- il y a 10 heures
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00:03Générique
00:16Mesdames, Messieurs, bonsoir. Merci de vous informer sur Média TV.
00:20Voici les principaux titres de votre soirée.
00:23Les dirigeants saoudiens, turcs et pakistanais réunis à Mecca pour sceller un accord de défense.
00:30Cet accord intervient dans un contexte régional marqué par des affrontements et des attaques visant le Royaume saoudien.
00:39L'Espagne menace l'Italie de mesures de rétorsion si Rome ne lève pas cette semaine la suspension de l
00:46'accord de libre circulation de Schengen
00:48qu'elle a instaurée à la suite de l'afflux massif de migrants à Septa.
00:55Et enfin, nous irons à Rabat pour une immersion au cœur du dispositif d'accueil des MRE.
01:00Les initiatives se poursuivent afin d'accompagner les Marocains du monde et faciliter leur retour au Maroc.
01:11A la une de l'actualité ce vendredi, et sur très haute instruction royale,
01:15le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidents à l'étranger, Nasser Boreta,
01:21représente Sa Majesté le Roi Mohamed VI à la cérémonie d'investiture du nouveau président colombien.
01:27Une cérémonie organisée hors de Bogotá et qui vient marquer le début du mandat du candidat vainqueur.
01:34Et Belardo, dès l'esprit est là, la participation du Maroc traduit ainsi la volonté des deux pays de renforcer
01:41davantage leurs relations.
01:46L'Espagne a menacé ce vendredi l'Italie de mesures de rétorsion si Rome ne lève pas la suspension de
01:53l'accord de libre circulation de Schengen
01:55qu'elle a instauré à la suite de l'afflux massif de migrants à Septa.
01:59C'est ce qu'a averti un communiqué du gouvernement espagnol.
02:02Cette rare mésentente entre deux alliés de l'Union Européenne et de l'OTAN intervient après une migration massive à
02:09Septa.
02:10La semaine dernière, la première ministre italienne d'extrême droite, Giorgia Meloni,
02:15avait vivement critiqué la politique de Pedro Sanchez en matière d'immigration.
02:20Le communiqué du gouvernement espagnol ne précisait d'ailleurs pas la nature des représailles envisagées.
02:26Les mesures prises par l'Italie comprennent d'ailleurs la fermeture des points d'entrée maritimes et aériens
02:31ainsi que le renforcement des contrôles aux frontières terrestres.
02:37Je vous le disais en titre, un pacte de défense a été signé ce vendredi entre l'Arabie saoudite, le
02:43Pakistan et la Turquie.
02:45Cet accord vient lier les trois pays dans un contexte marqué par des attaques contre le Royaume saoudien,
02:50mais aussi de guerres au Moyen-Orient.
02:52L'Arabie saoudite entend renforcer ses alliances sécuritaires alors que le pays a été ciblé par l'Iran,
02:59tout comme les autres pays de la région alliés de Washington.
03:02L'Arabie saoudite a également fait tout récemment face à des hostilités avec les Yéménites, outils.
03:08L'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie, trois pays musulmans sunnites,
03:12ont en commun de participer aux efforts de règlement du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis,
03:18déclenchés fin février dernier par des bombardements israélo-américains contre Téhéran
03:22et qui a ébranlé l'économie mondiale.
03:25Fruit d'une longue tradition de coopération militaire,
03:27l'Arabie saoudite et le Pakistan sont par ailleurs déjà liés par un accord de défense mutuelle conclu en septembre
03:332025.
03:37Au moins trois membres des forces gouvernementales yéménites et deux civils
03:42ont été tués ce vendredi dans de nouvelles attaques menées par les Houthis
03:46dans la province stratégique de Marib, riche en ressources pétrolières.
03:51Ce territoire partagé entre les rebelles et les forces gouvernementales
03:54contrôle la ville ainsi que plusieurs champs et installations pétrolières.
03:58Ces attaques interviennent d'ailleurs au lendemain de frappes particulièrement meurtrières.
04:03Dans cette même province, hier, au moins 58 soldats ont été tués
04:06dans des tirs de missiles et de drones revendiqués par les Houthis.
04:10Il s'agit des attaques les plus meurtrières depuis la trêve conclue en 2022.
04:19Un incendie s'est déclaré ce vendredi dans un centre logistique
04:23du géant russe de l'e-commerce Wildberries à Ekaterinbourg,
04:27dans l'Oural, après une nouvelle attaque contre des entrepôts de cette compagnie.
04:32Depuis mi-juillet dernier, l'Ukraine a frappé une vingtaine de sites
04:35appartenant à Wildberries, plateforme de commerce en ligne très populaire,
04:40souvent qualifiée d'Amazon russe, presque aux quatre coins de la Russie
04:45et en Crimée annexée, plus de quatre ans après le début de l'offensive russe
04:48à grande échelle contre l'Ukraine.
04:50La diplomatie est au point mort et les deux pays font monter en puissance
04:55leur frappe à longue portée, faisant ainsi un nombre croissant de victimes civiles.
05:04Retour sur le continent où le Premier ministre du Mali,
05:06le général de division, a présenté le bilan des cinq années de transition.
05:11Le chef du gouvernement s'est d'ailleurs exprimé lors d'un point de presse
05:13qui a réuni l'ensemble des membres du gouvernement,
05:16mais aussi les présidents d'institutions, les leaders de la société civile
05:19et des autorités coutumières et religieuses.
05:22C'est un reportage signé Mohamed Danyoko.
05:25Cet exercice bilan du Premier ministre visait à mettre en avant les avancées enregistrées
05:30depuis le 7 juin 2021, date d'accession du général d'armée Assimi Goïta
05:36à la magistrature suprême.
05:38La question sécuritaire est naturellement venue en tête.
05:41Sur le plan sécuritaire, nos forces armées et de sécurité ont connu
05:44une montée en puissance sans précédent.
05:47Grâce au renforcement de leurs capacités opérationnelles,
05:50à l'acquisition d'équipements modernes, à l'amélioration de leur formation,
05:55il y a une plus grande liberté d'action.
05:57Elle mène aujourd'hui des opérations avec professionnalisme et efficacité.
06:01En plus de la question sécuritaire, son intervention a aussi concerné
06:05les réformes politiques et institutionnelles,
06:08lesquelles réformes permettent aujourd'hui au pays
06:11de financer en grande partie son développement.
06:13Les cinq ans de la transition auront permis de poser les fondations
06:18des Mali plus souverains, plus résilients et plus maîtres de son destin.
06:24Les défis demeurent, mais ils ne nous feront pas dévier du cap.
06:28Le temps de la restauration de l'État se poursuit,
06:31le temps de l'accélération du développement commence.
06:35Le renforcement de l'Alliance des États du Sahel,
06:38le rétablissement des relations diplomatiques,
06:41dans le respect des principes édictés,
06:43ont été d'autres points soulignés par le Premier ministre.
06:48Le gouvernement nigérien a annoncé la libération
06:51de 308 victimes d'enlèvements,
06:53dont 163 avaient été enlevées plus tôt cette année,
06:57dans un même village.
06:59La présidence s'est félicitée du sauvetage réussi.
07:02Au Nigeria, les enlèvements contre rançon
07:04sont devenus un phénomène récurrent.
07:06Ils sont le fait de groupes criminels,
07:08de terroristes et de gangs surnommés
07:11« les bandits », particulièrement actifs
07:13dans le nord et le centre du pays
07:14où la présence de l'État demeure limitée.
07:20Au Bénin, l'ancien président Patrice Talon,
07:22qui a quitté le pouvoir en avril dernier,
07:24a été élu jeudi à la présidence du premier Sénat du pays.
07:28Il est entré en fonction à la fin du mois de juillet.
07:30Cette institution a été créée
07:32à la suite de la révision constitutionnelle
07:35adoptée en novembre 2025,
07:36avec pour objectif de réguler la vie politique.
07:39Le Sénat est composé de 25 parlementaires non élus.
07:42Certains en sont membres de droit,
07:45tandis que les autres sont désignés
07:46par le chef de l'État.
07:48À l'issue de son élection,
07:49Patrice Talon a affirmé
07:52vouloir œuvrer au renforcement
07:54de l'unité nationale,
07:56de la stabilité politique,
07:57ainsi que de la paix et de la démocratie.
08:04En Côte d'Ivoire,
08:06chiffres records affichés
08:07dans le prix du litre d'essence
08:09Super Sans Plomb,
08:10qui s'élève désormais à 905 francs CFA.
08:13Une grande première pour le pays.
08:15Cette hausse vient alourdir d'ailleurs
08:16les dépenses des usagers
08:18qui craignent des répercussions
08:19sur le coût de la vie et des transports.
08:22C'est un reportage de Melberchel
08:23et Ferdinand Kwaku.
08:26905 francs CFA le litre.
08:28Jamais le prix de l'essence
08:29n'avait atteint un tel niveau
08:30en Côte d'Ivoire.
08:32Dans les stations-services,
08:33la hausse surprend
08:34et oblige déjà
08:35de nombreux usagers
08:36à observer
08:37beaucoup plus de prudence.
08:38Parce que sachant bien
08:40que tout devient cher
08:43de jour en jour,
08:44nous n'allons pas être
08:46la face du dendon.
08:47Il faut bien qu'on pense en nous
08:49pour que nous aussi,
08:49nous puissions gagner quelque chose
08:51pour gagner notre vie.
08:52Parce que l'accueil est long.
08:54On n'a pas touché aux tarifs.
08:57On n'a pas touché aux tarifs du transport.
08:59On travaille toujours avec cela.
09:01Tant bien que ça nous coûte un peu cher,
09:03mais on est obligé de faire cela
09:05parce qu'on nous a dit
09:06qu'il y a une situation qui est devant.
09:09Au-delà des conducteurs,
09:10cette augmentation nourrit
09:12des inquiétudes des consommateurs.
09:14Beaucoup réduit à une hausse
09:15progressive des prix des transports
09:17et des produits de première nécessité.
09:20Ils ne nous ont pas informés
09:21du jour au lendemain.
09:22Tu viens, tu donnes un billet.
09:24Forcément, tu t'attendais
09:25à une monnaie comme avant.
09:27On te dit que le prix a changé,
09:30a augmenté.
09:31Il n'y a pas de campagne,
09:32rien du tout.
09:32Juste parce que le prix du carburant
09:34a augmenté,
09:35nous, les citoyens,
09:36on doit vraiment subir.
09:37Je pense qu'il faut qu'on soit
09:39au moins en conformité
09:40avec le peuple.
09:41Le mode de vie de la population.
09:44Parce que c'est selon
09:45le mode de vie de la population
09:46qu'on va vraiment,
09:47on tient compte
09:48vraiment des conditions
09:49d'augmentation et autres.
09:51Que le gouvernement
09:52revoye cela.
09:54Parce que
09:55les gens pleurent beaucoup.
09:57Et que
09:57quand on gouverne personne,
09:59c'est là.
09:59Quand on vient,
10:00on gouverne personne,
10:01on ne vient pas pour nous,
10:02mais on vient pour un peuple.
10:03on doit tenir compte
10:04le mode de vie
10:05de cette population.
10:07Ça pleut beaucoup.
10:09Les professionnels du transport,
10:11eux,
10:11suivent également
10:12l'évolution de la situation
10:13avec beaucoup d'intérêt.
10:15Ils appellent à des mesures
10:16permettant de préserver
10:17l'équilibre du secteur
10:18tout en limitant
10:19les répercussions
10:20au profit de tous.
10:22Le transport est un maillot
10:23essentiel
10:24du développement économique
10:26et social
10:27de tous les pays
10:28dans le monde.
10:29Procéder autrement
10:30serait égal à dire
10:32qu'il y a eu
10:33augmentation.
10:34Alors,
10:35on fait des augmentations
10:36systématiques
10:37des prix de transport.
10:39Nous savons
10:40en tant que citoyens
10:41que cela va impacter
10:42le pouvoir d'achat
10:42des populations.
10:43Nous savons aussi
10:44que cela peut conduire
10:45à des fonds sociaux.
10:47Chose qu'il faut éviter
10:48par ces temps
10:49extrêmement fébriles
10:50donc la contribution
10:52des répercussions
10:52du transport
10:53c'est la compréhension
10:55ensuite l'analyse
10:56en interne
10:57et les propositions
10:59à faire
11:00donc au pouvoir public
11:01pour trouver
11:01des solutions
11:03en mettant en place
11:04des mesures
11:05d'accompagnement.
11:06Cette hausse historique
11:07du prix de licence
11:08ouvre une nouvelle période
11:10d'incertitude
11:11pour les ménages
11:12comme pour les professionnels.
11:14Les prochains mois
11:14permettront d'en mesurer
11:15pleinement
11:16les effets sur l'économie
11:18et le pouvoir d'achat.
11:22On quitte la Côte d'Ivoire
11:23pour le Sénégal
11:24qui veut mettre
11:24le nucléaire
11:25au service
11:26de la sécurité alimentaire.
11:28Sa capitale Dakar
11:29accueille d'ailleurs
11:29une rencontre internationale
11:31consacrée aux sciences nucléaires
11:32appliquées à l'agriculture.
11:34Cette rencontre
11:35est co-organisée
11:36avec l'Agence internationale
11:37de l'énergie atomique.
11:38Ces cinq jours d'échange
11:40doivent aboutir
11:41à une stratégie
11:42pour déployer
11:43l'initiative
11:44Atoms for Food.
11:45On voit cela en détail
11:46avec Olivier Bossal
11:47et Jules Pierre de Barros.
11:50Avec la demande
11:51sans cesse croissante
11:52en ressources naturelles
11:54et les effets
11:54du changement climatique,
11:56l'État du Sénégal
11:57et l'Agence internationale
11:59de l'énergie atomique
12:00ont conjointement
12:01lancé l'opération
12:03Atoms for Food.
12:05L'objectif est
12:06de lutter contre la faim.
12:07La rencontre a réuni
12:08à Dakar
12:09plus d'une soixantaine
12:10de participants
12:11venus
12:12de 35 pays d'Afrique.
12:14Nous avons aujourd'hui
12:16une réunion de haut niveau
12:17qui regroupe
12:1835 pays africains
12:20dont les participants
12:22sont entre
12:23des directeurs généraux
12:25de recherche agricole,
12:26des directeurs
12:28des départements
12:28d'agriculture,
12:30des recteurs
12:31qui viennent ensemble
12:33réfléchir
12:34aux besoins
12:35en capital humain
12:37et réfléchir
12:38à des curriculums
12:39qui peuvent permettre
12:41justement l'introduction
12:42des technologies nucléaires
12:44dans l'agriculture
12:45pour un meilleur impact
12:46dans la lutte
12:48pour la souveraineté alimentaire.
12:50Grâce à son écosystème
12:52assez riche,
12:53le Sénégal a été choisi
12:54comme le pays pilote
12:55de cette initiative
12:56qui s'appuie
12:57sur des pôles stratégiques
12:59comme la formation
13:00et la recherche universitaire.
13:02Il est aussi prévu
13:03le renforcement
13:04des capacités
13:04pour une meilleure introduction
13:06du nucléaire
13:07au service
13:08de l'agriculture.
13:09L'écosystème
13:10aujourd'hui au Sénégal,
13:11nous avons des écoles
13:12d'ingénieurs
13:13dans l'agriculture,
13:14nous avons des universités
13:15et des facultés,
13:16nous avons même
13:18comme bien
13:18de l'annoncer
13:19le ministre,
13:20une université
13:21entièrement
13:22dédiée à l'agriculture,
13:23l'université de Kaulak.
13:26Nous sommes ensemble
13:27pour réfléchir
13:28sur toutes ces technologies,
13:30comment faire en sorte
13:31que le curriculum
13:33des étudiants
13:34inclue des matières
13:35pour maîtriser
13:37ces technologies.
13:38L'insécurité alimentaire
13:40est une menace réelle
13:41amplifiée
13:42par les effets
13:43du changement climatique.
13:44L'édition du rapport
13:452022
13:46sur l'insécurité alimentaire
13:47et la nutrition
13:48révèle que 691
13:50à 783 millions
13:52de personnes
13:53dans le monde
13:53ont connu la faim,
13:55soit une augmentation
13:56de 122 millions
13:57par rapport
13:58à 2019.
14:00Il est l'heure
14:01à présent
14:01de notre entretien
14:02avec l'invité
14:03de la rédaction.
14:12A quelques semaines
14:13des élections législatives,
14:15le mercato politique
14:16bat son plein.
14:17Depuis plusieurs mois,
14:18les annonces
14:18de ralliements
14:19se multiplient.
14:20Des députés
14:21changent de parti,
14:22d'autres négocient
14:23leur investiture ailleurs,
14:24tandis que certaines formations
14:26cherchent à attirer
14:27les élus
14:28les plus influents.
14:29Pourtant,
14:29la constitution de 2011
14:31avait précisément
14:32voulu mettre fin
14:33à ce phénomène.
14:34Son article 61
14:35prévoit d'ailleurs
14:36la déchéance
14:36du mandat
14:37pour tout parlementaire
14:38qui abandonne le parti
14:39sous lequel il a été élu.
14:41Mais dans les faits,
14:42les stratégies
14:43se sont adaptées.
14:44Les changements
14:44interviennent désormais
14:45à l'approche
14:46de la fin du mandat
14:47lorsque les délais
14:48ne permettent plus
14:49l'organisation
14:50d'élections partielles.
14:51Alors,
14:52simple liberté politique,
14:53opportunisme électoral
14:54ou révélateur
14:55d'une crise
14:56plus profonde
14:57des partis politiques,
14:58un mal peut-être
14:59de la démocratie.
15:00Eh bien,
15:01pour en parler,
15:01nous recevons
15:02Moustapha As-Himi,
15:03politologue.
15:04Moustapha As-Himi,
15:05bonsoir
15:06et merci
15:06d'être avec nous.
15:11Bonsoir.
15:12Alors,
15:13pour commencer,
15:14pourquoi est-ce
15:14qu'on observe
15:16systématiquement
15:17une vague
15:17de transhumance
15:18à l'approche
15:19des élections ?
15:24Écoutez,
15:25vous avez parlé
15:25de Mercato
15:26à juste titre.
15:28il y a le Mercato
15:29dans les clubs
15:31de foot,
15:31vous le savez,
15:32puis il y a
15:32Mercato politique
15:34qui s'est installé,
15:35qui se traduit
15:36par quoi ?
15:36Par le changement
15:37d'apparentement
15:38d'un certain nombre
15:39d'élus
15:40à la veille
15:41de scrutins.
15:42Scrutins communaux,
15:44régionaux,
15:44scrutins législatifs.
15:45En l'espèce,
15:45il s'agit
15:46de la Chambre
15:46des représentants
15:47de 395 membres
15:50qui doit être
15:50renouvelée
15:51le 23 septembre prochain,
15:52c'est-à-dire
15:53dans deux mois,
15:54deux mois et demi,
15:54etc.
15:54Et on a relevé
15:56une activation
15:58et une stimulation
16:00de ce Mercato
16:01pour un certain nombre
16:01de raisons.
16:02Pourquoi ?
16:03Ça tient essentiellement
16:04au fait,
16:05d'abord,
16:06qu'il y a toujours eu
16:07un Mercato
16:08depuis un demi-siècle,
16:10mais il était marginal.
16:12Il était marginal
16:13dans tous les parlements
16:14qu'il y a eu.
16:14On a vu des députés
16:16changer de partis politiques
16:18en cours de mandature,
16:19etc.
16:20Le phénomène,
16:21me semble-t-il,
16:22s'est accentué
16:23à partir
16:24de la nouvelle
16:25Constitution
16:26de 2011.
16:27Pourquoi ?
16:28Je considère
16:30que c'est
16:30l'article 47
16:31alinéat premier
16:32de la Constitution
16:33qui a été
16:34un vecteur
16:35de cristallisation
16:36de ce Mercato.
16:38J'explique la raison.
16:40Cet article 47
16:41dit que
16:41Saint-Mesté Leroy
16:42nomme
16:42à la tête
16:44du gouvernement
16:44quelqu'un
16:45au sein du parti
16:46arrivé premier,
16:47c'est-à-dire
16:48que la comptabilité
16:49qui prévaut désormais
16:51d'une comptabilité
16:52arithmétique,
16:53le souverain
16:54nomme quelqu'un
16:55qui est donc
16:55dans le parti
16:56arrivé premier
16:57et qui est susceptible
16:57d'avoir une majorité.
16:59Ce phénomène-là
17:00a conduit
17:01donc à stimuler
17:03et à développer
17:04le Mercato.
17:05Pourquoi ?
17:05Parce qu'au-delà
17:07des résultats électoraux
17:08qu'on avait
17:09traditionnellement
17:10avec les anciennes
17:11constitutions,
17:12on a aujourd'hui
17:13une autre équation
17:14qui est celle
17:15du chiffre.
17:16C'est le chiffre
17:18des résultats
17:19obtenus
17:19lors des élections
17:20législatives
17:21qui fait que
17:21vous êtes prépositionnés,
17:23si vous arrivez
17:24premier,
17:25à avoir la direction
17:26de l'exécutif.
17:27Et donc,
17:28cette course
17:29aux chiffres
17:29est intéressante
17:31et elle pousse
17:32les partis politiques
17:33évidemment
17:33à se mobiliser
17:34davantage
17:35et à essayer
17:36de renforcer
17:37leurs effectifs
17:38parlementaires
17:38aux élections,
17:39mais ça pousse
17:40également
17:40un certain nombre
17:41d'élus
17:41à se repositionner
17:43et à évaluer
17:44leurs chances
17:45par rapport
17:46à la possibilité
17:48d'un parti
17:49pouvoir arriver
17:49premier
17:50et donc diriger
17:51le gouvernement.
17:52Voilà
17:52ce qui est intéressant
17:54à relever.
17:54Alors,
17:55ça pose évidemment
17:56un certain nombre
17:56de problèmes.
17:57Vous avez parlé
17:58de la Constitution
17:58à juste titre,
17:59l'article 61.
18:00L'article 61
18:02dit qu'il y a
18:03le parrainage,
18:05les députés
18:06sont inscrits
18:07dans des groupes
18:07parlementaires
18:08avec un parrainage
18:09et que s'ils quittent
18:10leurs groupes
18:11parlementaires
18:11et leurs partis,
18:12il y a
18:13des séances
18:14du mandat parlementaire
18:15et donc la possibilité
18:18avec le visa
18:19de la Cour constitutionnelle
18:20d'organiser
18:22de nouvelles élections.
18:23Monsieur Srimi...
18:24Allerait
18:24qu'un député
18:26en cours de mandat
18:27qui quitte...
18:28Oui ?
18:29Vous avez fait référence
18:30au monde du football.
18:31Est-ce qu'on peut aujourd'hui
18:32parler d'un véritable
18:34mercato politique
18:35ou d'un marché
18:36des transferts politiques ?
18:37Justement,
18:37comme vous l'avez précisé,
18:38à l'image du mercato
18:40footballistique estival.
18:45Oui, oui,
18:46la comparaison
18:47est tout à fait tenable.
18:48Je suis d'accord
18:49avec vous.
18:50Il y a un phénomène
18:51d'accélération
18:53du mercato politique
18:54et c'est un phénomène
18:56qui est de nature
18:57à avoir un certain nombre
18:58d'impacts négatifs
18:59sur le statut
19:01des élus,
19:03leur perception
19:03par rapport aux électeurs
19:05et le fait
19:06qu'il y a
19:07une insuffisance
19:08pour ne pas dire
19:09autre chose
19:09de la déontologie politique.
19:11Pourquoi ?
19:11Parce que les électeurs
19:13quand ils votent,
19:14prenons le 23 septembre prochain,
19:16ils votent
19:16pour un candidat X
19:17d'un parti Y.
19:19Même si les indépendants
19:20peuvent se présenter
19:21mais globalement
19:22au moins 90%
19:24des 395 membres
19:26seront à part en terre
19:27des partis politiques.
19:28Est-ce qu'un électeur
19:29peut accepter
19:30qu'il rejoigne
19:31un autre parti ?
19:33Est-ce que justement
19:34un électeur,
19:35les électeurs
19:35dont vous parlez
19:36pour le 23 septembre,
19:37est-ce qu'ils peuvent accepter
19:38que la personne
19:41pour qui ils ont voté
19:42rejoigne
19:43un autre parti
19:44quelques mois plus tard ?
19:49Oui et non,
19:51si vous le permettez.
19:52Je vous fais
19:52cette réponse normande,
19:54oui et non.
19:56Oui,
19:57parce qu'au Maroc,
19:58on ne vote pas tellement
20:00pour un programme
20:01ni pour un apparentement
20:03partisan,
20:04on vote encore
20:05pour une personne,
20:07ayant une personne,
20:08ayant un statut local,
20:11ayant un fief électoral,
20:12ayant une base tribale,
20:13etc.
20:14C'est quelque chose
20:14de fondamental.
20:15Il n'y a pas beaucoup
20:17de votes,
20:18en tout cas,
20:19qui sont des votes
20:20de type idéologique
20:21ou partisan,
20:22d'autant plus
20:23que c'est très difficile
20:24maintenant de différencier
20:25les uns des autres
20:26du fait de la convergence
20:28de tous
20:29sur la nécessité
20:30d'un certain nombre
20:31de priorités
20:31des politiques publiques.
20:33Non,
20:33parce que c'est un problème
20:34déontologique
20:35et de moral,
20:36parce que vous vous présentez
20:39devant les électeurs
20:40avec une étiquette
20:42et en cours de mandat,
20:44vous changez
20:45d'étiquette,
20:46évidemment,
20:46ça pose un problème
20:47de morale politique
20:48et de déontologie
20:49et ça ne contribue pas
20:51à crédibiliser
20:53ni le statut
20:55de parlementaire,
20:56ni la place
20:57et le rôle
20:57de l'institution parlementaire
20:59dans son ensemble.
21:00C'est donc la personne
21:01qui prime
21:02et non plus
21:03le parti politique
21:04ou l'idéologie ?
21:08Oui,
21:09d'ailleurs,
21:09vous avez raison
21:10de relever,
21:11c'est plus,
21:12de plus en plus,
21:13c'est un vote
21:14qui vise
21:15un certain nombre
21:16de profils
21:17connus,
21:18locaux régionaux,
21:19de familles,
21:19de grandes familles,
21:21de notables,
21:22de féodotériens,
21:23autres,
21:24etc.,
21:25que simplement
21:26des profils
21:27éclairés,
21:28fustiles,
21:29compétents.
21:29C'est tellement vrai
21:30qu'il y a
21:32une sorte
21:33de barrière
21:35de verre,
21:36un plafond
21:37de verre
21:37d'argent.
21:38Vous ne pouvez pas
21:39décemment
21:40vous présenter
21:41à des élections
21:41parlementaires
21:42aujourd'hui
21:43s'ils n'avaient pas
21:45un budget
21:46personnel
21:46ou autre,
21:48etc.,
21:49de plusieurs millions
21:50de dirhams.
21:51Est-ce qu'un haut fonctionnaire
21:52peut se présenter
21:53et aller solliciter
21:54le suffrage
21:55des électeurs ?
21:56Est-ce qu'un ingénieur,
21:57est-ce qu'un médecin,
21:58etc. ?
21:58C'est très difficile
21:59parce que les campagnes
22:00électorales
22:00coûtent très cher
22:01et ça implique
22:02des mobilisations,
22:03ça implique des moyens,
22:04des relais,
22:05etc.
22:06Et donc,
22:06il y a une sorte
22:07de plafond de verre
22:08qui fait que ce sont
22:10certaines élites
22:11qui sont prédisposées
22:13et avantagées
22:14par le mode
22:15de scrutin
22:16lui-même.
22:17Et quels sont
22:18les critères
22:19aujourd'hui
22:19qu'un parti politique
22:21cherche chez un candidat
22:22afin de le recruter,
22:23d'après vous ?
22:27Eh bien,
22:29alors,
22:29je note,
22:30avant de répondre
22:30à une observation
22:32d'introduction,
22:34j'ai été frappé,
22:35moi qui suis
22:36les élections
22:36depuis toujours,
22:38j'ai été frappé
22:39par le fait
22:40que le mercato
22:43se retrouvait également
22:44dans les partis
22:45dits progressistes,
22:47alors qu'auparavant,
22:48c'était dans le cadre
22:49des partis
22:50dits administratifs.
22:52à l'époque,
22:53c'était donc
22:53le RNI,
22:54le Mouement Populaire,
22:55l'UC, etc.
22:56Ça se vérifie
22:57aujourd'hui
22:58de fait qu'on a vu
22:59des cas
23:00de transhumance
23:02intéressants
23:03des partis
23:04politiques progressistes
23:05comme l'USFP,
23:06comme le PPS
23:07où des notables
23:08ont été approchés,
23:11démarchés
23:11pour rejoindre
23:12les gens des partis.
23:13Pourquoi ?
23:14Parce que,
23:15je reviens
23:15à mon hypothèse
23:16de départ,
23:17c'est parce qu'il s'agit
23:17de faire du chiffre
23:18maintenant,
23:19aujourd'hui.
23:21je ne veux pas citer
23:22de nom,
23:22mais combien
23:22de notables
23:23ont été parrainés
23:25par l'USFP
23:26et le PPS,
23:27par exemple,
23:27du fait qu'ils avaient
23:28une situation locale
23:29et que ça garantissait
23:31pratiquement
23:33le décrochage
23:34et l'obtention
23:34d'un siège parlementaire.
23:36Voilà ce qui est nouveau.
23:38Ce qui est nouveau
23:39aussi,
23:39c'est le fait
23:40que maintenant,
23:41il y a une sorte
23:42de phénomène
23:45qui me préoccupe
23:46moi,
23:46c'est de plus en plus
23:47la privatisation
23:49de la politique.
23:50Il faut un capital
23:51social
23:52pour se présenter
23:53aux élections,
23:54il faut un capital
23:55matériel
23:56et financier,
23:57il faut des réseaux,
23:59il faut un statut
23:59social,
24:00etc.
24:01Et tout le monde
24:02voit qu'il y a
24:03beaucoup d'élus
24:04qui relèvent
24:06du monde
24:06des affaires,
24:07ce n'est pas négatif,
24:08mais quand ça devient
24:09un processus
24:11structurant,
24:11évidemment,
24:12c'est interrogatif.
24:13Une sorte de privatisation
24:14de la vie politique
24:16et ça pénalise
24:17évidemment
24:18le libre choix
24:19des électeurs
24:20parce qu'ils n'ont pas
24:21beaucoup de possibilités
24:23de sélection
24:23sinon un certain nombre
24:25de candidats
24:26répondant à certains
24:28types de profils.
24:29Donc,
24:30l'élite professionnelle
24:31ou intellectuelle
24:32n'a pas de place
24:33dans ces élections ?
24:37C'est difficile,
24:39c'est difficile
24:39pour des raisons
24:40de moyens financiers,
24:41des raisons
24:42de base sociale,
24:45etc.
24:46Et vous allez voir
24:48les résultats,
24:49d'ailleurs,
24:49on les a vus
24:50en 2021,
24:512016,
24:52etc.
24:53Il y a une sorte
24:54d'écrémage
24:55qui se fait
24:55des élites
24:56et ne peuvent
24:57globalement,
24:58évidemment,
24:59en termes global,
25:00globalement,
25:00arriver à décrocher
25:02un siège
25:03de parlementaire
25:04que les élus
25:05qui réunissent
25:06un certain nombre
25:07d'indicateurs
25:08cumulatifs
25:08pour pouvoir postuler,
25:10pour pouvoir être
25:10compétitifs
25:11par rapport
25:12à d'autres candidats.
25:14Est-ce que,
25:15selon vous,
25:15M. Sahemi,
25:16la liberté individuelle
25:18de l'élu
25:18doit primer
25:19sur le choix
25:20exprimé
25:20par les citoyens ?
25:27Votre question
25:27est intéressante.
25:28Ça pose le problème
25:29de la nature
25:29du mandat parlementaire.
25:31Dans la majorité
25:32des pays,
25:33il faut rappeler
25:33que le mandat
25:35d'un élu,
25:36d'un élu
25:37de manière générale
25:38en l'espèce
25:38du parlementaire,
25:39est un mandat
25:40qui n'est pas impératif.
25:42C'est-à-dire
25:43qu'il n'est pas soumis
25:44à la sanction
25:45des électeurs
25:46hormis,
25:47dans le cadre
25:48de la fin du mandat
25:49et de nouvelles élections.
25:51Or,
25:51en l'espèce,
25:52c'est donc
25:52un mandat libre.
25:53Ça se vérifie,
25:54par exemple,
25:55dans toutes les démocraties
25:56occidentales.
25:57Ça se vérifie
25:58au Maroc aussi.
25:59Le mandat du...
26:00Le parlementaire
26:01est représentant
26:02de la nation
26:03comme entité.
26:04Mais personnellement,
26:06il a un mandat libre
26:08qu'il exerce
26:08sans être
26:09sous la contrainte
26:10d'échéance
26:11à l'initiative
26:12des électeurs.
26:13C'est une procédure
26:14qui n'est pas permis.
26:15Il y a un autre modèle
26:17qu'on retrouve
26:18en droit comparé.
26:19Au lieu du mandat libre,
26:21c'est le mandat
26:22qui est plus strict.
26:25C'est-à-dire
26:26qu'il y a
26:26d'échéance
26:28des parlementaires
26:29quand ils changent
26:30en cours de mandat
26:31d'apparentement politique.
26:33C'est le cas où ?
26:34C'est le cas
26:34dans de grands pays.
26:35C'est le cas en Inde,
26:36c'est le cas en Afrique du Sud,
26:38c'est le cas également
26:39au Portugal,
26:40au Kenya
26:40et ailleurs.
26:41Donc,
26:41c'est intéressant.
26:42Donc,
26:42voilà les deux systèmes
26:43qu'on a à peu près
26:44en droit comparé.
26:45Alors,
26:46il y a d'autres mesures
26:47que l'on retrouve
26:48dans le droit comparé,
26:50lesquelles,
26:51c'est par exemple
26:51l'interdiction
26:52de la transhumance
26:54six mois
26:55ou douze mois
26:56avant la fin
26:57du mandat
26:57de la législature.
26:59Donc,
27:00ça évite
27:01le mercato
27:01préélectoral
27:02à chaud.
27:03C'est-à-dire,
27:04c'est en l'espèce
27:05au Maroc
27:05où il y aurait eu
27:06par exemple
27:07la fin du mercato,
27:09la limite étant
27:10le 23 septembre
27:12en 2025
27:13pour ce qui est
27:14d'un an.
27:15Donc,
27:15ça,
27:15c'est une mesure
27:16qui permet
27:17de stabiliser
27:18le jeu politique
27:20et d'éviter,
27:20évidemment,
27:21la dimension
27:21que prend ce mercato
27:23et cette transhumance.
27:24Il y a
27:24une autre formule
27:26qui est appliquée
27:27en droit comparé,
27:28ce qu'on appelle
27:29le délai d'ancrage.
27:30Le délai d'ancrage,
27:31c'est quoi ?
27:32C'est le fait
27:33que l'affiliation
27:36impartie
27:37un ou deux ans
27:38avant le scrutin
27:40et avant
27:40l'investiture électorale,
27:42c'est-à-dire
27:42que vous ne pouvez
27:43pas changer
27:44de parti
27:44si vous n'avez pas
27:46passé un minimum
27:47de deux ans
27:47dans le parti
27:48qui vous a donné
27:49le parrainage.
27:50Et puis,
27:51il y a aussi
27:51la responsabilité
27:52des partis politiques,
27:53il faut quand même
27:54le dire,
27:55les partis politiques
27:56n'ont pas beaucoup
27:56la main
27:57pour assurer
27:58la discipline
27:59au sein
28:00de leurs instances.
28:01Pas davantage
28:02la charte éthique
28:04et déontologique
28:06quand elle existe,
28:07et elle existe
28:08au Maroc
28:08pour un certain nombre
28:09de partis
28:09mais pas tous,
28:10etc.,
28:10n'a qu'un caractère
28:12déclaratoire,
28:13elle n'a aucun impact,
28:14je vais vous donner
28:14un exemple,
28:15quelles sont
28:16les commissions
28:16de discipline
28:17des partis politiques
28:18qui se sont réunies
28:19une fois.
28:20Il y a des commissions
28:21de discipline
28:22dans les statuts,
28:22vous trouvez
28:23les commissions
28:23de discipline,
28:24ça peut recharger,
28:25étudier,
28:26sanctionner
28:28toutes les observations
28:29et les infractions
28:30au principe
28:31de ce parti politique,
28:33mais elles sont là
28:33que sur le papier,
28:35elles ne fonctionnent pas,
28:36donc la responsabilité
28:37des partis
28:38est importante
28:39pour pouvoir exercer
28:40cette fonction disciplinaire
28:43de préservation
28:44d'une morale politique.
28:46Est-ce que c'est toujours
28:47le cas ?
28:48Nous sommes dans un schéma
28:49qui est inversé,
28:50c'est-à-dire
28:51les partis
28:52n'ont pas suffisamment
28:53de latitude
28:54de manœuvre
28:55et de marge
28:55de manœuvre
28:56pour imposer
28:57parce que ce sont
28:58des partis
28:59qui ont besoin
29:00de candidats
29:02pouvant remporter
29:03des sièges
29:04et renforcer
29:04leur représentation
29:06parlementaire.
29:06C'est un schéma
29:07de dépendance
29:08qui est inversé
29:09en l'espèce
29:10puisque...
29:11Est-ce que la transhumance
29:12révèle aussi
29:13une faiblesse
29:14des partis politiques
29:15eux-mêmes ?
29:19Tout à fait,
29:20vous avez raison
29:20de le relever
29:21parce que la marge
29:21de négociation
29:22des partis
29:23est faible,
29:24sinon marginale,
29:25parce que,
29:26comme je l'ai dit
29:26au départ,
29:27ils veulent faire
29:28du chiffre.
29:29Ils veulent faire
29:29du chiffre
29:30pour un certain
29:30nombre de raisons
29:31pour pouvoir
29:32constituer
29:32des groupes
29:33parlementaires,
29:33pour pouvoir
29:34postuler
29:35éventuellement
29:36à une participation
29:37de la majorité.
29:38Et donc,
29:38il y a un rapport
29:39de force
29:39qui a évolué.
29:40Ce ne sont plus
29:41les partis
29:42qui ont la haute main
29:43sur la stricte
29:44observance
29:45des règles
29:46d'appartenance
29:47dans leurs instances,
29:48mais ce sont
29:49les candidats
29:50qui ont une
29:50situation électorale,
29:52un statut social,
29:55une base,
29:56etc.,
29:56qui sont en mesure
29:57de négocier
29:58à la carte
29:59quelles sont
30:00les offres
30:01pouvant leur être faites
30:02par telle ou telle partie.
30:04Le mercato,
30:05il est aussi là,
30:07il est entre les mains,
30:08de manière générale,
30:10pas absolue,
30:12entre un certain nombre
30:13de candidats
30:13qui ont des positions
30:14locales,
30:15fortes,
30:16et qui voient
30:17quels sont les partis
30:18qui leur font
30:19la meilleure offre.
30:20C'est la loi
30:21de l'offre
30:21et la demande,
30:22mais c'est un schéma
30:22inversé
30:23qui ne renforce pas
30:24ni le processus
30:25démocratique,
30:26ni la déontologie politique.
30:29Justement,
30:29est-ce qu'il y a
30:29une crainte
30:30de retrouver,
30:31M. Sahimi,
30:32les mêmes têtes,
30:33sachant qu'ils se représentent
30:34à chaque élection
30:35alors que les attentes
30:36des citoyens
30:37sont énormes ?
30:43Ce qui est problématique,
30:45ce n'est pas tellement
30:46que les mêmes se retrouvent,
30:48c'est un phénomène
30:49que l'on retrouve
30:49dans tous les parlements.
30:50Il y a en moyenne,
30:54comparé,
30:54il y a un taux
30:55de renouvellement
30:56d'environ 40%
30:58dans un certain nombre
30:59de parlements
31:00que nous connaissons.
31:01Nous avons les chiffres,
31:02notamment dans
31:03les démocraties occidentales.
31:04Au Maroc,
31:05le taux de renouvellement,
31:06il est dans ces eaux-là,
31:07entre 40 et 50%.
31:09Mais c'est un taux
31:10de renouvellement
31:12qui ne permet pas
31:13une ouverture
31:14vers ce que j'appellerais
31:15les forces vives
31:16de la nation,
31:17c'est-à-dire les jeunes,
31:18c'est-à-dire davantage
31:19de femmes,
31:20c'est-à-dire davantage
31:20d'opérateurs, etc.
31:22Heureusement qu'il y a
31:23la Constitution
31:23qui prévoit
31:24donc d'une liste nationale
31:26pour les femmes
31:27de 90 élus,
31:30vous le savez,
31:31et la difficulté,
31:32c'est pour les femmes
31:33de dépasser
31:34ce quota-là
31:35de 90
31:36et de décrocher
31:37des postes
31:37dans des circonscriptions
31:38locales ouvertes.
31:40Donc,
31:41heureusement que
31:42le législateur est là
31:43donc pour
31:44cette discrimination
31:46positive,
31:47si je puis dire,
31:47pour permettre
31:48au moins
31:48une représentation
31:49à hauteur
31:50de 20-30%,
31:53si c'est souhaitable,
31:54des femmes.
31:54L'ouverture se fait
31:56également pour ceux
31:56qui sont des jeunes
31:57et les moins de 35 ans.
31:59C'est une ouverture,
31:59vous savez,
32:00qui a été décidée
32:01par le souverain,
32:02avec un certain nombre
32:03d'avantages financiers
32:04qui leur sont donnés,
32:05la prise en charge
32:06de 75%
32:07de leurs frais de campagne,
32:08etc.
32:09Mais la difficulté,
32:11c'est oui,
32:11il y a cette ouverture,
32:12mais il reste la faisabilité
32:14pratique de cette ouverture.
32:16comment voulez-vous
32:17que des jeunes
32:18sans base électorale,
32:20sans soutien,
32:22puisqu'on c'est
32:23des notables.
32:23En revanche,
32:25les jeunes,
32:25ils ont un atout
32:26que n'ont pas les notables,
32:28c'est la place
32:29et le rôle
32:29des réseaux sociaux
32:30dans l'élection
32:32parlementaire.
32:33Et ça,
32:33c'est un phénomène
32:35qualitatif intéressant.
32:36Il y a une telle mobilisation
32:38dans les réseaux sociaux
32:39qui n'est pas exclu
32:40qu'il y ait des jeunes
32:42qui arrivent
32:42du fait de leur notoriété
32:45et de la mobilisation
32:46des réseaux sociaux
32:47à pouvoir décrocher
32:48des sièges
32:49dans le prochain Parlement.
32:51Merci beaucoup,
32:52Moustapha Sahimi,
32:52pour votre analyse
32:53et d'avoir répondu
32:54à toutes nos questions.
32:55Je rappelle que vous êtes
32:56politologue
32:56et que vous étiez avec nous
32:57en direct depuis Rabat.
32:58Merci infiniment.
33:03Merci à vous.
33:05Il est leur à présent
33:06de faire le tour
33:06de l'actualité économique
33:07nationale et internationale
33:09et c'est avec Rachid Farhan.
33:17Le taux de chômage
33:19recule au Maroc
33:20au deuxième trimestre 2026.
33:22Il s'établit désormais
33:23un 9,5%
33:24contre 10,8%
33:26au trimestre précédent.
33:28Cette amélioration
33:29est observée aussi bien
33:30en ville
33:30qu'en milieu rural.
33:31Le chômage baisse également
33:33chez les hommes
33:33comme chez les femmes
33:35et touche moins fortement
33:36toutes les catégories d'âge.
33:37Mais certaines populations
33:39restent particulièrement fragiles.
33:41Plus d'un jeune sur 4
33:42âgé de 15 à 24 ans
33:44est toujours au chômage.
33:45Les diplômés
33:46de l'enseignement supérieur
33:47restent eux aussi
33:48parmi les plus exposés.
33:49Au total,
33:50le Royaume compte
33:51encore 1,121,000 personnes
33:53en situation de chômage
33:54même si leur nombre
33:56diminue
33:56de 132,000
33:58en trois mois.
33:58Le secteur des services
34:00confirme son rôle
34:01de moteur
34:01du marché de l'emploi.
34:03Près d'un actif sur deux
34:04travaille aujourd'hui
34:05dans les services.
34:06Le secteur rassemble
34:07plus de 5,2 millions
34:09de personnes
34:09loin devant l'agriculture,
34:11l'industrie
34:12et le bâtiment.
34:13Et la dynamique
34:14se poursuit.
34:15En seulement 3 mois,
34:16les services ont crié
34:17166,000 emplois supplémentaires,
34:19soit la plus forte progression
34:21parmi tous les secteurs.
34:22L'industrie,
34:23le BTP
34:24et l'agriculture
34:25enregistrent eux aussi
34:26des créations d'emplois
34:27mais dans des proportions
34:28plus limitées.
34:29Le marché du travail
34:30reste toutefois
34:31très contrasté
34:32selon les régions.
34:33Dakhla Ouad et Dahab
34:34affichent le taux
34:35de participation
34:36à l'emploi
34:36le plus élevé du pays.
34:38Ils devront se tanger
34:39tétoin Al-Husima,
34:40Casablanca-State
34:41et Marrakech-Safi.
34:43A l'inverse,
34:43plusieurs régions
34:44restent en retrait,
34:45notamment Dra'it-Safi-Lelt,
34:47l'Oriental
34:47et Sous-Massa.
34:49Autre enseignement,
34:50le chômage élargi
34:51dépasse la moyenne nationale
34:52dans plusieurs territoires,
34:54dont Casablanca-State.
34:55Les niveaux les plus élevés
34:56sont enregistrés
34:57à la Youn Saqil Hamra
34:59et Gulmi Mouadnoun.
35:00L'industrie marocaine
35:02retrouve des couleurs.
35:03Selon la dernière enquête
35:04de Bankal Maghrib,
35:05la production
35:05comme les ventes
35:06ont progressé
35:07au mois du juin.
35:07Une dynamique portée
35:09principalement par les secteurs
35:10de la chimie,
35:11de la parachimie,
35:12de la mécanique
35:13et de la métallurgie.
35:14Les ventes sont en hausse
35:16aussi bien sur le marché
35:17national qu'à l'export.
35:18Autre indicateur encourageant,
35:20les capacités de production
35:21ont été utilisées
35:22à hauteur de 78%.
35:25En République centrafricaine,
35:27les recettes issues
35:28des exportations d'or
35:29ont été multipliées
35:31par 10 en 2025.
35:33Elles atteignent
35:34près de 18,1 milliards
35:36de francs CFA,
35:37soit une progression
35:38de plus de 900%
35:39sur un an.
35:41Cette forte hausse
35:41explique principalement
35:43par une augmentation
35:44des exportations officielles
35:45d'or,
35:46encouragée par les efforts
35:47des autorités
35:48pour mieux encadrer
35:49le secteur minier
35:50et lutter contre
35:51les circuits informels.
35:53L'or représente
35:54une ressource essentielle
35:55pour l'économie
35:56centrafricaine.
35:57Cette progression
35:57pourrait renforcer
35:58les recettes de l'État,
36:00améliorer les réserves
36:01en devise
36:01et soutenir
36:02les finances publiques.
36:04Toutefois,
36:04les autorités
36:05devront poursuivre
36:06les efforts
36:06pour garantir
36:07une exploitation
36:08plus transparente
36:09et durable
36:10des ressources minières.
36:12Aux États-Unis,
36:13le déficit commercial
36:15diminue légèrement
36:16en juin,
36:17il atteint
36:1773,3 milliards de dollars
36:19grâce à un recul
36:20des importations
36:21plus important
36:22que celui
36:23des exportations.
36:24Une amélioration
36:25jugée toutefois
36:26insuffisante
36:26par les marchés.
36:27Les exportations
36:28restent pénalisées
36:29par le recul
36:30des prix de l'énergie
36:31tandis que les recettes
36:32liées aux services,
36:33notamment au tourisme
36:35et à la Coupe du monde
36:36de football,
36:37continuent de soutenir
36:38l'économie américaine.
36:39En France,
36:40l'activité du secteur privé
36:42poursuit son ralentissement
36:43mais le rythme
36:44de la contraction
36:45s'atténue.
36:46L'indice PMI
36:47remonte en juillet
36:48et se rapproche
36:49du seuil
36:50qui marque
36:50un retour à la croissance.
36:52Cette amélioration
36:52s'explique notamment
36:53par un regain
36:54d'activité dans les services,
36:56une demande intérieure
36:57plus dynamique
36:58et un ralentissement
36:59de l'inflation.
37:00Les économistes
37:01estiment que
37:01l'économie française
37:02démarre le troisième trimestre
37:04sur une note
37:05un peu plus favorable.
37:07Votre Soirinfo
37:09se poursuit
37:09avec l'invité culture.
37:10Mariam Khamdichi
37:11reçoit
37:12Soufiane Mezour,
37:13enseignant et auteur.
37:26Mesdames et messieurs,
37:28bonjour et bienvenue
37:28dans l'invité culture.
37:30Mon invité aujourd'hui
37:31est docteur en philosophie,
37:33chercheur associé
37:34au laboratoire
37:34philosophie
37:35et pratiques critiques
37:36de l'Université
37:37Rady Aïed
37:38de Marrakech,
37:39auteur
37:40et conférencier.
37:41C'est surtout
37:41un observateur
37:43attentif
37:44de ce que le monde
37:44a à nous dire.
37:46Sa démarche
37:47profondément empirique
37:48fait dialoguer
37:49la philosophie
37:49avec d'autres formes
37:51de pensée,
37:52toujours à l'écoute
37:53du réel
37:54et de l'expérience
37:55concrète.
37:56Il vient de publier
37:57un ouvrage
37:57captivant
37:58au titre
37:59particulièrement
38:00évocateur,
38:01le peintre
38:01et le
38:02Hakawaki
38:04ce que l'art
38:06fait à la philosophie.
38:08Une exploration
38:08de ce qui se joue
38:09lorsque le pinceau
38:11et le verbe
38:12bousculent
38:12la pensée.
38:13Soufiane
38:14Mézour,
38:14c'est un plaisir
38:15de vous avoir
38:15avec moi aujourd'hui.
38:16Merci d'avoir
38:17accepté cette invitation.
38:18Tout le plaisir
38:18et pour moi,
38:19je suis ravi
38:19d'être ici
38:20et je vous remercie
38:21pour votre accueil.
38:21Merci aussi
38:23d'avoir accepté
38:24cette invitation.
38:25Je vais montrer
38:25d'abord la couverture
38:27de votre livre,
38:28donc le peintre
38:28et le Hakawati.
38:30Je le reprononce
38:31correctement,
38:32je l'ai un petit peu
38:32écorché en introduction.
38:35Est-ce que vous pouvez
38:36nous expliquer
38:37un petit peu
38:37votre démarche
38:38qui vous a poussé
38:39à écrire ce livre
38:39d'abord ?
38:40Oui, bien sûr.
38:42Tout d'abord,
38:43j'aimerais dire
38:44un mot assez rapidement
38:45pour planter le décor
38:46et pour situer
38:48le contexte
38:49dans lequel
38:49le livre a pris forme.
38:52C'est d'abord
38:52un livre
38:53qui raconte
38:54l'histoire
38:56de deux bonhommes
38:57qui se rencontrent
38:58pour la première fois.
38:59Le premier
39:00est peintre
39:01et le deuxième
39:03est Hakawati.
39:04Hakawati,
39:04c'est conteur
39:07en français,
39:08c'est quelqu'un
39:09qui raconte
39:09des histoires,
39:10des fables,
39:11donc une bonne partie
39:11de notre tradition
39:14orale
39:14et de notre patrimoine
39:16est justement
39:18incarnée
39:18par ce personnage
39:19du Hakawati.
39:20Et donc,
39:22cette rencontre,
39:22elle a été provoquée
39:24en quelque sorte
39:26à l'occasion
39:27d'une résidence
39:27artistique
39:28que j'ai eu le plaisir
39:29d'organiser
39:31autour de la thématique
39:33de l'acte de création
39:36en peinture
39:37et plus particulièrement
39:39face à l'altérité.
39:41Autrement dit,
39:43une fois que le peintre,
39:44que l'artiste
39:45se trouve face
39:47à l'inconnu
39:47et cet inconnu
39:50est en l'occurrence
39:51incarné
39:53par le Hakawati,
39:54et bien ce peintre,
39:56comment il s'y prend,
39:58quelles sont
39:59les difficultés
40:01qu'il rencontre,
40:02comment il va essayer
40:03de les surmonter.
40:05Et l'idée
40:08que j'avais en tête
40:09au début
40:10de la résidence,
40:11c'était
40:12en quelque sorte
40:13de sortir
40:15le peintre
40:16de son atelier,
40:18ce qui se passe
40:19normalement
40:20dans l'intimité
40:21de l'atelier
40:22et là-dessus
40:23on peut imaginer
40:24bien sûr
40:24la figure
40:25du peintre solitaire
40:28qui travaille
40:29à l'abri
40:29des regards
40:30et là justement
40:32on a essayé
40:33dans le cadre
40:33de cette résidence
40:34de le mettre en scène
40:38et de le confronter
40:40au regard du public.
40:41Et étant donné
40:42que c'est une résidence
40:43artistique,
40:44il y avait aussi
40:45ce qu'on pourrait appeler
40:46des spectateurs,
40:48donc des inconnus
40:50qu'on avait invités
40:52parce qu'ils s'intéressaient
40:53à l'art,
40:53ils voulaient voir
40:54un petit peu
40:54ce qui se passait
40:55sur place.
40:57Et à côté de ça,
40:58il y avait aussi
40:59une caméra
41:00qui tournait.
41:02On a,
41:04avec une petite équipe
41:05de tournage,
41:06on enregistrait
41:07pratiquement
41:09toutes les étapes
41:10du projet.
41:11Donc c'était
41:11un petit peu
41:12le contexte
41:13dans lequel
41:13ce livre
41:15a pris forme.
41:16Et si je peux
41:17ajouter un mot,
41:21l'idée,
41:22vraiment ce qui
41:22m'intéressait
41:23surtout dans
41:24le fait
41:25de confronter
41:26et de mettre
41:28ensemble
41:28le peintre
41:28et le Hakawati,
41:30c'était
41:31cette question-là
41:32de l'altérité
41:33et voir un petit peu
41:35qu'est-ce qui pouvait
41:36émerger de nouveau
41:37ou pas.
41:38Il y avait aussi
41:39le risque
41:41qu'il ne se passe
41:42rien entre les deux.
41:43– En tout cas,
41:44vous avez dit
41:45que le peintre
41:45était confronté
41:46à l'inconnu.
41:47Pourquoi le Hakawati
41:50représente un petit peu
41:51cet inconnu ?
41:52Qu'est-ce qu'il symbolise ?
41:54– Alors,
41:54c'est une très bonne question
41:55et je vais essayer
41:56d'y répondre
41:57sur deux points.
41:59D'abord,
42:00pour moi,
42:01personnellement,
42:03l'inconnu
42:04ou l'altérité,
42:05elle est représentée
42:06par chaque individu.
42:07Chaque individu
42:08est commencé
42:09et singulier.
42:11Chaque individu
42:12a sa vie,
42:12son vécu,
42:13ses attentes,
42:14ses projets,
42:15etc.
42:15Donc,
42:16l'altérité,
42:17elle est là.
42:18Question de degré,
42:19bien sûr.
42:19Si le Hakawati,
42:21si les deux personnages
42:22du livre
42:23se connaissaient un peu,
42:25j'aurais dit
42:26il y a quand même
42:27altérité,
42:28mais à moindre degré.
42:30Mais l'altérité,
42:31elle est là.
42:31Le deuxième point,
42:33c'est pourquoi
42:36il y a aussi
42:37la question
42:38de l'inconnu
42:38à laquelle
42:40le peintre
42:41était confronté.
42:42c'est parce que
42:45parmi les objectifs
42:46de la résidence,
42:47comme je le disais
42:48il y a un instant,
42:50le fait de faire sortir
42:51le peintre
42:52de sa zone de confort
42:57et donc
42:58tout ce qu'il avait
42:59l'habitude de faire,
43:02que ce soit
43:03au niveau de la technique,
43:04au niveau
43:05des sujets
43:06qu'il choisissait lui-même,
43:07des modèles,
43:09là pour le coup,
43:11il y avait quelque chose
43:12qui était imposé
43:13à lui
43:14ou à elle.
43:15Et l'inconnu
43:17par conséquent
43:18devient double.
43:19L'altérité
43:20de la personne,
43:21parce que toute expérience
43:22est par définition
43:23singulière,
43:24on ne peut pas
43:24la reproduire,
43:27très souvent
43:27on ne peut même
43:28pas la programmer.
43:29Donc nous ce qu'on avait fait
43:30c'est provoquer
43:31cette rencontre
43:32de bonhommes
43:33qui ne se connaissaient pas
43:33et voir un petit peu
43:35ce qui allait se passer
43:36entre les deux
43:36et je dirais
43:38que l'originalité
43:39peut-être
43:40de la démarche
43:40et là je reviens
43:41à votre question initiale
43:42c'est que
43:44le peintre
43:46n'était pas
43:48invité
43:48à peindre
43:49le portrait
43:50de la personne
43:50bien que la question
43:52du corps,
43:53du visage,
43:53de la posture
43:54m'intéressait aussi.
43:56Ce qu'il devait peindre
43:58c'était la rencontre
43:59elle-même.
44:00D'accord.
44:01Autrement dit
44:01l'expérience brute
44:03ce qui se passait
44:05humainement,
44:06artistiquement,
44:06esthétiquement
44:07et même
44:08le fait
44:09de se retrouver
44:10dans un environnement
44:12un espace
44:13et un temps
44:13bien défini
44:15c'était
44:16il y avait
44:17toute une série
44:18je dirais
44:19d'éléments
44:19obstacles
44:22avec lesquels
44:24le peintre
44:25devait composer
44:26et donc
44:27c'est à ce niveau-là
44:28que se situe
44:29à la fois
44:29l'altérité
44:30l'inconnu
44:30et le défi double
44:34que le peintre
44:35devait relever.
44:36Et celui
44:37aussi
44:38de mettre
44:39on va dire
44:40je ne sais pas
44:41si le bon terme
44:43c'est papier
44:43mais sur toile
44:44peut-être
44:48finalement
44:50une représentation
44:51très abstraite
44:52puisqu'il ne peint
44:55pas un objet
44:55en particulier
44:56mais une atmosphère
44:57une rencontre
44:58un ressenti
44:59donc j'imagine
45:01Alors vous avez
45:02parfaitement raison
45:04de dire
45:05comme ça
45:06abstraite
45:07parce que
45:08c'est
45:09un peu logique
45:10étant donné
45:11les conditions
45:12de travail
45:14mais parmi
45:15on n'avait pas
45:15beaucoup de
45:16on n'avait pas
45:17de conditions
45:18il y avait
45:19quelques règles
45:19du jeu
45:20entre guillemets
45:20mais il n'y avait
45:21pas de conditions
45:22ni de contraintes
45:23imposées à l'artiste
45:24l'artiste
45:25était parfaitement
45:26libre de peindre
45:27ce qu'il souhaitait
45:28sauf que
45:29là pour
45:30pour réagir
45:31à votre remarque
45:32sur la peinture
45:34abstraite
45:36aucune
45:36disons
45:39aucun genre
45:40de peinture
45:40n'était imposé
45:41non plus
45:41c'est à dire
45:42que
45:42si à un moment donné
45:45face à l'inconnu
45:46à l'altérité
45:47et donc
45:47en l'occurrence
45:48face au Hakawati
45:49il y a un portrait
45:50qui sort
45:52personne n'a le droit
45:52de dire au peintre
45:53vous avez tort
45:54vous auriez dû
45:55utiliser
45:55de l'abstrait
45:57de la pop culture
45:58ou de l'hyper réalisme
46:01ou autre chose
46:01donc
46:03l'abstrait
46:04peut
46:06peut disons
46:09comme ça
46:11s'offrir
46:12de manière un peu plus facile
46:13parce que
46:15effectivement
46:15il s'agit d'un vécu
46:17il s'agit
46:17d'un ressenti
46:18donc c'est peut-être
46:19plus facile
46:21de partir vers
46:22de l'abstrait
46:22que d'autre chose
46:23et bien
46:24les résultats
46:26enfin je ne sais pas
46:27si je peux dire
46:28si je peux les appeler
46:29comme ça
46:29mais en tout cas
46:29ce à quoi
46:30on avait abouti
46:32c'était assez surprenant
46:34et on a eu justement
46:36de l'abstrait
46:37mais aussi
46:40du concret
46:41oui
46:42étant donné que
46:43c'est une
46:44que le livre lui-même
46:45est le résultat
46:47d'une enquête
46:47de terrain
46:48donc il y avait du concret
46:49certainement
46:49il y avait des toiles
46:50il y avait de très beaux tableaux
46:52il y avait des tableaux
46:53inachevés
46:54ça on pourra peut-être
46:55en dire un mot tout à l'heure
46:56et il y avait des tableaux
47:00dont les artistes
47:01étaient satisfaits
47:02d'autres moins satisfaits
47:03qu'est-ce qu'on peut dire
47:04des tableaux inachevés
47:05parce qu'on n'a plus
47:06beaucoup de temps
47:06justement pour laisser
47:07pour tout à l'heure
47:08donc j'en profite
47:09oui
47:10alors très bien
47:12moi personnellement
47:13je ne vais pas parler
47:13à la place de l'artiste
47:16mais ce qu'on pourrait dire
47:17sur les tableaux inachevés
47:18c'est que
47:20disons que les grands artistes
47:23tous sans exception
47:24disent à peu près
47:25la même chose là-dessus
47:27on ne peint pas
47:28par plaisir
47:29mais par nécessité
47:31je pense qu'à un moment donné
47:32lorsque l'artiste sent
47:34qu'il n'y a plus grand chose
47:35à dire
47:36quand il est face
47:38à l'équivalent
47:40de la page blanche
47:40de l'écrivain
47:41ou de l'équivaine
47:42quand il se sent
47:44un petit peu
47:46en but
47:47contre un obstacle
47:48insurmontable
47:50il ne va pas s'amuser
47:52à finir
47:53disons
47:54à faire du forcing
47:55comme on dit
47:55à finir son tableau
47:56pour le finir
47:57donc c'est parce que
47:58la nécessité
47:59ou le besoin
48:01lui impose
48:02à poser le pinceau
48:05et peut-être
48:06à revoir
48:08soit le projet
48:09soit passer
48:09à une nouvelle toile
48:11votre démarche
48:12en tout cas
48:13est empirique
48:14attentive ou réelle
48:15comme je le disais
48:15tout à l'heure
48:16en introduction
48:17et à l'expérience
48:18sur le terrain
48:20concrète
48:20qu'est-ce qu'il en ressort
48:21finalement maintenant
48:23quel bilan faites-vous
48:24après avoir écrit
48:26ce livre
48:26après cette rencontre
48:28qu'est-ce que vous
48:28vous retenez
48:29de cette expérience
48:30alors c'est
48:31oui c'est une grande question
48:32elle est très très vaste
48:34je dirais
48:35tout d'abord
48:36que
48:38ce qui m'a
48:39le plus frappé
48:41c'est
48:42c'est le courage
48:46des artistes
48:47eux-mêmes
48:47le courage
48:49dont ils ont fait preuve
48:50d'abord
48:52pour avoir accepté
48:54de s'exposer
48:55au regard du public
48:57des spectateurs
48:58et de la caméra
49:00chose qui n'est pas
49:01du tout évidente
49:02même pour un
49:04pour des artistes
49:05expérimentés
49:06donc ça c'était
49:07le premier défi
49:08moi personnellement
49:10mon ressenti
49:10d'abord j'ai appris
49:12énormément de choses
49:13sur le travail des artistes
49:14parce que le but
49:16de cette philosophie
49:17empirique ou pragmatique
49:18comme vous disiez
49:19tout à l'heure
49:20c'était de décrire
49:22l'acte de création
49:24c'est-à-dire
49:24non pas l'oeuvre achevée
49:26mais l'oeuvre
49:27en train de se faire
49:28et le fait d'avoir
49:29observé tout cela
49:31de près
49:32m'a permis
49:33de comprendre
49:33un peu mieux
49:34de quoi il retournait
49:37que ce soit l'étape
49:38de l'inspiration
49:39ce qui a poussé
49:40le peintre
49:40à choisir
49:42telle couleur
49:42à choisir
49:43telle ligne
49:44à hésiter
49:45à tel moment
49:46donc tous ces
49:47micro moments
49:48étaient essentiels
49:50pour moi
49:50et grâce
49:52à cette démarche
49:53j'ai réussi
49:54quand même
49:55un petit peu
49:56de comprendre
49:57un petit peu plus
49:58ce qui se passait
50:00au cœur
50:00du processus créatif
50:02en tout cas
50:03pour ce qui est
50:03de la peinture
50:04et puis ce parallèle
50:05entre l'art
50:06et la philosophie
50:06aussi
50:07j'imagine
50:08absolument
50:08il y a un travail
50:10de traduction
50:11entre guillemets
50:13très difficile
50:17de passer d'un registre
50:19ou d'une forme
50:19de pensée
50:20à l'autre
50:21surtout quand on n'est pas
50:23c'est-à-dire
50:24dedans
50:25quand on ne maîtrise
50:26quand on n'est pas peintre
50:26quand on n'est pas artiste
50:28et d'ailleurs
50:29c'est une excellente question
50:31parce que
50:31ça permet aussi
50:33de valoriser
50:33cette partie empirique
50:35de la philosophie
50:36à la différence
50:38d'une philosophie
50:38spéculative
50:39idéaliste
50:41où on joue avec le concept
50:42pour jouer avec le concept
50:43un exercice de style
50:45pour dire les choses autrement
50:46la partie empirique
50:48elle m'a permis
50:50justement
50:50de rapprocher
50:55un peu plus
50:56la philosophie
50:57en tout cas
50:57la philosophie
50:58telle que je la pratiquais
51:00de la peinture
51:02et plus généralement
51:04de l'art
51:04et ce pont-là
51:08on ne peut le construire
51:10entre la philosophie
51:10et la peinture
51:12que si on est embarqué
51:17c'est-à-dire
51:17sur le terrain
51:19auprès de l'artiste
51:22il y a une partie
51:23qui est de la philosophie
51:25la philosophie de l'art
51:26on peut très bien
51:27écrire un livre
51:27de 300 pages
51:28sur un tableau
51:33pas besoin d'aller
51:34le voir
51:34le tableau
51:35dans un musée
51:36ou dans une galerie
51:36on a juste l'image
51:37on peut très bien
51:38en parler
51:39la philosophie empirique
51:41elle
51:43elle a
51:44disons
51:45cette exigence
51:47supplémentaire
51:48c'est de dire
51:49très bien
51:50ça c'est
51:51l'oeuvre achevée
51:52mais
51:53ça serait quand même
51:54intéressant
51:54de voir un petit peu
51:56ce qui s'est passé
51:57auparavant
51:57dans les coulisses
51:58un petit peu
51:59c'est exactement
52:00les coulisses
52:00ou l'équivalent
52:02du making of
52:03pour un film
52:04ou pour une pièce
52:06de théâtre
52:06et ça
52:08ça ajoute
52:10énormément
52:10énormément
52:11de richesse
52:12à l'activité
52:14de la philosophie
52:15elle-même
52:16et un dernier mot
52:17pour conclure
52:17sur le message
52:19que vous avez envie
52:20de transmettre
52:20peut-être
52:21les philosophes
52:22n'aiment pas conclure
52:23parce que c'est
52:24toujours dangereux
52:25mais j'aimerais
52:27dire ceci
52:28c'est que
52:31ce livre
52:31est le fruit
52:33d'un travail
52:35d'enquête
52:35sur le terrain
52:36d'une résidence
52:36artistique
52:37et c'est surtout
52:38grâce
52:38d'une réflexion
52:39aussi
52:41parfois individuelle
52:42parfois collective
52:43parce que j'en profite
52:44pour rendre hommage
52:45à tous les artistes résidents
52:47et en particulier
52:49là pour le coup
52:50nous avons deux personnages
52:52de protagonistes
52:52le peintre
52:53et le Hakawati
52:54c'est aussi
52:56grâce à eux
52:57et c'est pas
52:58une façon de parler
52:59c'est
53:01sans la contribution
53:02de ces deux personnages
53:04il m'était tout simplement
53:05impossible
53:07j'allais dire
53:07même de réfléchir
53:08avant même d'accoucher
53:09la pensée
53:10ou les idées
53:11sur le papier
53:11donc ça
53:13j'en ai tiré
53:14un certain nombre
53:15de leçons
53:16d'abord sur l'art
53:17comment il se fait
53:18comment il se pratique
53:19et aussi
53:21l'importance
53:23pour la philosophie
53:25parfois
53:25je dirais même souvent
53:27de ne pas
53:28débarquer
53:29comme on dit
53:30avec des concepts
53:31massifs
53:31tout fait
53:32dans les poches
53:33parce que
53:34encore une fois
53:34j'aurais pu
53:35mobiliser des théories
53:36déjà établies
53:38déjà installées
53:39et les plaquer
53:41comme on dit
53:42sur le tableau
53:43sur le travail
53:44du peintre
53:45mais
53:49disons que
53:50j'ai essayé
53:50d'inverser un petit peu
53:51la situation
53:52en partant
53:53sans préjugé
53:54comme on dit
53:55un regard
53:56sans théorie
53:57comme disait
53:57Mathis
53:57et je me suis laissé
54:02comment dire
54:03je me suis laissé
54:03un petit peu
54:05prendre
54:06par le flux
54:07de l'expérience
54:08par les échanges
54:10entre les deux personnages
54:11et par la matière
54:14aussi
54:14par les couleurs
54:15par tout ce qui
54:16était performé
54:20devant mes yeux
54:21merci à vous
54:22merci à vous
54:22en tout cas
54:22Sophie Almezour
54:22c'est un plaisir
54:23de revenir sur ce livre
54:25qui est le vôtre
54:26et de vous recevoir
54:27comme invité aujourd'hui
54:28c'est un plaisir
54:29plaisir
54:29partagé
54:30merci de m'avoir invité
54:31c'est la fin
54:32de l'invité culture
54:33pour aujourd'hui
54:33très bonne journée
54:38et c'est aussi
54:39la fin de ce journal
54:40merci à vous
54:40de nous suivre
54:41l'information
54:41revient dans un instant
54:42sur Média TV
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