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Nelson Mandela n’a pas été emprisonné simplement parce qu’il demandait pacifiquement la fin de l’apartheid.

Il représentait une véritable menace politique pour un système fondé sur la ségrégation raciale, l’exploitation économique, la dépossession des terres et la répression de la population noire sud-africaine.

Avant de devenir l’icône mondiale de la réconciliation, Mandela fut un militant de l’ANC et participa à la création d’Umkhonto we Sizwe, sa branche armée. Un aspect de son histoire que les hommages officiels préfèrent souvent atténuer.

On célèbre son pardon, son sourire et son appel à la paix. Mais on oublie parfois que cette paix ne signifiait ni l’acceptation de l’injustice, ni l’effacement des rapports de domination hérités de l’apartheid.

Nelson Mandela n’était pas seulement un symbole rassembleur.

Il était l’adversaire déterminé d’un ordre colonial et racial.

Et sa vie nous rappelle une chose essentielle : demander la paix sans réclamer la justice peut devenir une manière de demander aux personnes dominées de se taire.

Connaissiez-vous cette partie de son engagement politique ?Hashtags recommandés



#NelsonMandela #Apartheid #HistoireAfricaine #AfriqueDuSud

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Transcription
00:00Robben Island, une île froide que l'on pourrait qualifier de battue par le vent au large même du Cap
00:07en Afrique du Sud.
00:07Pendant des décennies, pendant des années, Nelson Mandela casse des pierres sous le soleil, dort dans une cellule minuscule,
00:15reçoit peu de visites, lit sous surveillance et écrit sous contrôle.
00:18À ce moment-là précisément, il n'est pas encore l'icône souriante qu'on affiche aujourd'hui dans les
00:23écoles, les institutions et les campagnes de communication.
00:26Non, il est un prisonnier politique, un homme que le régime de l'apartheid veut briser.
00:32Et surtout même, je dirais, un homme que beaucoup de puissances occidentales regardent avec méfiance.
00:37Parce que Mandela ne demande pas seulement qu'on soit beaucoup plus gentil avec les noirs sud-africains.
00:42Non, il combat un système.
00:43L'apartheid, ce n'est pas seulement la ségrégation noire blanche, c'est une organisation totale de la société.
00:50C'est-à-dire où les noirs sont déplacés, contrôlés, privés de droits politiques, exploités économiquement, enfermés dans des territoires
00:59ségrégés, séparés.
01:00Ils sont aussi réprimés quand ils résistent.
01:02Donc Mandela rejoint l'ANC, l'ANC pour combattre cette machine.
01:07Et au départ, la lutte passe par les campagnes politiques, bien évidemment, les boycotts, la désobéissance, les mobilisations populaires.
01:14Mais quand les manifestations sont écrasées, quand les organisations sont maintenant interdites, quand l'État même répond par les balles,
01:23Mandela franchit un seuil.
01:24Il participe à la création Doomkoto Wessizwe, c'est-à-dire la branche armée de l'ANC.
01:29Et c'est là que l'histoire qu'on raconte aujourd'hui devient souvent plus silencieuse.
01:34Parce que Mandela, célébré partout, n'est presque jamais présenté comme un homme qui a pensé la lutte armée, vous
01:40comprenez ?
01:40On préfère le Mandela joyeux, le Mandela du pardon, le Mandela qui sourit, le Mandela même qui rassure.
01:47Mais Mandela n'a jamais été seulement un symbole de paix.
01:50Il a été un adversaire de l'ordre colonial et racial en Afrique du Sud.
01:53Un homme qui disait clairement qu'un régime construit sur la violence ne pouvait pas exiger des opprimés qu'il
01:59reste éternellement docile.
02:01Puis, il est condamné.
02:0227 ans de prison, je le rappelle, 27 ans de prison pendant lesquelles son nom devient un cri.
02:07Dans les rues, dans les universités, dans les manifestations, dans les syndicats, dans les mouvements anti-apartheid du monde entier.
02:15Et quand il sort enfin de prison, le monde découvre un homme qui refuse la vengeance.
02:19Mais attention, soyons très clairs.
02:21Refuser la vengeance ne veut pas dire oublier le système.
02:24C'est là que Mandela a été progressivement transformé.
02:27On a gardé la réconciliation.
02:29On a atténué sa colère politique.
02:32On a même gardé le sourire.
02:33On a, je dirais même, souvent effacé la critique de l'exploitation, de la terre, des inégalités, du pouvoir économique
02:40blanc.
02:40Mais un monument, parfois, ça ne parle plus.
02:44Alors, le 18 juillet, il y a quelques jours, nous ne devions pas célébrer seulement une icône.
02:49Rappelons-nous l'homme que l'apartheid voulait enterrer vivant.
02:52Rappelons-nous le militant que certains traitaient comme une menace.
02:56Une réelle menace.
02:57Rappelons-nous le militant que certains traitaient comme une menace.
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