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Regardez L'invité de RTL Matin avec Sébastien Rouxel du 13 août 2026.
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00:00Sébastien Rouxel, RTL Matin.
00:03Et c'est la ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de la Forêt qui est l'invité
00:07de RTL Matin.
00:08Bonjour Annie Gennevard.
00:10Bonjour Sébastien Rouxel.
00:12Est-ce que vous êtes partie en vacances cet été, Annie Gennevard ?
00:15Alors non, vous savez un ministre n'est jamais en vacances.
00:18On est toujours mobilisés, tous les jours, tous les jours depuis le début de l'été.
00:23Je suis mobilisée par mon ministère, que je sois à Paris ou non.
00:27Je pose cette question parce que lundi sur RTL, Delphine Bateau a dit qu'elle ne comprenait pas pourquoi le
00:31Premier ministre,
00:32les ministres étaient en vacances, ne rentraient pas alors qu'on vient à un effondrement climatique et agricole.
00:37Ce n'était pas une erreur de partir ?
00:38Non, je pense que Madame Bateau qui a été ministre sait bien que quand on est ministre,
00:43et a fortiori Premier ministre, on est toujours sur le pont, où que l'on soit.
00:48Cet été en tout cas est catastrophique pour les agriculteurs, Annie Gennevard.
00:52Il y a des champs entiers qui ont été grillés, des millions de volailles qui sont mortes de la chaleur.
00:57Est-ce qu'on peut déjà faire ce matin un état des lieux ? Quelles sont les filières les plus
01:00touchées ?
01:02Alors, avant toute chose, je voudrais dire à tous les agriculteurs ma compassion pour ce qu'ils vivaient, ma solidarité.
01:08Et je sais bien qu'à travers moi, ce sont tous les Français qui le disent.
01:11D'ailleurs, ils sont courageux, ils sont solidaires.
01:14Vous avez vu ce qu'ils ont fait au moment des incendies.
01:17Ils ont fait partie de ceux qui nous ont protégés.
01:19Et aujourd'hui, c'est à nous de les protéger.
01:22Ce qu'ils vivent, ce n'est pas une sécheresse de plus.
01:24C'est un épisode inédit aux conséquences très lourdes pour l'agriculture.
01:29En particulier pour le maraîchage, pour certaines céréales comme le maïs.
01:34Évidemment, pour l'élevage, moins de fourrage, moins de production de lait.
01:40Mais quelle est l'ampleur des pertes ? Est-ce qu'on est capable de les chiffrer ce matin ?
01:43Avec le Premier ministre, notre priorité immédiate, c'est d'épauler les agriculteurs dans cette épreuve.
01:50Pour protéger leurs revenus, leurs exploitations, leurs capacités de production.
01:54C'est cette réalité qui nous guide dans chaque décision que l'on prend.
01:58Alors, pour ce qui est de l'évaluation, c'est un point effectivement très important.
02:02J'ai demandé à chaque préfet d'installer cet été un comité sécheresse.
02:07Et je vais les réunir dans quelques jours pour qu'ils me fassent un état des lieux précis
02:11qui nous permettra de calibrer le plan d'aide massif que j'ai annoncé.
02:17Ce sera quand ça ?
02:19Nous allons les réunir le 27 août.
02:23Je vais les réunir et leur demander de me faire un état des lieux,
02:26territoire par territoire, filière par filière.
02:28La semaine dernière, vous avez annoncé un plan global pour aider les agriculteurs
02:33qui ont été touchés cet été.
02:34Il faudra plusieurs milliards d'euros, disait lundi sur RTL le patron de la FNSEA, Arnaud Rousseau.
02:39Vous vous engagez ce matin à mettre plusieurs milliards d'euros sur la table ?
02:44Alors, d'abord, il faut savoir de quoi l'on parle.
02:47Et c'est pour ça que j'ai besoin de l'évaluation des préfets.
02:50Avant de citer des chiffres en l'air, comme ça, il faut travailler avec pragmatisme, avec rigueur.
02:57C'est de l'argent public.
02:58Vous savez qu'il est précieux et qu'il faut en faire le meilleur usage, l'usage le plus efficace.
03:03D'abord, nous n'avons pas attendu la fin de l'été pour pouvoir déployer tout un plan d'aide.
03:10Depuis le mois de mai et de juin, mon ministère est en mode crise, gestion de crise.
03:17Et je ne vais pas vous détailler tout ce que nous avons fait,
03:19mais il y a à la fois des aides budgétaires, mais aussi beaucoup d'allègements réglementaires.
03:25S'agissant du plan massif d'aide que le Premier ministre et moi avons souhaité mettre en place,
03:30il y a tout d'abord des aides d'urgence d'appui aux trésoreries.
03:34Parce qu'il y a des agriculteurs qui n'ont pas produit,
03:36qui ont vu leur production complètement éteinte par la sécheresse et par la canicule.
03:43Ce qui montre au passage l'importance de la question de l'eau,
03:46mais peut-être qu'on y reviendra.
03:47On va y revenir.
03:49D'aide à la trésorerie pour les agriculteurs qui sont les plus en difficulté.
03:53Et ceux qui n'ont pas pu produire, et puis...
03:56Mais donc il y aura un chiffrage des aides après le 27 août ?
04:00Non mais laissez-moi quand même vous expliquer les dispositifs qu'on va mettre en place.
04:05Bien sûr qu'il y aura un chiffrage, bien évidemment.
04:08Dans les prochains jours, pour cette aide d'urgence à la trésorerie,
04:11et aussi à la relance de la production.
04:14Parce qu'il y a deux choses dans la crise que vivent les agriculteurs.
04:18Il y a à la fois l'indemnisation pour ce qu'ils ont perdu,
04:20et aussi l'aide à retrouver des capacités à produire à nouveau l'an prochain.
04:26Donc ça c'est le premier volet des aides à la trésorerie qui seront à la main des préfets.
04:30Ce sont les préfets qui vont disposer de ces sommes d'argent
04:33qu'ils vont pouvoir attribuer en fonction des besoins les plus urgents.
04:37Et les agriculteurs les toucheront quand ces aides ?
04:40Ça peut être déployé assez rapidement dans les semaines qui viennent.
04:44Pour les pertes de production les plus importantes,
04:47celles qui dépassent l'assurance,
04:49il existe un dispositif...
04:50Ce sont lesquels d'ailleurs ?
04:52Eh bien ce sont l'arboriculture,
04:55le maraîchage,
04:57les grandes cultures,
04:59certaines grandes cultures,
05:00le monde de l'élevage,
05:02qui a un gros problème en termes d'alimentation d'animals.
05:07Donc il existe, pour ceux qui ont perdu le plus,
05:11l'indemnité de solidarité nationale,
05:14ce qu'on appelle l'ISN,
05:15et qui sera cette année armée autant qu'il le faut.
05:19Nous prévoyons plusieurs centaines de millions d'euros d'aides
05:24sur la base des prévisions actuelles de perte de récolte.
05:28C'est bien noté, Annie Gennevard, je suis désolée,
05:31il faut qu'on avance parce que j'ai beaucoup de sujets que j'aimerais aborder avec vous.
05:34Les agriculteurs réclament à la grande distribution,
05:37en attendant ces aides, des hausses de prix immédiates.
05:39C'est ce que vous demandez aussi,
05:40il faut qu'ils se remettent autour de la table des négociations maintenant ?
05:43Alors, à l'heure actuelle,
05:45on n'observe pas encore d'augmentation de prix généralisé,
05:49il n'empêche, c'est toute la filière,
05:51jusqu'à la distribution,
05:52qui doit être mobilisée.
05:54Je sais qu'elle l'est,
05:56mais il faut en faire encore davantage
05:57compte tenu de l'impact de la sécheresse.
06:00Ce que nous vivons,
06:01c'est une obligation de solidarité généralisée.
06:05Ce n'est pas seulement la crise des agriculteurs,
06:07c'est notre crise à tous.
06:08Il faut accepter des calibres de fruits différents,
06:11il faut accepter quand un agriculteur demande
06:13une revalorisation de ses prix.
06:16Il faut accepter de privilégier l'origine France
06:18chaque fois que c'est possible,
06:20c'est dans l'intérêt de tous.
06:21Donc là, je pense que la grande distribution
06:24jouera le jeu de la solidarité
06:25parce qu'il y a également intérêt
06:28pour son approvisionnement.
06:29Enfin, ça, ce n'est pas sûr
06:30qu'ils acceptent des hausses de prix
06:31de la grande distribution.
06:32Ils ne sont pas du genre
06:33à faire des cadeaux aux agriculteurs.
06:35Ils sont...
06:36Mais si vous voulez,
06:38je pense que chacun a bien compris
06:42à quel point ce que nous vivons
06:43est hors normes.
06:45Et la grande distribution peut...
06:48Alors, évidemment,
06:49il y a la question du prix des aliments,
06:51mais il y a aussi la question
06:52de la promotion,
06:54la promotion des productions françaises,
06:56l'acceptation de calibrages
06:58un peu différents.
06:59Vous savez que ce sont
07:00des cahiers des charges exigeants.
07:01On a bien compris, Annie Gennevar.
07:03Je voudrais vous faire écouter
07:04la colère de cette agricultrice varoise
07:07qui cultive des tomates,
07:08des aubergines,
07:09quasiment toutes égrielles
07:10et tout micro-RTL de Manon Meyer.
07:11La récolte d'aujourd'hui,
07:12c'est-à-dire quatre aubergines,
07:14une tomate.
07:14On ne sait pas si on doit en rire,
07:15en fait, ou si on doit en pleurer.
07:17Plus rien ne résiste à des températures
07:18qui sont de l'ordre
07:19de plus de 45 degrés plein champ.
07:21Je me dis que les politiques publiques
07:22n'ont pas du tout pensé
07:23à la vitesse de l'arrivée
07:26de ce changement climatique,
07:27que rien n'a été fait.
07:28Est-ce que vous reconnaissez
07:29ce matin un échec ?
07:30Est-ce que vous dites,
07:31c'est vrai,
07:31on n'est pas allé assez vite
07:32dans l'adaptation
07:32au réchauffement climatique ?
07:35Je pense qu'on vit cette année
07:37une situation tout à fait exceptionnelle,
07:39mais qui peut se répéter.
07:40On a commencé de travailler
07:42à la transition, évidemment.
07:44Le plan,
07:48le fonds hydraulique
07:49que j'ai mis en œuvre,
07:51la rénovation des vergers,
07:54le plan des serres,
07:55tout ça est mis en vous
07:56déjà depuis plusieurs années.
07:58Mais cette agricultrice a raison.
08:01Il faut passer
08:02d'une logique de réaction
08:03à une véritable réflexion
08:05sur notre modèle agricole.
08:08Il faut avoir aujourd'hui
08:09son métier
08:10dans un climat
08:11à plus de degrés.
08:13Et ma boussole à moi,
08:14c'est de préparer
08:15l'agriculture
08:16des dix prochaines années.
08:17parce qu'une France
08:18qui ne s'adapte pas au climat
08:19est une France
08:20qui dépendra des autres
08:21pour se nourrir.
08:22L'un des vrais enjeux
08:23des prochaines années,
08:24ce sera la question de l'eau.
08:26Vous avez dit
08:27que dans le plan
08:27que vous avez annoncé
08:28la semaine dernière
08:29qu'il allait contenir
08:30des mesures
08:30sur la gestion de l'eau.
08:31Lesquelles ?
08:32Alors, il y a la loi d'urgence
08:35qui vient d'être votée.
08:36Ça, c'est le premier outil
08:38de gestion de l'eau.
08:39Qui facilite la création
08:40de grandes retenues d'eau
08:41de bassines.
08:43Alors, moi,
08:44j'appelle ça
08:44des réserves de substitution.
08:46Et le mot a son importance.
08:47C'est-à-dire qu'on substitue
08:49au prélèvement d'été
08:50quand l'eau manque
08:51le stockage de l'hiver.
08:52Donc, c'est important
08:53de dire les choses
08:55comme elles doivent être dites
08:57parce que moi,
08:58je n'embrasse pas
08:58le vocabulaire
08:59des décroissants
09:01et des écologistes
09:03qui s'en prennent
09:04à l'agriculture.
09:05Sauf que cette eau,
09:06on l'apprend quelque part.
09:07Je veux dire,
09:07l'agriculture,
09:08c'est déjà le secteur
09:09qui, de loin,
09:09consomme le plus d'eau.
09:1058% du total.
09:12Est-ce qu'on a vraiment
09:12les moyens de donner
09:13plus d'eau aux agriculteurs
09:14alors qu'on a 40 000 personnes
09:15en ce moment
09:16qui n'ont pas d'eau courante
09:16chez eux ?
09:18Non.
09:18Alors, je crois qu'il faut
09:19ramener les choses
09:20à leur juste proportion.
09:22Dans l'eau consommée,
09:24les agriculteurs,
09:25si on regarde l'eau
09:26qui est prélevée
09:27et pas seulement celle
09:28qui est consommée,
09:29l'agriculture représente
09:3011% des prélèvements.
09:32Bien loin, par exemple,
09:33derrière la production
09:36d'énergie.
09:37Il faut bien comprendre
09:38M. Rouxel.
09:39les centrales,
09:39quand on utilise l'eau,
09:40elle est tout de suite rejetée.
09:42L'eau qui utilisent
09:43les agriculteurs,
09:43elle s'évapore.
09:44C'est pour ça que c'est
09:44la consommation qui compte.
09:45Mais M. Rouxel,
09:46ce n'est pas l'eau des agriculteurs,
09:48c'est l'eau de l'alimentation
09:49que nous mangeons.
09:49Quand vous mangez une tomate,
09:50c'est 90% d'eau.
09:52C'est de l'eau alimentaire,
09:54c'est de l'eau qui permet
09:54de manger ce qu'on produit
09:56en France.
09:57Si on ne veut pas
09:59permettre aux agriculteurs
10:01d'avoir accès à de l'eau
10:03quand elle manque,
10:04eh bien, tout simplement,
10:05nous nous privons
10:05de produire de l'alimentation
10:07pour les Français.
10:08Et ça, je ne peux pas
10:09m'y résoudre.
10:09Donc, la loi d'urgence,
10:11effectivement,
10:12elle apportera des réponses
10:14en matière de gestion de l'eau
10:15parce que c'est indispensable.
10:18Cette agricultrice
10:19qui crie sa détresse,
10:20elle vous dit que...
10:21Bon, il y a la question
10:23de la canicule,
10:24la question de la température,
10:25mais il y a aussi la question
10:26de l'accès à l'eau.
10:27Sans eau, on ne peut pas produire.
10:28Merci beaucoup, Annie Genevard.
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