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Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce vendredi, le narcotrafic et ses règlements de compte en augmentation en France.

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00:00C News et Europe à un peu plus de 9h30, Jean-Pierre Colombiès toujours avec nous, ancien commandant de police,
00:04Raphaël Steinville du JDD, Georges Fenech et Michel Fayad.
00:08Pour évoquer cet influenceur mexicain de 25 ans qui a été abattu d'une balle dans la tête, en pleine
00:15rue, alors qu'il était en direct sur les réseaux sociaux, sur TikTok en l'occurrence.
00:19César Gastelum, c'est son nom, comptait près de 600 000 abonnés, il était connu pour ses vidéos humoristiques, ses
00:25diffusions en direct.
00:26Il faut dire que le district dans lequel il est mort est troublé depuis quelques années par les luttes intestines
00:31de puissants cartels.
00:32Selon la presse locale, une dizaine d'influenceurs, dont certains liés à des gangs criminels, ont été assassinés ces dernières
00:37années dans l'état du Sinaloa.
00:40Sharon Camara nous en dit plus.
00:43Déguisés en livreurs de repas, ces trois hommes participent à un défi diffusé en direct sur TikTok lorsque le drame
00:49se produit.
00:51Deux hommes à moto surgissent, s'arrêtent à leur hauteur et ouvrent le feu.
00:57César Gastelum, un influenceur suivi par plus de 500 000 abonnés, est touché par une balle en pleine tête et
01:03s'effondre devant la caméra.
01:05La retransmission en direct est immédiatement interrompue.
01:10Une enquête approfondie est en cours pour arrêter les responsables et déterminer les causes de cet homicide regrettable.
01:19L'attaque s'est produite dans une zone commerciale très fréquentée, au cœur d'un secteur marqué depuis deux ans
01:25par de violents affrontements entre factions rivales d'un puissant cartel local.
01:29À ce stade, le mobile du crime reste inconnu.
01:32« Nous allons attendre de disposer de toutes les informations. Il va de soi que les auteurs doivent être arrêtés,
01:39ainsi que l'instigateur, et qu'il faudra déterminer les raisons pour lesquelles cet homicide regrettable s'est produit. »
01:47Selon la presse mexicaine, une dizaine d'influenceurs ont été assassinés ces dernières années dans l'état de Sinaloa.
01:54Certains d'entre eux auraient entretenu des liens avec des organisations criminelles.
01:59Et avant qu'on en dise, on va écouter ce commentaire très intéressant du journaliste Jonathan Alperi, qui est reporter
02:03en Amérique latine.
02:06La ville où il a été tué, on le voit sur l'écran, c'est Culiacan, qui est le centre
02:11névralgique du grand cartel mexicain du Sinaloa,
02:14qui est un des plus vieux cartels, et probablement le cartel le plus puissant, avec le cartel de la nouvelle
02:19génération qui est basé dans l'état du Yalisco.
02:22Là, on vient de voir un passage avec la présidente Claudia Schembao, qui est évidemment entre le marteau et l
02:31'enclime,
02:31quand il s'agit du cartel des différents groupes criminels mexicains, et de la pression fédérale américaine,
02:37qui lui mettent énormément de pression en ce moment pour combattre la grande criminalité.
02:41On voit bien que dans le Sinaloa, ou dans le Michoacan, ou le Guerrero, ou d'autres zones dans le
02:45Mexique,
02:46les cartels mexicains ont pris une bonne partie du contrôle de ces zones-là.
02:50Donc on voit là, au Mexique, depuis pas mal d'années, une espèce de balkanisation même du pays,
02:55où les puissances étatiques, voire régaliennes, sont en recul,
03:00et on voit d'ailleurs, du côté américain, une réponse peut-être militaire par rapport à ça,
03:06car pour les Américains, il n'est pas pensable d'avoir un état qui est en partie un narco-état,
03:10le Mexique, pour les années qui viennent.
03:12Bon, on sait, Jean-Pierre Colombiès, et vous nous avez rappelé que vous avez beaucoup travaillé autour des cartels sud
03:18-américains,
03:18c'est un sujet que vous maîtrisez, c'est monnaie courante au Mexique, les cartels font la loi dans ce
03:24pays.
03:25La question, évidemment, et si on traite de cette information, c'est aussi pour se mettre en parallèle,
03:30nous, ici, en France, on a beaucoup de politiques, ces derniers mois, ces dernières années,
03:34qu'on utilisait cette sémantique de mexicanisation de la France.
03:39Est-ce qu'on en est là, ou est-ce qu'il y a du chemin avant que, justement, on
03:43puisse réellement parler de mexicanisation ?
03:46Oui, il faut comparer ce qui est comparable.
03:47La construction même de l'état mexicain fait qu'il y a une fragilité du régalien, je dirais, par nature,
03:54d'accord ?
03:55Et les cartels...
03:57Qu'est-ce qui nous sépare du Mexique ?
03:58Qu'est-ce qui nous sépare du Mexique ?
04:00L'histoire, la solidarité de l'état, il y a quand même un pouvoir régalien fort en France,
04:04et on n'est pas du tout dans la même culture des pistoleros sud-américains.
04:09Enfin, il faut comparer vraiment ce qui est comparé.
04:11Mais il faut quand même éviter trop de débordements comme on en voit aujourd'hui.
04:15Quand on voit un maire exfiltré de son domicile parce qu'il est menacé par des gangs
04:19qui eux-mêmes se revendiquent de la désaide, sans qu'on soit vraiment sûr,
04:22d'ailleurs, que ce soit la désaide, que je vous disais, qui accorde des franchises à des groupes
04:26qui se revendiquent d'appartenir à la mouvance, on n'est quand même pas très loin.
04:30Quand on voit des vidéos de jeunes se faire torturer via des réseaux et assassiner en direct,
04:37il y a quand même une certaine similitude.
04:40Après, c'est pour ça qu'on ne peut pas entendre dire à chaque fois de la part du pouvoir
04:43politique
04:44qu'on ne savait pas, on n'en avait pas prévu, on ne pouvait pas anticiper.
04:47Si on peut anticiper, on n'en est pas encore là.
04:49On n'est pas dans la même situation que les Pays-Bas ou que la Belgique
04:52parce que les Pays-Bas ont une culture réelle de tolérance au niveau du trafic.
04:56Moi, j'ai travaillé avec le premier officier détaché au niveau diplomatique
05:01auprès des services judiciaires des Pays-Bas dans les années 80.
05:05Lorsqu'il revenait, il était catastrophé du laisser-aller de l'État hollandais
05:09par rapport au trafic.
05:11Donc, il y a quand même, je pense à l'Espagne aussi,
05:13où le cannabis transite par tonnes, mais depuis des années, des dizaines d'années.
05:18On sait, on sait très bien que ça existe, on laisse faire.
05:21Et le problème, c'est que plus l'État concède du terrain,
05:23plus il sera compliqué de le reconquérir.
05:25Ce sera même, dans certains cas, très complexe
05:28parce que c'est une vraie société parallèle qui s'est mise en place.
05:30Oui, la question n'est pas de savoir, quand on parle de mexicanisation,
05:34s'il y a du trafic de drogue, si ça génère de la violence et de la criminalité.
05:38Ça, c'est acquis et c'est une réalité en France comme au Mexique.
05:42Ce que l'on évoque en parlant de mexicanisation,
05:45c'est à quel point ces cartels, ces gangs, ces gangs criminelles
05:49peuvent s'infiltrer au sein des administrations,
05:52au sein de la société, de la corruption.
05:54On sait que ce soit, alors ce n'est pas l'administration,
05:58mais que ce soit les dockers dans certains ports français,
06:02que ce soit l'administration pénitentiaire, que ce soit certains magistrats.
06:05Il y a des greffiers qui sont corrompus, on le sait,
06:07c'est un secret de politique.
06:09En fait, ce qui nous sépare du Mexique aujourd'hui,
06:12c'est la corruption des dirigeants politiques.
06:15Mais au-delà de ça, à part les proportions de meurtres,
06:20je ne vois pas de grande différence.
06:21Mais rappelez quand même, en 20 ans, c'est 400 000 morts, la guerre.
06:24Oui, je parle de proportion en effet, ce n'est pas les mêmes proportions.
06:26Et 100 000 personnes disparues, totalement.
06:29Oui, c'est vrai qu'on n'en est pas là.
06:31Mais tout ce que vous venez de dire, vous m'avez enlevé de la bouche.
06:34C'est exactement ça.
06:35Quand on parle de mexicanisation, pour nous,
06:38c'est un phénomène nouveau qui est la confrontation
06:42de ces bandes de criminels avec l'État.
06:46C'est ça qui est nouveau.
06:47C'est-à-dire, et ça a été rappelé par Michel,
06:49on attaque les prisons.
06:50On tue deux surveillants pénitentiaires.
06:52On est obligé d'exfiltrer la directrice de la prison des Bommettes.
06:56On est obligé d'exfiltrer en pleine nuit un maire.
06:59Ça, c'est nouveau.
07:00C'est-à-dire, voilà, on est là, on a des moyens,
07:03on peut corrompre, on peut agir.
07:05On peut même organiser des œuvres sociales
07:08dans certains quartiers, etc.
07:09C'est là que ça prend comme une tournure.
07:12Oui, il y a l'organisation de la vie sociale de certains quartiers
07:15que j'ai oublié de mentionner également,
07:16qui, ça, est très proche de ces fameux cartels également,
07:19qui font vivre des quartiers.
07:20Pardon ?
07:21Jean-Pierre Combes, je n'ai pas entendu ce que vous m'avez dit.
07:23Qui est dénoncé depuis très longtemps.
07:24On ne va pas découvrir l'eau tiède.
07:26Il y a eu de nombreux ouvrages.
07:28Je reprends ça dans mon bouquin, d'ailleurs.
07:30Nombreux ouvrages qui décrivent cette évolution.
07:34Je pense à Marseille, notamment.
07:36Et on ne peut pas dire, au bout d'un moment,
07:37« Ah mince, jute, on n'avait pas vu venir. »
07:39Non, c'est faux.
07:40Et quand je vois certaines décisions politiques,
07:43certaines lois, certaines organisations,
07:45même des structures étatiques,
07:46qui sont en train de se mettre en place,
07:48je dis que, quelque part, à un moment donné,
07:50je ne dirais pas qu'il y a de la complicité,
07:51mais il faut faire attention à ce qu'on fait.
07:52Je pense notamment à la départementalisation de la police,
07:55qui est une erreur, une erreur grave,
07:57qui a été faite.
07:57Je pense à certaines lois,
07:59notamment sur la libéralisation,
08:00la publicité des jeux en ligne.
08:02Vous savez, ça, ce sont des curseurs,
08:03comme quoi on décale un peu le sens des valeurs,
08:06le système des valeurs.
08:07On ne peut pas, à la fois, dire attention aux addictions,
08:09et puis laisser faire tranquillement la pub du loto,
08:11ou du poker.
08:12Enfin, à un moment donné,
08:13il faut se poser aussi des questions
08:14de la société dans laquelle on veut vivre,
08:17du système qu'on veut mettre en place.
08:18Les signaux envoyés.
08:19C'est des signaux très forts, très importants.
08:20C'est vrai.
08:21Moi, c'est cette corruption qui me pose vraiment question,
08:24parce qu'il y a 5, 10 ans,
08:25on n'aurait jamais imaginé qu'un maire soit exfiltré.
08:28Alors, encore une fois,
08:28pour être dans ce rapport au Mexique,
08:30puisque c'est notre thématique,
08:31avec cet assassinat,
08:32et cette société mexicaine qui est gangrenée,
08:34oui, en effet,
08:35on est très loin en France,
08:36en tout cas, je l'espère,
08:37d'avoir des hauts dirigeants,
08:39des ministres,
08:40par exemple,
08:41qui sont corrompus
08:42et achetés par des mafias.
08:44Ça, en effet,
08:45a priori,
08:46a priori,
08:46nous en sommes très loin.
08:47En revanche,
08:48des élus locaux,
08:49de villes moyennes,
08:50qui peuvent être approchés.
08:51D'ailleurs,
08:51on sait que pendant les élections municipales,
08:53il y a une grosse attention
08:54qui a été portée à ce genre de phénomène.
08:56Ça,
08:57c'est plus réel,
08:58c'est plus proche de nous,
08:59et ça peut,
09:00pourquoi pas,
09:01déjà exister.
09:01Alors, oui, Georges,
09:02et Raphaël et Michel
09:04veulent s'exprimer également.
09:05Ce n'est pas les politiques
09:06qui, en premier,
09:07ont évoqué ce phénomène
09:09de mexicanisation,
09:10c'est la magistrature.
09:11C'est vrai.
09:11Souvenez-vous de Mme Laure Bécuot,
09:13procureure de Paris,
09:14qui, dans un article du Monde,
09:15a commencé,
09:16la première à dire,
09:17nous sommes face
09:18à une mexicanisation.
09:20C'est vrai.
09:21Et en prenant l'exemple
09:22des Pays-Bas
09:22qui étaient déjà contaminés,
09:24notamment avec les dockers,
09:25etc.
09:25Donc,
09:26et puis ceux de Marseille,
09:27M. Besson.
09:28Et puis les menaces
09:28qui pesaient aussi
09:29sur la famille royale néerlandaise.
09:30C'est la princesse des Pays-Bas
09:32qui a été menacée,
09:32exfiltrée également
09:33il y a quelques années.
09:34Ils ont tiré
09:35la sonnette d'alarme.
09:36Oui, mais c'est...
09:37Raphaël Stainville
09:37puis Michel Fayad.
09:38C'est ça qui est quand même
09:39particulièrement inquiétant,
09:40c'est que ce processus
09:42de mexicanisation,
09:43il est en voie
09:44d'accélération.
09:45D'un côté,
09:46nous avons des organisations,
09:48la DZ Mafia,
09:49le clan Yoda,
09:51qui sont de plus en plus puissants,
09:53qui brassent
09:53des centaines de millions d'euros,
09:55si ce n'est des milliards.
09:57Et de l'autre,
09:58nous avons un État
09:59qui, alors certes,
10:01on salue l'efficacité
10:03de nos forces de police,
10:04mais un État
10:05de moins en moins puissant
10:06face à des organisations
10:08criminelles
10:08qui sont d'une souplesse,
10:10qui se reconfigure
10:12en permanence.
10:13Sitôt qu'une loi est votée,
10:14qu'un ministre met en place
10:16une série d'actions,
10:18il se reconfigure.
10:19Donc il y a
10:22cette impuissance de l'État
10:23qui ne fait que renforcer
10:25cette impression
10:26que la gangrène prend.
10:29Et puis,
10:30vous l'avez évoqué,
10:31cette question
10:32de la corruption
10:34d'un certain nombre
10:35de milieux
10:36à commencer
10:37par les élus,
10:37elle se pose
10:38lorsque,
10:39au soir des élections,
10:40comme on a pu le constater,
10:42ça ne veut pas dire
10:42que le maire de Saint-Denis,
10:44en l'occurrence,
10:45est directement lié
10:46aux trafiquants,
10:48mais lorsque vous voyez
10:48en première ligne,
10:49comme l'ont constaté
10:50des policiers,
10:51des trafiquants
10:52qui célébraient
10:54la victoire
10:54du maire de Saint-Denis,
10:56certaines questions
10:56ne peuvent pas
10:58se...
10:59Parce qu'ils sont
10:59tellement implantés
11:00dans le tissu social
11:01également qu'il faut composer
11:03avec ces gens-là.
11:04Ce sont des acteurs
11:04désormais
11:05de la vie sociale.
11:05Et c'est assez terrifiant.
11:07Michel,
11:07pour conclure peut-être ?
11:08Oui,
11:08parce qu'on parle beaucoup
11:09de tout ce qui est
11:10à l'intérieur du pays
11:10et tout est juste,
11:11mais il y a aussi
11:12quand même l'histoire
11:13des frontières.
11:14On doit quand même
11:15ne pas oublier
11:15que l'essentiel de la drogue,
11:17elle n'est pas produite
11:17sur notre sol,
11:18elle est essentiellement
11:19importée
11:22de discuter de la question
11:23des frontières.
11:24Et l'autre chose,
11:25c'est la question...
11:25Et puis il y a nos relations
11:26avec le Maroc également
11:27sur la production
11:28de cannabis.
11:29C'est ce que je voulais dire.
11:30L'essentiel du cannabis
11:31en France vient du Maroc.
11:3280%.
11:32Donc la question géopolitique
11:34avec le Maroc,
11:35avec l'Algérie,
11:36avec la DZ Mafia,
11:37avec le Venezuela
11:38qui jusque-là,
11:39la drogue et la cocaïne
11:41qui passait...
11:41Oui, mais la cocaïne
11:42qui passait,
11:42qui était sous le contrôle
11:43de la République islamique d'Iran
11:44et ses proxys,
11:45notamment le Hezbollah,
11:47jusqu'à ce que Trump intervienne.
11:48Il y a la géopolitique aussi
11:50et il y a les frontières aussi.
11:51Donc je pense que,
11:53en fait,
11:54l'État doit faire face
11:55à la fois au niveau intérieur
11:56mais aussi au niveau européen
11:57en suspendant,
11:58on revient à la suspension
11:59de Schengen
11:59et le contrôle des frontières.
12:01Et également,
12:02d'un point de vue géopolitique,
12:03en parlant au Maroc,
12:04par exemple,
12:05comme vous le disiez,
12:06eh bien si vous continuez
12:09à laisser passer la drogue
12:10chez nous,
12:11nous on va prendre
12:11des mesures contre vous.
12:12On ne va plus faire ceci
12:13ou faire cela.
12:15On ne peut pas faire juste
12:16le national
12:17et en oubliant l'international
12:18parce qu'en oubliant l'international,
12:19on ne pourra pas contrôler
12:20le national.
12:21Non, mais justement,
12:21vous mettez le doigt
12:22sur quelque chose de fondamental.
12:23C'est-à-dire que si on supprime
12:24aussi la production
12:25des produits stupéfiants
12:26dans certaines zones géographiques
12:28Amérique du Sud...
12:28Je n'ai pas dit qu'on supprime.
12:30Non, non, non.
12:30Parce que nous,
12:30on se protège de ça.
12:31Non, non, mais d'accord.
12:32Parce que nous,
12:32on ne peut pas aller faire
12:33la loi partout.
12:34Non, mais ce que je veux dire
12:34par là,
12:34c'est qu'on sait aussi
12:35que c'est un équilibre politique
12:37la drogue
12:38dans certains pays producteurs.
12:40C'est ce que j'ai dit.
12:40Nous, on ne va pas intervenir
12:41dans ces pays.
12:42Mais nous, on ne veut plus
12:43que cette drogue
12:43qui vient dans ces pays
12:44vienne chez nous.
12:45Donc nous, on va fermer
12:46les frontières
12:46et on va dire à ces pays
12:47si vous voulez traiter avec nous,
12:49si vous voulez qu'on investisse
12:50chez vous,
12:51si vous voulez qu'on ait
12:52des relations commerciales
12:52avec vous,
12:53la condition,
12:54c'est qu'on ne veut pas
12:54de drogue chez nous.
12:56Bon, voilà ce qu'on pouvait dire
12:57sur ce sujet.
12:58Avant qu'il n'y ait pas de drogue
12:59chez nous,
12:59il va se passer du temps.
13:01Je ne sais pas si on verra
13:01ça de notre vivant,
13:02cher Michel Fayad,
13:03malheureusement.
13:05Autre sujet,
13:06c'est la saison des cambriolages,
13:07évidemment.
13:08Triste évolution,
13:10augmentation des cambriolages,
13:11bien sûr,
13:12chaque année,
13:12durant l'été,
13:13avec l'absence des gens
13:14de leur domicile.
13:15Mais certains voleurs
13:16ne s'attaquent plus seulement
13:17aux maisons vides,
13:17puisque maintenant,
13:19et malheureusement,
13:19Georges,
13:20vous savez de quoi on parle,
13:21vous avez été indirectement
13:22victime de homejacking
13:23il y a quelques temps.
13:24Les homejacking,
13:25ces cambriolages commis
13:26alors que les habitants
13:26sont présents,
13:27se multiplient.
13:28nous avons recoyé
13:28un témoignage.
13:29Philippe,
13:30il y a un an,
13:31dont l'épouse a été agressée
13:33en pleine nuit
13:33par deux hommes
13:34venus fouiller
13:35leur domicile à Paris.
13:36Regardez ce sujet
13:37de Thibaut Marcheteau.
13:39C'est dans ce quartier parisien
13:40qu'il y a un an,
13:41la famille de Philippe Jean-Louis,
13:43absent au moment des faits,
13:44a été victime
13:45d'un homejacking.
13:46Il est 3h du matin
13:48quand deux individus
13:49s'attaquent à la porte d'entrée,
13:50armés d'une massette.
13:52Deux adolescentes
13:53et une femme
13:53dorment dans la maison.
13:55Cette dernière,
13:56réveillée par le bruit,
13:57se lève
13:57et tombe
13:58nez à nez
13:58avec les malfrats.
13:59Elle ouvre la porte
14:00de sa chambre
14:00et elle se retrouve
14:02face à deux jeunes hommes
14:04cagoulés
14:05et là,
14:05elle prend une volée
14:06de coups de poing
14:07et de coups de massette
14:08à la tête.
14:09Pendant 25 minutes,
14:11les cambrioleurs
14:11frappent et menacent
14:12la femme de Philippe
14:13à la recherche
14:14d'argent et de bijoux.
14:15Un an plus tard,
14:16elle reste traumatisée.
14:18Ma femme est sous médicaments.
14:22Elle a peur de tout.
14:24C'est-à-dire qu'il n'y a aucun reproche
14:26dans ce que je dis.
14:27C'est-à-dire que je suis devenu
14:28son chauffeur,
14:30son garde du corps attitré.
14:32Elle prenait les transports
14:33en commun,
14:33c'est terminé.
14:34Rester dans cet appartement
14:36était impensable pour la famille
14:37qui a rapidement déménagé.
14:39Philippe et sa campagne
14:40souhaitent néanmoins
14:41continuer de témoigner.
14:42m'accompagne à accepter
14:45et qu'on en parle encore aujourd'hui
14:47parce qu'en fait,
14:48il ne faut pas que les gens
14:49pensent que ça n'arrive
14:49qu'aux autres.
14:51Voilà.
14:51Donc l'idée,
14:52ce n'est pas que vous ayez peur,
14:53c'est de se préparer,
14:55éventuellement prendre
14:55des mesures en amont.
14:56Selon le ministère de l'Intérieur,
14:58le nombre de cambriolages
14:59s'élevait à 212 000
15:00l'année dernière,
15:02soit 2 toutes les 5 minutes.
15:05Georges,
15:05je me permets de rappeler
15:06qu'il y a quelques années...
15:07Oui, c'est du passé.
15:08Oui, c'est passé,
15:09tant mieux.
15:10Mais c'est un traumatisme.
15:11Le traumatisme est toujours présent,
15:13notamment chez vos proches
15:15qui ont été attaqués.
15:17Mais c'est un phénomène
15:17qui prend de l'ampleur.
15:19On se rend compte
15:20qu'en effet,
15:21le traditionnel,
15:22et je n'en fais pas le mérite,
15:23mais le cambriolage,
15:25lorsque le domicile est vide,
15:28finalement,
15:28aujourd'hui,
15:28on s'en moque.
15:30Peu importe
15:31ce qui est du monde
15:32ou pas à l'intérieur
15:32du domicile.
15:33Il y a une désinhibition
15:34de la violence
15:35qui fait que ça peut arriver
15:36à n'importe qui,
15:37n'importe quand.
15:38C'est arrivé à pas mal
15:39de personnalités connues.
15:41Aussi.
15:42Mais pas forcément.
15:42Regardez le cas
15:43qu'on vient d'évoquer.
15:44Des sportifs.
15:45Voilà.
15:45Il faut savoir
15:46qu'il y en a de plus en plus,
15:48que ça se produit aussi
15:50de manière assez concertée
15:52sur des groupes WhatsApp.
15:54Au dernier moment,
15:54on prévient,
15:55il y a un tel domicile,
15:56il faut y aller,
15:57la personne n'est pas là,
15:58elle est en train
15:59de jouer au foot
15:59ou à la télévision,
16:01etc.
16:02Et on pénètre.
16:02Il y a une journaliste,
16:03on ne va pas citer son nom,
16:04mais c'est la troisième
16:05ou quatrième fois,
16:05je crois,
16:05qu'elle est victime
16:06d'Om Jackini.
16:08Tous les joueurs
16:09de l'Olympique de Marseille.
16:10Oui.
16:10Oui, à Marseille,
16:11ça a commencé,
16:12je crois,
16:13ça a commencé un peu
16:14dans le sud de la France.
16:15C'est Om Jackini.
16:16C'est traditionnel,
16:16je dis ça avec cynisme.
16:17Oui, bien sûr.
16:18Bernard Tepé,
16:19vous vous en souvenez ?
16:20Ah oui,
16:20avec son épouse,
16:21ça avait été terrible.
16:21Avec son épouse.
16:22Ils avaient été violentés.
16:23Donc, c'est un phénomène
16:25qui se répand malheureusement
16:26de plus en plus,
16:27qui est très grave.
16:28Les peines encourues
16:29peuvent aller jusqu'à 20 ans.
16:30Oui, mais bon.
16:31Même plus.
16:32Alors, faut-il qu'elles soient prononcées,
16:33Georges ?
16:34Et appliquées surtout.
16:35Et surtout appliquées,
16:36mais elles ne le sont pas,
16:37généralement.
16:38Non, très peu.
16:38J'ai vu encore des peines
16:39qui ont été prononcées récemment,
16:41ça va du sursis.
16:42En général.
16:43Donc, à quelques mois
16:44d'emprisonnement ferme
16:45qui ne seront pas effectués.
16:46Donc, c'est un phénomène
16:48très inquiétant.
16:48Qu'est-ce qu'on peut dire de plus ?
16:49Déjà, on parlait du Mexique
16:50tout à l'heure.
16:52Là, j'ai envie de parler,
16:53pourquoi pas,
16:53de l'Afrique du Sud.
16:54Parce que quand vous voyez
16:54la réponse judiciaire
16:56qui est fournie,
16:58évidemment que les gens
16:59vont se dire
17:00je suis sous la menace
17:01d'un home jacking
17:02puisque ces cambrioleurs
17:03et ces personnes violentes
17:05ne sont pas dissuadées.
17:07Donc, on va finir
17:08par avoir des villes
17:09qui vont ressembler
17:09à Johannesburg
17:10où vous avez des fils barbelés
17:11autour de toutes les propriétés
17:14parce qu'il y a cette peur
17:14de se faire attaquer
17:15à tout moment.
17:16C'est déjà un peu le cas.
17:18Le phénomène répond à plusieurs...
17:20Il y a plusieurs causes
17:21à tout ça.
17:22D'abord, parce que
17:23c'est plus facile
17:24d'entrer dans un appartement
17:25ou une maison
17:26que quand il y a quelqu'un.
17:26Tout simplement
17:27parce que les portes
17:27sont ouvertes.
17:28C'est pas faux.
17:29Qu'effectivement,
17:29il y a une désinhibition totale
17:31dans le fait
17:31de s'attaquer à une famille.
17:34On se fiche éperdument
17:35des conséquences
17:36que ça peut avoir.
17:36De toute façon,
17:38un voyou, un criminel
17:39n'a pas de conscience.
17:40Je veux dire,
17:40il ne fait pas ça
17:41quand il commet un acte
17:42délinquantiel,
17:43le criminel
17:43se fiche éperdument
17:44de l'impact
17:45que ça peut avoir
17:46sur ces victimes.
17:46Mais tous ces délits,
17:48tous les délits
17:49que nous évoquons,
17:49tous les crimes
17:50que nous évoquons
17:50ont un point commun.
17:51C'est la réponse pénale.
17:53C'est-à-dire que
17:54tant qu'il n'y a pas,
17:54je dirais,
17:55de coup d'arrêt
17:56donné à une dynamique
17:58criminelle ou délinquantielle,
17:59ça n'arrêtera pas.
18:01Je me souviens
18:01qu'on a travaillé
18:02énormément
18:03dans les services
18:03de police
18:03sur les cambriolages.
18:05Les réponses
18:05à l'identification,
18:06par exemple,
18:07sur les traces papillaires
18:08qui étaient récupérées,
18:09n'arrivaient que plusieurs mois,
18:10voire quelques années.
18:11C'est les empreintes digitales,
18:12c'est ça ?
18:12Voilà, oui.
18:13Après les faits.
18:14Donc, vous allez récupérer
18:15quelqu'un,
18:15vu que l'ancienneté des faits
18:17ou le profil de l'individu,
18:18il est incarcéré ou pas,
18:20de toute façon,
18:21pas très longtemps,
18:22parce qu'il faut dire les choses,
18:23voire pas du tout.
18:24Et de fait,
18:25vous alimentez la récidive.
18:27Et non seulement la récidive,
18:28mais la progression
18:29dans l'acte du délactant.
18:32On estime qu'il y a
18:32à peu près 1000 cambriolages
18:33par jour.
18:34Oui, et puis des objectifs,
18:35c'est pas mal objectif.
18:36Oui, mais il y a une augmentation,
18:37je crois qu'il y a des chiffres
18:38qui sont tombés ces derniers jours
18:39avec une augmentation
18:40encore cet été.
18:41Et la plupart,
18:41ça se termine en hauteur inconnue.
18:43Oui, même quand il est connu.
18:44Le taux d'élucidation,
18:46elle n'est pas très élevé.
18:47Et ce qu'il faut noter également
18:48avec ces home jacking,
18:50donc ces cambriolages dans les maisons
18:51alors que les occupants
18:52sont présents,
18:54ce qu'on retient
18:55ces dernières années,
18:56c'est que ce sont souvent
18:56des profils,
18:58c'est pas des bandits
18:59de grand chemin.
19:01C'est des petites frappes,
19:04des jeunes qui sont recrutés
19:05sur les réseaux,
19:06qui sont ultra violents,
19:07qui sont désinhibés,
19:08qui pour quelques poignées d'euros
19:11vont aller traumatiser.
19:12C'est peut-être ça aussi
19:13la nouveauté,
19:13c'est que...
19:14Raphaël Stainville.
19:15En tout cas,
19:16c'est une hypothèse,
19:17mais si les home jacking
19:19se multiplient,
19:20c'est aussi que la nature
19:21des biens qu'ils recherchent
19:22a changé.
19:23C'est-à-dire qu'avant,
19:23ils cherchaient des liquidités,
19:25ils cherchaient des mondes,
19:25des objets de valeur.
19:26Et aujourd'hui,
19:27l'irruption des cryptomonnaies
19:29rend nécessaire
19:30en fait la présence
19:31de ces personnes
19:33pour pouvoir mettre la main
19:35sur ces cryptomonnaies.
19:37Donc je pense que c'est aussi lié,
19:39il y a une nouvelle délinquance,
19:40une nouvelle manière d'agir
19:41dans les cambriolages
19:42qui s'explique par la nature
19:43des biens qu'ils recherchent.
19:46Et il faut rappeler aussi,
19:47parce que c'est vrai
19:47qu'il y a beaucoup de repérage
19:48qui est fait sur les victimes,
19:50je veux dire,
19:51sur les réseaux sociaux.
19:52C'est vrai qu'il y a
19:52beaucoup d'influenceurs
19:53qui étalent peut-être
19:55tel ou tel bien,
19:57telle ou telle maison,
19:57telle ou telle villa
19:58et qui, sans le savoir
20:00et involontairement,
20:02attirent ces criminels
20:03vers eux.
20:03C'est les plus visibles.
20:05Oui, parce qu'en l'occurrence,
20:06le reportage qu'on vient de montrer,
20:07ce n'est pas des gens
20:08qui étaient sensiblement présents.
20:10La majorité des cas, c'est ça.
20:11La majorité des cas, c'est ça.
20:13C'est des gens, comme vous et moi,
20:13qui ne demandent rien à personne
20:14et on va chez eux,
20:15on leur pique les bijoux,
20:16l'argent liquide.
20:18Effectivement, on s'intéresse
20:19à ce qui est facilement
20:20transportable et négociable.
20:22Mais comme dit Raphaël,
20:22il y a aussi des propriétaires
20:24de cryptomonnaies
20:25qui ont été...
20:25Bien sûr, ça a été un phénomène
20:26ces dernières années
20:27qu'on a beaucoup vus.
20:30Le point commun
20:31de tous ces cambriolages
20:32avec les occupants présents,
20:34c'est la rapidité,
20:35la brutalité des scènes,
20:37des conséquences psychologiques
20:38également qui restent
20:39très durables.
20:41En l'occurrence,
20:41Georges, je peux me permettre
20:42de vous poser cette question.
20:43Est-ce que les proches
20:43qui sont les vôtres
20:44qui ont été victimes
20:45de l'objacking
20:46ont ça encore en tête ?
20:48C'était il y a combien de temps ?
20:49Ça dure longtemps.
20:50Ça fait à peu près...
20:50Il y a deux ans ?
20:51Trois ans, oui.
20:51Trois ans ?
20:52J'étais en plateau, en plus.
20:53Je me souviens.
20:54Je me souviens.
20:55J'étais en plateau.
20:56Et vous avez refus un message
20:57à ce moment-là
20:57en disant qu'il se passait
20:58quelque chose chez vous ?
20:59Moi, je n'étais pas chez moi.
21:00Donc, oui,
21:01les traumatismes sont très lourds.
21:03Vous avez même
21:04des conséquences physiologiques,
21:05même si vous n'avez pas
21:06été agressé physiquement.
21:08Et les conséquences,
21:09elles se traduisent
21:10par des réactions physiques
21:12qui méritent des soins
21:13sur le long terme.
21:14On ne peut pas imaginer
21:15le trouble, vraiment,
21:16que ça occasionne
21:18à ceux qui en sont victimes.
21:19C'est un viol.
21:20Exactement.
21:21Je n'osais pas le dire.
21:22Non, mais que dire de plus ?
21:24Sinon, donner aussi des conseils
21:25à ceux qui peuvent nous éviter
21:26Vigilance, oui.
21:27Vigilance, c'est-à-dire
21:28les serrures.
21:29Chez soi, le passe fermé.
21:31Moi, on me disait,
21:31j'avais quitté l'appartement.
21:33Je ne l'avais pas fermé
21:33en partant.
21:34Vous savez, il suffit
21:35d'une simple...
21:36On ne va pas donner de recette,
21:37mais il suffit d'ouvrir une porte
21:38si elle n'est pas cadenassée
21:40d'un lieu.
21:40Oui, on ne donne pas de recette.
21:41On sait que la radio,
21:42voilà, chacun connaît ce...
21:43Voilà, il faut des caméras
21:45et il faut des serrures.
21:46Il faut aussi inviter les gens
21:48à être vigilants
21:49quant aux gens
21:50qui traînent
21:51dans leurs immeubles,
21:52leurs parties communes
21:53et qui font des repérages,
21:54qui font des marquages.
21:56On va bientôt marquer
21:57la pause de 10 heures,
21:58saluer nos auditeurs
21:59sur Europe 1
22:00et accueilliront Blinroche
22:01pour le programme
22:02du Club de l'été.
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