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  • il y a 11 minutes
Durement éprouvés par la canicule et les incendies cet été, les agriculteurs doivent également affronter une sécheresse exceptionnelle. Pour soutenir les cultivateurs et les éleveurs, le président de la FNSEA demande à l'Etat un soutien de plusieurs milliards d'euros.  Arnaud Rousseau est l'invité d'Antoine Cavaillé-Roux dans RTL Soir.

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Transcription
00:01L'invité d'RTL Soir
00:02Et à 18h35, on accueille l'invité de RTL Soir.
00:07Bonsoir Arnaud Rousseau.
00:09Bonsoir.
00:09Président de la FNSE à Premier Syndicat Agricole Français,
00:12merci d'être en ligne avec nous de Vézins, de Lévesous et dans l'Aveyron.
00:15Vous êtes en déplacement pour alerter sur la crise traversée par l'agriculture française,
00:19un été catastrophique marqué par les canicules et la sécheresse.
00:23Est-ce que c'est l'une des pires crises ?
00:25Écoutez, vous savez, l'agriculture a l'habitude de vivre avec le climat et ses affres,
00:29mais effectivement, ce que nous vivons cet été 2026 est tout à fait inédit.
00:34Et je suis venu, comme vous l'avez dit, constater ici en Aveyron
00:37que pour les surfaces d'herbe, cette herbe dont les vaches ont besoin,
00:42eh bien la crise est là et je n'observe que des paillassons
00:45et il n'y aura pas d'herbe pour les vaches cet hiver.
00:48Et c'est évidemment un vrai problème pour l'élevage ici,
00:51mais c'est un problème pour l'élevage partout en France.
00:54On va venir à la question de l'élevage, mais je voulais savoir,
00:56est-ce qu'il y a au moins une filière épargnée cet été
00:59ou non, toutes les filières agricoles sont touchées par cette sécheresse,
01:03par ces canicules, par cet été catastrophique ?
01:06Vous savez, il n'y a pas d'agriculture sans eau
01:08et quand il n'y a pas d'eau et qu'il y a une telle sécheresse,
01:10personne n'échappe à cette règle de l'agriculture.
01:13Vous savez que vous êtes un producteur spécialisé en maraîchage,
01:17par exemple, vous avez besoin d'eau
01:18et que quand le thermomètre dépasse 35-40 degrés,
01:21évidemment, vous ne savez plus faire pousser correctement vos fruits ou vos légumes.
01:25quand vous êtes un céréalier et que vous avez besoin de préparer vos terres
01:29pour semer du colza, comme ça va être le cas dans quelques jours
01:32et qu'il n'a pas plus une goutte depuis deux mois, vous ne savez pas le faire.
01:35Et puis, je vous ai parlé des animaux.
01:37C'est la même chose.
01:38Donc, personne n'échappe malheureusement à ce cumul de canicules.
01:44Et la semaine prochaine qui s'annonce ne dérogera pas malheureusement à cette règle.
01:48Donc, c'est dur pour tout le monde et beaucoup de questions sont posées.
01:52Notre rôle aujourd'hui, c'est évidemment d'alerter les pouvoirs publics
01:54et de faire en sorte que rapidement la solidarité nationale puisse se mettre en place
01:58parce qu'il en va, encore une fois, de la souveraineté de notre pays
02:01continuer à produire pour nourrir les Français.
02:04Est-ce que la sécheresse de cet été 2026, elle est pire qu'en 2022,
02:08qu'en 1976, qui est la référence historique ?
02:12Écoutez, ça peut dépendre parfois des régions et des quelques orages qui sont tombés.
02:16Mais d'une manière générale, quand vous comparez une année à 2003 ou à 1976,
02:21c'est que déjà, vous êtes dans des années catastrophiques.
02:25Et donc, cette année ne restera pas un bon souvenir pour les agriculteurs.
02:30Nous ne sommes que le 10 août.
02:31Et d'ores et déjà, nous savons que ce sera extrêmement difficile.
02:34Et nous ne savons pas encore ce que seront les semaines qui viennent.
02:37Donc oui, cette année 2026 sera sur le podium, si je puis dire,
02:41des années les plus difficiles en termes de sécheresse sur le plan agricole.
02:44Vous êtes dans l'Aveyron pour évoquer notamment l'élevage.
02:47Est-ce que c'est l'inquiétude majeure ?
02:49Car le foin manque, le maïs qui sert à nourrir les cheptels,
02:53la récolte de maïs est en chute de 35%.
02:55Les animaux souffrent des canicules.
02:57Est-ce que ça veut dire que les éleveurs vont devoir réduire les troupeaux ?
03:01Écoutez, vous savez, tout souffre.
03:02Vous l'avez dit, la production de maïs sera la plus faible des 45 dernières années.
03:07C'est les derniers relevés.
03:10Nous avons eu le mois de juillet le plus chaud depuis les relevés météo.
03:14Et donc tout le monde est à rude épreuve.
03:16Et c'est le cas pour les hommes, chacun s'en rend bien compte.
03:18C'est le cas aussi pour les animaux.
03:20Et les agriculteurs que je rencontre, les éleveurs que je rencontre,
03:23se posent évidemment la question aujourd'hui
03:24entre l'arbitrage de racheter des fourrages ou de se séparer d'animaux.
03:29Et vous le savez, nous importons déjà près de 25% de notre viande bovine.
03:32Et évidemment, c'est une très mauvaise nouvelle de voir à nouveau le troupeau français se décapitaliser.
03:38Nous ne le voulons pas.
03:39Et c'est pour ça que nous voulons réagir rapidement.
03:41D'abord, pour observer s'il y a des quantités disponibles dans certaines régions françaises.
03:45Et puis ensuite, pour essayer de trouver des alternatives à la nourriture des troupeaux.
03:52Donc tout ça, nous sommes en train de le regarder.
03:53Mais je le dis encore une fois, dans une situation où l'été n'est pas fini
03:56et où ça nécessitera, quoi qu'il arrive,
03:59qu'il y ait un plan de mobilisation inédit qui se mette en place.
04:03La ministre l'a annoncé.
04:04On a maintenant besoin qu'elle le chiffre
04:05et surtout qu'elle dise quand ces aides vont intervenir.
04:09Parce que vous savez, quand vous êtes éleveur,
04:10les décisions, vous devez les prendre rapidement.
04:12Et donc, on a besoin que rapidement les choses soient dites.
04:15La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a en effet annoncé un plan la semaine dernière.
04:19Des mesures d'urgence pour la trésorerie,
04:21des prises en charge de cotisations sociales, des simplifications.
04:23Est-ce que c'est suffisant ?
04:25Ou Arnaud Rousseau, est-ce qu'on a parfois l'impression d'entendre les mêmes termes à chaque crise ?
04:29Oui, vous avez ce sentiment.
04:32Beaucoup d'agriculteurs l'ont également.
04:34Mais moi, je veux rendre témoignage de la mise en place de ce plan.
04:38Ce qui nous intéresse maintenant, c'est d'être concret.
04:40De quoi parle-t-on ?
04:42De combien d'argent dispose-t-on pour ce plan ?
04:45Et surtout, quand les mesures vont se mettre en œuvre ?
04:48Vous savez, un plan qui n'est pas daté et qui n'est pas chiffré,
04:50évidemment, reste une annonce.
04:52Or, je crois qu'il y a une vraie volonté d'apporter un concours
04:56dans cette crise, encore une fois, climatique inédite,
04:58que chaque Français observe.
05:01Et pour l'agriculture, le sujet, c'est vraiment
05:03comment continuer à nourrir, à produire,
05:06et à éviter qu'une fois de plus,
05:07ce soit des importations qui viennent nourrir les Français.
05:10Cette année, elle est terrible.
05:12Je le dis aussi parce que les agriculteurs, depuis des années,
05:15s'adaptent, s'acclimatent, évoluent.
05:17Mais cette évolution, elle nécessite évidemment
05:19qu'on puisse surmonter cette crise.
05:20Et tout ça ne se fait pas en deux jours.
05:22Vous avez une idée des montants qu'il faudra mobiliser ?
05:24Oui, j'ai parlé de plusieurs milliards.
05:26Alors, ça n'est pas que de l'argent public,
05:28parce que, comme je l'ai indiqué,
05:29il y a déjà des assurances,
05:31et que ces assurances vont entrer en action.
05:34En tous les cas, je le souhaite ardemment.
05:35Nous le serons dans quelques jours.
05:37Quand on parle des assurances fourrage,
05:39encore faudra-t-il des réponses.
05:41Par exemple, sur le nombre d'années de la Moyen-Olympique,
05:44ce sont des sujets très techniques,
05:46mais c'est des réponses que nous attendons du gouvernement.
05:48Et puis, nous espérons que, rapidement,
05:51on aura aussi cette solidarité nationale.
05:53Vous savez, on a chiffré pour les fourrages.
05:55On pense qu'il manque entre une tonne
05:57et une tonne et demie de fourrage
05:59par unité de gros bovins.
06:01Quand vous savez qu'on en a un peu plus de 10 millions en France,
06:03ça veut dire 15 millions d'équivalents fourrage.
06:06Si vous multipliez par 120 à 140 euros la tonne,
06:09vous avez ce chiffre.
06:11Et donc, ces propos que j'ai annoncés
06:13dès la semaine dernière
06:14sont aujourd'hui étayés sur le terrain.
06:16Donc, évidemment, les éleveurs, les agriculteurs
06:19prendront une partie à leur charge.
06:20C'est la responsabilité individuelle.
06:22Ensuite, il y a une responsabilité collective.
06:24Ça sera celle des assureurs.
06:25Et enfin, nous aurons besoin, comme je l'ai indiqué,
06:27de la solidarité nationale pour passer ce cap.
06:30Parce que, je le redis,
06:31il en va de la souveraineté alimentaire de notre pays.
06:33Arnaud Rochaud, quand est-ce que vous allez pouvoir chiffrer tout ça ?
06:36Et si vous n'êtes pas entendu,
06:37est-ce qu'il faut s'attendre à voir les tracteurs à nouveau
06:39sur les routes, sur les autoroutes ?
06:41Vous savez, au moment où je vous parle,
06:44tout le monde cherche des solutions
06:45et les questions des manifestations
06:47ne sont vraiment pas dans les esprits.
06:50Chacun veut essayer de trouver une solution pour s'en sortir.
06:52Nous aurons un chiffrage clair et précis
06:54pour le début du mois de septembre
06:56puisque nous avons rendez-vous avec le Premier ministre
06:58et que ce sera le moment
06:59de poser clairement les choses sur la table.
07:01Mais vous savez, nous sommes aujourd'hui le 10 août.
07:03Et d'ores et déjà,
07:05les gens doivent prendre des décisions.
07:06Et c'est la raison pour laquelle
07:07j'invite le gouvernement et la ministre
07:10à détailler son plan,
07:11à dire quels sont les moyens
07:13qu'elle veut mettre en œuvre
07:14et surtout dans quel délai.
07:15Parce que vous l'avez compris,
07:17c'est aussi une course contre la montre.
07:18Et puis enfin, nous attendons la mise en place
07:20de cette loi d'urgence agricole
07:22dans laquelle la question de l'eau
07:24est une question centrale.
07:25Chacun comprend bien
07:26qu'il faut continuer à stocker
07:28et beaucoup plus qu'aujourd'hui.
07:30Je suis ici dans l'Aveyron,
07:31j'ai rencontré des gens
07:32qui avaient au mois de février
07:33des glissements de terrain
07:34avec des problèmes d'inondation
07:35et qui aujourd'hui
07:36n'ont pas d'air pour leurs troupeaux.
07:38Vous voyez bien que c'est un non-sens
07:39et que la question du stockage
07:41dépasse la question agricole.
07:42Nous avons besoin,
07:44en multi-usage,
07:45pour la vie des territoires,
07:46de stocker plus d'eau.
07:47Elle est disponible.
07:48Ne perdons pas de temps.
07:49avançons et dépassons
07:50l'éclivage politique.
07:51Et rendez-vous donc en septembre
07:53pour faire un prochain point
07:55avec le gouvernement
07:56et vous les agriculteurs.
07:57Merci beaucoup Arnaud Rousseau.
07:59Merci à vous.
07:59Président de la FNSEA,
08:01premier syndicat agricole français.
08:02Merci d'avoir été en ligne
08:03avec nous ce soir
08:04depuis le petit village
08:05de Vézin de Lévesoux
08:07en Aveyron.
08:08Merci à Pierre Granger
08:09d'avoir assuré la liaison
08:10entre l'Aveyron
08:11et nos studios.
08:12Merci à vous.
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