00:00Nous sommes effectivement avec Franck Chomès. Bonjour Franck.
00:03Bonjour.
00:04Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous, président de la branche restauration de l'UMI, président de l'UMI Gironde.
00:10Première question, le secteur du tourisme en Gironde qui représente 2 à 3 milliards d'euros de chiffres par an,
00:16compte tenu de la situation actuellement avec ces incendies, est-ce que c'est une saison blanche qui se dessine
00:21pour vous ?
00:22J'ai bien peur. Ça devient catastrophique car nous à l'UMI, on reçoit des appels au-delà des villes
00:33qui ont été évacuées,
00:34c'est-à-dire que même sur la zone d'Arcachon, à l'instant je vais me raccrocher avec un
00:39adhérent à Arcachon,
00:41alors qu'ils n'ont subi aucun désagrément et il y a annulation sur annulation, les restaurants font un tiers
00:49de leur chiffre d'affaires.
00:51C'est terrible, c'est une catastrophe, pour nous c'est un deuxième Covid départemental, mais c'est un deuxième
00:58Covid.
00:58C'est terrible et Alexandre Malafaille, réaction aussi et de soutien notamment, vous êtes en studio avec Georges Fenech,
01:05avec tous ces restaurateurs, ces hôteliers qui souffrent énormément dans le bassin d'Arcachon.
01:10C'est d'autant plus douloureux, moi c'est mon pays, le sud-ouest et la Gironde en particulier, je
01:14suis né à Bordeaux,
01:15cette région je la connais bien, le bassin d'Arcachon je le connais bien et c'est vrai que je
01:19vois toutes ces images,
01:20il y a quelque chose de vraiment de dévastateur, de terrible et c'est vrai que les appels qui consistent
01:24à dire
01:25éviter la région me paraissent totalement déraisonnés.
01:27De la préfète de la Gironde.
01:29Évidemment qu'il faut éviter les zones dangereuses, évidemment qu'il ne faut pas mettre en difficulté les sapeurs-pompiers,
01:34évidemment qu'il ne faut pas créer du désordre là où ça a été compliqué.
01:36Ça a été la même chose avec les agriculteurs, on leur a dit ne venez pas alors qu'on voit
01:40un massif soutien des agriculteurs formidables.
01:43Et moi je pense à l'inverse qu'il faut aujourd'hui, d'abord bien sûr se mobiliser de toutes
01:47les manières possibles,
01:48faire des dons ou autres, ça aidera à la reconstruction, mais aussi il faut surtout, le plus beau message de
01:53solidarité,
01:53c'est de ne pas leur tourner le dos.
01:55Dès que c'est possible, là où c'est possible, il faut y aller, et pour ceux qui ont des
01:59réservations,
02:00il y a encore plein de coins en Gironde qui sont géniaux, c'est une région qui est magnifique,
02:04l'accueil y est traditionnellement proverbial génial, voilà, donc voilà, il ne faut pas surtout changer ses plans,
02:10voilà, il faut tout faire, et c'est le meilleur message de solidarité, en tout cas moi c'est celui
02:13que je veux envoyer à tous les auditeurs.
02:15Alors justement, Franck Chomès, votre réaction par rapport à ce qu'a annoncé la préfète,
02:20enfin les recommandations de la préfète de Gironde qui dit aux vacanciers ne venez pas dans la région ?
02:25Alors bon, bien évidemment je suis partagé parce que effectivement quand elle fait cette déclaration
02:30qui a été reprise en boucle par tous les médias, elle veut protéger bien évidemment les concitoyens
02:38et elle veut donner le maximum de chance aux sapeurs-pompiers, aux agriculteurs pour éteindre le feu, fixer le feu
02:46au plus vite.
02:48Donc ça part d'un bon sentiment, elle a oublié deux adjectifs, le premier c'est momentanément et sur les
02:54zones impactées.
02:56Et comme le dit très bien monsieur, la Gironde est d'abord grande, il y a tout le Médoc, il
03:03y a tout le Sauternay, il y a le Saint-Émilion.
03:10Le département de la Gironde est extrêmement grand, extrêmement vaste pour limiter, dirons-nous,
03:20le tourisme uniquement à la presqu'île du Cap-Ferret et au Porche.
03:25Donc bien évidemment que le meilleur moyen de solidarité, je partage vraiment ce que dit monsieur,
03:31avait de venir chez nous, de venir chez nous, de venir chez nous.
03:36Mais vous savez, ne vous inquiétez pas, la profession a fait preuve de résilience depuis pas mal de temps.
03:43les Gilets jaunes, la Covid, la montée de l'énergie, le feu aussi il y a 4 ans, dans le
03:50sud du bassin d'Arcachon.
03:50Les feux en 2022 et là maintenant.
03:53Je vous garantis que notre profession, elle va relever la tête.
03:56Mais juste, j'en appelle à tous les citoyens, à tous les touristes de venir dans notre région par solidarité.
04:02Venez dans la région d'Arcachon.
04:04Georges Fenech, votre réaction, on est toujours avec Franck Chomès, président de la branche restauration de l'UMI, président de
04:10l'UMI Gironde.
04:10– Oui, d'ailleurs ce que dit le président Franck Chomès, c'est ce qu'a dit également le ministre
04:14du Tourisme,
04:15en contradiction totale avec les avertissements de la préfète.
04:19C'est vrai qu'il a dit ce qu'on vient de dire, il y a des régions, il faut
04:23y aller, il faut y aller.
04:24Il y a encore des régions qui sont tout à fait préservées, avec évidemment les mesures de précaution d'usage,
04:29mais il est hors de question de dire que c'est une région qui est interdite aujourd'hui.
04:32C'est ce qui a semblé sortir de la bouche de la préfète.
04:34– On ne va pas vous laisser tomber, les auditeurs d'Europe 1 qui vous écoutent, évidemment le message est
04:38passé.
04:39Alors c'est intéressant aussi de voir qu'il y a des mesures, parce que l'État réagit,
04:43il y a eu l'envoi de masque, et il y a aussi des mesures au niveau économique pour soutenir
04:48les entreprises.
04:48On l'a entendu ce matin sur Europe 1 avec Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités,
04:54qui assure que l'État va prendre en charge 60% des revenus des salariés.
04:59Quelle réaction ? Est-ce que c'est un soutien suffisant pour vous ?
05:03– Non, pas du tout. Alors c'est déjà une bonne chose, parce que ce n'est pas une promesse,
05:08c'est acté.
05:09Sauf qu'aujourd'hui, nous avons autre chose que la masse salariale où nos employés a payé.
05:16D'abord 60%, il reste quand même 40%.
05:18Aujourd'hui, je rappelle que c'est la même configuration qu'un Covid.
05:23On a été évacué, nos établissements sont à zéro, on n'a aucune rentrée d'argent.
05:28Donc comment voulez-vous qu'on paye l'eau, l'électricité, le loyer,
05:32toutes les charges qui impactent une entreprise ?
05:35Ça va être une catastrophe.
05:37Je crois qu'aujourd'hui, ce que demande l'Union des métiers industriels d'hôtellerie,
05:41que je représente au niveau de la Gironde, c'est qu'il y ait les mêmes mesures que la Covid.
05:48Sinon, c'est des centaines et des centaines d'emplois qui vont être sur le carreau,
05:52et ça va coûter bien plus cher.
05:54Et c'est des entreprises qui vont mettre la clé sous la porte.
05:56Parce que je rappelle qu'il y a notre secteur d'activité,
05:58mais il y a d'autres secteurs d'activité.
06:00Il y a 115 000 emplois impactés, il y a 15 000 entreprises.
06:06Alors ça nous rappelle le quoi qu'il en coûte d'Emmanuel Macron lors de la Covid,
06:09c'est ce que vous demandez, sauf que les dettes sont abyssales, on le sait.
06:13Est-ce que la France aura la possibilité de vous venir en aide ?
06:16Peut-être réaction en studio avec Georges Fenech,
06:18est-ce que vous pensez que la France peut venir en aide,
06:20compte tenu du déficit public ?
06:22Écoutez, on peut l'espérer, mais je crois que ça va être extrêmement difficile.
06:26Il n'y a plus d'argent, les caisses sont vides.
06:29Et je ne vois pas comment, on pourrait d'ailleurs le quoi qu'il en coûte,
06:32nous a aussi alourdi, on se souvient, de quelques 800 millions d'euros de déficit supplémentaire.
06:38Mais il est certain que la solidarité nationale doit jouer d'une manière ou d'une autre pour ces gens
06:43-là.
06:44Alexandre Malafaille.
06:44Non mais pour compléter ce qui est dit, et qui a été très bien dit par le président des restaurateurs,
06:50c'est qu'effectivement, si on ne le fait pas maintenant, si on n'aide pas maintenant, ça coûtera de
06:55toute façon.
06:55C'est-à-dire que la collectivité devra, à un moment ou à un autre, prendre en charge la casse
06:59sociale, la casse économique.
07:00Donc il faut faire les bons choix, il vaut mieux dépenser maintenant et préserver l'activité,
07:05ou en tout cas créer les conditions qui permettent un retour à la normale,
07:09que laisser les choses en l'état.
07:11Les dépôts de bilan, c'est terrible. Parce qu'après, pour se relever, c'est pratiquement impossible.
07:14Vous me confirmez, Franck Chomès, il faut investir, il faut vous soutenir.
07:18Mais bien sûr, mais bien sûr. Et je remercie monsieur de le souligner,
07:22parce que ça va coûter quoi qu'il arrive.
07:24Vous savez, je vais faire un parallèle.
07:26Aujourd'hui, les écologistes ne veulent pas qu'on abatte un arbre.
07:31Nous avons des professionnels forestiers qui nous disent depuis des années, depuis 2022,
07:36où il y a eu cette catastrophe encore dans notre région, de faire des pare-feux conséquents.
07:41Sauf que les écologistes, pour sauver un arbre, ont empêché le gouvernement de le faire.
07:47Résultat des courses, ce n'est pas des centaines d'arbres qu'on arrache ou qu'on abat.
07:53C'est des milliers.
07:54Et vous parlez de monsieur Hormic, l'ancien maire de Bordeaux ?
07:57Non, je parle au niveau national.
07:59Au niveau national, ça avait été...
08:02Je ne parle pas de monsieur Hormic, parce que localement, il n'avait pas le pouvoir.
08:05Mais je parle au niveau écologie.
08:08L'écologie, aujourd'hui, elle nous montre la limite.
08:13J'entends le réchoppement de la planète.
08:15Là, c'est du bon sens.
08:17C'était mettre des pare-feux de 100 mètres.
08:19Et aujourd'hui, ça y est, on les fait dans l'urgence.
08:22Il n'y a pas loin de 100 kilomètres de pare-feuilles qui ont été réalisées en l'espace de
08:2748 heures.
08:29Mais s'ils avaient été faits, permettez-moi, s'ils avaient été faits, on n'en ferait pas là.
08:32Et ça ne coûterait pas ce que ça va coûter à l'État.
08:36Alors effectivement, le quoi qu'il en coûte, il a coûté beaucoup d'argent.
08:39Mais il y a eu des maladresses aussi de l'État pendant la Covid.
08:42On a donné à des saisonniers les mêmes valeurs pendant les mois de fermeture
08:48que les établissements ouverts à l'année.
08:51Mais ce que vous dites, Franchemès, ça tombe sous le sens.
08:55C'est-à-dire que vous êtes en train de faire la différence entre l'écologie et l'écologisme.
08:58Entre une idéologie qui, en fait, tourne en rond
09:02et qui produit les effets inverses de ce qu'il devrait faire.
09:06Georges Fenech, Alexandre Malafaille, peut-être une réaction sur cet écologisme
09:10dont on est en train de parler ?
09:11Oui, il y a ce sujet, mais il y a aussi l'impuissance structurelle de l'État
09:15où le déclaratif n'a pas suivi des faits.
09:16Hier soir, sur l'antenne d'Europe 1, vous receviez le patron de la Chambre de Commerce
09:20et d'Industrie de Gironde, et on lui a posé la question.
09:23En 2022, il y avait quand même une mise en face aux réalités qui était terrible
09:26avec plus de 20 000 hectares qui ont brûlé.
09:28Il s'est passé quoi ? Alors il l'a dit, il s'est passé des réunions, en effet,
09:31pour voir ce qu'on pouvait faire.
09:32Et puis depuis 2022 jusqu'à 2026, rien, ou quasiment rien.
09:37Donc en fait, on n'a pas ni aménagé les forêts, ni préparé l'avenir,
09:40ni installé de l'irrigation en proximité le plus loin possible
09:44de toutes les zones et les parcelles.
09:46On n'a rien fait de particulier, parce qu'effectivement,
09:48il y a un peu d'écologisme qui s'en est mis certainement,
09:49mais il y a des normes, des règles, et puis après, il y a l'espèce d'inhertie du système.
09:53On réagit, mais on ne prévoit pas ces problèmes.
09:56Et juste pour terminer, quand on entend le président de la République dire
09:59qu'on a anticipé dans sa grande déclaration à Bordeaux,
10:01ils n'ont rien anticipé du tout.
10:03– Ce que nous disons de l'écologisme à propos des incendies,
10:05on peut le dire aussi à propos de la canicule.
10:08– Mais c'est la même chose !
10:08– Madame Barbu nous a expliqué doctement
10:12que les climatiseurs ne s'asservaient pas.
10:14– Donc c'est la ministre de l'écologie qui a démissionné,
10:15qui finalement, la démission n'a pas été acceptée par Emmanuel Macron.
10:18– Oui, retenez-moi où je fais un malheur, c'est vraiment extraordinaire.
10:21– Monique Barbu, donc les Français ont découvert Monique Barbu.
10:23– Effectivement, et le gouvernement, dans la précipitation,
10:26toujours à cause de cette idéologie écologiste,
10:28finalement, a débloqué une somme, je crois,
10:31pour l'acquisition de quelques 30 000 climatiseurs,
10:34mais dans l'urgence…
10:35– Oui, 30 000 climatiseurs, alors les climatiseurs à roulettes,
10:37en plus c'est un désastre écologique, je vous le dis.
10:40– Mais bien sûr, mais bien sûr.
10:40– Certains ne fonctionnent pas…
10:41– Et M. Arnaud Robinet, d'ailleurs,
10:43qui est président de la Fédération française hospitalière,
10:46a d'ores et déjà dit,
10:48la quatrième canicule qui nous arrive,
10:50– En ce moment, ça y est,
10:52on l'a annoncé avec Marie-Lyne Hérault et avec nos correspondants en Géron.
10:54– Nous ne sommes pas équipés dans les hôpitaux, nous ne sommes pas équipés,
10:57donc on voit bien qu'il n'y a pas eu d'anticipation.
10:59– Mais parce qu'on a dit pendant des années
11:00que les climatiseurs étaient nocifs pour l'environnement,
11:04sauf que la santé est évidemment importante.
11:08Franck Chomès, président de la branche restauration de l'UMI avec nous,
11:12qu'est-ce que vous attendez concrètement de l'État
11:14pour vous sauver, pour vous tirer d'affaires ?
11:16– Dans un premier temps, bien évidemment,
11:19qu'ils prennent en compte notre demande
11:22avec les mêmes critères qu'il y a eu par rapport à la Covid.
11:26Ça ne va pas durer aussi longtemps que ça a duré pendant la Covid,
11:30donc ça va être l'histoire de 10 jours, 15 jours, 3 semaines,
11:34ou peut-être 2 mois, 2 mois et demi de saison.
11:37Donc ça ne va pas coûter la même somme que ça a coûté par la Covid.
11:40Si ce n'est pas ça, comme le dit très bien monsieur,
11:43ça va être reporté plus tard et ça va coûter bien plus cher.
11:45Ça, c'est la première chose.
11:46Et la deuxième chose, je demande et je remercie ma consoeur
11:51qui est présidente nationale de l'hôtellerie
11:53et qui est membre du conseil de Atout France,
11:56qui a bien évidemment sollicité Atout France
11:58pour avoir une communication pour revenir dans les territoires qui ont brûlé,
12:03que ça soit chez nous, que ça soit dans les Landes,
12:05que ça soit dans le Var, dans tous les départements.
12:08Il faut qu'il y ait une communication concrète pour revenir sur nos territoires,
12:13car comme le dit monsieur, il n'y a pas que la presqu'huile Caféret,
12:17la Gironde est large, est belle, est magnifique,
12:20et les Landes sont belles.
12:21Aujourd'hui, les animations vont au-delà de Biscarosse,
12:24elles vont jusqu'à Dax.
12:26Mon confrère des Landes m'appelle pour me dire que c'est une catastrophe.
12:30C'est une catastrophe.
12:30On a entendu votre message, venez en Gironde,
12:32venez dans les régions françaises.
12:33Merci Franck Chemès, président de la branche Restauration Lumi
12:36et président de Lumi en Gironde.
12:37Sous-titrage Société Radio-Canada