Un policier a-t-il vraiment tenté de noyer un lycéen qui l'avait agressé à Belfort, comme l'affirme certains médias et de nombreuses personnes sur X avec une vidéo ? Le procureur de la République de Belfort, Paul-Édouard Lallois, dément formellement la version selon laquelle le policier violemment agressé vendredi aurait tenté de « noyer » un lycéen lors de son interpellation. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrait le commandant de police aux prises avec un jeune dans la rivière de la Savoureuse, avant son passage à tabac quelques instants plus tard.
Selon le parquet, cette séquence est tronquée et ne permet pas de comprendre les circonstances ayant conduit les deux hommes dans le cours d’eau.
Le procureur affirme disposer de plusieurs vidéos, prises sous différents angles et couvrant également les instants précédant la scène.
Le jeune interpellé était soupçonné d’avoir participé à des jets de projectiles contre les forces de l’ordre et d’avoir tenté de provoquer un départ de feu. Le commandant du renseignement territorial aurait alors décidé de procéder lui-même à son interpellation. Le suspect aurait tenté de prendre la fuite avant de chuter dans un talus en entraînant le policier avec lui jusqu’à la rivière. D’après le parquet, le policier n’aurait donc jamais volontairement conduit le jeune dans l’eau pour lui maintenir la tête immergée. Une fois dans le cours d’eau, le fonctionnaire aurait tenté de maîtriser le jeune et de le menotter avant de le ramener rapidement vers la berge.
Le procureur considère que le déroulement de l’interpellation est cohérent avec l’ensemble des images dont disposent les enquêteurs. Des vidéos tournées immédiatement après montreraient également le jeune debout, marchant aux côtés du policier et ne présentant pas de problème de santé apparent. Alors que le commandant remontait avec lui vers ses collègues, plusieurs individus auraient encerclé le policier.
Le fonctionnaire a alors reçu un violent coup dans le dos qui l’a projeté au sol. Plusieurs jeunes lui ont ensuite porté des coups de poing et de pied, notamment au niveau de la tête. Le jeune qui venait d’être interpellé, toujours menotté à un poignet, aurait lui aussi porté deux coups au policier alors que celui-ci se trouvait à terre.
Le commandant, âgé de 59 ans, a momentanément perdu connaissance avant d’être évacué à l’hôpital. Son état de santé n’inspirait ensuite plus d’inquiétude majeure. Une enquête a été ouverte pour tentative d’homicide volontaire, qualification ensuite rapportée comme « tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique ».
Le procureur souligne également que le policier disposait de son arme de service mais aurait choisi de se défendre uniquement à l’aide de sa bombe lacrymogène.
Pour le parquet, les images disponibles ne permettent donc pas d’étayer l’accusation d’une tentative de noyade. L’enquête doit désormais permettre d’identifier tous les auteurs des violences commises contre le policier