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  • il y a 18 minutes
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Bienvenue, si vous nous rejoignez, on fait le point sur les incendies en cours.
00:04Un nouveau feu a déjà parcouru au moins 900 hectares cet après-midi à Somos en Gironde,
00:09tandis que celui du Var, toujours pas fixé, est ravagé 2500 hectares depuis hier.
00:14Le ministre de l'Intérieur était en Gironde ce soir, au lendemain du décès de deux sapeurs-pompiers
00:19pris au piège dans un incendie à Mérignac près de l'aéroport de Bordeaux.
00:23On va tout de suite aller retrouver Nicolas Dumas en Gironde.
00:25Bonsoir Nicolas, le feu est toujours actif ce soir.
00:30Oui, plus de 900 hectares qui sont brûlés ici dans le Médoc.
00:35Et vous pouvez voir sur ces images de Valentin Ribes cet impressionnant panache.
00:39Et avec le soleil qui se couche, on voit d'autant plus ce rouge des flammes qui est très présent
00:46ici.
00:47On est avec Sabine.
00:48Sabine, vous, vous avez été évacuée maintenant il y a un peu plus d'une heure.
00:51Qu'est-ce qu'on vous a dit de prendre avant de partir et pourquoi on vous avait évacuée ?
00:55Alors, on nous a demandé de prendre le nécessaire juste pour se changer et dormir
00:58et d'évacuer le plus rapidement possible.
01:00On a été informé aux alentours de 19h30 et 20h, il fallait évacuer.
01:04Nous voilà à l'émission.
01:05Là, a priori, vous allez passer la nuit ici.
01:07Il y a une quarantaine de litres qui ont été installés dans la salle municipale.
01:11C'est le programme de la soirée.
01:12Ah ben oui, on est tous évacués et on n'a pas d'autres solutions d'hébergement pour l'instant.
01:16Même nos amis sont tous ici.
01:18Donc oui, on va rester dormir ici, probablement.
01:19Là, vous avez pu vous restaurer aussi sur place, boire, il y a tout le nécessaire ?
01:24Oui, tout à fait.
01:25Les équipes municipales ont tout mis en place et il y a de quoi se restaurer et dormir.
01:29Tout a été prévu à cet effet, oui.
01:30Merci beaucoup Sabine pour votre témoignage.
01:32On vous souhaite du courage pour cette nuit qui va être longue parce qu'effectivement,
01:36cet incendie, il se dirige vers l'Eche-Cape-Ferré, la pointe du bassin d'Arcachon.
01:43C'est dire l'importance de cet incendie.
01:45C'est pour ça que les pompiers sont très présents pour tenter d'arrêter cet incendie ici
01:49qui a déjà parcouru 900 hectares.
01:51Merci beaucoup Nicolas Dumas avec Valentine Ribes à la caméra en plateau pour en parler.
01:56On est avec Julien Riflet, journaliste météo et climat de BFM TV.
01:59Bonsoir Boris Veliatchev, architecte expert en risque majeur.
02:03Bonsoir et bienvenue.
02:04Miko Bujon-Méred, chercheur en géopolitique de la transition énergétique.
02:08Et on est également avec Patrick Chavada, pompier.
02:11Bonsoir à vous.
02:12D'abord un point sur le feu en cours.
02:15900 hectares.
02:16Il continue à progresser, à se diriger vers le sud.
02:20La nuit est tombée il y a peu.
02:23Comment fait-on à ce moment-là lorsqu'on est plus aidé par les moyens aériens ?
02:29Écoutez, les forces terrestres, puisque 90% des feux sont éteints par les forces terrestres,
02:34l'objectif, comme on vous l'avait dit précédemment,
02:37on procède à des évacuations préventives, ce qui a été fait.
02:40Et donc derrière, on essaie de maintenir le feu, de le canaliser par les flancs, pour essayer de réduire au
02:46maximum la tête de feu.
02:47Et c'est en essayant de réduire cette tête de feu que, éventuellement, quand on arrive sur des zones qui
02:51sont plus favorables à une baisse d'intensité du sinistre,
02:54sur des zones agricoles notamment, on essaie d'arrêter le feu avec des lignes d'appui.
02:58Qu'est-ce qui fait qu'on n'arrive pas en l'état à contenir ce feu, qu'il continue
03:04de progresser ?
03:07L'extrême sécheresse des végétaux, dans un premier temps, on est passé par trois canicules.
03:12On a des végétaux, on a des arbres qui sont morts de la canicule.
03:15Et donc on a des végétaux qui sont extrêmement secs, voire morts.
03:18Plus derrière, on a un vent, même si c'est un vent qui est de 40-50 km heure,
03:23qui va faire que le feu va se propager très rapidement.
03:25On a un sol très sec, des végétaux qui sont morts, on a du vent qui attise tout cela.
03:30Et effectivement, on a des vitesses de propagation qui sont importantes,
03:34qui font qu'effectivement, on a des feux qui se développent très rapidement,
03:37puisqu'on est déjà à 900 hectares de brûlés.
03:39900 hectares de brûlés et un chiffre 14 départs de feux en Gironde, aujourd'hui, c'est énorme.
03:46Oui, en sachant que 9 feux sur 10 sont dus d'origine humaine,
03:50ce qui veut dire qu'on a beaucoup de travail de prévention à faire
03:53pour expliquer à la population que, sur ces périodes extrêmement sèches avec du vent,
03:58il faut absolument être très vigilant et ne pas faire de travaux à l'extérieur,
04:02ne pas de jeter de mégots.
04:04Ce sont des conditions de sécurité qu'on répète de longue,
04:07mais qu'il faut, je pense, marteler pour que la population comprenne bien
04:10qu'on est dans des situations extrêmes.
04:12– Mico Bligeon-Mérette, je voyais réagir à ce chiffre 14 départs de feux,
04:16rien qu'en Gironde, aujourd'hui.
04:17– En fait, tout ça, encore une fois, c'est dans une situation
04:20où, effectivement, on voit un été qui est exceptionnel,
04:22mais qui est le début d'une nouvelle normalité
04:24à laquelle il faut tous et toutes qu'on se prépare.
04:27Je renvoie, par exemple, tout le monde, si vous avez la possibilité,
04:30à lire les éclairages, par exemple, qui ont été publiés,
04:31un document de 75 pages, par l'Institut Pierre-Simon Laplace,
04:34donc l'Université Versailles-Saint-Quentin, en Yves-Ligne,
04:36il y a quelques jours, qui, justement, revient sur la première vague de chaleur
04:39du mois de juin, qui était notre deuxième canicule.
04:41Là, on est le 22 juillet bientôt, et effectivement,
04:45on a déjà plus de 40 000 hectares qui ont brûlé, malheureusement,
04:49c'est-à-dire qu'on est dans un niveau de fin d'été exceptionnel,
04:53alors qu'on est guère qu'au premier tiers de l'été.
04:56– Effectivement, ce chiffre, il a été rappelé aussi
04:58par le ministre de l'Intérieur, qui s'est déplacé en Gironde.
05:0040 000 hectares brûlés en France, on est quoi aujourd'hui ?
05:04On est le 22 juillet.
05:06– L'année dernière, c'était 30 000 hectares sur l'ensemble de l'année.
05:11Ça dit quelque chose, quand même, du phénomène
05:13qu'on est en train de vivre en ce moment ?
05:16– Bien sûr, puis on va le vivre de plus en plus, c'est clair,
05:18de toute façon, on le sait pertinemment,
05:20c'est déjà annoncé depuis longtemps,
05:21et l'anticipation et la prudence, comme ça a été dit,
05:24ça sauve plus de vie que l'improvisation.
05:28Le problème, c'est que, c'est toujours bien,
05:31mais c'est toujours regrettable de voir qu'il y ait des soldats du feu,
05:34par exemple, qui périssent dans ce genre de phénomène.
05:37C'est très bien d'avoir des forces de sécurité pour éteindre ces incendies,
05:40mais il est peut-être temps, à présent, de penser prévention et anticipation.
05:45C'est le seul moyen qu'on aura de réduire ce risque.
05:48C'est vraiment le seul et unique moyen.
05:49Il ne faut plus attendre que la catastrophe arrive pour agir.
05:52Pour vous donner une statistique qui est aussi parlante,
05:55entre le 1er juin et le 3 juillet 2026,
05:58on a eu une surface brûlée en France six fois supérieure à la moyenne de référence.
06:04Six fois.
06:06Julien Riflet, les pompiers qui ont un ennemi sur le terrain,
06:10c'est le vent, et ça ne va pas s'améliorer ces prochaines heures ?
06:13Non.
06:13Pour la Gironde, c'est vrai que demain, il va encore souffler entre 30 et 40 km par heure,
06:17ce vent.
06:17Le temps va rester sec, ensoleillé et même chaud,
06:20puisque les 30 degrés seront largement atteints demain après-midi.
06:23C'est la règle des 3,30 qui est très surveillée par les pompiers,
06:26qui est respectée.
06:27Des rafales de vent à plus de 30 km par heure,
06:29des températures au-delà de 30 degrés,
06:30et également des taux d'humidité inférieurs à 30%.
06:33Pour ce qui est de la Méditerranée et du Var notamment,
06:36c'est vrai que le Mistral va se renforcer pour la journée de demain,
06:40avec des rafales à 60 km par heure, localement 70.
06:43Et c'est vrai que ce vent va venir compliquer le travail des pompiers,
06:47ou pourrait même alimenter de nouveaux départs de feu.
06:50Donc il faut rester très très prudent.
06:52C'est vrai qu'on a aussi ce qu'on appelle l'effet venturi entre les reliefs.
06:56Le vent parfois doit s'engouffrer dans des couloirs particulièrement étroits,
06:59et lorsqu'il le fait, il s'accélère.
07:01Et donc même si on attend des rafales à 60 km par heure,
07:04localement, on peut largement les dépasser.
07:06Et regardez ces images, ce sont des images en direct,
07:08qui nous viennent des Hautes-Alpes, à l'Argentière la baissée plus précisément.
07:12On est toujours avec Patrick Chavada, vous êtes pompier.
07:14Est-ce que vous pouvez les décrire avec nous, ces images en direct,
07:19qui nous viennent des Hautes-Alpes, un autre incendie qui est en cours ?
07:24Alors je n'ai pas la vision du plateau,
07:26mais ce qu'on peut dire sur ce feu, c'est un feu de montagne.
07:30Donc on a de la forêt qui roule la montagne.
07:32Et la particularité, c'est que c'est très peu accessible.
07:36Donc on peut mettre des véhicules qui vont être sur le bas du feu,
07:39en respectant les consignes de sécurité,
07:41parce que malheureusement, on a des blocs de rochers qui se détachent et qui viennent percuter.
07:45Alors soit un collègue, et malheureusement on a eu un décès il y a quelques semaines,
07:48soit dernièrement un véhicule qui a été écrasé,
07:50dont l'objectif c'est d'essayer de voir où le feu va se situer,
07:53et notamment sur les plateaux les plus hauts,
07:55pour éviter que quand le feu arrive en cime de ces montagnes,
07:59il ne parte pas avec le vent sur des plateaux qui sont au-dessus.
08:03– C'est effectivement l'une des complications,
08:06et on en a parlé aussi au moment du feu à Fontainebleau,
08:09la difficulté d'accès aussi pour les pompiers,
08:13pour ces feux-là, et notamment dans les Hubsades,
08:16ce sont des images en direct, on le rappelle.
08:18– Ça fait partie de la prévention qu'il faut mettre en place,
08:21c'est-à-dire qu'il faut aménager nos forêts,
08:24avec des pare-feux, avec des voies, des acheminements,
08:27il faut augmenter les voies d'accès bien sûr, les points d'eau,
08:30il y a une quantité de choses à faire.
08:32– Qu'est-ce qu'on peut faire concrètement alors pour faciliter
08:35l'accès des pompiers à ce genre de zone ?
08:36– Il faut entretenir les forêts, il faut créer des voies d'accès bien sûr
08:40pour les pompiers, ça c'est certain, c'est pour la réponse en cas d'incendie,
08:43mais si on veut limiter ce genre d'incendie,
08:45le seul moyen c'est d'essayer de couper le combustible régulièrement,
08:49ce qui fait que l'incendie ne peut pas se propager sur des grandes distances.
08:53Augmenter les points d'eau, les voies d'accès,
08:55non seulement pour les secours eux-mêmes,
08:58mais aussi pour l'évacuation des personnes.
09:00C'est une quantité d'aménagement, il y a des choses qui ont été faites,
09:03on en avait parlé à une autre occasion sur l'un de vos plateaux, je me souviens,
09:08il y a des pays comme le Portugal et d'autres
09:09qui ont commencé à appliquer des politiques de prévention assez efficaces,
09:15alors qu'ils avaient un milieu d'ailleurs qui était encore plus propice aux incendies,
09:19avec des forêts d'eucalyptus, etc.,
09:21où ils ont pris les devants et mené des politiques préventives relativement efficaces,
09:26ce qui fait que le nombre d'incendies a diminué.
09:29Au Portugal ?
09:30Oui.
09:30En fait, on a un enjeu ici en France, c'est de se préparer à la question de la chaleur,
09:33c'est-à-dire qu'aujourd'hui, la plupart de nos systèmes de préparation à des catastrophes
09:38sont soit focalisés sur la dimension inondation,
09:41soit focalisés sur la dimension gestion du froid, du grand froid.
09:44Or, aujourd'hui, ce qui fait la grande différence par rapport à des pays comme le Maroc,
09:48le Portugal, l'Espagne, la Grèce,
09:49c'est que dans ces pays-là, effectivement, c'est plutôt le risque chaleur
09:52qui a toujours été le plus important et pour lesquels, du coup,
09:56ils ont un certain nombre de politiques publiques, que ce soit en matière d'infrastructure,
09:58que ce soit en matière de protection dans les parcs naturels.
10:01Par exemple, là, on est dans le parc naturel national des Écrins.
10:04Fondamentalement, on voit aussi beaucoup de gens, par exemple,
10:07se plaindre des règles, des restrictions, etc., dans ce genre de parcs nationaux,
10:11alors qu'effectivement, c'est fait pour limiter ce genre de catastrophes.
10:13Bref, on a toute une éducation autour de la chaleur à développer
10:16et pas qu'une éducation, bien sûr, mais des investissements, comme on le disait,
10:19sur notamment les infrastructures de prévention et les infrastructures de réponse
10:23pour apporter, effectivement, des capacités, là notamment,
10:26sur les questions, par exemple, d'eau, de retardants, etc.,
10:29qui, dans ces régions-là, sont particulièrement difficiles.
10:31On ne répond pas forcément avec des nuées et des armées de Canadair
10:34à un feu comme celui-là.
10:36On va aller du côté du Var, retrouver Isor de la Gorce.
10:39On le disait, dans le Var, c'est 2500 hectares qui sont déjà partis en fumée.
10:46Bonsoir, Isor. Racontez-nous la situation ce soir.
10:50Bonsoir.
10:53Eh bien, écoutez, pour l'instant, les pompiers sont toujours mobilisés
10:55et ils vont continuer de travailler ce soir parce que le feu est contenu
10:59à l'intérieur d'un périmètre, mais il n'est toujours pas fixé.
11:02Alors, ça va demander maintenant que les moyens aériens ne peuvent plus voler,
11:05ne peuvent plus effectuer de largage, avec notamment du retardant.
11:08Ils sont, entre guillemets, tout seuls à vaincre contre ce feu
11:12qui est toujours actif ici.
11:14Ils sont toujours 1100 pompiers mobilisés au sol
11:17et ils ne vont pas tous travailler ce soir parce qu'ils vont devoir se reposer
11:21pour la journée de demain.
11:22C'est ce qu'on nous a dit.
11:23Il faut préserver toutes les forces pour affronter ce feu
11:26qui sera peut-être plus fort ou en tout cas avec des conditions plus difficiles demain
11:30puisque le vent va se lever pour vous expliquer un petit peu la situation.
11:34Il y a des camions qui sont en train d'effectuer des détours
11:38parce qu'ils vont essayer d'accéder au feu à une reprise
11:41qui a été signalée en contrebas de là où nous nous trouvons sur ce massif.
11:47C'est compliqué pour les pompiers parce qu'ils doivent préserver leur force.
11:49En fait, ils vont effectuer des tours de 3 ou 4 heures au contact du feu,
11:55au contact des points chauds pour effectuer des surveillances.
11:57Ils sont environ un tiers à travailler ce soir.
12:00Le reste va se reposer pour la journée de demain
12:02qui pourrait être très compliquée pour eux.
12:04Merci Isor, avec Lucille Martin, Patrick Chavada.
12:08Ce feu-là dans le Var, il est contenu mais il n'est pas fixé.
12:12C'est quoi la différence ? Ça veut dire quoi concrètement ?
12:15Ça veut dire que le feu est gardé dans son enveloppe.
12:19Donc il est fixé dans l'enveloppe.
12:21On a 30 km de lisière autour de ce feu.
12:24Ce qui ne veut pas dire qu'il est maîtrisé.
12:25On peut avoir ça et là à l'intérieur des reprises de feu dans cette enveloppe-là.
12:30Et l'objectif de la nuit, ça va être d'essayer de sécuriser ces 30 km de lisière
12:36parce que demain, comme vous l'avez dit, on a du Mistral qui va se lever à 60 km heure.
12:40Bon, bien évidemment, les zones qui sont très accessibles, où on a positionné des moyens,
12:45les reprises de feu sont rapidement traitées.
12:47On a toute une partie du feu qui est en zone difficilement accessible pour les véhicules
12:52et pour les niveaux terrestres à pied.
12:55Ce qui veut dire qu'on est sûr que demain, on va avoir des reprises de feu
12:59dans des zones qui sont particulièrement difficiles.
13:01Et là, ce sont les moyens aériens qui auront essayé de taper le feu
13:04pour éviter que ces reprises ne prennent encore des proportions catastrophiques.
13:07Donc le travail pour cette nuit-là, c'est d'essayer de sécuriser ces 30 km de lisière.
13:12Avec, on l'a bien vu, toute une organisation.
13:14On parle beaucoup ces derniers temps de la fatigue des pompiers
13:18puisqu'il y a des départs de feu quasi tous les jours
13:20et ça concerne le sud comme le nord.
13:22C'est l'ensemble de la France qui est concerné par ces incendies.
13:26On a bien vu cette organisation.
13:28Il y a un roulement qui s'opère ce soir.
13:31Tout à fait.
13:32Vous avez une tierre des effectifs qui sont au repos
13:33qui vont pouvoir se reposer cette nuit.
13:36Alors bien évidemment, si on avait une grosse reprise de feu cette nuit,
13:39les effectifs sont mobilisables parce qu'ils sont sur le terrain.
13:41Mais on essaie de faire tourner les effectifs.
13:43Et bien évidemment, on rappelle toujours les employeurs de nos pompiers volontaires
13:47d'être souples dans leur disponibilité, de leur donner de la disponibilité
13:51parce que c'est génératrice de beaucoup d'effectifs.
13:54Et donc on a besoin de cette main-d'oeuvre pour continuer à travailler.
13:57Et donc effectivement, il y a un travail de repos, de travail
14:00qui fait qu'effectivement, on doit tenir dans la durée
14:03parce que c'est un feu et on espère que samedi,
14:06des orages sont prévus.
14:07On espère que ça va venir arroser la zone
14:09justement pour faire baisser cette pression à Saint-Denis.
14:12Sur ces orages, Julien Riflet,
14:15est-ce que vous avez quand même des bonnes nouvelles,
14:17des nouvelles rassurantes à nous donner ?
14:19Oui, alors c'est vrai que ce week-end,
14:20il s'annonce quand même dans l'ensemble pluvieux,
14:22ce qui pourrait améliorer les choses.
14:23C'est vrai qu'on a une goutte froide au large du Portugal
14:25qui va remonter vers le pays
14:26et qui pourrait occasionner des orages dans le sud
14:28pour la journée de samedi.
14:30Déjà dès vendredi soir, il pourrait remonter par le sud-ouest,
14:32par les Pyrénées et la Nouvelle-Aquitaine.
14:34Alors ces orages, ils sont quand même bénéfiques,
14:37ils vont apporter de la pluie.
14:38Après, c'est à double tranchant les orages.
14:39Soit ça apporte de la pluie et ça fait du bien au sol,
14:41soit les impacts de foot peuvent aussi provoquer
14:43très localement de nouveaux départs de feu.
14:45Donc il faut rester prudent.
14:47Et dimanche, là, c'est une perturbation un peu plus classique,
14:49plus pluvieuse, qui va traverser le pays d'ouest en est.
14:51Donc là, toutes les régions devraient être concernées par ces pluies.
14:54Malheureusement, Météo France ne sera pas des grosses pluies.
14:57Mais voilà, chaque goutte de pluie est quand même bénéfique.
14:59Donc on prend ce qu'on peut prendre.
15:00Benoît Ruiz, vous, vous avez survolé l'incendie dans le Var en hélicoptère.
15:04Aujourd'hui, racontez-nous ce qui vous a frappé lors de ce vol.
15:12Eh bien écoutez, déjà, c'est la taille de cet incendie.
15:16Vu du ciel, c'est incroyable, tout simplement.
15:21C'est triste, mais voilà, on voit d'un côté,
15:23par exemple, le gros baissillon.
15:26C'est celui qui a été le plus frappé.
15:28D'un côté, vous avez de la verdure.
15:30Et de l'autre, vous avez de la grisaille.
15:33C'est tout gris.
15:34Il ne reste plus rien.
15:35On va vous parler un peu des conditions de vol.
15:37On a été jusqu'à 2000 mètres d'altitude
15:40parce qu'il fallait laisser travailler, évidemment,
15:43les Canadair, les DASH et les hélicoptères
15:47qui nous passaient sous l'hélicoptère, loin, je vous rassure.
15:51Mais on les voyait sous notre hélicoptère en train de travailler
15:54parce qu'il y avait encore, effectivement, des flammes.
15:56On pouvait les apercevoir même de 2000 mètres d'où nous étions.
16:00Et ce qui nous a frappés, eh bien, voilà,
16:02c'est cette surface grisâtre que vous pouvez apercevoir
16:05sur ces images en plan large d'Emma Arnault.
16:08Et justement, ce feu qu'on a vu déborder,
16:11passer sur le Gros-Bessillon, sur l'un des flancs du Gros-Bessillon
16:14et ensuite descendre sur Cotignac.
16:17Et c'est là qu'il a fait le plus de dégâts au niveau des maisons
16:21avec une cinquantaine de maisons touchées et dix détruites
16:24avec un travail des pompiers exceptionnels.
16:27Nous étions nous-mêmes dans l'un des quartiers touchés hier soir
16:30et on entendait le feu crépiter avec ce souffle
16:34que l'on peut entendre lorsqu'il y a vraiment un gros feu
16:38qui est en train de se mettre en place, de se déplacer véritablement.
16:41Et les pompiers qui se criaient les consignes,
16:44une ambiance apocalyptique avec des évacués
16:47qui eux aussi, eh bien, étaient un peu perdus.
16:50On peut le comprendre, qui ne savaient pas trop
16:53comment la nuit allait se passer.
16:54Et quand on découvre tout ça du ciel,
16:56eh bien, on se rend compte de la catastrophe écologique
16:58que ça peut être d'avoir un tel incendie qui est parti,
17:02on le rappelle, d'un simple champ, d'un champ dans la vallée.
17:06Et ensuite, il a remonté des deux côtés du Bessillon,
17:10à gauche et à droite.
17:11Et c'est à droite qu'il a fait le plus de dégâts
17:14avec le fort vent.
17:15Donc, vraiment, ces images, elles sont impressionnantes.
17:18On se rend compte des 2 500 hectares.
17:21On rappelle, c'est quasiment 2 000 terrains de foot
17:24qui ont brûlé en l'espace de quelques heures.
17:26Et donc, ces images aériennes nous permettent
17:28de prendre conscience de la catastrophe écologique
17:31qui s'est jouée.
17:32Et l'été ne fait que commencer.
17:34Et demain, vous l'avez dit,
17:363 massifs sont en risque extrême.
17:38Ça n'arrive pas souvent.
17:40Enfin, cette année, oui.
17:41Mais les années précédentes, c'est vrai qu'on ne les avait pas trop notés,
17:44ces risques extrêmes.
17:45Eh bien là, il y a 3 massifs qui sont en risque extrême.
17:48Donc, journée véritablement difficile à venir,
17:51peut-être pour les pompiers, malgré tout ce qui s'est passé.
17:54Et toujours, ce feu à fixer du côté de Pontevesse et de Cotignac.
18:00Merci, Benoît, avec Emarno à la caméra.
18:03Patrick Chavada, c'est vrai que cette comparaison,
18:05elle est marquante.
18:06C'est l'équivalent de 2 000 terrains de foot partis en fumée.
18:11Vous avez entendu le ministre de l'Intérieur aujourd'hui
18:12dire qu'il y en avait assez des polémiques,
18:14que nous faisions face à ces incendies
18:18et que les pompiers avaient suffisamment de moyens.
18:20Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
18:24De toute façon, devant la multiplicité des feux,
18:27on pourrait mettre tous les moyens qu'on veut.
18:29Mais si vraiment on avait une énorme masse d'éclosions de feux,
18:33on peut mettre tous les moyens qu'on veut.
18:34On serait toujours en train de courir derrière les moyens.
18:37Ce qu'il faut dire, c'est que les moyens, ils y sont.
18:40On a énormément de colonnes extra-départementales
18:42qui sont venues, extra-zonales, qui sont venues nous renforcer.
18:45Donc, on a une masse de sapeurs-pompiers,
18:47une masse de véhicules qui sont sur le terrain.
18:49Ce qui est compliqué pour nous, c'est la gestion de la ressource.
18:53C'est-à-dire, on l'a dit, nos effectifs, nos véhicules.
18:56Parce que bien évidemment, ce sont des feux qui sollicitent les véhicules.
19:00Et donc, on a nos mécaniciens.
19:01On ne le voit pas, ils sont à l'arrière de ces feux.
19:04On a nos mécaniciens qui sont sur place.
19:06On a nos infirmiers qui sont là pour le personnel.
19:08Et donc, l'objectif, c'est d'arriver.
19:09C'est une guerre qu'on mène.
19:11Et donc, on a une partie logistique qui ne se voit pas.
19:13Mais actuellement, les moyens sont, je dirais, suffisants, sont tendus.
19:17Et donc, c'est le travail des commandants des opérations de secours.
19:19Quels sont les enjeux ?
19:20En sachant qu'en prioritairement, c'est la vie humaine.
19:23En deuxième lieu, ce sont les habitations, ce sont les biens.
19:25Et en troisième lieu, ce sont la forêt.
19:27Et en fonction de ces éléments-là,
19:29on fait bouger les renforts en fonction des feux.
19:32Nicolas Dumas, vous êtes en Gironde,
19:35où on le disait, c'est au moins 900 hectares qui ont brûlé.
19:39Et le feu continue de progresser, c'est ça, Nicolas ?
19:45Oui, il progresse vers le sud, vers l'Eche-Cap-Ferré.
19:48On est loin de l'Eche-Cap-Ferré,
19:49mais il progresse dans cette direction.
19:51Et vous allez voir sur les images de Valentin Ribes,
19:53cet important panache de fumée.
19:55Et avec le coucher du jour,
19:58on voit d'autant plus cette lumière rouge,
20:00des flammes qui sont présentes ici dans le ciel.
20:05Autre petite chose,
20:07c'est qu'il y a de nombreuses personnes
20:09qui ont été évacuées de chez elles
20:11et qui sont présentes ici dans une salle municipale.
20:14Et on va vous montrer à l'intérieur de cette salle
20:17ce qui a été préparé pour cette nuit
20:18parce que les personnes vont devoir dormir ici.
20:21Il y a une quarantaine de lits de camp
20:23qui sont déjà installés ici
20:24pour pouvoir permettre d'accueillir ces personnes
20:27qui sont évacuées
20:28parce qu'il y a déjà 900 hectares de fories
20:31qui sont parties en fumée,
20:32qui sont brûlées ici.
20:34– Merci Nicolas avec Valentin Ribes.
20:38Juste un mot sur les évacuations en Gironde.
20:41C'est quand même énorme.
20:423000 personnes qui ont été évacuées à ce stade
20:45alors que le feu continue de progresser.
20:48Comment ça se passe, les évacuations ?
20:50Ça peut se passer, Patrick Chavada,
20:52en quelques minutes ?
20:54Un pompier qui arrive à votre porte
20:55et qui vous dit
20:57prenez quelques affaires et on y va ?
21:00– Effectivement, on a le poste de commandement
21:02avec ce qu'on appelle une cellule anticipation
21:04qui, par rapport à la propagation du feu,
21:07on arrive à avoir dans une heure où sera le feu,
21:10dans deux heures où sera le feu,
21:11où il sera dans 30 minutes.
21:12Et en fonction de ces éléments-là,
21:14sont donnés des ordres soit de confinement,
21:16soit d'évacuation qui sont reliés par la préfecture
21:19avec le déclenchement de ce qu'on appelle
21:20le système d'alerte, FR-alerte,
21:22que vous recevez directement sur votre téléphone,
21:24ou par les police municipales, les sapeurs-pompiers,
21:27les élus locaux qui vont passer dans les lotissements
21:29et qui vont demander aux gens d'évacuer.
21:31Et bien évidemment, on essaie de le faire assez en amont
21:34pour que les gens puissent évacuer,
21:35comme vous l'avez dit en Gironde,
21:37ces 3500 campeurs qui ont été évacués du côté de la Cano.
21:40On a quand même été obligés d'évacuer des gens
21:42qui étaient sur la plage.
21:43On a 600 véhicules qui ont été évacués
21:45de la plage de Grécy-Porge.
21:47Ce qui veut dire que tout ça, ça se prépare,
21:49ça s'anticipe et on peut s'apercevoir
21:51que ça s'est fait quand même dans de bonnes conditions.
21:54Et donc, si on fait partie des régions concernées,
21:57qu'est-ce qu'il faut se préparer ?
21:59Il faut se mettre un sac de côté avec l'essentiel ?
22:03Oui, effectivement, il faut ce qu'on appelle
22:04avoir un kit familial de sécurité.
22:07En gros, c'est essayer d'être autonome pendant 72 heures,
22:13ce qui veut dire qu'on va mettre dans la voiture,
22:15on va mettre de l'eau, on va mettre des denrées,
22:16on va préparer un sac avec ses papiers,
22:19les éléments importants de l'habitation,
22:21on va mettre ça à l'entrée de la porte d'entrée.
22:24Et si vous devez évacuer, vous avez juste à prendre le sac,
22:26à monter dans la voiture et évacuer.
22:28Quand vous évacuez votre habitation,
22:30si vous devez évacuer,
22:31on essaye de laisser le portail ouvert,
22:33parce que bien souvent maintenant,
22:34les gens ont des portails électriques,
22:35et en cas de coupure d'électricité,
22:37on ne peut plus accéder à la maison et protéger l'habitation.
22:40On laisse la lumière allumée,
22:41parce que quand les maisons sont sous la fumée,
22:43on est dans le noir, on est dans la nuit,
22:45donc on laisse la lumière allumée,
22:46on laisse le portail ouvert et on évacue,
22:49et les forces de gendarmerie sont là pour sécuriser les lieux.
22:51Et il vous arrive souvent de rencontrer des réticences
22:54au moment des ordres d'évacuation ?
22:56– Oui, ça arrive, mais je dirais,
22:59ce sont des réticences que l'on comprend,
23:02les gens essayent de sauver leurs biens,
23:04vous avez toute une vie, une maison,
23:06c'est le projet d'une vie,
23:08et on a des gens qui sont là,
23:09qui essayent de défendre leur habitation,
23:12alors bien évidemment,
23:13des fois on emploie un petit peu la force,
23:14quand vraiment,
23:15on est vraiment,
23:16quand les gens sont en danger,
23:17alors à ce moment-là,
23:18on va les évacuer de force,
23:19mais on essaie d'être conciliant avec les gens,
23:21mais bon, effectivement,
23:22on a des gens qui peuvent être réticents,
23:23mais il faut les comprendre,
23:25c'est le projet d'une vie qui peut partir à le fumer.
23:27– Et c'est toute une vie,
23:28parfois, qu'on laisse derrière soi.
23:30Merci beaucoup Patrick Chavada,
23:31merci beaucoup à tous les trois,
23:33soyez donc prudents,
23:34si vous faites partie des départements concernés,
23:37ces cinq départements,
23:38vigilance rouge pour incendie demain,
23:40c'est bien ça un génial ?
23:40– Exactement.
23:42– Soyez donc prudents.
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