00:00Nous allons évoquer ces incendies et alors j'aimerais qu'on parle de ces habitants de Porge.
00:05Alors les habitants de la commune en Gironde où plusieurs maisons ont été détruites par l'incendie,
00:09ils se sont rassemblés pour déposer une plainte pénale.
00:12Et alors la question qu'on va se poser c'est est-ce que le Porge a été sacrifié pour
00:16sauver d'autres villages comme notamment le Cap Ferret ?
00:19Je vous propose d'écouter tout de suite Ludivine Dorignac, elle est habitante du Porge.
00:23Elle a perdu sa maison dans les flammes et elle a dénoncé au micro d'Europe 1 les défaillances de
00:27communication des autorités.
00:28On n'a pas eu d'informations ni d'alertes.
00:31Je pense que si notre commune avait pu bénéficier d'un système d'alertes préventives comme toutes les communes ont
00:37pu obtenir et avoir,
00:39on aurait peut-être anticipé des choses qu'on aurait vraiment voulu prendre et qui nous tenaient à cœur.
00:44Nous le Porge c'était notre havre de paix, on l'a plus, il est fantôme, c'est une ville
00:48apocalyptique.
00:49Donc on aimerait comprendre beaucoup de choses, ça passera par des réponses.
00:53Alors Gilles Boutin, je lisais également plusieurs autres témoignages notamment ce matin dans Le Parisien.
00:58Il y a des personnes qui racontent que personne n'est venu organiser l'évacuation dans la nuit de mercredi
01:02à jeudi,
01:03ce qui a forcé les habitants à s'entraider tout seuls pour fuir, alors même que le village du Porge
01:08était déjà encerclé par les flammes.
01:10Si tous ces témoignages sont avérés, évidemment il va y avoir une enquête, mais l'histoire est dingue.
01:14C'est-à-dire qu'on privilégie d'autres lieux et pas le Porge, ça paraît fou.
01:19Il faut être extrêmement prudent parce qu'à la fois l'émotion et la colère est compréhensible puisqu'ils ont
01:23perdu leur maison,
01:24ils ont tout perdu ces gens, donc c'est véritablement un village martyr, avec il ne reste plus que des
01:29murs calcinés.
01:30Donc partant de là, leur réaction elle est logique, j'ai envie de dire, de rechercher des responsabilités,
01:36et puis naturellement il y a aussi la question, dès lors qu'il y a la responsabilité, de savoir quelle
01:40compensation obtenir.
01:43Maintenant c'est vrai que c'est beaucoup trop rapide, à mon sens, de chercher à obtenir,
01:47et surtout de pointer, on a l'impression qu'une lutte des classes est en train de s'installer aussi
01:52vite,
01:53avec trop peu d'éléments pour en convenir.
01:57Ce que l'on pourrait supposer, en tout cas, c'est qu'au tout début, évidemment,
02:02que les pompiers et les forces de sécurité ont été prises de court,
02:06et qu'il y a eu du frottement, un retard dans la réaction, tout simplement, dans l'accompagnement.
02:12Et tout le monde en fait, il y a toujours quelqu'un qui paye le prix au démarrage d'une
02:17crise,
02:17et ensuite ça s'organise.
02:19Et là, je cap ferais, les habitants ont sans doute eu davantage de temps pour s'organiser,
02:23et peut-être aussi que leur quasi-insularité les protège plus.
02:30Donc je pense qu'il faut vraiment faire attention à prendre le temps d'obtenir ces réponses,
02:36mais il faudra absolument les obtenir pour que ces habitants-là ne se prennent pas la double peine ou la
02:41triple peine,
02:41en ayant le sentiment que même un an après, cinq ans après, finalement, ils sont le dindon d'une vaste
02:48farce.
02:48Il y a des sapeurs-pompiers qui, évidemment, ont réagi à ces réflexions de ces habitants.
02:55On peut rappeler quand même que le collectif rassemble déjà 700 habitants du Porges
02:58sur une commune de un petit peu plus de 3600 âmes, c'est énorme.
03:01Et en fait, un sapeur-pompier disait, ce n'est pas du tout une question de prioriser un village ou
03:05un autre,
03:05mais en fait, si le feu atteignait véritablement le Cap-Ferret,
03:08de par son caractère insulaire, comme vous le rappelez Gilles Boutin,
03:12évidemment, là, ça aurait pu être une catastrophe absolue.
03:14C'est-à-dire qu'en plus, au-delà des maisons, vous avez des personnes qui auraient pu se retrouver
03:17bloquées au Cap-Ferret,
03:18ce qui peut aussi expliquer pourquoi certains sapeurs-pompiers, en fait, sont passés du Porges au Cap-Ferret aussi rapidement.
03:25Vincent Roy, quel regard vous portez sur ça ?
03:27Ils sont quand même, encore une fois, ils sont 700 sur 3600.
03:30Ils sont beaucoup à s'être organisés très rapidement.
03:33et normalement, une plainte devrait peut-être être déposée en août.
03:37Écoutez, je ne peux pas, dans le climat actuel, si je veux dire,
03:43je ne peux pas imaginer qu'on aurait sacrifié un village pour en protéger un autre.
03:51Ça, je ne peux pas l'imaginer, parce que c'est ignoble.
03:55Si c'est le cas, c'est ignoble.
03:58Donc, restons prudents.
04:02Voyons dans quelles circonstances tout cela s'est passé.
04:05C'est vrai qu'il y a 700 habitants qui se disent,
04:07enfin qui sont extrêmement mécontents et très en colère,
04:11parce qu'ils se disent délaissés.
04:13Ils se disent qu'on a préféré protéger,
04:16évidemment sur fond de lutte des classes,
04:18parce que dans l'imaginaire collectif,
04:20le Cap Ferré, ce sont les gens les plus aisés
04:24qui ont de très belles propriétés à cet endroit-là précis.
04:29Mais enfin, bon, respectons la colère de ces habitants.
04:34Donnons-lui une suite judiciaire s'il le faut,
04:38de manière à ce qu'il y ait une enquête.
04:41Et si ça s'est passé exactement comme ils le disent,
04:46eh bien, il faudra évidemment des sanctions.
04:49Je suis d'accord avec vous, Vincent.
04:50On ne peut pas traiter par le mépris, en tout cas, cette action.
04:52Non.
04:53Parce qu'elle est trop massive, il s'est passé trop de choses,
04:55pour qu'on puisse dire...
04:56Enfin, ce serait le comble du cynisme
04:59que de les renvoyer simplement à leur dire
05:01« Mais pourquoi cherchez-vous à obtenir des compensations systématiquement ? »
05:05Enfin, c'est...
05:06Il faut les écouter.
05:06C'est absolument naturel, c'est logique.
05:08Il y a une dimension autant financière que personnelle là-dedans.
05:13Et il suffit de voir, d'ailleurs,
05:15les témoignages des personnes qui étaient déplacées,
05:17qui ne savaient pas si leur maison était toujours en sécurité.
05:20Le simple fait de se sentir déplacées.
05:22Et c'est ce qui nous touche aussi, nous,
05:24dans notre âme de pays en sécurité,
05:26qui ne vit jamais de crise majeure.
05:28Ça y est, là, on en vit,
05:29avec des milliers de personnes qui se trouvent déplacées
05:32et qui savent désormais ce que c'est
05:33que de vivre un véritable drame.
05:36Donc, ce que ces gens vivent, collectivement, c'est un drame.
05:38Mais, effectivement, on n'en a pas l'habitude.
05:42La chance, si j'ose dire, qu'on a,
05:45c'est qu'on a des capacités modernes,
05:47on est encore un pays prospère pour le moment,
05:49à répondre à...
05:50Ça dépend où.
05:51Ça dépend où.
05:52On a encore des grosses faiblesses.
05:53Mais, heureusement, on peut encore
05:56prendre en compte cette demande.
05:58Et, espérons-le, judiciairement,
06:00que cela amène à des compensations à la hauteur
06:03pour ces personnes qui, encore une fois,
06:06ont tout perdu.
06:07Merci.
06:07Merci.
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