- il y a 14 heures
Catégorie
📺
TVTranscription
00:03Générique
00:16Mesdames, Messieurs, bonsoir. Merci de vous informer sur Médian TV.
00:19Voici les principaux titres de votre soir info.
00:24Secouristes et bénévoles continuent ce mardi en Colombie de dégager les décombres
00:29en quête de survivants au lendemain du séisme le plus violent de la dernière décennie en Colombie
00:35qui a fait au moins 181 morts et plus de 1300 blessés, notamment dans l'ouest du pays.
00:43L'armée russe a procédé à une frappe massive de missiles et de bombes aériennes guidées
00:48en dommageant ainsi des immeubles d'appartements et des bâtiments non résidentiels en Ukraine.
00:53Les détails dans un instant.
00:57Et enfin, demain, mercredi, une éclipse solaire totale traversera une partie de l'Europe,
01:02de l'Atlantique Nord et du Groenland.
01:04Et une éclipse partielle sera aussi visible depuis le Maroc.
01:08Attention donc à bien porter des lunettes spécifiques pour assister à ce spectacle.
01:16À la lune de l'actualité ce mardi en Colombie, les secours poursuivent leur recherche dans les décombres
01:22après le puissant séisme qui a frappé l'ouest du pays lundi matin.
01:26Le bilan provisoire fait état de 181 morts et 1310 blessés et des dizaines de bâtiments ont également été détruits.
01:33Des secouristes et des volontaires sont mobilisés dans une course contre la montre
01:38afin de tenter de retrouver d'éventuels survivants.
01:42Le président Abelardo de la Espriella, en fonction depuis seulement trois jours,
01:47a décrété l'état d'urgence en Colombie et promis une opération de sauvetage coordonnée.
01:57Un navire a été ciblé près du détroit de Babel Mendeb au large des côtes sud du Yémen.
02:02C'est ce qu'a annoncé ce mardi le gouvernement yéménite faisant état d'au moins quatre morts.
02:07Pour rappel, les Houthis multiplient les attaques dans cette stratégique voie maritime
02:11depuis qu'ils ont annoncé le mois dernier un blocus de la flotte saoudienne en mer Rouge
02:16en pleine reprise des hostilités entre les deux camps.
02:19Le ministère saoudien des Transports a d'ailleurs accusé les Houthis d'avoir frappé le cargo Tiama
02:24de trois missiles balistiques successifs alors qu'ils franchissaient le détroit.
02:29L'agence maritime britannique UKMTO avait rapporté plus tôt qu'un cargo avait été touché
02:35par un projectile d'origine inconnue qui a causé la mort de quatre membres d'équipage
02:40dont trois Pakistanais et un Indonésien et en blessant quatre autres en plus d'un secouriste
02:45selon un communiqué ne précisant pas le nombre de morts et de blessés.
02:51Un ancien chef du Mossad, les services de renseignement extérieur israélien,
02:55a affirmé ce mardi que des agents israéliens s'étaient rendus de nombreuses fois
03:00sur le site nucléaire iranien de Fordo afin de mieux comprendre les installations.
03:04Nous avons visité le site nucléaire de Fordo à de nombreuses reprises
03:08afin de comprendre le site, a déclaré Yoshi Cohen qui a dirigé le Mossad de 2016 à 2021
03:15lors d'une conférence réunissant des responsables des collectivités locales selon les médias israéliens.
03:20Le programme nucléaire iranien constitue depuis longtemps d'ailleurs un sujet majeur de désaccord
03:25entre Téhérans et les pays occidentaux qui accusent la République islamique d'Iran
03:30de vouloir se doter de l'arme nucléaire, ce qu'elle dément.
03:36Une double frappe israélienne dans le sud du Liban a blessé deux personnes ce mardi
03:40et a endommagé une ambulance, c'est ce qu'a annoncé le ministère libanais de la Santé
03:45qui a condamné la poursuite du ciblage des secouristes par le pays voisin.
03:49Ces frappes sont les dernières en date dans le conflit entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
03:55malgré la trêve en cours.
03:57Selon l'Agence Nationale d'Information, l'une d'elles a visé un véhicule dans la ville méridionale de Nabatillé.
04:05Le ministère a également précisé que l'armée israélienne avait frappé à nouveau
04:08lorsque des secouristes de l'association des scouts Rissala liés au mouvement Amel,
04:14alliés au Hezbollah, sont arrivés sur les lieux, endommageant ainsi leur ambulance.
04:22Au Mayen-Orient toujours, un tribunal syrien a condamné ce mardi par contumasse
04:26le président déchu Bachar el-Assad, son frère Maher et plusieurs autres ex-responsables
04:31à la peine de mort pour les crimes commis durant la guerre civile.
04:35Les autorités de transition qui ont renversé Bachar el-Assad en décembre 2024
04:39au terme de 13 ans d'une guerre civile meurtrière
04:41se sont engagées à ce que justice soit faite pour les crimes commis.
04:45Le procès de Bachar el-Assad, jugé en son absence,
04:49et d'autres responsables avaient d'ailleurs commencé en avril dernier.
04:52Ce tribunal de Damas l'a reconnu coupable de crimes contre l'humanité
04:56et crimes de guerre dont assassinat avec préméditation,
05:00meurtre intentionnel de plusieurs personnes,
05:02meurtre intentionnel d'enfants de moins de 15 ans,
05:04torture ayant entraîné la mort et enfin privation de liberté.
05:13Je vous le disais en titre de nouvelles attaques russes en Ukraine
05:15ont tué au moins neuf personnes au cours de la nuit,
05:18dont six à Zaporizhia, dans le sud-est de l'Ukraine.
05:21L'armée russe a procédé à une frappe massive de missiles et de bombes aériennes
05:25guidées en dommageant des immeubles d'appartements
05:27et des bâtiments non résidentiels.
05:29Trois personnes dont un adolescent de 15 ans ont été tuées également dans la nuit
05:34dans une attaque de drones et d'artillerie contre cinq districts de la région de Dniprovetskov.
05:41Ces dernières semaines, Moscou a intensifié ces frappes de missiles balistiques,
05:46des frappes qui ne peuvent être interceptées que par certains systèmes de défense antiaérienne,
05:52parmi eux les patriotes américains.
05:57En Russie, toujours le seul parti ouvertement opposé à la guerre en Ukraine
06:02ne pourra pas participer aux élections législatives de septembre.
06:05La Cour suprême russe a interdit au parti Labloco de présenter des candidats
06:11pour le renouvellement de la Douma d'État, la chambre basse du Parlement russe.
06:15La justice a ainsi fait droit à la demande d'un parti nationaliste favorable au Kremlin
06:21qui contestait l'enregistrement de la liste de candidats de Labloco.
06:26Cette décision prive donc les électeurs russes opposés au conflit en Ukraine
06:31qui dure depuis 4 ans et demi, la possibilité d'exprimer le rejet de la guerre dans les urnes.
06:38Labloco est aujourd'hui le seul parti libéral russe en Russie.
06:43L'entreprise américaine Greenland Energy a provoqué un tollé
06:48en débarquant sans autorisation du matériel pour des forages exploratoires
06:52sur la côte est du Groenland.
06:55Ce territoire autonome danois convoité par le président américain Donald Trump,
06:59la compagnie texane qui répète n'avoir aucun lien avec les ambitions territoriales du président américain
07:05assure qu'il s'agissait là seulement d'une étape le préalable à des activités d'exploration.
07:11A la presse, Greenland Energy a affirmé croire que l'autorisation de débarquer
07:16et emmagasiner son équipement n'était nécessaire que dans la zone de licence.
07:20Ce matériel est actuellement stocké dans un hangar de l'aéroport de Nerlerit-Inat,
07:26le plus proche de la zone de licence.
07:32Retour sur le continent et direction la Libye où un important réservoir de carburant a pris feu
07:37puis s'est effondré lundi à Zaouia dans l'ouest du pays après une attaque menée par des inconnus
07:43selon la compagnie nationale de pétrole.
07:46Le réservoir se trouve d'ailleurs sur le site de la deuxième plus grande raffinerie du pays
07:51d'une capacité de 120 000 barils par jour.
07:54Les secours ont d'ailleurs signalé plusieurs cas d'inhalation de fumée sans faire état de victimes graves.
08:00Cette attaque intervient après deux incidents similaires ces derniers jours.
08:03Un réservoir de diesel avait été ciblé samedi, puis une usine de dessalement d'eau dimanche.
08:09La compagnie nationale de pétrole libyenne a décrété l'état d'urgence et demandé l'ouverture d'une enquête.
08:18Au Mali, l'armée affirme avoir neutralisé plus d'une cinquantaine de terroristes
08:22après une attaque contre une emprise militaire dans la ville de San, à environ 400 km à l'est de
08:29Bamako.
08:29Selon l'état-major général des armées, les unités déployées sur place ont repoussé les assauts
08:35et neutralisé plusieurs assaillants infiltrés.
08:38Ils ont également repris le contrôle de l'emprise.
08:40Le premier bilan a fait de nombreux blessés, dont une grande partie aurait été évacués par les assaillants lors de
08:47leur repli.
08:48Les opérations de recherche et de poursuite des terroristes en fuite se sont poursuivies d'ailleurs dans le secteur.
08:57L'épidémie d'Ebola progresse à une vitesse inédite en République démocratique du Congo.
09:02Le bilan fait état de plus de 2000 morts.
09:04Il se rapproche ainsi de celui de 2018-2020, bilan le plus meurtrier de l'histoire du pays.
09:10Déclarée le 15 mai dernier, avec plusieurs semaines de retard, la République démocratique du Congo en est à sa 17e
09:17épidémie d'Ebola.
09:18Cette épidémie est déjà considérée comme la plus importante de son histoire
09:22et elle est susceptible de devenir la plus grande jamais enregistrée dans le monde.
09:27Partie de la province de Litori, dans le nord-est du pays, selon l'Organisation mondiale de la santé,
09:33l'épidémie actuelle se propage plus rapidement que toutes les épidémies précédentes.
09:41Retour au Maroc où les habitudes alimentaires changent en été.
09:44Avec la chaleur, les Marocains privilégient davantage les repas légers et faciles à digérer.
09:49Le poisson figure parmi d'ailleurs les choix favoris, aussi bien pour sa variété que pour ses qualités nutritionnelles.
09:56Plus de détails avec Dinamrine.
09:58Quand le mercure grimpe, les assiettes s'allègent.
10:02Au menu, les poissons occupent une place de choix.
10:05Grillés, cuits au four ou préparés de différentes façons,
10:10ils permettent de varier les repas tout en s'adaptant aux fortes chaleurs.
10:14Sur les marchés, les consommateurs sont au rendez-vous.
10:17Je suis venue au marché central pour acheter du poisson.
10:27Parce qu'en été, c'est un aliment léger et facile à digérer.
10:31Il est également très riche en nutriments dont notre organisme a besoin.
10:35D'ailleurs, les spécialistes de la santé recommandent aussi d'en consommer.
10:47En été, la demande en poisson augmente fortement
10:51car il est considéré comme plus léger que les viandes rouges et blanches.
10:55Il est donc particulièrement brisé pendant les périodes de forte chaleur.
11:09Nous constatons une forte demande en poisson pendant l'été, partout au Maroc.
11:14Ces demandes viennent aussi bien des particuliers que des snacks et des restaurants.
11:22Mais le poisson n'est pas seulement apprécié pour son goût.
11:25C'est aussi un aliment en nombreuses qualités nutritionnelles.
11:29Il apporte notamment des protéines, des acides gras essentiels,
11:33mais aussi plusieurs vitamines et minéraux.
11:35Des atouts qui en font un allié d'une alimentation équilibrée.
11:43En été, les marchés de poissons connaissent une forte affluence.
11:46Le poisson constitue une source importante de protéines, de vitamines,
11:51notamment les vitamines D et B12, ainsi que de minéraux comme l'iode et le sélénium.
11:57Les sardines, particulièrement appréciées durant cette période,
12:01sont également riches en ces nutriments et en oméga-3
12:04qui contribuent notamment à la protection du cœur et du cerveau.
12:11Encore faut-il bien le préparer et surtout bien le conserver.
12:15En été, les spécialistes recommandent de privilégier la cuisson au four ou au gris plutôt que la friture.
12:22Et face aux fortes températures, le respect de la chaîne du froid
12:26et les bonnes conditions de conservation restent indispensables.
12:29De quoi profiter des bienfaits du poisson en toute sécurité.
12:37Dès demain, tous les yeux seront rivés vers le ciel.
12:40Une éclipse solaire totale traversera une partie de l'Europe, de l'Atlantique Nord et du Groenland.
12:46Une éclipse partielle sera aussi visible depuis le Maroc,
12:48à condition de porter des lunettes spécifiques pour éviter d'endommager sa rétine.
12:53On voit cela en détail avec Denis Adimo.
12:58Un rond tout noir entouré d'une lumière dorée.
13:02Ces images sont celles d'une éclipse totale passée.
13:04Événement rare où la Lune passe exactement entre la Terre et le Soleil
13:08et qui va se produire une nouvelle fois le 12 août prochain.
13:12A Tangier, le taux d'occultation atteindra environ 90%.
13:16Il sera légèrement inférieur dans le reste du pays
13:18et le phénomène culminera peu avant le coucher du Soleil,
13:20promettant des images spectaculaires.
13:24Une éclipse totale est un phénomène extraordinaire.
13:27La Lune passe entre le Soleil et la Terre et projette son ombre.
13:31Si vous vous trouvez sur cette trajectoire, le ciel s'assombrit brusquement.
13:35C'est la Lune qui recouvre entièrement le Soleil.
13:39La dernière éclipse solaire partielle observée au Maroc remonte à 2005.
13:43Plusieurs fois par an, des éclipses solaires partielles ont lieu dans le monde.
13:47Mais des éclipses totales restent un phénomène rare pour en lui donner.
13:50En Europe, l'éclipse totale sera la plus visible depuis l'Espagne.
13:54Ce qui n'est pas arrivé depuis 1912 dans la péninsule ibérique.
13:58De quoi enchanter les amoureux des cieux.
14:04Quand j'étais petit, on montait ici depuis le village où il y avait les moutons.
14:07Une fois, on avait eu une pluie de météorites.
14:10Et c'est mon premier souvenir où je me souviens avoir été fasciné par les cieux.
14:13Mon père avait l'habitude de dire que des étoiles tombaient du ciel.
14:16Alors j'ai hâte d'observer cet éclipse avec ma famille ici à l'observatoire.
14:24Au Maroc, l'éclipse sera partielle.
14:26Mais si les conditions météorologiques le permettent,
14:29il sera possible d'observer ce phénomène.
14:30A condition d'avoir des lunettes spéciales éclipses pour ne pas se brûler les yeux.
14:38Place à présent à notre entretien avec l'invité de la rédaction.
14:50Le Maroc évoque un partenariat avec l'Union Européenne pour devenir plus que de simples partenaires commerciaux,
14:56tout en appelant Bruxelles à mettre fin aux décisions réglementaires qui entravent la dynamique de développement du royaume.
15:03Port, industrie automobile, services financiers, transport ou encore outsourcing.
15:08Rabat estime aujourd'hui que certaines politiques européennes freinent des secteurs devenus stratégiques pour son économie.
15:14On voit cela en détail avec Rachid Farhan.
15:17Le temps des ambiguïtés est révolu.
15:20C'est le message adressé par Rabat Bruxelles.
15:22Dans une déclaration récente, une source gouvernementale a appelé l'Union Européenne
15:26à ne plus prendre de décisions susceptibles d'entraver la dynamique de développement du royaume.
15:31Car pour le Maroc, les faits sur le terrain ne suivent pas toujours les discours.
15:35L'Union Européenne présente le royaume comme un partenaire stratégique,
15:39premier partenaire commercial dans le voisinage sud,
15:41allié incontournable en matière de sécurité,
15:43partenaire essentiel dans la gestion des flux migratoires.
15:46Mais, dans le même temps, plusieurs décisions européennes sont perçues par Rabat
15:51comme des freins de développement de secteurs devenus stratégiques pour le royaume.
15:55Le premier concerne les transferts des Marocains résidant à l'étranger.
15:59Les nouvelles exigences réglementaires européennes
16:01imposent davantage de contraintes aux établissements bancaires.
16:05Les professionnels du secteur mettent en garde contre leurs conséquences sur les transferts
16:09et sur l'invictissement des MRE,
16:11dont les envois de fonds dépassent désormais
16:13les 122 milliards de dirhams sur l'ensemble de l'année 2025.
16:17Autre dossier, les échanges commerciaux.
16:20Le Maroc a investi massivement dans ses infrastructures.
16:23Les exportations progressent.
16:24Les échanges avec l'Europe s'intensifient.
16:26Pourtant, les transporteurs marocains dénoncent une multiplication des obstacles.
16:31Des visas Schengen de plus en plus difficiles à obtenir pour les chauffeurs routiers.
16:36Des procédures administratives plus lourdes.
16:38Des autorisations de circulation limitées.
16:40Autant de contraintes qui ralentissent l'achuminement des marchandises vers les marchés européens.
16:45A cela se sont ajoutées les attaques contre des camions marocains lors des manifestations agricoles,
16:50notamment en Espagne.
16:51Des cargaisons de fruits et légumes ont été détruites.
16:55Des images qui ont provoqué l'indignation des professionnels marocains.
16:58Pour eux, la libre circulation des marchandises ne peut être remise en cause sous la pression de mouvements de protestation.
17:05Dernier épisode en date, une série d'allégations à l'encontre du Maroc.
17:09Pour ne citer que les accusations publiées par le quotidien britannique The Times
17:14concernant une prétendue promesse de la FIFA au Maroc pour accueillir la finale de la Coupe du Monde 2030.
17:20Une information immédiatement démentie par la FIFA.
17:23L'instance mondiale a qualifié ses affirmations de fausses et trompeuses,
17:28rappelant qu'aucune décision n'a encore été prise sur le stade qui accueillera la finale.
17:33Pour Rabat, ce démenti met en évidence la nécessité de distinguer les faits des spéculations.
17:38Le Royaume estime que son statut de partenaire stratégique implique une relation fondée sur la confiance,
17:44le respect mutuel et des décisions cohérentes.
17:47Car au-delà des déclarations, c'est sur les actes que se mesure aujourd'hui la solidité d'un partenariat.
17:56Et cette prise de position du Royaume intervient également dans un contexte
17:59où le Maroc rappelle le coup très important qu'il assume dans la gestion des flux migratoires vers l'Europe.
18:06Alors s'agit-il d'un simple rappel diplomatique ou du début d'une nouvelle phase
18:10dans les relations entre Rabat et Bruxelles ?
18:12Et bien pour en parler, nous avons le plaisir de recevoir
18:15Adrani Youmni, économiste et spécialiste des politiques publiques.
18:19Adrani Youmni, bonsoir et merci d'être avec nous.
18:23Adrani Youmni, merci pour l'invitation et bonsoir aux personnes qui suivent cet entretien et à tout le monde.
18:33Soyez le bienvenu.
18:34Alors pour commencer, comment est-ce que vous interprétez cette prise de position officielle du Maroc ?
18:39Pourquoi est-ce qu'elle intervient aujourd'hui ?
18:43Alors écoutez, moi je ne l'interprète pas, ce n'est pas une prise de position.
18:47Je pense que c'est une volonté du Maroc de revoir l'accord d'association qui a aujourd'hui 30
18:54ans.
18:55Il a débuté en 1996.
18:57On est en 2026.
18:58Le Maroc a changé sur ces 30 années.
19:01L'Union européenne aussi a changé avec 26 pays et plusieurs pays qui ont rejoint cette union.
19:08Donc oui, aujourd'hui, il faut revisiter cet accord.
19:10Il faudrait le remettre à jour.
19:13Il faudrait mettre à plat plusieurs points de cet accord pour avoir une relation d'égal à égal.
19:19C'est ce qui a été déclaré par l'Union européenne au 1er janvier 2026.
19:23Mais c'est vrai, comme vous l'avez évoqué dans votre petit reportage,
19:27c'est qu'il y a beaucoup de contraintes aujourd'hui.
19:29Il y a une superposition de ressentis, mais aussi de crainte,
19:32que cette relation d'alliance soit mise en cause pour des divergences politiques
19:38qui viennent surtout de l'Union européenne et du Parlement européen.
19:43Monsieur Omni, est-ce que selon vous, c'est un simple message politique
19:47ou un véritable avertissement de rabat adressé à Bruxelles ?
19:52Je pense que c'est un message diplomatique.
19:54La relation entre l'Union européenne et le Maroc, c'est une relation économique,
19:58c'est une relation géopolitique, c'est une relation de voisinage
20:01qui a été faite pendant une période où il fallait faire un rattrapage des pays du Sud
20:08et notamment le Maroc qui est un pays qui est frontalier.
20:11Vous savez, il n'y a que 14 kilomètres qui séparent le Maroc de l'Union européenne.
20:16C'est un voisin qui a beaucoup fait de réformes sur ses institutions,
20:21sur sa économie, sur sa diplomatie, sur sa politique pour faire cet arrimage.
20:27Je pense que c'est une volonté de travailler ensemble.
20:31Le Maroc et l'Union européenne sont des alliés.
20:34Et puis, il y a aussi cette relation de voisinage.
20:37Aucun des deux ne va déménager.
20:40Alors, vous parlez de relation diplomatique.
20:42Est-ce qu'on peut parler d'une évolution de la doctrine diplomatique marocaine vis-à-vis de l'Union
20:48européenne ?
20:50Oui, il y a une évolution diplomatique marocaine parce qu'il y a une évolution diplomatique de l'Union européenne.
20:56Vous savez que les principaux partenaires du Maroc, sur le plan économique,
21:01il n'y a que cinq pays principaux sur les 27.
21:03Après, il y a le Parlement européen.
21:05Sa relation entre le Maroc n'est pas toujours neutre
21:07parce qu'il est traversé soit par l'extrême droite, par l'extrême gauche, par les verts.
21:12Et puis, comme il y a des votes, des fois, de décisions politiques pour les intérêts de l'Europe,
21:18ça touche parfois aussi les intérêts du Maroc.
21:21C'est pour ça qu'il faut faire une remise à plat.
21:23Il faudrait faire, il faut revoir tout ça.
21:26Vous avez parlé par exemple de la question des visas.
21:28Ce n'est pas normal qu'il n'y a que 600 000 visas Schengen pour 40 millions de Marocains.
21:34Il faut trouver un pacte de mobilité qui est beaucoup moins restreint que ce qu'il y a aujourd'hui
21:42parce qu'il y a cette politique de visa.
21:43Il y a la question de démigration.
21:45Il y a la question de l'agriculture.
21:47Mais ce n'est plus l'agriculture.
21:48Les exportations du Maroc et de l'Union européenne ne représentent plus que 14,6 %,
21:53alors qu'il y a 50 % sur l'exportation industrielle.
21:57Si vous voulez, il y a un changement de la doctrine marocaine,
22:00mais aussi du Maroc sur le plan de sa structure économique, sa diversification,
22:05des partenaires aussi.
22:07Donc, il faudrait faire une remise à plat.
22:09Mais il faut passer, je pense, aux actes des deux côtés.
22:12Alors, vous parlez des visas, de l'agriculture.
22:16La déclaration évoque des décisions qui freinent le développement du Maroc.
22:21De quelle mesure parle-t-on concrètement ?
22:24Oui, si vous voulez, il y a beaucoup d'arrière-plan dans ce qui a été dit.
22:26Ce qui a été dit est très pertinent, mais aussi dépensé de l'autre côté, du côté européen.
22:31C'est que, par exemple, l'Union européenne demande au Maroc de devenir le hub de rétention pour l'immigration.
22:41Et le Maroc a une ouverture vers les pays africains,
22:45parce qu'il a une stratégie de gagnant-gagnant avec l'Afrique.
22:48Donc, le Maroc se voit mal faire le gendarme de l'Europe pour bloquer une immigration
22:53qui est clandestine peut-être de personnes qui viennent d'Afrique subsaharienne.
22:58Ce n'est pas au Maroc de faire ça.
22:59Et s'il fait ça, il va fragiliser tout le travail qu'il fait avec l'Afrique.
23:03En même temps, le Maroc n'a pas à faire ce travail parce qu'il ne veut pas se transformer
23:07en ce que fait aujourd'hui le Rwanda, l'Albanie, l'Ouganda,
23:11pour devenir le gendarme ou ce qu'on appelle l'aquarius ou l'aquarium de l'immigration.
23:16Ce n'est pas au Maroc de faire ça.
23:17Je pense que le Maroc, ce qu'il demande, c'est de faire un rattrapage industriel,
23:22économique du continent africain avec de la vraie coopération
23:25et ne pas faire des démarches sécuritaires qui ont des enjeux électoraux
23:30pour les partis politiques en Europe.
23:33Alors, vous avez abordé l'agriculture marocaine.
23:36Est-ce qu'elle est toujours le principal sujet de friction
23:39ou bien d'autres secteurs sont-ils désormais concernés ?
23:43Non, ce n'est pas le principal sujet de friction.
23:47Ce n'est pas le Maroc où c'est pour ça qu'il a posé.
23:49Il y a beaucoup de...
23:52D'abord, il y a le mécanisme carbone aux frontières
23:56qui bloque aujourd'hui les produits industriels,
23:59tels que l'aluminium, mais il y a aussi les engrais.
24:01Et ça, c'est aussi un enjeu pour le Maroc.
24:04Mais il y a aussi l'énergie.
24:05Et le Maroc a peur que ce mécanisme carbone,
24:09qu'on appelle le CBRM, soit élargi, par exemple,
24:13à l'industrie automobile.
24:14Dans le Maroc, il y a beaucoup d'équipementiers européens qui sont présents.
24:18Il y a les Français, les Espagnols, les Allemands, les Italiens.
24:21Donc, il y a beaucoup d'équipementiers qui sont présents partout au Maroc
24:24et qui participent à l'industrie automobile ou à l'industrie aéronautique.
24:27Donc, le Maroc, il a peur de l'élargissement
24:29parce que c'est une politique protectionniste qui ne dit pas son nom.
24:32On peut la comprendre.
24:33Mais il y a un accord d'association, le Maroc, avec un statut avancé.
24:38Donc, normalement, le Maroc ne doit pas être dommage collatéral de ses décisions
24:42parce que ça va entraver son développement.
24:44Et là, il a tout à fait raison.
24:46Alors, on le sait, l'Europe adopte de nouvelles réglementations environnementales.
24:51Vous venez d'en citer quelques-unes.
24:52Est-ce qu'elle risque de réduire la compétitivité du Maroc ?
24:57Écoutez, le Maroc est en train de diversifier son économie,
25:02mais de diversifier aussi sa surface industrielle
25:06à l'hydrogène vert, à l'aéronautique, à l'automobile électrique.
25:11Mais le Maroc est un allié de l'Europe et c'est son voisin.
25:1550% de nos échanges commerciaux se font avec l'Europe.
25:18Donc, on ne peut pas continuer à se développer sans l'Europe.
25:21Mais l'Europe ne peut pas continuer aussi à être en paix
25:26sur le plan économique et social sans ses voisins du Sud.
25:29Donc, le Maroc pourrait perdre en compétitivité.
25:33Mais je pense que du côté européen, du côté marocain,
25:36je pense qu'on va trouver les solutions pour passer au-delà de ces barrières.
25:41Il y a un autre problème, c'est ce qu'on appelle le Fertilization Plan
25:46qui touche les fertilisants, c'est-à-dire les engrais.
25:50Donc, il y a beaucoup d'étudiants qui ne sont votés pas par la Commission européenne,
25:53mais par le Parlement européen, mais qui touchent les intérêts du Maroc.
25:58Et ça, le Maroc a peur de perdre au niveau de sa compétitivité
26:02et au niveau aussi de sa volonté de devenir un pays exportateur de produits industriels.
26:07Ce qui est tout à fait audible pour le Maroc.
26:11Alors, le Royaume du Maroc estime également que des secteurs
26:13comme l'automobile, les ports, les services, la finance ou encore l'outsourcing
26:17pourraient être pénalisés.
26:19Pouvez-vous nous expliquer dans quelle mesure ?
26:21Vous avez évoqué dans votre présentation les transferts.
26:26Le Maroc a 400 milliards de dirhams, si vous voulez, de réserve de change.
26:30Ça fait à peu près 40 milliards d'euros de réserve de change.
26:35Si vous voulez, ces réserves de change permettent au Maroc de faire ses importations,
26:40d'être présents sur le commerce international.
26:43Une partie, 122 milliards de dirhams viennent des Marocains du monde.
26:47C'est le fruit de leur travail.
26:48Donc, on ne comprend pas pourquoi on est en train de bloquer les banques marocaines,
26:52de participer à ces mouvements de transfert,
26:54parce que c'est le transfert d'une partie de l'épargne,
26:57mais aussi des fruits du travail de migrants.
26:59Les sociétés européennes ou étrangères que nous avons au Maroc
27:03font bien cela pour leur profit.
27:05Il faut un transfert de profit.
27:07Pourquoi un travailleur ne ferait pas un transfert de son épargne ?
27:10Ce ne sont même pas les mêmes dimensions, ce ne sont même pas les mêmes sommes.
27:13Donc, le Maroc a peur.
27:14Il a peur aussi qu'il y ait une concurrence bancaire des banques marocaines
27:21qui sont présents de plus en plus en Afrique.
27:23Moi, je pense que le Maroc, il défend comme un pays.
27:27Il veut ce partenariat d'égal à égal, gagnant-gagnant avec l'Union européenne.
27:30Et je pense qu'il est en train de l'exprimer.
27:32Et il ne faut pas amalgamer ça, si vous voulez,
27:34avec ce qui s'est passé à Septem-Lilliam, ça n'a rien à voir.
27:37C'est autre chose.
27:38Aujourd'hui, ce n'est pas la même chose.
27:40Aujourd'hui, le Maroc a un partenariat qui est beaucoup plus mature,
27:44qui est plus adulte et qu'on sort de cette relation de tutelle,
27:50d'avoir une relation d'égal à égal.
27:52Mais il y a beaucoup de partis politiques européens qui veulent ça aussi.
27:55Alors, Rabat rappelle régulièrement à Bruxelles
27:58les moyens humains et financiers consacrés à la lutte contre l'immigration.
28:02Vous avez cité Septem-Lilliam et il y en a d'autres.
28:05Est-ce qu'on peut aujourd'hui parler d'un véritable co-économique de cette mission ?
28:09Oui, il y a un co-économique de cette mission, mais il y a aussi un co-social.
28:13Vous savez que, par exemple, à la sortie de la Deuxième Guerre mondiale,
28:17il y a à peu près, entre Espagnols, Portugais et Italiens,
28:20il y a à peu près 6 millions de personnes qui ont pris la route vers la France
28:24pour participer aux Trente Glorieuses.
28:27Donc, aujourd'hui, c'est tout à fait normal qu'il y ait de l'immigration
28:32qui cherche à changer ses conditions sociales.
28:35Vous savez que le PIB à Sebça est à peu près 5 fois le PIB à Fnédax.
28:41Donc, on comprend que les gens veulent voir sa situation
28:44tant qu'on n'a pas un rattrapage économique entre les deux.
28:48Mais oui, il y a un co-social, il y a un co-économique.
28:50Le Maroc, qui était un pays de départ, est devenu aujourd'hui un pays d'arrivée,
28:54comme l'Espagne et l'Italie et le Portugal, dont les années 60, aujourd'hui, sont arrivés.
29:00Le Maroc, aujourd'hui, c'est un pays d'arrivée.
29:01Il y a beaucoup de personnes qui viennent d'Afrique sud-saharienne,
29:04qui s'installent au Maroc.
29:06Après, il y a aussi des gens qui ont envie de passer de l'autre côté
29:10parce qu'ils veulent avoir une vie meilleure.
29:13Mais ce n'est pas au Maroc de faire le gendarme de ses frontières,
29:16même en échange d'argent.
29:17Le Maroc, ce qu'il veut, c'est un rattrapage économique et industriel
29:20parce que si on ne fait pas ça, il y aura toujours une volonté de migrer
29:24d'une rive à l'autre.
29:26Le Maroc, ce qu'il demande, c'est vraiment ce rattrapage industriel, économique
29:29et que le continent africain devienne un continent autonome
29:33sur le plan économique et aussi souverain
29:35et qui produit ses besoins et qui crée de son emploi.
29:38Et je pense que ce n'est pas très audible aujourd'hui du côté européen.
29:43Justement, Abdrani Omni, est-ce qu'aujourd'hui,
29:45le Royaume estime supporter une charge disproportionnée
29:48par rapport au financement européen ?
29:52Non, non, ce n'est pas une charge disproportionnée.
29:55En tout cas, le Maroc n'a jamais demandé de fonds
29:58pour faire sa politique migratoire ou pour devenir le gendarme
30:01ou le gardien ou l'arrière-cours de tout ce qui vient d'Afrique subsaharienne.
30:06Vous savez qu'entre 2021 et 2026,
30:08ce qui a été voté, c'est à peu près 500 millions d'euros.
30:11Le Maroc n'a pas reçu tous les 500 millions d'euros
30:14et parce que le Maroc ne demande pas des fonds spéciaux
30:18pour bloquer l'immigration.
30:20Ce qu'il veut, c'est qu'il y ait un travail sur le projet hors Afrique
30:25pour qu'il y ait moins de migration
30:27parce que derrière l'immigration,
30:31il y a des souffrances, il y a de la pauvreté,
30:33il y a de la misère, il y a du manque de possibilités.
30:36Et c'est ça qui pousse les gens à immigrer.
30:38Je ne parle pas de ce qui s'est passé à septembre d'idées,
30:40ça c'est autre chose.
30:41Mais ce qui se passe sur l'Afrique subsaharienne, c'est ça.
30:44C'est vraiment les gens qui sont en souffrance qui essayent.
30:46Et tant qu'on n'a pas fait ce rattrapage
30:48dans une Europe qui vieillit,
30:50dans une Afrique qui est très jeune,
30:52qui crée des enfants,
30:53il y a aujourd'hui aussi un volet démographique.
30:55Le problème, Hicham Razwani,
30:58c'est qu'aujourd'hui, la question de l'énergie,
31:00la question de l'immigration
31:01sont devenues un enjeu géopolitique,
31:03un enjeu électoral.
31:05Il y a beaucoup de partis politiques et de personnes
31:08qui utilisent ça pour faire de la manipulation.
31:12Alors, vous l'avez rappelé,
31:13le Maroc refuse d'être réduit
31:15au rôle de gendarme de l'Europe.
31:17Est-ce que ce changement de ton traduit
31:19une volonté de redéfinir complètement
31:21le partenariat entre, d'un côté, le Maroc
31:24et de l'autre, l'Union européenne ?
31:26Oui, mais Hicham Razwani, il ne faut pas que ce soit un diktat
31:30ni du Maroc, ni de l'Union européenne.
31:32Je pense que les deux sont suffisamment intelligents
31:36et pragmatiques pour construire ce projet
31:39hors Afrique que je défends personnellement.
31:41C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
31:42si on va avoir moins d'immigration,
31:44il nous faut moins de souffrance.
31:45C'est-à-dire que le Maroc, il accepte
31:47d'être un hub industriel,
31:49qu'il accepte un hub entre l'Europe et l'Afrique,
31:51mais il n'accepte pas d'être un hub
31:53de rétention d'immigrants
31:54à l'image de ce que fait le Rwanda ou l'Ouganda
31:56parce que ce n'est pas son histoire.
31:59Le Maroc, c'est un pays qui a toujours été traversé
32:02par des immigrations,
32:03il a toujours été traversé par des cultures.
32:05Donc, le Maroc ne sait pas faire le gendarme.
32:07Ce qui se passe en Libye,
32:08ce n'est pas ce qui se passe au Maroc.
32:10Ce n'est pas possible.
32:11Donc, ce qu'il faut, c'est construire un futur.
32:14On sait qu'on vit une situation géopolitique
32:18d'incertitude, de fragilité.
32:19C'est ce que vous avez montré depuis le début
32:22de votre journal.
32:24Malheureusement, moi, je préfère des jours meilleurs.
32:26Mais je pense que le Maroc est dans l'optimisme
32:29et l'envie de construire un projet hors africain
32:32en dehors de tout ce qui est politique.
32:35Oui, c'est vrai qu'il y a un excédent démographique.
32:37Nous aussi, au Maroc, on a un excédent de jeunes.
32:39Il faudrait qu'on trouve des alternatives.
32:41Mais l'immigration, ce n'est pas la solution.
32:44Mais la coopération et le transfert de technologies,
32:46l'éducation et aussi le transfert de richesses,
32:48comme l'Europe a fait aussi avec l'Afrique
32:50quand elle l'a vidé de toutes ces matières premières.
32:55Aujourd'hui, il faudrait investir en Afrique
32:57pour faire ce rattrapage.
32:59Alors, le Maroc, on le remarque de plus en plus,
33:01dispose aujourd'hui de nombreux nouveaux atouts.
33:04C'est à la fois un hub industriel,
33:06une plateforme logistique,
33:07un partenariat énergétique
33:08qui bénéficie d'une stabilité régionale
33:10et qui constitue une ouverture vers l'Afrique.
33:13Est-ce que cela modifie profondément son poids
33:16dans les négociations avec Bruxelles, selon vous ?
33:19Oui, clairement, clairement, Hicham Azouani.
33:21Cela modifie son poids,
33:23mais je vous dis son diktat,
33:24parce que ce n'est pas de toute façon
33:26la diplomatie du Maroc
33:27et ce n'est pas sa manière de faire.
33:29Le Maroc, ce n'est pas un pays d'idéologie,
33:31c'est un pays de stratégie.
33:33C'est différent.
33:33Quand on a un pays d'idéologie,
33:34il essaie de faire pression,
33:36un pays de stratégie,
33:37il essaie de travailler
33:38parce qu'on doit construire l'avenir.
33:40Oui, le Maroc a un poids aujourd'hui,
33:42pas seulement sur le blocage de l'immigration,
33:45c'est aussi un modèle aujourd'hui.
33:46Le Maroc est un laboratoire.
33:48Et je vous ai dit, Hicham Azouani,
33:49le Maroc ne veut pas être un hub
33:51de rétention de personnes en souffrance,
33:53il veut être un hub technologique,
33:56industriel, de création de prospérité,
33:58de partage et de création d'un avenir
34:01entre le continent africain
34:02et le continent européen,
34:04puisque ces deux continents sont interdépendants.
34:07Est-ce qu'aujourd'hui,
34:08l'Europe dépendait davantage du Maroc
34:11que le Maroc de l'Europe ?
34:14Oui, ce n'est pas facile.
34:16Ce n'est pas aussi facile que ça
34:18parce que c'est difficile à modéliser.
34:22Je pense que c'est une relation pragmatique.
34:25Je pense que l'Europe va en le Maroc.
34:27Ce qu'elle rêverait d'avoir
34:29dans les pays du sud
34:31sur le continent africain,
34:33c'est un très bon laboratoire,
34:34c'est un très bon élève de FMI,
34:36de la Banque mondiale, des institutions,
34:38c'est un pays qui a une politique
34:40macroéconomique prudentielle,
34:41c'est un pays qui a fait
34:42beaucoup d'avancées sociales
34:43malgré les difficultés que nous avons,
34:45mais oui, elle voit plutôt
34:49un laboratoire pour faire.
34:51Malheureusement, ce que nous avons
34:53dans notre région
34:54ne donne pas beaucoup d'optimisme,
34:56mais il faut espérer
34:57que les choses aillent mieux.
34:59Sur le plan démocratique,
35:00le Maroc a fait beaucoup d'avancées,
35:02mais je pense que l'Europe
35:04n'a pas peur du Maroc.
35:05Ce qu'elle doit faire,
35:07je pense qu'il faudrait réécrire
35:09ce statut avancé
35:11et surtout expliquer
35:13qu'il y a un problème démographique,
35:15c'est vrai,
35:15qu'il y a un problème d'emploi,
35:16c'est vrai,
35:17qu'il y a un problème d'écart
35:18de richesse, c'est vrai,
35:19mais il faudrait travailler
35:19sur le rattrapage
35:20parce que nous avons
35:21un vieillissement au nord,
35:23nous avons un rajeunissement au sud
35:24et je pense que les marchés futurs,
35:26ils sont au sud,
35:27ils ne sont pas au nord.
35:29Monsieur Youmni,
35:31peut-on aujourd'hui parler
35:32désormais d'une véritable
35:35interdépendance stratégique du Maroc ?
35:37Oui, il y a une interdépendance stratégique
35:40du Maroc,
35:40surtout avec l'Europe,
35:41moins avec l'Afrique aujourd'hui,
35:43honnêtement, clairement,
35:44parce que sur le plan industriel,
35:46le Maroc s'inspire
35:50de ce que l'Europe a fait
35:52et elle essaie de construire
35:54sa stratégie.
35:55Il a ouvert aussi ses industries,
35:58son économie vers d'autres idéaux
36:01qui viennent d'autres pays,
36:02avec les Américains,
36:04avec les pays du Golfe,
36:05avec l'Union européenne.
36:06Le Maroc a envie de créer
36:08avec pas de ressources minières,
36:11parce que nous n'en avons pas,
36:12mais avec une volonté,
36:14avec une stabilité politique.
36:16Maintenant, oui,
36:17le Maroc, oui,
36:19voudrait se positionner,
36:21mais voudrait surtout créer
36:23de la richesse locale,
36:27augmenter le PIB
36:27et créer un modèle de développement
36:29qu'on peut recopier
36:31sur plusieurs pays.
36:32Mais de toute façon,
36:33pour revenir sur la question
36:34des migrations,
36:35et c'est très important,
36:37l'Europe ne peut pas continuer
36:39à exister économiquement
36:40sans les flux migratoires,
36:41parce que c'est eux
36:42qui financent la protection sociale.
36:44On va voir à peu près
36:4560 % de personnes
36:47qui ont plus de 65 ans
36:48à l'horizon 2045 en Europe.
36:50Il faudra financer les retraites,
36:52ça ne peut se faire
36:53avec la migration
36:53parce que la natalité en Europe
36:56est proche de 0,9 %
36:59de 0,9 par femme.
37:00Donc, il y a un problème au Nord.
37:02Donc, la migration,
37:03malgré tout ce qu'on fait
37:04dans la politique,
37:05c'est irréversible.
37:08Il y aura des migrations,
37:09par contre,
37:09elles doivent être régulées.
37:10Et pour qu'elles soient régulées,
37:11il faudra aider les pays du Sud
37:13à former leurs jeunes
37:14pour que quand ils immigrent,
37:15ils immigrent avec du potentiel
37:17et de la créativité
37:18et des métiers.
37:19Alors, le gouvernement évoque
37:21implicitement un nouveau partenariat.
37:23Selon vous,
37:23à quoi est-ce qu'il pourrait ressembler ?
37:28À quoi il pourrait ressembler ?
37:30Moi, je pense que la partie migration
37:32va être présente.
37:33Le pacte migration et asile
37:35n'est pas favorable au Maroc
37:39et n'est pas favorable à l'Afrique
37:40parce qu'il veut obliger
37:42des pays à devenir
37:44des pays de rétentation,
37:45de blocage,
37:46alors que ce n'est pas
37:47vos citoyens que vous bloquez.
37:48D'ailleurs, le Maroc
37:49n'a pas admis
37:51les Marocains
37:51qui sont partis à Sipcha,
37:53mais pas les autres nationalités.
37:54Ça, c'est un.
37:55Donc, il faut
37:56que l'asile migration
37:57ait de la concertation.
37:59Sur le transfert de technologie,
38:01il faut qu'il y ait
38:01de la concertation.
38:02Sur les visas,
38:03il faut trouver
38:04un statut spécial
38:05ou faire des visas
38:06de 10 ans
38:07ou des vignettes
38:08comme pour les Américains
38:09et les Canadiens
38:10pour que les gens peuvent,
38:11pour que tous les gens
38:12qui sont éligibles
38:12sans problème
38:13aient des visas de 10 ans
38:15et pour qu'on arrive
38:15à un million de visas
38:16pour les Marocains
38:17parce qu'on a au moins
38:19un million de Marocains
38:20qui peuvent voyager
38:21sans problème.
38:21Il est inconcevable
38:22que le Maroc accueille
38:2420 millions de touristes
38:25et qu'il n'a que 600 000 personnes
38:26qui peuvent voyager.
38:28Ce n'est pas concevable.
38:29Donc, il y a ça.
38:31Et puis aussi,
38:31la partie formation,
38:33la partie formation professionnelle,
38:35transfert,
38:35et surtout accès
38:36au marché européen.
38:37Ça, c'est un vrai problème.
38:38Le Maroc ne peut plus
38:39continuer
38:39que de l'industrie
38:41sous-traitée
38:42et aussi
38:43des produits agricoles
38:45vers l'Europe.
38:46Il faudrait aussi
38:46qu'on commence
38:47à exporter
38:47des produits industriels
38:48qui ont
38:49un taux d'intégration
38:50très élevé.
38:51Et ça,
38:51c'est le transfert
38:52de technologies
38:53qui le fera.
38:54Justement,
38:54est-ce qu'il faudrait aller
38:55vers davantage
38:57de coproductions
39:00industrielles,
39:01de convergences réglementaires,
39:03d'investissements européens
39:05ou bien
39:05des projets communs
39:07en Afrique ?
39:08Non.
39:09d'abord,
39:10c'est l'Orafrique,
39:11c'est mon projet.
39:12C'est mon rêve.
39:14Mais il faudrait
39:15commencer par le Maroc
39:16plus d'investissements
39:17européens,
39:18mais d'investissements
39:18dans l'industrie,
39:20d'investissements
39:20dans l'hydrogène vert.
39:22Le Maroc ne refuse pas.
39:23Je pense qu'il y a
39:24une très belle expérience
39:25qui se fait
39:25avec la France aujourd'hui.
39:26Il se fait
39:27avec les Espagnols
39:28sur les Allemands
39:29d'autres mers.
39:30Mais il y a d'autres pays
39:31qui peuvent venir,
39:32les Allemands,
39:33d'autres pays.
39:33Après,
39:34je pense qu'il faut sortir
39:35deux volets très importants
39:37des relations bilatérales
39:38entre le Maroc
39:39et l'Union européenne.
39:40C'est l'idéologie
39:41et la géopolitique.
39:42Je pense qu'il faut
39:43être sur des relations
39:44géoéconomiques,
39:45d'avenir,
39:46de voisinage
39:46et sortir
39:47toutes les interférences
39:48géopolitiques
39:49qui viennent
39:50ou du voisinage
39:51ou qui viennent
39:51d'autres pays,
39:52mais aussi des interférences
39:54aussi électorales
39:55qui viennent
39:56de l'intérieur
39:56des pays européens
39:57et qui, souvent,
39:58sont à la source
39:59de ces problèmes.
40:00Vous savez que
40:01toutes les lois
40:02votées qui sont
40:03anti-marocaines
40:04et anti-relations
40:05Union européenne-Maroc
40:06sont votées
40:06dans le Parlement européen.
40:08Malheureusement,
40:08la démocratie,
40:09on ne peut pas
40:10éviter cela,
40:11mais il faut
40:12que la Commission européenne
40:13explique le fond
40:14de cette relation
40:15et ce statut avancé
40:17qui est donné
40:17au seul pays
40:19d'ailleurs
40:20sur le continent africain
40:21qui est le Maroc.
40:22Alors,
40:23avant de conclure,
40:24le Royaume du Maroc
40:25demande-t-il
40:26davantage
40:27d'aide financière
40:28ou avant tout
40:29davantage de cohérence
40:30entre,
40:30d'un côté,
40:31le discours européen
40:32sur le partenariat stratégique
40:34et de l'autre,
40:35les décisions réglementaires
40:36prises à Bruxelles.
40:38Le Maroc
40:39ne croit pas
40:40à l'aide au développement.
40:41Il ne croit pas
40:42non plus
40:43aux aides.
40:44Le Maroc,
40:45de ce qu'on a vu
40:46sur les 27 dernières années
40:47ou depuis même
40:48les années 90,
40:49ce n'est pas un pays
40:50qui demande des aides.
40:52C'est un pays
40:52qui veut avoir
40:54des relations cohérentes,
40:55des relations stables,
40:56des relations d'avenir
40:57parce que c'est ça
40:58qui dure.
40:58Parce que vous savez
40:59que la politique d'assistanat
41:00et de l'aide
41:01et de développement
41:02n'a jamais réussi
41:02dans aucun pays.
41:03Les pays asiatiques
41:04sont devenus aujourd'hui
41:05ce qu'ils sont devenus
41:06parce qu'ils se sont
41:07retroussés les manches
41:09et ils ont développé
41:10leur technologie,
41:11leur éducation,
41:11leur recherche et développement.
41:13Ils n'ont jamais
41:13dépendu de l'aide.
41:14Le Maroc ne dépend pas
41:15des aides.
41:16Il ne dépend pas
41:16de ses matières premières.
41:17Il fait de la transformation.
41:19Donc, c'est ça
41:19ce qu'il veut.
41:20Donc, il n'est pas
41:20dépendant des aides.
41:22Mais il veut plus de cohérence.
41:23Mais je pense aussi
41:23que l'Union européenne
41:25veut aussi plus de cohérence.
41:27Les deux veulent plus de cohérence.
41:28Merci à vous.
41:29Merci.
41:30Merci beaucoup,
41:30Abdran et Omni
41:31pour votre analyse
41:32et d'avoir répondu
41:33à nos questions.
41:33Je rappelle que vous êtes
41:34économiste et spécialiste
41:35des politiques publiques
41:37et que vous étiez avec nous
41:38en direct depuis Casa Blanca.
41:40Merci infiniment.
41:41Merci pour l'invitation.
41:45Votre Soir Info
41:46se poursuit avec
41:47l'invité culture.
41:48Meryem Khamlichy
41:49reçoit Fatem Zahra Morjani.
42:00Mesdames et messieurs,
42:01bonjour et bienvenue
42:02dans l'invité culture.
42:04Aujourd'hui,
42:04je reçois une créatrice
42:06dont le pinceau
42:07dialogue en permanence
42:08avec le temps,
42:09la matière
42:10et l'espace
42:12de l'intensité minérale
42:13de l'Ethiopie
42:14à la Pologne.
42:15Mon invité,
42:16Fatem Zahra Morjani,
42:18se dit aujourd'hui
42:20citoyenne du monde.
42:22Dans ses toiles,
42:22elle interroge
42:23la mémoire
42:24et la transmission
42:25tout en plaçant
42:26toujours l'humain
42:27et l'essentiel
42:28au centre de sa quête.
42:30C'était un plaisir
42:30de vous avoir avec moi
42:31aujourd'hui,
42:31Madame Morjani.
42:32Merci beaucoup.
42:33Merci d'avoir accepté
42:35cette invitation.
42:36On va essayer
42:37de vous découvrir
42:38d'abord en tant qu'artiste,
42:40de revenir un petit peu
42:41sur votre parcours
42:42et comprendre
42:44quelle conception
42:45vous avez aujourd'hui
42:46du monde
42:46et quel regard
42:47vous portez
42:48sur le monde actuel.
42:49On va commencer
42:51par revenir
42:51un petit peu
42:52sur votre parcours.
42:53Est-ce que vous pouvez
42:53nous parler
42:54de vos premiers pas
42:56jusqu'à aujourd'hui ?
42:57En fait,
42:58à la base,
42:59je suis architecte
43:00de formation.
43:01J'ai travaillé
43:02plusieurs années
43:02en tant qu'architecte
43:04et puis
43:05j'ai décidé
43:06d'exposer
43:09la première fois,
43:10c'était à Varsovie,
43:12donc après
43:13plusieurs années
43:14de pratiques
43:16personnelles.
43:17et puis je suis rentrée
43:19au Maroc
43:21en 2013
43:22pour démarrer
43:24une carrière
43:25au Maroc
43:26d'artiste plasticienne.
43:28En tout cas,
43:29vous avez un travail
43:30qui est aujourd'hui
43:31assez conceptuel,
43:33vous essayez de garder
43:34une trace,
43:35de transmettre.
43:36Est-ce que ça vient
43:37de cette structure
43:38architecturale,
43:39c'est cette première voie
43:40que vous avez suivie peut-être ?
43:41Certainement,
43:42c'est-à-dire
43:42une fois qu'on est architecte,
43:44on ne perd pas
43:45certains réflexes,
43:47notamment de gestion
43:48de l'espace,
43:49de vision
43:51dans l'espace
43:52tout à fait.
43:53Et en fait,
43:54oui,
43:54je pense qu'il reste
43:55des choses
43:56même quand on
43:57se reconvertit.
43:59Vous avez en tout cas
44:00pas mal voyagé
44:01dans le monde.
44:02Est-ce que ça a nourri
44:03un petit peu
44:03votre imaginaire
44:04et votre créativité
44:06également ?
44:07En fait,
44:08les voyages,
44:10ça ouvre surtout
44:11l'esprit
44:12par rapport
44:13à tout ce que
44:15le cerveau humain
44:16peut concevoir.
44:18Il y a des choses,
44:19quand on reste immobile,
44:20on reste avec
44:22ce qu'on connaît
44:23et donc le fait
44:24de se déplacer,
44:25de voyager,
44:26nous permet
44:27d'élargir
44:27nos horizons
44:29et notamment
44:30conceptuels.
44:32Vous travaillez
44:33aujourd'hui
44:33sur les plantes.
44:35Est-ce que vous pouvez
44:35nous expliquer
44:36un petit peu ?
44:37Alors en fait,
44:38je considère les plantes
44:39comme des témoins
44:40de ce qu'ont
44:42vécu les hommes.
44:43Ma plante préférée
44:45par exemple
44:45est la fougère.
44:46Elle existe
44:47depuis des centaines
44:49de millions d'années.
44:50Elle a assisté
44:51à tout ce que
44:52nous avons vécu
44:53en tant qu'humanité.
44:54Et donc,
44:55les plantes
44:55pour moi
44:56gardent
44:58un peu
44:59ce qu'on a vécu.
45:02Donc,
45:02ce sont des archives
45:03vivantes
45:04de la civilisation.
45:05alors j'essaye
45:07à travers
45:08ma pratique,
45:10j'essaye
45:10de garder,
45:11de fixer
45:12ce qu'elles
45:16ont traversé
45:17en fait.
45:18Et pour moi,
45:19ce sont
45:20des témoins,
45:21des archives
45:22et c'est comme
45:23une métaphore
45:24de ce qu'on a vécu
45:24nous-mêmes.
45:25Est-ce que c'est
45:26une manière aussi
45:26de les maintenir
45:27en vie
45:28plus longtemps ?
45:31Oui,
45:31dans le sens
45:32en tout cas
45:32de l'idée
45:34qu'on se fait
45:35des plantes
45:36parce que
45:37vous savez,
45:37il y a une petite expérience
45:39si vous entrez
45:40dans une pièce
45:40et que vous avez
45:42par exemple
45:42un animal
45:43et un humain
45:45et une plante
45:46dans un coin.
45:47Vous allez remarquer
45:49l'animal
45:49et l'humain
45:50mais vous n'allez pas
45:51voir la plante.
45:52Donc,
45:53les scientifiques
45:54appellent ça
45:54la cécité botanique.
45:56Le fait de ne pas
45:57voir les plantes
45:57ou de les considérer
45:59comme un décor.
46:00et ce que je fais
46:01c'est que
46:02j'oblige un peu
46:03le visiteur,
46:05le regardeur
46:06à s'arrêter
46:06au moins une minute
46:08sur la plante
46:09et ça fait réfléchir
46:11sur le vivant
46:11en général.
46:12Donc,
46:13ça fait évoluer
46:15l'esprit
46:16vers plus
46:17d'acceptation
46:18de ce qui est vivant.
46:19Et qu'est-ce que ça représente
46:20pour vous
46:21les plantes
46:21aujourd'hui ?
46:22C'est une...
46:24En fait,
46:25c'est une métaphore
46:26de nous.
46:27C'est simplement...
46:28C'est comme si
46:29chaque plante
46:29était un personnage
46:30qui représente
46:32un personnage humain.
46:33Vous voyez,
46:34il y a la fougère,
46:35il y a le bambou,
46:38il y a une plante
46:40d'ailleurs
46:41sur laquelle je travaille
46:43qui a disparu
46:44depuis très longtemps
46:44et qui revient souvent
46:45dans mes tableaux.
46:48D'accord.
46:49En tout cas,
46:49actuellement,
46:50vous êtes en train...
46:51Vous participez
46:52à une exposition collective
46:53qui est en cours
46:54qui devrait se poursuivre
46:55jusqu'au 19 septembre,
46:58celle à la galerie
46:59Abla Ababou
47:00qui porte le nom
47:01de la galeriste
47:02en question.
47:04Et est-ce que vous pouvez...
47:06Est-ce que vous mettez
47:07en avant justement
47:08ce travail
47:08dans cette exposition ?
47:11Non, alors le sujet
47:11de cette exposition,
47:12c'est ce que la fête sauve.
47:14Et en fait,
47:15c'est la fête
47:17comme étant
47:18un acte de résilience
47:20face à ce qui se passe
47:21dans le monde.
47:23La fête est quelque chose
47:24de profondément humain.
47:25Donc,
47:26je participe
47:27avec des cyanotypes.
47:29Alors,
47:30les cyanotypes,
47:31c'est une technique
47:34assez particulière
47:35qui est maintenant
47:36relativement connue,
47:37qui consiste à mettre
47:39une plante
47:40sur un support
47:41sensibilisé
47:42et c'est le soleil
47:43qui marque
47:45l'empreinte
47:45de cette plante.
47:46C'est un peu comme
47:47une photo
47:48sans appareil photo.
47:49Et je participe
47:53justement
47:54chez Abla Ababou
47:55avec quelques cyanotypes.
47:57Il y a des cyanotypes
47:59bleus
47:59qui sont la trace
48:00réelle du soleil
48:02et d'autres
48:03dont je change
48:05la couleur.
48:05Je fais des virages
48:06vers le son,
48:07vers le noir.
48:10Donc,
48:10vous considérez
48:11un petit peu
48:11la plante
48:12comme un acte
48:12de résistance
48:13dans ce sens ?
48:14Oui,
48:15c'est-à-dire que
48:16en fait,
48:16je fixe la plante.
48:19J'ai une technique
48:20que j'appelle
48:20la taxidermie du paysage
48:22qui consiste
48:23à fixer la plante,
48:24à la maintenir
48:25comme si elle était
48:27un petit peu
48:29empaillée.
48:30Vous voyez ?
48:31Donc,
48:32je ne garde pas la plante
48:34puisque c'est le corps
48:34de la plante
48:35que je garde
48:36mais simplement,
48:37c'est l'idée
48:38de cette plante.
48:39Cette idée
48:40reste éternelle
48:41comme une archive.
48:43Voilà.
48:43J'imagine que
48:44pour pouvoir travailler,
48:45utiliser ces pratiques,
48:46il faut quand même
48:47pas mal de documentation,
48:48de recherche,
48:49avoir une certaine
48:50connaissance.
48:51Oui,
48:52notamment en botanique.
48:54Je m'intéresse beaucoup
48:55à la botanique
48:56et c'est vrai
48:57que je,
48:58avant de travailler
49:01sur une plante,
49:02je me documente
49:02au maximum
49:03pour savoir
49:04à quoi elle correspond
49:05et où elle a existé,
49:08son histoire,
49:09etc.
49:10Vous exposez également
49:12à l'étranger
49:13en ce moment,
49:14à la fondation...
49:15Oui,
49:16à la fondation Blasher
49:18à Beauneu,
49:18c'est dans le sud
49:19de la France.
49:20C'est une exposition bleue ?
49:21Oui,
49:22c'est une exposition
49:22collective
49:23d'artistes africains
49:25sur le thème du bleu
49:26et donc je participe
49:28avec des cyanotiques.
49:30Et justement,
49:31en tant qu'artiste,
49:32quand vous travaillez,
49:33j'imagine que vous utilisez
49:34souvent,
49:35vous l'avez dit,
49:35la lumière,
49:36le soleil.
49:37Tout à fait.
49:37Est-ce que vous avez
49:38des couleurs
49:39qui sont souvent dominantes
49:41ou qu'on retrouve
49:44très souvent
49:45dans vos toiles,
49:46on va dire,
49:46ou dans vos œuvres ?
49:47En fait,
49:48je travaille beaucoup
49:49avec les couleurs
49:52un peu qui ne sont
49:53pas naturelles justement.
49:55C'est une façon
49:56de contrer
49:57l'idée un peu simple
50:00de la couleur
50:01de la plante.
50:02Je change les couleurs.
50:03Par exemple,
50:05quand je travaille
50:06la taxidermie du paysage,
50:07c'est souvent des tons
50:09de noir et blanc,
50:11de gris,
50:11de rouge,
50:12de jaune.
50:14Le rouge et le jaune
50:15étant les couleurs
50:16du danger dans la nature.
50:17Vous voyez,
50:18quand il y a une plante
50:19empoisonnée,
50:20en général,
50:20elle est rouge.
50:21C'est-à-dire pour prévenir
50:22les insectes
50:23qu'il ne faut pas y toucher.
50:26C'est bon à savoir.
50:26Merci.
50:27Vous prévenez les humains
50:28également pour le coup.
50:29Voilà, par exemple,
50:30le jaune et le noir aussi.
50:32Vous avez les guêpes
50:33qui sont jaunes et noirs,
50:34etc.
50:35Mais je travaille
50:37donc beaucoup
50:38avec la lumière
50:40et j'essaye
50:41de reconstituer
50:42toujours la lumière
50:43dans mes tableaux,
50:45notamment la taxidermie.
50:46Donc,
50:47la lumière vient toujours
50:48d'un côté.
50:49Et c'est souvent
50:52noir et blanc,
50:54bleu,
50:55bleu parce que
50:56le cyanotype est bleu.
50:57Ce n'est pas un choix
50:58esthétique,
50:59mais c'est simplement
51:01la technique
51:01qui l'impose.
51:02D'accord.
51:03Et vous venez de revenir
51:05d'une résidence artistique
51:07en Belgique également.
51:09Oui, tout à fait.
51:09Parlez-nous un petit peu
51:10de cette expérience.
51:11Alors, en fait,
51:12c'était une résidence artistique
51:14d'un mois
51:14à la fondation
51:17PicMolle
51:17dans laquelle
51:17j'ai travaillé sur...
51:20En fait,
51:21j'ai fait une exposition
51:22qui s'appelle
51:23Sous les pavés.
51:23J'ai travaillé
51:25sur les plantes
51:25qui poussent
51:26sous les pavés
51:27de Bruxelles
51:28ou entre les pavés
51:29qui parfois font
51:31éclater les pavés,
51:32justement.
51:33Et en fait,
51:34ce sont des plantes
51:35sauvages
51:36qui sont
51:37comme une métaphore
51:38des graines
51:40de la colonisation.
51:43En fait,
51:43c'est ce qui reste,
51:44c'est ce qui n'est pas reconnu
51:46qui essaie
51:46de remonter
51:47à la surface.
51:48Donc,
51:48c'était le sujet
51:49de cette résidence
51:50à Bruxelles.
51:51Et puis,
51:51il nous reste encore
51:52quelques minutes
51:53de la 3 minutes
51:54et j'aimerais
51:54qu'on se concentre
51:55sur les projets
51:56sur lesquels
51:56vous travaillez actuellement.
51:58Une exposition prochaine
52:00attendue
52:01à la Galerie Chartres.
52:03Oui.
52:04Alors,
52:04pour les projets
52:06qui arrivent,
52:07j'ai une exposition
52:08qui se tiendra
52:10la fin septembre
52:11à la Galerie Chartres.
52:13Ce sera
52:15dans la continuité
52:17de mes travaux
52:17actuels.
52:19Voilà.
52:19Et vous êtes
52:20cordialement invité
52:21au vernissage.
52:23En tout cas,
52:23un travail
52:24qui a commencé
52:24il y a deux ans.
52:25Oui,
52:26c'est un travail
52:27qui a commencé
52:28il y a deux ans
52:30et qui est une continuité.
52:32D'accord.
52:32Donc,
52:33en tout cas,
52:33on a hâte
52:33de découvrir tout ça.
52:35Merci.
52:35Vous nous avez mis
52:36l'eau à la bouche.
52:37Bon,
52:37c'est un espèce
52:38de petit teaser.
52:39On n'a pas encore
52:39d'idée sur la thématique
52:40ni la date exacte,
52:41mais on sait
52:41que c'est fin septembre.
52:42Fin septembre.
52:43À la Galerie Chartres.
52:44À la Galerie Chartres.
52:45C'est déjà pas mal
52:45de précisions.
52:47si on devait
52:49un petit peu
52:52revenir,
52:52pas en arrière,
52:53mais conclure un petit peu
52:55ou si on devait définir
52:59un petit peu
52:59votre style
53:00en tant qu'artiste
53:02ou est-ce qu'on peut
53:03vous mettre
53:03dans une case
53:04tout simplement
53:05aujourd'hui ?
53:06En fait,
53:07je me considère
53:08comme artiste conceptuelle
53:09parce que je travaille
53:11sur différents médiums.
53:12en fait,
53:13je suis artiste peintre
53:16et je fais
53:16des cyanotypes,
53:17mais je conçois
53:19aussi des installations.
53:21Je fais aussi
53:23des sculptures.
53:25Donc,
53:26en fait,
53:26des photos,
53:27de la photographie.
53:29Donc,
53:30en fait,
53:30c'est plutôt
53:31l'artiste plasticienne
53:33conceptuelle
53:34qui reste.
53:35Et puis,
53:36cette utilisation
53:36de médiums,
53:38de plusieurs médiums,
53:39vous êtes aussi
53:40assez polyvalente
53:41finalement.
53:42Oui,
53:43je pense que
53:44ma formation
53:45d'architecte
53:46aussi le permet
53:47et je préfère
53:49aussi les installations
53:50parce qu'elles
53:51se déploient
53:52dans l'espace
53:53et donc,
53:54ça me fait
53:55ramener
53:56à ma formation.
53:57Et puis,
53:58aussi,
53:59ça personnifie
54:00un petit peu
54:00l'œuvre en question.
54:02On sent vraiment
54:03sa présence
54:03comme vous le disiez
54:04tout à l'heure
54:05quand vous parliez
54:05des plantes
54:06qui échappent
54:07au regard.
54:08Ces installations
54:09finalement,
54:10elles sont là
54:11et on les voit.
54:11Oui,
54:12elles occupent
54:13l'espace
54:13et surtout
54:15quand elles sont
54:16monumentales,
54:17c'est encore plus intéressant.
54:18Merci à vous,
54:19Fatem Zahra,
54:20Amrjani,
54:21c'est un plaisir
54:21de vous avoir
54:22comme invitée
54:22aujourd'hui.
54:23Merci de découvrir
54:24un petit peu
54:24votre art.
54:25On a hâte
54:26de voir un petit peu
54:27vos œuvres,
54:28celles qui sont liées
54:29aux plantes
54:29en tout cas.
54:31Merci.
54:31Merci à vous,
54:32c'est la fin
54:32de l'invité culture
54:33pour aujourd'hui.
54:34Très bonne journée.
54:40Et c'est aussi
54:41la fin de ce journal.
54:42Merci à vous
54:42de nous suivre.
54:43L'information revient
54:44dans un instant
54:45sur Média TV.
Commentaires