats.
18:04Vous prenez…
18:04– Vous me laissez répondre, parce qu'il y a une grande disproportion.
18:08– Non, pas du tout.
18:09– Si, si, si.
18:10– C'est vrai ?
18:11– Ah oui, honnêtement.
18:11– Non, mais je vais partir sur quelque chose.
18:14– Alors, rapidement pour l'essayer à conclure.
18:15– Je pense que ça va vous passionner.
18:16– Ah mais je ne dis pas que je m'ennuie.
18:18– Non, non, on a eu là les premières marques du chaos climatique.
18:22Bon, des solutions aujourd'hui pour sortir des énergies fossiles,
18:26pour s'adapter, tout ça, elles existent.
18:28OK ?
18:28C'est les renouvelables, c'est l'isolation, c'est les climatisations,
18:31c'est machin, c'est bon, tout ça on a.
18:32Mais on est dans un moment où, si on veut que ce moment qui a été un moment de traumatisme,
18:39où pour beaucoup de Français et de Françaises, le monde familier s'est dérobé sous leurs pieds.
18:44C'est un monde inconnu dans lequel ils arrivent, en plus de la guerre, des trucs.
18:47Ce que je veux dire, c'est qu'il va nous falloir un candidat pour trouver les mots sensibles,
18:53les mots justes, pour arriver…
18:55– Oui, d'accord.
18:56– Et je trouve que Raphaël Guzmane porte ça, et ça me paraît à ce moment-là important.
19:01– D'abord, ça ne m'étonne pas du tout, vous pensiez que c'est Raphaël Guzmane qui porte ça
19:05?
19:05– Non, mais sur le fond, sur le fond.
19:05– Sur le fond qu'il faille quelqu'un qui, effectivement, correspond, sache donner des réponses aux questions…
19:11– C'est important.
19:11– Évidemment, c'est important.
19:12– Pas simplement techniques, la question c'est les émotions, les traumatismes.
19:17– Non, non, non, non, qu'il faille quelqu'un qui soit susceptible de donner l'impression,
19:21d'avoir des solutions et de savoir ce qu'il peut faire dans des conditions comme ça,
19:25je suis d'accord que Raphaël Guzmane, depuis que tout ce que vous venez de décrire ce produit
19:33ait su incarner la réponse et incarner le leader porteur de la réponse,
19:41non, je pense qu'il a ses idées très respectables, souvent très positives,
19:47mais je pense qu'il n'apparaît pas comme le leader qui incarne.
19:52Je pense que, jusqu'à présent, il n'est pas charismatique et que, comme vous le savez très bien,
19:57dans une élection présidentielle, être charismatique, c'est essentiel.
20:01– Alain Doamel, Yannick Jadot, je voudrais vous entendre tous les deux également sur Jean-Luc Mélenchon
20:05et sur les propos tenus sur cette antenne par Bruno Retailleau à son sujet.
20:10Jean-Luc Mélenchon qui, dans les deux sondages de la semaine,
20:13progresse et semble même en mesure de s'imposer, de se qualifier, en tout cas pour le second tour.
20:18Cette semaine, Bruno Retailleau, le candidat de la République…
20:20– Avec une belle progression, Raphaël Guzmane.
20:22– J'étais sûr, je vous ai tendu la perche, c'était fait exprès.
20:24– Vous pouvez la garder pour ça.
20:25– Cette semaine, Bruno Retailleau a sorti le bazooka contre les Insoumis.
20:28C'était au micro de Sonia Mabrouk, écoutez.
20:31– Le groupe des Insoumis à l'Assemblée, il y a un an,
20:34ont déposé une proposition de loi, vous vous en souvenez certainement,
20:38pour abroger le délit d'apologie terrorisme.
20:41Donc ces gens-là préfèrent pactiser avec les islamistes
20:44plutôt que de protéger les Français.
20:46– Donc Rima Hassan est une ennemie de la France ?
20:48– Ce sont des collabos.
20:49Oui, c'est un parti de collabos, voilà, avec les ennemis de la France.
20:55– Les collabos de l'islamisme, c'est un dommel.
20:58– Je pense que ce qui est exagéré est insignifiant.
21:01– Exactement.
21:02– Et que c'est exagéré.
21:04Moi, je ne suis pas fanatique de ceux que Bruno Retailleau critique,
21:09je les critique aussi et je ne partage pas tellement de choses avec eux.
21:14mais il ne faut pas non plus exagérer.
21:17Enfin, je veux dire, ce qui est exagéré n'a pas de sens.
21:20C'est franchement, et je trouve ça dommage
21:23parce que Bruno Retailleau est quelqu'un d'intelligent,
21:26est quelqu'un de sincère, est quelqu'un de sérieux.
21:29Et c'est un candidat, donc un candidat, on l'écoute.
21:33Et qu'il tienne ses propos-là,
21:37ça, je trouve ça de mauvais augure pour la campagne présidentielle.
21:40– Éric Jadot.
21:41– Je ne dirais pas mieux.
21:42Je ne dirais pas mieux.
21:44Je pense que Bruno Retailleau a quand même une culture historique
21:50qui devrait l'empêcher de dire des bêtises pareilles.
21:53Je pense qu'à la fois, on sent bien qu'il est en difficulté,
21:56il n'arrive pas à marquer à droite.
21:59Donc, il pense que peut-être la radicalisation, l'insulte,
22:04permettra de le sortir de son mauvais, de son faux plat.
22:08Je pense qu'il se trompe, on n'a pas besoin de ça,
22:11on n'a pas besoin des collabos, on n'a pas besoin des nuisibles.
22:13– Vous nous avez dit tout à l'heure, j'ai toujours été très clair face au RN,
22:16j'ai toujours choisi le bulletin républicain.
22:20Ça vaut pour Jean-Luc Mélenchon en cas de duel face à Marine Le Pen.
22:23Vous voterez Mélenchon au second tour ?
22:25– Oui, moi je voterai toujours contre l'extrême droite.
22:27Mais j'avoue que ce sera, j'allais presque dire, plus difficile que d'habitude.
22:33– Mais vous le ferez.
22:33– Oui, je le ferai, mais ce sera plus difficile que d'habitude,
22:36parce que franchement, je trouve que Jean-Luc Mélenchon,
22:39ce n'est pas simplement par ses idées,
22:42je veux dire, son nationalisme anti-européen,
22:44ses complaisances vis-à-vis des dictatures,
22:47ou ses indignations sélectives, racisme et antisémitisme.
22:48– Vous êtes le premier soutien de Raphaël Glucksmann,
22:50qui a construit toute une partie de son discours ces derniers mois,
22:53contre Jean-Luc Mélenchon,
22:55qui l'accuse régulièrement d'antisémitisme.
22:56C'est votre position ou c'est la sienne aussi ?
22:58– Non, mais je vous lui poserai la question.
23:00– Vous lui avez forcément parlé ?
23:01– Non, non, je vous lui poserai la question.
23:03– Vous lui avez forcément…
23:03– Non, parce que moi, je…
23:04– Un, un, je ne pense pas que Jean-Luc Mélenchon
23:07sera au second tour de l'élection présidentielle.
23:09Moi, je me bats pour que ce soit un candidat républicain
23:12qui peut gagner au second tour.
23:14– Mais vous me dites sans état d'âme ?
23:15– Non, je voterai toujours contre l'extérieur de droite.
23:17Je voterai toujours contre l'extérieur de droite.
23:18Et pourquoi aussi ?
23:20Jean-Luc Mélenchon, je l'ai dit, il brutalise le débat,
23:23il a une relation extrêmement dégradée à la démocratie.
23:26Extrêmement dégradée à la démocratie.
23:28Ça, c'est ma critique.
23:30Mais quand je rencontre beaucoup d'électrices
23:33et d'électeurs des insoumis,
23:34ils ne sont pas sur cette ligne-là.
23:36Moi, je rencontre beaucoup de jeunes,
23:37ils ne sont pas antisémites.
23:39Ils sont plutôt pro-européens.
23:41Et le Parti communiste chinois,
23:42il ne considère pas que c'est une démocratie.
23:44Et donc, il y a autour du vote de Jean-Luc Mélenchon
23:49un appétit de radicalité
23:53qui, aujourd'hui, fait qu'il y a une forme de complaisance
23:57ou de pardon, ou de pardon complaisant
23:59vis-à-vis de toutes ces dérives.
24:01– Mais j'avoue que je suis surpris par votre propos,
24:02Yannick Jadot, et je voudrais entendre Alain Demel.
24:04Est-ce que ce que dit Yannick Jadot aujourd'hui
24:07préfigure ce qui se passera
24:08si Jean-Luc Mélenchon est au second tour ?
24:10C'est-à-dire que, finalement,
24:11toute une partie de la gauche
24:12mettra au fond de sa poche,
24:13sous un très gros mouchoir,
24:15toutes les attaques, y compris extrêmement fortes,
24:17on parle d'antisémitisme,
24:19et votera pour lui, contre Marine Le Pen.
24:21– Je pense que si les circonstances
24:23se présentent de cette façon-là,
24:25il se produira dans les mois qui viennent
24:28ce qui s'est produit en 2022,
24:30c'est-à-dire que toute la gauche se rassemblera.
24:33– Et vous ferez quoi ?
24:33– Même s'ils ne sont pas d'accord entre...
24:35– Alain Duhamel, vous ferez quoi ?
24:37– Ça, si je vous donnais mon vote,
24:39franchement, ça ne serait pas très malin.
24:40– Non, mais ce que je veux dire...
24:41– Soyez sûr que je voterai, et pas blanc.
24:44– Non, non, mais je veux dire,
24:45on est dans un moment où...
24:48J'ai dit tout ce que je pensais de Jean-Luc Mélenchon.
24:50Parce qu'au fond, voilà, c'est...
24:55J'allais dire, ça a été la famille.
24:57Voilà, je le dirais comme ça.
24:59Mais je sais ce qu'est l'extrême droite.
25:02Regardez la Grande-Bretagne post-Brexit.
25:04Ils veulent faire, comme d'autres candidats,
25:06comme M. Rotailleau d'ailleurs,
25:07un référendum sur l'immigration.
25:10Le Brexit, ça a été un référendum sur l'immigration.
25:13La société britannique ne s'en remet pas.
25:15– Mais est-ce que vous ne pensez pas
25:16que...
25:16– C'est la libération d'un pro-racisme.
25:17– En disant ce que vous venez de dire sur ce plateau,
25:19vous ne tirez pas une balle dans le pied de votre candidat.
25:21– Mais bien sûr que c'est l'anti-Mélenchon.
25:22– Mais moi, ce que je veux...
25:24– Mais je n'ai pas, et Raphaël non plus, on n'a pas l'intention...
25:28– Vous ne pensez pas qu'il va vous appeler derrière ce rendez-vous pour lui dire là, Yannick, j
25:31'adore, mais...
25:31– On n'a pas, on n'a pas une seconde l'intention de faire notre campagne,
25:37soit contre Jean-Luc Mélenchon, soit contre l'extrême droite.
25:41Si on fait ça, c'est Le Pen qui gagne.
25:43Je vais vous dire, l'antifascisme, comme campagne électorale,
25:46l'antifascisme, c'est un combat, attention,
25:47mais ce n'est pas un projet pour les Françaises et les Français.
25:50Et donc, il va nous falloir, de toute façon, construire...
25:54J'ai parlé des usines tout à l'heure.
25:56Vous savez que dans beaucoup de territoires,
25:58si le vote RN s'est développé,
26:00c'est notamment à cause de la disparition des services publics.
26:03Il y a un sentiment de protection.
26:07Mais, mieux que ça,
26:09c'est aussi à cause de la disparition des usines.
26:13Les services publics, c'est la protection.
26:16L'usine sur un territoire, c'est la fierté.
26:18Même quand les conditions de travail sont difficiles.
26:20C'est la fierté des métiers,
26:22c'est la fierté des territoires,
26:24et ça recompose la culture, la démocratie et tout ça.
26:27Et c'est ça que nous allons porter autour de la révolution écologique.
26:31C'est ça que nous allons faire,
26:32pas en nous positionnant en permanence sur Mélenchon ou sur Le Pen.
26:36Qu'ils fassent leur campagne, on va faire la nôtre.
26:38– Oui, ça, que vous fassiez votre campagne,
26:41vous venez de le faire là pendant 45 minutes.
26:44– Pas encore, pas encore.
26:46– Bon, mais ça m'a paru 45 minutes,
26:48parce que je trouve que vous parliez beaucoup,
26:50par différence.
26:55Le thème que vous défendez de ceux qui se sentent isolés
26:58parce que les services publics s'éloignent,
27:00parce qu'il y a des usines qui ferment, etc.
27:03– Je ne dirais pas que tout le monde est d'accord,
27:04mais c'est une réalité.
27:10C'est une réalité, comme c'est normal.
27:12D'ailleurs, c'est une réalité.
27:14C'est une logique aussi, c'est normal que les gens
27:16qui voient s'éloigner des services publics
27:18ou fermaient des usines ou qui ont le sentiment
27:21d'être laissés de côté réagissent avec indignation.
27:26C'est normal, ça.
27:28Bon, mais au-delà de ça,
27:33je trouve que la dimension de politique économique
27:40et budgétaire que vous présentez,
27:43quand je dis vous, vos amis, évidemment,
27:47je trouve qu'elle est très faible.
27:49Je trouve que vous êtes très bons
27:50quand il s'agit de dire
27:51« Regardez les problèmes essentiels qu'on laisse de côté ».
27:54Et là, vous êtes très bons.
27:55Et c'est vrai ce que vous dites souvent.
27:58Mais que quand ensuite, il s'agit de dire
28:01« Et alors, au-delà des espérances utopiques,
28:05au-delà, évidemment, tout le monde souhaiterait
28:06qu'il y ait un paradis sur Terre.
28:08Mais au-delà de ça,
28:10quelle est la politique économique et financière
28:12et budgétaire qu'on propose ? »
28:14Alors là, je trouve qu'il y a une énorme vacuité intellectuelle.
28:18Alors justement, c'est la question de la fiscalité,
28:22de l'héritage, de la fiscalité des riches,
28:24des ultra-riches également,
28:25qui a dominé les débats ces derniers mois,
28:27en France et en grande partie à gauche.
28:29Je voudrais vous faire entendre à tous les deux,
28:31et à vous aussi, amis téléspectateurs,
28:33les propos de Manon Aubry, député insoumise,
28:36sur les milliardaires, c'était cette semaine.
28:39Taxer les riches, c'est pas suffisant.
28:42Si l'on veut être clair dans une société
28:44où on va remettre les choses à l'endroit,
28:47c'est qu'il ne faudra pas seulement taxer les riches,
28:50mais interdire les milliardaires.
28:52Parce que s'il n'y a plus de milliardaires,
28:54alors il n'y a plus personne qui détient les médias.
28:56S'il n'y a plus de milliardaires,
28:58il n'y a plus personne qui massacre la planète.
29:01Et je vais même plus loin.
29:03D'un point de vue purement économique,
29:05je veux vous convaincre aussi
29:07à quel point les milliardaires sont des formes de nuisibles.
29:11J'assume.
29:13Interdire les milliardaires qui sont des nuisibles.
29:15Alain Douamel.
29:15Bon, écoutez, disons que ça ne fait pas prendre
29:18une preuve d'une grande intelligence,
29:20ni politique, ni économique.
29:23L'idée que la France serait le pays
29:25dans lequel les milliardaires seraient interdits,
29:28qu'est-ce que ça veut dire en pratique ?
29:29On n'est pas une île séparée du reste du monde.
29:33Alors, la France ne se réduit heureusement pas
29:36à des milliardaires.
29:37Mais la France a besoin de milliardaires
29:39comme tous les pays en ont besoin
29:41et comme beaucoup n'en ont pas assez.
29:43Je veux dire, quand on dit les milliardaires,
29:45ce n'est pas simplement ceux qui vont dépenser
29:47leur fortune à Monte-Carlo.
29:49Quand on dit des milliardaires,
29:50c'est aussi, heureusement,
29:52bien sûr, des activités financières,
29:54mais aussi, ce sont des usines,
29:56des ateliers, des fermes, etc.
29:58C'est aussi ça.
30:00Et donc, évidemment,
30:04dire que ça n'est pas moral
30:05qu'il y ait tellement d'inégalités,
30:06ben oui, ce n'est pas moral.
30:08Je suis d'accord, ce n'est pas moral.
30:09Ce n'est pas moral, mais c'est nécessaire.
30:12Il faut qu'il y ait des leaders économiques,
30:15il faut qu'il y ait des chefs d'entreprise.
30:17J'allais dire, il faut qu'il y ait des riches aussi.
30:20Bon, il ne faut pas qu'il y en ait trop,
30:21il ne faut pas que ce soit dans n'importe quelle condition.
30:23Et il faut évidemment
30:24qu'ils paient leurs impôts
30:26comme ils doivent les payer
30:27dans des proportions qui soient naturelles.
30:29Je ne suis pas pour l'évasion fiscale
30:31des milliardaires, évidemment.
30:33Mais se dire que ça serait bien
30:35si on n'avait pas de milliardaires,
30:37franchement, c'est comme de se dire
30:38que ça serait bien si on n'avait pas non plus
30:41tel ou tel développement économique
30:44qui paraît aujourd'hui sortir.
30:46Bon, l'intelligence artificielle, par exemple.
30:49Ça nous fait peur, on n'en veut pas, etc.
30:51Non, le monde change.
30:52On est bien obligés d'utiliser les moyens
30:56qu'on nous donne
30:57qui sont des moyens effectivement très différents
30:59de ceux qui existaient il y a 20 ans.
31:00Et il ne faut pas avoir ni peur
31:03ni décider de rejeter
31:07ce qui provoque de la crainte.
31:09Dans ce qui se passe,
31:10dans l'innovation économique
31:11telle qu'elle a lieu,
31:12dans l'innovation financière,
31:13il y a des raisons tout à fait légitimes
31:16de crainte.
31:17Mais en même temps,
31:18l'idée de dire
31:19il ne faut pas de milliardaires
31:21et on va se passer de tous ces gens-là,
31:24je vais vous dire,
31:25c'est comme raisonnement enfantin.
31:28Est-ce qu'il faut moins de milliardaires
31:30si Raphaël Glucksmann est président ?
31:32Est-ce qu'il y en aura moins
31:32à la fin de son mandat ?
31:34Est-ce que c'est un objectif
31:35que vous vous fixez ?
31:36Pas du tout.
31:38Le problème,
31:39ce n'est pas qu'il y ait des riches.
31:40Le problème,
31:41c'est qu'il y ait aussi des pauvres.
31:42Ah oui, bien sûr.
31:43Et que quand on a l'affaire Liana,
31:46on voit bien qu'il faut plus de magistrats,
31:49plus d'enquêteurs
31:50pour lutter contre la pédocriminalité
31:53et les violences sexuelles.
31:56Quand on voit le chaos climatique,
31:58on a besoin de Canadair,
31:59on a besoin de pompiers.
32:00On a parlé de l'école tout à l'heure,
32:02on pourrait parler,
32:05nos concitoyens ont étouffé
32:09dans leur logement
32:10où ils étaient confinés cet été.
32:12On a des agriculteurs
32:13qui ont des cultures cramées.
32:15Après, le terme nuisible,
32:16je le rejette.
32:17Moi, je le rejette déjà pour les animaux.
32:18Je n'aime pas du tout
32:19qu'on dise que les renards
32:20sont des nuisibles.
32:21Donc, je ne vais pas le faire
32:21pour les humains.
32:23La question, c'est
32:25comment celles et ceux
32:26qui s'enrichissent
32:29contribuent équitablement
32:30à la solidarité,
32:32à la redistribution ?
32:34Mais je suis d'accord.
32:34Quand on regarde
32:35sur les dernières années,
32:38les 500 plus grosses fortunes
32:39ont multiplié par deux
32:41leurs richesses.
32:42Ils ont passé de 600 milliards
32:44à 1 200 milliards
32:46pendant qu'une bonne partie
32:48des Français
32:48avaient la vie difficile
32:50et que la pauvreté
32:52augmentait dans notre pays.
32:53Donc, le sujet,
32:54c'est un sujet basique
32:56qui relève de la politique.
32:58C'est comment on redistribue
33:00les richesses
33:00dans notre pays.
33:02Donc, la question n'est pas
33:03d'enfermer les milliardaires.
33:04C'est de les taxer.
33:06C'est qui paye les impôts
33:07à leur juste niveau.
33:09Eh bien oui.
33:11Les milliardaires
33:12sont nécessaires.
33:13Les milliardaires
33:14sont nécessaires en France
33:15comme ils le sont ailleurs.
33:16Ils ne sont pas meilleurs
33:17que les autres.
33:18Ils ne sont pas forcément
33:20ce dont on est le plus fier
33:21dans une société.
33:22Mais ils sont nécessaires.
33:24Et effectivement,
33:25à partir du moment
33:26où ils sont réellement milliardaires,
33:28eh bien,
33:28il faut qu'ils contribuent.
33:31Qu'ils contribuent
33:32en proportion
33:35non seulement
33:36de ce qu'ils possèdent
33:37mais aussi de leurs revenus,
33:38ce qui est une autre affaire.
33:39On est d'accord.
33:40La question a été soulevée
33:42cette semaine
33:42par les Insoumis,
33:43par Raphaël Guzman,
33:44par Marie-Lise Léon,
33:45la patronne de la CFDT.
33:46C'est celle de l'héritage.
33:47Marie-Lise Léon
33:48a pris une position
33:49assez surprenante,
33:49me semble-t-il,
33:51qui est...
33:52Ça me rassure, Alain.
33:53Vous aussi,
33:53ça vous a surpris,
33:54qui est,
33:55il faut taxer faiblement
33:57tous les héritages,
33:58même les petits héritages.
33:59Aujourd'hui,
34:00un petit héritage,
34:01y compris 100 000 euros
34:02donnés à un de ses enfants
34:03après sa mort,
34:04n'est pas taxé.
34:0585 % des héritages échappent
34:07entièrement à l'impôt.
34:08Marie-Lise Léon dit
34:09il faut taxer
34:10dès le premier euro.
34:11Favorable ou pas,
34:12Alain de Vamert ?
34:12– Ah ben non,
34:12je ne suis pas du tout favorable.
34:14Je pense que
34:15les petits héritages
34:17sont faits pour
34:18donner de l'espérance
34:20à une génération.
34:21Enfin,
34:22ça me paraît évident.
34:23Les petits héritages,
34:24c'est un des ressorts
34:26de l'espérance sociale.
34:29Et je pense que c'est surtout...
34:30– C'est moi qui me permets,
34:31l'espérance...
34:31Enfin,
34:32on n'attend pas
34:32l'argent de ses parents.
34:33– J'ai dit un des ressorts.
34:35Ah, écoutez,
34:36si un garçon ou une fille
34:38à 25 ans
34:40a envie de lancer
34:41une entreprise
34:42un peu moderne,
34:43un peu innovante,
34:44un peu différente
34:45et à risque,
34:46et à risque dans ces cas-là,
34:48bon,
34:48et que ses parents
34:49peuvent l'aider
34:50à démarrer
34:52en leur donnant un capital,
34:54tant mieux pour eux.
34:55Malheureusement,
34:55je ne dirais pas
34:56que c'est le cas
34:57de l'ensemble de la population.
34:58Ça, certainement pas.
34:59Mais que ce soit possible,
35:01moi, ça ne me choque pas du tout.
35:02– Vous taxez
35:03dès le premier euro
35:03les héritages ou pas ?
35:05– Non.
35:05– Non, la proposition
35:07que porte Raphaël Glucksmann,
35:09c'est évidemment
35:10de taxer
35:11les méga-héritages
35:12pour se redonner
35:14les moyens
35:15de l'investissement
35:16et de la protection
35:17de tout le monde.
35:18Et notamment
35:19d'affecter
35:22cette nouvelle taxation
35:23des méga-héritages,
35:24donc qui ne toucheront
35:25que 1%
35:25des héritages
35:27les plus importants
35:28pour financer
35:29la hausse des salaires.
35:30Parce qu'en fait,
35:31sa logique,
35:31elle est simple.
35:32Il y a 40 ans,
35:33deux tiers du patrimoine
35:34des Français
35:35s'étaient issus
35:36de leur travail,
35:36un tiers de l'héritage.
35:38– C'est l'inverse aujourd'hui.
35:38– La proportion
35:39s'est inversée.
35:40Et ça,
35:40ça n'avait pas
35:41une société dynamique.
35:42– Je suis d'accord,
35:43mais comme vous le savez,
35:44selon les générations,
35:45ça varie énormément.
35:46Le pourcentage
35:47entre héritage
35:48et ressources,
35:50étonnamment.
35:51– Sauf qu'il y a
35:52aujourd'hui
35:52une explosion
35:53d'un certain nombre
35:54de patrimoines
35:55et des Françaises
35:57et des Français
35:57qui ne voient plus
35:58pour leurs enfants.
35:59Et c'est pour ça
35:59qu'il ne faut pas taxer
36:00les petits héritages
36:01qui ne voient plus
36:02d'avenir bienveillants
36:03pour leurs enfants.
36:04Donc,
36:05ils ont envie
36:05de leur donner quelque chose.
36:06– Merci Yannick Jadot.
36:07Merci beaucoup Alain Demel.
36:08On se retrouve désormais
36:09tous les vendredis 20h.
36:11Moi, je suis quand même curieux
36:11de savoir la conversation
36:12que vous allez avoir
36:13avec Raphaël Glucksmann.
36:14Si vous avez entendu
36:15sur ce plateau dire
36:16en cas de second tour,
36:17je vote Jean-Luc Mélenchon
36:18face à Marine Le Pen.
36:19– Mais ça n'y sera pas.
36:19– Ce sera Raphaël Glucksmann.
36:21– Ça sera Raphaël Glucksmann de second tour.
36:23– C'est la réponse
36:23qu'on ne m'avait pas faite ce soir.
36:24Merci beaucoup à tous les deux.

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