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Chaque soir, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00BFM, grand soir, la France à sec, les chiffres sont édifiants, les images également.
00:05Regardez ces deux images satellites, 2016, 2026, 2016 à gauche de votre écran,
00:12on voit une France vert, vert foncé par un droit, notamment dans le centre du pays.
00:17Et puis août 2026, c'est-à-dire ces derniers jours, on voit une France clairement beaucoup plus jaune, asséchée,
00:24victime de la sécheresse, c'est une illustration en tout cas très visible et qui montre le caractère dramatique
00:30des conséquences du dérèglement climatique avec un été 2026, vous le savez, qui marque sans doute un point de bascule.
00:37On va en parler avec nos invités ce soir sur ce plateau, on va parler évidemment des conséquences sur nos
00:42vies quotidiennes,
00:43sur notre pouvoir d'achat aussi, le gouvernement a annoncé un plan pour venir en aide aux agriculteurs
00:47qui sont sans doute parmi les premières victimes avec de nombreuses exploitations agricoles qui sont menacées.
00:53Mais pour commencer, on va planter le décor, Maëva Lamy nous rejoint sur ce plateau.
00:58Maëva, les derniers chiffres donnés sont assez alarmants.
01:02Oui Jérémy, on va regarder quelques chiffres pour le mois de juillet.
01:0524,9 degrés, c'est la température moyenne relevée par Météo France pour le mois de juillet 2026.
01:12C'est simple, c'est le mois le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures en
01:181900.
01:19Devant août 2003, c'était 24,8 degrés et juillet 2006, 24,4 degrés.
01:25Juillet 2026 qui a été marqué, on le rappelle, par deux vagues de chaleur.
01:31Un autre chiffre, près de 70%, c'est le déficit de pluie pour le mois de juillet 2026 toujours.
01:38C'est ainsi le troisième mois le plus sec en France qui a donc aggravé la sécheresse.
01:43819 rivières et ruisseaux sont aujourd'hui à sec ou en partie asséchées en France.
01:50Et puis enfin, un troisième chiffre, plus de 42 000, c'est le nombre d'hectares ravagés en Gironde par
01:55les incendies.
01:56En termes de superficie brûlée, un tel sinistre ne s'était pas produit en France métropolitaine ou en Corse depuis
02:02août 1949.
02:04Pas une journée du mois de juillet ne s'est écoulée sans que plusieurs départements ne soient placés en danger
02:10élevé pour feux de forêt.
02:11Merci Maëva pour ces précisions.
02:13Anthony Ferry, on vient de voir les chiffres pour juillet.
02:15Est-ce qu'on a déjà des tendances, des projections pour les prochains jours, les prochaines semaines, voire les prochains
02:20mois ?
02:20Alors oui, Météo France a sorti il y a quelques heures.
02:23C'est sa tendance pour justement le trimestre qui s'ouvre, à savoir donc août, septembre et octobre.
02:29Et selon Météo France, la probabilité d'une période plus chaude est de 60%.
02:34Alors plus sec en revanche, pas forcément.
02:37On estime que la période qui arrive devrait potentiellement être assez humide.
02:42En revanche, est-ce que ce scénario va s'accélérer ?
02:45Eh bien c'est justement ce que vous découvrez à l'écran.
02:47Regardez Jérémy, 25, c'est le nombre de vagues de chaleur qu'on a mesuré entre 1947 et 2019.
02:53Alors pour les téléspectateurs, j'ai fait la soustraction, ça fait 63 ans.
02:57Et entre 2011 et 2026, c'est-à-dire en à peine 11 ans, on en a mesuré 28.
03:03Vous vous rendez compte effectivement Jérémy que le changement climatique se voit ne serait-ce qu'avec ces simples chiffres.
03:09Bonsoir Olivier Blond, merci d'être sur ce plateau.
03:12Vous êtes conseiller régional et délégué spécial à la santé environnementale à la région Île-de-France.
03:17Vous êtes un peu amoché mais tout va bien, rassure-nous.
03:20Juste pour revenir sur les chiffres,
03:22les derniers chiffres qui ont été donnés à la fois par Anthony et Maëva à l'instant,
03:25est-ce que vous considérez qu'on est à un point de bascule dans cet été 2026 avec ces canicules
03:30à répétition
03:31et qu'au fond ce qu'on vit aujourd'hui, cet été, peut devenir la norme pour l'été 27,
03:3628, 29 et les décennies qui suivent ?
03:39Très clairement, cet été, c'est un moment décisif parce que vous avez cité évidemment la situation de nos agriculteurs,
03:46vous avez cité la canicule qui a quand même fait plusieurs milliers de morts et il y a évidemment les
03:51incendies.
03:52On sent bien que le système se dérègle.
03:54Le problème, c'est que ce n'est pas une surprise.
03:56Les chercheurs nous ont prévenus depuis des décennies et ils nous ont prévenus que ça allait continuer à s'aggraver.
04:04On a des scénarios assez précis sur l'augmentation prévisible de la température.
04:09Donc oui, on est à un point important parce qu'on a une succession de catastrophes qui nous forcent à
04:14réagir.
04:15Malheureusement, c'était prévu et c'est dans une trajectoire.
04:18Estelle Forger, on voit qu'il y a des canicules qui sont de plus en plus longues, de plus en
04:22plus intenses.
04:23Et ce qui frappe aussi, c'est que c'est tout le pays qui est désormais concerné.
04:27Quasiment tous les départements sont dans des situations à risque, notamment en matière de ressources hydriques.
04:33Du nord au sud, de l'est en ouest, nos territoires ultramarins aussi en souffrent avec la montée des eaux.
04:44Donc effectivement, c'est une situation qui est plutôt dramatique.
04:47On n'arrivera plus maintenant, je pense, j'en suis sensiblement persuadée, à endiguer.
04:53C'est-à-dire qu'on n'arrivera plus à contenir l'effet du réchauffement climatique.
04:57La seule chose qui nous reste à faire, c'est de nous protéger.
05:01Et ça, on peut encore le faire à condition d'en avoir les moyens économiques.
05:05On va en parler tout à l'heure.
05:06Mika Bujon-Mérel, est-ce qu'on va peut-être dans les prochaines années avoir des zones qui vont devenir
05:10complètement désertiques ?
05:11C'est-à-dire avoir en France des zones qui ne seront plus vivables pour l'homme,
05:16parce qu'il n'y aura pas assez d'eau et qu'il faudrait approvisionner de manière artificielle en eau
05:21certains secteurs.
05:22Est-ce que c'est ce qui nous attend à l'horizon 5, 10, 15 ans ?
05:26Alors désertiques, non.
05:28En revanche, effectivement, on peut imaginer que certaines régions de France vont aller sur des climats semi-arides.
05:32C'est ce qu'on voit déjà, par exemple, sur le pourtour du Golfe Méditerranéen,
05:36où là, effectivement, on a un sujet qui est un sujet, un, de sécheresse, deux, de recul du trait de
05:41côte,
05:41trois, de modification des écosystèmes, des végétations, etc.
05:45Donc oui, effectivement, il y a des régions qui sont plus vulnérables que d'autres.
05:48Et au-delà de ça, ce qui est assez important et qu'on a vu, non seulement sur la canicule,
05:52mais aussi sur les incendies, c'est qu'il y a donc une extension géographique,
05:55pour reprendre ce que disait ma collègue à l'instant,
05:58une extension géographique à l'ensemble du territoire hexagonal de risques,
06:02et notamment en particulier des événements climatiques extrêmes,
06:06comme ceux qu'on a vécu, que ce soit côté chaleur ou côté incendie.
06:09Et celle-là, il y a ce chiffre, 43%, selon l'Office français de la biodiversité,
06:1443% des petits cours d'eau sont en rupture d'écoulement.
06:17C'est un élément qui est peut-être…
06:20Qui est symptomatique de ce qui se passe, en fait.
06:26L'eau s'assèche, donc…
06:27Mais c'est une situation qu'on n'avait jamais connue auparavant.
06:31En tout cas, à ce point…
06:32Dans ses proportions, non.
06:33Mais de toute manière, ces températures en continu,
06:37telles que nous les vivons,
06:39c'est un phénomène qui va devenir récurrent, mais exceptionnel.
06:43Enfin, on ne l'avait pas connu à ce point.
06:46Il n'y a pas de précédent aussi long.
06:49Donc, effectivement, le fait que les cours d'eau s'assèchent,
06:53ça sèche, ça paraît normal.
06:55Et ce n'est pas forcément quelque chose qui doit nous réjouir,
06:58parce que l'eau, c'est quand même essentiel.
07:00Olivier Blond ?
07:01Oui, un symptôme de cette transformation de notre pays,
07:05c'est le grand incendie qui a donc ravagé la forêt de Fontainebleau.
07:09C'était la première fois qu'on voyait un incendie de cette ampleur depuis 150 ans.
07:14Et c'est d'habitude une zone d'Île-de-France qui est relativement protégée
07:20et on sent que des grands, des méga-feux peuvent atteindre des parties au nord de la Loire maintenant
07:27et ça serait un grand changement.
07:28Mais je voudrais peut-être préciser quelque chose parce que c'est important.
07:31Cette sécheresse, elle n'est pas due à un déficit de pluviométrie.
07:34Il pleut toujours quasiment autant.
07:36Par contre, il fait tellement chaud que ça s'évapore beaucoup plus
07:38et donc c'est ça qui fait la sécheresse.
07:39Et cette pluie qui nous manque là actuellement, on la retrouve pendant l'hiver
07:45et on a cette situation paradoxale que pendant l'hiver, on va avoir des inondations,
07:49des excès d'eau qui sont tout aussi dommageables pour nos sociétés
07:52avec des crues, avec des inondations.
07:55Mais on a un bilan qui est globalement presque neutre.
07:59Ce qui se passe, c'est qu'on a trop d'eau quand on n'en a pas besoin
08:01et pas assez quand on en manque.
08:02On est en ligne avec Simon Porcher, professeur de sciences de gestion à l'Université Paris-Lauphine
08:07et auteur de Nous sommes faits d'eau, édition.
08:09Les corps conducteurs, bonsoir, merci d'être en direct avec nous.
08:13Je voulais vous faire réagir sur ce chiffre donné par notamment l'Office français de la biodiversité.
08:1743% des petits cours d'eau français qui sont en rupture d'écoulement.
08:22Situation inédite avec des conséquences qui peuvent être dramatiques dans les prochaines années.
08:29C'est effectivement inédit.
08:31Alors je crois que la situation de cette année est inédite pour plusieurs raisons.
08:34D'abord, ça a été dit juste avant, mais il a beaucoup plu en hiver
08:37et donc on a une végétation qui est vraiment resplendissante arrivée au printemps.
08:42Ensuite, on a eu des vagues de chaleur aussi inédites.
08:45Donc on a commencé l'été avec des nappes qui sont très remplies,
08:48des nappes phréatiques dans lesquelles on puise notamment beaucoup pour l'eau du robinet.
08:53Mais ensuite, on a eu un déficit de précipitation, de la chaleur,
08:56donc beaucoup d'évaporation avec des cours d'eau qui sont à sec,
08:59un manque de précipitation, donc pas d'alimentation des cours d'eau.
09:02Et puis des nappes qui se sont vidées aussi parce qu'il a fait très chaud.
09:05Et donc quand il fait très chaud, on utilise beaucoup plus d'eau du robinet.
09:08On a eu plus de 50 à 100% de consommation d'eau sur certains réseaux.
09:12Et puis il faut aussi plus arroser les plantes.
09:14Donc y compris pour les agriculteurs ou pour de l'arrosage, d'une manière générale,
09:17on a plus puiser dans les nappes parce que les plantes avaient soif.
09:20Donc on est dans une situation inédite pour différentes raisons,
09:24mais notamment parce qu'on ne pouvait pas vraiment anticiper cette sécheresse
09:27à la fin de l'hiver.
09:28C'est-à-dire quand on était en février, on avait des nappes bien remplies,
09:31on sortait plutôt de 40 jours de pluie,
09:32et on se disait qu'on aurait peut-être effectivement des périodes de sécheresse,
09:36mais peut-être pas qu'on serait à sec, qu'on aurait des arrêtés de restrictions,
09:40donc des limites sur l'utilisation d'eau sur tout le territoire français en début d'été,
09:44c'est-à-dire dès fin juin ou début juillet.
09:45– Ça veut dire que les restrictions d'eau que certains départements,
09:51certaines communes connaissent déjà, vont s'amplifier dans les prochaines années ?
09:56– Oui, alors ça c'est sûr.
09:58Cette année, en fait, ça a déjà commencé très tôt.
10:01Alors c'était aussi un phénomène d'anticipation,
10:03parce qu'on a eu une grande sécheresse en 2022 et en 2023,
10:06donc c'était il n'y a pas si longtemps,
10:07et donc pour éviter le risque de coupure d'eau du robinet,
10:12néanmoins, dès août, en fait, les préfets ont pris très tôt des arrêtés de restrictions
10:17qui disent aux différents acteurs, notamment aux acteurs économiques,
10:21attention, n'utilisez pas trop d'eau,
10:22donc pour l'irrigation, pour nettoyer des machines,
10:26pour refroidir des machines dans l'industrie par exemple,
10:27ou même pour arroser les jardins publics,
10:29là on limite l'utilisation d'eau de manière à sécuriser l'accès à l'eau potable,
10:33l'accès à l'eau du robinet jusqu'à la fin de l'été.
10:37Et donc là, ce qu'on a vu cette année,
10:39c'est effectivement de nombreuses restrictions.
10:41On a eu 99 départements dès la mi-juillet
10:43qui connaissaient des restrictions au moins sur une partie du territoire.
10:47Actuellement, on a 63 départements qui ont au moins une partie de leur territoire
10:51en situation de crise,
10:53donc situation de crise, c'est-à-dire qu'on limite strictement l'utilisation de l'eau
10:57à des usages essentiels, notamment pour l'eau du robinet,
11:00et donc tout ce qui est économique, justement, passe au second plan.
11:02Donc ce qui entraîne évidemment des pertes pour les agriculteurs,
11:05mais aussi des arrêts de production,
11:07ou des mises à l'arrêt même de certains réacteurs de centrales nucléaires.
11:11Donc c'est une situation qui n'est franchement pas souhaitable,
11:13mais qu'on va voir effectivement de plus en plus en été,
11:17dans les prochaines années.
11:18Mais à terme, est-ce qu'on peut avoir des coupures d'eau
11:21qui soient planifiées, on va dire, par les autorités,
11:24justement pour faire face à une pénurie ?
11:26Est-ce que ça s'est déjà vu dans d'autres pays ?
11:28Est-ce que c'est un scénario qui peut arriver en France à 5, 10 ans ?
11:33Ça arrive tous les ans en France.
11:35Alors ça arrive quand même dans 1 000 communes en France
11:37ces dernières années, de façon quasiment annuelle.
11:40Ce sont souvent des petits villages isolés,
11:42donc ils ne sont pas interconnectés à d'autres réseaux d'eau.
11:45Et donc quand il y a une sécheresse, en fait,
11:46on coupe l'eau et on livre de l'eau par camion-citerne,
11:49on distribue des bouteilles d'eau potable à la population.
11:54Mais le risque, ce qu'on voit vraiment cette année,
11:57c'est que certaines agglomérations, y compris en banlieue parisienne,
12:00par exemple, subissent des coupures d'eau.
12:02On a vu des agglomérations comme Saint-Lôme, par exemple,
12:04qui ont reçu une alerte très précoce
12:07demandant aux habitants de limiter l'utilisation d'eau,
12:10donc typiquement de se doucher plutôt que de prendre des bains, par exemple,
12:12de manière à maintenir les réservoirs d'eau quand même à un certain niveau
12:17et d'éviter des assais ou des coupures d'eau brutales.
12:20Mais c'est ce qu'on observe dans d'autres pays.
12:22Je veux dire, il y a eu ça à New York il y a quelques mois,
12:24il y a eu ça à Bogotá, en Colombie, au Brésil, dans différents pays.
12:29En fait, on a eu des rationnements d'eau en coupant l'eau certains jours.
12:32En France, pour l'instant, la gestion de l'eau
12:34et le fait qu'on soit quand même un pays dans lequel il pleut beaucoup,
12:37un pays relativement humide, nous a permis d'éviter ça.
12:40Puis on a une très belle infrastructure de l'eau,
12:42mais c'est quelque chose qui pourrait arriver.
12:44Et en fait, dès cette année, on sent que ça pourrait arriver à la fin de l'été
12:47parce que le ministère de l'Environnement a quand même envoyé une communication
12:50demandant à tout le monde d'être très soif dans l'utilisation d'eau
12:53durant l'été pour éviter d'éventuelles coupures d'eau.
12:56Parce qu'on l'a vu, avec les pics de chaleur, forcément,
12:58on a envie de se rafraîchir, de plus se doucher,
13:01on remplit sa piscine, etc.
13:02Et ça, ça peut entraîner une diminution des réservoirs
13:05et un risque de coupures d'eau dans certaines communes.
13:07Merci beaucoup, Simon Porchet, d'avoir été en direct ce soir dans le BFM Grand Soir.
13:11Sécheresse historique, donc, avec des conséquences, évidemment,
13:14pour le monde agricole en première ligne.
13:16Le gouvernement a annoncé aujourd'hui un plan global pour, je cite,
13:19ne laisser aucun agriculteur seul face aux canicules.
13:23L'inquiétude est très forte dans le monde rural.
13:26Nos reporteurs Théo Bacillana et Alain Branger
13:28ont passé la journée à Saint-Just-Lusac, en Charente-Maritime.
13:33Oui, niveau d'alerte maximale, notamment au niveau de la sécheresse,
13:36avec des conséquences qui sont visibles ici sur cette commune
13:39et notamment sur ce cours d'eau.
13:42Daniel, merci d'être avec nous.
13:43Des conséquences visibles, expliquez-nous, quelles sont ces conséquences ?
13:47Eh bien, ces conséquences, on voit, c'est le niveau de l'eau.
13:50Vous avez devant vous le canal de Brou qui traverse le marais de Brouage.
13:57Ce canal est alimenté par la Charente, par le fleuve Charente,
14:03qui passe là-bas, on le voit, le long des arbres qui se trouvent devant nous.
14:10Et donc, on a une baisse de plusieurs dizaines de centimètres ?
14:13Ah oui, on a une baisse de niveau de l'ordre de 70 centimètres.
14:18Et donc, conséquence, c'est qu'il y a des restrictions d'utilisation de cette eau.
14:23Expliquez-nous.
14:24Eh bien, effectivement, nous n'avons plus le droit de remplir les tonnes d'eau
14:32qui servent à brever le bétail que vous pouvez apercevoir derrière les roseaux.
14:41On parle des restrictions ici, mais il y en a également pour tout l'ensemble de vos habitants.
14:45Quelles sont ces restrictions, notamment, d'utilisation en eau ?
14:49Alors, sur la commune, nous sommes gérés par Odissette et nous avons des restrictions préfectorales.
14:58Nous ne pouvons arroser que le matin de très bonne heure et le soir, à la nuit tombante,
15:07c'est-à-dire à partir de 20h, 21h.
15:10C'est une restriction qui est acceptée par la population
15:14parce qu'on a l'habitude de ce phénomène maintenant depuis quelques années.
15:20Merci beaucoup, Daniel, d'avoir été avec nous.
15:22Vous l'avez vu, des conséquences visibles de cette sécheresse au niveau du cours d'eau
15:26et puis aussi, bien évidemment, au niveau de la végétation
15:30qui a bien évidemment été asséchée par ces fortes chaleurs.
15:35Les agriculteurs qui sont évidemment en première ligne.
15:38On est en direct avec Patrick Legra.
15:40Bonsoir, merci d'être avec nous.
15:41Vous êtes président de la coordination rurale des Hauts-de-France.
15:45Qu'est-ce que vous pouvez nous dire ce soir sur l'état d'esprit, on va dire, du monde
15:49agricole
15:50après plusieurs canicules qui se sont succédées
15:53et Anthony Ferry le disait à l'instant avec un été qui est loin d'être terminé
15:56et une arrière-saison qui s'annonce encore plus chaude et encore plus longtemps.
16:00J'imagine que vous êtes inquiet pour les exploitations de nombreux agriculteurs aujourd'hui en France.
16:09Alors, premièrement, ce n'est pas normalement sympa de le dire,
16:14mais même si plusieurs sont en vacances et s'en rendront compte un peu plus tard,
16:18on va vivre une des pires années agricoles depuis des dizaines d'années.
16:23C'est-à-dire, comme vous avez dit, il y a eu trop d'eau jusqu'au mois de février.
16:28Depuis 2022, on avait vécu déjà des grosses chaleurs, rien n'a été décidé.
16:32Donc, on a avec les conflits et on le voit encore de stockage d'eau, pas de stockage d'eau.
16:39Il faut quand même savoir que la France est un des pays qui stocke le moins d'eau
16:43et qui utilise quand même le moins d'eau pour l'irrigation.
16:45Je veux le rappeler parce qu'on est sur d'autres pays comme en Espagne à 8-10 %, on
16:49est à 2 %.
16:50Donc, le problème, en fait, est récurrent depuis plusieurs années.
16:54Et si on a anticipé, je crois, 5 ou 6 ans avant le drainage de la Seine pour se baigner,
17:02depuis 5 ou 6 ans, donc depuis 2022, on n'a rien anticipé pour l'agriculture
17:07et ce qui est dramatique pour notre souveraineté alimentaire.
17:10Donc, oui, c'est dramatique parce qu'on sort de plusieurs années compliquées,
17:15financièrement parce que les prix sont mondiaux.
17:18Et donc, aujourd'hui, on est dans une année qui est mauvaise
17:22mais qu'on aurait pu passer au niveau agricole si on n'avait pas 3 ou 4 années
17:26comme on a pu le voir aux différentes manifestations des salons agricoles
17:30et dans différentes régions.
17:31Donc, oui, là, cette année, c'est catastrophique.
17:33D'ailleurs, c'est pour ça, parce que tout le monde discute
17:36et c'est vrai que beaucoup de politiques sont en vacances.
17:38J'ai mis sur change.org une pétition pour justement dire aux gens
17:42que c'est urgent de mobiliser des fonds et de dire la vérité,
17:49non pas aux agriculteurs, ils la connaissent, mais aux consommateurs
17:53parce que les politiques trouvent des solutions qui sont toujours du plat
17:57sur une jambe de bois.
17:58Donc, aujourd'hui, je vais vous prendre un seul exemple.
18:00Vous parliez des cours d'eau.
18:01Ils sont à sec.
18:02Il faut savoir que depuis des années, tout ce qui est vannes,
18:06tout ce qui est retenu d'eau, dans les différents cours d'eau,
18:08on les a sautés, c'est-à-dire on les a dégagés pour que les poissons
18:12et la biodiversité puissent remonter.
18:14Donc, vous savez très bien que si on remonte vite,
18:17quand ça s'assèche, ça s'assèche très vite.
18:19Donc, comme on a déjà dit en agriculture, il faut qu'on se mette autour de la table.
18:22Et je tiens à rappeler quand même que les feux qu'il peut y avoir,
18:26puisque oui, tout à l'heure, j'entendais, il y a des zones
18:28qui ne vont plus cultiver parce qu'il n'y a plus rien à gagner.
18:31Et donc, ça va être des zones qui vont être plus enclins à brûler.
18:36J'entends quelqu'un qui me dit, je vais être cru, mais c'est la vérité.
18:41On n'a jamais vu à Fontainebleau un tel incendie depuis 150 ans.
18:45Mais je pense qu'il y a 150 ans, il n'y aurait jamais eu en France
18:50400 personnes qui auraient été arrêtées en tant que pyromates.
18:54Donc, tout le laciste, c'est sur l'eau, mais c'est tout un système qui est laciste
18:59et qui a d'autres priorités que l'agriculture et que l'eau.
19:02Un mot sur les annonces, Patrick Legras, un mot sur les annonces de la ministre
19:05aujourd'hui qui a promis des mesures d'urgence pour faciliter la trésorerie
19:09des exploitations agricoles, une prise en charge des cotisations sociales
19:12et des mesures pour faciliter la remise en production des exploitations
19:14les plus touchées.
19:16Est-ce que c'est la hauteur de la situation que vous traversez aujourd'hui ?
19:19Ça fait 4 ans qu'on est en urgence agricole.
19:21Ça fait 4 ans qu'on demande une réforme de fonds agricoles.
19:25Il faut savoir que des prêts, ou comme là, je vais vous donner un exemple
19:27sur l'engrais, tous ces éléments, les pauvres, ceux qui ont moins de 15 tonnes
19:32ne pourront pas en bénéficier.
19:33C'est rien, c'est rien, c'est rien par rapport au drame agricole
19:37et au drame des productions qui va vous être donnée.
19:41Puisqu'on est en train, dans les préfectures, à remonter les problèmes,
19:45on va avoir, comme j'ai pu le dire, sur une constatation,
19:48des 30, 50, 80 % de production en moins.
19:51Sans compter que les productions ne seront pas de qualité.
19:53Oui, c'est dramatique et les mesures d'urgence, comme d'habitude,
19:56ne vont rien changer au catastrophisme agricole
19:59et ça va faire amplifier les importations agricoles.
20:03Concrètement, ça veut dire qu'il y a avoir des exploitations agricoles
20:05qui vont fermer dans les prochaines semaines, c'est quelque chose que vous redoutez
20:08et que les primes vont aussi augmenter pour les consommateurs,
20:11notamment sur les fruits et les légumes, avec des récoltes
20:14qui seront beaucoup moins importantes qu'à la normale.
20:17Alors oui, les productions seront moins importantes.
20:20Les prix, avant, c'était le cas, avant, quand il y avait moins de produits,
20:23ça a augmenté, mais il faut savoir qu'une grosse partie des producteurs
20:26sont tenus par l'agro-industrie et on a signé des contrats
20:29et les contrats sont signés avec des prix qui étaient revus à la baisse
20:33pour cette année.
20:34Beaucoup ne pourront pas fournir l'ensemble de leurs contrats
20:36et ce n'est pas seulement des fermetures qu'on va avoir,
20:39c'est qu'on va avoir une augmentation aussi des suicides
20:41parce qu'il y a des gens qui ne seront plus accompagnés
20:44ni par l'État de façon suffisante, ni par leur banque.
20:46– Merci Patrick Legras.
20:50Estelle Forget, on voit la détresse des agriculteurs.
20:53Est-ce qu'il faut, au fond, prioriser l'eau, l'eau disponible
20:57pour les exploitations agricoles et permettre à l'agriculture française,
21:03au fond, de continuer à vivre ? Parce que c'est ça le sujet.
21:05– Ça me paraît évident, c'est tout à fait évident.
21:08En fait, ce qui serait intéressant, il parle d'un plan,
21:10et il est plutôt sympathique, à 3, 4, 5 ans, sur l'agriculture.
21:14Il nous faudrait un plan à peut-être une vingtaine d'années,
21:17une trentaine d'années, et qu'on puisse adapter les plantes
21:22à la situation climatique dans laquelle vivent les agriculteurs.
21:25Mais c'est vrai que moi, je trouve son témoignage très touchant.
21:29On ne les aime plus, nos agriculteurs, et c'est eux qui nous nourrissent.
21:32Et moi, je trouve ça terrible.
21:33On parlait tout à l'heure, il parlait des engrais.
21:36On peut parler du cadium avec le Maroc.
21:40C'est un véritable problème.
21:41Si on achetait plus cher le phosphate au Maroc,
21:43on aurait moins de cadium dans notre alimentation.
21:45Il parlait de l'Espagne, et c'est vrai qu'on achète les produits espagnols.
21:49Bon, on peut se poser la question de pourquoi on va aller acheter
21:51des produits espagnols quand on sait en produire en France.
21:55Donc je crois qu'à un moment, il y a une vraie réflexion globale
21:57autour de toute cette tragédie climatique du
22:01comment est-ce qu'en France, on peut refaire ensemble ?
22:05Je voudrais juste, avant de terminer, donner une image.
22:07Quand on prend l'avion, on met un masque sur notre visage quand ça tangue.
22:11Et on nous dit, le chef de bord, de nous protéger nous-mêmes.
22:14C'est un peu la même chose.
22:15Là, je crois que dans cette crise-là, on doit prendre soin de nous.
22:18Et de nous, c'est aussi des agriculteurs.
22:21Olivier Blond.
22:22Oui, moi, j'ai une image très forte qui est à mon esprit.
22:25C'est pendant les incendies à Fontainebleau, les premiers qui sont arrivés sur le terrain,
22:29après, évidemment, les pompiers et le SDIS, c'est les agriculteurs.
22:33Ils sont venus avec leurs tracteurs, leurs citernes d'eau.
22:36Ils ont vraiment aidé à lutter contre le feu.
22:39Donc on a besoin d'eux.
22:41C'est évident, c'est notre pays, c'est notre alimentation.
22:45Mais c'est eux qui sont les gardiens aussi de notre paysage et de notre patrimoine.
22:52Et on en a absolument besoin d'eux.
22:53Il y a une crise, c'est scandaleux de les laisser comme ça à l'abandon.
22:57En Ile-de-France, on fait beaucoup de choses.
22:59C'est peut-être pas encore assez, mais par tous les moyens, on essaie de les aider.
23:01Mais on ne peut pas laisser une profession entière disparaître, se suicider, etc.
23:06Ce n'est pas possible.
23:07Et pour le sujet qui nous concerne aujourd'hui, la sécheresse,
23:10je pense qu'on ne peut pas éviter de discuter le stockage de l'eau.
23:14On sait qu'on en a trop en hiver, qu'on n'en a pas assez en été.
23:19Oui, c'est compliqué, les mégabassines, etc.
23:22Mais il faut qu'on trouve une solution.
23:23Parce qu'on ne peut pas laisser, d'une part, les gens mourir et les cultures se dessécher.
23:27Et de l'autre côté, les inondations détruire nos villes.
23:32Quitte à être un peu plus optimiste,
23:35ce qui est très intéressant dans le témoignage de Patrick
23:38et dans ce qu'on vient de dire à l'instant même,
23:39c'est que vous voyez bien que tout le monde,
23:42et si on élargit les sondages, les témoignages,
23:45on en a parlé tout au long de l'été,
23:47tout le monde appelle à ce qu'il y ait une discussion qui sorte des silos.
23:51Chaque crise ne peut pas être traitée séparément, verticalement.
23:54Il y a un enjeu de globalité.
23:56Il y a un enjeu d'arriver à comprendre que la crise climatique,
23:59dans son ensemble, ce n'est pas juste une crise,
24:01c'est une succession de crises.
24:03Moi, je l'appelle la polycrise pour vraiment incarner cette dimension plurielle.
24:07Et en fait, l'enjeu ici, ce n'est pas juste d'avoir des réponses technocratiques.
24:10C'est d'abord et avant tout de comprendre qu'est-ce qui nous prend en tenaille.
24:14Et là, pour le prendre, le cas des agriculteurs, il y a trois tenailles.
24:17Il y a la tenaille, bien sûr, nationale qu'on vient d'évoquer,
24:19sécheresse, canicule, aridité, etc.
24:22Il y a une deuxième tenaille qui est la question du coût des engrais,
24:25de leur disponibilité.
24:26Et là, il faut qu'on parle de ce qui se passe, évidemment, à Hormuz.
24:29Il faut qu'on parle du conflit russo-ukrainien qui, évidemment, nous limite,
24:32bien sûr, dans ce qu'on peut aussi apporter de l'extérieur
24:35pour répondre à ce genre de crise.
24:37Et puis, le troisième élément, c'est aussi avoir quelque chose de très concret
24:40sur la dimension fiscalité et sur la dimension comptabilité dans son ensemble.
24:45En prenant en compte, justement, dans la comptabilité d'aujourd'hui
24:48et dans la gouvernance d'aujourd'hui,
24:50les investissements d'aujourd'hui, non pas juste comme des dépenses,
24:53mais comme des coûts évités de demain.
24:57– On est en ligne avec Maud Leliev, docteur en droit de l'environnement,
25:00vice-présidente de l'UICL, l'Union internationale pour la conservation de la nature.
25:04Merci d'être en direct avec nous.
25:06Annie Gennevard, la ministre de l'Agriculture, a eu ses mots aujourd'hui.
25:10Elle considère qu'il faut adapter les mesures de gestion de l'eau
25:12pour concilier la préservation de la ressource
25:14et la continuité de la production agricole.
25:17Concrètement, comment on fait ?
25:20– C'est vrai qu'on a des dapes phréatiques aujourd'hui
25:22qui affichent des niveaux qui sont inférieurs au normal
25:27sur plus de la moitié des points de suivi.
25:30Il ne faut pas faire des mégabassines,
25:32il faut désimpermébiliser les sols urbains,
25:35il faut restaurer l'infiltration,
25:37développer la réutilisation des eaux usées,
25:39traiter pour l'irrigation par exemple,
25:41et surtout restaurer les zones humides
25:42qui agissent comme des tampons naturels.
25:44Ce n'est pas simplement une politique de restriction ponctuelle
25:47qu'il faut envisager,
25:48c'est une politique de gestion patrimoniale de la ressource.
25:50On voit bien que cet été, on est en l'été des records.
25:53Quatre vagues de chaleur depuis mai,
25:56un mois de juillet qui a battu des records
25:58le plus chaud jamais enregistré,
26:00et les sols les plus secs jamais enregistrés
26:02depuis que Météo-France fait des relevés.
26:03Donc c'est vraiment des mesures à long terme
26:05qu'il faut prendre,
26:06et pas simplement de façon ponctuelle,
26:10été après été, des mesures qui ne serviront pas.
26:12Donc la priorité, ça reste les zones humides.
26:14– Vous restez avec nous, Maude Lolièvre,
26:16on va aborder une autre thématique,
26:19autre conséquence de cette sécheresse historique
26:21concernant le niveau énergétique en France
26:24et le fonctionnement de nos centrales nucléaires.
26:27Maéva Lamy nous rejoint sur ce plateau
26:29puisque plusieurs réacteurs de nos centrales
26:31ont été arrêtés ou en tout cas réduits ces derniers jours.
26:34– Oui, tout à fait Jérémy, on va faire un petit tour d'horizon.
26:38Certains, d'après EDF, ont été arrêtés ce lundi.
26:41Ce sont deux réacteurs de la centrale de Chaux dans les Ardennes
26:45ainsi qu'un réacteur de la centrale de Catenon
26:47qui est situé en Moselle.
26:49Et ce n'est pas tout, donc ça c'est pour les réacteurs arrêtés.
26:51Il y en a quatre autres situés dans les centrales du Bugé,
26:55du Tricastin et de Saint-Alban
26:57qui ont dû réduire leur puissance ces derniers jours
27:00et cela pourrait affecter temporairement
27:02la production d'électricité française.
27:04puisqu'elle est assurée à 70% par les 57 réacteurs de l'Hexagone.
27:09– Pourquoi ces arrêts Maéva ?
27:11– Eh bien il faut comprendre que pour fonctionner,
27:14les centrales nucléaires ont besoin de beaucoup d'eau
27:16pour refroidir ces réacteurs.
27:18Et donc forcément, comme on l'a compris,
27:20le débit des cours d'eau est en baisse.
27:22Il faut préserver les ressources.
27:25L'idée c'est de garantir un débit suffisant
27:26pour l'ensemble des usagers de ces fleuves.
27:29Et puis en plus un autre point qu'il faut comprendre
27:31lorsque cette eau est restituée après usage,
27:34elle est en fait restituée dans les cours d'eau à proximité.
27:37Elle est à une température un peu plus élevée,
27:39de quelques degrés.
27:40Et donc l'idée c'est aussi d'éviter de réchauffer davantage les rivières.
27:44C'est pour ça que les réacteurs sont arrêtés.
27:45– Merci Maéva pour ces précisions.
27:48Estelle Forget, est-ce qu'il y a des risques de pénurie
27:52en termes d'électricité ?
27:53Est-ce que les prix peuvent monter ?
27:55La facture peut encore augmenter pour les Français
27:58à l'aune de cette sécheresse qui perturbe,
28:00on le voit, notre approvisionnement énergétique.
28:02– Sur la période d'été, on a de l'énergie en fait.
28:04On ne manque pas d'énergie en France.
28:05Et d'ailleurs on la revend même et même plus je crois
28:09parce qu'en fait on en a tellement que…
28:11Donc sur la période d'été, ce n'est pas du tout critique.
28:14Ce qui est critique, c'est effectivement le refroidissement
28:17quand il n'y a pas d'eau, ça c'est sûr.
28:19Mais encore une fois, on n'est pas impacté tout de suite pour l'été.
28:22Et puis il y a des nouvelles technologies
28:25qui sont en train de se mettre en place.
28:27Je pense notamment à la centrale de Civeau
28:30où là l'eau, elle décrivait tout à l'heure Maéva
28:34que ça pouvait réchauffer en fait de quelques degrés les rejets.
28:38La centrale de Civeau en fait, elle rafraîchit
28:41parce qu'ils ont prévu des grandes tours réfrigérantes.
28:45Donc les technologies évoluent.
28:47Mais pour répondre à votre question,
28:48sur l'été, il n'y aura pas de problème à priori.
28:51Olivier Blond, est-ce que notre parc nucléaire
28:53est adapté à la nouvelle donne climatique aujourd'hui en France ?
28:56Clairement, on peut améliorer les choses.
28:58Mais c'est vrai qu'encore une fois,
28:59il faut bien séparer la situation hivernale et la situation estivale.
29:04On est largement tranquille en termes de production.
29:07La production, elle est surtout nécessaire en hiver
29:09quand il faut chauffer les appartements.
29:10Donc là, on ne risque pas d'avoir des coupures d'électricité.
29:15Et en plus, en été, on a des journées longues,
29:19plutôt ensoleillées.
29:20Et donc tout ce qui est justement renouvelable contribue.
29:23En plus aux heures où on utilise la climatisation
29:27pour ceux qui y recourent.
29:28Donc il n'y a pas d'enjeu majeur, à mon sens, en France.
29:32On a cette force d'avoir une base nucléaire
29:36qui est complémentaire d'énergie renouvelable,
29:41qu'elle soit photovoltaïque, éolienne ou hydraulique.
29:44Et je trouve que ça marche assez bien pour l'instant.
29:46Maude Leliet, vous êtes toujours en ligne avec nous.
29:49Est-ce que ces arrêts de centrales,
29:51c'est quelque chose qui vous inquiète ?
29:55C'est plutôt la question du prix à l'avenir.
29:58Si on n'arrive pas à réguler l'adaptation, notamment des villes,
30:04en été, la climatisation, elle fait grimper la demande.
30:06Et le prix, ce qui est toujours sur la centrale nucléaire,
30:09dit la plus chère qu'on doit allumer,
30:10c'est-à-dire celle généralement au gaz.
30:12Donc moins de nucléaire, parce qu'on ne peut pas refroidir.
30:14Plus de demandes, plus de gaz.
30:16On a des vrais risques d'augmentation de prix.
30:19Et c'est pour ça qu'il faut vraiment arriver
30:21à trouver des politiques d'adaptation équitables
30:23et pour le plus grand nombre.
30:24Sinon, on va avoir des différentiels de prix
30:26et des différentiels d'adaptation selon les moyens des gens.
30:29Merci beaucoup d'avoir été en direct avec nous.
30:31Merci à tous pour vos précisions ce soir.
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