00:00Mais altercation au Porche, c'était hier, lors d'une réunion publique avec les services de l'État,
00:04dont la préfète du département, les habitants du Porche, ont exprimé leur colère
00:07et ont pointé du doigt les erreurs commises dans la gestion du méga-feu qui a ravagé la Gironde.
00:13Et l'incendie a ravagé ce village brûlant 180 habitations.
00:17C'est un sujet très rude parce qu'il y a une forme de fatalité qui peut exister parfois.
00:22Ce n'est pas l'État qui est responsable.
00:24Mais est-ce que l'État a commis ou pas des manques ?
00:27Ça, l'enquête doit le dire.
00:28Mais je vous propose de voir le reportage d'Anaïs Bauché
00:32parce que la colère des habitants du Porche, qui nous écoutent peut-être ce soir, ce matin plus exactement, est
00:38grande.
00:41C'est une colère que les sinistrés du Porche ne contiennent plus.
00:44Dans une réunion publique organisée hier soir, ils ont exigé des réponses auprès de la préfète,
00:49des pompiers et des gendarmes sur les erreurs commises dans la lutte contre les incendies.
00:53J'ai écouté votre interview, vous dites « vous n'allez pas abandonner ».
00:56À moi, vous ne vous le direz pas. J'étais sur place, on a été abandonner le Porche.
01:01C'est normal que vous apportiez des réponses, mais je pense que la priorité, elle est en face de vous.
01:05Plus d'un mois après la destruction de leur maison causée par les flammes, certains sont dévastés.
01:10J'ai tout perdu. Le lit de ma mère quand elle m'a accouché.
01:13Vous comprenez ce que c'est ça ? Tous mes meubles, tous les décorations de mon père et de ma
01:17mère et de ma grand-mère.
01:18Ça, on s'en fout. Alors moi, je vous demande de votre démission par honneur.
01:22Face aux justifications des différents services de l'État, les habitants ne ressortent pas convaincus de cette réunion.
01:27Quand on nous dit « ça s'est bien passé, on a tout bien géré et tout »,
01:31moi, j'ai envie de leur dire « qu'est-ce que ça aurait été si vous aviez mal géré
01:35le problème ? »
01:35Une colère comprise par la préfète, avec toutefois quelques réserves.
01:39C'est vrai aussi que je trouve qu'il y a eu des propos injustes, notamment vis-à-vis des
01:43sapeurs-pompiers.
01:44Il y a eu aussi des mots injustes à l'égard des gendarmes.
01:47Je rappelle que 90% des habitations ont été sauvées et qu'il n'y a aucun mort dans la
01:54population civile.
01:55Le Porche a perdu plus de 180 habitations sur 250.
01:59C'est le village qui a perdu le plus d'habitations dans le méga-feu de Gironde, du jamais vu
02:03depuis 1949.
02:05Bon, deux choses. D'abord, c'est assez courageux, mais c'est le minimum.
02:10On reproche parfois à l'administration de ne pas rendre des comptes.
02:13Madame le préfète, elle est allée sur place.
02:16On pense qu'on veut d'elle, mais elle est allée sur place.
02:19Et effectivement, il y avait 500 habitants.
02:22Et elle a reconnu, elle l'a dit d'ailleurs d'emblée, nous devions ce rendez-vous.
02:28Bon, moi je pense que c'est un sujet très très intéressant.
02:30Et moi je voudrais écouter plus en longueur d'ailleurs les gens qui ont témoigné.
02:34Et je pense qu'on va aller les interroger ces prochaines heures, pour tout vous dire, sur l'antenne de
02:38CNews, parce que je trouve ça passionnant.
02:40Mais le reproche qui est fait, c'est au fond d'avoir privilégié le Cap Ferret, si j'ai bien
02:45compris,
02:46et d'avoir privilégié des riches, ou des habitations de riches, si j'ai bien compris, le procès que font
02:53les habitants du Porges.
02:56Les pompiers s'inscrivent en faux par rapport à ça.
02:58Il y a ce reproche-là, ça s'est localisé au Porges, mais plus généralement,
03:02l'un des enseignements qu'on peut tirer de cet été, on a beaucoup parlé avec les pompiers de CNews
03:05cet été,
03:06la France, elle tient par le bas, elle tient par les élus locaux, par les agriculteurs, les pompiers, les habitants,
03:12qui ont fait preuve de solidarité et qui ont permis parfois de lutter contre le feu.
03:15On a vu plein d'images tout l'été.
03:17A l'inverse, l'État, parfois, paraît défaillant dans son organisation, dans les normes qui étouffent tout le monde, qui
03:23empêchent d'agir.
03:24Et ça, c'est aussi le reproche qu'on a beaucoup entendu.
03:26Le Porges, c'est une situation particulière, mais plus généralement en Gironde, les pompiers nous disaient,
03:30nous, on a les moyens, on sait comment éteindre les feux, mais il faut en référer à tel organisme.
03:35Et ça, c'est insupportable.
03:36Donc, la France tient, la France, elle est capable de tenir dans les hôpitaux, dans les écoles, sur le terrain.
03:41Il s'agirait que...
03:42Il y a un manque de moyens également.
03:44Il y a un manque de moyens.
03:45Moi, j'avais entendu ce pilote des Canadaires qui, à juste titre, disait, on dépollue la Seine, c'est sûrement
03:50très bien,
03:51mais l'argent de la Seine, on peut le mettre pour des Canadaires en plus.
03:57Et il y a des hiérarchies.
03:58Et le problème de la hiérarchie, pour l'État, il est important.
04:02Non, aujourd'hui qu'on n'a plus d'argent, il y a des priorités.
04:07Et la priorité, ça peut être un Canadair par rapport à dépolluer la Seine.
04:10En tout cas, si commission d'enquête, il faut, je crois qu'il faut une, pour la manière dont on
04:14a géré la crise cet été,
04:16il en faut aussi une, beaucoup plus globale, sur tous les non-choix, sur toute l'absence de planification en
04:21amont,
04:21tant sur l'absence de politique forestière, de débrousseillement, que sur l'abandon des pompiers.
04:26Ils demandent 21 000 recrutements, énormément sont des volontaires aujourd'hui.
04:30Et puis, à quel point la France est à l'os en matière de Canadair, mais plus généralement de Bombardier
04:35d'eau ?
04:37C'est au niveau global que doit être la commission.
04:39Les pompiers seront dans la rue au mois de septembre, ça aussi c'est important.
04:41C'est-à-dire que dans un mois, les pompiers seront dans la rue,
04:43ils ont déjà prévu de s'installer pendant trois jours dans le centre de Paris.
04:47Ce n'est pas anodin, les pompiers, ce n'est pas le genre de corporation qu'on retrouve très régulièrement
04:51dans la rue.
04:51Là, c'est les neuf syndicats intersyndicals, les neuf sont d'accord pour dire que la réponse de l'État,
04:56elle est insuffisante.
04:57Les promesses, on les a à chaque fois qu'on est les héros de l'été, puis après ça disparaît.
05:01Là, ils veulent se faire entendre. Donc ça, c'est important.
05:03Et les policiers pourraient s'ajouter d'ailleurs au mouvement.
05:05Et non seulement ça, mais vous avez vu qu'il se développe des vols, des cambriolages dans les casernes de
05:10pompiers.
05:10On vole du matériel lourd. C'est invraisemblable.
05:14Mais je répète, Sébastien Lecornu lui-même a reconnu que l'administration n'était pas au niveau...
05:20Alors, c'était pour la fiscalité.
05:22Sur le piratage.
05:22Voilà, sur le piratage. Mais dans plein de domaines, c'est ça qui est sidérant.
05:27C'est-à-dire qu'on paye le plus d'impôts et on a une administration qui ne suit pas
05:30forcément.
05:31En fait, qui est très présente. Qui est d'ailleurs même trop présente.
05:34Et c'est ça le sujet. C'est-à-dire libérer les énergies sur le terrain et laisser faire ce
05:38qu'ils savent faire.
05:39Bon, en tout cas, vraiment ce qui se passe, on salue effectivement s'ils nous écoutent ce monsieur qui dit
05:45j'ai tout perdu.
05:46Enfin, c'est terrible quand même, j'ai tout perdu.
05:48Mais est-ce qu'il y a une responsabilité de l'État ou pas ?
05:50Ou est-ce que...
05:51Alors, bien sûr, il y a instrumentalisation aussi.
05:54Instrumentalisation du réchauffement climatique, de la canicule et des incendies.
05:58Le couple incendie-canicule, il a fonctionné tout l'été.
06:03Mais que je sache, les incendies, c'est pas la canicule.
06:08Les incendies, c'est à 99% malveillance, pyromane, c'est un homme.
06:15S'il n'y a pas d'homme, ça ne brûle pas.
06:17La canicule installe les conditions qui, malheureusement, font que les feux sont plus vastes, plus...
06:22Mais j'entends, mais j'entends ça, mais dites-le comme ça, moi, ça ne me dérange pas.
06:28Dites-le comme ça, ça ne me dérange pas.
06:31Mais forcément, la responsabilité, elle est humaine et il faut simplement le dire, ni plus ni moins.
06:39Et après, en plus, le vent, quand il y a des vents, ça encourage, bien évidemment, tout ça doit être...