00:00Les principaux syndicats de pompiers, je le disais, professionnels, ont déposé un prévu de grève à Comté de ce mardi
00:04jusqu'au 20 octobre,
00:05au cœur de leur revendication, la lancidante problématique des moyens matériels.
00:08Et on est avec Guillaume Millet, vraiment je vous remercie d'être avec nous ce matin.
00:1180% des pompiers français sont des volontaires.
00:13Le doux en compte 2500 pour environ 400 professionnels.
00:16Le volontariat tel qu'on le connaît ne peut plus suffire.
00:19Difficile de demander aux employeurs de libérer leurs salariés de manière répétée.
00:23Je ne sais pas s'il y a des, par exemple, à Seigneux, je ne sais pas s'il y
00:26a des pompiers volontaires,
00:27mais la règle dans ces cas-là, c'est que si, par exemple, vous êtes volontaire, on m'appelle, je
00:32suis en train de travailler, je pars.
00:35Justement, la règle, c'est qu'il n'y a pas de règle.
00:37Donc, en fait, chaque employeur, chaque collectivité, chaque personne qui embauche un sapeur-pompier volontaire
00:44est libre de libérer ou pas son agent, son employé, pour qu'il aille aider à combattre un incendie
00:54ou prendre un départ pour un secours à personne.
00:57Il y a des grosses entreprises, ou même des plus moyennes, qui conventionnent, en fait, avec les services départementaux d
01:03'incendie et de secours,
01:04où là, il y a une espèce d'accord entre eux qui permet de libérer cet employé.
01:11Mais sinon, la règle, comme je vous le disais, c'est qu'il n'y a pas de règle.
01:14C'est quoi, une grève des pompiers ? C'est-à-dire que si on vous appelle, vous ne vous
01:17déplacez pas ?
01:18Si, si, bien sûr que si. On est fonctionnaire, donc on est soumis à la continuité de service.
01:24Donc, c'est une grève qui est plutôt, on va dire, symbolique, puisqu'il n'y aura pas de carence
01:30dans les secours
01:31ni de retard lié à cette grève.
01:33C'est vraiment une grève pour dire qu'on fait grève, pour se montrer, pour faire entendre à l'opinion
01:39publique
01:39et profiter de ces fenêtres médiatiques qu'on a depuis le milieu de l'été maintenant,
01:46où justement, on a réussi à déceler, où on a décelé des grâves problématiques
01:50qu'on avait déjà soulevées il y a déjà de nombreuses années.
01:54Et aujourd'hui, on profite de tout ça, de cette épreuve médiatique pour se faire entendre.
01:59Manque de moyens, par exemple, il y avait un pilote de Canadair qui disait,
02:01c'est très bien de dépolluer la Seine, mais il y a une hiérarchie, ça coûte 2 milliards,
02:05et 2 milliards, c'est tant de Canadair.
02:07Moi, j'avais trouvé ça très intelligent de dire ça très simple.
02:09D'ailleurs, évidemment, si tu as de l'argent, tu dépollues la Seine,
02:13mais il y a des priorités, tu as l'impression que l'événement,
02:15que le gouvernement ou la France, les priorités, elles sont médiatiques.
02:19Alors évidemment, quand tu dépollues la Seine, tu fais de la com.
02:21Tu vois Mme Hidalgo en train de plonger dans la Seine,
02:26donc elle est toute contente, ça fait de l'image.
02:28Bon, mais on s'en fiche, en fait, il faudrait mieux mettre cet argent sur les Canadair.
02:32Donc le principal problème, on est d'accord, c'est le manque de moyens dont vous disposez, c'est cela.
02:37Ça fait partie d'une de nos trois revendications principales sur le volet revendicatif.
02:43Donc effectivement, il y a en tout premier les financements des services départementaux d'incendie et de secours,
02:49parce que les SDIS sont financés en fait au plus de la moitié par les financements propres du département,
02:56et par l'autre moitié, les EPCI et les collectivités locales.
03:00Les EPCI, c'est ?
03:02Les communautés de communes, etc.
03:04Et là, il n'y a pas assez d'argent, mais il n'y a d'argent nulle part.
03:06En fait, le département se servait à une époque des reversions de l'État,
03:10mais l'État ne reverse plus grand-chose au département,
03:16et les départements continuent à faire ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont comme reversion,
03:20c'est-à-dire toujours un petit peu moins,
03:22et en fait, d'une année à l'autre, ces reversions peuvent fluctuer aussi.
03:25Alors, comment vous allez faire s'il n'y a plus d'argent ?
03:27Donc, en fait, c'est une présentation qui va nous être faite dans le cadre du projet de loi de
03:33finances,
03:35où il va falloir inscrire dans le marbre une véritable logique de financement de ces SDIS,
03:44des financements pérennes, pour prendre toute la mesure des événements climatiques
03:52qui vont venir et tout le reste.
03:55Donc, moyen. Deuxième revendication ?
03:57Personnel.
03:58C'est-à-dire qu'il n'y en a pas assez ?
03:59Des sapeurs-pompiers professionnels. Aujourd'hui, en France, on est 43 000.
04:02Et il en faudrait combien ?
04:0320 000 de plus, selon nos estimations.
04:06Donc, c'est des fonctionnaires en plus ?
04:07Tout à fait.
04:08Ah oui, mais des fonctionnaires en plus.
04:09Alors, c'est plus utile d'avoir des pompiers, effectivement, opérationnels,
04:13que d'autres fonctionnaires, bien évidemment.
04:15Et troisième revendication ?
04:16Donc, la santé, la sécurité, les agents intervenants.
04:18C'est ce qu'on a dit tout à l'heure.
04:19C'est-à-dire que vous êtes mal protégés ?
04:22Pas tout le temps.
04:23Sur certaines missions, oui.
04:24Exemple typique, on l'a vu tout l'été sur les feux de forêt.
04:27Trouvez-moi un sapeur-pompier qui était bien protégé.
04:30Ou il avait un masque AFP2 en papier sur le bout du nez.
04:33Un masque AFP2, ça filtre très bien, il n'y a pas de problème.
04:36Par contre, ce n'est pas normé non-feu.
04:38Ce n'est pas un matériel qui est fait pour l'utilisation des sapeurs-pompiers.
04:41Donc, du matériel.
04:41Ou alors une cagoule qui filtre 0% de particules fines.
04:44Vous êtes pompier vous-même.
04:46Est-ce qu'aujourd'hui, parfois, vous êtes attaqué ?
04:48C'est ça qui nous surprend toujours dans certaines zones de France.
04:52Vous pouvez être même pris à partie, voire caillassé.
04:54Est-ce que ça vous est arrivé personnellement ?
04:56Oui.
04:57Oui, ça nous est déjà arrivé.
04:59Après, généralement, il n'y a plus de règles.
05:01Avant, ça se situe quand même sur les grandes métropoles françaises.
05:04Aujourd'hui, on peut trouver une agression de sapeurs-pompiers
05:07dans le fin fond d'un village du Gard, par exemple.
05:10Qu'est-ce qui vous est arrivé, par exemple, personnellement ?
05:12Une personne ivre qui vous prend à partie
05:15parce qu'elle décide qu'elle n'a pas besoin des secours
05:18et que d'autres gens ont appelé pour lui.
05:21La foule autour.
05:23C'est souvent dans des états un petit peu de consommation excessive d'alcool.
05:29Voilà, la majeure partie des agressions sont dans ce cadre-là.
05:32Vous êtes professionnel ?
05:33Oui.
05:34Depuis combien de temps ?
05:3518 ans.
05:36Et vous êtes...
05:37C'est une vocation ?
05:40Ce n'est pas une vocation.
05:41Ce n'est pas une vocation, mais ça l'est devenu.
05:43Je suis rentré pompier volontaire un petit peu par hasard.
05:46J'ai accroché et la suite s'est faite naturellement.
05:49Quel âge ont les pompiers aujourd'hui ?
05:51Est-ce qu'il y a un âge...
05:52Oui, l'âge moyen des pompiers professionnels en France,
05:57il est vieillissant, de toute façon.
05:59Mais il faut être jeune, il faut être en bonne santé, j'imagine.
06:01Il faut être en bonne santé.
06:02Physique ?
06:03Maintenant, il n'y a pas...
06:04On l'a dit tout l'été,
06:06il n'y a pas de super-héros chez les sapeurs-pompiers.
06:08Il y a un âge limite ?
06:09Il faut quand même une bonne condition physique.
06:11Je ne vais pas vous le cacher.
06:15Tout le monde aujourd'hui peut embrasser la carrière de sapeur-pompier
06:18à condition d'être certain que c'est ce qu'on veut faire
06:21et d'être motivé pour le faire.
06:22Et vous l'êtes ?
06:23Toujours.
06:25Écoutez, c'est ce que je vous disais en début d'interview,
06:28ça nous permet de rendre hommage à votre engagement.
06:32Vous êtes les premiers à arriver.
06:33Lorsqu'on appelle, lorsqu'il y a un secours,
06:37tous dans nos vies, on a rencontré des pompiers.
06:41Et votre bienveillance et votre accueil est important de souligner.
06:48Et ça fait partie, effectivement, des choses positives.
06:51Il y en a dans la France d'aujourd'hui.
06:54C'est-à-dire que les hommes qui sont engagés,
06:56c'est vrai aussi parfois pour les policiers,
06:58toujours pour les policiers.
06:59Et c'est vrai pour beaucoup de fonctionnaires.
07:02C'est vrai pour les profs aussi.
07:04Il y a derrière le système des gens.
07:07Et ces gens, ils sont souvent formidables.
07:09Oui, si vous permettez, je vais quand même rajouter
07:11que des louanges, en fait,
07:14c'est ce qui a fait notre quotidien pendant 20 ans.
07:17Pendant ces 20 dernières années, on nous a couvert de louanges.
07:19Les pompiers, vous êtes formidables.
07:20Vous intervenez même dans des conditions difficiles,
07:23sans matériel ou avec des difficultés financières, etc.
07:26Sauf qu'aujourd'hui, les louanges, en fait, ça suffit.
07:28Il faut des actes.
07:29Je suis d'accord.
07:30Il faut vraiment des actes.
07:31Et ça, c'est entre les mains des parlementaires
07:32qui débuteront ce travail dès le 20 octobre.
07:36Et comme je n'ai pas prévu de me présenter à la présentation,
07:38je suis un des rares.
07:38J'ai vu que Natacha Polony voulait aujourd'hui.
07:42J'ai vu qu'il y avait plein de gens.
07:44Là, je ne peux rien faire là-dessus.
07:45Sinon, vous saluez votre engagement.
07:47C'est la pub.
07:4910 secondes ?
07:49Non, non, non.
07:51C'est la pub.
07:52Merci beaucoup, M. Millet.
07:54Vraiment, merci beaucoup et bon courage à vous.
07:56Et ce message, j'espère qu'il aura été bien entendu.
07:59Merci.
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