- il y a 16 minutes
Chaque soir, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00On vient d'autres informations qui risquent d'inquiéter l'armée américaine.
00:03Antoine Hollard, on vous retrouve à nouveau, vous êtes toujours à Washington.
00:05C'est le Wall Street Journal qui affirme que lors d'exercices de l'OTAN ces derniers mois,
00:10les forces ukrainiennes se sont montrées beaucoup plus performantes que les forces américaines.
00:19Oui, en fait, c'est un grand exercice militaire qui a eu lieu au printemps dernier
00:23et auquel 3500 soldats américains ont participé.
00:30Et le but de la manœuvre pour les Américains, c'était de s'emparer ou de tenter de s'emparer
00:35d'une position défendue par les Ukrainiens, plus précisément par les drones ukrainiens.
00:39Et ce bras de fer a tourné à la démonstration.
00:43Les Ukrainiens ont infligé une cuisante défaite à l'armée américaine.
00:46Les opérateurs de drones ont très facilement repéré et neutralisé les troupes américaines,
00:51et en particulier une brigade de blindés qui a été entièrement anéantie en l'espace de quelques minutes.
00:57Anéantie virtuellement, bien sûr, puisqu'il s'agissait d'un exercice.
01:01Alors, qu'est-ce que, pendant cet exercice, a été répété à plusieurs reprises tous les jours pendant deux semaines
01:06?
01:07Au fil du temps, les Américains ont progressivement amélioré leur performance,
01:09mais sans jamais vraiment réussir à prendre le dessus sur les Ukrainiens.
01:13Qu'est-ce que cela nous dit ?
01:14Eh bien que les Ukrainiens sont devenus aujourd'hui parmi les meilleurs au monde dans la guerre des drones.
01:18Les États-Unis ont une très grande longueur de retard sur les Ukrainiens en la matière.
01:23Et d'ailleurs, ces dernières semaines, ces derniers mois, il y a de nombreux officiers américains
01:27qui sont venus en stage en Ukraine pour apprendre auprès de l'armée ukrainienne
01:30ces techniques de combat par drone.
01:33Et quand on y pense, c'est vraiment un retournement de situation absolument incroyable.
01:37Il y a un an et demi, ici même, à la Maison Blanche, dans le bureau ovale derrière moi,
01:41Donald Trump humiliait Volodymyr Zelensky en lui disant qu'il n'avait pas toutes les cartes en main.
01:45Aujourd'hui, ce sont les Américains qui viennent prendre des conseils auprès de l'armée ukrainienne.
01:50Merci Antoine Hollard pour ces précisions.
01:52Sergei Jirnoff, un commentaire.
01:54Quand on voit tout ce qui vient d'être raconté par Antoine à Washington,
01:58avec au fond le sentiment que l'Ukraine prend une longueur d'avance
02:02en matière de stratégie, de compétence militaire ?
02:05C'est une évidence. C'est une évidence qui est constatée depuis plusieurs mois.
02:11Bien évidemment, l'Ukraine a beaucoup de difficultés parce que face à elle,
02:15il y a quand même la Russie qui n'est pas comparable.
02:18C'est dix fois plus au niveau économique.
02:20C'est quatre fois plus au niveau démographique.
02:26Donc au niveau de territoire, j'en parle plus.
02:28J'en parle même pas parce qu'en fait, c'est 34 fois plus que l'Ukraine.
02:34Mais l'Ukraine, en fait, c'est David contre Goliath.
02:37Et David est obligé d'être plus intelligent, plus inventif, plus réactif
02:44pour résister depuis quatre ans et demi.
02:47Je vous rappelle, depuis quatre ans et demi dans la guerre de grande échelle.
02:53Et en réalité, ça fait douze ans et demi que l'Ukraine lutte contre la Russie.
02:57si on commence la guerre en 2014, quand Poutine a annexé la Crimée
03:02et a commencé à mettre les bâtons dans les rues de Kiev, dans la région de Donbass.
03:08Ce n'est pas la première fois d'ailleurs qu'on a constaté que les armées européennes
03:13ont constaté déjà cette suprématie ukrainienne dans le domaine précis des drones.
03:18L'Ukraine a fondé une arme spéciale au sein des forces armées il y a deux ans, en été 2024.
03:27Donc il y a eu des manœuvres aussi dans les pays baltes,
03:29où aussi il y a un petit détachement des Ukrainiens qui est venu avec les drones.
03:34Et en fait, on leur demandait de ne pas aller trop vite.
03:37Parce qu'en réalité, les militaires de l'OTAN n'arrivaient pas à suivre ce que faisaient les Ukrainiens.
03:45Il y avait aussi une petite anecdote lorsque un des responsables du complexe militaire allemand a dit
03:52« Oui, mais nous produisons des chars, Léopard, et leur production des drones, c'est la production des garages. »
04:00En fait, c'est n'importe quoi.
04:01Il y avait un mépris.
04:02Et en fait, les Ukrainiens ont répondu « Mais regardez ce qu'on fait avec les chars russes. »
04:06En fait, les chars russes ne peuvent plus rien faire sur le front ukrainien.
04:10Parce qu'il y a une « kill zone » dans laquelle rien ne bouge dès qu'il y a
04:14quelque chose qui apparaît.
04:15C'est totalement détruit immédiatement sur le front.
04:19– Oui, c'est indéniable qu'en matière d'innovation et de drones, l'Ukraine a fait des progrès colossaux.
04:24Et d'ailleurs, il n'y a jamais meilleure armée en guerre qu'une armée qui s'est entraînée par
04:30la guerre.
04:31Quatre ans de guerre, ça vous a guéri.
04:33Et là, très clairement, l'armée ukrainienne, en matière de drones, effectivement, a fait des bonds de géants.
04:39La lutte anti-drone, c'est un défi pour toutes les armées occidentales,
04:43que ce soit pour les États-Unis ou les armées européennes.
04:45La lutte anti-drone, c'est un certain nombre de dispositifs.
04:48Ça va du drone lui-même, en « eat to kill », ça va de la guerre électronique.
04:53Demain, ce sera les armées énergie dirigées, les lasers.
04:56Il y a tout un éventail de dispositifs à mettre en œuvre pour arriver à faire de la détection,
05:01de l'interception, de la neutralisation de drones.
05:03Et ça, ça reste véritablement quelque chose d'ouvert,
05:06sur lequel les différentes armées essayent de rattraper un retard.
05:09Parce qu'effectivement, là, on est dans une situation où s'il devait y avoir un conflit, un choc,
05:14tout ne serait pas à l'identique de ce qui se passe entre l'Ukraine et la Russie.
05:17Car, encore une fois, on ne le répétera jamais assez,
05:20cette supériorité aérienne n'a jamais été acquise de part et d'autre.
05:23Donc, il y a, j'allais dire, un affaissement et un report sur la guerre des drones.
05:26Mais néanmoins, les drones auront leur place.
05:28Ce qui est inquiétant là-dedans.
05:30Alors, vous allez me dire, on aura l'Ukraine à nos côtés.
05:32Donc ça, c'est plutôt rassurant.
05:33Mais ce qui est inquiétant là-dedans,
05:34c'est que les Russes sont tout aussi avancés en matière de drones que les Ukrainiens.
05:40On parle des Ukrainiens parce qu'ils n'ont pas les missiles balistiques,
05:43ils n'ont pas autant de missiles de croisière.
05:45Et donc, leur avantage comparatif se fait sur les drones.
05:47Mais les Russes, soyez-en sûrs, ils sont tout aussi avancés en matière de drones.
05:51Et ça fait aussi 4 ans qu'ils font la guerre.
05:53Donc, il y a un vrai problème qui se pose.
05:55C'est de se dire, en fait, que s'il y a un choc qui devait arriver face à la
05:59Russie,
05:59on va avoir affaire à une armée qui, elle, est entraînée par la guerre depuis 4 ans.
06:04Donc, les progrès que l'on voit côté ukrainien,
06:07il faut s'en satisfaire, c'est le verre à moitié plein.
06:09Par contre, le verre à moitié vide, c'est l'ours russe qui se prépare
06:12et qui se prépare par la guerre et sur ses différentes capacités,
06:16notamment sur les...
06:16Qui progresse aussi, effectivement, lui aussi, le Ribouna.
06:19Et c'est tout l'intérêt de ces exercices, justement.
06:21C'est que les armées européennes et américaines, justement,
06:25récupèrent en quelque sorte toute cette connaissance accumulée par les Ukrainiens
06:28pour se préparer à la guerre du futur.
06:30L'intérêt de jouer ce genre de scénario, c'est aussi ça.
06:32C'est de détecter ses propres faiblesses,
06:36de détecter, effectivement, comment se mène désormais la guerre des drones,
06:39qu'elle soit menée par les Ukrainiens ou par les Russes.
06:41Et du coup, anticiper, en fait, pour se dire...
06:43Alors, ça ne vaudra peut-être pas la guerre de dans 6 mois,
06:45mais dans tous les cas, de se dire, aujourd'hui,
06:48qu'est-ce que l'on est censé faire pour protéger, effectivement,
06:50des blindés qui, éventuellement, essaieraient de prendre une position protégée par des drones.
06:54Ce qui est le quotidien des Ukrainiens et des Russes.
06:56Ça ne fonctionne d'ailleurs pas très, très bien,
06:58les blindés rentrent dans la kill zone,
07:00ils sont systématiquement détruits, ça ne fonctionne plus entre l'Ukraine et la Russie.
07:03Donc, effectivement, il faut qu'on s'y prépare,
07:05et c'est tout l'objectif de ces exercices.
07:06Si un jour, effectivement, il faut affronter l'armée russe,
07:08d'une façon ou d'une autre,
07:10au moins, effectivement, tous ces entraînements avec les Ukrainiens
07:12auront permis aux armées européennes de se préparer.
07:14Jilali Benchaban.
07:15C'est d'autant plus intéressant qu'en réalité,
07:17il y a aussi peut-être un cycle qu'on n'a pas anticipé.
07:20Pourquoi ? Parce qu'il faut se rappeler que
07:21les guerres précédentes ont été des guerres
07:23qui ont été menées contre le terrorisme.
07:28autour de ces dimensions drones.
07:30On était sur des logiques d'empreintes légères,
07:32du ciblage précis, l'usage de missiles,
07:36de groupes ou de têtes.
07:37Sauf que là, quand on se retrouve dans des conflits à nouveau
07:39de haute intensité, comme c'est le cas en Ukraine,
07:41mais pas oublier aussi le conflit qui se déroule à Hormuz,
07:44où là, vous avez cette compensation et cette asymétrie
07:47entre la toute-puissance américaine et l'Iran,
07:50qui a joué subtilement à la fois de sa géographie,
07:52de ses systèmes balistiques et de ses drones.
07:54Sauf que nous, côté otanien, côté européen, côté américain,
07:58les dernières guerres ont été des guerres menées
07:59sur le front de la lutte antiterroriste.
08:02Donc à partir de là, vous avez tout un cycle de rattrapage,
08:05vous avez toute une doctrine à redéfinir,
08:07vous avez aussi toute une adaptation de notre outil militaire
08:10de renseignement et de capacité que nous n'avons pas.
08:12Donc effectivement, ces théâtres sont des théâtres d'enseignement.
08:15C'est pour ça que ça permet de comprendre un peu ce décalage
08:18et de se dire pourquoi est-ce qu'aujourd'hui,
08:19ces puissances sont totalement dépourvues.
08:21On reparle ce soir de la pénurie de missiles intercepteurs patriotes en Ukraine,
08:25une question qui a à nouveau été évoquée.
08:28par le président Zelensky en personne.
08:30C'était lors d'un entretien accordé à CNN.
08:32Écoutez.
08:35Cette année, nous avons deux fois et demi moins d'intercepteurs
08:39par rapport à ce que nous avions en 2025.
08:44Je demande aux États-Unis de me vendre 5%,
08:495% des missiles qu'ils ont dans leur stock.
08:53S'ils le font, nous passerons l'hiver et nous sauverons des vies.
09:00S'ils nous vendent cette fois 10% de leurs stocks,
09:04nous pourrons détruire tous les missiles balistiques russes.
09:09Unis Gosset, 5% des stocks américains qui permettraient à l'Ukraine de passer l'hiver.
09:14C'est ce que dit aujourd'hui Zelensky.
09:16Oui, c'est un message directement adressé à Donald Trump,
09:19qui refuse non seulement de donner des missiles patriotes aux Ukrainiens,
09:23mais même de les vendre à l'Ukraine par l'intermédiaire, par exemple, des fonds européens.
09:28Donc c'est une forme d'appel, je ne dirais pas désespéré,
09:32mais c'est Zelensky qui veut mettre les Américains devant leur choix.
09:36C'est-à-dire, est-ce que vous allez prendre le risque de laisser Poutine détruire encore un peu plus
09:42l'Ukraine
09:43et promettre un hiver extrêmement rude, avec pas de chauffage, peut-être même pas de pain,
09:50puisqu'on voit que les Russes bombardent même les boulangeries industrielles.
09:53Pas de chaussures, enfin rien.
09:55Et donc, ils placent la responsabilité au niveau des Américains.
09:59C'est ça le message de Zelensky.
10:01Il s'adresse à une télévision américaine, à CNN,
10:04dans un moment où on sort du sommet de l'OTAN,
10:07qui s'est plutôt bien déroulé pour Zelensky,
10:09puisque Trump avait sensiblement fait évoluer sa position à l'égard de l'Ukraine.
10:14Et on voit que malheureusement, avec les attaques massives
10:18d'un côté de l'Ukraine contre la Russie en profondeur,
10:20et de l'autre, les répliques massives de la Russie contre l'Ukraine,
10:24on est dans une situation d'escalade où, effectivement,
10:27s'il n'y a pas une décision américaine forte
10:30qui permettrait d'avoir des intercepteurs
10:33qui empêcheraient les missiles balistiques ou les missiles de croisière,
10:37tout simplement, russes, de détruire encore un peu plus l'Ukraine,
10:40eh bien, ça annonce des jours très difficiles pour l'Ukraine.
10:42D'où la façon dont Zelensky s'exprime, avec beaucoup de gravité.
10:46Et même, peut-être, on peut parler de sonner le toxin
10:50pour essayer de réveiller le président américain
10:53qui, visiblement, a l'esprit ailleurs,
10:55sur l'Iran, bien sûr, et puis sur les élections.
10:57Donc, on verra ce que Trump décide.
10:59Là, la balle, maintenant, est dans le camp de la Maison-Blanche.
11:02Une série à Genève, quand on voit les déclarations de Volodymyr Zelensky,
11:05un cinquième hiver qui approche, la Russie qui a des missiles,
11:08l'Ukraine qui n'a pas de système, on va dire, de défense,
11:12est-ce qu'on peut, dans les prochains mois,
11:13arriver à une bascule dans ce conflit en faveur de la Russie,
11:17notamment en raison de cette asymétrie entre les deux forces ?
11:21C'est une crainte. C'est une crainte réelle.
11:23C'est pour ça, d'ailleurs, Zelensky sonne le toxin.
11:25Ce n'est pas la première fois, d'ailleurs.
11:27Parce qu'aujourd'hui, il n'a pas les de pourcentages.
11:28Il a dit, actuellement, l'Ukraine possède 1% de ce que les États-Unis possèdent dans les stocks.
11:35Il leur faut 5% pour passer l'hiver.
11:38Et avec 10%, on détruit tous les missiles russes.
11:41Mais le 29 juillet, il a donné un chiffre absolu.
11:44Il a parlé de 300 missiles.
11:46Il a dit, il me faut 300 missiles pour passer l'hiver.
11:48Ce qui fait que, si on fait les maths,
11:51en fait, les États-Unis, selon Zelensky, possèdent 6 000 missiles pour Patriot.
11:56Et ça casse tout le récit qu'on nous a raconté depuis 9 mois.
12:00Parce qu'on nous a dit que les États-Unis n'ont pas de missiles,
12:04qu'ils ont tout utilisé, qu'ils ont utilisé énormément le missile.
12:08Et je suis persuadé que c'est faux,
12:09parce que les États-Unis, certainement, n'ont pas touché à leurs réserves stratégiques.
12:13Parce que tout pays sérieux ne touche pas à ses réserves stratégiques.
12:18Et donc, les États-Unis sont un pays sérieux.
12:21Et donc, ils ont des missiles.
12:22Et Zelensky lance aussi une bataille de chiffres.
12:25Parce que là, si vous voulez,
12:27ce n'est pas tout simplement qu'émander et s'adresser aux Américains
12:32en disant, soyez gentils, aidez-nous.
12:37Là, ils posent les questions en chiffres relatifs et absolus,
12:41en pourcentages et en chiffres absolus.
12:43Ce qui fait qu'en a été,
12:45le discours qui est actuellement généralisé,
12:48côté américain et occidental,
12:50en disant, les États-Unis se sont appauvris à cause de la guerre d'Iran
12:53et n'ont plus de réserves,
12:55donc ils ne peuvent rien partager,
12:56c'est un discours qui est cassé par Zelensky,
12:58mais aussi par Mikhail Podolyak.
13:00Mikhail Podolyak a aussi donné plusieurs interviews,
13:03c'est le conseiller de la présidence ukrainien,
13:06et qui a dit, il y a beaucoup de missiles qui dorment dans les réserves,
13:11tandis que chaque jour, il y a les Ukrainiens qui perdent les vies.
13:15Jean-Claude, rapidement.
13:16Oui, la réserve stratégique, par définition, elle est stratégique.
13:19C'est-à-dire qu'on ne peut pas se dire,
13:22voilà, c'est comme quand vous partez en vol,
13:24la réserve finale, c'est la réserve finale.
13:25On ne l'entame pas pour se dire,
13:26oui, ça va me permettre effectivement d'aller un petit peu plus loin.
13:29Non, les choses doivent répondre quand même à une doctrine
13:32et s'en tenir là.
13:33Sur les chiffres, Sergueï annonce 6 000,
13:37selon les calculs de Volodymyr Zelensky.
13:38Ce qui a été donné, effectivement, dans la presse,
13:43c'était 1 500 missiles patriotes consommés,
13:47il y aurait 80 % des missiles qui auraient été consommés,
13:51donc il en resterait 800 ou 1 000,
13:52entre 1 000 et 6 000, où est la vérité ?
13:54Peu importe.
13:55Mais encore une fois, si c'est stratégique,
13:58ça ne peut être grignoté,
13:59parce qu'il faut déjà préserver l'ensemble
14:01des implantations américaines pour les Américains
14:04qui sont déployées un peu partout dans le monde
14:05et en particulier dans le Golfe actuellement,
14:08mais également éventuellement en Asie,
14:09s'il devait y avoir à un moment donné un foyer qui se déclarait.
14:12Donc ça, c'est quelque chose précisément
14:15qui est stratégique pour eux.
14:16Il faut pouvoir se redéployer,
14:17non pas être à la corde.
14:18Et puis la question aussi qui se pose,
14:20c'est dans quel but ?
14:22Parce qu'effectivement, l'Ukraine se retrouve
14:23dans une situation extrêmement critique.
14:26Mais concrètement parlant,
14:28c'est sans fin.
14:29Et donc, pour un pays comme les États-Unis,
14:31la question se pose, en fait,
14:33et c'est valable aussi pour l'Europe,
14:34au bout d'un moment,
14:35et c'est à relier avec le sujet précédent,
14:37à quel moment il va falloir privilégier
14:39son propre réarmement,
14:41sa prise de masse,
14:42pour pouvoir éventuellement faire face
14:44à un choc avec la Russie,
14:46ou ailleurs d'ailleurs,
14:47parce qu'en Extrême-Orient,
14:48on ne cesse de le dire,
14:50la Chine,
14:51et on ne peut plus s'activer actuellement,
14:53au moment où les États-Unis
14:54sont très faibles en Iran et ailleurs.
14:56Donc à quel moment Europe et États-Unis,
14:58l'Europe en particulier,
15:00il va falloir penser à la reprise de masse,
15:02au réarmement premier,
15:04ou au contraire,
15:05continuer, j'allais dire,
15:06à se consumer,
15:07en considérant que l'Ukraine
15:09constitue le premier rempart.
15:10C'est un choix.
15:11On part sur le terrain,
15:12on est en direct avec Cyril Amoursky,
15:13notre correspondant à Kiev.
15:14On voulait faire un point avec vous,
15:16Cyril,
15:17sur les dernières frappes,
15:18des frappes ukrainiennes
15:19signalées aujourd'hui
15:20contre des sites russes,
15:22Walberries ou encore Gazprom,
15:23et puis côté russe,
15:24il y a eu des frappes sur un train
15:26dans la région d'Odessa.
15:29Oui, tout à fait.
15:30Malheureusement,
15:30ce n'étaient pas les seules frappes,
15:32on va dire,
15:32sur le territoire ukrainien
15:34au cours de cette journée.
15:35Mais effectivement,
15:36deux trains différents de passagers
15:37ont été touchés par des frappes russes,
15:39et en particulier par des drones à réacteurs,
15:41ce matin,
15:42à 9h du matin,
15:43mais aussi à 12h de l'après-midi.
15:45On sait qu'il y a au moins
15:46deux conducteurs
15:47qui ont été tués
15:48au cours de cette attaque.
15:49Et le président ukrainien
15:51avait d'ailleurs dit
15:52que dans le premier train,
15:53il y avait plus de 300 civils,
15:55et sur ces 300 civils,
15:56au moins 67 étaient des enfants.
15:58Donc on voit qu'il y a une campagne
15:59en ce moment,
16:00en réalité,
16:00qui avait commencé il y a déjà
16:02au moins à partir
16:03de l'année dernière,
16:05avec notamment l'usage de drones
16:06pour vraiment cibler
16:08les trains
16:09et toute l'infrastructure,
16:11j'ai envie de dire,
16:11des chemins à fer,
16:12tout simplement parce que
16:13c'est un moyen extrêmement important
16:14aujourd'hui pour l'Ukraine
16:15pour pouvoir transporter des civils,
16:17pour pouvoir transporter
16:17de la marchandise,
16:18mais aussi pour pouvoir transporter
16:20tout type d'équipement.
16:21D'ailleurs,
16:22c'est pour cette raison
16:23que désormais,
16:24il n'y a plus de trains
16:24qui vont dans la région de Donetsk,
16:26donc le plus à l'est de l'Ukraine,
16:27tout simplement parce que
16:28les frappes étaient tellement
16:29fréquentes
16:30que la dernière gare
16:31dans la région,
16:32dans la ville de Kramatorsk,
16:33mais aussi dans la ville
16:34de Sloviansk,
16:35avait fermé
16:36à la fin de l'année 2025.
16:37Mais aussi,
16:38d'ailleurs,
16:38en ce moment même,
16:39puisque je vous parle de Kramatorsk,
16:40il y a un bâtiment
16:41qui est en train de brûler,
16:42une bombe planante
16:43a été larguée
16:44sur la ville de Kramatorsk,
16:45au moins une personne
16:46a été tuée,
16:4715 autres personnes
16:48ont été blessées,
16:48et enfin,
16:49si on parle des frappes
16:50en direction de la Russie,
16:51vous avez parlé de Walberries,
16:52il y a également
16:53une raffinerie
16:55qui a été touchée
16:55dans la région de Bashkiri,
16:57et en ce moment même,
16:59selon les observateurs
17:00différents des activités aériennes,
17:02370 drones ukrainiens
17:03sont partis
17:04en direction de la Russie,
17:05tandis que les Ukrainiens
17:06craignent,
17:07une fois de plus cette nuit,
17:07que la Russie
17:08va utiliser massivement
17:09des missiles balistiques
17:10pour bombarder
17:11en particulier la capitale.
17:12Cyril Amourski à Kiev
17:13pour BFMTV,
17:14Ulrich Bounat,
17:15viser évidemment des trains,
17:16des voies ferrées,
17:17c'est affaiblir
17:19considérablement l'adversaire.
17:20Surtout dans le sud
17:21de l'Ukraine,
17:22les voies ferrées
17:23c'est une façon aussi
17:23d'amener le grain
17:24jusqu'aux ports d'exportation
17:27que ce soit au Dessa
17:28ou dans le détail du Danube,
17:29et on sait que ces ports
17:30sont systématiquement visés
17:31par les forces hausses,
17:33les navires aussi,
17:33d'ailleurs il y a eu
17:3450 navires
17:34qui étaient en direction
17:36ou qui sortaient
17:37des ports ukrainiens
17:37qui ont été touchés
17:38en juin et juillet,
17:39ce qui n'était quasiment
17:40jamais arrivé.
17:41Donc il y a une volonté
17:42très claire de la part
17:42de la Russie
17:43d'en quelque sorte
17:44isoler tout le sud
17:45de l'Ukraine
17:45et notamment
17:46de la région d'Odessa
17:47pour éviter en quelque sorte
17:48des exportations derrière.
17:49Et juste un point complémentaire
17:51sur cette frappe de drones
17:52contre un train,
17:53ce qui est aussi intéressant
17:54et ce qui montre
17:55toute la progression aussi
17:56des Russes dans cette frappe,
17:57c'est déjà que c'est
17:58une cible en mouvement,
17:59ce qui est extrêmement
17:59compliqué à faire,
18:00ce qui suppose donc
18:00que le drone
18:01était piloté à distance,
18:03donc normalement
18:03avec Starlink
18:04ils ne peuvent plus trop le faire,
18:05donc ça prouve
18:06qu'ils ont trouvé
18:06des moyens de parade.
18:07Deuxième chose,
18:08Volodymyr Zensky a précisé
18:10que c'était un drone
18:10à réaction,
18:11donc un drone
18:11qui a un moteur d'avion,
18:12donc c'est des drones
18:13qui vont beaucoup plus vite,
18:14qui sont beaucoup plus
18:15difficiles à intercepter,
18:16ils ont produit certes moins
18:17mais qui sont plus performants,
18:18donc ça montre aussi
18:19qu'effectivement,
18:19on en parlait tout à l'heure,
18:20la guerre des drones
18:21est en constante évolution
18:22et les Russes
18:22eux aussi apprennent.
18:23Gilles Ali Benchaman.
18:24Oui, ils apprennent
18:25d'autant plus
18:26que vous avez
18:27ce ciel ouvert ukrainien
18:29qui constitue
18:29la principale vulnérabilité
18:35de la Corée du Nord
18:36aujourd'hui
18:36avec une dynamique
18:38de missiles
18:39qui va certainement
18:40s'accentuer.
18:41Après, ce qu'il faut
18:42observer aussi,
18:42c'est qu'on est rentré
18:44dans une temporalité
18:45qui est peut-être
18:45une temporalité
18:46aujourd'hui essentielle
18:47puisque il me semble
18:48que l'ancien président
18:50Medvedev avait précisé
18:51que l'été
18:52allait être crucial
18:53pour la Russie,
18:53donc à partir de là,
18:54on imagine
18:55qu'il y ait une temporalité
18:56où la Russie
18:57va certainement
18:58se lancer
18:59dans une dynamique
19:00peut-être plus structurée
19:01autour d'infrastructures
19:02critiques
19:03avec,
19:04pour l'horizon,
19:05une remobilisation
19:07probable
19:08et un déploiement
19:09de troubles.
19:10Donc la question
19:10est de savoir
19:11est-ce que ces frappes
19:12aujourd'hui
19:12sont simplement
19:13à la préparation
19:14une opération
19:15d'envergure
19:16et dans ce cas-là,
19:17le fait que l'Ukraine
19:18se retrouve aujourd'hui
19:18en situation
19:19de vulnérabilité
19:20mais avec des partenaires
19:21qui vont peut-être
19:22hésiter
19:23par rapport au soutien
19:24qu'il va leur apporter
19:25constitue un moment critique
19:26sur des négociations
19:28en cours
19:28ou un moment
19:29des concessions.
19:30Deux images du jour
19:31qu'on voulait aussi
19:32vous soumettre.
19:33entre Volodymyr Zelensky
19:34et Vladimir Poutine.
19:36Vladimir Poutine
19:36qui est dans le Pacifique
19:38pour assister
19:38à des exercices militaires
19:39on l'a vu hier.
19:40On cherche à faire
19:41craquer l'adversaire.
19:43En Russie
19:43on cherche à détruire
19:44les installations
19:45de l'économie de guerre
19:46qui font tant de mal
19:47à l'Ukraine
19:48et évidemment
19:49Poutine répond
19:50avec des moyens
19:51qui sont extrêmement importants.
19:53Et si on revient
19:54à la vidéo du jour
19:55de Zelensky
19:56qui lance un appel
19:57à livrer
19:58des missiles patriotes
19:59on comprend bien
20:00si vous voulez
20:02combien le moment
20:02est critique
20:03parce que ce qui se joue
20:04en ce moment
20:06au mois d'août
20:06va vraiment avoir
20:08un impact
20:08sur l'hiver
20:09qui arrive
20:10c'est un choc frontal
20:11auquel on insiste
20:12et qui est déterminant
20:13pour les deux dirigeants
20:15qui essayent au mieux
20:16de garder
20:17de faire bonne figure
20:18et de gagner
20:19la bataille
20:19de la communication.
20:20Peut-être juste
20:21pour rajouter un point
20:22sur Volodymyr Zelensky
20:23en fait
20:23les gens avec lesquels
20:24il fait du sport
20:25sont des vétérans
20:25parce qu'en fait
20:26il y a tout un programme
20:27de réhabilitation
20:28des vétérans
20:28par le sport
20:29en Ukraine
20:29et pour le coup
20:30le contraste
20:31ne pourrait pas être
20:31là aussi plus fort
20:33avec la Russie
20:34où pour le coup
20:34la plupart des vétérans
20:35sont quand même
20:35un peu laissés eux-mêmes
20:38donc il y a aussi ça
20:38ce côté-là
20:39en fait finalement
20:40Volodymyr Zelensky
20:40montre qu'il est assez proche
20:41de son armée
20:42avec une volonté
20:43de montrer que
20:44toute la société
20:44en quelque sorte
20:45fait corps
20:45avec son armée.
20:47Et sur le sport
20:48il y a aussi
20:49une différence
20:49parce que vous vous souvenez
20:50Poutine a joué
20:52longtemps
20:52sur sa condition physique
20:56il s'est montré torse nu
20:58mais ça fait 4 ans
21:00où il n'a pas fait de ski
21:01où il n'a pas joué au hockey
21:03où il n'a pas monté
21:04sur un cheval
21:05et donc Zelensky
21:06là-dessus
21:07en fait en quelque sorte
21:08se moque de lui
21:09à distance
21:09en disant
21:10moi je suis là
21:11je peux encore faire
21:12le pousser
21:15développé couché
21:16et Poutine
21:18il devient trop vieux
21:19trop petit
21:21pour faire ça
21:23en fait il faut oublier
21:24parce que maintenant
21:25c'est un vieillard
21:26qui en plus
21:27pour nous impressionner
21:28s'exporte
21:30à 1000 et 8000 kilomètres
21:31mais l'histoire
21:32de Japon
21:33elle est très importante
21:34parce que
21:34Poutine
21:36pendant 25 ans
21:3726 ans
21:38il a soigneusement
21:40évité
21:40à se rendre
21:41sur les îles
21:42qui étaient
21:42le point de discorde
21:44avec le Japon
21:44je vous rappelle
21:45que la Russie
21:46n'a toujours pas signé
21:48le traité de paix
21:50avec le Japon
21:50depuis la deuxième guerre mondiale
21:52la Russie
21:53en fait
21:54de fait
21:55est en état de guerre
21:56depuis 1945
21:58toujours avec le Japon
21:59et président
22:01Yeltsin
22:01non plus
22:02n'est pas allé
22:03sur les îles
22:04seul
22:06Medvedev
22:07en 2010
22:08est allé
22:09sur une île
22:10qui était
22:10d'ailleurs
22:11à cette époque-là
22:12ça a provoqué aussi
22:12un émoi
22:13chez les japonais
22:14mais là
22:15Poutine
22:15les a attaqués
22:16aussi frontalement
22:17en quelque sorte
22:18et donc
22:18vous voyez
22:19parce que le Japon
22:21soutient l'Ukraine
22:22dans sa guerre
22:22contre la Russie
22:23donc il y a
22:24une double cause
22:25effectivement
22:25c'est en liaison
22:28avec la guerre
22:29même si c'est
22:30à l'autre bout du pays
22:31même si c'est
22:32à l'autre bout du pays
22:33d'ailleurs
22:33c'est à l'autre bout du pays
22:35vous vous souvenez
22:35il y a cette base
22:37des sous-marins
22:39russes
22:39qui ont mis
22:40les filets
22:41anti-drone
22:42même s'ils se trouvent
22:43à 7000 km
22:45du front
22:46de l'Ukraine
22:47Ulysse
22:48est-ce qu'il y a
22:48un risque d'embrasement
22:49de l'autre côté du pays
22:51justement
22:51quand on voit
22:51ce qui se passe
22:52avec la Corée du Nord
22:53le Japon
22:53qui s'émeut
22:54de cette visite
22:54de Vladimir Poutine
22:55non
22:56on est dans les commémorations
22:57c'est bientôt l'anniversaire
22:58août 45
23:00mais il y a
23:00une vraie inquiétude
23:01avec la Corée du Nord
23:02qui effectivement
23:03a réussi
23:03à fabriquer la bombe
23:05malgré
23:06vous vous souvenez
23:06le fameux voyage
23:07de Donald Trump
23:08qui voulait
23:10conclure un deal
23:10avec son ami
23:11Kim Jong-un
23:12ça ne s'est pas produit
23:14et depuis
23:14la Corée du Nord
23:16ne cesse de s'armer
23:17et elle bénéficie
23:18de la technologie russe
23:19qui lui permet
23:20notamment
23:20d'augmenter
23:21ses capacités spatiales
23:22satellitaires
23:23et autres
23:23elle veut même
23:24préparer un sous-marin
23:26qui permettrait
23:26de lancer
23:27l'arme nucléaire
23:28depuis les mers
23:29et donc ça
23:30s'inquiète beaucoup
23:31évidemment d'abord
23:32les Coréens du Sud
23:34mais toute la région
23:35et on est dans
23:35une situation
23:36de grande tension
23:37qui ne fait d'ailleurs
23:38pas forcément
23:39les affaires de la Chine
23:40qui voit avec inquiétude
23:41quand même
23:41cette petite Corée du Nord
23:42qu'elle pensait pouvoir
23:43contrôler
23:44prendre son indépendance
23:46avec le soutien
23:46de la Russie
23:47qui en plus
23:48la Russie donne
23:49beaucoup d'argent
23:50au régime nord-coréen
23:52ce qui permet
23:53de payer
23:54les fonctionnaires
23:55et d'améliorer
23:56le niveau de vie
23:56de ce pays
23:57qui avait connu
23:58des famines
23:59et qui aujourd'hui
24:00redresse la tête
24:01avec la puissance
24:02de sa bombe
24:02merci
24:03merci à vous
24:03pour vos commentaires
24:05et vos explications
24:05ce soir
24:06sur le conflit
24:06en Ukraine
24:07de la Russie
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