00:00C'est joint à nous le Général Bertrand Cavallier, que vous connaissez, expert en sécurité.
00:03Merci Général Bertrand Cavallier d'être avec nous.
00:05On parle de Pise 20, ce fameux quartier.
00:08Le constat est accablant, trois ans après la mort du petit Fayad.
00:12Des images qui révoltent Joseph Masses-Carran qui est à nos côtés
00:18et qui devraient révolter un grand nombre de Français qui nous suivent avec attention.
00:22C'est le désert et on voit bien que rien n'a changé en trois ans malgré des rénovations.
00:27Rien n'a changé. Et le prix du mètre carré est de 50.
00:30Du côté de la cité, 50 euros le mètre carré de la galerie Wagner.
00:33Donc les gens sont prisonniers, ils ne peuvent même pas quitter.
00:37Voilà où on en est aujourd'hui. C'est foutu ou pas foutu Bertrand Cavallier ?
00:40Pardonnez-moi pour l'expression.
00:42Non, je crois que ce n'est pas foutu parce que, enfin, la prise de conscience est venue
00:47et puis la volonté commence à être amorcée.
00:49La loi de narcotrafic est un élément intéressant dans la volonté aujourd'hui de l'État,
00:56des pouvoirs publics, de la République.
00:58Parce qu'en fait, on est face à un danger existentiel, s'agissant de notre République,
01:02s'agissant de la cohésion du corps social.
01:06Donc aujourd'hui, je crois que, sauf certains partis, tout le monde est tout à fait d'accord
01:12pour dire que maintenant, il faut réagir au travers d'une politique globale.
01:16Mais vous voyez, je vous interromps, Pisevin, trois ans, trois ans après les faits, la situation est la même, Général.
01:23La situation est la même et je suppose qu'il y a un grand nombre de quartiers en France où
01:27la situation est identique.
01:29C'est ça le constat ?
01:30Oui, mais comme je le disais tout à l'heure, vous savez, Madame Bécuot, la procureure de la République à
01:36Paris,
01:37c'est elle qui, à première, a sonné l'alarme.
01:40Enfin nous, quand je dis les gendarmes et les policiers, on en était conscient d'autres acteurs
01:44parce que dans ces quartiers, il n'y a pas que le problème de la drogue.
01:47Et il y a la difficulté que rencontrent les professeurs à dispenser un savoir de diffuser les valeurs de la
01:54République.
01:54Donc c'est une problématique beaucoup plus complexe.
01:56Maintenant, la réponse doit être globale.
01:58Si vous voulez, tant qu'on ne contrôlera pas les flux dans ce pays,
02:03tant qu'on laissera rentrer des milliers et des milliers de millions d'un accompagnés
02:07qu'on ne peut plus prendre en charge et qu'ils deviennent les supplétifs de ces trafiquants,
02:12tant que les prisons seront saturées, parce que notamment il y a 20% d'étrangers,
02:17tant qu'on n'aura pas une véritable politique vis-à-vis des OQTF.
02:20Vous voyez, il faut agir en utilisant tous les leviers.
02:23Et simplement, je pense que dire que c'est foutu, non.
02:28Non, mais ces constats-là, Bertrand Carli, je les entends et vous êtes souvent avec nous sur nos plateaux,
02:34ces constats, on les a faits.
02:35On les a faits, on les répète, etc.
02:39Mais là où je veux en venir, c'est que malgré ces constats,
02:42personne ne tire la sonnette d'alarme, alors sauf les policiers, les pompiers, les enseignants, etc.
02:48Mais il n'y a pas de réponse.
02:49Et on est en période 2027, c'est demain.
02:53Je pense que cette question-là sera au centre de la campagne présidentielle,
02:59parce qu'il y a aujourd'hui un consensus au moins,
03:03au-delà des acteurs de la sécurité, des forces de l'ordre, des policiers,
03:07les Français, y compris des Français d'origine étrangère,
03:11attendent enfin que la République se manifeste.
03:13Si vous voulez, moi je reste toujours circonspect quand je vois qu'on fait une grande messe
03:18en mettant en avant notre outil de dissuasion nucléaire,
03:21et qu'à côté de cela, on est incapable de reprendre des quartiers,
03:25sachant que la technologie n'est pas neutre.
03:26On parle de quartiers de reconquête républicaine.
03:28Maintenant, la France a connu d'autres épreuves.
03:33S'il y a véritablement une mobilisation générale,
03:36il faudra qu'elle soit générale au-delà des clivages partisans,
03:38on peut reprendre le contrôle quartier par quartier au travers d'une politique globale.
03:44Moi, il y a quelques années, j'avais parlé de phénomène de sud-américanisation.
03:49On est en pleine dent, mais on a encore les capacités de s'en sortir.
03:53Moi, je n'ai pas le sentiment qu'on soit reparti à la conquête, pour le moment,
03:56vu tout ce qu'on commente, je ne sais pas.
Commentaires