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  • il y a 13 heures
Avec Docteur Charles-Henry Martin, responsable de la Cellule d’urgence médico-psychologique de Gironde et Lieutenant Patrick Chavada, membre de la Commission secouriste et formation de la Fédération des sapeurs-pompiers de France,
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##C_EST_A_LA_UNE-2026-07-29##

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Transcription
00:00Vos craintes, parce qu'aujourd'hui, je disais, quasiment tout le monde en France est concerné par ce risque incendie.
00:05Avant de vous entendre, nous sommes avec le docteur Charles-Henri Martin. Bonjour docteur.
00:10Bonjour à vous, bonjour à tous.
00:12Et un grand merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio.
00:14Vous êtes le responsable en Gironde de la cellule d'urgence médico-psychologique.
00:20Déjà docteur, dites-nous, comment elle se met en place une telle cellule et qui décide d'en créer une
00:25?
00:26Alors, c'est un système qui existe en France depuis les attentats de Paris en 1995 et qui est rattaché
00:31au service de l'aide médicale urgente, au SAMU,
00:34et qui intervient en cas de situation d'événements collectifs, traumatiques, accidents, catastrophes diverses.
00:40Elle est activée directement par la préfecture ou par le SAMU, suivant le type de configuration,
00:45pour des déploiements sur le terrain d'équipes de psychiatres et de psychologues formés à la catastrophe.
00:51Des psychiatres, des psychologues. Dans cette cellule, c'est quoi les effectifs ?
00:55Vous avez combien de psychiatres et psychologues à ce jour en Gironde ?
00:57Alors, en fait, on a un double effectif.
00:59Nous aussi, nos collègues infirmiers en santé mentale, bien sûr, fondamentaux.
01:03Nous avons, pour le 33, au niveau de la Gironde, il y a cinq permanents qui travaillent à temps plein
01:10sur ces questions-là toute l'année en permanence.
01:13Et on a une réserve d'une centaine de volontaires.
01:16Et on corde aussi la Nouvelle-Aquitaine avec une réserve de 600 volontaires Nouvelle-Aquitaine.
01:21Comment vous travaillez dans ces cas-là ? C'est vous qui allez au-devant des évacués, des sinistrés ?
01:27Ou c'est l'inverse ? Comment ça se passe, concrètement ?
01:31Alors là, pour une configuration telle que celle-ci, c'est-à-dire incendie avec une situation de sécurité sanitaire
01:37évolutive,
01:38on est placé auprès du service du SAMU, ce qu'on appelle le poste médical avancé.
01:45Donc, en l'occurrence, ici, on parle des expositions, où on place des ressources,
01:49on place un poste d'urgence médico-psychologique qui est un central.
01:52Et après, on réalise des consultations en local ou par téléphone,
01:55où on envoie des équipes sur le terrain en fonction des besoins, des identifications de poches,
02:00de personnes qui sont très affectées ou très impactées.
02:04Vous apportez votre soutien aussi aux pompiers, ou là, c'est une autre structure qui les accompagne, docteur ?
02:10Alors, les pompiers sont en opérationnel actuellement, comme vous le savez, on les remercie infiniment.
02:14Ils ont un service en interne, déjà, en première ligne, compte tenu de besoins qui sont évidemment conséquents.
02:21Et puis, on peut apporter des renforts supplémentaires, bien évidemment, en cas de dépassement des ressources internes.
02:27Dans quelle étape psychologique sont les évacués, les sinistrés que vous rencontrez actuellement ?
02:34Alors, les personnes que l'on voit, nous, on est en second rideau par rapport aux associations de sécurité civile,
02:39par exemple, qui font du secourisme.
02:40Donc, on voit essentiellement des personnes qui sont quand même très cliniques, très en souffrance, très en détresse.
02:45Globalement, on a des personnes qui sont dans le registre du psychotraumatisme,
02:49quand on est exposé à la mort, ou en tout cas un véhicule de mort et de menace directe.
02:54On a une autre partie des personnes qui ont des fragilités en termes d'anxiété, de dépression, de choses diverses,
03:01et qui, à cette occasion-là, sont extrêmement activées, ce qui peut se comprendre vraiment très bien.
03:06Et puis, on a une partie de personnes du registre du handicap qui sont à domicile,
03:13qui ne sont pas du tout du registre du médical ou du sanitaire,
03:15mais qui, à l'occasion de cet événement, vont se mettre à avoir des expressions de souffrance plutôt très intenses.
03:22Donc, c'est très variable.
03:24Ces souffrances, en tout cas, ces traumatismes, ils sont particuliers en cas d'incendie ou pas du tout ?
03:31Alors, si, il y a des spécificités, absolument.
03:34La particularité que l'on peut voir là, c'est la question de la menace directe par la mort par
03:41le feu,
03:41qui est quand même un sujet conséquent.
03:43Il y a le fait d'avoir des symptômes post-traumatiques, en particulier avec les odeurs de fumée,
03:48avec les lumières, avec ces conditions de chaleur.
03:51Il y a la particularité, également, d'avoir la crainte de nouveaux épisodes de canicule,
03:57donc d'incendie, donc de récurrence dans le futur.
04:00Et puis, il y a une petite particularité qui est liée aux destructions de sa maison, son domicile, son lieu
04:07de vie,
04:07qui, bien évidemment, vient rajouter un impact traumatique certain.
04:11Et puis aussi, pour les personnes qui vivent depuis longtemps dans une zone,
04:15le retour dans une zone qui a été passée au feu, crée une sorte de deuil, finalement, d'un endroit.
04:21C'est-à-dire qu'il n'y a plus de reconnaissance du tout de l'environnement, il n'y
04:22a plus de domicile.
04:23Et donc, ça surimprime un potentiel traumatisme certain.
04:27D'où l'importance d'être accompagné dans ces cas-là.
04:30Tout le monde ne vit pas, en tout cas, de la même manière, ce type d'événements.
04:34Certains ne vont pas se sentir forcément traumatisés sur le moment,
04:37mais plus tard, ça peut arriver bien plus tard.
04:40Et comment savoir, comment surveiller tout cela ?
04:45Alors, ce qui est très important, c'est de savoir que quand on est très exposé à des événements potentiellement
04:49très traumatiques,
04:50il y a un intérêt certain à avoir une consultation, soit de dépistage, soit d'évaluation, au plus tôt.
04:57Puisque les techniques, finalement, qui sont très spécifiques à la psychiatrie d'urgence,
05:01permettent de la normalisation, de la manifestation.
05:04Et plus on intervient tôt, plus on peut normaliser l'état, en tout cas, psychologique, très rapidement.
05:12Maintenant, je pense qu'il faut veiller les uns sur les autres.
05:14Être alerte sur des symptômes qui sont normaux en situation de catastrophe.
05:19Il est normal d'avoir des symptômes de problèmes de sommeil, de problèmes d'anxiété.
05:24Des phénomènes de ce type-là, en début de séquence.
05:27Mais évidemment, en cas de persistance, en cas de trouble de sommeil insistant,
05:30pour les enfants également en particulier, là, on a une plateforme téléphonique,
05:35une évaluation avec les parents, les personnes concernées, au plus tôt.
05:38Et on voit quel type de moyens, après évaluation pour un professionnel,
05:40ce qu'il faut mettre en place, et dans quelle temporalité.
05:43Une question extériorisée, parler, pleurer, peut-être, ça peut aider dans ces cas-là ?
05:48Ce qui est certain, c'est que le soutien de ses proches, de ses aimants, de ses aidants,
05:53et les effets communautaires sont extrêmement importants pour passer la catastrophe ensemble.
05:58C'est également valable sur le fait de s'impliquer personnellement dans la partie de reconstruction ou d'aide.
06:04Ça fait partie de la reconstruction, c'est certain.
06:08J'ai oublié votre question, finalement.
06:09Non, je disais le fait d'extérioriser, mais même de pleurer.
06:12Ah oui, l'extériorisation, la verbalisation, c'est une partie du sujet.
06:16Maintenant, verbalisation, moi je pense qu'il faut faire quand même très attention,
06:18c'est parce qu'on préconise quand même en première ligne,
06:21parce qu'en fait, la verbalisation, ça peut créer un phénomène de surtraumatisation.
06:25Donc le sujet vraiment en première ligne, c'est plutôt la normalisation,
06:28la stabilisation émotionnelle, l'accès à des ressources,
06:31les ressources environnement, matériel, sécurité, familiale, affective.
06:36Et ce qu'on dit souvent, c'est qu'il ne faut pas forcer le discours
06:38et pas demander aux gens de raconter ce qui leur est arrivé,
06:41car il y a un risque certain d'augmenter l'impact psychothromatique.
06:44Ça c'est bon à savoir.
06:45Donc ça c'est très important, parce que c'est contre-intuitif.
06:47Oui, on aurait tendance à penser complètement l'inverse.
06:49On va parler, ça va aller mieux.
06:51Alors c'est valable pour le quotidien quand on a un frottement dans la vie.
06:55C'est vraiment pas le cas dans les situations psychothromaines.
06:58Docteur Charles-Henri Martin, je rappelle que vous êtes le responsable en Gironde
07:01de la cellule d'urgence médico-psychologique.
07:03Vous nous faites le plaisir de rester un petit peu avec nous.
07:06Au 0826 300 300, on a Ludovic.
07:09Bonjour Ludovic.
07:10Oui, bonjour.
07:11Et bienvenue sur Sud Radio.
07:12Vous étiez vacancier sur place.
07:15Vous avez été évacué avec votre famille dans la nuit de jeudi à vendredi dernier.
07:19Vous étiez au camping de Klaoué.
07:22Racontez-nous, vous êtes rentré chez vous, c'est ça, depuis ?
07:25Oui, donc nous, nous avons quitté les lieux le samedi après avoir passé deux nuits dans un centre de secours
07:34et une nuit chez un bénévole pour retrouver des forces et être dans un autre environnement
07:39pour être en capacité de rentrer à notre domicile un peu plus serein, reprendre la route
07:44et puis libérer la place pour les personnes plus fragiles vivant sur le bassin d'Arcachon
07:50et puis ne pas encombrer les routes au regard de l'accès disponible pour les forces de sécurité.
07:59Et alors vous dites qu'en rentrant chez vous, vous êtes passé, vous avez fait pendant plusieurs kilomètres,
08:06vous avez fait face à ce mur de feu.
08:08C'est une scène qui vous a profondément marqué, c'est ça, Ludovic ?
08:13Alors effectivement, ce n'est pas en rentrant chez moi, c'est en évacuant le camping.
08:17D'accord, ok.
08:18J'ai évacué de nuit et pendant, il n'y a qu'une seule route et la route allongée en
08:25fait l'incendie
08:26et de nuit j'ai vu quelque chose que je n'aurais jamais imaginé.
08:31On voit les images d'incendie à la télé mais quand on est sur place et qu'on longe un
08:35mur de feu
08:37d'une hauteur inimaginable sur à peu près une dizaine de kilomètres,
08:41c'est une scène que je n'aurais jamais cru voir en vrai un jour dans ma vie.
08:46C'est effroyable, effroyable.
08:49Ludovic, on est avec le docteur Charles-Henri Martin qui est responsable de cette cellule d'urgence médico-psychologique.
08:55Docteur, vous entendez à l'instant, voilà, Ludovic qui est avec nous et qui nous partage effectivement
08:59ses émotions, son ressenti, on n'est pas forcément, on n'est même pas du tout préparé à vivre de
09:04telles scènes.
09:07Alors, aucun de nous n'est absolument préparé à affronter de telles scènes, c'est absolument incommensurable,
09:12on est vraiment dans le surdimensionnement, dans quelque chose d'effroyable et absolument monstrueux.
09:17Donc, aucun de nous n'est préparé, sans professionnel ou que ce soit assis, bien évidemment.
09:22Ludovic, il continue de suivre l'évolution de la situation en Gironde, vous me confirmez ça, Ludovic ?
09:27Oui, absolument, puisque sur différents aspects, comme je vous l'ai dit, on a été accueilli
09:33chez un bénévole pour pouvoir un petit peu se reconstruire, sortir de ce refuge où il y a une certaine
09:41anxiété,
09:41une angoisse, etc. Donc, avant de reprendre la route de manière plus sereine.
09:46Et en fait, mon hôte, donc un bénévole qui nous a accueillis pour une nuit, est devenu lui-même un
09:51réfugié
09:51puisqu'il habite à Biganos. Biganos a été évacué et de ce fait, en fait, de secouriste, on peut devenir
10:00réfugié.
10:01C'est une situation qui est vraiment...
10:04Très instable, quoi, ouais.
10:06Absolument, c'est vraiment effroyable. Et j'entendais le docteur parler de tout le procès psychologique
10:17qui peut s'engendrer. À titre d'exemple, ma fille, qui est avec nous, qui a 17 ans, a subi,
10:23comme nous,
10:24l'évacuation dans l'urgence. Les choses nous semblaient tout à fait sereines parce que les choses étaient bien organisées.
10:31Et deux jours après, on était à table, elle mangeait et elle s'est effondrée. Elle s'est mise à
10:36pleurer
10:37sans qu'on sache... Bon, alors, sans qu'on sache pourquoi, on imagine l'impact de ce qu'elle a
10:42pu subir.
10:43Mais la manière dont ça a été...
10:44C'était inattendu pour vous.
10:47Et nous, derrière, trouver les mots pour la réconforter, on n'est pas des spécialistes.
10:51Et c'est deux jours après. Donc, j'imagine des gens qui étaient dans... Nous, on est des simples touristes,
10:56mais des gens qui ont subi cela avec des impacts beaucoup plus forts.
10:59Je pense notamment à des gens qui ont perdu leur maison.
11:02Je peux vous imaginer comment, derrière, on peut les accompagner
11:06sans être un spécialiste et de faire de la psychologie de comptoir,
11:10puisque vous avez un spécialiste avec vous.
11:11Mais déjà, nous, à notre niveau, simple touriste, il faut qu'on gère notre fille
11:15qui s'est effondrée deux jours après.
11:18Je voulais s'imaginer, pour des personnes ayant eu un impact plus important de cet incendie.
11:23Merci beaucoup, Ludovic, et bon courage pour la suite.
11:26Merci d'avoir témoigné ce matin au 0826 300 300.
11:29Docteur, réaction à l'instant à ce que disait Ludovic,
11:32et notamment à la réaction de sa fille de 17 ans, deux jours après, qui s'effondre.
11:37Vous lui dites quoi à Ludovic, qui continue d'ailleurs de vous entendre ?
11:40Je dis à Ludovic qu'il parle quand même juste.
11:43Alors, effectivement, vraiment juste.
11:45Il peut y avoir évidemment des effets différés.
11:47C'est-à-dire que dans l'expression du trauma, de l'événement,
11:52il peut y avoir des formes très bruyantes, avec pleurs, avec réaction émotionnelle exprimée, etc.
11:57Il peut y avoir aussi des formes avec des sidérations.
11:59C'est-à-dire que les personnes sont plutôt mutiques, interagissent peu, ont l'air fermé.
12:04Et finalement, avec une éclosion, il faut y veiller, en particulier chez les enfants,
12:07et que c'est un signe quand même qu'il y a quelque chose là.
12:10Et puis, une expression, une levée des émotions qui est secondaire,
12:16et qui se fait au bout de quelques jours en général.
12:18Ce qui est important dans ce qu'a dit Ludovic quand même,
12:20faire un sas entre l'événement et le retour à la vie normale, extrêmement important.
12:25Prendre quelques jours avec ses proches, avec ses enfants,
12:29revenir dans son home quand c'est possible,
12:32et essayer de réinstaller une routine, très important.
12:36Troisièmement, je pense que c'est valable, en particulier pour les enfants,
12:39mais aussi pour les adultes, essayer de ne pas se sur-stimuler avec les médias.
12:45Regarder les médias de temps en temps, c'est très bien,
12:47mais le visuel surtout vient alimenter les centres de la peur,
12:51et ne permet pas de faire redescendre, de refroidir un peu tout le système.
12:54Ça c'est très important, regarder les médias pour s'informer, c'est très bien.
12:57Par contre, information continue, visuelle, ça peut vraiment entretenir pour des personnes
13:01qui ont des blessures psychiques, une forme de douleur pour le moyen terme.
13:05C'est très clair, merci beaucoup docteur.
13:06Je rappelle, docteur Charles-Henri Martin, que vous êtes responsable en géante
13:09de cette cellule d'urgence médico-psychologique.
13:12Vous restez avec nous, vous pouvez y rester encore quelques minutes docteur ?
13:15Je peux rester encore quelques minutes.
13:18Quelques minutes ?
13:194-5 minutes, c'est bon pour vous ?
13:20Très bien, très bien.
13:22On a Magali notamment, qui est au 0826 300 300,
13:24qui elle aussi a dû évacuer avec sa famille.
13:28Ah, on va essayer de la joindre ?
13:29Je ne sais pas, on va réessayer effectivement,
13:31elle était avec nous, ça a coupé,
13:33mais on va essayer de la joindre de nouveau.
13:35Elle a dû évacuer avec notamment un bébé d'un mois et demi.
13:38On se retrouve dans un instant docteur,
13:40et puis vous continuez de nous appeler 0826 300 300.
13:42A tout de suite.
13:50Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Benjamin Glaze.
13:559h20, vous êtes bien sur Sud Radio, 0826 300 300.
13:58Vous continuez de nous appeler pour parler de ces incendies,
14:01de ce que vous avez vécu, de vos inquiétudes,
14:04de vos craintes pour la suite.
14:05Nous sommes toujours, et je le remercie avec le docteur Charles-Henri Martin,
14:09qui est responsable en Gironde de la cellule d'urgence médico-psychologique.
14:13On a eu des petits soucis, on avait Magali qui nous avait appelé au 0826 300 300.
14:17On va essayer de la voir dans un instant,
14:20mais pour vous décrire déjà la situation,
14:22docteur Magali a été évacuée avec l'ensemble de sa famille.
14:27C'était vendredi soir dernier.
14:31Évacuation qu'elle a très mal vécue,
14:33notamment parce qu'elle a un bébé âgé d'un mois et demi.
14:37Ce qu'elle dit, c'est que son nourrisson dans la foulée a très peu dormi.
14:41Elle se pose plein de questions à ce niveau.
14:42C'est vrai que pour un enfant,
14:44on a parlé d'une ado tout à l'heure,
14:46pour un bébé aussi jeune que ça.
14:49On est avec Magali d'ailleurs, je ne sais pas.
14:50Magali, bonjour.
14:52Oui, bonjour.
14:53On vous a retrouvé Magali.
14:54J'ai expliqué votre situation au docteur Charles-Henri Martin,
14:58qui est responsable en Gironde de la cellule d'urgence médico-psychologique.
15:01Évacuation, je le disais, d'urgence, vendredi soir,
15:05en raison de ces incendies.
15:07Ça a été très difficile à vivre pour vous,
15:09d'autant que vous avez un bébé âgé d'un mois et demi.
15:11Je disais qu'il avait très mal dormi dans la foulée,
15:15votre nourrisson.
15:17Comment ça se passe pour lui en ce moment ?
15:20Il y a toujours des soucis, vous sentez qu'il réagit ?
15:23Elle est très agitée.
15:26Elle dort bien que sur maman.
15:29Donc voilà, j'ai été en contact avec la Lèche-Ligue,
15:35puisque je suis une maman allaitante,
15:38qui préconisait de proposer l'allaitement à volonté,
15:43vraiment pour apaiser les bébés,
15:45de faire des bains.
15:47Mais bon, je sens qu'elle est très agitée quand même.
15:50Donc tout ça, ça bouscule.
15:53Il faut, en tant que parent,
15:55être capable de retenir ses émotions,
15:57ce que j'ai été incapable de faire.
15:59Parce que c'était un tel stress.
16:02Je pense qu'elle a tout ressenti également.
16:04Et puis changer, évacuer deux fois.
16:07Une première fois de parentiste,
16:08une seconde fois de Lianos,
16:10où on avait trouvé refuge chez mes amis.
16:14Donc, c'est vraiment un peu que j'ai reconnu.
16:16Magali, on est avec...
16:17Ben oui, j'imagine,
16:18on ne peut pas se mettre à votre place, bien évidemment,
16:20mais on l'entend.
16:21Docteur Charles-Henri Martin,
16:23vous entendez à l'instant Magali.
16:25Il y a deux questions qui se posent.
16:28C'est par rapport à un bébé, un nourrisson,
16:30comment ça se passe ?
16:31Je ne sais pas.
16:32Et quand on est parent aussi,
16:34forcément c'est difficile.
16:35On a ce traumatisme
16:36et on a la manière dont on va le gérer avec son bébé.
16:42Docteur ?
16:44Docteur Charles-Henri Martin,
16:46qu'on a perdu.
16:47On a des petits soucis, effectivement.
16:50Effectivement, au standard,
16:52on va essayer de le rejoindre.
16:54En tout cas, Magali,
16:55vous le disiez,
16:56effectivement,
16:57en tant que parent,
16:58c'est compliqué à gérer
16:59parce qu'on a le sentiment
17:00qu'on transmet tout son stress,
17:03son traumatisme,
17:04ses inquiétudes
17:05à son bébé.
17:07C'est ça ce que vous ressentez
17:08aujourd'hui, votre crainte ?
17:11Oui, c'est exactement ça.
17:14Les nuits,
17:14on ne dort pas forcément bien
17:16parce qu'on se dit
17:17est-ce que ça va repartir ?
17:18Est-ce qu'on garde
17:20une valise de prête
17:21au cas où ?
17:23Voilà,
17:24c'est toujours très, très angoissant.
17:27Je pense que
17:27tant que tout ça ne sera pas derrière nous,
17:30il va falloir quelques temps
17:31avant de retrouver
17:32une certaine sérénité.
17:33Vous avez pu rentrer
17:35chez vous depuis, en tout cas ?
17:36Oui, on est rentré.
17:38Après, aujourd'hui,
17:39la question se pose
17:39sur l'air qu'on respire
17:42et qu'on lui fait respirer.
17:44Est-ce que ça peut être
17:46dangereux pour elle ?
17:48On ne sait pas trop là-dessus.
17:51Magali, on a retrouvé
17:52le docteur Charles-Henri Martin
17:55rapidement pour répondre
17:56aux inquiétudes
17:58qu'on entend de Magali.
17:59Docteur,
18:00quand on a comme ça
18:01un bébé aussi petit,
18:02un mois et demi,
18:03et quand on est parent,
18:04comment on peut gérer
18:06ce traumatisme-là ?
18:09De manière assez générique,
18:11chez les enfants
18:12qui sont extrêmement petits,
18:14globalement,
18:14je pense qu'il faut retenir
18:15que l'état de santé psychique
18:17de l'enfant
18:18est très conditionné
18:19à l'état psychique
18:19de l'entourage,
18:20des parents
18:20et de la maman en particulier.
18:22Donc, le meilleur moyen
18:24de stabiliser,
18:25en tout cas,
18:26la situation s'il y a besoin,
18:28c'est de s'occuper de soi,
18:29de la maman,
18:30de son sommeil,
18:31et c'est de rétablir
18:32au maximum
18:32un fonctionnement
18:33et des routines
18:34et des routines habituelles.
18:35J'entendais le sujet
18:36de l'anxiogène,
18:38bien sûr,
18:39la fumée,
18:39l'éventuelle toxicité.
18:41Je crois qu'il sera
18:41important en fin de séquence
18:43peut-être de rappeler
18:44qu'il y a le numéro
18:45d'une cellule d'information
18:46au public
18:47qui permet de répondre
18:49à ces questions techniques,
18:50il y a le centre antipoison
18:51et d'autres structures
18:52qui donnent des avis
18:52sur le sujet
18:54par téléphone.
18:55Et puis,
18:55de l'autre côté,
18:56la ligne de soutien psychologique
18:57qu'on a mis en place
18:58avec la cumule.
19:00On rappelle le numéro
19:01de cette ligne téléphone
19:02qu'on peut contacter,
19:03peut-être docteur,
19:04pour conclure ?
19:05Alors,
19:06je vous demande ça
19:06immédiatement.
19:07Alors,
19:07attendez,
19:07est-ce que je l'ai ?
19:08Moi,
19:08je crois que je vous l'assumise
19:10de côté.
19:10Il y a une partie
19:11de l'information au public.
19:13Donc là,
19:13c'est vraiment
19:14pour les informations générales,
19:15mais ils peuvent vous brancher
19:16après.
19:16les avis spécialisés,
19:18c'est le 09-70-80-90-40.
19:23D'accord.
19:25Donc,
19:2509-70-80-90-40.
19:29Bien évidemment,
19:30s'il y a une urgence
19:31sur une situation aiguë,
19:33une intoxication
19:33avec de la fumée aiguë,
19:36il faut appeler le 15,
19:37qui est dimensionné
19:39pour pouvoir répondre
19:39aux appels,
19:40bien sûr.
19:41Et après,
19:42la cellule de soins
19:43médico-psychologiques
19:44portée par le SAMU,
19:46la CUM,
19:46mais le centre hospitalier
19:47Charles Perrins,
19:47c'est le 0800-719-912.
19:52C'est un numéro gratuit,
19:530800-719-912.
19:55Et on mettra ces numéros
19:56sur le site internet
19:56de Sud Radio.
19:57Un grand merci
19:58à Dr Charles-Henri Martin
19:59d'avoir été avec nous
20:00sur Sud Radio ce matin,
20:01d'avoir pris le temps
20:02de répondre
20:03à l'ensemble
20:04de nos auditeurs
20:05responsables
20:06de cette cellule
20:08d'urgence médico-psychologique
20:10en Gironde.
20:11Magali,
20:11merci à vous.
20:13Bon courage
20:13pour la suite.
20:14J'espère que
20:15ça a pu vous aider
20:16en partie
20:16ce que vous expliquez
20:18le docteur
20:18à l'instant.
20:20Et effectivement,
20:21n'hésitez pas
20:22à consulter,
20:23à composer
20:23ces numéros
20:24de téléphone.
20:25Ce sera fort utile.
20:27En tout cas,
20:27ça pourra vous aider
20:27pour la suite.
20:28Merci Magali.
20:29Très bien.
20:29Merci beaucoup.
20:30Et bon courage
20:30à vous pour la suite
20:32et à toute votre famille.
20:34Bien évidemment.
20:35On termine
20:36cette demi-heure
20:37avec le lieutenant
20:38Patrick Chavada.
20:40Bonjour lieutenant.
20:41Bonjour.
20:42Et merci d'être avec nous
20:43sur Sud Radio.
20:44Vous êtes membre
20:45de la commission
20:45secouriste et formation
20:46de la Fédération
20:47des sapeurs-pompiers
20:48de France.
20:49Quelques mots déjà.
20:50Est-ce que vous pouvez
20:50nous donner
20:51quelques informations
20:52sur la situation
20:53actuellement ?
20:54Alors, je crois
20:54que dans le Var,
20:55le feu est désormais
20:58fixé.
20:58Dans les Landes aussi,
21:00du côté de la Gironde,
21:02ça va être une journée
21:04à suivre de très près.
21:05Pour l'instant,
21:05stabilisée,
21:06pas fixée.
21:06On a des conditions
21:07météo qui seront
21:08défavorables aujourd'hui.
21:10Tout à fait.
21:10Les conditions météorologiques
21:11se dégradent
21:12puisqu'on a des températures
21:13extrêmes avec la canicule
21:15qui vont remonter.
21:16On a un vent
21:16qui va s'établir
21:17à environ entre
21:1840 et 50 km heure,
21:19ce qui veut dire
21:20qu'on va repasser
21:21dans la règle
21:22des 3,30.
21:24avec les 30%
21:25d'humidité,
21:2530% de vent supérieur.
21:26Donc, effectivement,
21:27on a un cocktail explosif
21:28qui peut faire
21:29une journée
21:30un petit peu particulière
21:30pour nous.
21:32On va suivre ça
21:32de très près aujourd'hui
21:33sur Sud Radio.
21:34J'aimerais qu'on parle,
21:36lieutenant,
21:36de ces images.
21:37Vous les avez sans doute vues,
21:39des images assez marquantes
21:40avec des bénévoles
21:41qui tentent d'éteindre
21:42eux-mêmes
21:43des départs de feu
21:44pratiquement sans protection.
21:45On en a vu certains
21:46en portant simplement
21:47un t-shirt,
21:47des chaussures
21:49de ville.
21:50Parfois,
21:51quel message
21:51vous souhaitez
21:52leur faire passer
21:53ce matin
21:54et ils vous écoutent.
21:56Lieutenant,
21:56qu'est-ce que vous avez
21:57à leur dire ?
21:58Il y a deux situations.
22:00Il y a la situation
22:01où on a des gens
22:02qui vont aller au contact
22:03des fronts de flammes
22:04et là,
22:04c'est extrêmement dangereux.
22:05il faut éviter
22:06que quand on n'est pas équipé
22:09avec du matériel
22:10et des équipements
22:11de protection,
22:11il faut éviter
22:11parce que c'est dangereux
22:12et on a la situation
22:13où à l'arrière du feu,
22:15on a des petites lisières,
22:16des fossés
22:17où effectivement,
22:18avec un petit peu d'eau,
22:18on peut éteindre
22:19quelques souches.
22:20Donc,
22:20j'ai tendance à dire
22:21que les bénévoles
22:23sont les bienvenus
22:24mais il faut faire attention
22:25au travail
22:26qu'ils vont faire
22:26et donc,
22:27si c'est pour donner
22:27extinction,
22:28une fois que le feu
22:29est passé,
22:29pour quelques lisières
22:30en bordure de sa maison
22:31parce qu'on a des souches
22:32qui brûlent,
22:33arroser avec un seau d'eau
22:35en arrosoir,
22:36ça ne pose pas de soucis.
22:37Par contre,
22:37il faut éviter
22:38d'aller sur le front de feu
22:39ou sur les flancs de feu
22:40ou sur les sapeurs-pompiers
22:41parce que vraiment,
22:42il faut être équipé
22:42particulièrement
22:43pour attaquer ce type de feu.
22:45Ça veut dire
22:46que l'aide,
22:46elle est la bienvenue
22:47mais sous certaines conditions,
22:49vous l'avez dit.
22:50Il y a aussi
22:50les agriculteurs
22:51notamment qui viennent
22:53vous apporter de l'eau
22:55pour recharger
22:56les camions-citernes.
22:57Ça,
22:57c'est quelque chose
22:58d'important pour vous ?
23:01C'est très précieux
23:02puisqu'il faut savoir
23:03que quand on vide
23:03un camion de pompiers,
23:04on a quelques kilomètres
23:06à faire pour aller
23:06à une borne incendie
23:07pour le recharger
23:08et là,
23:08le fait de nous amener
23:09des citernes
23:10de 5-10 000 litres d'eau
23:11directement sur place,
23:12ça évite la rotation
23:13des véhicules
23:13et donc ça nous permet
23:14d'être encore plus efficaces
23:15sur l'attaque du feu
23:16puisqu'on n'a pas
23:17de rupture de lance
23:18quand le véhicule
23:19va faire le plein.
23:21Dernière question
23:22d'un mot,
23:22vous avez dit
23:23pour ceux qui en retrait
23:24vont passer
23:26pour éteindre
23:27des fumeroles.
23:29Pour eux,
23:30on peut rappeler
23:31peut-être les équipements
23:32nécessaires
23:34à ce niveau ?
23:34Oui,
23:34alors il faut avoir
23:35des équipements couvrantes,
23:36c'est-à-dire il faut avoir
23:37les jambes couvertes,
23:38il faut avoir les bras couverts
23:38et éventuellement
23:39on peut avoir
23:39des gammes de protection
23:40qu'on peut utiliser
23:41lors de travaux
23:42donc il faut faire attention,
23:43éventuellement on peut mettre
23:45un linge
23:46ou un bandana
23:47autour du visage
23:48mais vraiment
23:49il faut rester vraiment
23:50sur des zones
23:50où il y a très peu de fumée
23:52où on est vraiment
23:53sur des extensions
23:54de souches qui brûlent
23:55par ça et là
23:55dans son lotissement
23:56au niveau de sa maison
23:57mais il faut éviter
23:58d'aller en forêt
23:59pour essayer
23:59d'aider les pompiers
24:01ça nous mettra plus
24:02en difficulté
24:02parce qu'il va falloir
24:03s'occuper de ces gens-là
24:04et on ne pourra pas
24:05s'occuper du feu.
24:06Lieutenant Patrick Chabada
24:07merci pour ces petites précisions
24:10et cet appel
24:11à la vigilance
24:12membres de la commission secouriste
24:13et formation
24:14de la fédération
24:14des pompiers
24:16merci d'avoir été avec nous
24:17et bon courage
24:17à l'ensemble
24:18bien sûr
24:18des soldats du feu
24:20des gendarmes
24:22également des forestiers
24:24des policiers
24:25qui sont toujours
24:26présents
24:27sur le front
24:28de ces incendies
24:29et qui font le maximum
24:30pour justement
24:31pouvoir fixer
24:34ce feu
24:34qui ne l'est toujours pas
24:36il est stabilisé
24:37pour le moment
24:37du côté de la Gironde
24:38merci beaucoup
24:39Lieutenant

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