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  • il y a 2 jours
Chaque soir, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00L'actualité, c'est également l'Europe qui est face à la pression migratoire.
00:04Réunion aujourd'hui d'urgence des Européens après l'afflux de dizaines de milliers de migrants dans l'enclave espagnole
00:10de Ceuta.
00:10Selon le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nunes, l'Europe a convenu que l'espace Schengen n'est pas
00:15le problème, mais la solution.
00:18Alors faut-il réformer la politique migratoire au sein de l'Union Européenne ?
00:22La question en tout cas divise clairement au sein de l'Union Européenne, mais aussi en France.
00:26On va en débattre dans un instant avec nos invités, Jonas Haddad, porte-parole, adjoint des Républicains, qui est sur
00:31ce plateau.
00:31Bonsoir, merci d'être là. Vous débattrez dans un instant avec François Calfon, député socialiste européen.
00:37Mais avant de débattre, on va faire un petit tour du côté de Madrid, où on va retrouver notre correspondant
00:41BFM TV sur place, Romain Chauvet.
00:44Romain, que retient-on au fond de cette réunion informelle des Européens ?
00:49Et qu'en dit-on en Espagne, qui était évidemment en première ligne dans ce dossier ?
00:53Oui, on nous dit que cette réunion était nécessaire, qu'elle a été constructive et que les différents pays de
01:00l'Union Européenne ont montré leur appui, leur solidarité avec l'Espagne.
01:05Donc une certaine unité qui tranche avec toutes ces divisions, ces attaques qu'on a vues au cours des derniers
01:10jours contre l'Espagne.
01:11Il faut dire que les autorités espagnoles ont tenté de rassurer les Européens en envoyant des renforts de l'armée
01:17dans ce territoire espagnol de Ceuta,
01:19en installant également une barrière flottante pour contrer de nouvelles arrivées sur la mer,
01:24ou encore en renvoyant 70 000 de ces 72 000 migrants vers le Maroc.
01:30Mais malgré tout, l'Espagne reste sur sa position et dit que oui, il faut lutter contre l'immigration clandestine,
01:37irrégulière,
01:37mais qu'en même temps, il faut offrir des voies légales à ces gens-là pour qu'ils viennent soutenir
01:42la croissance économique.
01:43Et je vous dirais que maintenant, ce soir, ce qui fait beaucoup réagir ici en Espagne, c'est qu'il
01:47y a toujours plusieurs centaines, milliers de personnes
01:49qui restent dans cet enclave-là espagnol, plusieurs centaines de mineurs non accompagnés, de mineurs qui sont venus seuls.
01:57L'Espagne a annoncé aujourd'hui une aide de 25 millions d'euros pour prendre en charge ces mineurs à
02:02Ceuta.
02:03Et ça, ça a été beaucoup décrié par la droite et l'extrême droite ici, qui disent qu'il ne
02:06s'agit pas d'une crise humanitaire,
02:08mais bien d'un enjeu de sécurité nationale.
02:11Le gouvernement espagnol se défend et dit qu'il agit pour respecter le droit international.
02:16– Mains chové, merci. En direct de Madrid pour BFM TV.
02:19Jonas Haddad, pour reprendre les mots de Laurent Nunez aujourd'hui, Schengen, ce n'est pas le problème, mais c
02:24'est la solution.
02:25Il a expliqué qu'il y avait un consensus, on va dire, européen sur ce point.
02:29Est-ce que vous partagez cet avis ?
02:31– Non, et je suis très étonné de cet exercice d'autosatisfaction.
02:35Il y a quand même eu dans cette affaire gravissime 75 morts.
02:39On a vu et nos téléspectateurs l'ont vu également des vidéos dans lesquelles des femmes qui étaient à Ceuta
02:45imploraient à la télévision l'Espagne elle-même pour qu'elle puisse faire régner l'ordre à l'intérieur.
02:51Et puis à la fin, je reprends les paroles de M. Sanchez lui-même, qui parle là d'une attaque
02:58qui est gravissime,
02:59d'une violation de son territoire.
03:01Donc je ne comprends pas comment en quelques jours on peut passer de 75 morts et d'une attaque gravissime
03:06à un exercice d'autosatisfaction comme ça de la part du ministre de l'Intérieur.
03:10Alors il ne faut pas que tout cela rentre dans un mécanisme de déni.
03:15La réalité c'est qu'en plein cœur de l'été, il y a eu d'ailleurs, et vos images
03:19le montrent,
03:21exclusivement des dizaines de milliers de jeunes hommes.
03:24Il n'y a pas beaucoup de mineurs à l'intérieur, il n'y a pas beaucoup de femmes.
03:26– Il y a un millier de mineurs quand même qui restent actuellement sur l'enclave espagnole.
03:29– Voilà, mais sur 60 000 personnes, c'est-à-dire qu'il y a eu 59 000 personnes
03:33qui sont des jeunes hommes, qui sont venus envahir une partie de l'Europe,
03:38et que l'Europe aujourd'hui essaye de calmer tout ça en expliquant que tout va très bien.
03:42J'ai vu les images comme vous peut-être également de ces personnes
03:46qui rentraient à l'intérieur des maisons des Espagnols pour fracasser les portes,
03:50et je voyais la terreur de ces gens-là, mais comment peut-on faire preuve d'aussi peu d'empathie
03:55vis-à-vis de ceux qui ont subi ce qui ressemble aujourd'hui à une invasion,
03:58et cet exercice d'autosatisfaction du ministre Nunez m'étonne.
04:03– François Calfon, vous êtes en direct avec nous.
04:05Même question, est-ce que vous partagez les propos de Laurent Nunez aujourd'hui,
04:10à savoir que l'espace Schengen, c'est la solution et pas le problème ?
04:14– Évidemment que je partage les propos de M. Nunez,
04:17en ce sens que face à ce qui apparaît comme un défi migratoire énorme,
04:22et je ne comprends pas la réaction de M. Haddad,
04:25puisque effectivement il y a une pression migratoire qui existe du fait de la pauvreté,
04:30du fait de régimes corrompus, il faut des réponses coordonnées européennes.
04:33La deuxième chose, c'est que je n'ai pas compris l'extrême droite,
04:36ou plutôt je l'ai trop bien compris, c'est une partie de la droite
04:38qui immédiatement a dit qu'il faut suspendre les accords de Schengen,
04:42alors que les accords de Schengen ne s'appliquent pas à l'enclage de ce tas.
04:47Le troisième élément, c'est qu'on a fait de Pedro Sanchez, parce qu'il est socialiste,
04:52finalement la cause du problème, alors qu'il en est, et le peuple espagnol avec lui, la victime,
04:57de ce qu'il faut bien appeler une déstabilisation à grande échelle,
05:01en utilisant malheureusement des pauvres victimes,
05:04des personnes finalement qui n'avaient comme avenir que la possibilité de fuir,
05:10comme un véritable bouclier pour faire sauter les enclaves espagnoles sur le continent africain.
05:16Et je trouve que M. Sanchez, malgré la pression des extrêmes droits, des populistes de tout poil,
05:21j'entendais M. Haddad, j'espère qu'il n'adhère pas à ce narratif,
05:24nous expliquer à quel point dans les maisons les gens étaient terrorisés,
05:27alors qu'il y a eu 75 morts de l'autre côté,
05:31et bien M. Sanchez a réagi avec calme,
05:34le gouvernement français, et je le salue, a réagi avec calme,
05:38et 95 à 97% de ces personnes, d'ailleurs les images à l'écran à l'instant,
05:44qui malheureusement ont été envoyées par camion entier par le gouvernement marocain,
05:49sont revenus finalement sur leur part.
05:51Alors n'en reste pas, moi, parce que moi je ne suis pas dans le déni,
05:54le fait que oui, il y a une confrontation entre une Europe développée
05:59et finalement une Afrique et une Afrique du Nord,
06:02où vous avez ces phénomènes des mineurs isolés,
06:04qui ne sont pas propres à ce tas,
06:07mais pour l'instant il n'y a pas d'invasion,
06:09contrairement à ce qui a été dit sur les antennes
06:12et sur lesquelles les populistes ont prospéré,
06:15alors que c'est une contre-vérité.
06:17Jonas Haddad, qu'est-ce que vous répondez à François Calfon ?
06:20Je suis très étonnable parce que j'ai le droit à tout le gloubi-boulga
06:25gauchiste, voire quasiment complotiste.
06:27Alors le complotisme, c'est de considérer que tout ça
06:29est une déstabilisation du gouvernement marocain,
06:32donc aucune remise en cause du gouvernement espagnol.
06:36Deuxièmement, c'est oublier qu'en avril,
06:38M. Sanchez a lancé un plan de régularisation massive des immigrés.
06:43C'était donc un appel d'air assez net de dire
06:46voilà, vous n'avez qu'à venir en Espagne
06:48et nous vous régulariserons,
06:49ce qui commence déjà à être fait avec un certain nombre de personnes
06:51dont on ne sait pas s'ils sont minores ou pas.
06:53Vous vous dites qu'il y a un lien entre cette décision
06:55de la justice espagnole au fond
06:57et ce qui s'est passé à Ceuta ces derniers jours.
06:59Alors vous savez quoi, c'est même pas moi qui le dit,
07:01c'est M. Sanchez lui-même qui cible.
07:03J'ai repris ces termes exacts,
07:04ce que M. Calfon, là, il dit comme si c'était finalement pas très important
07:08et que c'était juste des pauvres gens qui venaient ici.
07:11Non, non, M. Sanchez lui-même...
07:12Il est pas en cas de mort quand même, hein, M. Sanchez.
07:14Apparemment, ça ne l'intéresse pas.
07:16M. Sanchez, le Premier ministre espagnol,
07:18dit qu'il s'agit là de l'œuvre de mafia.
07:21Donc moi, je ne comprends pas qu'on puisse parler ici
07:24de sujets juste de pauvreté et de guerre.
07:28Jusqu'à preuve du contraire, le Maroc n'est pas un pays en guerre.
07:31Le Maroc a un taux de croissance qui est un taux de croissance
07:34qui est important.
07:35Et donc en fait, on a ici toute la ribambelle d'excuses
07:39pour ne rien faire.
07:39Mais finalement, je veux dire...
07:41Est-ce que je peux quand même...
07:42Et j'attends la réponse de M. Calfon, mais c'est pas très étonnant.
07:48Finalement, si dans un an, et nos téléspectateurs doivent s'habituer à ça,
07:52si dans un an, les amis de M. Calfon, les Glucksmans, les Hollande passent,
07:56c'est exactement ces images-là qu'on aura en France.
07:58C'est pas grave.
07:59C'est deux choix de société.
08:00Là, on est à Ceuta, on est sur le continent.
08:02Est-ce que je peux interdire ?
08:03C'est une enclave espagnole qui ne fait pas partie de l'espace.
08:07Mais nous aussi, nous avons des enclaves.
08:08Si vous regardez ce qui se passe à Mayotte, avec les Comores juste à côté,
08:12nous sommes soumis à la même pression migratoire.
08:14Donc si demain, nous avions un gouvernement socialiste au pouvoir,
08:17eh bien le même Fédère provoquerait les mêmes choses.
08:20Et donc les populistes, ce ne serait pas de ce côté.
08:22Ce serait plutôt ceux qui accepteraient de faire rentrer des centaines de milliers de personnes
08:26sans aucune...
08:27Avant de vous donner la parole, François Calfon, juste ces dernières informations,
08:3077, c'est le dernier bilan, 77 personnes décédées dans cet afflux de migrants du côté de Ceuta.
08:35C'est les derniers chiffres qui sont donnés du côté espagnol.
08:39On vous écoute.
08:41Écoutez, moi j'ai une certitude, monsieur Haddad,
08:43c'est que si le Rassemblement national est élu l'année prochaine,
08:47ce que je ne souhaite pas, vous candidaterez à être ministre de l'Immigration.
08:50Ça fait longtemps que vous avez quitté, finalement, les rails de la droite républicaine.
08:56Mais bon, c'est le choix de votre carrière.
08:58Vous êtes la lumière et la vérité.
09:00La deuxième chose, parce que ça ne m'intéresse pas, finalement,
09:04de discuter avec la droite extrême-droitisée,
09:06ce qui m'intéresse, c'est les faits.
09:08Comme vous mentez, je vais quand même rétablir les faits.
09:10Les faits, ils sont très simples.
09:11C'est que de toutes ces personnes que vous avez vues franchir,
09:15et c'était vraiment des images terrifiantes,
09:17ça, je ne suis absolument pas dans le délit.
09:19Il n'y en a pas une seule qui est passée en France.
09:21Pas une seule.
09:22Et vous jouez à faire peur en disant,
09:25ben oui, mais à Mayotte, c'est comme ça.
09:26Ben à Mayotte, je pense quand même que les autorités ont réagi.
09:30Et que, bien évidemment, ça n'est pas la culture du complot
09:33que de dire, c'est les autorités espagnoles qui l'ont vu,
09:36qu'il y avait des personnes, des services marocains
09:39parmi ces foules de migrants.
09:40Et tout le monde l'a vu, mais peut-être que vous n'avez pas ouvert les images,
09:43qu'il y avait des camions entiers, des bus entiers
09:45qui venaient du sud marocain,
09:47accompagnés par les autorités marocaines pour rentrer en Espagne.
09:50Alors, voilà, moi, je considère effectivement que dans le continuum de guerre,
09:55le continuum d'insécurité géopolitique,
09:58eh bien, il y a manifestement des autorités, des gouvernements
10:02qui utilisent la soupape,
10:04et malheureusement, je suis obligé de m'exprimer comme ça,
10:06de l'immigration clandestine.
10:09Et je le dis aussi parce que, encore, M. Haddad est dans les fantasmes
10:13tout en m'accusant d'être dans la culture du complot.
10:15Je suis député européen, Frontex fait son travail.
10:18Depuis trois ans, le nombre d'entrées sur le territoire européen
10:23ne cesse de diminuer.
10:25Il y a les fantasmes, il y a les images,
10:27et celles-ci étaient angoissantes, je suis tout à fait d'accord.
10:30Et puis, il y a la réalité des chiffres.
10:32Alors, on voit ces images.
10:33Il y a encore des mineurs isolés qui sont dans l'enclat de ce tas.
10:36Mais je le répète, à l'heure où nous parlons,
10:38il y a 95% des gens qui sont rentrés sur le territoire marocain.
10:43Et là encore, est-ce que vous voyez les militaires espagnols dire
10:48« Mais venez, on ouvre les frontières, rentrez en Europe ».
10:51Ça n'est pas le cas.
10:52Alors oui, ils ont agi avec humanité et cœur face à celles et ceux
10:56qui ont failli se noyer.
10:57Eh bien, M. Haddad, je vous le dis avec force,
11:01la force publique doit faire respecter le droit,
11:04y compris le droit de l'immigration.
11:06Mais jamais je n'assumerai des forces militaires ou de sécurité
11:09qui laissent crever les gens en se noyant dans l'eau.
11:11Ça, je l'assume, c'est nos valeurs.
11:14Et manifestement, ça n'est pas les vôtres.
11:17Alors, je voudrais votre commentaire sur une image,
11:19ce barrage flottant qui est une des réponses annoncées par l'Espagne,
11:25donc qui encercle cette enclave de Ceuta
11:27pour empêcher notamment l'arrivée éventuelle de migrants à la nage,
11:34puisque ça a été le cas notamment dans ce qui s'est passé ces derniers jours.
11:37Jonas Haddad, un commentaire, il y a un effet dissuasif.
11:41Quel regard vous portez sur cette réponse ?
11:44Le regard, c'est que là, on n'est plus dans le fantasme ou dans l'idéologie,
11:48on est vraiment dans le réel.
11:50On est dans le réel et on voit bien qu'aujourd'hui,
11:52vous avez un pays qui est totalement débordé,
11:54qui s'est bercé d'illusions et qui, à un moment,
11:56a pu penser que le fait de régulariser massivement
12:01des milliers de migrants, ça pourrait ne pas avoir de conséquences.
12:05Aujourd'hui, ces gens-là, c'est vrai aussi,
12:07sont instrumentalisés par des passeurs,
12:10par des gens qui sont des illégaux.
12:11Et je m'étonne beaucoup que l'ensemble de la gauche française
12:13et de la ganche européenne ne combattent pas ces filières
12:17qui sont assez graves.
12:19Et donc moi, je pense qu'aujourd'hui, bien,
12:20le réel frappe, comme disait Lacan.
12:24Et aujourd'hui, les Espagnols sont frappés par ce réel.
12:26Mais encore une fois, ça doit nous réveiller de la même façon en France.
12:30Je le redis, nous avons des territoires
12:32qui sont limitrophes d'un certain nombre de zones
12:34dans lesquelles, aujourd'hui, c'est le chaos migratoire.
12:36On a oublié, je parle tout à l'heure de Mayotte,
12:38parce qu'on a oublié.
12:39Mais il y a eu des plateaux que vous avez justement fait
12:41dans lesquels les habitants de Mayotte décrivent ces mêmes scènes.
12:45Et c'est chez nous.
12:47Et c'est de la même façon que ça pourra se passer.
12:48On va rester sur ce l'état.
12:49François Calfon, un mot sur les images qu'on a diffusées
12:53de ce barrage flottant.
12:55Est-ce que c'est à la hauteur en termes de réponse
12:57face aux défis ?
12:58On ne voit que le barrage flottant.
13:00Mais allez là-bas, dans l'enclave de Mélila,
13:02au compte Céuta, vous allez voir des barbelés,
13:05des fils électriques absolument partout.
13:07Donc le seul endroit où vous pouvez passer par la mer,
13:10maintenant, on le sécurise.
13:11C'est bien la preuve que Pedro Sanchez n'est pas...
13:14Non, mais je n'ai pas compris.
13:15Est-ce que vous êtes pour...
13:16Et j'en termine par un point.
13:16Est-ce que vous êtes pour ou contre ?
13:18Parce que je ne comprends pas.
13:19Je crois que c'était une chance.
13:20Et vous savez...
13:21Et d'un seul coup, vous valorisez les barbelés.
13:22Je ne laisse répondre.
13:24Allez-y, François Calfon.
13:25En plus, je n'ai pas de problème pour vous répondre.
13:27Je ne suis pas un no-border, moi.
13:28Vous savez, et je crois que le mythe de l'immigration zéro
13:31n'existe pas non plus.
13:33Il faut une immigration légale qui soit encadrée par les pays.
13:37Je ne souhaite, et aucune personne censée et raisonnable
13:40ne souhaite que vous ayez des...
13:41Et d'ailleurs, aucun pays européen ne peut accueillir
13:44des dizaines et des dizaines de milliers de personnes
13:46comme on l'a vu l'autre jour.
13:48Mais est-ce que ces personnes ont été accueillies
13:50par M. Sanchez ?
13:51Non.
13:52Est-ce qu'une seule a franchi le territoire
13:54pour aller sur le continuum européen ?
13:55Non.
13:56Et je le dis au passage, parce que la démagogie,
13:58ça suffit.
13:59Mme Mélanie a régularisé par l'entrée de migrants
14:04sur l'île de Lampedusa
14:06beaucoup plus de personnes que Pedro Sanchez ne l'a fait.
14:10Alors justement...
14:10Après que des gens travaillent.
14:12Mais vous savez, dans Paris, dans les restaurants,
14:15M. Haddad, quand vous allez manger une soupaille à l'oignon...
14:18Prends ça qu'elle faut justement vous parler de la dimension européenne.
14:23On va accueillir sur ce plateau Maéva Lamy,
14:25puisqu'on le disait, les Européens ont échangé
14:26de manière informelle, Maéva, aujourd'hui,
14:28sur les leçons à tirer de cet épisode.
14:31Il y a d'abord eu des tensions
14:33entre les différents pays de l'Union européenne sur ce point.
14:36Oui, Jérémy, les lignes n'ont pas vraiment été les mêmes
14:37selon les pays.
14:39D'abord, effectivement, on en parlait à l'instant,
14:40la ligne de l'Italie qui a été finalement la plus dure,
14:43la plus ferme.
14:43Immédiatement, le pays a annoncé vouloir suspendre l'Espagne
14:47de l'espace Schengen.
14:49Et l'Italie a obtenu là-dessus le soutien de la Finlande
14:53et du Danemark.
14:54Le ministère italien de l'Intérieur a ensuite annoncé
14:57des contrôles aux frontières aériennes et maritimes
15:01avec l'Espagne pour les ressortissants non européens.
15:04Pedro Sanchez, l'Espagne, a répondu de son côté
15:07et a fustigé une attitude, je cite,
15:09égoïste, clivante et illégale.
15:11Madrid qui affirme avoir repris le contrôle de la situation
15:14et qui souligne que la très grande majorité des migrants
15:18est repartie vers le Maroc.
15:20Il accuse également Pedro Sanchez, certains dirigeants européens,
15:23notamment Georgia Meloni, d'instrumentaliser la crise à des fins politiques.
15:28Alors Maëva, d'autres pays avaient une position plus intermédiaire,
15:30c'est le cas notamment de la France.
15:31Oui, Emmanuel Macron qui a réaffirmé sa solidarité avec l'Espagne.
15:36Laurent Nunez, lui, a déclaré qu'il n'était absolument pas question
15:39que l'Espagne quitte l'espace Schengen.
15:41Mais Paris a toutefois annoncé, multiplié par 5,
15:44le nombre de policiers et de gendarmes à la frontière franco-espagnole.
15:48Comme la France, le Portugal a également annoncé un renforcement
15:51des contrôles aux frontières terrestres et maritimes dans le sud du pays.
15:55Et puis c'est aussi plus globalement la position de la Commission européenne
15:59puisque Ursula von der Leyen a soutenu l'Espagne
16:02tout en appelant à renforcer les frontières extérieures
16:05et à approfondir également la coopération avec le Maroc.
16:08Merci Maëva pour ces précisions.
16:10Il nous reste très peu de temps, Jonas Haddad.
16:12En un mot, qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
16:14Quelles mesures vous préconisez pour, on va dire,
16:17assurer une meilleure coopération migratoire au niveau européen ?
16:20Une mesure très simple, très démocratique.
16:23Le Parlement européen a voté un règlement qui s'appelle le règlement retour
16:27qui prévoit la création de centres d'accueil des immigrés
16:29en dehors des pays de l'Union européenne.
16:32Le président Macron a dit qu'il ne voulait pas appliquer
16:35un texte qui a été voté par le Parlement européen.
16:38Donc nous, ce soir, avec Les Républicains et avec Bruno Rotaillot,
16:42on demande tout simplement l'application d'un texte qui a été voté
16:45par les députés européens
16:47et qui permettrait d'éviter d'avoir ces crises-là à répétition.
16:50Le président Macron dit souvent qu'il s'engage en tant qu'Européen.
16:54Eh bien, si on respecte la démocratie européenne,
16:56si on considère que le vote des députés européens
16:59emmenés par François-Xavier Bellamy, ça vaut quelque chose,
17:02il faut appliquer le règlement retour.
17:05Dès maintenant, parce que sinon, ces crises, nous les aurons à répétition.
17:09On a un texte qui a permis de faire consensus sur l'ensemble des pays.
17:13Tout à l'heure, j'entendais un représentant du Parti socialiste.
17:16Même les socialistes danois sont pour une fermeté dans la matière.
17:22Donc on demande l'application simple du règlement retour
17:26que ne veut toujours pas appliquer le président Macron.
17:29François Calfon, à quelle mesure vous semble aujourd'hui nécessaire
17:32pour répondre aux défis migratoires ?
17:35Écoutez, c'est la coordination qui est nécessaire.
17:37Et en l'occurrence, il n'y a pas besoin du règlement retour.
17:40Les Marocains, à 95%, sont rentrés dans leur pays
17:43par la fermeté et par la solidarité.
17:45C'est quoi le règlement retour ?
17:47J'explique en une seconde à nos téléspectateurs.
17:49C'est que vous prenez les Marocains de ce tas,
17:50vous les mettez dans un pays tiers, par exemple en Albanie,
17:53et vous les triez en Albanie.
17:54Mais ça n'a aucun sens.
17:56C'est de la stupidité.
17:57Il faut simplement des accords entre l'Union européenne
17:59et des accords bilatéraux entre les pays de l'Union européenne
18:02et les pays émetteurs
18:03pour que ceux qui viennent d'un pays rentrent dans le pays
18:05et qu'on n'ait pas besoin d'aller les placer dans des hotspots
18:09à l'extérieur de l'Union européenne.
18:11C'est une faute chose.
18:12Je suis très étonné de la part d'un député européen
18:15qui dise à la télé française
18:16de ne pas respecter un texte qui a été voté au Parlement européen.
18:20Moi, je n'ai pas très connu.
18:21Voilà, je veux dire.
18:21C'est tout à fait connu.
18:22Oui, mais vous savez, M. Calfon,
18:25il y a quelque chose qui s'appelle la démocratie.
18:27Quand ça ne vous convient pas,
18:28quand c'est voté par le Parlement européen,
18:30il faut l'appliquer.
18:31Et je trouve ça vraiment très curieux
18:33en termes de respect de l'institution,
18:35de pouvoir dire
18:36c'est une idiotie, c'est une stupidité.
18:39Il y a un texte qui a été voté,
18:40la démocratie a parlé,
18:42il faut maintenant que ce soit appliqué.
18:44Et si le Parti socialiste a envie un jour
18:46de faire appliquer ses textes,
18:47il n'a qu'à gagner les élections.
18:48On laisse répondre.
18:49Mais je souffrais simplement
18:50que j'exprime une opinion libre à la télévision.
18:52– Oui, oui, mais il faut respecter le vote.
18:54– Dans la porte, même ça,
18:56même ça, ça n'est pas accepté.
18:59Mais ce n'est pas grave.
19:00– Merci, merci beaucoup François Calfon
19:04d'avoir été en direct avec nous
19:06et d'avoir débattu avec Jonas Haddad.
19:09Un sujet qui enflamme les esprits
19:11et dont on reparlera sans doute prochainement
19:14dans les prochains mois,
19:14dans la perspective évidemment des débats
19:16de l'élection présidentielle
19:18qui nous attend l'an prochain.
19:20– Sous-titrage ST' 501
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