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  • il y a 1 semaine
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud reçoit Guillaume Millet pour parler de la grève des pompiers et de leur manque de moyens.

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Transcription
00:00Les principaux syndicats de pompiers, je le disais, professionnels, ont déposé un prévu de grève à Comté de ce mardi
00:04jusqu'au 20 octobre,
00:05au cœur de leur revendication, la lancidante problématique des moyens matériels.
00:08Et on est avec Guillaume Millet, vraiment je vous remercie d'être avec nous ce matin.
00:1180% des pompiers français sont des volontaires.
00:13Le doux en compte 2500 pour environ 400 professionnels.
00:16Le volontariat tel qu'on le connaît ne peut plus suffire.
00:19Difficile de demander aux employeurs de libérer leurs salariés de manière répétée.
00:23Je ne sais pas s'il y a des, par exemple, à Seigneux, je ne sais pas s'il y
00:26a des pompiers volontaires,
00:27mais la règle dans ces cas-là, c'est que si, par exemple, vous êtes volontaire, on m'appelle, je
00:32suis en train de travailler, je pars.
00:35Justement, la règle, c'est qu'il n'y a pas de règle.
00:37Donc, en fait, chaque employeur, chaque collectivité, chaque personne qui embauche un sapeur-pompier volontaire
00:44est libre de libérer ou pas son agent, son employé, pour qu'il aille aider à combattre un incendie
00:54ou prendre un départ pour un secours à personne.
00:57Il y a des grosses entreprises, ou même des plus moyennes, qui conventionnent, en fait, avec les services départementaux d
01:03'incendie et de secours,
01:04où là, il y a une espèce d'accord entre eux qui permet de libérer cet employé.
01:11Mais sinon, la règle, comme je vous le disais, c'est qu'il n'y a pas de règle.
01:14C'est quoi, une grève des pompiers ? C'est-à-dire que si on vous appelle, vous ne vous
01:17déplacez pas ?
01:18Si, si, bien sûr que si. On est fonctionnaire, donc on est soumis à la continuité de service.
01:24Donc, c'est une grève qui est plutôt, on va dire, symbolique, puisqu'il n'y aura pas de carence
01:30dans les secours
01:31ni de retard lié à cette grève.
01:33C'est vraiment une grève pour dire qu'on fait grève, pour se montrer, pour faire entendre à l'opinion
01:39publique
01:39et profiter de ces fenêtres médiatiques qu'on a depuis le milieu de l'été maintenant,
01:46où justement, on a réussi à déceler, où on a décelé des grâves problématiques
01:50qu'on avait déjà soulevées il y a déjà de nombreuses années.
01:54Et aujourd'hui, on profite de tout ça, de cette épreuve médiatique pour se faire entendre.
01:59Manque de moyens, par exemple, il y avait un pilote de Canadair qui disait,
02:01c'est très bien de dépolluer la Seine, mais il y a une hiérarchie, ça coûte 2 milliards,
02:05et 2 milliards, c'est tant de Canadair.
02:07Moi, j'avais trouvé ça très intelligent de dire ça très simple.
02:09D'ailleurs, évidemment, si tu as de l'argent, tu dépollues la Seine,
02:13mais il y a des priorités, tu as l'impression que l'événement,
02:15que le gouvernement ou la France, les priorités, elles sont médiatiques.
02:19Alors évidemment, quand tu dépollues la Seine, tu fais de la com.
02:21Tu vois Mme Hidalgo en train de plonger dans la Seine,
02:26donc elle est toute contente, ça fait de l'image.
02:28Bon, mais on s'en fiche, en fait, il faudrait mieux mettre cet argent sur les Canadair.
02:32Donc le principal problème, on est d'accord, c'est le manque de moyens dont vous disposez, c'est cela.
02:37Ça fait partie d'une de nos trois revendications principales sur le volet revendicatif.
02:43Donc effectivement, il y a en tout premier les financements des services départementaux d'incendie et de secours,
02:49parce que les SDIS sont financés en fait au plus de la moitié par les financements propres du département,
02:56et par l'autre moitié, les EPCI et les collectivités locales.
03:00Les EPCI, c'est ?
03:02Les communautés de communes, etc.
03:04Et là, il n'y a pas assez d'argent, mais il n'y a d'argent nulle part.
03:06En fait, le département se servait à une époque des reversions de l'État,
03:10mais l'État ne reverse plus grand-chose au département,
03:16et les départements continuent à faire ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont comme reversion,
03:20c'est-à-dire toujours un petit peu moins,
03:22et en fait, d'une année à l'autre, ces reversions peuvent fluctuer aussi.
03:25Alors, comment vous allez faire s'il n'y a plus d'argent ?
03:27Donc, en fait, c'est une présentation qui va nous être faite dans le cadre du projet de loi de
03:33finances,
03:35où il va falloir inscrire dans le marbre une véritable logique de financement de ces SDIS,
03:44des financements pérennes, pour prendre toute la mesure des événements climatiques
03:52qui vont venir et tout le reste.
03:55Donc, moyen. Deuxième revendication ?
03:57Personnel.
03:58C'est-à-dire qu'il n'y en a pas assez ?
03:59Des sapeurs-pompiers professionnels. Aujourd'hui, en France, on est 43 000.
04:02Et il en faudrait combien ?
04:0320 000 de plus, selon nos estimations.
04:06Donc, c'est des fonctionnaires en plus ?
04:07Tout à fait.
04:08Ah oui, mais des fonctionnaires en plus.
04:09Alors, c'est plus utile d'avoir des pompiers, effectivement, opérationnels,
04:13que d'autres fonctionnaires, bien évidemment.
04:15Et troisième revendication ?
04:16Donc, la santé, la sécurité, les agents intervenants.
04:18C'est ce qu'on a dit tout à l'heure.
04:19C'est-à-dire que vous êtes mal protégés ?
04:22Pas tout le temps.
04:23Sur certaines missions, oui.
04:24Exemple typique, on l'a vu tout l'été sur les feux de forêt.
04:27Trouvez-moi un sapeur-pompier qui était bien protégé.
04:30Ou il avait un masque AFP2 en papier sur le bout du nez.
04:33Un masque AFP2, ça filtre très bien, il n'y a pas de problème.
04:36Par contre, ce n'est pas normé non-feu.
04:38Ce n'est pas un matériel qui est fait pour l'utilisation des sapeurs-pompiers.
04:41Donc, du matériel.
04:41Ou alors une cagoule qui filtre 0% de particules fines.
04:44Vous êtes pompier vous-même.
04:46Est-ce qu'aujourd'hui, parfois, vous êtes attaqué ?
04:48C'est ça qui nous surprend toujours dans certaines zones de France.
04:52Vous pouvez être même pris à partie, voire caillassé.
04:54Est-ce que ça vous est arrivé personnellement ?
04:56Oui.
04:57Oui, ça nous est déjà arrivé.
04:59Après, généralement, il n'y a plus de règles.
05:01Avant, ça se situe quand même sur les grandes métropoles françaises.
05:04Aujourd'hui, on peut trouver une agression de sapeurs-pompiers
05:07dans le fin fond d'un village du Gard, par exemple.
05:10Qu'est-ce qui vous est arrivé, par exemple, personnellement ?
05:12Une personne ivre qui vous prend à partie
05:15parce qu'elle décide qu'elle n'a pas besoin des secours
05:18et que d'autres gens ont appelé pour lui.
05:21La foule autour.
05:23C'est souvent dans des états un petit peu de consommation excessive d'alcool.
05:29Voilà, la majeure partie des agressions sont dans ce cadre-là.
05:32Vous êtes professionnel ?
05:33Oui.
05:34Depuis combien de temps ?
05:3518 ans.
05:36Et vous êtes...
05:37C'est une vocation ?
05:40Ce n'est pas une vocation.
05:41Ce n'est pas une vocation, mais ça l'est devenu.
05:43Je suis rentré pompier volontaire un petit peu par hasard.
05:46J'ai accroché et la suite s'est faite naturellement.
05:49Quel âge ont les pompiers aujourd'hui ?
05:51Est-ce qu'il y a un âge...
05:52Oui, l'âge moyen des pompiers professionnels en France,
05:57il est vieillissant, de toute façon.
05:59Mais il faut être jeune, il faut être en bonne santé, j'imagine.
06:01Il faut être en bonne santé.
06:02Physique ?
06:03Maintenant, il n'y a pas...
06:04On l'a dit tout l'été,
06:06il n'y a pas de super-héros chez les sapeurs-pompiers.
06:08Il y a un âge limite ?
06:09Il faut quand même une bonne condition physique.
06:11Je ne vais pas vous le cacher.
06:15Tout le monde aujourd'hui peut embrasser la carrière de sapeur-pompier
06:18à condition d'être certain que c'est ce qu'on veut faire
06:21et d'être motivé pour le faire.
06:22Et vous l'êtes ?
06:23Toujours.
06:25Écoutez, c'est ce que je vous disais en début d'interview,
06:28ça nous permet de rendre hommage à votre engagement.
06:32Vous êtes les premiers à arriver.
06:33Lorsqu'on appelle, lorsqu'il y a un secours,
06:37tous dans nos vies, on a rencontré des pompiers.
06:41Et votre bienveillance et votre accueil est important de souligner.
06:48Et ça fait partie, effectivement, des choses positives.
06:51Il y en a dans la France d'aujourd'hui.
06:54C'est-à-dire que les hommes qui sont engagés,
06:56c'est vrai aussi parfois pour les policiers,
06:58toujours pour les policiers.
06:59Et c'est vrai pour beaucoup de fonctionnaires.
07:02C'est vrai pour les profs aussi.
07:04Il y a derrière le système des gens.
07:07Et ces gens, ils sont souvent formidables.
07:09Oui, si vous permettez, je vais quand même rajouter
07:11que des louanges, en fait,
07:14c'est ce qui a fait notre quotidien pendant 20 ans.
07:17Pendant ces 20 dernières années, on nous a couvert de louanges.
07:19Les pompiers, vous êtes formidables.
07:20Vous intervenez même dans des conditions difficiles,
07:23sans matériel ou avec des difficultés financières, etc.
07:26Sauf qu'aujourd'hui, les louanges, en fait, ça suffit.
07:28Il faut des actes.
07:29Je suis d'accord.
07:30Il faut vraiment des actes.
07:31Et ça, c'est entre les mains des parlementaires
07:32qui débuteront ce travail dès le 20 octobre.
07:36Et comme je n'ai pas prévu de me présenter à la présentation,
07:38je suis un des rares.
07:38J'ai vu que Natacha Polony voulait aujourd'hui.
07:42J'ai vu qu'il y avait plein de gens.
07:44Là, je ne peux rien faire là-dessus.
07:45Sinon, vous saluez votre engagement.
07:47C'est la pub.
07:4910 secondes ?
07:49Non, non, non.
07:51C'est la pub.
07:52Merci beaucoup, M. Millet.
07:54Vraiment, merci beaucoup et bon courage à vous.
07:56Et ce message, j'espère qu'il aura été bien entendu.
07:59Merci.
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