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[#Interview] « La lutte contre la vie chère doit devenir l'urgence absolue »

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00:00Mesdames et Messieurs, bonsoir et bienvenue sur GMT-Tibi.
00:04À l'approche de la célébration de notre fête de l'indépendance,
00:08notre pays se trouve à la croisée de défis majeurs.
00:11Si la volonté de modernisation du territoire est saluée par de nombreux observateurs,
00:16la réalité sociale rappelle l'urgence d'actions ciblées sur la vie chère,
00:22l'accès aux soins ou encore la régulation des marchés essentiels.
00:26Pour analyser ces enjeux prioritaires et esquisser des réponses concrètes pour l'avenir de nos ménages,
00:33nous avons le plaisir d'accueillir un regard aguerri de la scène politique.
00:38Acteur politique indépendant, ancien élu local et au cadre de la République,
00:44Louis Junior Clémenceau Owanga est notre invité aujourd'hui.
00:48Monsieur Owanga, merci d'avoir accepté notre invitation.
00:51C'est un plaisir pour moi.
00:52Depuis plusieurs années, vous êtes très actif dans la sphère politique et même sociale.
00:58De manière succincte, pouvez-vous vous présenter à nos téléspectateurs ?
01:05Je suis Louis Junior Clémenceau Owanga, acteur politique indépendant,
01:11ancien élu local de la commune d'Acanda, cadre de la République,
01:15puisque j'ai servi, je sers mon pays depuis une dizaine d'années à des fonctions relativement importantes,
01:21qui me permettent d'avoir donc une vue globale,
01:23une vue beaucoup plus particulière de la gestion de la chose publique.
01:27Je suis président du mouvement Acanda pour le progrès,
01:30qui est un mouvement qui, il y a un an, a fait sensation dans la commune d'Acanda,
01:35puisque nous avons été candidats à ces élections.
01:39Et nous avons eu près d'un millier d'Acandais
01:41qui ont eu l'occasion de nous offrir leur suffrage au soir du 27 septembre 2005.
01:47Et nous sommes désormais la meilleure force politique indépendant de cet arrondissement.
01:52Arrondissement, certainement l'une des zones les plus stratégiques de notre pays,
01:56ce qui nous donne donc aujourd'hui la légitimité,
01:59qui nous donne aujourd'hui l'opportunité et la crédibilité
02:02de parler avec beaucoup plus d'entrain,
02:06parce que nous avons beaucoup de personnes,
02:08beaucoup de guébolins,
02:09qui adhèrent progressivement à notre manière de faire,
02:12à notre vision à la fois pour notre commune et pour notre pays.
02:15Et c'est dans ce cadre que je viens partager avec vous
02:17notre ressenti sur les différentes évolutions économiques et sociales de notre pays,
02:21la dynamique importante impulsée par le chef de l'État,
02:24Brice Rotter, au l'idée d'Emma,
02:25mais aussi les quelques positions que nous formulons,
02:28parce que nous pensons que nous devons être dans une démarche d'engagement citoyen utile.
02:34Et donc, pendant cet entretien, nous aurons l'occasion,
02:36ensemble, d'échanger sur ce qu'Akander a pour le projet,
02:39sur ce que nous proposons pour enrichir le débat public.
02:42Pour entrer dans le vif du sujet,
02:44vous ne manquez pas souvent de saluer la politique de modernisation,
02:47comme l'avez fait tout de suite,
02:49et les grands chantiers d'infrastructures impulsés par le président de la République.
02:53Toutefois, sur le terrain,
02:55de nombreux Gabonais peinent encore à ressentir l'impact de ces réformes dans leurs assiettes.
02:59Pour vous, la lutte contre la vie chère doit devenir l'urgence absolue.
03:04Concrètement, quelles mesures préconisez-vous pour soulager immédiatement le panier de la ménagère,
03:10et que proposez-vous pour renforcer la souveraineté alimentaire dans nos réseaux de distribution ?
03:17Écoutez, la lutte contre la vie chère doit, à mon sens, être la véritable priorité nationale.
03:22Nous soutenons, comme vous l'avez dit, le chef de l'État.
03:26Nous soutenons l'exécutif parce que nous estimons que nous avons là face à nous un homme
03:29qui a une formation et un parcours militaire,
03:32mais qui très souvent donne quasiment des leçons et des cours à la glace politique en matière de pragmatisme,
03:38de sa capacité surtout à prendre des initiatives.
03:41C'est quelqu'un qui fait bouger des lignes.
03:42Nous sommes un mouvement engagé autour de la notion du progrès.
03:46Lorsque nous avons quelqu'un qui matérialise et qui symbolise le progrès, nous ne pouvons que l'accompagner.
03:50Je crois que ce n'est pas Clémence Owanga qui le dit simplement.
03:53Les Gabonaises et les Gabonais sillonnent nos grands libres-villes et les grandes agglomérations de notre pays.
03:58Et nous nous rendons compte qu'il y a une politique de grands travaux,
04:02comme on n'en a jamais connu depuis la dernière canne de 2012,
04:05où notre pays avait effectivement subi des transformations importantes.
04:09C'est un bâtisseur à la tête de notre pays.
04:11Ce n'est pas simplement qu'un slogan.
04:13Et nous sommes là pour l'accompagner.
04:14Et comme je l'ai dit d'entre nous, nous sommes là pour l'accompagner de manière utile en lui
04:18disant la vérité.
04:20En lui disant que tout ne va pas bien.
04:22En lui disant souvent, monsieur le Président, c'est bien, mais nous pouvons faire mieux.
04:26C'est l'état d'esprit qui nous habite.
04:28Et nous pensons aussi que nous devons avoir une démarche simple.
04:34Notre démarche, c'est de dresser le constat.
04:37Notre démarche, c'est ensuite faire la détermination des causes et des conséquences,
04:42et derrière, émettre des suggestions et des compositions.
04:45Nous ne voulons pas être un mouvement fanatique.
04:47Nous sommes un mouvement engagé aux côtés des Gabonais.
04:50Mais lorsque les choses sont à l'entrée d'aller dans le sens de ce que souhaitait par les Gabonais
04:54et les Gabonais,
04:55nous ne pouvons qu'accompagner.
04:56Pour revenir à votre question, qui est une question cruciale,
05:00nous pensons qu'il faut saluer le lancement de la centrale d'achat du Gabon,
05:06qui est une réponse apportée par le gouvernement à la question de la lutte contre la vie chère.
05:10Mais nous pensons aussi et surtout que la question de la vie chère ne doit pas être simplement une mission
05:18d'évoluer au ministère de l'économie.
05:20Ça doit être le gouvernement qui met en place un certain nombre de dispositifs,
05:24plusieurs mesures lancées et initiées de manière simultanée pour renforcer la riposte.
05:30Quand vous regardez la pyramide, les besoins et les angoisses des Gabonais ou des citoyens à la fin du mois,
05:36vous avez le loyer, qui constitue généralement entre 40 et 60 % du revenu d'un ménage.
05:43Vous avez ensuite l'eau et l'électricité, mais je n'en parlerai pas,
05:45parce que plusieurs investissements importants sont en cours,
05:49et donc nous attendrons août 2027, dans un an, pour en parler de manière beaucoup plus concrète.
05:54Vous avez des charges silencieuses, qui ne sont pas toujours budgétées par les ménages,
05:58comme l'accès à Internet.
06:00Nous consommons Internet en fonction du feeling, du besoin que nous avons,
06:04mais peu de Gabonais budgétisent cette dépense dans leur charge du mois.
06:08Il y a des niches, effectivement, de réduction du coût de la vie qu'il faut aller chercher à ce
06:12niveau.
06:13Nous pensons également que la question du transport, de la mobilité des citoyens,
06:18de la fluidité du trafic doit être regardée de manière beaucoup plus précise,
06:21parce qu'il y a également des possibilités de réduire la pression que subissent les Gabonais et les Vabonais chaque
06:27fin de mois.
06:28Il y a la question épineuse de la santé, qui ne prend pas de rendez-vous.
06:32Et pour nous, au sein de notre mouvement, nous pensons que nous devons revenir au concept
06:36« soigner d'abord, payer après ».
06:39Il faut remettre le citoyen, remettre le capital humain au cœur de l'action publique dans notre pays.
06:43Et pour revenir à la question que vous me posiez,
06:46Sur les propositions ?
06:47Je pense que sur le plan alimentaire, essentiellement, pour commencer par ça.
06:53Le chef de l'État, lui-même, l'a reconnu lors de son adresse au Parlement réuni en Congrès.
06:57Le modèle de la centrale de l'achat est un modèle qu'il va falloir améliorer,
07:02adapter aux réalités de notre pays,
07:04parce qu'il faut tenir compte de la sociologie et des habitudes alimentaires des Gabonais,
07:08des habitudes de consommation.
07:10Et je crois qu'aujourd'hui, au-delà des magasins partenaires,
07:14parce que c'est une bonne chose que le patronat joue le jeu de la solidarité citoyenne,
07:19mais il faut aujourd'hui que nous puissions maîtriser l'ensemble de la chaîne de distribution.
07:24C'est pour ça que nous proposons concrètement le rachat par l'État,
07:28via la centrale de l'achat du Gabon,
07:31du réseau de magasins de proximité Caboprix,
07:34filiale du groupe CK Galice,
07:36qui a l'avantage d'être présent sur la quasi-totalité du territoire national.
07:41Et donc, si nous voulons jouer avec l'effet de levier,
07:44parce que les opérateurs économiques qui sont partie prenante au départ
07:47sont d'abord et avant tout les êtres humains qui cherchent à faire des marges,
07:50qui peuvent changer en cours de route,
07:52non pas que je remette en cause leur moralité,
07:54mais si nous voulons garantir la viabilité de ce modèle
07:57et la pérennité de ce système,
07:59il faut effectivement que nous puissions avoir un outil
08:01qui soit propre à la centrale d'achat,
08:03qui va certainement demander naturellement d'entrer le jeu
08:06des moyens pour leur réhabilitation, leur mise aux normes,
08:09mais qui est utile et indisforçable
08:11pour permettre que nous puissions véritablement stabiliser les prix
08:14sur l'ensemble du territoire national.
08:16Que le Gabonien qui se trouve à Mekambo,
08:18qui se trouve à Malinga,
08:19qui se trouve à Gamba,
08:20se retrouve à payer, en fonction de sa situation sociale,
08:24des produits alimentaires à des coûts tout à fait revus à la baisse.
08:27C'est aussi ce que nous proposons,
08:29et nous pensons aussi qu'il va falloir à un moment donné
08:32aller sur cette option,
08:34parce que les événements spontanés qui sont organisés,
08:36que je peux comprendre pour annoncer l'initiative,
08:39pour qu'elles soient vulgarisées,
08:41génèrent ce qu'on appelle des charges techniques.
08:43L'événement, c'est de la sonorisation,
08:45ce sont des chaises, ce sont des animateurs,
08:47c'est une vocation des sites et autres,
08:49mais il ne faudrait pas que ce modèle,
08:50la centrale d'achat, soit essoufflé trop rapidement,
08:53parce qu'on aurait fait trop d'événements,
08:54et qu'après, on puisse accuser un déficit beaucoup plus important.
08:59C'est essentiellement du social que l'État fait,
09:01et donc nous proposons que l'on rachète,
09:04sous réserve d'un certain nombre de conditions,
09:06c'est une négociation entre l'État et cette entreprise privée,
09:09que l'on rachète le réseau de magasins Gabou-Prix
09:12pour en faire des magasins centrales d'achat du Gabon,
09:16ce qui pourrait donner le chaud aux Gabouliens,
09:18peu importe sa situation géographique,
09:19en fonction de ses moyens,
09:21de faire ses emplettes à moindre coût.
09:23Alors, dans certaines de vos propositions,
09:27vous avez évoqué la création d'une agence de régulation immobilière,
09:30le plafonnage des tarifs Internet et téléphonie,
09:34bien l'ARCEP,
09:35et la remondisation des prix du transport urbain.
09:37Nous sommes dans un marché libéral.
09:43Comment comptez-vous faire plier les acteurs économiques
09:46sans, bien sûr, les asphyxiés ?
09:49Écoutez, je me suis rendu compte d'une chose.
09:53Avant toute réforme, avant toute grande transformation,
09:56il y a d'abord la volonté politique.
09:58Le président de la République nous démontre, en fait,
10:00que nous avons des leviers depuis longtemps
10:01que nous ne l'utilisons pas simplement.
10:04Il y a ce qu'on appelle la notion de l'État régulatum,
10:09de l'État interventionniste.
10:10L'État doit pouvoir effectivement réguler un marché,
10:14peu importe sa nature, qu'il soit concurrentiel ou libéral.
10:17Il ne faut pas que les prix qui soient pratiqués
10:20soient de nature à assécher, à appauvrir et à angoisser,
10:24à venir à l'encontre du bien-être des populations.
10:27Et donc là, il faudra une prise de responsabilité de l'État
10:30à travers les ministères sectoriels conservés.
10:32Il faut initier les concertations.
10:35Il faut réunir l'ensemble des acteurs de ces différents secteurs
10:38pour leur dire que la donne a changé,
10:40que le Gabonais est au cœur des préoccupations de la République,
10:43de l'État, du gouvernement,
10:44et qu'il va falloir donc revoir à la baisse un certain nombre de dispositifs.
10:48Pour revenir à la Garim,
10:50l'Odabon aujourd'hui, c'est 300 000 unités en termes de déficit de logement.
10:54C'est à peu près 7 000 nouveaux besoins exprimés par année.
10:58C'est 98 % des Gabonais, des populations qui vivent dans une zone urbaine.
11:02C'est 78 % des Gabonais qui sont locataires.
11:06Ça veut dire ce que ça veut dire.
11:07Ça veut dire qu'il y a une urgence de réguler et d'encadrer les lois.
11:10Beaucoup de Gabonais aujourd'hui vivent une pression énorme
11:13parce que nous sommes dans un système,
11:15pour ne parler que des immobiliers,
11:17où les bailleurs sont enclins à faire tout et n'importe quoi
11:21parce qu'il n'y a pas de normes, il n'y a pas de standards.
11:23Pourquoi nous proposons la création de l'Agence Gabonaise de régulation immobilière
11:26à l'abriger à Garibé ?
11:28Parce qu'il y a un vide juridique qui laisse la place
11:31à des pratiques peu orthodoxes qu'il faudrait donc revoir.
11:35Pourquoi cette agence ?
11:37Cette agence aura donc la mission de procéder à l'expertise
11:41des biens immobiliers mis en location
11:43pour déterminer à la fois leurs valeurs vénales et locatives.
11:47Cette agence aura également pour mission d'homologuer les contrats de bail
11:50pour garantir que les droits et les devoirs de chaque partie
11:53soient respectés, qu'il n'y ait pas d'abus.
11:55Cette agence aura pour avantage de permettre également à l'État
11:58de dresser le fichier national de ce que j'appelle le propriétaire bailleur
12:02qui va être un indicateur géographique, qualitatif, mais également fiscal
12:10parce que la Direction générale des impôts pourra s'asservir
12:13pour tout ce qui est taxes liées au foncier ou à l'immobilier.
12:17Nous avons besoin d'avoir la base de données fiable
12:21et un pays ne se gouverne pas sans statistiques, sans bases de données.
12:24C'est important également que l'État ait une visibilité beaucoup plus claire
12:28sur ce qui se fait dans l'immobilier.
12:29Mais cette agence aura également l'opportunité de délivrer des agréments techniques
12:35à ce qu'on appelle dans notre pays un peu abusivement agence immobilière.
12:39Vous avez le phénomène des démarcheurs
12:41qui fixent des frais d'agence qui soient à la limite équivalents
12:46au prix du loyer ou de la caution
12:48parce que ce n'est pas régulé.
12:50Donc ce n'est pas un gouffre financier pour l'État.
12:53C'est un organisme qui peut générer effectivement des fonds importants,
12:57des ressources financières importantes.
12:59Il faut échanger, il faut discuter avec les acteurs du système, du secteur.
13:04Je pense que là, en intervenant sur cette question-là,
13:08nous touchons directement au panier de la ménagère,
13:11nous touchons directement à la santé financière des Gabonais.
13:14Il y a d'autres propositions que nous avons sur le plan du transport.
13:19Aujourd'hui, dans le cadre de la loi sur la décentralisation,
13:21les collectivités locales ont une mission importante.
13:25L'État central ne peut plus tout faire.
13:28Et je le dis toujours, le problème dans notre pays,
13:30c'est la restauration de l'autorité de l'État.
13:33Ceux qui sont en responsabilité, souvent, ne mesurent pas la dimension
13:36et les fonctions qu'ils occupent autant pour moi.
13:39Les maires doivent, dans une large concertation,
13:44avec les acteurs, les syndicats de transporteurs,
13:48avec la police nationale, avec la Direction générale des transports terrestres,
13:52avec les consommateurs, que sont donc les citoyens transportés,
13:57redéfinir une mercuriale, une grille tarifaire,
14:01pour tout ce qui est transport urbain et suburbain sur l'ensemble du Grand Libreville,
14:04et partant sur l'ensemble des captains provincials de notre pays.
14:07Ce sont des grilles qui remontent à 20, 30, 40 ans,
14:11qui sont complètement caliques et obsolètes,
14:12qu'il faut réadapter au contexte économique actuel, sans qu'il n'y ait d'abus.
14:17Je prends un exemple, je suis citoyen résident à la commune d'Akanda.
14:21Vous quittez le Delta postal pour aller à la cité des ailes,
14:23vous payez facilement 500 francs.
14:25Pour moi, c'est énorme.
14:26Vous faites cet exercice toute la journée,
14:28vous vous retrouvez à dépenser 5 000 lignes de francs pour votre transport.
14:31À la fin du mois, laissez-moi vous lire, vous êtes parfois à 200, 300 000 francs.
14:35Ce sont des dépenses qui ne sont pas toujours budgétées dans notre manière de fonctionner.
14:40Et donc là aussi, il faut une prise de responsabilité des collectivités locales,
14:44qui, du point de vue du dispositif juridique,
14:47a l'opportunité de prendre cette question à bras-le-corps.
14:50Pour revenir là aussi à la question de l'accès à Internet,
14:54au Gabon, selon les données de l'ACEP, c'est 2 400 000 abonnements actifs.
15:032 400 000.
15:04Oui, 2 400 000.
15:05C'est sensiblement autour de 95 % l'Internet mobile
15:12et 5 % l'Internet fixe via la fibre optique pour les ménages.
15:16C'est un taux de pénétration de 127 %.
15:19Il y a suffisamment de marge bénéficiaire à ce niveau
15:23pour que ces différents opérateurs, sous l'injonction de l'État et donc de la concertation,
15:27puissent revoir à la baisse, ne serait-ce que pour 10 ou 15 %,
15:30dans le cadre des négociations, ces tarifs.
15:33On ne peut pas aujourd'hui consommer Internet au prix que nous consommons au Gabon.
15:38L'État est le régulateur.
15:41Donc l'ARCEP, à mon sens, devrait prendre ses responsabilités
15:44pour initier une concertation en mettant en place une commission permanente
15:47qui, tous les 6 mois, donc 2 fois dans l'année,
15:50en fonction des conjonctures économiques et différentes fluctuations sociales,
15:54puisse à chaque fois arrimer et harmoniser les prix qui seront pratiqués.
15:58Il y a suffisamment de marge pour que les responsables
16:00des raisons de téléphonie mobile aussi jouent le jeu de la solidarité nationale,
16:04comme le veut le chef de l'État.
16:05Et je pense que tout part avant tout de la volonté politique.
16:09Alors, nous allons aborder une question assez essentielle,
16:13c'est la question de la santé.
16:15Le Gabon a enregistré plus de 12 000 décès en seulement 7 mois cette année.
16:19Ce n'est particulièrement alarmant aujourd'hui
16:22si l'on compare avec le nombre que nous sommes.
16:30Derrière ces chiffres, il y a une urgence saturée
16:34et des soins souvent inaccessibles pour les personnes les plus vulnérables,
16:39à l'instar des personnes vivant avec un handicap.
16:42Face à ce drame silencieux,
16:43quelle réforme urgente proposez-vous pour le système de santé publique ?
16:49Effectivement, c'est révélateur de l'angoisse.
16:5212 400 décès en 7 mois, l'année n'est pas encore terminée.
16:55Ça veut dire ce que ça veut dire.
16:58Il y a un paradoxe, une dynamique infrastructurelle reconnue de tous,
17:04mais un besoin de renforcer le dispositif de filets sociaux dans notre pays.
17:08Mais au-delà des filets sociaux, il y a la nécessité d'introduire tous les acteurs
17:13dans une espèce de dynamique, le revu à la baisse d'un certain nombre de prestations,
17:18et dans le cadre spécifiquement de la santé.
17:22Pour nous, il est inconcevable.
17:26Inconcevable qu'un pays producteur de pétrole comme le Gabon,
17:29le manganèse, le fer, l'uranium, l'or,
17:33de tout ce que nous voulons comme richesse naturelle,
17:35n'accompagne pas suffisamment les compatriotes porteurs de maladies chroniques.
17:41Laissez-moi vous dire que c'est 101 000 Gabonais qui vivent avec le diabète.
17:48101 000 Gabonais.
17:50C'est 52 000 Gabonais qui vivent essentiellement avec le VIH sidar.
17:54C'est 2 % de la population qui vit avec la drépanocytose.
17:58C'est plus d'une centaine de Gabonais qui sont atteints de maladies chroniques difficiles,
18:02comme l'hémophilie.
18:06Il y a quasiment 3 000 Gabonais qui vivent avec l'insuffisance rénale.
18:10Les maladies qui sont coûteuses.
18:13Les maladies qui assèchent nos finances.
18:17Chaque famille dans ce pays comporte en son sein les cas.
18:21Et nous savons ce que cela coûte.
18:23Et donc, à mon sens, il faut revoir.
18:25Revoir le niveau de prise en charge.
18:27Nous ne pouvons pas abandonner ces compatriotes-là face à leur destin.
18:31Personne ne demande d'être malade parce que la maladie ne prend pas de rendez-vous.
18:34Nous proposons au sein de notre mouvement que soit revue la prise en charge de ces différentes maladies chroniques.
18:43De l'ordre de 80 %.
18:45L'Etat peut le faire.
18:47Et il faut qu'on entègre une chose aussi.
18:49Parce que dans certains pays au monde, le système sanitaire est excellent.
18:52Il est toujours déficité.
18:53On perd toujours de l'argent en soignant ses concitoyens.
18:57Et donc, il faut un accent particulier sur ces Gabonais qui se sentent délaissés.
19:01Nous proposons également, et là nous l'avons dit à l'entrée de jeu dans cet entretien,
19:06que nous revenions au concept de soigner d'abord et payer après.
19:10Que les urgences médicales soient désormais gratuites.
19:13Un Gabonais se présente à la réception ou aux urgences d'un hôpital public.
19:19Mais que ce soit gratuit.
19:20Que la consultation soit gratuite.
19:22Que l'on puisse l'internuer et le prendre en charge.
19:24Et ensuite, on finit toujours et toujours pas payer la facture.
19:28Les gens perdent la vie dans ce pays.
19:30Parce qu'aller à l'hôpital est toute source d'angoisse.
19:34Vous êtes dans une posture où vous êtes déjà malade et angoissé.
19:38Mais vous êtes autant angoissé de ne pas avoir les moyens financiers nécessaires pour aller faire un examen.
19:42Parce que vous vous dites, si je vais aller à l'hôpital, on va générer une ordonnance.
19:46On va me demander des examens à faire dont je n'ai pas les moyens.
19:50Voici la réalité des Gabonais.
19:52Le président de la République consente beaucoup d'efforts.
19:54Nous avons vu les différentes inaugurations.
19:57L'élargissement du plateau technique dans plusieurs structures sanitaires.
20:01Il fait sa part.
20:02Nous pensons aujourd'hui que les sectoriels doivent, dans le cadre de l'une concertation également,
20:07revoir entièrement le système de fonctionnement des structures sanitaires.
20:12Priorisons l'humain.
20:14Priorisons l'humain.
20:15Et là, ça me permet de chuter également sur une question importante.
20:20Vous savez, on peut mettre en place tous les dispositifs possibles.
20:23On peut rélever les hôpitaux.
20:26On peut équiper ces hôpitaux comme on veut.
20:29Mais si l'outil qui est l'interface entre ceux qui soignent et ceux qui doivent être soignés ne fonctionne
20:35pas,
20:35il y a un problème fondamental.
20:37Il y a une chose que les Gabonais ne comprennent pas toujours.
20:40Qu'est-ce qu'il se passe avec la CNGES ?
20:42La Caisse Nationale d'Assurance Maladie et de Garantie Sociale.
20:46Vous avez tous les travailleurs au Gabon qui, chaque fois de moi, sont prélevés à la source dans leur bulletin
20:51de salaire.
20:52Mais qui ne juisent pas l'appréciation pour laquelle ils sont prélevés.
20:56Ce qui est inacceptable.
20:59Et je constate que depuis 5, 6, 7 ans, on va de task force en task force, de lead en
21:04lead.
21:04On a des conclusions, mais rien de manière opérationnelle ne se fait pour relancer cette structure.
21:10Si on a des moyens pour organiser des événements spontanés.
21:14Si on a des moyens pour commémorer notre histoire.
21:17Si on a des moyens pour accélérer les chantiers infrastructurels.
21:21On peut, si on a la volonté également, injecter la trésorerie nécessaire pour relancer la CNGES.
21:26Le diagnostic de la CNGES, il est simple.
21:29Il y a un difficile de trésorerie.
21:31Ce qui est collecté n'est pas reversé.
21:33Et donc la CNGES a du mal à pouvoir payer les prestations qui sont servies aux usages.
21:39C'est simple.
21:40Ensuite, il y a des questions de gouvernance, d'organigramme fonctionnel,
21:45qui relèvent là aussi de la nécessité de revenir à l'orthodoxie financière.
21:50Mais arrêtons de perdre du temps.
21:52Parce que ce temps ne l'arrange personne.
21:55Je vous dis que si on remet la question de la CNGES au cœur des priorités.
21:59Et que dans les prochains mois, les Gabonais sentent qu'il y a une véritable prise en charge qui est
22:03réactivée.
22:04Le chef de l'Etat a un boulevard devant lui.
22:06De la fuir à faire en sorte qu'il n'y ait plus de plaintes.
22:09Parce que la santé préoccupe énormément les populations.
22:11Et sur le plan social et sanitaire.
22:13Il y a une partie de la population qui se sent marginalisée ou oubliée.
22:18Nous travaillons régulièrement avec ses compatriotes.
22:21Qui parait l'accident de parcours.
22:23Parce qu'ils n'ont jamais demandé à l'être.
22:26Ce sont aujourd'hui des personnes vivant avec un handicap boteur ou sensorier.
22:31Figurez-vous que ses compatriotes bénéficient uniquement en termes d'accompagnement de l'Etat.
22:37Les 75 000 francs annuels.
22:40Je ne sais pas si on a évalué réellement leurs besoins vitaux.
22:44Ils ont moins de chances que nous de trouver des emplois.
22:47Parce que la nature veut faire en sorte qu'ils soient de moins en moins en position.
22:51D'avoir toute la mobilité possible.
22:55Toute l'agilité qu'il faut.
22:5775 000 francs par année.
22:58Ce que nous proposons chez nous, c'est de passer de 75 000 francs par année à 75 000 francs
23:04par trimestre.
23:05Ça ferait essentiellement 300 000 francs.
23:07Et sur les 16 000 Gabonais en situation d'handicap, ça fait 4,8 milliards de francs CFA.
23:13L'Etat gabonais peut, dans un budget de 4 000 milliards et plus,
23:17consentir 4 milliards de francs pour accompagner de manière digne ces Gabonais qui sont en difficulté.
23:23Redonner la dignité aux Gabonais, c'est également s'occuper réellement et convenablement de ses compatriotes
23:29qui n'ont jamais demandé à être dans cette situation.
23:32Jusqu'à présent, l'Etat consent 1,2 milliard par année.
23:35Nous pourrons tripler ce montant à 4,8 milliards pour qu'il ressente vraiment
23:39que l'Etat les accompagne, qu'ils sont les Gabonais à part entière.
23:42Alors, M. Owanga, l'actualité récente est marquée par une montée des tensions dans l'espace virtuel
23:48où certains activistes et lanceurs d'alertes versent dans la diffamation,
23:52le chantage et l'insulte publique ciblant des personnalités ainsi que des familles gabonaises.
23:58Quel regard portez-vous sur la dégradation du débat public sur les réseaux sociaux
24:02et où fixez-vous la frontière entre liberté d'expression et préservation de la cohésion nationale ?
24:08Écoutez, malheureusement pour nous, le monde est assujetti à l'influence des réseaux sociaux,
24:18une influence difficilement aujourd'hui contrôlable.
24:22Je suis heurté, complètement et profondément déçu de ce que, comme tous les autres compatriotes, j'ai pu entendre,
24:31ces injures, cette diffamation à l'endroit du chef de l'Etat.
24:35Je ne comprends pas toujours que l'on puisse se servir d'une caméra, d'un téléphone portable pour salir,
24:42pour injurier, pour détruire des vies.
24:45Je crois aussi qu'être activiste, c'est porter une cause noble, c'est défendre avec des éléments factuels une
24:52cause.
24:54Malheureusement, ce que je constate, c'est que de plus en plus, nous allons sur un format d'expression de
24:59frustration personnelle.
25:00Les gens font du chef de l'Etat, les gens font les responsables de l'administration publique, souvent les fonds
25:08de commerce, souvent les projets de vie.
25:10Je crois qu'il faut qu'on revienne essentiellement à la noblesse de la qualité de leur opinion, d'influenceurs.
25:24Je voudrais également dire qu'il ne faudrait pas réagir à cela en étant empreinte d'animosité, ça ne sert
25:34à rien.
25:34Ce sont les Gabonais, ce sont les compatriotes, qu'on le veuille ou non, qui abusivement font un peu tout
25:42et n'importe quoi, mais il y a des mécanismes légaux.
25:46Et arrêtons avec les schémas déjà connus par le passé, qui ne servent pas et qui ne grandissent pas à
25:51notre pays.
25:53Je crois que le chef de l'Etat répond bien à ces attaques.
25:57La meilleure réponse à donner à ça, c'est de continuer à travailler.
26:01C'est de continuer, comme il le fait dans cette semaine de l'indépendance, à inaugurer des chantiers, à montrer
26:06que le pays est en chantier,
26:08que le Gabon est en train de se reconstruire et se moderniser avec détermination et résilience.
26:12C'est la meilleure manière, à mon sens, d'y répondre et laisser nos responsables diplomatiques, nos représentants diplomatiques,
26:20ceux qui sont habilités à le faire, à inster des procédures qui cadoraient dans ce sens-là.
26:25Je suis outré parce que je ne voudrais pas que l'on catalogue la diaspora comme une force qui n
26:35'apporterait pas grand-chose.
26:36Je connais beaucoup de Gabonais dans cette diaspora, des Gabonais compétents, talentueux,
26:43qui peuvent apporter énormément et qui apportent aux certains beaucoup à l'Etat.
26:47Et donc, il ne faudrait pas que les dérives de certains soient généralisées à tous.
26:53Il y a des Gabonais là-bas qu'il faut amener à nos côtés pour travailler et construire ce pays
26:59et que des mesures soient prises pour que ce type d'action puisse en mesurer la portée.
27:04Et il ne faut pas qu'on oublie une chose, chaque parole déclarée publiquement, chaque action menée et engagée,
27:09il faut être capable dans les mois, dans les années qui suivent, de pouvoir répondre de ces actes.
27:15C'est simplement ce que j'ai à dire.
27:17Et je voudrais terminer sur cette question en disant que quand on est chef d'Etat,
27:26malheureusement ou heureusement, on a la volonté de rassembler,
27:29de rassembler toutes les compétences, toutes les intelligences, toutes les forces vives de la nation.
27:33Mais il ne faudrait pas que dans la notion d'inclusivité ou d'inclusion, c'est selon,
27:38d'on puisse occulter la notion de probité morale et le principe de qualité.
27:46Le chef de l'Etat est le garant des institutions.
27:49C'est la voix du Gabon.
27:51C'est l'image du Gabon à l'extérieur.
27:54Et donc là aussi, ceux qui sont habilités devront regarder la perméabilité d'un certain nombre de dispositifs
28:00qui font en sorte qu'aujourd'hui, certains compatriotes puissent s'amuser avec l'institution.
28:07Voilà ce que j'avais à dire par rapport à cette question.
28:09Alors, nous arrivons au terme de notre entretien.
28:13Et nous sommes à quelques jours de la célébration de notre fête nationale du 17 août.
28:17Le peuple gabonais est en quête de repères, de rassemblements et de perspectives concrètes pour son bien-être au quotidien.
28:23Quel est votre mot de fin et quel message souhaitez-vous adresser à l'ensemble de vos compatriotes
28:29à l'occasion de la fête de l'indépendance ?
28:34Le mois d'août est un mois essentiellement de bilan, d'introspection.
28:40Un mois qui nous permet de faire le poids sur l'orientation que le pays a pu prendre.
28:45Moi, le bilan que je me fais, c'est d'un pays qui retrouve progressivement toutes ses lettres de noblesse.
28:52C'est un pays qui se reconstruit avec détermination et résilience.
28:57C'est un pays sur le leadership du chef de l'État qui est engagé sur plusieurs chantiers, sur plusieurs
29:03fronts.
29:04Ce que nous disons, c'est qu'il faudra qu'après ces fêtes, au-delà des infrastructures,
29:08nous mettions l'accent sur le capital humain, sur le citoyen gabonais.
29:12Il faut renforcer les dispositifs de lutte contre la vie chère.
29:16Il faut que chacun, chaque Gabonais, ressente dans les prochains mois une riposte importante et calibrée contre la vie chère.
29:26Parce que vous pouvez gagner tout ce que vous pouvez gagner à la fin du mois.
29:29Si vos revenus ne vous permettent pas de vous assumer, de prendre en charge votre famille, vous n'êtes pas
29:33heureux.
29:35Et quand beaucoup de Gabonais disent « on a faim », c'est révélateur de la réalité.
29:39Pourtant, il y a un homme qui se bat pour attraper le déficit infrastructurel que nous avons accusé.
29:45Parce qu'il faut là aussi que l'on comprenne que cela prendra un peu de temps.
29:48On ne peut pas tout obtenir au même moment.
29:51Il faudra serrer un tout petit peu les dents, comme on le fait pour l'eau et l'électricité.
29:55Serrer un tout petit peu les dents parce qu'il faut ramener notre pays au niveau.
29:58Il faut pouvoir le positionner.
30:00Le chef de l'État le fait.
30:01Il le fait avec les Gabonais qui souhaitent l'accompagner.
30:04Et nous sommes une force de proposition, un laboratoire d'idées.
30:08Nous voulons un engagement utile aux côtés de l'exécutif, ce que nous faisons.
30:12Parce que régulièrement, nous produisons des tribunes politiques et citoyennes
30:15pour émettre des propositions.
30:17Parce que nous voulons contribuer activement et de manière tout à fait qualitative au débat public.
30:22Lire aux Gabonais que nous n'avons pas un pays de rechange.
30:25Nous n'en avons rien de plus grand et de plus beau que le Gabon.
30:28Et donc nous devons chérir ce pays.
30:30Nous devons nous unir et nous rassembler au-delà de nos divergences.
30:34On peut avoir des points de vue différents, divergents.
30:36On peut ne pas s'aimer ni se comprendre, mais le Gabon doit nous rassembler.
30:40Autour du Gabon, nous devons mettre de côté nos petites personnes pour que l'intérêt national,
30:45pour que l'enjeu collectif discrime sur les enjeux individuels.
30:49Je vous remercie.
30:50Louis-Georges Clemenceau Wanga, merci à vous pour cet éclairage sans détour sur les défis économiques et sociaux
30:57qui touchent directement le panier de la ménagère.
30:59Et vous, chers internautes, que pensez-vous des propositions formulées aujourd'hui ?
31:05Réagissez et donnez votre avis en commentaire.
31:08N'oubliez pas de vous abonner et de partager cette vidéo.
31:11Excellente célébration du 17 août.
31:13à tous et à toutes.
31:15On le fête de l'indépendance.
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