00:00Nous avons donné la parole au Dr Rikin Guimehi, sociologue et enseignant-chercheur à l'Université Omar Bongo.
00:06Bonsoir docteur et merci de nous avoir accordé de votre temps.
00:09Alors, que peut-on dire du vivre ensemble en paix à l'échelle internationale ?
00:13L'ONU a été créée à la suite de la Seconde Guerre mondiale,
00:16où il fallait promouvoir justement le vivre ensemble et la paix dans le monde.
00:23Malheureusement, nous assistons, on pensait que les choses allaient se régler,
00:27mais depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il y a eu de nombreuses guerres,
00:33un peu partout à travers le monde, et ce n'est pas près de s'arrêter.
00:38Il suffit de voir ce qui se passe encore aujourd'hui dans le Proche et dans le Moyen-Orient.
00:44Donc, les gens ont encore du mal, la paix a du mal à véritablement s'installer.
00:49Et même au sein des pays, on constate encore aujourd'hui des conflits,
00:56et des situations de discrimination où des gens sont rejetés,
01:03des situations d'exclusion.
01:05Certaines communautés, certains groupes, certaines catégories de la population
01:11sont plus ou moins exclues ou rejetées.
01:16Dans le contexte gabonais, comment peut-on décrire ce vivre ensemble, docteur ?
01:20Certains vont instrumentaliser le repli identitaire.
01:25On a également des groupes qui sont plus ou moins rejetés.
01:31On a certains qui ont du mal à s'intégrer,
01:33certains qui ont du mal à se sentir véritablement chez eux.
01:37Et puis, nous sommes dans une situation où,
01:39nous avons traversé une crise identitaire, une crise sociale, une crise culturelle.
01:45Et quand un pays est en crise, on cherche un bouc émissaire,
01:49et le parfait bouc émissaire, c'est l'autre.
01:51Le parfait responsable, c'est celui qui est différent de nous.
01:55Donc, on a tendance à pointer l'autre du doigt,
01:58à l'accuser, à le rejeter, à l'exclure, à le marginaliser.
02:02Et donc, le vivre ensemble a véritablement du mal à s'implanter dans notre pays.
02:08Et certains, évidemment, certains groupes politiques se servent justement de cette situation
02:15pour attiser, pour instrumentaliser justement les haines inutiles,
02:20notamment la haine ethnique.
02:21Aussi, y a-t-il une forme de xénophobie dans la société gabonaise ?
02:25Non, je ne pense pas que le gabonais soit totalement xénophobe,
02:30mais il ne faut pas non plus nier l'évidence.
02:33Il y a une part des xénophobies également dans notre pays,
02:36comme dans tous les pays.
02:37Le Gabon n'a pas le monopole de la xénophobie.
02:39Comme je disais tout à l'heure,
02:41quand un pays traverse une crise identitaire,
02:43une crise politique, une crise économique,
02:45on a tendance à trouver un responsable.
02:49On cherche un responsable.
02:50Et le parfait bouc émissaire, le parfait responsable, c'est souvent l'étranger.
02:53Mais en même temps, quand on est étranger dans un pays,
02:59on se plie aux règles de ce pays,
03:01on se soumet à la société,
03:05on se soumet aux règles de la société qui nous accueille.
03:08On respecte les lois du pays d'accueil.
03:12Que préconisez-vous comme solution à l'occasion de cette journée ?
03:16À l'occasion de cette journée,
03:18comme je disais, il faut sensibiliser les gens,
03:21sensibiliser les gens au vivre ensemble.
03:24Voilà.
03:25Sensibiliser les gens au vivre ensemble.
03:30Encourager l'interculturalité.
03:33Enfin, il faut l'encourager, il faut la valoriser,
03:35il faut la promouvoir.
03:38Nous sommes condamnés à vivre ensemble.
03:40Voilà.
03:41Nous sommes condamnés, que nous le voulions, non.
03:43Nous sommes condamnés à vivre ensemble.
03:45Et aucun peuple, aucun pays dans le monde ne vit en autarcie.
03:50Aucun pays, nous sommes à l'ère de la mondialisation,
03:53où les gens se mélangent.
03:54Les gens se mélangent.
03:55Et ce mélange est avantageux.
03:59Il suffit simplement de prendre le bon côté des choses.
04:01Voilà.
04:02Et le fait de se mélanger aux autres ne veut pas dire
04:04que nous perdons complètement notre identité.
04:06Mais c'est la dure loi de la nature.
04:09Les gens se mélangent.
04:10Et forcément, en se mélangeant,
04:12on prend un tout petit peu quelque chose chez l'autre.
04:15Et l'autre prend un tout petit peu quelque chose chez nous.
04:18Maintenant, la question que nous devrions nous poser,
04:20c'est, dans ce mélange,
04:22qu'est-ce que nous apportons aux autres ?
04:25Qu'est-ce que j'apporte à l'ère de la mondialisation ?
04:28Qu'est-ce que moi, j'apporte à l'autre ?
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