- il y a 11 heures
Chaque soir, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00On en vient à l'actualité consacrée évidemment sur le front des incendies ce soir avec un chiffre qui nous
00:06a interrogé aujourd'hui.
00:09375 personnes interpellées à la suite de ces départs de feu depuis deux mois en France et notamment beaucoup de
00:17mineurs.
00:17Avant de revenir sur cette actualité et tenter de mieux comprendre ce phénomène, on va faire un point sur la
00:24situation précisément dans le Var où on vous retrouve.
00:27Laura Cambeau, c'est une nouvelle journée de lutte contre les reprises de feu qui a eu lieu pour les
00:33pompiers sur place.
00:36Oui tout à fait pour les 1500 pompiers qui ont été mobilisés aujourd'hui pour le 14e jour d'affilée
00:42sur cet incendie dans le Var.
00:44Il y a en effet une reprise de feu majeure qui a été arrêtée grâce à l'intervention de pompiers
00:49au sol et grâce à l'action de deux Canadair.
00:52La situation reste dangereuse ici, c'est le préfet qui l'a affirmé en rappelant que les pompiers doivent se
00:58frayer un passage au milieu de cette végétation méditerranéenne au milieu de ces pins
01:02pour réussir à aller arrêter ces reprises de feu mais aussi éteindre les fumeroles et également sécuriser toutes les lisières
01:10de l'incendie.
01:11Le tout dans des conditions météo très dangereuses.
01:14Il a fait jusqu'à 40 degrés.
01:15Ici dans le Var aujourd'hui, le taux d'humidité était particulièrement bas et puis il y a toujours ces
01:20rafales de vent allant jusqu'à 50 km heure.
01:23Le préfet du Var qui a annoncé qu'il y aurait l'arrivée du Mistral mercredi ou jeudi ce qui
01:29risque encore de compliquer la tâche.
01:31Le préfet du Var qui a mis aujourd'hui en avant un chiffre intéressant, assez terrible pour la commune de
01:38Corrance.
01:39Il y a 52% de cette commune qui est partie en fumée, cette commune qui est donc la première
01:45victime de ce terrible incendie du Var.
01:48Cet incendie qui n'est donc toujours pas fixé, vous l'avez compris, il est seulement maîtrisé.
01:52Une bonne nouvelle néanmoins, la surface totale de l'incendie, la surface totale parcourue par les flammes n'a pas
01:59progressé aujourd'hui.
02:00Laura Cambou en direct du Var avec Emma Arnault.
02:03Marc, Laura le disait à l'instant, des pompiers qui n'en ont sans doute pas terminé avec cette vigilance
02:09incendie parce que les conditions météo, chaleur et vent s'annoncent plutôt défavorables dans les prochaines heures.
02:15Absolument, alors déjà les températures baissent un petit peu cette nuit mais on reste toujours sous des valeurs proches de
02:2022, 23, 24 degrés au moment le plus frais de la nuit.
02:22Et puis le vent va à nouveau souffler demain de secteur est, sud-est, vent marin avec des températures toujours
02:28très élevées.
02:28Puis surtout on s'attend à nouveau à un basculement du vent, le Mistral, vent de secteur nord-ouest avec
02:33sans doute un effet de feu entre mercredi et jeudi sur le département du Var.
02:37Des rafales à 40, 50, 60 km par heure et surtout des températures qui après avoir baissé demain vont repartir
02:44à la hausse dès mercredi avec localement des pointes à 36, 37 voire 38 degrés.
02:48Olivier Galichet, vous avez été sapeur-pompier, ça veut dire que là dans le Var, il va falloir encore plusieurs
02:55jours de surveillance dans tous les secteurs pour éviter qu'il y ait une reprise et qu'on connaisse à
03:01nouveau ce qu'on a connu vendredi dernier ?
03:03Oui, alors là on n'en est même pas au stade de la surveillance en fait, ils en sont encore
03:06au stade du noyage, du traitement des lisières pour faire en sorte que justement face à ces journées qui vont
03:11être compliquées avec un Mistral de 50, 60 km par heure,
03:16qui va certainement générer des rafales et aussi des effets de vent un petit peu de bord liés au relief,
03:22ça va être très compliqué et l'objectif là en ce moment c'est vraiment de travailler jour et nuit
03:28pour traiter un maximum de lisières, un maximum de points chauds pour qu'il n'y ait pas de reprise.
03:31On voit qu'ils y arrivent puisque les seules reprises qu'il y a sont dans le brûlé puisque la
03:34surface n'évolue pas, maintenant ça reste compliqué et puis il y a aussi la difficulté de l'ensemble du
03:40département,
03:40voire de la zone méditerranéenne pour laquelle on a des départs de feu tous les jours qu'il faut arriver
03:45à maîtriser très rapidement pour éviter que ça ne génère des feux comme on a eu sur ce secteur.
03:49La France en lutte donc toujours contre les incendies, on a parlé des vents soutenus, on a parlé de la
03:56chaleur mais il y a ce chiffre qui interroge ce soir,
03:58375 personnes ont été interpellées ces deux derniers mois en lien avec des départs de feu, Paul Conge nous a
04:04rejoint sur ce plateau, parmi ces 375 personnes, Paul, il y a énormément de mineurs.
04:10Oui, 142 mineurs sur les 375 interpellés depuis le début de la saison, c'est vrai que c'est un
04:15chiffre qui interpelle, ça représente donc 38% des interpellés.
04:19Alors on n'a pas beaucoup d'éléments encore sur ces mineurs mais ce qu'on peut dire en tout
04:22cas c'est que plusieurs ont été interpellés dans l'Inde, dans le Var ou en Gironde,
04:26par exemple à Saint-Holalie en Gironde le 25 juillet, c'est un mineur de 15 ans qui était dans
04:31un foyer qui a tenté de mettre de feu à des broussailles qui a été interpellé,
04:35il a même été placé en détention provisoire après son interpellation, on a aussi un jeune dont on nous dit,
04:41en tout cas le parquet de Toulon nous dit qu'il a une personnalité plutôt fragile de 15 ans
04:45qui est soupçonné de deux départs de feu dans la ville de Cuerce, deux départs de feu différents et dont
04:51l'un a quand même dévasté 600 m² de végétation,
04:54il explique qu'il avait enflammé des épines de pin à l'aide d'un briquet et c'est vrai
04:59que les motivations de ces jeunes mineurs,
05:01elles posent question, et c'est la question qu'on se pose, mais c'est pourquoi on arrive-t-il
05:05à commettre des incendies de la sorte ?
05:07Marc Roland, vous êtes toujours en direct avec nous, est-ce que vous êtes surpris par ces chiffres, à la
05:12fois 375 personnes interpellées en deux mois en France
05:15et puis sur la présence de très nombreux mineurs qui sont mis en cause ?
05:20Alors je ne suis pas surpris par ces chiffres, je suis plutôt déçu, déçu qu'en 2026 on soit encore
05:27capable,
05:27par abrutissement, manquement délibéré à des obligations de sécurité, au bon sens de pouvoir mettre le feu à la forêt.
05:34En tout cas ce chiffre important témoigne de la parfaite synergie des services de police,
05:40des investigations judiciaires qui sont de mieux en même maîtrisées sur le contentieux du feu,
05:44de l'incendie, en partenariat avec l'ensemble des services régaliens, mais également départementaux et associatifs.
05:51Et surtout je tiens à saluer également la parfaite réactivité des témoins, des gens du quotidien,
05:57qui n'hésitent plus à téléphoner au 17 voire au 18 pour nous signaler en temps et en heure,
06:03toujours de manière utile, tout comportement suspect, des comportements particuliers,
06:08qui prêtent à interrogation et qui nous permettent d'intervenir rapidement,
06:11avant le départ du feu idéalement, en tout cas très rapidement, pour pouvoir le contenir.
06:14Alors expliquez-nous une chose Marc Roland, parce que mettre le feu c'est hélas très facile,
06:19comment on enquête, comment on retrouve ces 375 personnes qui ont été interpellées en deux mois ?
06:25Alors c'est un gros travail d'investigation judiciaire, il y a aussi une petite part de chance,
06:30ne nous mentons pas, mais un gros travail d'investigation judiciaire, un gros travail de constatation,
06:36trouver le point d'éclosion, ce point de départ, faire une belle enquête de voisinage,
06:40ratisser large, avec l'ensemble des moyens à disposition, que ce soit la vidéo, la téléphonie,
06:46mais également les contrôles d'identité, les contrôles de zone, la fermeture des axes,
06:51qui nous permettent de filtrer les gens qui rentrent et qui sortent,
06:53et en cela faire du rapprochement judiciaire, du renseignement criminel,
06:56pour cerner les personnalités, les identités qui reviennent un peu trop souvent,
07:01ces véhicules aperçus ou dénoncés, en tout cas un travail d'investigation qui paye,
07:06qui paye parce que l'ensemble des acteurs régaliens, associatifs et départementaux
07:10s'unissent pour trouver un terme à ces méfaits, en mesure de rapporter les preuves,
07:16d'identifier les auteurs et surtout de les présenter en justice pour une répression conséquente.
07:22Donc si je comprends bien, il y a un travail, on va dire, en aval,
07:25une fois qu'il y a eu des départs de feu, mais aussi une action en amont de prévention
07:30avec des patrouilles qui surveillent et qui tentent de voir des comportements suspects.
07:35– Tout à fait, et des patrouilles qui se figent désormais dans des pelotons de l'ubile géance forêt,
07:41nos panneaux PVF, surtout armés par des réservistes,
07:45qui sont aujourd'hui notre atout majeur en capacité d'être injectés,
07:50projetés, renforcés sur des secteurs particuliers,
07:53des massifs ayant déjà subi une certaine sinistralité,
07:57qui subissent une surfréquentation, qui présentent des risques périphériques
08:01liés à la proximité de zones périurbaines, de centres de vacances, d'usines sensibles,
08:06donc des effectifs dédiés à la détection, à la dissuasion et au renseignement,
08:11en capacité, un, de contrôler et d'interpeller,
08:15et surtout, en qualité de prime intervenant, d'intervenir avec des moyens de bord limités, certes,
08:20mais qui permettent parfois, en temps et en heure, de noyer à début de feu.
08:23– Olivier Gallichet, c'est vrai qu'on vit un été très particulier,
08:26avec des canicules qui se succèdent, des records de température,
08:29on en parle évidemment tous les jours,
08:31mais la main de l'homme est souvent derrière les incendies,
08:35ça peut parfois être accidentel,
08:36mais on le voit, c'est aussi souvent d'origine criminelle.
08:39– Oui, tout à fait, alors moi je découvre les chiffres,
08:42et après, sur toute la partie délinquance,
08:44c'est un sujet auquel je ne saurais pas répondre non plus,
08:46pour quelles raisons, au-delà de certains aspects psychiatriques
08:49qu'on peut découvrir après, mais après…
08:51– On va en parler dans un instant, effectivement.
08:54– Mais du coup, évidemment, les causes naturelles de début d'incendie,
08:59et notamment la foudre, sont très rares, c'est vraiment à la marge.
09:03C'est très souvent lié à des travaux, à des engins agricoles,
09:09et parfois, entre guillemets, à de la bêtise, plus ou moins importante, on va dire,
09:14et puis parfois, à une action, comment dire, répréhensible de la délinquance
09:18ou d'une action criminelle.
09:20Donc voilà, c'est clairement ce sur quoi il faut travailler,
09:24d'autant dans cette saison qui est particulièrement compliquée.
09:27C'est un des axes sur lesquels il faudra travailler.
09:29– Marc Roland, vous êtes toujours en direct avec nous,
09:31375 personnes interpellées, on se dit,
09:33la justice travaille, attrape des suspects,
09:37et en même temps, est-ce que ça ne représente pas une goutte d'eau
09:40face à l'ampleur du phénomène ?
09:42– En tout cas, les moyens sont là,
09:45la détermination des enquêteurs et des magistrats est présente.
09:48Les réponses judiciaires sont intéressantes,
09:50puisqu'on l'a observé récemment, il y a quelques jours de cela,
09:53un couple qui faisait un bras zéro en forêt pour faire cuire son sec
09:57a été interpellé pour le délit de mise en péril d'autrui
10:02par manquement délibéré à une obligation de sécurité
10:06et à un copier de 6 mois d'emprison avec sursis.
10:08Donc la réponse judiciaire, elle est présente.
10:11Il faut faire de la publicité sur ces réponses judiciaires
10:14parce que les actes malveillants existent,
10:17mais c'est surtout également les conséquences d'actes involontaires,
10:21ce fameux jet de cigarette, de mégots,
10:24ces comportements, je dirais, à la marge,
10:26qui provoquent en périphérie des incidents qu'il faut réprimer
10:30à l'aide de l'éducation, de la formation, de la prévention,
10:34mais également par une répression adaptée au profil de chacun.
10:37Merci beaucoup Marc Roland d'avoir été en direct ce soir dans BFM, Grand Soir.
10:41Paul, quelles sont les sanctions encourues par ces personnes,
10:45notamment qui ont été mises en cause, en tout cas suspectées,
10:48d'avoir déclenché des incendies ces dernières semaines ?
10:50L'échelle des peines est assez vaste, très variée,
10:52en suivant qu'il s'agisse d'un incendie criminel, involontaire,
10:56et suivant aussi les conséquences de cet incendie,
10:58sur un incendie volontaire classique, on appelle ça une destruction par incendie,
11:01c'est 10 ans d'emprisonnement encouru et 150 000 euros d'amende,
11:03pour les majeurs, moitié moins pour les mineurs,
11:05mais dans le cas de feux de forêt, donc dans ce qui nous concerne aujourd'hui,
11:08les feux de forêt de l'amende de Macky,
11:09l'enquête est souvent ouverte sur des qualifications criminelles,
11:12et là, c'est 15 ans de prison qui sont encourus, 7 ans et demi pour les mineurs,
11:16et ça peut aller jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité,
11:18si par exemple l'incendie a fait un mort,
11:21s'il a causé des mutilations ou une infirmité permanente à quelqu'un,
11:25perpétuité pour les majeurs,
11:26et ce sera du coup 20 ans pour les mineurs.
11:27Dernier cas de figure, dans les incendies involontaires,
11:30ça va de 1 à 3 ans de prison ferme si c'est un espace forestier,
11:33et suivant les conséquences, s'il y a des blessés, s'il y a des morts,
11:35ça peut monter jusqu'à 10 ans de prison ferme,
11:37même chose, moitié moins s'il est prévenu son mineur.
11:40On retourne sur le terrain, on est en ligne avec Nicolas Dumas,
11:43qui se trouve à Montfort-sur-Argence dans le Var.
11:46Nicolas, c'est évidemment la crainte numéro 1 des habitants,
11:51que la main des incendiaires, la main des pyromanes,
11:53vienne relancer les incendies dans le secteur.
11:59Effectivement, on a pu interroger avec Agathe Pichon
12:01de nombreux habitants ici à Montfort-sur-Argence,
12:04et en fait, ce qu'ils nous disent, c'est cette grande inquiétude
12:06qu'il y a dans le village autour de ces départs de feu
12:09qui ont été volontaires,
12:11si bien que certains nous disent être prêts à faire justice eux-mêmes,
12:15je vous propose de les écouter.
12:17On ne veut pas qu'il y ait plus de personnes comme ça,
12:19et on aimerait justement être là pour arrêter ces personnes-là,
12:22et entre guillemets les punir, car c'est pour moi quelque chose
12:26qui est extrêmement grave.
12:27Les pompiers se battent jour et nuit pour pouvoir sauver nos villages,
12:31pour pouvoir sauver nos forêts.
12:32Là, c'est 80% de la végétation qui a été complètement arrachée à nous-mêmes.
12:37On ne dort pas bien en ce moment, donc je me suis mis à la fenêtre,
12:41et j'ai vu cet éclairage dans la nuit,
12:44parce qu'il faisait nuit noire.
12:45Donc voilà, ça a fait comme un phare directement vers moi.
12:52Vous pouviez l'entendre, le moindre comportement devient suspect
12:56aux yeux des habitants.
12:58La préfecture du Var a indiqué effectivement
13:01que plusieurs départs de feu ici sur cet incendie
13:04avaient été volontaires,
13:06si bien que des enquêteurs sont en train d'essayer d'identifier
13:10les suspects qui seraient à l'origine de ces incendies.
13:14Au total, 500 contrôles routiers préventifs ont eu lieu aujourd'hui
13:18pour tenter d'identifier ces personnes
13:21ou même relever des comportements suspects.
13:24Nicolas Dumas avec Agathe Pichon à Montfort-sur-Argence dans le Var.
13:29On accueille sur ce plateau Florent Gaterias.
13:31Bonsoir, merci d'être avec nous.
13:32Vous êtes psychocriminologue.
13:33On a besoin d'une petite explication
13:35parce que ça choque évidemment de se dire
13:37que des personnes mettent le feu.
13:40Et quand on voit la difficulté des pompiers,
13:43la détresse des habitants qui sont évidemment concernés,
13:47on parle de pyromanie.
13:49On dit pyromanie, c'est un trouble psychique.
13:52Comment expliquer ce type de geste ?
13:54La pyromanie est un trouble, une pathologie mentale,
13:58mais qui ne concerne généralement que 3 à 5 % des incendiaires.
14:03Les Danacans qui mettent le feu sont des incendiaires.
14:09Tous les pyromanes sont des incendiaires,
14:12mais très peu d'incendiaires sont pyromanes.
14:15La majorité de ce que l'on voit dans les différents éléments...
14:20Déjà, il y a actuellement plus d'incendies volontaires
14:24que les statistiques le montrent habituellement.
14:28Les incendies sont souvent à 90 % de causes humaines,
14:33mais généralement accidentelles.
14:34Là, pour une fois, et en tout cas ce que démontrent les enquêtes,
14:39nous avons un nombre très important d'incendies volontaires,
14:43d'actes de malveillance, d'actes de délinquance,
14:47et même criminels.
14:48Ça a été rappelé par rapport aux qualifications judiciaires,
14:52qui, en point de vue de la psychiatrie,
14:55ne sont pas qualifiés de pyromanie,
14:58mais qui sont néanmoins des comportements à combattre ardemment.
15:06Alors, ce que l'on sait, c'est que ces jeunes que l'on a actuellement
15:11sont des individus qui sont plutôt dans une disposition
15:19que l'on peut retrouver chez les jeunes
15:23qui cherchent à s'exprimer, à donner des...
15:30Il y a derrière ça une mauvaise gestion des pulsions
15:34et un mélange entre une vulnérabilité
15:39et un sentiment de toute puissance qui est le propre de la jeunesse,
15:42mais qui se manifeste cette fois-ci par un passage à l'acte,
15:45un acte ou une autre,
15:46qui donne lieu à cette expression particulière que l'on voit
15:52et qui est, il faut le dire,
15:57augmentée par la médiatisation de tous ces feux.
16:00Donc vous dites qu'il y a la pyromanie
16:02qui correspond à un trouble psychique
16:03mais qui représente une part infime, on va dire, des incendiaires.
16:07Et à côté de ça, il y a des comportements de défis
16:11ou d'une volonté, clairement, de détruire consciente, pour le coup.
16:14Alors, oui, la conscience, l'ensemble des conséquences
16:19n'est pas forcément évidente pour eux
16:21parce qu'ils sont jeunes,
16:24parce qu'ils commettent des actes
16:26pour lesquels ils ne réfléchissent pas nécessairement
16:29il y a un niveau de maturité qui est assez faible.
16:32Il peut y avoir, il est décrit,
16:35un niveau intellectuel qui n'est pas forcément très élevé.
16:39Donc les conséquences ne sont pas au centre des préoccupations.
16:44– On est en ligne avec Thierry Bonneau,
16:45délégué du syndicat Alliance Police nationale de Gironde.
16:48Bonsoir, merci d'être en direct avec nous.
16:50La Gironde, où les personnes qui avaient été évacuées
16:54ces derniers jours ont pu regagner leurs habitations.
16:59Évidemment, c'est une des informations aussi de la soirée.
17:02Je voulais avoir votre regard sur cette question,
17:04justement, des mineurs.
17:05On en parlait à l'instant en plateau.
17:07Quels sont les moyens qui sont à votre disposition
17:10pour tenter d'interpeller, d'attraper mineurs ou non,
17:15ces personnes qui sont suspectées d'être à l'origine
17:18de départs de feu ?
17:18– Oui, bonsoir.
17:21Donc en fait, oui, la plupart des feux ont eu lieu
17:25en zone gendarmerie.
17:27Bordeaux a été touché, les villes de Mérignac, Le Hayant
17:31et Aisines, directement ou indirectement par les fumées.
17:34Effectivement, nous, la police, on a géré ce secteur.
17:38Donc les moyens, c'était des patrouilles en civil,
17:42des brigades anticriminalités, patrouillées en civil,
17:45des brigades en tenue avec les militaires,
17:48des drones qui ont parcouru le secteur pour essayer d'interpeller
17:55des pyromanes, essayer d'interpeller des voleurs
17:58où les lieux d'habitation avaient été évacués.
18:02Malheureusement, les gens victimes n'étaient plus chez eux.
18:06Et il y a eu quand même des individus interpellés qui pillaient des maisons.
18:11C'est triste.
18:12Même au parc des expositions, où toutes les victimes étaient rapatriées,
18:17il y avait plus de 4 000 personnes.
18:18Il y a eu des vols de téléphones, il y a eu des interpellés,
18:21il y a eu des vols de denrées alimentaires.
18:24Après, il y avait des gendarmes mobiles qui tournaient sur notre secteur,
18:28des CRS.
18:30Il y a beaucoup de moyens humains.
18:32Bon matériel, on faisait avec ce qu'on avait.
18:36Il y a des brigades anticriminalités qui tournaient malheureusement
18:39avec des voitures sérographiées par manque de moyens.
18:41Pas assez de voitures banalisées.
18:44Nous-mêmes, syndicalistes, on a été rappelés sur le week-end,
18:47on a fait des vacations de 12 heures de nuit pour sécuriser le secteur
18:52au niveau visuel et en présentiel.
18:56Visuel, c'est-à-dire qu'en tenue, on se faisait voir.
18:59Et en civil, essayer d'interpeller des individus en flagrant délit.
19:06Et sur le secteur de Bordeaux, en zone police,
19:09il y a eu effectivement un mineur d'interpellé.
19:13Alors, loin des feux, dans une autre zone où il a mis le feu
19:18dans une entreprise de pneus.
19:20Et le gamin interpellé n'avait que 11 ans.
19:23Voilà, pour vous dire qu'effectivement, on ne peut pas dire
19:26que c'est un pyromane, mais c'est un gamin de 11 ans
19:27qui a mis le feu dans une usine de pneus.
19:30Et voilà, il a été interpellé.
19:32Quand vous procédez comme ça à des interpellations,
19:34est-ce que vous voyez très rapidement, au fond,
19:36les motivations de la personne ou du jeune en question ?
19:40Ben non, un gamin de 11 ans,
19:42déjà à 18h ou 20h le soir ou 22h,
19:45il n'a rien à faire dehors.
19:46Donc voilà, il faut que déjà les parents gèrent leur enfant.
19:52Après, poser des questions à ce gamin,
19:53pourquoi il a mis le feu ?
19:54Même lui, il est incapable de dire pourquoi.
19:56Enfin voilà, pour lui, c'est un jeu.
19:59Merci beaucoup.
19:59Le pyromane, c'est peut-être une maladie quand on est adulte,
20:01mais un enfant de 11 ans qui met un feu,
20:04c'est voilà, pour lui, pour moi, c'est un jeu.
20:06Merci Thierry Bonneau d'avoir répondu en direct à nos questions.
20:10On repart du côté du Var, du côté de Montfort sur Argence,
20:13où on retrouve Philippe Chuyenne.
20:15Vous êtes maire de la Commune.
20:17Quelle réaction vous avez ?
20:18Vous avez écouté ce débat,
20:20notamment le fait que ces personnes interpellées sont nombreuses
20:24et qu'elles sont très souvent des mineurs.
20:26Quel regard vous portez sur ce phénomène ?
20:32Bon, moi, je reste prudent sur les origines criminelles.
20:36Bien sûr, il peut y en avoir.
20:38À ce jour, moi, j'ai pas de...
20:41Bien sûr, il y a des choses qui circulent sur les réseaux sociaux,
20:44des gens qui veulent se faire justice, etc.
20:47Mais bon, voilà, j'appelle quand même la population
20:49à beaucoup de retenue et beaucoup de confiance
20:54dans les services de police et dans les enquêtes qui peuvent être menées.
21:01L'essentiel, pour moi, des origines du feu sont, bien entendu,
21:05l'extrême sécheresse de la végétation
21:07et la capacité de ce feu à se propager très vite
21:14et dans des points très différents.
21:17De quelle manière vous pouvez venir en aide, finalement,
21:20aux pompiers et à toutes les équipes,
21:22que ce soit gendarmes ou police,
21:24qui sont mobilisés en tant que maires d'une commune concernée,
21:27durement concernées par ces incendies ?
21:30Eh bien, nous, c'est la fine connaissance de la population et du terrain.
21:34On peut renseigner sur les chemins,
21:40effectivement, sur les témoignages qu'on peut avoir, etc.
21:43C'est vraiment le lien essentiel que les pompiers demandent, en plus,
21:47pour appréhender un territoire.
21:51C'est vrai que s'appuyer sur les élus, s'appuyer sur les chasseurs,
21:54s'appuyer sur tous les gens qui pratiquent la forêt
21:57et le territoire quotidiennement,
21:59je veux dire, c'est un appui fondamental.
22:02Avant de vous libérer un mot, peut-être,
22:04sur la situation ce soir dans votre commune,
22:06est-ce que vous êtes toujours inquiet ?
22:07Comment se présentent les prochaines heures ?
22:09Écoutez, on a eu une journée assez calme,
22:12bien que la température soit très élevée encore
22:14et que le vent soit présent.
22:16Donc là, on est dans une guerre tactique, on va dire,
22:20contre ce feu.
22:22C'est une guerre de petits pas
22:23où on traite les points chauds les uns après les autres,
22:26compte tenu que la surface du feu parcouru
22:30a été très importante.
22:32Donc il y a une très grande surface à traiter.
22:33Et là, ce à quoi s'attachent les pompiers,
22:35c'est vraiment un travail très, très fin
22:39de repérage des points chauds
22:41et de traitement de ces points chauds.
22:43les uns après les autres
22:44afin de pouvoir sécuriser
22:46avant le retour du Mistral
22:48qui est prévu pour mercredi ou jeudi.
22:50Merci beaucoup, Philippe Chuyen,
22:51d'avoir pris le temps de nous répondre
22:53en direct sur BFM TV.
22:54Bon courage, évidemment,
22:54pour les prochaines heures du côté du Var.
22:57Paul Conge, on parlait des mineurs interpellés,
23:01142 précisément en deux mois,
23:03en lien justement avec ces départs de feu.
23:05Que peut-on dire de la responsabilité civile des parents,
23:08en l'occurrence, lorsqu'il s'agit de personnes mineures ?
23:10Justement, quand vous avez des enfants de 10 ou 13 ans
23:12qui sont interpellés dans ces cas-là,
23:14il y a eu plusieurs cas de figure d'ailleurs ces dernières semaines,
23:16ils n'ont pas de responsabilité pénale,
23:18ces enfants, puisqu'ils ont moins de 13 ans,
23:20à moins qu'un expert psychiatre en décide autrement,
23:21mais généralement, ils n'en ont pas.
23:23Ce qui fait que la question de la responsabilité civile,
23:25de qui va récupérer, qui va réparer les dégâts,
23:29elle incombe aux parents.
23:30C'est le code civil qui dit ça depuis 1804.
23:32Il y a des lois régulièrement depuis,
23:34qui ont, disons, réprimé encore plus sévèrement.
23:38Il y a une loi de 2025, qu'on appelle la loi Attal,
23:41qui fait que les parents sont solidairement responsables
23:44des hommages causés par leurs enfants mineurs,
23:46quand bien même ils n'habitent pas avec,
23:47quand bien même c'est une famille monoparentale.
23:50Et ensuite, les assurances peuvent se retourner aussi
23:53contre les parents,
23:54afin d'obtenir réparation des dégâts qui ont été causés.
23:58– Éric, Daniel Lacombe, bonsoir, merci d'être là.
24:01Vous êtes architecte spécialiste des risques naturels.
24:04On le disait tout à l'heure,
24:05les personnes qui ont été évacuées en Gironde la semaine dernière
24:09ont pu commencer à regagner aujourd'hui
24:11les communes concernées.
24:14Ça veut dire que maintenant,
24:16il va falloir commencer un nouveau départ pour ces personnes
24:20et sur les zones sinistrées entièrement calcinées,
24:22tirer au fond les leçons des incendies de ces derniers jours.
24:26– Oui, le retour de tous les habitants
24:28est un moment très très important.
24:30Et en lien avec votre débat précédent,
24:33le maire, qui est vraiment un maire formidable,
24:34le maire de Montfort, d'abord sympa,
24:38en plus calme et courageux,
24:40il a bien compris que c'était la question du changement climatique.
24:43Et d'ailleurs, même pour les gamins dont on vient de parler,
24:46c'est quel est le rapport culturel au changement climatique ?
24:49Pourquoi n'en ont-ils pas ?
24:50Donc, sur l'après-catastrophe, il n'y a que deux chemins.
24:54Il y a un chemin qui, à mon avis, l'emporte encore aujourd'hui,
24:59qui est le retour à l'identique.
25:02C'est-à-dire de se dire, et vous voyez bien dans le vocabulaire,
25:04même utilisé par la préfète, c'est le retour à la normale.
25:07Même l'autre soir, des habitants qui étaient revenus en Gironde
25:10avaient refait un barbecue,
25:12comme ils l'avaient célébré avant d'évacuer.
25:16Je pense que si on prend l'année 2018,
25:19pour illustrer bien pour les gens qui nous regardent
25:22cette différence avec la normale
25:24ou le chemin que je propose, faire autrement,
25:27la ville de Paradise, vous vous en souvenez,
25:29en Californie, est détruite.
25:322018, 85 morts, la ville disparaît.
25:35Les Américains, que vous connaissez bien,
25:37décident de la reconstruire à l'identique.
25:40Qu'est-ce que ça a produit comme effet ?
25:41Le premier, c'est que quand vous réhabitez une zone
25:44à l'identique de ce qui s'est passé avant,
25:47votre cerveau fait en sorte d'effacer ce qui s'est passé avant
25:50et ça conduit à un déni du changement climatique.
25:52Ça veut dire qu'on ne tire pas les leçons de ce qui s'est passé ?
25:54Évidemment, puisque vous revenez au même endroit,
25:56y compris avec la même maison en bois,
25:57et celle qui était rose et repeinte en rose.
25:59Alors concrètement, qu'est-ce qu'il faut faire ?
26:00Il faut construire différemment, planter d'autres choses ?
26:03Non, ce qui veut dire que ce déni du changement climatique
26:05fera qu'on ne passera pas le cap.
26:07Ça, c'est très important.
26:09La deuxième chose, c'est que vous risquez la même chose à nouveau.
26:12En 2020, à nouveau paradise, donc c'est vraiment loin d'être un paradis,
26:16peut disparaître puisqu'un incendie se rapproche d'elle.
26:20Donc le retour à l'identique, culturellement comme techniquement,
26:24est vraiment une impasse mortifère.
26:26Ce que je recommande plutôt, c'est vraiment de faire autrement.
26:30Prenez la ville de Trèbes en 2018, qui est ravagée par une inondation
26:34et qui a été, cet été, touchée dans l'Aude par des incendies.
26:38Eh bien, le maire, comme celui de Montfort, doucement, calmement, humblement,
26:44a décidé de changer.
26:45Et c'est le plus compliqué, parce que vos habitants ne veulent pas changer,
26:48parce qu'on veut tous retrouver ce qu'on a perdu.
26:51Et ce changement-là, il l'a fait quand même avec des transformations
26:54qui ne sont pas simplement le changement des arbres,
26:57la question que vous étiez en train de me poser,
26:58ou d'un mobilier urbain.
27:00Non, c'est qu'il enlève, grâce à l'État, 52 maisons, une école, une piscine,
27:06un camping et un lac.
27:09Et je l'aide comme architecte à transformer 13 hectares libérés,
27:13pour évidemment laisser passer le pleuve,
27:15et accueillir un grand pare-feu face aux incendies.
27:20Ces transformations-là, physiques, transforment culturellement les habitants de Trèbes.
27:25Vraiment, vous pouvez aller voir, leur demander.
27:27Ils sont en train d'engager de nouvelles actions par rapport à la baignade,
27:32par rapport à la connaissance de la nature,
27:34par rapport à la qualité des poissons.
27:37Donc là, ce que vous nous dites, c'est qu'il faut faire la même chose en Gironde,
27:39dans le Var, dans toutes les zones qui ont été touchées.
27:41Évidemment, ça fait 10 jours que vous m'invitez,
27:42et ça fait 10 jours que les pare-feux, vous le voyez bien,
27:45si vous regardez les forestiers,
27:46ils vont dire qu'ils vont passer un pare-feu de 10 mètres à 15,
27:50pour ne pas perdre trop d'arbres, parce que c'est leur économie.
27:52Le village va dire la même chose,
27:54qui vont passer de 50 maisons à 49 pour ne pas perdre d'habitat.
27:58Mais je pense que les distances à mettre entre la forêt et l'habitat
28:03sont, ce qui avait été fait pendant l'incendie de 2022 à la thèse de Bûche,
28:07d'au moins 300 mètres.
28:09La grande question, c'est comment ces 300 mètres-là
28:11pourraient être un bénéfice,
28:13et pour le village,
28:14et pour la Gironde,
28:16et pour l'économie.
28:17Parce que les chiffres qui vont sortir maintenant,
28:19c'est qu'on a fermé le territoire en pleine saison,
28:22pendant trois semaines.
28:23Donc les chiffres de la perte économique vont être là.
28:26Alors qu'à changer autrement,
28:28vous pouvez maintenir une activité durant l'événement.
28:31Enfin, je veux dire,
28:31si vous êtes isolé pendant une inondation,
28:34mais que vous ne pouvez plus aller à l'école, à l'hôpital,
28:36ou faire vos courses,
28:37vous avez tout perdu.
28:38C'est pareil pendant l'incendie.
28:40Tout va être reproché.
28:41Ce matin, il y avait un article dans Le Monde,
28:43excessivement sérieux,
28:44qui commençait à dire qu'il y a eu trop d'évacuations,
28:47que les pompiers n'ont pas été assez courageux.
28:49Et moi, ces discordes politiques m'inquiètent.
28:52Donc effectivement, l'architecture ne peut pas tout,
28:54mais elle peut transformer,
28:55et physiquement, et culturellement les choses,
28:57en redonnant du pouvoir aux habitants.
28:59Un dernier mot, parce qu'on n'a plus beaucoup de temps,
29:01mais on parlait des mineurs,
29:03on parlait d'un enfant de 11 ans
29:04qui a été pris en train de mettre le feu.
29:06C'est aussi une question d'éducation,
29:08dès le plus jeune âge,
29:09qu'on doit mener aujourd'hui ?
29:10Si, il n'y a pas d'action possible,
29:12et que le feu vous fait demander qu'une seule chose,
29:16c'est plus de prévention,
29:18c'est-à-dire plus de pompiers,
29:19et on sait bien qu'on aura du mal à le faire,
29:21je pense que des mineurs avec des parents,
29:23dans un nouveau rapport à la nature,
29:26le jour où ils mettent le feu,
29:27ils sont au moins conscients
29:29de ce qu'ils sont en train de faire,
29:30et je pense que ça,
29:30c'est une transformation tout à fait intéressante.
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